Articles de la catégorie “Cinéphage”

Cinéphage Star Trek

Publié le Mercredi 17 juin 2009 à 23:58
Catégorie: Cinéphage

J’allais voir ce film avec beaucoup d’appréhension et j’étais prêt à être déçu, mais au final j’ai été conquis. Evidemment ce n’est pas un grand chef d’œuvre mais il remplit parfaitement son office, en proposant un bien sympathique et drolatique space opera. Et surtout, un film dont la série originale du même nom n’a pas à rougir.

Ce n’était pas facile de reprendre Star Trek en faisant table rase des différents films, dont la plupart ont énormément vieilli, il faut l’avouer (mais je les ai aimés en leur temps). Difficile aussi de faire une suite aux innombrables générations d’équipages de l’USS Enterprise, et en outre peu de gens ont finalement suivi ces épisodes. Du coup, sacré parti pris que de reprendre les personnages originaux, ceux des années 60, sans que ce soit kitsch, en respectant nos souvenirs (je regardais ça sur la 5 de Berlusconi des années 80 en énième rediffusion), et en proposant une histoire qui tienne la route. C’est d’ailleurs certainement sur ce dernier point que le film pèche. Et du coup, plutôt que de chercher des personnages similaires à ceux des sixties, le choix s’est porté sur une genèse de Star Trek. Et le film présente donc les jeunes membres de l’équipage de l’USS Enterprise, leurs rencontres et les prémices de leurs amitiés au long cours.

Je dois avouer que je trouve le film terriblement remarquable tant pour le choix des comédiens, que de la manière dont leurs relations sont dépeintes, les différents traits de caractère qui correspondent bien aux clichés qui leur sont rattachés. Aussi bien du côté Kirk que McCoy ou Spock, tout est bien calé, entre les blagues, engueulades ou classiques consensus raisons contre sentiments.

Le film est plaisant, punchy, agréable, divertissant, et est servi par de beaux effets spéciaux, ainsi que de véritables madeleines de Proust pour moi (je suis un gros fan de la série TV originelle). Mais là où le bât blesse c’est sur le scénario qui est épais comme une feuille de papier cigarette (qui n’est pas très épais). En fait, cela n’est presque pas gênant car le film se construit principalement sur ses personnages, et du coup le méchant romulien et ses turpitudes existentielles passent largement au second plan. A vrai dire, il est beaucoup plus intéressant de s’attacher à ce cher Spock du passé et du futur, et au joli binôme « rhaa lovely!!! » Zachary Quinto / Leonard Nimoy.

Donc vraiment l’histoire est si optionnelle, qu’il vaut mieux garder en tête les « rhaa lovely!!! » Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Anton Yelchin, l’incroyable talent pour moderniser un rien les costumes et machines tout en leur conservant une once de kitsch. C’est subtil mais remarquablement dosé à mon avis, et même Uhura garde son gros machin dans l’oreille en restant crédible. De même, plutôt que de passer l’accent de Chekov sous silence (Anton Yelchin a un superbe accent à couper au couteau, même s’il n’en a pas du tout dans Terminator 4 où il joue le rôle du père de John Connor, et qu’il est né à St Petersbourg), ils ont pondu une blague récurrente qui fonctionne plutôt bien.

Le film fait presque penser à certains égards à un « Galaxy Quest », mais heureusement la parodie est assumée et assez légère pour que la pilule passe parfaitement. On y voit ainsi plus un hommage qu’un pastiche, et le space opera est assez divertissant et sympatoche pour passer un bon moment.

Star Trek

Cinéphage Dragonball Evolution

Publié le Vendredi 1 mai 2009 à 23:44
Catégorie: Cinéphage

Vous vous souvenez de Kung-Fu Panda ? Il y a tout le long du film ce truc très drôle entre le père et le fils, parce que le père est une oie et le fils un panda, mais que la filiation paraît très naturelle pour les deux. Bah dans Dragonball, le grand-père de (San)Goku est totalement asiatique, et le petit-fils complètement caucasien, mais c’est à peu près la même chose, sauf que ce n’est pas intentionnel. Huhu.

Le film est un navet assez épatant… Il s’agit d’un épisode de X-Or, avec les mêmes comédiens, les mêmes manières de jouer, un scénario tout à fait similaire, et juste quelques roupies de plus pour deux-trois effets spéciaux. L’intrigue reprend en gros celle du dessin-animé mais en essayant de glaner ça et là quelques bouts, donc on ne comprend rien, l’histoire est décousue et sans queue ni tête. Yamcha est hideux mais alors vraiment super moche, et le méchant (Satan Petit-Coeur pour nous) ressemble à Fantomas, mais beaucoup moins bien maquillé. Même Tortue Géniale (nommé Roshi dans le film, VO) ne tient pas la route une seconde, malgré ce pauvre Chow Yun-Fat qui s’est perdu dans le film.

Non, non, c’est simplement affligeant. Et pourtant, il y avait de quoi faire un bon petit film, drôle, plein d’effets spéciaux, et de références qui auraient au moins plu et parlé aux fans. Bon idem, je ne vais pas appesantir, il n’y a pas beaucoup plus d’intérêt pour ce truc.

Dragonball Evolution

Cinéphage Prédictions

Publié le Vendredi 1 mai 2009 à 23:22
Catégorie: Cinéphage

Rho là là, mais comment ont-ils fait pour pondre un truc pareil… OMG!!

Pourtant le démarrage n’est pas mauvais, avec ce mélange de thriller et de fantastique : la gamine qui écrit ses chiffres et qui semble maudite, le scientifique qui trouve la corrélation et tente d’en découvrir le mystère. Mais au final, c’est tout de même une histoire de blondinets qui donnent des cailloux à des enfants. Huhuhu.

Pfff. Nan mais j’ai même pas envie d’en dire plus, tellement ce serait inutile et…. pfff.

Prédictions

Cinéphage Watchmen – Les gardiens (le film)

Publié le Samedi 21 mars 2009 à 20:23
Catégorie: Cinéphage

Alice_ m’avait offert il y a trois ans la bédé qui compile toute l’histoire des « Watchmen », cet incroyable ouvrage dessiné par Dave Gibbons, et scénarisé par Alan Moore. Ce dernier est aussi l’auteur de « V pour Vendetta », un de mes films (récents mais) cultes. J’avais absolument été conquis par cette bédé, et j’y trouvais comme beaucoup un ferment extraordinaire pour un film, mais d’autant plus génial qu’il paraissait impossible à adapter. Ou alors il aurait fallu prendre des raccourcis ou des simplifications qui auraient certainement tuer l’âme de cette œuvre d’exception.

