343 articles pour la catégorie “Boukinage”

  • Boukinage
Mort de Bunny Munro (Nick Cave)

Publié le Mercredi 12 Janvier 2011 - 18:25
Catégorie: Boukinage

Je ne connaissais que Nick Cave le chanteur, et j’ai appris là à aimer l’auteur. On y retrouve de surcroît une veine artistique très proche de son univers musical. C’est donc dark à souhait voire carrément tragisociocomiqueàsetireruneballe, et surtout pour ce bouquin saturé d’une sexualité débridée et (bien) glauque sur les bords.

Bunny Munro est un pauvre gars complètement obsédé par le cul (des femmes), et qui gagne sa vie en tant que représentant en portes à portes dans les cosmétiques. Dans les premières pages, sa femme dépressive se suicide alors que leur fils, Bunny Junior, est dans la pièce à côté et attend sagement. Bunny perd les pédales et, ne sachant bien comment gérer la situation, emmène Bunny Jr avec lui dans ses tournées commerciales. Pendant que le père bande à la vue de la moindre chatte (ce sont les termes les plus policés utilisés), le gamin reste dans la voiture, et… attend. Son seul lien avec la réalité qui l’entoure réside dans son encyclopédie, sorte de manuel où ils trouvent toutes les réponses à ses questionnements les plus existentiels.

Le titre même du bouquin nous informe sur l’issue du roman et le funeste trajet de Bunny Munro… Donc on commence sur la mère bordeline qui se suicide, on sait qu’on va arriver à la mort du père, véritable salopard, coureur, alcoolo et beauf, et on a ce petit bonhomme attendrissant et tout en décalage au milieu. Bref, c’est glauque et on tombe encore plus bas dans la fange, dans une misère sociale assez terrible, où, comme souvent, arrive à surgir quelques miracles et beaucoup d’ironie. Et en filigrane, on a les hormones en ébullition de Bunny avec un Nick Cave qui multiplie les images et les métaphores priapiques dans registre fort inventif et plutôt comique, même si foncièrement dégueu.

J’ai trouvé que c’était bien écrit, le style de l’auteur est globalement incisif, mais avec une certaine simplicité et crudité qui rendent la narration assez réaliste et authentique (malgré un récit qui ferait passer Cosette pour une privilégiée). Evidemment cela finit par être assez marrant, sinon on se tirerait direct une balle, car Bunny fait vraiment n’importe quoi dans son boulot comme dans sa vie, et aussi très émouvant. En effet, la relation père-fils est centrale et vraiment belle, au-delà même de l’adversité et de la cruauté des évènements.

Je rapproche un peu le bouquin d’un Sarah (même si c’est un coup marketing…) ou d’un Rafael, derniers jours… J’ai vraiment trouvé ça pas mal au final.

Mort de Bunny Munro (Nick Cave)

  • Boukinage
  • Citage
Apocalypse bébé (Virginie Despentes)

Publié le Lundi 10 Janvier 2011 - 23:05
Catégorie: Boukinage, Citage

J’ai toujours eu un faible pour Virginie Despentes, mais comme je le racontais déjà quand je chroniquais King King Théorie, c’est plus pour la traductrice, l’auteure de chansons ou l’essayiste que pour la romancière. Ce livre ayant eu le Renaudot, j’ai l’impression qu’elle y a gagné ses lettres de noblesse, et je suis au moins certain que son bouquin va être largement lu.

Je n’y vois pas d’extraordinaires qualités littéraires ou même narratives, mais on ne peut pas nier que Virginie Despentes a un putain de style, et qu’elle manie la plume avec une vigueur et une pugnacité qui ne laissent pas indifférent. Il s’agit aussi d’un roman ouvertement, délibérément et outrageusement lesbien, et ça il faut avouer que ça fait un bien fou !! Et pas de la fausse goudou de pacotille, vague succédané de fantasme masculin comme on peut parfois le lire, non de la vraie méchante lesbienne charismatique et brutale, et de la fille perdue et de la bande de gouines en furie… Bref un roman qui décape largement sur cette facette sexuelle que l’auteure revendique avec intelligence et un chouette militantisme (son bouquin tourne un peu en manifeste pro-goudou, mais j’aime bien).

