MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Jeudi 15 Mai 2008

Cinéphage Je suis une légende

Classé dans: Cinéphage — Tags: , @ 00:08:47

*Vu dans l’avion*

Mein gott !! Will, Will, Will, qu’est-ce que tu nous as encore pondu là…

C’est vraiment le grand retour des zombies sur les écrans ces derniers temps, et pourquoi pas… Mais là, le film nous fait la totale en pompant des grosses ficelles d’autres « oeuvres », et en mettant tout cela en plus à la sauce Smithienne. Et malgré tout, ce n’est même pas nul. Enfin pas complètement.

Disons que le chien est vachement bien. Le chien est une tuerie d’acteur, et il aurait mérité un prix. Et quand le chien meurt, le film devient une grosse bouse. Il avait une telle présence ce chien, un tel charisme cinématographique, que les autres personnages ont l’air d’être vraiment du toc à côté. Alors clap, clap, clap pour le chien de Will Smith !!

Bon, et puis les décors aussi ne sont pas nuls. New York vide à la « 28 jours plus tard » (sauf que c’était Londres) fonctionne très bien, et paraît super impressionnant. Après les zombies, bah c’est des zombies, ils les font vachement crier aussi maintenant, un peu comme dans « 30 jours de nuit ». Mouai…

Alors l’histoire accrochez-vous : on a découvert un remède au cancer. C’est un virus modifié pour un traitement génétique. Or le traitement devient maladie contagieuse, et voilà que les gens sont morts ou ont été changés en vampires !!! Il n’y a que quelques rares survivants qui sont immunisés, dont un ancien militaire, Will Smith, qui vit seul à NYC avec son chien. Il s’est reconverti dans le génie génétique (il a du trouvé un livre à la bibli), et il tente de guérir l’humanité de ce terrible fléau.

Franchement, une moitié du film avec le chien et juste Will.. Bah c’est pas mal du tout. Nan c’est vrai !! Peu de dialogues évidemment, et un truc finalement plutôt original de la part de Will, ce dernier apparaissant presque fragile. Et puis, il a fallu tout gâcher en tuant le chien (pauvre chien, il était TOPISSIME ce chien !!!) et en nous ramenant une grognasse et un petit chieur de mes deux. Ensuite évidemment, Will a du revêtir son armure d’amerloque couillu qui sauve le monde. Pfff. Tout ce qui pouvait présage un brin d’originalité au début est ainsi réduit à néant.

Le film nous emmène ainsi de Charybde en Scylla, et la fin est gravissime à souhait. Sacré Will !! Et toujours aussi humble en plus…

Je suis une légende

Vendredi 11 Avril 2008

Cinéphage Whatever Lola Wants

Classé dans: Cinéphage — @ 23:24:35

Je l’ai déjà vaguement évoqué dans un post, j’ai été invité par Ogilvy pour l’avant-première de ce film la semaine passée. C’est dommage, je n’ai pas trouvé le temps d’écrire avant à ce propos, et mon opinion s’est depuis un peu émoussée, mais je vais tâcher de me souvenir de tout ça !

Lola est une sémillante new-yorkaise qui a pour meilleur ami un égyptien gay serveur dans un restaurant huppé. Rien que ça ! La jeune fille est factrice, mais elle prend des cours de danse, et tente sa chance dans maintes auditions… en vain. Elle rencontre par hasard un bel égyptien, Zack, étudiant en MBA, et ils vivent une idylle de quelques semaines. Ils se séparent sur une engueulade qui met en exergue quelques différences culturelles, et lui s’en retournent au Caire. C’est alors que Lola pète un plomb, et décide de le rejoindre là-bas, pour regagner son coeur. Grâce à son pote gay, elle est aussi tombée sous le charme d’une grande danseuse égyptienne, Ismahan, qui est tombée en disgrâce, et a du arrêter sa carrière, pour avoir trompé son mari. Une fois arrivée au Caire, elle retrouve Ismahan et tente de la convaincre de lui enseigner la danse orientale.

C’est très compliqué de parler de ce film, car il ne dure qu’1h55, mais il se passe beaucoup beaucoup de choses. Et j’ai certainement autant de remarques négatives que positives, donc je vais essayer de faire la part des choses.

