Edward Hopper au Grand Palais

Cela faisait une éternité que je n’étais pas allé au Grand Palais, et même si je brûlais d’envie de découvrir cette expo dont tout Paris bruissait, j’étais découragé par la file… Attendre plus de deux heures pour en piétiner deux autres, ce n’est pas pour moi. Mais miracle, ce coup-ci une ancienne connaissance bloguesque que j’aime beaucoup m’a proposé de profiter de son invitation à une visite privée. C’était un grand évènement avec petits-fours et tout le tralala, mais surtout l’expo était réservée aux convives (le soir), et il y avait des conférenciers qui attendaient le chaland dans chaque salle. Donc cette soirée fut une réussite et un bonheur complet !! Nous avons visité à notre rythme avec au maximum une dizaine de péquins dans les salles, et des gens adorables pour nous rencarder sur Hopper et ses oeuvres.

Evidemment un confort de visite pareil pourrait rendre presque tout intéressant. Mais là il faut avouer que c’est du grand Grand Palais ! Que ce soit la richesse intrinsèque et la variété des pièces présentées, la scénographie, les explications (que nous n’avons du coup pas vraiment utilisées) ou le parcours, tout est proche de la perfection.

J’ai pu aussi du coup mieux appréhender Edward Hopper que je connaissais comme le peintre de la mythologie américaine, de ces tableaux à la Mike Hammer avec ses diners déserts et ses femmes anonymes. Je connaissais beaucoup moins le fan de Degas qui a passé du temps à Paris et dont les tableaux parisiens justement sont assez impressionnants. Il a exploré des tas de manières de peindre, influencé par énormément d’artistes européens au début du XXème siècle, et la somme de ses pérégrinations picturales est passionnante. J’ai aussi découvert ses travaux de publicitaires et de concepteurs d’affiches, qui était apparemment une activité qu’il détestait, mais qui était un gagne-pain lucratif nécessaire. On y retrouve malgré tout son style et ses gimmicks malgré une forme très consensuelle et dont l’originalité est le plus possible gommée.

Les interactions avec les guides étaient géniales, et nous ont permis de mieux cerner le caractère du peintre, les incursions de sa vie personnelle dans son oeuvre, et aussi tout le cheminement intellectuel qui, remis en contexte, donne quelques billes indispensables pour mesurer l’importance du peintre dans l’histoire de l’Art. Au-delà de ces représentations, devenues presque des images d’Epinal, on peut se poser la question de la place de la ville par rapport à la campagne, de l’homme dans l’urbanisme, des perspectives alambiquées (avec des plans presque cinématographiques parfois), du traitement particulier et parcimonieux de la lumière, de sa passion pour l’envers du décor etc.

Bref j’ai passé un moment inoubliable et fantastique !!!

Edward Hopper au Grand Palais

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Un commentaire sur “Edward Hopper au Grand Palais

  1. A côtoyer constamment le vide, on s’aguerrit, c’est bien connu on ne descend pas l’ascenseur on ne remonte pas l’escalier ? Je n’ai vu Hopper qu’en plein après-midi à la Fondation de l’Hermitage Lausanne 2010
    Ses espaces urbains sont vidés de toute présence. Il place la claustrophobie dans des lieux gigantesques ( je craignais pour lui la foule du Grand Palais). Votre visite privée , ascèse moderne a sans doute révélé la vérité de l’abstraction, la vérité de la naïveté de ce que l’on ne peut dire avec des mots et qu’il avait toutes les bonnes raisons de peindre.

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