Eh bien Zack Snyder réussit là un exploit qui m’a laissé sans voix quand je l’ai découvert. Pour moi, le film est aussi bien que la bédé, et lui rend hommage d’une bien belle manière. Pourtant, les choix pour faire ce film ont dû être bien ambitieux et très difficile à tenir. Car la bédé a servi de scénario, scripte, dialogue et storyboard au metteur en scène, et un peu à la manière « Sin City », il a simplement rendu le comic au cinéma. Autant j’avais pu conspuer le « Parfum » qui pour moi manquait justement d’adaptation pour le rendre cinématographiable, autan là je trouve que c’est brillant.

Donc case après case, le film nous déroule cette troublante histoire, mi-SF mi-uchronie, dans un 1985 parallèle où Nixon continue à sévir, et la Guerre Froide à congeler les relations politiques internationales. Nous sommes au bord du conflit mondial et nucléaire, et les super-héros masqués, à la retraite depuis des dizaines d’années, ne sont pas là pour prêter main forte. Au contraire même, l’un d’eux, le Comédien, se fait assassiner. Cela interpelle un de ces héros qui n’a pas voulu renoncer à sa vocation, Rorschach, et il commence à enquêter sur ce crime. Il tente de solliciter les autres retraités, mais sans beaucoup d’échos il fait cavalier seul. Aucun de ces héros ne possède de pouvoirs surnaturels, sauf le Dr Manhattan, qui a été transformé en un être presque divin après une expérience scientifique.

Cette vision des super-héros mis à la retraite fait pas mal penser aux « Incredibles » de Pixar, et ça ne m’étonnerait pas que l’idée vienne de là. Le parallèle ne va pas plus loin, puisque « Watchmen » est une œuvre plutôt sombre, inquiétante et intrigante. Alors le film dure en effet 2h43, mais c’est hallucinant, car je n’ai pas vu le temps passé !! La bédé avait déjà un rythme qui se portait très bien au cinéma (même assez hollywoodien).

Ensuite c’est difficile de faire le tri, car tout me plait. Les décors incroyables, les couleurs et les lumières, les effets spéciaux, le fait d’avoir des comédiens qui ne sont pas de premier plan et qui met en avant l’histoire avant les interprètes bankable habituels, ce petit côté « Rocketeer » dans la présentation des héros et leurs costumes, la grosse bite bleue du Dr Manhattan, le manifeste politique de Moore qui file la métaphore qu’on trouvait déjà dans « V pour Vendetta », son côté lesbophile encore une fois remarqué (on retrouve en un clin d’oeil, avec une super-héroïne lesbienne qui est assassinée pour cela même, un parallèle avec le couple de « V pour Vendetta » dont Nathalie Portman relit l’histoire dans sa fausse prison). Bref, j’ai adoré ! C’est génial ! Allez-y !

L’avis des copines : Brice, Kinoo, Korben, Steppen, Gonzague, Jarod_.

Watchmen – Les gardiens (le film)

Cinéphage Une sélection de films primés ou remarqués de la compétition nationale du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, au Forum des Images

Publié le Mercredi 18 février 2009 à 23:40
Catégorie: Cinéphage

Alors que le Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand s’est terminé il y a quelques semaines, le Forum des Images proposait de découvrir les œuvres qui ont émergé. L’un des films primés que je voulais absolument voir passait justement, donc je n’ai pas raté cela. Ce film, qui a eu le prix du Public, a été écrit et réalisé par un blogueur que je suis depuis longtemps. J’avais ainsi suivi la genèse du film, et j’étais plus que curieux de le découvrir achevé au cinéma (avec un bon vieux format 35mm).

Les courts-métrages n’ont pas vraiment de débouchés aujourd’hui, et c’est dommage car ce sont souvent ces films qui innovent, et qui proposent de véritables trouvailles cinématographiques. Ce sont les réalisateurs et auteurs de demain, des œuvres à petits budgets qui misent sur un talent, une passion, des idées et beaucoup d’implication. Heureusement les festivals sont là pour mettre en exergue ces films courts, et ils donnent au moins une visibilité à certains auteurs, qui est un bon point de départ pour une carrière.

J’ai été plus qu’enchanté par cette sélection, parce qu’en 6 petits films, j’en ai eu plein les mirettes sur des sujets, des manières de filmer, de jouer, des formats, des modes de narration complètement différents. Et chacun de ces films possédait son charme et ses qualités, même si j’ai eu une préférence certaine pour deux d’entre eux.

 « Forbach » de Claire Burger. (Beta SP – 4/3 – 35′)

Ce film a décroché le Grand Prix du festival, et c’est amplement mérité. Il est apparemment basé sur une histoire vraie, et les comédiens sont aussi les protagonistes de l’histoire « réelle ». Donc nous suivons un jeune comédien, Samuel, qui après avoir réussi à Paris, retourne à Forbach voir sa famille, et surtout pour recevoir un hommage de la part de la municipalité. Le comédien, Samuel Theis, joue donc un rôle proche de lui, et c’est sa maman et son frère qui interprètent aussi leurs rôles.

Le format du film, très documentaire, fait un peu penser à une émission du genre strip-tease, d’autant plus dans cette région et en contact avec un milieu très modeste. De même la caméra est très mobile, et intègre parfaitement la vue et les émotions de Samuel. Ce dernier doit gérer sa présence à Forbach, mais aussi un frangin un peu paumé et une mère un peu fofolle et portée sur la bouteille (mais plutôt attendrissante dans le genre). Samuel Theis est très convaincant dans ce rôle, et fait montre d’un certain talent.

Clairement, ce court-métrage est un concentré d’affects en tout genre, et Claire Burger réussit à transmettre tout cela, tous les non-dits, le langage non verbal, les coups d’œil, les remises en question, les devoirs filiaux, autant grâce à l’histoire qu’à sa manière de filmer. La fin du film surtout tombe comme un couperet, et laisse une certaine amertume. Je reprocherais peut-être à cette œuvre d’être un brin trop formatée « Fémis ». J’ai eu pas mal d’amis qui sont passés par l’école, j’ai donc vu pas mal de leurs courts, et le ton du récit, le montage ou même l’ambiance étaient un peu trop similaires à des choses déjà vues.

 « Les songes d’Edmée » de Jérômes Lefdup (animation – 2′)
Ce film n’a pas été primé, mais faisait partie des œuvres qui avaient été retenues par l’équipe du Forum des Images. Il s’agit d’une mise en scène enlevée de photographies stéréoscopiques des années 30 qui figure le personnage Edmée. A priori tout est inventé par l’auteur qui s’amuse à imaginer les relations entre les divers personnages en photo. Le tout est servi avec une excellente bande-son et surtout un commentaire très cocasse. J’ai moi aussi bien rigolé, et je salue l’imagination débordante de son auteur, ainsi que l’originalité du traitement graphique et cinématographique.