Les influences déjà, ou bien les « déjà-vu » qui m’ont fait tilter. Nous sommes dans un film pour minettes assez classique, un petit côté « Flash dance » pour l’aspect chorégraphie, et toutes les paillettes et leviers romanesques des « chicks movies ». Et puis d’un autre côté deux tendances fortes, deux appartenances culturelles qui m’ont troublé, et que je n’arrive pas à concilier. C’était pourtant bien un avantage d’avoir ce mariage égytien-américain pour un film franco-canadien, mais bien trop de maladresses viennent grever les bonnes idées (qui ne font finalement qu’affleurer).

En effet, le film a quelques caractéristiques des films égyptiens musicaux qui ont fait la réputation de leur cinéma. Le « bollywood » à l’égyptienne existe bel et bien, et donne des films un peu kitsch mais parfois excellents, avec beaucoup de chants et d’histoires très romantiques. Je me souviens du fantastique « Silence… on tourne », du grand Youssef Chahine, qui m’avait énormément plu à l’époque. Mais on retrouve aussi dans « Whatever Lola Wants », une héroïne américaine pure sang assez caricaturale, et qui vient révolutionner les moeurs égyptiennes, donc un truc très américain, pas très crédible et parfois un peu révoltant (les américains qui réforment le monde, merci merci). Donc si le film avait été égyptien, pourquoi pas, ou même américain, mais français ? Hum non… Et ce cul entre deux ou trois chaises ne m’a pas bien convaincu.

Ajoutons à cela que les comédiens ne sont pas excellents, malgré de bonnes performances chorégraphiques, et que parfois cela pêche carrément. Donc j’ai aussi eu quelques soucis concernant le jeu…

Une autre maladresse qui m’a troublé, c’est dans le rythme, ou le montage. En effet, le scénario est assez touffu, et en moins de deux heures, l’héroïne est factrice à New York, sort avec un mec, casse, quitte son job, part au Caire, retrouve son mec, convainc Ismahan de lui enseigner la danse, trouve un job dans une boite, apprend à danser tous les jours, rencontre un impresario, devient star d’Egypte et repart chez elle en ayant sauvé le monde. Tout ça ! Et du coup, tout le début, tout l’avant-propos en quelque sorte, est traité avec un montage très saccadé et qui hache carrément la narration. Ainsi on hoquette pendant la première demi-heure avec des scènes très courtes, presque « coupées », qui s’enchaînent sans transition et qui avancent rapidement dans le temps. Hop, elle est factrice, elle rate ses auditions, elle rencontre le mec, elle a un pote homo, elle rompt avec le mec etc. J’ai l’impression que le réalisateur devait beaucoup plus s’appesantir mais qu’il a fallu faire rentrer tout le film dans un temps imparti. C’est bien dommage… (que ça se voit.)

Et pour finir avec mon libelle, la fin est terrible. C’est un déluge de bons sentiments, et de clichés tous plus éculés… Dans la version égyptienne, pas de problème, mais là… Bref !

Par contre, je dois avouer que l’ensemble se tient assez bien. Evidemment je suis assez déçu, et pourtant j’aime les films de nanas, comme le génial « Love et ses petits désastres » par exemple, mais je ne me suis pas non plus fait chier. Il y a énormément de très bonnes idées, et l’histoire en elle-même est très belle et louable. En outre, les moments de danse sont bien filmés, et produisent leur effet « Fame » ou « Flash Dance ». Le personnage de Lola a aussi ce côté positif de toujours rester égale à elle-même, et autant elle est « entière » et parfois tête-à-claques, autant on en a pas non plus fait une héroïne parfaite.

Le film a aussi le mérite de parler des moeurs en Egypte, et de lever le voile sur les hypocrisies de nos sociétés, qui ne sont pas si éloignées que cela. Après, c’est vrai que toutes ces bonnes choses, et en figure de proue ce délicieux et habile pluralisme culturel, sont malheureusement pour moi mal exploitées, et maladroitement mises en place.

L’avis des copines : boulevard bisounours, Sushi, Laurent, Marie-Françoise.

Whatever Lola Wants

Dimanche 06 Avril 2008

Cinéphage There Will Be Blood

Classé dans: Cinéphage — Tags: , , @ 19:33:28

Paul-Thomas Anderson… J’ai tout aimé chez cet homme. Prenez « Boogie Nights », prenez « Magnolia » et « Punch Drunk Love », chef d’oeuvre sur chef d’oeuvre même si le deuxième a ma préférence… Ce mec filme comme un dieu, il rend les comédiens et comédiennes époustouflants, et ma petite Julian Moore en figure de proue. Il est un vrai cinéaste, c’est-à-dire un type qui raconte ses histoires avec sa caméra, en prenant son temps, en utilisant les mouvements de caméra et la photo comme autant de signes de ponctuation qui emmènent le spectateur exactement là où il veut. Un cinéaste qui prend le meilleur du cinéma américain et le porte au sommet du 7ème Art.