Le roman est une sorte de road-movie avec deux filles, Lucie, une enquêtrice privée un peu larguée qui fait appelle à une seconde, la Hyène, qui est une pointure en la matière. Mais la Hyène est une goudou de la mort incontrôlable et aussi douée qu’elle est tarée. Lucie doit en effet retrouver Valentine Galtan, une “fille de” qui a fugué et qui frôlait un peu la catastrophe, et ne sait pas du tout comment procéder. Les deux femmes vont donc mener l’enquête et partir à la rechercher de Valentine, en même temps qu’elles vont essayer de la comprendre, et de découvrir ce qui se cache sous cette immense couche de secrets familiaux et autres sympathiques non-dits.

L’histoire n’est pas ultra-passionnante mais elle pourrait être adaptée en film, puisque le déroulé et les actions sont assez “scénaristiques”. On rentre assez facilement dans le livre, mais encore une fois j’ai été plus marqué par le style et les propos “hors-texte” que par l’intrigue en elle-même.

On est bloquées par un camion livraison qui crée un petit embouteillage. Je me renfrogne et regarde par la fenêtre. Des crétins klaxonnent, derrière nous. Trois jeunes filles traversent. Parisiennes cheap. Minces, longues jambes, petites bottes plates fourrées, à la mode, fortes poitrines et de grosses besaces à franges. Copies au rabais de l’authentique pétasse du Marais, celle qui quand elle joue son look totale pute fait penser aux pubs pour parfums, pas à la travailleuse des forêts du périf.

Page 58.

Apocalypse bébé (Virginie Despentes)

  • Boukinage
L’O10ssée (Folio SF en 10 nouvelles)

Publié le Jeudi 6 Janvier 2011 - 0:42
Catégorie: Boukinage

Folio SF c’est Asimov, K. Dick, Silverberg, Priest ou encore Doctorow, autrement dit je suis plutôt client. En tant que tel, j’ai reçu ce gentil recueil de dix nouvelles d’auteurs très connus, et d’autres moins (par moi en tout cas), agrémentées de quelques intéressantes introductions d’auteurs sur ces oeuvres et leurs acceptions de la SF.

Je suis assez d’accord avec l’excellente Cachou et mon ultime référence chérie en SF, le Cafard Cosmique, il s’agit d’un petit bouquin sympathique mais qui ne casse pas vraiment trois pattes à un canard. D’abord on sent que les fonds de tiroirs ont été faits de temps en temps pour retrouver certaines nouvelles inédites, et parfois je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt de certains textes. Je mets aussi de côté les histoires de pure Fantasy qui ne sont pas du tout ma tasse de thé.

Il reste quelques nouvelles que j’ai trouvé plaisantes à découvrir ainsi, et une seule vraie surprise avec le texte jubilatoire de Maïa Mazaurette (que je suis assidûment sur ce site). En effet, qui n’a jamais imaginé Madonna comme une succube attendant de se repaître de sa fille Lourdes… Huhuhu. Voilà une nouvelle qui en ferait huuuuuurler certaines.

L'O10ssée (Folio SF en 10 nouvelles)

  • Boukinage
L’(autre) homme de ma vie (Stephen McCauley)

Publié le Mercredi 29 Décembre 2010 - 19:34
Catégorie: Boukinage

Déjà pour son précédent “Sexe et dépendances“, je m’étonnais de ne pas avoir plus écrit sur Stephen McCauley car j’ai lu tous ses romans (il n’y en a pas tant que cela…). Il est de ces rares écrivains dont la prose me plait au point que je pourrais le lire sans me lasser sur des centaines et centaines de pages. Ses romans ont pas mal de points communs, à commencer par l’auteur lui-même dont on reconnaît les représentations et transfigurations dans certains personnages, ainsi on retrouve des héros qui prennent de plus en plus de bouteille. Là c’est Richard Rossi qui est un DRH d’une cinquantaine d’année confortablement installé dans la vie, avec son petit-ami, un consultant foudre de travail, et son amant, un “hétérosexuel” marié qu’il “rencontre” à son club de sport.

Sorte de Woody Allen à la (auto)dérision permanente, un brin queer et grinçant, toujours couvert d’un flegme tout anglo-saxon, Stephen McCauley a souvent l’acuité et le mot juste pour narrer ses histoires de coeur et de cul. Car cela tourne souvent autour de préoccupations aussi superficielles qu’existentielles, avec des personnages aussi drôles que pathétiques pour mener la danse. Je suis très bon client de ses romans, mais pour une fois, je dois avouer une petite déception à la lecture de ce roman.

