Deux comédiens extraordinaires pour incarner deux personnages qui ont marqué leur temps : Didier Sandre est Stefan Zweig et Michel Aumont est Richard Strauss. Je connais très bien l’écrivain autrichien dont j’ai lu presque tous les écrits, je connais beaucoup plus vaguement Richard Strauss pour le Chevalier à la Rose (et Ainsi parlait Zarathoustra qui a été largement galvaudé). Autant la vie de Zweig m’est familière, autant celle du compositeur allemand pas du tout, et j’ignorais complètement qu’il avait été tellement copain comme cochon avec les nazis. Enfin c’est un peu plus nuancé que cela, et c’est justement le sujet de la pièce.
J’ai aussi appris que les deux hommes avaient véritablement été amis en plus que d’avoir été des relations professionnelles. Et la pièce a pour sujet central cette amitié du début des années 30 à la fin de la guerre. On découvre donc par séquences (plutôt courtes et digestes) quelques épisodes où les deux artistes ont travaillé ensemble. C’est une rencontre qui prend la forme d’un coup de foudre artistique alors que Strauss n’a plus trop d’inspiration et que Zweig, grand écrivain germanophone de l’époque, lui propose un livret qui l’enchante. Mais rapidement les évènements politiques en Allemagne viennent semer le trouble, et la judéité de Zweig est un frein à leur “collaboration”. On se retrouve avec un écrivain torturé psychologiquement par cette situation (il ira jusqu’à se suicider de désespoir en 1942 avec son épouse au Brésil), et un Richard Strauss intransigeant et inconscient. Ce dernier se moque des gouvernements et des gouvernants, il veut faire de la musique et tout le reste l’indiffère. Mais il ira tout de même jusque devenir un notable du Reich sous Hitler… La pièce présente le personnage avec beaucoup de nuances, et on ne pardonne pas pour autant son inconscience et sa compromission, on comprend en revanche bien ses actes et motivations. Il protégeait aussi son fils qui était marié avec une femme juive, et dont les propres enfants étaient aussi menacés.
Chaque incursion et rencontre entre les deux hommes est l’occasion de joutes verbales où l’amitié et la considération priment, mais où l’incompréhension règne en maître. Richard Strauss ne comprend vraiment pas pourquoi Stefan Zweig se prend la tête alors qu’il n’est censé vivre que pour son Art. Et l’écrivain est tellement pris par cette Allemagne en déclin qu’il ne peut trouver la force de continuer à écrire. Les années passent, elles sont modélisées simplement par des fondus au noir et des projections avec les dates, et peu à peu les deux hommes sont forcés à la séparation. Zweig s’exile pour sauver sa vie, Strauss est privé d’opéra pour avoir fait remettre le nom de l’écrivain juif sur les affiches de la première.
Quelques comédiens gravitent aussi autour de ces deux monstres, et notamment l’épouse de Strauss qui est une ancienne soprano haute en couleur et à la forte présence (souvent cocasse). Mais c’est surtout Michel Aumont et Didier Sandre (immortel Louis XIV de l’Allée du Roi pour moi) qui sont brillants, et qui endossent à la perfection les deux artistes. Vraiment je n’ai rien à leur reprocher, et ils bénéficient d’un texte très efficace, à la narration enlevée en même temps qu’un propos intelligent et nuancé.
J’ai toujours été très touché par le suicide de Zweig, et là j’ai trouvé que c’était d’autant plus bouleversant d’y “assister” ainsi, après toutes les étapes qui petit à petit lui ont fait perdre tout espoir en l’humanité. Richard Strauss même en vieux con après la guerre est égal à lui-même, on se demande si c’est bien légitime qu’il ait échappé à une condamnation lors de la dénazification. La pièce réussit à être intéressante pour bien des facettes, entre ses brillants comédiens, son fond historique réel et son utile témoignage, mais aussi pour la qualité globale du divertissement, plutôt populaire, qu’elle propose.
J’avais vu il y a dix ans je crois une version très classique et très juste du Songe d’une Nuit d’Été, mais c’est surtout en 2007 que j’ai eu la chance d’assister à une représentation marquante à la MC 93. Cette version repensée et mise en scène par Jean-Michel Rabeux m’avait conquis par son originalité, sa modernité et en même temps sa fidélité au texte et à son esprit. On ne peut pas dire la même chose de ce spectacle-ci…
Mais je ne vais pas non plus mentir ou fanfaronner, j’ai passé un excellent moment, ne me suis pas ennuyé une seconde, et j’ai trouvé que c’était un divertissement de qualité au global. Néanmoins, il y a pas mal de petites choses désagréables et certaines carrément maladroites qui ont gâché cet excellent potentiel de départ. A la base, je partais avec un à priori positif sur les stars de la pièce : Lorànt Deutsch et Mélanie Doutey. Le premier était très compétent dans le rôle qui colle assez bien avec sa fantaisie naturelle, mais je l’ai trouvé très très fatigué lors de la représentation. La seconde était plutôt inégale, mais ça allait, parfois avec de brillante saillie et une belle présence, et parfois un peu trop effacée. Le souci le plus manifeste était à mon avis dans la mise en scène, ou du moins l’occupation spatiale des comédiens. En effet, à maintes reprises, on a des acteurs et actrices qui assistent à des tirades sans bouger, avec les mains derrière le dos, et j’ai toujours du mal avec de telles situations statiques au théâtre.
En revanche les décors sont excellents, les costumes extraordinaires et la transposition dans les sixties particulièrement réussie. D’ailleurs il s’agit plutôt d’une direction artistique globale qui teinte tout le spectacle et nous donne à voir des parties de danse et de chant des plus psychédéliques et rythmées (avec des danseuses plutôt jolies et douées qui prennent une belle part à la mise en scène, en tant que nymphes de la forêt). Les costumes à la Courrèges sont géniaux et on a envie de voler toutes les robes et les bottes des filles !!! L’ambiance globale est très proche des affiches et de l’inspiration évidente “Chapeaux melons et bottes de cuir”. Donc de ce point de vue là : belle réussite.