Evidemment, « There Will Be Blood » était sur la sellette, d’autant plus que Daniel Day-Lewis en a reçu un Oscar, et qu’il est un de mes comédiens favoris. J’ai bien lu à droite et à gauche des compte-rendus dithyrambiques, enjoués, neutres ou carrément déçus. Or, je suis allé le voir en voulant moi-aussi prendre mon pied habituel, et ressortir une fois de plus conquis.

Bref, je suis ressorti un brin déçu… « Tout ça pour ça ? » Un tel déluge d’effets de manche cinématographiques comme j’aime chez P. T. Anderson, une photo impeccable, des comédiens en or, des personnages intéressants, tout cela aurait du donner quelque-chose de mieux. Mais j’ai été carrément saoulé par certaines longueurs, alors que dans ses autres films j’en jubilais, et l’histoire ne mène pas à grand-chose à mon avis. Du coup, c’est comme un assemblage de qualités incroyables, pour un film qui, somme toute, ne casse pas des briques. Merde alors !

Pourtant Daniel Day-Lewis mérite amplement son Oscar, et est simplement génial dans ce rôle de magnat du pétrole misanthrope. J’aime aussi beaucoup Paul Dano, qui avait été mis sous les feux des projecteurs lors de « Little Miss Sunshine », et que j’avais déjà remarqué lors du cultissime « L. I. E. Long Island Expressway ». Il est épatant en prédicateur passionné de son « Eglise de la troisième révélation ». Celui qui interprète le fils de Daniel Day-Lewis, Dillon Freasier, est aussi un jeune garçon bien talentueux…

Et encore une fois, la forme est impeccable, mais elle fonctionne à son plein régime lorsqu’elle est au service d’une histoire, d’une intrigue, d’une émotion. Là, on passe des heures à attendre qu’il se passe quelque-chose, et l’aridité des dialogues nous laisse encore plus assoiffé. Et lorsqu’enfin on entre dans le coeur du sujet, je n’ai pas bien compris à quoi avait servi une telle mise en scène. Le film aurait pu durer 40 minutes de moins sans souffrir, et même au contraire. Cela donne pourtant lieu à de très belles scènes, mais qui sont trop déconnectées avec le reste, du coup la sauce ne prend pas pour moi.

Le film est une sorte de saga du vingtième siècle, en Californie, qui nous fait suivre la vie de Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) et de son jeune fils HW (Dillon Freasier). Daniel Plainview est un spécialiste de l’extraction pétrolière, il rachète des terres et exploite l’or noir qui commence à enrichir une bonne partie de la région. C’est un travail dangereux et qui met en péril aussi l’existence de HW. Ils débarquent dans un coin perdu et désertique, où un prédicateur illuminé, Eli (Paul Dano) a fondé son Eglise, et en est le prosélyte. L’or noir est aussi le sujet de bien des discordes, de trahisons et de vies brisées.

J’ai vraiment du mal à dire si j’ai aimé ou pas ce film. Je reste le cul entre deux chaises… Bien à certains égards et pas bien à d’autres…

PS: Le titre ? Pourquoi est-il en anglais ? Je ne comprendrais jamais pourquoi certains sont traduits et n’en ont pas besoin (genre « Darjeeling Limited » traduit par « A bord du Darjeeling Limited »), et d’autres, comme celui-ci, reste en VO (j’en discutais avec mes parents, qui ont été rebutés de ne pas comprendre le titre, alors qu’ils regardent beaucoup de VO au cinéma).

L’avis des copines : Kinoo, Qalawun, Neimad, Orpheus, Fulgineuse, Bon Pour Ton Poil (Si, si, je vous assure, à sa manière c’est une critique ciné !).

There Will Be Blood

Dimanche 30 Mars 2008

Cinéphage A bord du Darjeeling Limited

Tout a commencé par « La famille Tenenbaum », là on savait qu’on tenait quelque-chose, un vrai ouf à qui on avait donné une caméra et un budget pour tourner un film. C’était drôle, jubilatoire, et en même temps une chronique familiale aussi déjantée que sensible et touchante. En 2005, Wes Anderson nous livre « La vie aquatique ». Ce film est aussi dingue que l’autre, et va même plus loin dans la folie. On y retrouve aussi son attrait des familles aux relations complexes et tortueuses, des relations pères-fils, mères-fils, frères etc.