Richard Rossi gère donc une sorte de double-vie, mais sans flou car il est dans une sorte de consensus non-dit qui fait que sa relation extraconjugale est tacitement admise, tout en ayant de plus en plus un béguin prononcé pour son amant adorablement attaché à sa petite famille nucléaire. Mais il devient profondément jaloux et soupçonneux lorsqu’il comprend que son compagnon a lui-même un amant. Il remet alors en question son mode de vie, son équilibre amoureux, affectif et sexuel. Et dans le même temps, de nouveaux challenges professionnels finissent de contribuer à ce désarroi global. A 50 ans, il en a aussi ras le bol d’être le même être changeant et en construction qu’à 20, 30 et 40… Mais au bord du précipice, il ne sait toujours pas quelles décisions prendre.

Comme d’habitude, avec McCauley tout cela est raconté avec humour et finesse, et ces coupages de cheveux en quatre dont il est féru. Mais pour une fois, j’en ai eu un peu marre de cette attitude, et de cette répétition. Je ne sais pas trop à quoi cela est dû. J’ai terminé le bouquin en trouvant le procédé un peu fastidieux et peut-être moins en phase avec l’âge du protagoniste, ou bien l’ambiance globale qui est décidément très morose. Et pourtant j’ai lu avec bonheur les bons mots de l’écrivain, je suis bien rentré dans l’intrigue et les personnages, mais je n’ai pas eu le déclic qui est censé se produire au bout d’une cinquantaine de pages. Donc c’était une impression de longueur et un peu poussive qui s’est dégagée au final. Pas très positif quoi… J’ai hâte de lire pour prochain pour voir si ce n’était qu’une erreur de parcours !

L'(autre) homme de ma vie (Stephen McCauley)

  • Boukinage
Sans nouvelles de Gurb (Eduardo Mendoza)

Publié le Lundi 20 Décembre 2010 - 0:14
Catégorie: Boukinage

Voilà le genre de tout petit bouquin bien nawak et très très drôle. On y retrouve un procédé assez classique qui consiste à faire étudier un pays par des étrangers très candides, et dont les remarques au vitriol sont autant d’occasions de se moquer de soi. Dans ce cas précis, Eduardo Mendoza raconte l’histoire de deux extraterrestres en visite sur la Terre, et le chef envoie son subordonné, Gurb, pour enquêter sur les autochtones. Pour passer inaperçu, il prend la forme de Madonna (oui oui), mais voilà qu’il disparaît au bout de quelques heures sans laisser de traces. Le premier part donc à sa recherche dans Barcelone…

Nous sommes donc dans la satire la plus ironique et souvent comique avec un extraterrestre à la recherche de son compatriote madonnisé pour l’occasion dans un Barcelone qui concentre tous les clichés et travers que l’auteur a pu imaginer. Le récit est très court (une centaine de page, ça se lit en deux aller-retour en métro) et très enlevé, et je retiens surtout l’humour (parfois bien potache) et l’acuité dans la peinture des travers des contemporains d’Eduardo Mendoza.

Sans nouvelles de Gurb (Eduardo Mendoza)

  • Boukinage
Le passage de la nuit (Haruki Murakami)

Publié le Lundi 20 Décembre 2010 - 0:01
Catégorie: Boukinage

Cet auteur, Haruki Murakami, est très connu au Japon et dans le monde, et malgré un nom identique il ne faut pas le confondre avec Ryû Murakami, autre écrivain nippon très célèbre. Je n’avais jamais rien lu de ce Murakami, et en somme cette lecture ne m’a pas spécialement emballé.

Il s’agit d’un récit assez énigmatique, plutôt prenant au départ, mais qui n’a pas livré tout ce que j’avais cru y déceler dans les premières pages. Le narrateur est une sorte de caméra qui se focalise sur deux soeurs. Avec la première Mari, nous assistons à quelques saynètes dans un Tokyo underground et nocturne, où il est question d’une rencontre dans un bar de nuit avec un musicien, et d’une sombre histoire de prostituée battue par un client. Avec sa soeur, Eri, ce sont des plans successifs qui la montrent en train de dormir… Toute la narration se fait sur un mode très cinématographique, dans la description mais aussi dans les termes techniques, et on a ce contraste très fort entre les deux histoires parallèles, l’une très active et l’autre passive (même si Eri se sent épiée).