« Séance familiale » de Cheng-Chui Kuo (35mm – 1.85 - 28′)
Le film tant attendu… Je n’ai pas été déçu, bien au contraire, ce film est une petite merveille. Tout se passe à Taipei, au sein d’une famille taïwanaise classique. Une équipe de télévision française débarque et leur apprend qu’ils ont été sélectionné pour jouer à un jeu de téléréalité. Le cadreur français devra rester quelques jours chez eux (ils vont communiquer dans un anglais approximatif), et ils pourront gagner une grosse somme d’argent s’ils sont choisis par le public français. La mère est d’abord très réservée, mais le père et la fille acceptent, et toute la famille se prête donc à ce « jeu ».

La caméra qui intimide d’abord les membres de la famille, finit par servir de médiateur, et de réceptacle à des sentiments et des frustrations qui les minent. C’est ainsi qu’on comprend en filigrane qu’ils sont tous rongés par l’absence d’un frère et d’un fils. Encore une fois le dénouement est une grande surprise, et un sacré coup de théâtre.

Le film revêt de grande qualité formelle, et j’ai été hyper sensible à la qualité de l’image, et à la manière de filmer. Il s’agit du court qui possédait de la maîtrise la plus manifeste, techniquement parlant. En plus de cela, la mise en scène et l’œil du réalisateur ont fait aussi montre d’un même professionnalisme.

Le plus revient encore à l’histoire, qui est vraiment excellente, et aux comédiens et comédiennes, qui en plus d’assurer, possèdent une authenticité vraiment touchante. Le film ne dure que 28′, mais on se retrouve rapidement pris dans la narration et les intrigues qui sont élaborées en quelques plans habiles. Il s’agit vraiment d’une œuvre d’une qualité globale qu’on ne voit que dans de très rares courts-métrages.

« Dix » de Bif (35mm – 1.85 – 7′)
Voilà un court qui m’a drôlement intéressé, et qui joue de plusieurs techniques pour mieux figurer son propos. Le personnage principal ne peut pas se déplacer autrement que sur des pavés ou des surfaces planes, il est incapable de traverser une ligne ou de marcher sur une bordure. On suit ses pérégrinations chez son psy, mais surtout on entre véritablement dans son esprit, et on se figure plus facilement ce que représente une telle phobie. C’est ainsi que sur un mode tragicomique, semi-gore et ironique, des séquences d’animation nous montrent le héros qui se voit découper vivant selon les lignes indiquées par la bordure des pavés de la rue.

L’image est intéressante et possède une vraie qualité artistique, le sujet aussi tient la route. Ce n’est pas un film qui aurait retenu mon attention autrement, mais ce n’est pas mal. Il a eu le Prix Audi.

Skhizein de Jérémy Clapin (animation – 35mm – 1.85 – 13′)
C’est le parfait petit film d’animation qui retient l’attention par son graphisme original et son style, mais aussi pour son scénario totalement surréaliste et à moitié inquiétant. Le héros, dont la voix est celle de Julien Boisselier, est atteint par la chute d’une gigantesque météorite. Le seul symptôme de cette rencontre est assez handicapant, en effet, il se retrouve décalé de 91cm par rapport à lui-même.

Le film est à la fois très drôle, et en même temps assez sombre, puisque le héros doit vivre avec ce handicap, qui ressemble plus à une sorte de schizophrénie rampante. En tout cas, l’animation est originale et de grande qualité, avec le graphisme des personnages qui a un style très personnel (que j’aime beaucoup). Il a eu le prix du meilleur film d’animation francophone.

« Citizen Versus Kane » de Shaun Severi (20′)
C’est certainement le court qui m’a le moins plu, et c’est pourtant celui qu’on pourrait s’attendre à voir dans un MK2. En effet, c’est assez drôle et simple comme histoire, mais ça n’a justement pas beaucoup d’originalité. On se trouve sur un tournage d’un film, et le réalisateur a une dent contre le comédien principal qui est un alcoolique invétéré. Après une énième dispute, le film est dans un cul de sac, au grand dam du producteur. Mais voilà que l’acteur casse sa pipe dans sa caravane, et le producteur y voit un comédien idéal, puisque ce sont ses initiatives qui gâchaient tout. Il ne dit donc rien à personne, et décide de faire « jouer » le cadavre pour finir le film !!

C’est le prix Canal +, et encore une fois, on a vu des courts-métrages très similaires, donc rien de transcendant. Par contre, c’est assez rigolo en effet, et plutôt bien ficelé, tourné, joué. Mais rien de plus quoi…

Une sélection de films primés ou remarqués de la compétition nationale du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, au Forum des Images

Cinéphage Slumdog Millionnaire

Publié le Vendredi 6 février 2009 à 23:45
Catégorie: Cinéphage

Voilà un film qui fait couler de l’encre depuis sa sortie, encensé par les uns, descendus par d’autres, en demi-teinte dans les critiques, eh bien j’ai vachement aimé, mais ne le considérerais pas pour autant comme un chef d’œuvre. Et pourtant j’aime beaucoup Danny Boyle, et j’aime la manière dont il a traité cette histoire, même si apparemment ce n’est qu’une adaptation très décevante pour les lecteurs du bouquin.

L’histoire a été pas mal racontée, mais je la répète donc à mon tour. Il s’agit d’un garçon, un de ces « pouilleux des bidonvilles » de Mumbai qui participe à l’émission « Qui veut gagner des millions ? ». Et de manière aussi extraordinaire qu’inattendue, il semble connaître toutes les réponses. Cela met en rogne les autorités, et avant la grande finale, il est interrogé avec véhémence par la police locale. Devant s’expliquer sur sa connaissance des réponses, il narre exactement les anecdotes qui, émaillant sa vie, lui ont permis de savoir ce qu’il sait. Ces flash-backs nous entraînent de son enfance à sa vie adulte, avec ses joies, ses peines et au final une incroyable destinée.

Le film apparaît comme l’anti-bollywood par excellence, tout en ayant un Danny Boyle qui se régale de ces codes du cinéma indien. Du coup, c’est assez étrange, et surtout très survolté par moment, avec une bande-son digne d’un « Trainspotting » et cette manière de filmer très « clip » qui le caractérise. Par contre, il ne s’agit pas d’une image lisse de l’Inde, mais au contraire une mise en exergue de ses contrastes carrément saisissante et qui laisse une impression très forte. Au final, je ne trouve pas qu’on en ressorte avec une mauvaise image du pays, mais plutôt un patchwork assez juste, fait de ces paradoxes sociétaux qui voit la misère et un développement limité, et son exploitation encore plus grave et triste, côtoyer l’opulence et la modernité.