« A bord du Darjeeling Limited » poursuit l’oeuvre loufoque et profondément poétique de Wes Anderson. Le « Darjeeling Limited » est un train du Rajasthan dans lequel la majeure partie du film se déroule. En effet, Francis (Owen Wilson) convie ses deux frères, Peter (Adrien Brody) et Jack (Jason Schwartzman), à un voyage initiatique et une sorte de quête spirituelle, qui a en fait un autre but, bien plus concret. Ils ont tous été traumatisés par la mort de leur père, et ils vont tenter de dépasser leur chagrin, et de retrouver le sens de la famille…

Le film commence déjà d’une manière assez curieuse… à Paris ! On retrouve Jason Schwartzman, d’abord seul avec son Ipod dans un hôtel parisien, et il est rejoint par la toujours sublime Natalie Portman. On comprend qu’elle est son ex-petite amie, et au moment où se demande comment diable va-t-on atterrir ensuite dans un train au Rajasthan, le film se termine !! Eh oui, ce n’était qu’un court-métrage qui introduisait le personnage de Jack.

On passe ensuite au bon « film », mais on n’a pas plus droit à un scénario classique, donc on essaie de s’accrocher, et on profite du nawak intégral dans lequel Wes Anderson nous plonge. Et c’est rapidement très bon, car la mise en scène est de très grande qualité, que les décors sont superbes, et que c’est une histoire originale, décalée, impossible à cerner, avec des personnages écorchés vifs et tous complètement mabouls. On retrouve aussi Waris Ahluwalia qui jouaient déjà dans « la Vie Aquatique » et qui interprète là le steward de train (Il a la tête du fakir dans Tintin, c’est dingue !!). Et puis au final, ce sont tous les comédiens fétiches du réalisateur qui pointent leur nez, que ce soit Bill Murray ou Anjelica Huston.

« A bord du Darjeeling Limited » est plus que jamais concentré sur les relations familiales, et sur toutes les émotions liées aux rapports fraternels. Même si l’humour et le sourire sont au détour de chaque plan, il y a une véritable et authentique poésie qui se dégage de ces situations incongrues. Wes Anderson y place ses gimmicks, comme en dotant les frangins de trois séries de bagages (Vuitton) assortis, ou bien en donnant à Owen Wilson un bandage qui lui prend tout le visage. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas, même si on peut se lasser au bout d’un moment de ne jamais suivre un fil logique un peu plus de trois minutes.

Je me demande si ses films sont diffusés ailleurs qu’à New York et en Europe par contre. Car autant on est dans des moyens, une pléiade de comédiens, et un format plutôt hollywoodiens, autant le scénario est d’un décalage qui doit en rebuter plus d’un. Moi j’aime vraiment bien son style et son talent. Je ne dis pas que c’est le meilleur cinéma qui soit, mais il y a vraiment quelque-chose de riche là-dedans : une « saine folie » qui fait du bien aux méninges.

L’avis des copines : Brice, Kinoo.

A bord du Darjeeling Limited

Lundi 10 Mars 2008

Cinéphage Bienvenue chez les Ch’tis

Classé dans: Cinéphage — Tags: @ 23:51:12

Déjà je dois avouer que je suis un gros gros fan de Danny Boon. C’est un des humoristes qui m’a le plus fait rire, et son spectacle en ch’ti notamment me fait beaucoup rigoler. Je me doutais que son film serait drôle, mais tout à fait tendre dans sa vision du nord et de ses congénères. Et c’est bien le cas. Par contre, il ne faut pas exagérer, ce n’est pas non plus la comédie la plus marrante de la décennie. Et même si le carton est mérité, ça reste un film sympa, à voir avec des potes, et qui est un divertissement correct, fournissant quelques bons éclats de rire.

Je n’irais donc pas autant le couvrir de lauriers que certains avis que j’ai pu lire ou avoir. Mais il a réalisé le difficile exercice de jouer sur un registre caricatural en se moquant clairement des gens, tout en ayant un scénario qui évacuait toute méchanceté, et qui parvient même à chasser certains clichés. Quand on connaît ses sketchs, et surtout le fameux show en ch’ti, on retrouve bien ses marques. On retrouve même carrément des « extraits » et des situations qui ont nourri de célèbres sketchs, jusqu’au K-Way qui m’a fait rire juste par sa présence.