Concrètement, j’ai beaucoup aimé la trame romanesque du côté de Mari, et aussi l’ambiance, cette atmosphère tokyoïte très urbaine et déshumanisée, loin des standards et clichés japonais. Cette idée du travelling de l’auteur et de cette étrange aura nocturne m’ont aussi bien parlé. En revanche, je suis resté sur ma faim, car il ne se passe pas grand-chose, et que je n’ai pas bien compris ce qui clochait avec la soeur. Et comme l’écriture m’a paru très propre et chirurgicale, mais sans plus, je n’ai pas non plus été complètement accroché par le style.

Je reste donc un peu dubitatif, et j’ai fini le bouquin par un “Ah ouai c’est tout ?” qui me fait penser que j’ai sans doute raté le coche. Il doit me manquer certaines références en termes de littérature ou culture japonaises pour mieux appréhender cela.

Le passage de la nuit (Haruki Murakami)

  • Boukinage
Chrono-minet (Isaac Asimov)

Publié le Jeudi 16 Décembre 2010 - 0:37
Catégorie: Boukinage

Dieu sait que je suis fan d’Isaac Asimov, et c’est bien en fan que j’ai apprécié ce recueil. Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez sincèrement vous en passer… Hé hé hé. En effet, il s’agit de nouvelles de jeunesse du Maître, et elles sont surtout intéressantes pour qui connaît bien son oeuvre, et pourra ainsi y repérer les leitmotivs de l’auteur. Cela vaut aussi pour les textes introductifs d’Asimov lui-même. Il met ainsi en perspective et en contexte ses écrits qui forment un tout plutôt hétéroclite, mais pas dénué de charmes.

Les nouvelles ne sont pas toutes du pur genre SF de l’écrivain, mais font preuve de toute sa versatilité, et surtout son grand humour. On y trouve donc des farces, des satires fantaisistes, avec un ton léger et souvent très drolatique. On ne peut pas dire que ce sont les monuments inoubliables de sa gigantesque oeuvre littéraire, mais ça me fait toujours du bien de lire des textes que je ne connaissais pas de mon cher Isaac.

Chrono-minet (Isaac Asimov)

  • Boukinage
Le Cycle d’Ender, tome 1 : La Stratégie Ender (Scott Card Orson)

Publié le Mercredi 15 Décembre 2010 - 23:54
Catégorie: Boukinage

La plupart du temps, je m’achète des livres de SF qui correspondent plus ou moins à ce qui me plait particulièrement dans ce genre, et je finis donc très souvent à lire des auteurs américains des années 50 à 70. En fait, je n’aime pas trop la SF qui évoque des mondes avec des ordinateurs ou des réseaux, mais plutôt des gros calculateurs à tubes à vide ou des vaisseaux spatiaux qui emmènent dans des sociétés parallèles, qui sont autant d’occasion de nous passer au vitriol. Mais de temps en temps, et souvent par des cadeaux d’amis, je découvre de formidables exceptions (notamment Christopher Priest, ou encore Dan Simmons ou même Cory Doctorow). En outre, je n’aime pas trop les bouquins qui démarrent de grandes sagas sur n volumes et qu’il faut des années pour ingérer. Je n’aime pas du tout la Fantasy, ah non vraiment non. Fuck les sorcières et les gobelins.

Eh bien, j’ai adoré ce bouquin qui date des années 80, qui est le début d’un cycle littéraire et qui flirte quelque peu avec un univers au relents de Fantasy. Voilà, il fallait bien qu’une fois de plus, on me prouve que j’avais tort !! Hu huhu.

Scott Card Orson a une écriture bien affûtée mais surtout efficace, et un sens du rythme très poussé. On ne s’ennuie guère dans le livre, et on entre très rapidement dans le vif du sujet. On y suit l’enfance d’Ender qui est un gamin dont les prédispositions génétiques sont suivis par des scientifiques. Un peu comme ses frères et soeurs avant lui, Ender a été étudié car ses aptitudes uniques pourraient sauver la Terre de ses ennemis les Doryphores. Ces derniers sont une civilisation insectoïde qui s’apprête à envahir la Terre, et Ender est rapidement envoyé dans un camp d’entrainement militaire à à peine 6 ans. Pendant que son frère et sa frangine se font passer pour des politiciens et polémistes sur les réseaux (quelle clairvoyance en 1985 de penser déjà à des réseaux sociaux aussi modernes et crédibles qu’on peut les connaître aujourd’hui !!), Ender subit les brimades de ses camarades beaucoup plus âgés que lui. Mais peu à peu, il fait montre des qualités qui lui font grimper des échelons, et de toute façon on a plus vraiment le choix…