La mise en scène, qui a été largement critiquée, est pour moi est un des points très forts du film. Je suis vraiment un grand fan de Boyle, et j’adhère toujours autant à l’agilité et la frénésie de sa caméra, à ses couleurs survoltées et sa musique qui scande des scènes qui paraîssent juste impossible à filmer ! Il y a aussi la présence de cette émission tellement connue partout dans le monde, et qui achève totalement de nous convaincre sur une globalisation vraiment dans tous les domaines. D’ailleurs il y a quelque-chose de drôle par rapport aux réponses de l’émission. En effet, un des leitmotivs du héros est d’ignorer qui est le troisième des mousquetaires de Dumas. Or lorsque cette question arrive dans le jeu, et que l’on doit choisir une des quatre solutions à l’écran, c’est un suspense énorme sauf pour les français, qui évidemment ne connaissent que ces personnages.

J’avais aussi lu pas mal de critiques sur les narrations du héros, et ses souvenirs d’enfance et d’adolescence. Mais c’est là où j’ai été réellement conquis. En effet, j’ai juste adoré ces anecdotes, souvent tragiques, agrémentées d’une pincée d’humour plus ou moins grinçant, leurs portées politiques (assez light c’est vrai), et surtout cette merveilleuse histoire d’amour qui traverse tout le film. Ah qu’elle est belle et émouvante cette intrigue !! (Midinette power !)http://blog.matoo.net/wp-admin/post-new.php

Du coup cela fait de « Slumdog » un excellent film, un très bel opus pour Boyle, et porté par de sacrés comédiens. Mais ce n’est pas non plus ZE chef d’œuvre qui m’a ému jusqu’aux larmes, ou que je recommande absolument. C’était très bien, mais c’est tout (et c’est déjà pas mal).

L’avis des copines : Zefrog, Orphéus, Tambour Major, Parapluie, Mr 3, Monsieur B., Brice, Enguerrand, Benoît.

Slumdog Millionaire

Cinéphage Bolt (Volt, Star malgré lui)

Publié le Dimanche 21 décembre 2008 à 20:00
Catégorie: Cinéphage

Alors pour une fois, et donc je le précise en premier lieu, je trouve que le titre a bien été adapté, et l’affiche française me paraît même plus sympa que l’originale. On y retrouve un peu plus de l’esprit du dessin-animé, et les personnages sont mieux mis en valeur, et parfaitement conformes à ce qu’on va découvrir. Concernant le titre “Bolt ” signifiant là foudre ou éclair en rapport à la marque sur le chien, “Volt” est sympa car il véhicule le côté énergique du chien, tout en continuant sur le champ lexical de la foudre. Et le le sous-titre qui n’existait pas dans la VO traduit bien l’histoire, de même que la phrase en forme de calembour : “A la croquette de l’ouest”. Donc pour une fois, clap clap clap. (Il sort en février, mais nous l’avons vu à NYC, je le précise pour ceux qui pensent que je suis un grand pirate de l’espace. J’ai reçu quelques mails en ce sens… Hu hu hu.)

Bizarrement, il s’agit bien d’un film en images de synthèse (et même en 3D), mais qui n’est pas Pixar. Donc je ne comprends plus très bien la stratégie Disney concernant ce genre de production, mais je suppose que les deux coexistent (Pixar et Disney itself). En tout cas, la qualité de la modélisation et de l’animation est tout à fait correcte et au niveau de ce qui se fait aujourd’hui. La très bonne surprise de Bolt, pour Disney qui est tout de même le fournisseur officiel de films mièvres et à la morale quasi-franquiste, vient du scénario qui est vraiment original, et touchant sans être con, et divertissant sans être débile.

Bolt est un super-chien, en tout cas c’est ce qu’il croit, un chien qui court plus vite que Super-Jaimie, qui a des lasers dans les yeux, et surtout un super-aboiement qui détruit tout sur son passage. Il mène de périlleuses aventures avec son amie Penny, qui cherche son papa qui a été enlevé… Enfin sauf que tout cela c’est dans la tête du chien, car on fait vivre à ce chien un véritable “Truman Show” afin d’avoir un animal qui joue le mieux possible. En fait, Bolt est le héros d’un feuilleton à succès, mais il est le seul à penser que tout cela est la réalité, et on continue à le lui faire croire pour qu’il garde toute son authenticité. Or, un jour, il s’échappe de sa caravane et il est par erreur conduit à New York !! De là, il doit rejoindre la Californie, mais peu à peu il se rend compte que ses super pouvoirs ne sont pas ce qu’ils sont.

Bon, cette œuvre est et demeure un film Disney, alors il y a forcément des passages neuneu, mais ils ont fait un effort notable pour rendre le tout digeste. Et surtout, ils ont mis en place un héros assez marrant et touchant dans son “Truman show”. Il faut aussi noter les deux héros secondaires qui font bien mouche, entre la petite chatte désabusée et l’extraordinaire hamster Rhino qui mériterait un spin-off à lui seul (et ça ne m’étonnerait pas, tant je devine qu’il va recevoir tous les lauriers du film). Ce dernier est juste hilarant, et fait rire à tous les plans qu’il occupe.

Je ne suis pas fan de la 3D-relief, et je trouve que les lunettes avec film en relief n’apportent vraiment pas grand-chose, sinon un grand inconfort visuel après une demi-heure. Le film m’aurait tout à fait convenu dans le cadre d’une projection classique.

Volt, star malgré lui Bolt

Cinéphage Madagascar : Escape 2 Africa

Publié le Mercredi 17 décembre 2008 à 22:55
Catégorie: Cinéphage

Je me suis permis de rajouter le titre complet et original, ce qui n’a pas été traduit en France, or cela paraît essentiel puisque le film ne se passe pas du tout à Madagascar. Enfin, ça reprend bien de la fin du premier opus (pas terrible d’ailleurs) qui était sur la fameuse île, mais les personnages qu’on connaissait, le lion qui fait sa star, la girafe hypochondriaque, l’hippopotame enjoleuse et le zèbre grande-gueule, se retrouvent en pleine savane africaine, alors que les pingouins pilotaient un avion pour rentrer à New York !!!

Ce n’était pas si facile de créer une suite à « Madagascar », et j’ai plutôt été enchanté du scénario, donc c’est vraiment un bon point pour moi. Très classique évidemment et pas super original, puisque c’est le lion Alex qui se retouve par hasard dans la réserve où sont père est le roi des lions du coin. Alex avait été enlevé bébé par des trafiquants d’animaux, et tralali et tralala. On retrouve sinon exactement les mêmes personnalités qui sont bien mises en exergue, et dont le trait a même été un peu poussé. Ainsi Melman est plus “Woody Allen” que jamais avec un excellent David Schwimmer, et Marty (Chris Rock) plutôt drôle dans ses réparties.