Philippe Abrams (Kad) est cadre de la Poste dans le sud de la France, et voulant se faire muter sur la côte en se faisant passer pour un handicapé, il finit par être relégué dans le nord, à Bergues. C’est la déprime assuré, et il arrive dans le nord avec tous ses préjugés. Il laisse sa femme et son fils dans le sud, et peu à peu, il fait connaissance avec ses employés de la Poste de Bergues, dont Antoine (Danny Boon) qui vit toujours chez sa mère (Line Renaud). Au final, il préfère mentir à sa femme, qui pense qu’il vit un calvaire, car elle est beaucoup plus agréable avec lui depuis qu’elle le pense déprimé. Manque de pot, elle se décide à venir…

Le scénario tient dans un mouchoir de poche, mais il tient la route, et a le mérite de mettre en place tout un tas de saynètes vraiment drôles. Il y a le parler du nord qui est évidemment un des facteurs comiques premiers, mais aussi les traditions qui sont présentées comme autant de singularités que de richesses locales. Et puis c’est un déluge de caricatures sur les gens du nord de la France, déjà avec des accents souvent trop appuyés et artificiels (Attention chuis sorti avec un gars de Lens moi m’dame !), et tout ce qu’on imagine classiquement… Mais ce qui est génial, c’est d’inclure dans le personnage même de Kad, une bonne partie de clichés qui vont être bouleversés par les rencontres amicales qu’il va faire. Du coup, Danny Boon recadre les choses, et nous fait partager son amour du nord dans d’hilarantes scènes… comme la tournée en vélo ou bien la visite de Bergues à la femme de Kad, ou bien encore cette première rencontre et fantastiques quiproquo verbaux entre Kad et Danny Boon.

Ce n’est pas toujours à pisser de rire, mais cela fait tellement longtemps qu’une comédie française n’a pas tenu la route comme cela, que c’est bon de les encenser un peu. Car on rigole tout de même franchement à plusieurs reprises, et on sourit largement tout le reste du temps. Alors évidemment, les raccourcis sont souvent simplistes, les caricatures parfois poussives et les intrigues minimalistes, mais je ne boude pas mon plaisir pour si peu. Et puis, il y a ces quelques participations, comme celle de Stéphane Freiss ou Michel Galabru, qui valent leur pesant de cacahouètes. Les comédiens ont l’air globalement de prendre beaucoup de plaisir à ce qu’ils font (on le voit dans le bétisier de la fin du film), et j’ai même trouvé Line Renaud vraiment bonne dans son rôle de mère collante. (Et même à la réalisation, Danny Boon ne se débrouille apparemment pas trop mal…)

Et puis Danny Boon moi je le trouve trop craquant !! Il a ce côté adorable et drôle, même quand il est moqueur, et puis ce regard qui pétille… Ah là là, j’adore ce mec !!

L’avis des copines : Video Girl, Julien, Olivier, Cyril, Mr3, Gonzague, Rouge Cerise, Patrick Antoine.

Bienvenue chez les Ch’tis

Lundi 18 Février 2008

Cinéphage Cloverfield

Classé dans: Cinéphage — Tags: @ 01:23:09

Je n’allais pas forcément voir le film avec un très bon a priori, mais force est de constater que j’ai beaucoup aimé !! Vraiment, j’ai accroché avec le scénario, la manière de filmer, les personnages et les effets spéciaux. Le film n’essaie pas de trop nous en raconter, et évite certainement comme cela les écueils, même si ça reste une oeuvre bien américaine dans le traitement du récit (mais ce n’est pas non plus choquant, c’est juste « américain », hu hu).

Le film est en réalité une bande vidéo qu’on a retrouvée après qu’un drame se soit déroulé à Manhattan. Il s’agit d’une cassette qui avait été utilisée pour filmer une soirée de départ d’un jeune new-yorkais, qui se prénomme Rob, pour le Japon. La caméra et la cassette appartenait à Rob, et la bande contient aussi des extraits d’une précédente vidéo (un mois avant) qui révèle une relation amoureuse entre Rob et Beth. C’est Hud qui filme et tient la caméra, lorsque durant la soirée, New-York est la proie d’un monstre immense et terrible qui met la ville à feu à sang. Tout le monde fuit et tente d’échapper à cette attaque.