Je salue aussi le meilleur comédien qui est sans conteste Nicolas Briançon qui interprète Oberon, mais il est aussi le metteur en scène et il a participé à l’adaptation. Il est vraiment au-dessus du lot. Les deux ennemis Thibaut Lacour (Lysandre) et Davy Sardou (Démétrius) se débrouillent bien, mais avec quelques flottements et couacs…
Comme dans la plupart des pièces de Shakespeare, on y trouve aussi quelques comédiens dans la bouffonnerie pure, et qui sont vraiment là pour faire rire grassement. Dans cette pièce, il s’agit d’une drôle de mise en abîme puisque ce sont des comédiens qui répètent dans la forêt enchantée et qui doivent jouer une tragédie, Pyrame et Thisbé. Seulement ce sont des comédiens croulant et cacochymes qui jouent tous les rôles (femme, homme, lion et même un mur avec une fente !!!). Les comédiens qui jouent les comédiens sont en plus très connus, et ils sont assez drôles dans ces interludes. Mais là où ils ont poussé le bouchon un peu loin (Maurice), c’est que ça vire à la fin au mauvais théâtre de boulevard. Ils en font des (38) tonnes, et c’est lourd, archi-lourd, très long et peu intéressant. Aux rires du public pourtant, on a l’impression que ça fonctionne bien.
C’était peut-être aussi le souci de monter un tel “show” avec des têtes d’affiche et même la quasi-totalité de la distribution qu’on reconnaît de téléfilms divers et variés. Cela donne une pièce qui se cherche et a du mal à se positionner, qui surnage entre de jolies qualités formelles et quelques éclairs de bon théâtre, mais souvent la tête sous l’eau de maladresses et de lourdeurs. Une des qualités est certainement de donner un spectacle populaire et accessible, pas prise de tête ou intello, mais son revers est bien sûr de sombrer un peu trop dans le boulevard à mon goût, ce qui en l’absolu me convient, mais quand c’est mélangé, j’ai plus de mal.
J’ai donné cette année pour Les Étés de la danse avec mes deuxfois au théâtre du Châtelet et donc ce spectacle inédit de et avec Mikhail Baryshnikov. J’y étais allé pour avoir la chance de voir le célébrissime danseur ( aka Alexander Petrovsky… hihihi), et parce que c’était apparemment un OVNI théâtral assez haut en couleur, à mi-chemin entre danse, théâtre et musique.
Mein gott, la GROSSE déception… L’histoire racontée est déjà sacrément lente et dénuée d’action : nous sommes à Paris dans les années 30, il s’agit d’une rencontre amoureuse entre un général russe blanc et une jeune serveuse. Le général meurt peu de temps après, et voilà. C’est tout. Bon c’était une nouvelle de Ivan Bunin qui a été adaptée hein. Le spectacle m’a donné l’impression d’une débauche d’effets de manche et d’artifices théâtraux pour cacher une oeuvre d’une soporifique aridité.
Ça part dans tous les sens aussi bien dans le fond que dans la forme. On trouve donc du théâtre, des projections vidéos, du chant lyrique, quelques pas de danse, des acrobaties, avec une scène circulaire surélevée d’un côté et en forme de disque tournant sur lui-même. Et donc ça y va à fond avec des musiciens, la scène qui pivote et donne des intéressants effets de perspective, l’héroïne suspendue dans les airs comme Madonna, des projections vidéos plutôt habiles et esthétiques et de chouettes costumes… Mais tout cela ne sert ni la narration ni une thématique, on a plutôt l’impression d’un impressionnant budget qu’il faut dépenser en piochant dans tous les deus-ex-machina imaginables.
En plus de cela, Mikhail Baryshnikov a l’air d’avoir beaucoup de mal avec le français ou son texte qu’il ânonne avec difficulté, et donc pas en extraordinaire comédien, tandis qu’on voulait le voir danser mais qu’il finit par seulement exécuter quelques pas de côté pendant une trentaine de secondes. D’ailleurs la danse est presque inexistante à part quelques trajets de comédiens qui avaient l’air de répondre à une certaine chorégraphie (je n’en suis même pas certain). Le chant lyrique est faiblard et franchement le choix des airs archiconnus de Carmen n’aide vraiment pas à briller d’originalité. Je n’ai sans doute rien compris, ou pas été sensible, ou j’ai peut-être manqué d’un brief de départ… Je me suis mortellement ennuyé en revanche.
Les moyens sont certes impressionnants, mais c’est à peu près tout. Mouai.
Vous ferez attention, les nouveaux paramètres de facebook les rendent de facto propriétaires de vos dépendances et premiers nés.
On 9:06 AM Sep 26th 2011from web
#TuPréfères à vie porter ton prénom sur un pendentif en diam's cheapos ou avoir tes amis qui te disent au revoir avec "A toute Biloute !" ?
On 3:41 PM Sep 22nd 2011from web
Il ne faut pas s'attendre a ce que le pape lève l'excommunication de Luther (qui date de 1521), lis-je. Zut alors.
On 9:30 PM Sep 21st 2011from UberSocial
Bichon, avec toutes tes fautes morales depuis 2007, tu ne vas pas arrêter d'aller au 20H si je comprends bien ?
On 11:18 AM Sep 20th 2011from Splitweet
Ma mère : "C'est bizarre, comment ça se fait que sur le nouvel ordinateur on peut aller sur internet mais pas sur le web ?" #mamère
On 9:55 AM Sep 20th 2011from web
La nouvelle stagiaire vient de juger en un regard l'état de rangement de mon bureau. Elle va faire le café pendant six mois.
On 2:54 PM Sep 19th 2011from web
Ce qui sort de mon nez avec un bruit répugnant est la preuve que Dieu n'existe pas. Ou alors il est vraiment pas classe.
On 2:24 PM Sep 19th 2011from rowi
Si les développeurs de voyages-sncf.com et de l'appli Facebook pour iPhone se rencontraient, l'Univers serait détruit.