Ce qui est très cool c’est aussi que les personnages sous-utilisés du premier film sont largement mis à contribution (m’est avis que certains retours ont été pris en compte…). Les pingouins notamment, ou même le Roi Julian (j’adoooore l’accent bollywoodien que prend Sacha Baron Cohen), sont hilarants et jouent sur un registre identique à celui du premier épisode.

Par contre, ça n’a rien de transcendant et génialissime, mais franchement c’est beaucoup mieux que celui d’avant, ce qui est une prouesse assez rare pour la souligner. Donc on se marre carrément à plusieurs reprises, la modélisation est à couper le souffle, et on prend globalement pas mal de plaisir à regarder cela.

L’avis des copines : [elle], Anne-Laure.

Madagascar 2

Cinéphage Australia

Publié le Dimanche 14 décembre 2008 à 21:32
Catégorie: Cinéphage

Ce film de Baz Luhrmann, le réalisateur d’œuvres qui ont pas mal marqué leur temps comme « Roméo+Juliette » ou « Moulin rouge », était pas mal attendu, et on se doute bien qu’il va encore trouver un moyen de se démarquer dans la forme. Mais là, on arrive à un tel assemblage de styles et de références, que ça finit par ne plus ressembler à grand-chose. J’ai eu toutes les dix minutes un titre ou un genre de film qui convenait parfaitement aux scènes qui se déroulaient, et cela forme rapidement un patchwork, non dénué d’un certain charme, mais pas non plus totalement convaincant.

« Australia » se déroule, comme son nom l’indique, en Australie, et a le mérite de présenter ce pays qu’on ne connaît en réalité que très peu. Un curieux pays, aux antipodes du nôtre, et qui pourtant nous ressemble beaucoup, un endroit finalement très peu peuplé au vu de sa superficie, et qui intègre difficilement les populations autochtones. Le film se déroule un peu avant la seconde guerre mondiale, et en plein conflit. Une lady anglaise, Nicole Kidman, se rend à Darwin pour rejoindre son mari, dont elle vient d’apprendre le décès, et qui passait son temps dans une ferme dans le trou du cul du monde. En fait, son mari a été assassiné car il faisait de l’ombre à un grand éleveur qui est en phase de signer un contrat pour de la fourniture de bétail aux militaires. Nicole Kidman débarque en Australie, et découvre un pays aux mœurs très violents par rapport à ses repères. Elle finit par atterrir dans la ferme et reprend les rênes. Elle convainc surtout Hugh Jackman de l’aider à conduire le troupeau à Darwin, même si le méchant éleveur de les laissera pas faire si facilement… Dans la ferme, elle trouve aussi un enfant métisse dont la mère aborigène travaille là. Le film se focalise pas mal sur le phénomène de ces enfants des « Générations Volées » qui étaient enlevés pour devenir les domestiques de la haute-société australienne. L’enfant ne veut pas partir, et il est protégé par son grand-père, un aborigène traditionnel, dont la magie, le mysticisme et les savoirs lui confèrent bien des pouvoirs.

Il s’agit d’un film saga qui ne s’arrête jamais, et qui couvre quelques années, avec des intrigues très distinctes qui se succèdent. Un peu comme si on nous avait collé une série d’épisodes ou bien les Australia 1, 2 et 3 à la suite. C’est assez troublant dans le sens où j’ai sincèrement cru plusieurs fois que le film allait finir dans 30 secondes, pour découvrir 31 secondes plus tard, qu’on en avait encore certainement pour une heure ! Il y a un certain charme désuet dans la manière de filmer du réalisateur, et on devine bien qu’il a voulu jouer avec un tas de références cinématographiques. Ainsi les décors peints, les scènes manifestement en studios ou certains gimmicks des films des années 50 donnent beaucoup de cachet au film (alors que certains détesteront je suppose), et m’ont plu.

Mais c’est dans la multiplicité des références, dans les ruptures de narration un peu trop cinglantes, et surtout dans la juxtaposition parfois ridicule des genres, que l’on atteint, à mon avis, le point de non retour. Ainsi le film peut se résumer en un western à la « Rio Grande » avec cette conduite de troupeau, les pièges des méchants cowboys, et les chevauchées dans de beaux paysages. Mais surtout j’ai vu dans la relation Kidman/Jackman, une ressemblance frappante (volontaire ?) avec le couple mythique Deborah Kerr/ Stewart Granger des « Mines du Roi Salomon ». Vraiment entre la Lady rouquine qui commence toute sensible et choquée, et termine aventurière dans le pieu du héros, et le baroudeur solitaire au cœur tendre qui lutte aux côtés des autochtones, j’y vois là une belle resucée. Quant à la partie « seconde guerre mondiale », elle évoque avec impressionnants décors à l’appui l’épisode de l’attaque de Darwin par les japonais. Et là, on est carrément dans le film « Pearl Harbor » avec les bombardements, le quiproquo des gonzesses et les intrigues qui se superposent à la guerre.

Finalement, et c’est bien la facette la plus incompatible et ridicule des genres cités : « Crocodile Dundee » !!! Eh oui, nous sommes dans un film australien, alors forcément quand un petit aborigène se met à stopper un troupeau de vaches qui courent vers un précipice simplement en levant la main et en chantonnant, qu’il y a des histoires d’accidents de crocodiles (enfin là j’aurais aussi pu évoquer le chef d’œuvre : « la vengeance aux deux visages »), et que le grand-père est la caricature vivante de l’aborigène (toujours en repos sur une jambe, et qui trouve son chemin dans le noir ou le désert) mâtinée d’un mutin Droopy. Bah forcément, ça me fait marrer, et je pense à ce film des années 80. Et cette partie « Crocodile Dundee » est vraiment la plus naze et mal gérée, en tout cas beaucoup trop surréaliste et peu crédible.

Outre cela, le film est tout de même une suite assez insoutenable de « happy ends » très très hollywoodiens qui finissent par rendre le tout assez fade et supra convenu.

Par contre, niveau divertissement, il y a du potentiel, et Nicole Kidman est encore une fois merveilleuse. Cela évidemment, ça ne change pas. Hugh Jackman n’est pas mal non plus, mais on lui fait faire des trucs bizarres, genre se pencher sur une branche d’arbre en montrant ses biscotos et en faisant le beau gosse, assez étrange pour un cowboy…

Bref, « Australia » n’est pas une sombre merde, mais est tout de même assez décevant pour Baz Luhrmann, qui avait en plus l’envie de parler un peu de l’histoire de son pays. Or, c’en devient une telle caricature qu’on se demande s’il maintient toujours cette position. De plus, ces mélanges de genres, de rythmes et d’intrigues ne fonctionnent pas très bien, et malgré de bonnes choses, ça n’arrive pas à maintenir l’attention (et le sérieux). Oh c’est un chouette film du dimanche soir de désœuvrement culturel et moral !