L’effet caméra à l’épaule est un peu difficile à supporter, mais au final on s’y fait très bien, et cela donne un irrémédiable aspect « réaliste » au film, d’autant plus que c’est bien l’un des acteurs qui a ainsi tourné une grande partie de l’oeuvre. Le scénario est bien calqué sur Godzilla, mais avec en plus cette originale incursion sentimentale qui a pas mal été descendue mais qui moi m’a drôlement plu. Car cette facette américaine que j’évoque est surtout lié à la partie plus « narrative » de ce film fantastique. En effet, on retrouve quelques gimmicks comme l’importance de l’amitié ou l’histoire d’amour compliquée entre les deux héros. On ressent aussi un écho particulier au 11 septembre 2001 lors des premiers mouvements de panique, et plus tard même dans le traitement de la frayeur des gens qui ne savent pas tout de suite la raison de l’attaque.

Le film met pas mal de temps à démarrer, mais cela renforce encore plus son aspect « authentique « . De même qu’on ne voit pas grand-chose du monstre, mais le réalisateur a été assez habile pour doser ses images, et nous donner la part suffisante d’angoisse et de frayeur qui se trouvent même dans l’ombre… Les effets spéciaux sont assez bluffants, ceux de la bestiole évidemment, mais surtout pour les décors, les explosions, les cascades et toutes ces superbes images de New-York dans la tourmente.

Le film n’est pas non plus dans la surenchère habituelle ou dans les stéréotypes classiques, à part peut-être pour la partie « sentimentale », donc les comédiens ont l’avantage d’avoir des têtes de gens « normaux » et on ne trouve pas de super héros à la Rambo. En outre, le monstre et ses gentilles petites amies (Le montre lance des petits monstres très méchants et mordants !) ont l’air carrément invincibles, et même l’armée américaine n’arrive pas à faire face. Dingue !!

J’ai beaucoup pensé à « La guerre des mondes » dans le rendu et cette attaque qui vient de nulle part, qui arrive quand on s’y attend le moins. Et indéniablement, surtout pour les petites bestioles carnassières, j’ai pensé à « Starship troopers », elles ont vraiment un grand air de famille. On y retrouve aussi un peu l’ironie grinçante de ce film, et une parenté dans l’impuissance des gens à lutter contre.

Ce n’est pas le film de l’année, mais vraiment un des très bons films fantastiques et « d’horreur » de ces derniers temps. Et puis encore une fois, j’ai trouvé l’histoire d’amour super touchante (je suis si sensibleuuuuh), et le contraste avec l’attaque bien saisissant !! Par contre, les pubs pour Nokia et Séphora sont vraiment gonflées… Pfff, trop naze (et puis quel intérêt ?).

L’avis des copines : Pinggu, Franck, Jimah, SoGB, Julien, Brice, Parapluie, Curudin.

Cloverfield

Dimanche 17 Février 2008

Cinéphage Juno

Syndrome « Little Miss Sunshine » pour moi, c’est-à-dire que j’ai aimé le film, j’y trouve plein de qualités formelles et plus subtiles, mais il y a un truc qui cloche. Nous sommes encore pour moi en pleine production américaine faussement indépendante, un film au scénario bobo à mort, et qui arrive à se positionner en anticonformiste tout en ne froissant personne. Encore une fois, j’ai plutôt passé un bon moment en regardant ce film. J’ai été ému, j’ai ri et souri, et l’originalité de l’histoire m’a tout-à-fait ragaillardi. Mais il n’empêche pas moins qu’il s’agit d’un dosage extrêmement classique et sirupeux de bons sentiments et de « morale bobo ».

Juno est une jeune fille de 16 ans, magnifiquement interprétée par Ellen Page (qui a tout juste 21 ans), très à la page et plutôt dégourdie. C’est une jeune ado décomplexée et libérée qui n’hésite pas à coucher avec un type de l’école, juste parce qu’elle en avait envie. Seulement quelques semaines plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte. Mais qu’à cela ne tienne, elle décide de garder l’enfant et de le faire adopter. Elle trouve dans le journal la petite annonce d’un couple qui a l’air parfait…

Le sujet de base est donc assez hallucinant et frappant. Elle est enceinte mais elle ne se démonte pas, ne dramatise pas non plus, et toute pragmatique entreprend de faire adopter son enfant à venir. Juno est à la fois une ado de son temps, une jeune femme sympathiquement prolo et plutôt populaire au lycée, à la langue bien pendue et au caractère bien trempé. A la fois fragile et rentre-dedans, Ellen Page réussit avec un talent incroyable à figurer tous les contrastes de son personnages.