On 12:24 PM Sep 19th 2011from Echofon
Heureusement il y a encore des fous pour inventer la machine dont j’ai toujours rêvé gamin : un aérostat individuel tenu en suspension par des ersatz d’hélicoptères Parrot. #melikey #want #voler #rêvedemome
On en a beaucoup parlé mais l’application iPhone “Mon fils est-il gay ?” est évidemment une énorme bêtise qui se base sur des clichés éculés (mais comme tous les clichés, ils reposent bien sûr sur des réalités). Mais ce n’est pas tant cela le souci, que la manière dont le discours est tourné puisque l’on comprend bien que les mères devraient alors s’inquiéter pour l’orientation de leurs rejetons, en sous-entendant qu’on doive ainsi enquêter sur autrui, et puis surtout en affirmant qu’on est gay pour quelques critères métrosexuels à la con. Le créateur de l’application évoque un aspect purement ludique, mais ça ne prend vraiment pas quand on voit l’appli !! #gayoupasgay #appiPhone #clichés
Dans le genre news nawak made in UK, voilà un type qui a eu une attaque et s’est réveillé… GAY. Pas gay hein, mais vraiment G. A. Y. avec des paillettes et tout. Le gars est devenu coiffeuse hystérique alors qu’avant c’était un anglais bourru et fan de bière et de foot. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai du mal à croire le truc… Mais bon qui sait ? Huhu. #gayconversion #attaque #UK
Bon et ça c’est con hein, mais ça me fait mourir de rire !! #Mouahahaha #spiderman #bukkake
Encore en Grande-Bretagne parce qu’il faut bien aller crescendo dans l’horreur : après les combats de chiens, les combats d’enfants en cages !!! Encore heureux que cela donne lieu à une polémique, mais il faut lire les témoignages du père qui explique que les gamins sont contents et que ça les entraîne à se battre dans la vie… Oh my god! #UK #combats #enfants #nawak
Décidément c’est la semaine Grande-Bretagne : on apprend que pour mieux protéger les machines de chantier du vol, il suffit de les peindre en rose… Comment lutter contre le vol, en rendant folles vos caterpillars ! #UK #pink #caterpillar
On imagine pas l’importance des sourcils dans l’équilibre et l’harmonie d’un visage tant qu’on a pas vu cela. Rhoooooo c’est dingue comme ça les change à mort et comme ils sont défigurés !! #célébrités #sourcils #freaks
Dans la série des bienfaits débiles du net, j’ai beaucoup aimé le #scarlettjohanssoning, une remarquable activité consistant à se photographier à la manière de Scarlett Johansson dans ces extraordinaires clichés volés de son iPhone. Il n’y a vraiment qu’elles pour apparaître sur des photos volés divine et plus belle que jamais (et elle est réellement foutue comme une déesse). Comme dans tous les Tumblr c’est tout à fait original, monomaniaque et jouissif. #scarlettjohanssoning #tumblr
J’ai été bouleversé parce que Jamey Rodemeyer s’est suicidé à l’âge de 14 ans, et sans doute parce qu’il était gay et qu’il subissait d’insupportables brimades à l’école. C’est encore renforcé par le fait qu’il avait lui-même eu le courage extraordinaire de réaliser une vidéo “it gets better” pour évoquer son cas et tenter de redonner courage à d’autres ados comme lui. Quelques mois plus tard, il a finalement renoncé et s’est tué. Avoir la possibilité de voir cette vidéo et de contempler ce bout de petit mec qui admet ses souffrances et les combat de plus belle, qui dans l’adversité fait cela pour potentiellement aider d’autres gens qui pourraient en avoir besoin, change encore la donne. On le voit, on l’écoute, on est témoin, et il est encore plus choquant et troublant de constater qu’un tel drame puisse encore arriver de nos jours.
Son dernier touite évoquait son suicide et un remerciement à Lady Gaga pour tout ce qu’elle avait pu lui apporter. Ce n’est pas anodin, et la vidéo de Jamey est assez éloquente quant à l’importance que la chanteuse a eu dans son émancipation et le fait que it was getting better. Je suis un grand supporter de Lady Gaga pour cela, pour son soutien inconditionnel pour les pédés et son leitmotiv de “little monsters”. La chanteuse a d’ailleurs fait un hommage à Jamey lors d’un récent concert.
Les parents de Jamey ont aussi témoigné chez Anderson Cooper sur CNN. On peut lire leur douleur et leur tristesse évidemment, et ils expliquent qu’ils étaient au courant des problèmes que leur fils rencontrait à l’école, et il qu’il voyait même un conseiller pour cela. C’est plus tard que j’ai réfléchis à cette étrange manière de raconter les choses… C’est Jamey qui avait des problèmes à l’école, et c’est lui qui devait encore voir un professionnel pour se faire aider. Cela paraît dingue non ? Ce garçon n’avait pas de problèmes, mais les gens qui l’insultaient à longueur de journée oui ! Les parents évoquaient aussi les soucis de leur fils sur les réseaux sociaux en incriminant plus le web qu’autre chose. Encore une fois, ce n’était ni un problème d’internet ou de ce jeune garçon, mais bien de gros cons qui ont sévit et ont aujourd’hui son sang sur les mains.
Je voulais reparler du mouvement It gets better, et de la manière dont j’avais vécu gamin ces années de brimades et ces envies de disparaître, et en cherchant un brin, j’ai trouvé déjà pas mal de moments où j’avais évoqué plus ou moins clairement cela. J’ai surtout été étonné de constater comme ce champs lexical du “it gets better” était déjà tellement dans de vieux articles. Cela fait un an que j’ai découvert ces vidéos, et lorsque j’en ai parlé pour la première fois, j’ai aussi évoqué mes propres démons, et leur lent exorcisme. En 2006, je suis plus précis, et j’ai toujours cette approche ambivalente qui consiste à trouver cette période à la fois très dure et en même temps un parcours initiatique enrichissant… si on en réchappe.
J’ai pardonné à mon frère quand j’ai compris que ses brimades étaient aussi des choses qui avaient concourues à faire celui que j’étais aujourd’hui, et que finalement celui-ci me plaisait bien. De même pour mon éducation, l’homophobie à l’école ou pour tous les défauts qu’on trouve toujours aux autres, notre vie dépend d’abord de notre propre arbitre, et nous sommes en fin de compte maîtres de nos décisions et actes. C’est aussi en ayant vécu des années noires et mornes, que j’ai saisi avec encore plus de bonheur et d’acuité la libération de ce fardeau. Bref, il faut souffrir pour être heureux, ou du moins, il faut avoir souffert pour comprendre ce qu’être heureux peut signifier.
Le problème c’est que sur le chemin de la vie, des personnes ne résistent pas à ces épreuves, et en gardent des séquelles handicapantes, voire abandonnent en route. Des jeunes gens se suicident, encore aujourd’hui, parce qu’ils sont gays, et d’autres ne résistent pas à l’éducation qu’ils reçoivent. Je me souviens bien, et mes carnets en sont noircis, de la détresse de l’adolescence et de ce manque d’espoir en son avenir, de la douloureuse incertitude quant à la possibilité de sortir un jour la tête hors de l’eau. Mais ceux qui n’ont « rien » traversé sont parfois les personnes qui ont le plus de mal à profiter de leur bonheur. Evidemment je ne dis pas que la condition pour être heureux est d’avoir été élevé par les Thénardier, et de s’appeler Cosette ou Fantine. Chacun vit ses épreuves, et celles-ci sont ressenties parfois aussi douloureuses même si très différentes. L’exemple du film « The secret life of words » est bien probant sur le sujet, et il devient vite malsain et déplacé de faire des comparaisons de « j’ai souffert dans ma vie ».