Il y a du Kwisatz Haderach (le sur-être de l’univers de Dune) dans Ender, et on ne peut s’empêcher de penser à “Starship Troopers” avec ces ennemis Doryphores, j’ai aussi pensé à Simmons pour ces sentiments exacerbés et une peinture troublante de la souffrance ou même à “Battle Star Galactica” en dévorant l’ouvrage. Dans tous les cas, il se lit avec beaucoup de plaisir et de fluidité, en proposant une histoire dans laquelle on rentre très facilement. Ce premier tome, en outre, constitue un tout qui ne frustre pas trop lorsqu’on le termine, mais donne assez envie pour que je me procure tout de suite les deux autres tomes du Cycle.

Le Cycle d'Ender, tome 1 : La Stratégie Ender (Scott Card Orson)

  • Boukinage
Les chutes (Joyce Carol Oates)

Publié le Mardi 14 Décembre 2010 - 0:50
Catégorie: Boukinage

Moi qui aime la bonne littérature américaine avec de bonnes familles bien psychotiques (elles le sont toutes vous savez bien… hé hé) et des histoires bien alambiquées, j’ai été servi. Joyce Carol Oates a déjà le mérite d’avoir une sacrée jolie plume, et là elle délie le long d’un bon pavé, une narration dense mais digeste, qui nous entraîne dans la région des Niagara Falls des années 50 aux années 80.

Tout commence par Ariah Littrell qui est là en voyage de noce, et dont le tout récent époux se suicide dans les chutes… Alors qu’elle attend qu’on retrouve le corps de son mari, elle rencontre un avocat du coin, Dirk Burnaby, et ils finissent par se marier à leur tour. On suit alors leur vie, ainsi que celles de leurs enfants, d’où l’aspect un brin “saga” du livre. Le bouquin se compose de trois grandes parties qui résument à peu près cela. La première traite d’Ariah et de son drame ainsi que de la conquête de Dirk, la seconde est l’épopée de leur mariage et de leurs enfants sur fond d’une sombre histoire de révolution industrielle et de désastre écologique, et un scénario à la “Erin Brokovich”, la dernière se focalise sur la génération suivante alors que les enfants sont des adultes, encore poursuivi par “les chutes”.

Le bouquin est encore une fois vraiment bien écrit et sème tout un tas de pistes sans jamais vraiment les exploiter jusqu’au bout. En outre, les trois sections sont très distinctes et pourraient presque être considérées comme des bouquins ou des tomes à part entière. On rentre dans l’histoire et on est tenu en haleine, et étonnamment Joyce Carol Oates nous largue là sans explication et sans promesse de compréhension. Étrangement, alors que c’est le genre de chose qui ne me plait pas d’habitude, j’ai trouvé que ça donnait tout son charme et son intérêt à l’ouvrage. Les descriptions et péripéties familiales sont du niveau d’un “De chair et de sang” (c’est dire de ma part…), mais en gardant le tout auréolé d’un mystère et d’un flou qui rendent le bouquin presque crédible et réaliste.

Pour les amateurs de familles dysfonctionnelles et de bonnes tares psychologiques transgénérationnelles, c’est un régal !!!

Les chutes (Joyce Carol Oates)

  • Boukinage
CapharnaHome

Publié le Lundi 13 Septembre 2010 - 23:42
Catégorie: Boukinage

Encore un petit bouquin de la même maison d’édition que le précédent, et de la même veine, sauf qu’il s’agit d’un recueil de dix nouvelles de dix auteurs différents. Le thème est celui de la maison, du foyer, de l’habitat etc. Je ne peux pas dire que j’ai été convaincu par tous les textes, mais c’est là bien évident pour un bouquin écrit à vingt mains.

Se sont détachées malgré tout quelques nouvelles dont j’ai aimé les errances poétiques (même s’il se termine d’une manière très drôle et inattendue), ou un texte sous forme d’échanges de répliques théâtrales ou encore des récits variés comme Gilles Marchand qui intervient avec une nouvelle plus traditionnelle, ou enfin Benjamin Peurey avec son bouleversant “Martyre” dans lequel la maison devient geôle pour une petite fille enlevée. Mais d’autres écrits m’ont plutôt laissé de marbre…

C’est toujours très étonnant et intéressant de lire des nouvelles écrites autour d’un même thème, et de constater la diversité des écritures, des inspirations et des formes de récit.

CapharnaHome