Ensuite, c’est assez « facile ». En effet, on retrouve une galerie de personnages cocasses dans une amérique « classe moyenne » classique, une rencontre en forme de fracture sociale, des problèmes de ménage, en opposition à une famille recomposée qui fonctionne très bien, des nerds plutôt charmants, des gros durs du lycée devenus transparents, des dialogues hyper écrits, des répliques et des bons mots qui fusent, des plans esthétiques et arty, et enfin une bande-son recherchée et hype. Tout cela s’inscrit dans une sauce des plus classiques et formatées, mais en effet tout en cultivant le petit côté indépendant à la « Miramax ». J’ai trouvé ça bien fait et sympathique, mais je me désolidarise totalement des critiques qui en font un film symbole et « à message ».

Il y a déjà ce personnage de Juno qui me paraît bien attachant, mais pas crédible du tout. Nous sommes dans un milieu un peu prolo, et on lui fait dire des répliques dignes de « Sex and the City » ou d’autres sitcom. C’est pour cela notamment que je parle de comédie « bobo », car dans une situation comme celle-ci et avec un éclairage plus réaliste, une ado ne s’exprimerait pas comme cela, c’est beaucoup trop écrit et décalé. En outre, on nous présente un personnage très fort et déterminé, une fille qui assume le fait de coucher comme ça, qui se voit bien faire adopter son enfant et choisit même les parents, elle nous montre vraiment du début à la fin une personnalité moderne et originale. Mais elle refuse d’avorter, et sous un prétexte assez vague et qui passe rapidement. Cela m’a étonné, car avec un caractère pareil on imaginait au contraire qu’elle allait avorter avec le même entêtement et maturité. Du coup, ça m’a paru une facette très « pro-life » qui m’a bien décontenancé (alors que je n’y aurais peut-être pas pensé s’il n’y avait eu ce refus marqué de l’avortement).

Ensuite, les parents de Juno et personne dans son entourage ne réagit vraiment à cette annonce. Et là c’est quand même dingue, le père prolo et ancien militaire, lorsqu’elle lui annonce tout de go qu’elle est enceinte et va faire adopter son enfant par un couple qu’elle a sélectionné dans le ParisBoumBoum local, lui dit : « Ok c’est cool, je viens avec toi pour les rencontrer. ». Les toutes premières minutes figurent aussi la découverte de la grossesse par Juno avec une scène surréaliste, où le droguiste du coin la charrie sur le fait qu’elle soit en cloque. Nan mais nous sommes aux USA là ?? Le film évacue totalement tout ce qui pourrait nous ramener à la réalité. Alors je sais bien que l’on peut prendre ça pour un conte de Noël, mais comme à d’autres égards il n’est pas présenté comme cela, la magie ne s’est pas installée chez moi. Et puis la bande-son qui prend le pas sur le film, avec cette sélection musicale bien étudiée, les passages un peu abstraits pour rendre le film plus « arty », ou bien les saynètes drolatiques et décalées, ainsi que les tirades en forme de victoire sociale (notamment avec l’échographe qui se fait tancer par la belle-mère), tout cela m’a doucement et sûrement convaincu de l’aspect bien trop policé et cadré de cette comédie.

Et pourtant ce n’est pas mauvais, bien au contraire, et le film a le mérite de traiter ce sujet avec un éclairage nouveau, et sans aller dans le drame chiant et triste. Je lui ai donc vraiment aussi trouvé toutes les qualités que j’ai évoquées. Mais quand on compare avec un petit film comme « Echo Park, L.A. » (pourtant très « Sundance »), je trouve que « Juno » apparaît encore plus facile et palote. Là où « Little Miss Sunshine » avait tout de même un peu rué dans les brancards, on est ici sur un chemin balisé du début à la fin, et on ne traverse jamais, Ô grands dieux jamais, en dehors des clous.

L’avis des copines : Psykokwak (avec qui je suis entièrement d’accord, jusqu’aux références…), Evrat, Eric, Brice, Kinoo.

Juno

Samedi 26 Janvier 2008

Cinéphage Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

Classé dans: Cinéphage — Tags: , , , @ 23:40:28

Aaaah le dernier Tim Burton !! Je me suis empressé d’aller apprécier ce nouvel opus de ce réalisateur de génie. En outre, ce côté « comédie musicale macabre » seyait parfaitement à l’univers et à la narration cinématographique de l’auteur… Mais au final, c’est bien ce côté-là qui ne m’a pas convaincu, et qui au contraire m’a empêché de correctement rentrer dans le film. Dommage.