J’ai souvent constaté que les personnes qui avaient eu des difficultés étaient les plus armées pour s’en sortir dans la vie, mais aussi celles qui finalement en profitaient le plus (entre deux névroses).
Cela fait des années que je suis agacé par les nouvelles générations de pédé qui nient l’importance du militantisme, ignorent même l’origine de leur émancipation, et commencent à instaurer une nouvelle ségrégation dans la communauté gay. Je le serine toujours et encore mais la follophobie ambiante me rend hors de moi, et en 2005 je profitai d’un article sur la Gay Pride pour bien expliquer ce que je vivais, et sans ambage les petites hontes qui me rongent (toujours). J’ai été comme Jamey au même âge, certainement aussi efféminé et autant sans ami mais avec beaucoup d’amies (c’est d’ailleurs pourquoi j’aime encore aujourd’hui tant les femmes, elles ne m’ont jamais lâché), mais j’ai survécu. Et même comme cela, ce n’est pas aujourd’hui une sinécure, même si “tout va bien“, “ça va s’arranger” et “tout va aller de mieux en mieux“, ce qui suit est encore parfaitement actuel.
Alors je voudrais simplement dire qu’aujourd’hui, on me traite encore de pédé dans la rue (et sans mon ticheurte d’hier). Simplement parce que je n’arrive pas à le cacher, mais oui c’est écrit sur ma tronche et dans mes gestes, et dans mes intonations, je suis pédé. Et vous voyez ce que j’ose dire moi-même ? « je n’arrive pas à le cacher ». Oh putain, je l’avoue en plus. J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. Avec mon copain, on ne se donne pas la main dans la rue, même si on en a envie, non, non. C’est trop dangereux selon les quartiers. Il n’y a que dans le ghetto qu’on peut le faire, où l’on est relativement à l’abri des quolibets selon les jours. On ne s’embrasse pas non plus, on ne s’enlace pas non plus. Bah non, trop dangereux. On se ferait frapper par des racailles, insulter, voire vilipender par d’autres si on faisait cela devant des enfants. Bah oui, les pauvres, ça pourrait les choquer les enfants de voir deux hommes se manifester de l’affection. Un enfant, ça le perturberait carrément de voir deux hommes se faire un bisou, ouh là là, ça fouttrait en l’air tous ses fragiles repères de normalité. Faudrait pas qu’il devienne pédé le poupin !! D’ailleurs, les pédés ont du trop voir d’hommes s’emballer quand ils étaient petits.
Et puis pour la majorité des homos en France, c’est le placard. La famille ne supporterait pas. La honte, le déshonneur, la violence même ! Certains ont légitimement peur des réactions homophobes de leurs parents, de leurs proches, de leurs amis. Mes parents sont des gens très ouverts et adorables. Oh oui. Ma mère ne dit pas que je suis pédé, elle a encore honte de moi je pense. Honte de ce que les gens penseraient d’elle, et de l’éducation qu’elle m’a donnée certainement. Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain.
Il ne m’arrive pas une semaine sans avoir peur, sans ressentir la peur d’être découvert et de savoir que si tel est le cas, je risquerais alors ma peau. Littéralement, concrètement, tangiblement.
Plus loin encore en 2004, je me souviens de ces connards de l’école, de cet univers impitoyable (Dallaaaaas !), et non seulement les choses s’arrangent, mais elles finissent aussi souvent par s’inverser. J’écoute encore aujourd’hui des amis qui témoignent de leur propre attitude de bourreau sans s’en émouvoir plus que cela, ou encore avec cette facilité à expliquer que l’autre avait un problème avec tous les types du coin. Ma famille et mes amis ont carrément oublié, il faut dire qu’à l’époque on se mettait déjà tous la tête dans le sable, c’est plus simple. C’est certainement un truc comme cela qui serait arrivé aussi à Jamey.
Je me souviens bien de ces figures d’antan, ces leaders branchés de l’époque, jeunes mignonnettes ou hobereaux, véritables starlettes des cours de récréation qui régnaient sur leur « cour » avec sévérité et sérieux. Et puis toute cette organisation féodale dotée de toute l’injustice d’un système absolutiste où le bon vouloir du monarque pouvait faire et défaire les privilèges. Mais parfois, on voyait des lignées se défaire, et des dynasties se succéder à partir d’un conquérant plus malin, plus habile ou simplement plus beau que ses prédécesseurs. Alors nous assistions à la grandeur et la chute de ces « grands » qui redevenaient « petits » en quelques jours, et qui souvent étaient mis à l’index. Enfin parfois, j’ai vu des retournements politiques qui pouvaient aussi mener à la sécession ou au schisme pur et simple.
Et je regardais tout cela de mon perchoir, en hallucinant sur ces gens qui n’étaient que le jeu des forces du destin (j’ai écrit ces théories sur une vingtaine de copies doubles, il faut absolument que je scanne ça). Evidemment, ce jugement hautain était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’extraire de ce milieu que je n’aurais jamais pu pénétrer. Je n’étais pas beau, et surtout on m’insultait depuis toujours : pédé ! Ah, souffrance de l’enfance de l’homo si classique. Tellement, que lorsque je raconte cela les gens ne s’en émeuvent même pas. « Ah oui, c’est vrai, je me souviens j’avais aussi dans ma classe, un mec qu’on arrêtait pas de traiter de pédé ! » Il faut raconter ce que j’avais alors dans la tête et le coeur pour que les gens comprennent ce que ça faisait vraiment.
Mais bon, aujourd’hui certes, ça va mieux ! Et je considère que ces épreuves ont aussi permis un certain développement de ma personnalité et de mon caractère, développement que je ne renie pas du tout. Alors que ces anciens leaders sont parfois de pauvres mecs et nanas qui ne comprennent rien à la vie, qui ont échoué dans leurs études car ils n’en avaient pas « besoin », qui sont des beaufs sans intérêt. Et certaines personnes sont simplement sorties de leurs chrysalides.