Australia

Cinéphage Voyage au centre de la Terre

Publié le Jeudi 11 décembre 2008 à 23:59
Catégorie: Cinéphage

Oh mon dieu ! Comment ont-ils osé ? Nan mais il a pas des héritiers qui peuvent porter plainte contre des trucs pareils Jules Verne ? Parce que là c’est un massacre d’une des superbes œuvres de l’écrivain français. Le seul point positif repose sur les effets spéciaux qui sont, il est vrai, très chouettes. Mais sinon c’est un navet intégral doté d’un scénario inexistant, ou débile à souhait, de notions scientifiques d’un ridicule qui frôle l’imbécillité pure et simple.

Et puis c’est quoi ce truc entre Brendan Fraser et cette gamine ? A quoi ils jouent là pour le casting ? Et la confrérie des vernians qui croient que les écrits de Verne sont véridiques… Je n’ose même pas en dire plus sur l’histoire, c’est trop con.

L’avis des copines : Kinoo.

Voyage au centre de la Terre

Cinéphage Mamma Mia !

Publié le Jeudi 11 décembre 2008 à 23:39
Catégorie: Cinéphage

Ah quelle déception… Ce n’est pas si mal, mais presque ! Parce que pour un tel film, j’attendais plus… Plus qu’une petite comédie un peu fadasse, tant elle est convenue et sans la moindre surprise. Les blagues et rebondissements sont tous plus éculés et attendus, et finalement c’est la musique qui rend le tout vaguement supportable.

L’histoire est terriblement mince et naze… Cela passe peut-être pour une comédie musicale, mais pour un film c’est tout de même un peu juste. Ils ont surtout conservé ce truc de “ça saute partout”, c’est l’hystérie à tous les coins de rue et on se croit dans un décor de Disney tellement l’endroit, les gens et les péripéties sont crédibles. Encore une fois, la seule chose qui rend le film digeste ce sont les immortelles chansons d’Abba qui ne manquent pas de vous faire chantonner du début à la fin. Sinon, on n’est pas loin de graaaave se faire chier.

C’est drôle car en lisant les critiques des uns et des autres, il y a vraiment deux camps. Mais bon sérieusement, à côté de “Muriel” ou de “Priscilla”, c’est vraiment de la gnognote (même avec Colin Firth en pédale, tant il fait un mauvais pédé, hu hu) !

L’avis des copines : Buzenval, Klendal, Parapluie, Kinoo, Zep, Anne-Laure, Alice_, [elle].

Mamma mia !

Cinéphage Otto ; or, up with dead people

Publié le Jeudi 11 décembre 2008 à 23:11
Catégorie: Cinéphage

Oui je sais ça date un peu, mais je suis allé au Festival Gay et Lesbien comme j’en parlais dans une précédente note. Et spécialement pour ce film deBruce LaBruce qui est, vous n’en doutez pas un instant, un OVNI d’une extravagante créativité.

Hummm l’histoire… comment dire, l’histoire… C’est un mec, Otto, il est zombie, et il va en ville dans un but assez flou. Il y rencontre une réalisatrice lesbienne (en couple avec une actrice en noir et blanc, comme tirée d’un film muet des années 20 !!!) qui tourne un film sur les zombies, ou plus exactement sur cette honteuse phobie des zombies gays ! Le film est alors un mélange entre le scénario qui se tourne sous nos yeux, et une certaine “réalité”.

Bruce LaBruce parle de zombies mais il dénonce évidemment simplement l’homophobie qui règne dans la société. A la base, l’idée n’est pas mauvaise du tout… L’histoire parvient même à soulever un minimum d’attention, mais c’estBruce LaBruce , donc c’est filmé comme un pied et avec trois bouts de ficelles. Du coup, il masque cela avec beaucoup de scènes (presque) pornos gaynon-dissimulées , et quelques éclats sympathiques comme cette scène où un couple gay zombi fait l’amour. Cela se termine par une sodomie de l’un dans le ventre béant de l’autre, alors que son amant fourrage fougueusement ses entraillesdégoulinantes. Bref, vous voyez le tableau. Huhu.

Et malgré tout cela, un peu comme pour « Hustler White », il y a dans ce film tout un tas de trucs qui m’ont plu. Cette femme en noir et blanc qui dès qu’elle s’exprime (gestuellement) fait résonner un piano de film muet est un élément qui a un charme fou. Et la détresse du jeune zombie ou bien la juxtaposition originale de l’homophobie au statut de mort-vivant sont autant de traits saillants de ce film qui ne laissent pas insensibles.

Mais bon, tout cela n’est pas bien filmé, pas bien joué, c’est juste encore une de ces créations queer totalement décalée et déjantée. Eh bien, ça fait du bien de temps en temps, de voir des trucs pareils, et surtout au Grand Rex dans une salle blindée de tapioles parisiennes en goguette.

Cinéphage Milk

Publié le Lundi 8 décembre 2008 à 14:32
Catégorie: Cinéphage

Un film au titre sobre et laconique, un nom de famille qui est un nom commun, et qui va certainement susciter bien des interrogations lors de sa sortie. Est-ce que ça parle de lait ? Ou bien, pour les gays qui s’intéressent aux réalisations de Gus Van Sant et qui ont fréquenté la fin (des sous-sols) du Palace, un documentaire sur les soirées Milk ? Et pourtant, cela fait maintenant 30 ans qu’Harvey Milk a été assassiné à San Francisco, en même temps que le maire de la ville, George Moscone.

Harvey Milk était superviseur de la ville et le premier élu ouvertement gay des USA, il était surtout un grand activiste de la cause homosexuelle à San Francisco, plus largement en Californie, et plus largement encore aux États-Unis. Lui et Moscone ont été assassinés par un autre superviseur, Dan White, dont les motivations demeurent encore assez floues.

Le film commence en 1970, donc nous sommes après Stonewall, et même si la condition des homos est toujours aussi précaire, au moins en parle-t-on un peu plus dans les médias. Les gays sont de plus en plus visibles et luttent contre les stigmatisations dont ils sont les victimes. C’est à New York, dans le métro, qu’Harvey Milk, qui a tout juste 40 ans, rencontre Scott Smith. Ce dernier devient son amant pendant plusieurs années, et le couple se rend à San Francisco, dans le quartier de Castro, pour mieux vivre son homosexualité. Gus Van Sant rend compte de ces huit années d’activisme de Milk, de ses combats pour plus de visibilité et d’égalité, jusqu’à son incompréhensible assassinat en 1978.