Matthew Shepard aussi est mort d’homophobie, alors âgé de dix ans de plus que Jamey, et moi j’en ai encore dix de plus aujourd’hui. L’histoire de Matthew m’avait d’autant plus touché que nous sommes de la même année (il aurait aussi 35 ans cette année), et que c’était une époque moins évidente (1998) pour les homos.
Jamey prouve que le combat n’est pas terminé, même s’il faut en effet marteler et répéter que ça s’arrange, ça va vraiment mieux, ça ira résolument mieux.
J’ai poursuivi ma découverte de Yasmina Khadra par ces deux livres que je chronique exceptionnellement ensemble parce qu’ils forment une sorte de “tout”, même si le premier est un roman autobiographique et le second une réponse sous forme d’essai romancé à une presse courroucée par les révélations du premier ouvrage.
En effet, Yasmina Khadra est un homme malgré son choix de pseudonyme (les deux prénoms de son épouse), et en plus de cela c’est un militaire de carrière (son père est aussi militaire). Il a publié plusieurs romans (la plupart sur des thèmes liés à la guerre civile dans les années 90 et l’islamisme) qui ont eu énormément de succès en Algérie mais aussi en France et ailleurs, et il a décidé au bout d’un moment de révéler son identité et de vivre de sa plume. Le bouquin “L’Ecrivain” est passionnant puisque l’auteur raconte sa propre histoire et sa construction personnelle en tant qu’écrivain. On le surnommait ainsi alors qu’il était cadet à l’école militaire et qu’il était connu pour ses talents dans ce domaine. “L’imposture des mots” est la réponse aux scandales et polémiques qui ont éclaté suite à cette découverte, en effet les militaires ne sont pas spécialement en odeur de sainteté auprès des intellectuels algériens ou français. Je lisais aussi que beaucoup de femmes et féministes pensaient sincèrement que Yasmina était une femme, et on avait nourri les plus belles espérances sur ce talent féminin à l’acuité si extraordinaire et au talent littéraire plus à prouver. Donc réaliser qu’il s’agissait d’un homme, et qui plus est militaire, a causé bien des désillusions… Yasmina Khadra habite depuis cette période en France, et le second bouquin se passe tout le temps dans notre pays. Les journalistes ont aussi soufflé le chaud et le froid laissant l’auteur parfois dans un grand trouble, et une solitude dont il parle avec beaucoup d’émotion et de sincérité.
L’autre chose que je voulais évoquer m’a été rapportée par des algériens qui m’ont écrit directement par email pour m’expliquer que Yasmina Khadra était un plagiaire et reconnu comme tel (c’est la mode…). Apparemment en effet, un bouquin serait reconnu comme tel et certains ont de gros doutes sur un de ses best-sellers. L’auteur lui s’en défend tout à fait. Je ne prends aucun parti dans ces polémiques, et je me suis rassuré sur le fait que les quatre bouquins lus sont bien de lui et bénéficient d’une plume brillante et qui m’enchante.
On reconnaît déjà dans le récit de l’enfance de Yasmina Khadra les prémices des deux premiers romans que j’ai lu, avec quelques personnages dont on imagine facilement la transposition de sa vie réelle à sa vie de papier. Et dans le second j’ai beaucoup aimé que l’auteur soit en conversation avec quelques uns de ses personnages les plus marquants, et pas les plus sympathiques. Il y a d’ailleurs le nain Zane avec qui il converse assez violemment, et cela a encore renforcé l’effet qu’avait eu sur moi ce curieux protagoniste.
Je me suis peut-être fait avoir, et j’admets être candide, mais j’aime vraiment la manière dont il se raconte avec ses souffrances, ses hésitations, sa relation tourmentée avec son père, la brutalité de sa formation militaire, et finalement tout ce qu’il a tiré de bon de cette expérience. Bien évidemment en tant que militaire et notable de cette société pourrie qu’il décrit aussi dans ses bouquins, il est parfois difficile de le mettre d’un côté ou de l’autre… Bon ou mauvais ? Ce serait tellement facile si l’on pouvait être aussi manichéen, mais les choses sont toujours plus complexes et nuancées. L’Ecrivain nous explique surtout le rapport à l’écriture et l’amour des mots, la relation particulière à la langue française qui me touche beaucoup, et cette nécessité impérieuse et foncière de coucher tout et rien sur le papier.
L’imposture de mots se termine bien pour l’écrivain qui conservant droiture, sang-froid et loyauté envers ses idées, et qui par une lettre ouverte à ses détracteurs, finit, j’ai l’impression, par imposer sa tempérance et son indécrottable respect de l’armée algérienne et de ses opinions, aussi contrastées soient elles.
La lecture du premier bouquin de Yasmina Khadra m’a tellement marqué que j’ai été obligé d’en lire plus. Bien m’en a pris car j’ai énormément apprécié découvrir l’écrivain puis l’homme avec deux autres livres beaucoup plus personnels en plus de ce roman-ci. J’en ai encore cité quelques passages, et ai été de nouveau impressionné par la qualité de l’écriture et du style.
Il y a une claire résonance et filiation avec “A quoi rêvent les loups ?” puisque nous sommes dans un récit de montée d’islamisme et de guerre civile enragée, mais cette fois l’intrigue et l’action ont lieu en pleine campagne, dans le milieu le plus fermé et autarcique. C’est d’autant plus étonnant car on imagine plus facilement ce genre de phénomène dans des villes où les gens se connaissent finalement peu, et où on se figure que les mouvements sociaux ont plus de chance de prendre.
Là nous sommes donc à Ghachimat, un village algérien typique, et le roman se compose de deux parties assez distincte. La première est assez longue et m’a presque perdu à un moment, en effet, je ne voyais pas trop où l’auteur voulait en venir, et je commençais à trouver le temps long. Il s’agit d’une mise en place très minutieuse et précise d’une situation, d’un milieu, de descriptions morales et physiques pour nous plonger complètement dans l’univers de cette bourgade. Du coup tout y passe, on a l’instituteur, l’imam, le traître qui était vendu aux français et dont les enfants souffrent encore de l’opprobre, un nain (Zane, c’est le personnage qui m’a le plus marqué) revanchard, veule et inquiétant, et des familles avec leurs particularités et petites histoires. Yasmina Khadra dessine là sa propre comédie humaine avec quelques traits très balzaciens et purement algériens. On sent et voit poindre les rivalités, les jalousies, les puissants et les pauvres, les amoureux et les éconduits, etc.
La rupture vient comme dans le bouquin précédent de l’arrivée presque subite et inopinée de l’islamisme et de la guerre civile dans ce long fleuve tranquille. Alors tout se mélange entre crise politique et religieuse, revanche, prise de pouvoir et le drame prend des proportions extraordinaires. Dans ce petit village, des meurtres ont lieu toutes les nuits, et petit à petit plus personne n’est à l’abri. Encore une fois, j’ai beaucoup aimé l’approche de l’auteur qui fait bien comprendre le bienfondé des idées qui ont mené à cette révolution intérieure, et on y souscrit largement. Mais la soif de pouvoir, l’extrémisme, et dans ce cas, les luttes intestines et les vengeances mesquines transforment le message originel et mutent des agneaux en loups sanguinaires et barbares.
Les descriptions sont tout autant saisissantes et parcimonieuses dans la seconde partie, avec des moments donc très pénibles, et qu’on imagine malheureusement plutôt réalistes. Le bouquin m’a laissé essoufflé et stressé sur la fin, cette barbarie gratuite et vengeresse paraît tellement évidente et dingue à la fois. Cela fait peur de se dire que c’est un mécanisme tristement banal. Et en plus de tout cela, le romancier a le talent pour insuffler une vraie âme à ses personnages, malgré des portraits un peu caricaturaux et “allégoriques”, et on y croit donc d’autant plus, et on est d’autant plus touché.
Sinon, j'ai déjà fait des partouzes. Les partouzes c'est vraiment drôle. Si j'étais pas un peu triste, j'aurais une érection en y repensant
On 9:49 PM Sep 17th 2011from TweetDeck
Orelsan c'était pas bien du tout avant, mais maintenant c'est vraiment salement à chier. Dans pas longtemps il chantera aux meetings du FN.
On 1:28 PM Sep 17th 2011from Twitter for Mac
L'été pourri + les week ends qui flottent, ce complot du patronat pour nous faire apprécier les lundis ensoleillés.
On 1:27 PM Sep 17th 2011from Twitter for iPhone
Dans le jardin public où jouait, enfant, Duchamp, suis en train de relire Proust. Relire. Beaucoup disent relire, moi c'est vrai. En manga.
On 3:02 PM Sep 16th 2011from Twitter for iPhone
Non mais franchement, les meufs, en regardant un clip de Wham! Vous aviez vraiment PAS capté qu'il était gay ??
On 9:46 PM Sep 13th 2011from Twitter for iPhone
J’avais évoqué il y a quelques temps le site Douchebags of GrindR qui recensait les connards de ce site de rencontres gay, mais voilà qu’une version française légèrement différente a vu le jour : Je Grind. Le site référence aussi les connards du coin mais va un peu plus loin en mettant aussi en exergue les plus beaux mecs de l’application, en surfant là un peu plus du côté de sites comme Guys with iPhones. #dating #cruising #übergay #grindR
Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt le blog de ce vétérinaire qui a un vrai talent pour bloguer de belles et émouvantes anecdotes. Là on est dans le bon blogging qu’on aime avec des petites histoires touchantes d’authenticité et un récit qui alterne bien entre des explications sur son métier, ses patients et leurs maîtres et les aléas de l’existence. Comme les profs, les avocats, les flics, les infirmiers ou médecins, les vétos ont aussi au quotidien des vécus qui sont une nourriture naturelle et sans cesse renouvelée à un blog ! #blogging #touchant #vétérinaire #chienschats
Je regarde avec plus ou moins d’inquiétude les mouvements ou attitudes anti-roux qui ont fleuri ces derniers temps. Entre dérision, grosse blague ou réelle discrimination, il semble qu’on trouve vraiment de tout dans ce domaine (South Park en avait fait un épisode qui doit être regardé avec leur habituel second degré, mais qui a pu être pris au pied de la lettre avec de funestes conséquences). Là je lisais qu’un réseau international (mais danois) de banque du sperme ne prendra plus de sperme de roux à cause d’une demande trop faible du côté de leurs clients. Bon évidemment c’est aussi parce que les roux sont moins nombreux et que les gens cherchent à concevoir des bébés qui leur ressemblent le plus possible, d’abord par la couleur de la peau et des cheveux. Cela n’empêche que je suis un brin inquiet sur cette histoire de discrimination… #roux #discrimination #eugénisme
J’ai regardé un petit bout de l’émission sur France 2 à propos des primaires socialistes, et j’ai été surpris et intéressé de lire que l’Express et d’autres journaux se sont intéressés à ce qui s’est dit sur twitter à ce propos. David Abiker en parlait aussi ce soir sur son blog à propos du passage télé de DSK et comment les réseaux sociaux sont en train de changer la donne sur la diffusion télévisuelle de papa et maman. #paradigme #changement #réseauxsociaux #twitter #politique
Internet c’est aussi fou et génial pour un truc aussi inutile, et donc indispensable, que cela : Tintin au Congo à poil ou l’intégralité de la bande-dessiné avec le journaliste mis à la mode naturiste. Génial !! Et ça ne restera sans doute pas longtemps ainsi, donc allez voir !! #tumblr #tintin #àpoil
Encore une intervention de Jacques Delors que j’ai remarqué et que je relaie ici. Il explique que la fameuse “règle d’or” de Sarkozy est un “piège à cons” et remet quelques pendules à l’heure. Comme je le disais déjà j’aime bien le lire et l’écouter parce que je pense qu’il est très compétent et qu’il n’est plus dans le gotha politique pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. #jacquesdelors #papademartine #règledor #europe
J’ai beaucoup aimé ce passage d’un article de Mike Elgan sur le blog d’embruns qui explique pourquoi Facebook serait exactement comme Yahoo! Il explique que le réseau social est arrivé à son paroxysme et qu’à présent il va décroître et se faire bouffer par d’autres acteurs du marché ou simplement d’autres phénomènes du web. Mais comme Yahoo!, Facebook est et restera encore longtemps un carrefour d’audience majeur et fréquenté par des millions d’usagers. Passionnant !! A lire aussi, un article complémentaire sur le Google+ de Mike Elgan en rapport aux réactions suite à cette déclaration. #facebook #yahoo! #réseauxsociaux