Une histoire passionnante et le talent de réalisateur de Gus Van Sant
Finalement, c’est un film à la trame assez classique que nous livre le réalisateur. On connaît Gus Van Sant comme un cinéaste inspiré et qui se focalise sur de jeunes corps de mecs dénudés, ou bien qui narre des histoires sombres et mornes, avec un style, une lenteur et une préciosité qui en agacent pas mal. Je ne suis pas fan de ses histoires en général, mais je suis rarement déçu par sa manière de tourner et surtout son œil extraordinaire qui fait de la caméra un outil qui scrute véritablement l’âme de ses comédiens. J’ai beaucoup aimé Milk car le scénario n’est visiblement pas signé de Van Sant, et il s’empare donc de la réalisation d’un film dont le fil est tracé, dont les étapes sont consignées et respectées, et qui finalement raconte de manière assez chronologique et “sage” les différents événements de la vie d’Harvey Milk. Il ajoute simplement à cette trame fidèle sa manière de filmer, et son indéniable talent pour révéler les personnalités des jeunes pédés affriolants et révoltés des années 70. On retrouve donc toutes les qualités formelles du cinéaste, avec une histoire intrinsèquement passionnante et touchante.

Le film alterne entre des passages tirés de documents d’époque, souvent au grain grossier et à la pellicule décolorée, des faux reportages tournés à la manière des années 70, et plus généralement des scènes filmées de manière traditionnelle. Mais ces dernières sont dotées d’une reconstitution des plus minutieuses et soignées des années 70, que ce soit dans les vêtements, coiffures, voitures, extérieurs ou bien accessoires (les montures de lunettes avaient un sacré style). Gus Van Sant n’en fait donc pas trop et se consacre pleinement à son récit, à cette narration structurée et structurante, pour un film dont le sujet est bien assez haut en couleur pour éviter une quelconque pédanterie.

Cependant, le réalisateur instille ça et là des marques bien reconnaissables de son talent. Ainsi on retrouve sa manière de filmer les corps, les hommes qui s’embrassent, font l’amour, ou simplement se frôlent, se regardent profondément… Il greffe au jeu des comédiens (déjà très bons pour la plupart) sa propre interprétation des événements, des relations entre les protagonistes, et même des sous-entendus dans la motivation du meurtrier. Il ne s’agit pas d’un documentaire, mais bien d’un film avec son lot d’émotions, de rencontres amoureuses, de trahisons et autres manigances. En ce sens, cette “biopic” est particulièrement réussie dans son mélange des genres.

Des comédiens bien dans la peau de leurs personnages
Côté comédiens, il est difficile de faire la fine bouche… Sean Penn est incroyable dans le rôle d’Harvey Milk, et totalement en phase avec son personnage. On sent tour à tour la vigueur et la passion du militant, mais aussi ses propensions à la manipulation politique, ou bien sa sensibilité à fleur de peau dans ses relations amoureuses. James Franco en tant que petit ami de Milk nous régale de ses sourires ravageurs et décidément très “James Dean”, en plus d’être excellent dans ce rôle. Les autres comédiens sont crédibles, avec notamment Josh Brolin (Dan White) et Emile Hirsch (Cleve Jones) qui s’étaient démarqués respectivement dans W et Into The Wild.

En 1975, Harvey Milk et son compagnon ont ouvert une boutique de photo dans Castro Street, rapidement devenue le point de ralliement des homos du quartier. On voit Harvey/Sean Penn, qu’on appelle déjà le “maire de Castro”, qui milite pour encore plus d’émancipation et pour un véritable renforcement du sentiment communautaire. Il se décide donc à briguer un poste à la mairie. Il échoue à plusieurs élections, mais finalement le changement de sectorisation (Castro est découpé comme un seul secteur, et donc le vote “gay” le fait clairement élire) lui donne un poste de superviseur (une sorte de conseiller municipal).

De la Proposition 6 à la Proposition 8
Le film présente toutes les étapes de la transformation du militant en politicien. Milk arrive peu à peu à convaincre aussi les autres minorités, et à faire passer des directives anti-discriminatoires pour la ville de San Francisco. Mais le point d’orgue du film est la campagne contre une célèbre proposition homophobe: la “Briggs Initiative”, aussi appelée “Proposition 6″. C’est certainement là où le film est le plus troublant, dans son inquiétant parallèle avec la fameuse Proposition 8 qui vient de passer en Californie.

Certains passages du film sont issus de documents télévisuels qui présentent une campagne homophobe — menée par Anita Bryant (et les ultrachrétiens du coin), une chanteuse américaine populaire — qui consistait à faire licencier les professeurs homos ou ceux qui les soutiennent! Cela n’est pas sans faire penser aux charmants discours anti-Pacs de Christine Boutin. On entend Anita Bryant expliquer sans ciller que les homos, étant incapables de se reproduire, doivent bien recruter de nouvelles proies. Et cela se fait évidemment dans les écoles, et c’est pour cela que les homos deviennent profs. Ces conservateurs avaient même en tête des entretiens psy pour débusquer les gays…

Harvey Milk part en véritable guerre contre la Proposition 6, et fait campagne pour convaincre tous les gays des USA de sortir du placard! Cette partie du film est assez saisissante car elle démontre bien comment en 1978, une mobilisation nationale a pu permettre de faire largement annuler une proposition aussi décadente. On ne peut alors que penser au ballotage favorable de la Proposition 8… Et la démonstration est tellement saillante que je me demande même si le film n’aurait pas dû être sorti avant pour son effet politique.

Et ce meurtre… Apparemment décorrélé de toute politique, en tout cas d’homophobie, c’est un sacré coup de folie qui a poussé un autre superviseur à assassiner le maire, George Moscone, et Milk, quelques minutes plus tard.

Il semble que d’autres films sont en préparation sur la vie d’Harvey Milk, mais il va être très difficile de faire mieux, et surtout concernant l’interprétation de Sean Penn.

Milk

Cinéphage Télévisage 20 minutes de bonheur

Publié le Vendredi 26 septembre 2008 à 23:16
Catégorie: Cinéphage, Télévisage

Un documentaire sur la célèbre émission de trash-TV, « Y’a que la vérité qui compte », du célèbre duo de TF1 : Bataille et Fontaine. Quand on sait que le documentaire a été refusé par toutes les chaînes de télévision, a été attaqué par les présentateurs en question, et ne passe que dans quatre salle en France, forcément j’ai envie de le voir. En définitive, j’en ressors un peu déçu, il s’agit d’une bonne enquête à la « striptease », mais rien de plus.

Oh évidemment, on en apprend de belles sur la réalisation et la production de cette émission, et c’est aussi choquant que ce qu’on pouvait imaginer. Mais ce n’est pas vraiment étonnant… Une armée de chargées de production et de pauvres stagiaires sous-payés (Mais Bataille et Fontaine sont des super patrons, ils offrent à chaque anniversaire un flacon de parfum, yahooou !) passent leur temps à essayer de trouver les candidats les plus bankables. Il faut dégoter le client qui passe à l’antenne, et surtout qui fait rester la ménagère devant son écran, et pour cela les équipes de prod sont prêt(e)s à tout.