J’ai été relativement outré par un article du Figaro qui explique que l’accident mortel du festival de Pukkelpop serait en partie lié au piratage de la musique sur le web. En effet, à cause de cela les groupes doivent faire de plus gros concerts et donc imaginer des gradins plus grands etc. Mein gott, comment peut-on écrire une connerie pareille ?? #figaro #internet #musique #piratage #foutagedegueule
J’évoquais aussi ces derniers temps tous les discours Tea Party et ultralibéraux aux USA qui me font très peur, notamment les différents politiques qui prône l’individualisme et vont jusqu’à expliquer que l’on doit laisser mourir ceux qui ne peuvent pas se soigner. Embruns relaie un article expliquant qu’un de ces hommes politiques, Ron Paul, a a vu ainsi mourir son directeur de campagne qui n’était pas assuré et dont la mère doit à présent des centaines de milliers de dollars à l’hôpital. Consternant et inquiétant. #santépublique #attention #USA
J’ai adoré cette utilisation vertueuse et utile d’un concept à la chatroulette mais qui permet d’apprendre une langue. Il s’agit de mettre en relation des gens qui souhaitent converser et apprendre ainsi une langue étrangère, avec un principe similaire de chat/webcam. Génial ! #chatroulette #apprentissage #langues
Les deux planches qui m’ont beaucoup fait rire cette semaine ! Il y a d’abord celle-ci qui explique pourquoi il est salutaire pour passer inaperçu de télécharger du porno sur son ordinateur au moins une fois par mois !! Et l’autre qui explique pourquoi Facebook ça pue du cul, et pourquoi on déteste mais on y est, on y reste, et on fait tout ce qu’on y déteste. Ah ah ah. #bdblogs #internetisforporn #facebook
C’est tout de même terrible d’être une fois de plus d’accord avec Virgile, mais force est de constater… J’ai été choqué par cette application iPhone qui “dénonce” ainsi les juifs du show-biz ou autre, et surtout parce que pour moi le judaïsme est une religion et que cela ne rime à rien de de dire que quelqu’un “est” d’une religion. On pratique ou pas, et il est presque impossible de trouver le degré juste de pratique pour être précis dans sa dénomination, donc il vaut mieux se taire et garder cela bien privé et intime. #juif #iPhone #polémique
Je suis super candide comme mec, et souvent je ne sais pas qu’un mec est gay alors que c’est de notoriété publique. Et là par exemple, j’ai été abasourdi de découvrir via Christophe Martet de Yagg (chez Morandini) que Thierry Le Luron était mort du Sida et qu’il était bien homosexuel. Tout le monde me fait “oh bah franchement tu es naïf, tout le monde le savait”, mais sincèrement je ne m’en doutais pas. Et donc je trouve que c’est bien d’en parler aujourd’hui, et qu’il y a largement prescription sur le sujet. #sida #leluron #gay #omerta
J’adore les articles qui font semblant de s’étonner et titrent que 9 employés sur 10 pratiquent des activités persos au boulot. Ah là là… Les choses ont tellement changé dans ce domaine depuis quelques années, et encore une fois avec l’avènement du web. Internet est utile et utilisé pour le boulot comme pour le loisirs, la culture ou l’activité la plus mercantile, et même les filtres les plus efficaces ne peuvent empêcher l’activité ludique sans empiéter sur une certaine efficacité professionnelle. Je me dis que cette liberté et ce mélange de genre est plutôt salutaire pour l’entreprise qui bénéficie ainsi de salariés plus au courant et qui compensent cette ouverture par du zèle. Mais évidemment les abus existent comme d’hab. #figaro #entreprise #internet
Un fascinant article de Slate qui explique comment, petit à petit, nous sommes passés du drame du 11 septembre à des théories du complot toutes plus extravagantes !! J’ai beaucoup aimé car cela permet de bien comprendre le phénomène, et laisse aussi au final la place à un doute ou au refus de simplement accepter comme argent comptant les explications d’une administration qui n’a jamais trop aimé dire toute la vérité à l’instant t. #11septembre #complot
J’ai absolument adoré cet article qui met fin (si seulement) à la stupide guerre des brevets que se livrent de grandes entreprises comme Apple, HTC, Microsoft et Samsung. Tout le monde copie tout le monde, et chaque acteur se fait une spécialité récente dans des procès leur permettant de prélever des royalties sur des produits vendus par les uns ou les autres. Apple surtout fait pas mal de procès à Samsung (à juste titre d’ailleurs) parce qu’ils ont copié l’iPhone, mais l’article montre bien que le LG Prada bien antérieur aurait tous les droits d’affirmer que l’iPhone est aussi un bel ersatz en termes de design. Mais voilà plutôt que de guerroyer dans les cours de justice internationales, ils feraient mieux d’innover !!! #design #smartphone #innovation
La probité intellectuelle prend le pas sur la controverse. Sainte lumière ! On peut très bien être contre les idées d’un homme sans être forcément contre sa personne. Si telle est la base des conflits qui m’opposent accidentellement aux autres, je n’ai plus de soucis. Ma lettre n’est pas une déclaration d’hostilité. J’y ai dit ce que j’avais à dire. Sans animosité. Chacun est libre de la prendre comme il convient à son bon sens. J’ai lu énormément de livres sur la guerre, en particulier les récits. L’expérience m’amène à reconnaître que ce qu’on y apporte est vérité. Si certains évènements sont déformés, déplacés, travestis, corsés ou réfutés, ils ne perdent pas grand-chose au change. En général, on ne raconte que la guerre qu’on a faite. Le tortionnaire parle des supplices qu’il a infligés à ses victimes, le salaud des exactions qu’il a commises — les attribuer à ses chefs ou les partager avec eux ne diminuent en rien son ignominie —, le déserteur trouve de la légitimité à sa défection, le brave s’incline devant le sacrifice de ceux qui ont combattu à ses côtés. Quant à la guerre, elle reste une guerre ; une grave monstruosité, égale à elle-même, injuste et impardonnable à l’image de ceux qui l’ont provoquée.
Citation extraite de “L’imposture des mots” de Yasmina Khadra. Page 122.