On assiste donc à la recherche des demi-frères abandonnés, des pères inconnus, des ex conspués ou des amitiés en péril. Les invités sont manipulés au maximum tout en faisant miroiter que leur bien-être est au centre des préoccupations de la production. Mais en dehors, tout le marketing de l’émission est fort bien assumé. Et les Bataille et Fontaine paraissent aussi incroyablement néfastes pour l’humanité qu’ils doivent l’être. Le pire c’est le petit Fontaine avec ses yeux globuleux et son babil hargneux, il a toujours l’air complètement cocaïné, et vraiment mauvais avec ses équipes. Mais il a le mérite d’être honnête, et de ne pas simuler, et rien que pour cela, je trouve qu’il mérite une certaine considération. En voilà un autre pour qui le « temps de cerveau utile » n’est vraiment pas un mythe.

Le documentaire est ainsi bien réalisé et ficelé, mais n’offre aucune réelle surprise ou découverte. Ce n’est pas pire que ce qu’on avait déjà vu pour d’autres émissions du même acabit. Du coup, l’intérêt du film est finalement assez limité. En outre, je me dis toujours que les gens qui vont voir ces documentaires sont ceux qui sont déjà persuadés du discours proposé. Et les anciens candidats de l’émission n’iront certainement pas le voir… Il a donc le mérité de poser de manière pragmatique des pratiques dont on se doute pertinemment, avec quelques passages un peu plus gratinés. Notamment la manière dont les présentateurs se plaignent de la qualité de leurs candidats, de leurs histoires de merde ou bien des pédés qui vont leur faire perdre n points d’audimat. Mais en tant que markéteur, le cynisme de ce genre de considération me paraît juste quelque-chose d’extrêmement courant dans un tas d’industries.

Ce documentaire montre simplement que la trash TV a encore de beaux jours, et il le fait plutôt bien, sans commentaire sinon un habile montage. Je ne comprends même pas comment Bataille et Fontaine ont pu se laisser berner par un tel reportage (ils ont laissé l’équipe filmer évidemment), sans jamais penser pour quoi ils allaient passer en fin de compte. Ou alors tout cela était bel et bien une révélation… pour eux !

L’avis des copines : Alice_, Parapluie.

20 minutes de bonheur

Cinéphage The Dark Knight, Le Chevalier Noir

Publié le Mercredi 27 août 2008 à 23:16
Catégorie: Cinéphage

J’avais eu une très bonne surprise quand il y a trois ans, j’avais vu « Batman Begins ». Je suis un immense fan des deux premiers opus de Batman, ceux de Tim Burton, et on sait que les autres films sont des navets irregardables. Mais cette nouvelle série qui se veut plus réaliste, plus sombre et plus étoffée d’un point de vue scénaristique est une relative réussite. Oh évidemment on reste dans le blockbuster hollywoodien, mais dans cette veine ces deux films me font véritablement l’impression de de sortir de l’ordinaire, et d’au moins atteindre le haut du panier. Après dans l’absolu, il ne s’agit que d’un bon film d’action et divertissant.

Ce que j’ai vraiment adoré dans « The Dark Knight » c’est le scénario. Le film est du coup un peu longuet, mais il faut avouer que l’histoire est riche, complexe, tourmentée, et que l’on n’est pas spécialement dans du scénar neuneu californien de base. Les personnages utilisés sont excellents, et le Joker notamment mérite bien ses lauriers. Par contre, même si j’ai trouvé que Heath Ledger était bon, il ne faut pas exagérer, je ne pense pas qu’il mérite spécialement un Oscar. Il est à fond dans son personnage en effet, mais il interprète un psychopathe qui en fait des tonnes, sorte de négtif de Batman, et je ne pense pas que ce soit le type de rôle le plus difficile à endosser. Mais l’addition de Morgan Freeman, que je trouve toujours excellent (dans les daubes ou dans les chef-d’œuvres, je ne sais pas comment il fait, il s’en sort toujours), Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Gary Oldman ou Michael Caine donnent en effet au film une sacrée crédibilité. Ils sont tous assez bons pour tenir le spectateur en haleine et parfaitement donner vie à ces personnages de bédé. Avec tout ceci, Christian Bale paraît presque fade, non qu’il soit mauvais, mais légèrement en deça je trouve.

« Batman Begins » perdait beaucoup de temps dans l’explication de la genèse du héros, donc là on entre rapidement dans le vif. On retrouve notre héros aux prises avec ses doutes existentiels, et sa terrible interrogation sur la manière dont on doit traiter les criminels. Batman considère le nouveau procureur, Harvey Dent, le futur Double-Face, comme le vrai héros de Gotham, et il aimerait bien lui laisser son rôle. Le Joker apparaît plus teigneux, fou et vicieux que jamais. Il a des projets de destructions qui vont beaucoup plus loin que les larcins habituels de la pègre. Alors que Batman a presque réussi à enrayer le crime, le Joker va tenter de tout remettre en question.

Les effets spéciaux sont un des grands atouts de ce film, et j’ai été littéralement scotché. Vraiment, c’est extraordinaire, et cela donne vraiment tout son sens à ce genre de divertissement sur grand écran. Les cascades, les effets numériques, le rythme des scènes d’action, la photo et la lumière, tout est fait pour en mettre plein la vue. Et cela donne lieu à des scènes d’action efficaces et diablement stressante.

Mais ce qui étonne le plus dans ce film, c’est que la facette grand-public blockbuster est complétée par un vrai scénario. Il faut dire que la complexe personnalité de Batman et de ses célèbres méchants donnent bien du grain à moudre aux scénaristes. Mais là pour une fois, on ne les a pas bridés ou minimisé leur boulot. On se retrouve donc avec une histoire assez longue et parfois alambiquée, mais surtout des thématiques et des rebondissements qui traitent de sujets plutôt inhabituels dans ce genre de film.

J’aime beaucoup cette question que Batman se pose sur son propre rôle de justicier, sur le fait de tuer des hommes, et devenir alors aussi un “méchant” même si c’est pour le “bien”. Cela pose globalement aussi la question de la peine de mort, et de la justice dans des univers corrompus ou bien comme à Gotham City, avec des êtres aussi irrécupérables que le Joker. On trouve ainsi dans le film, pas mal d’exemples qui surfent sur les grands questionnements moraux de Batman, mais transposés dans un cadre plus contemporain, et qui passent très très bien.

C’est un film que je reverrais avec plaisir, un vrai bon moment de ciné amerloque !!

L’avis des copines : Julien, Laurent, Kinoo, Parapluie, Jonathan, Anne-Laure, Jarod_.

The Dark Knight, Le Chevalier Noir