On est souvent pantois devant des citations dithyrrambiques mises en exergue sur des affiches de ciné, et cet article de Slate confirme que c’est bien souvent de la manipulation ou carrément de l’escroquerie intellectuelle. Tu m’étonnes… #marketing #cinéma #affiches #presse
Selon une étude scientifique suisse on découvre que les 43 000 principaux groupes (entreprises) mondiaux sont détenus à 80% en valeur par seulement 737 entités (banques, assurances, industriels…). Cette inquiétante concentration expliquerait notamment l’instabilité que l’on connaît aujourd’hui suite à la crise financière, mais aussi une sorte de système oligarchique dont les accointances font un peu flipper. #économie #capitalisme #globalisation
Je suis un peu plus cette année les différents programmes des factions républicaines et démocrates de nos amis amerloques, et je suis abasourdi par les discours républicains qui font passer G.W. Bush pour un grand pacifiste limite bolchévique. IGTBB se pose les mêmes questions dans un article et revient sur Hillary Clinton qui pourrait aussi être une candidate de talent pour les démocrates. #USA #présidentielles2012 #républicains
Une très très triste histoire [via Korben] d’un homme, simple d’esprit, qui s’est fait voler son impressionnante et onéreuse collection de bédés (comic books) de Super Man. C’est horrible car le gars a vraiment été abusé, et on sent que Super Man est son héros et que cette collection représente plus qu’un simple investissement financier. Piouuuu, pourvu qu’on retrouve ce salaud !!! #escroquerie #superman #candide
J’ai déjà évoqué ce site parodique qui publie les “douchebags de GrindR” donc les connards de cette application téléphonique de rencontre par géolocalisation (Allo-Fuck des années 2010). En voilà un qui a retenu mon attention mais pas pour les habituelles conneries de pédales décérébrées ou les racistes insupportables, non là c’est plus grave et sensible, et triste au final. Il explique donc : “J’ai probablement le SIDA parce que je me fais prendre bareback par n’importe qui. Ne posez pas de questions – j’adore ça.” C’est terrible parce que lui le dit ainsi sans ambages, mais c’est au final un comportement très répandu aujourd’hui, et réellement flippant. #relapse #GrindR #SIDA #gay
On reçoit un peu moins de nouvelles de vidéos “It gets better” à présent, mais tout de même chaque semaine j’en vois au moins une qui me marque, et la France n’a vraiment pas embrayé le pas aux américains à ce sujet. Mais grâce à Amy Plum c’est un peu les deux qui nous arrivent puisqu’elle est une écrivain américaine qui vit en France, mariée à un français. Je l’ai découverte avec grand plaisir dans les podcasts de Katia & Kyliemac et j’avais bien senti qu’elle était tout à fait gay-friendly. Dans cette vidéo, elle évoque elle aussi son passé d’enfant qui a souffert de sa différence, même s’il ne s’agit pas là d’homosexualité. Elle parle surtout d’un ami qui s’est suicidé adolescent et c’est évidemment très émouvant et touchant. On discutait cette semaine aussi sur Facebook de la meilleure traduction française pour “It gets better” et ce n’est vraiment pas facile (comme le terme de “bullying” d’ailleurs). Je pense que “ça va aller de mieux en mieux” ou “ça s’améliore” ne sont pas trop mal… Suggestions bienvenues !! #itgetsbetter #amyplum
Grande nouvelle pour le don de sang au Royaume-Uni : les homos pourront donner leur sang tant qu’ils n’auront pas eu de relation sexuelle homosexuelle depuis un an. Oouuuuuuh ça va révolutionner le don de sang des gays ça, c’est certain ! C’est vraiment n’importe quoi, alors qu’il serait si simple d’exclure les gens qui ont eu un comportement à risque, quelle que soit leur orientation sexuelle… #dondusang #homophobie #abstinence
[Via Korben évidemment] J’apprends que l’Etat va utiliser des logiciels keylogger (logiciels qui enregistrent ce qui est tapé par un individu) dans l’arsenal d’outils de surveillance utilisés. On ne connaît pas trop les modalités ou les objectifs de cette nouveauté, sinon qu’on peut comme bien souvent redouter le pire… #bigbrother #keylogger #surveillance #liberticide
J’ai été très choqué par ce meurtre raciste dans le Mississippi d’un homme noir de 49 ans par des jeunes qui ont apparemment scandé un “white power”. Cela rappelle forcément “Mississippi Burning” et les pires heures de l’histoire américaine en termes de ségrégation dans le sud. Ce que le premier article ne disait pas mais que celui-ci précise, c’est que cet homme noir était aussi ouvertement gay et que cela aurait été un des arguments ayant poussé les jeunes à s’attaquer à mort à cet homme sans défense. De Charybde en Scylla… #homophobie #racisme #meurtre #Mississippi
Cette semaine est marquée par les 10 ans de l’attentat sur les tours du World Trade Center à New York, et voilà un magnifique et ludique cahier de coloriage pour les enfants. Comme cela, ils comprendront avec pédagogie comment l’histoire s’est écrite. Aaaaaaah c’est flippant et bien entendu made in USA, avec cette terriblement choquante image de l’assassinat de Ben Laden qui se protège derrière une de ses femmes… à colorier aussi hein. #pédagogie #11septembre2011 #ilssontfouscesamerloques
Avec cette histoire d’UMP qui se plaint des nouvelles directives de l’Education Nationale consistant à inclure la théorie du genre, c’est aussi toutes les notions de transsexualité qui pourraient être passées sous couvert. Plutôt que de discuter les aspects scientifiques, Amanda explique qu’elle n’est pas une théorie justement, mais que les manuels devraient représenter le plus fidèlement possible la réalité de la société, afin d’y préparer le mieux possible les élèves. CQFD. #manuelsSVT #éducationnationale #théoriedugenre
Korben présente une série de logos de marques que nous connaissons par coeur. Mais la réinterprétation est très cocasse et ne manque pas de sagacité, puisqu’il s’agit des marques sans hypocrisie avec les mots qui les décrivent sans marketing… Comment informer en déformant : Mac’Do devient Mac Diabète, Absolut Vodka devient Absolut Vomit ou Camel, Cancer etc. Pas mal vu et fait ! #marques #réalité
Cet article de rue89 m’a interpellé, on y lit l’anecdote triste et sordide d’un type qui a perdu sa chienne parce que les médicaments qui la maintenaient en vie ont été en rupture de stock. Tout cela met en exergue une distribution des médicaments en France bien opaque… et inquiétante !! #pharmacie #santépublique #rupturedestock
Encore [via Rue89], un article que j’aurais pu écrire et qui évoque la follophobie ambiante toujours aussi délétère et pourtant plus que jamais ancrée dans notre société. Même certains gay-friendly ou carrément gay bien-pensant n’ont aucune difficulté à exclure ou bien discriminer sur un critère “trop efféminé”. Je deviens DINGUE dès que j’entends un discours de ce genre. #gay #homophobie #follophobie