L’histoire est donc tirée d’une comédie musicale (1979) et d’une pièce, elles-mêmes issues d’un récit encore plus ancien (de Thomas Peckett, 1846). Johnny Depp incarne donc Benjamin Barker, un talentueux barbier londonien, qui a été envoyé au bagne pendant 15 ans par un juge cruel (qui avait des vues sur sa femme). Plus en colère et assoiffé de revanche que jamais, il revient et prend le nom de Sweeney Todd. Il fait la rencontre d’une boulangère, Madame Lovett, merveilleuse Helena Bonham-Carter, qui prépare des tourtes à la viande immondes, faute de denrées correctes. Elle lui apprend que sa femme est morte, et que sa fille est devenue pupille du juge Turpin (Alan Rickman). Madame Lovett décide d’aider Sweeney, mais ils ont d’abord tout deux l’idée de relancer le commerce des tourtes d’une assez curieuse façon.

Evidemment, c’est du Burton, et du bon Burton, donc nous avons la chance d’avoir un film de qualité hollywoodienne sans Hollywood derrière. Bonheur !! Esthétiquement c’est parfait et superbe, il est impossible de se lasser de cette vision à la Tim Burton. Par contre, autant on y retrouve certains codes de l’auteur, autant on peut aussi constater des similitudes avec d’autres films pouvant paraître un peu redondantes. Ainsi on retrouve une atmosphère londonienne et gothique à la « Sleepy Hollow », ou bien un Johnny Depp qui manie les rasoirs comme un « Edward aux mains d’argent ». Mais dans l’ensemble, j’ai plutôt été positivement influencé par ces gimmicks.

En outre, on trouve là un élément génial et un degré supplémentaire dans l’œuvre de Burton : le film est barré, sanguinaire au possible et sans aucun espoir. C’est donc un prolongement de certains films du maître, tout en étant conforté par une histoire originale qui colle parfaitement à son ironie macabre et sa poésie tout en noirceur gothique. Car il y a du « Delicatessen » dans cette alliance entre la boulangère et le barbier… Il égorge ses clients au premier étage, au lieu de les raser, et elle prépare alors des tourtes, avec la viande des cadavres, qui font le bonheur culinaire des gens qui viennent s’y restaurer. Tout le film est extrêmement sanguinolent, et le raisiné coule à flot lorsque Sweeney Todd use de ses magnifiques rasoirs.

Jusqu’à la fin, le film est terrible. Il n’y a pour ainsi dire pas de « gentils » dans cette histoire, et même le happy-ending est coupé, Burton préfère s’arrêter sur les véritables héros de l’histoire. Ceux qui s’en sortent n’ont même pas l’air d’y croire, et encore moins d’avoir confiance en cette précaire existence.

La spécificité du film résidait aussi dans le fait que les comédiens interprétaient les chansons originales de la comédie musicale. Et autant j’ai aimé la musique (tout en regrettant amèrement Danny Elfman, qui fait pour moi immanquablement parti des films de Burton), autant je n’ai pas accroché aux chansons. Je ne sais pas si j’étais mal luné ou quoi, mais j’ai trouvé ça d’un chiant, mais d’un chiant !! Ca casse le rythme, ça décrédibilise l’action, et je n’ai pas trouvé que ça servait si bien que cela le récit ou l’émotion. A part les chansons de Madame Lovett qui avaient le mérite de mettre en valeur l’ironie grinçante du personnage, je sortais de l’ambiance du film dès qu’ils se mettaient à pousser la chansonnette.

Une petite déception donc, malgré un film qui dans l’ensemble m’a beaucoup plu. Johnny Depp et Helena Bonham-Carter sont pour beaucoup dans cette impression finale, tant ils sont excellents dans ces rôles. Attention, il faut avoir l’estomac bien accroché… (Mylène a du adorer ce film !!)

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

Samedi 12 Janvier 2008

Cinéphage 30 jours de nuit

Classé dans: Cinéphage — Tags: , , @ 22:09:51

Alors bon oui c’est un film d’horreur, un film de vampires, et donc je vais encore faire des cauchemars pendant des mois. Aaaaah je me fais tout le temps avoir, c’est pas possible.

Mais bon ce n’est pas un navet total, c’est même plutôt un film de genre d’une assez jolie facture, et qui se regarde bien, malgré les maladresses et incohérences scénaristiques. Et puis, il colle bien la frousse et une bonne dose d’angoisse ce qui est tout de même un des facteurs clefs de réussite de ce type d’oeuvres.

Nous sommes à Barrow en Alaska, qui est un des points les plus au nord des USA. Nous sommes à la veille d’une nuit qui va durer trente jours, et le shérif Eben (le beau Josh Harnett) fait face à quelques curieux actes de vandalisme. Des chiens sont tués, des téléphones volés et brûlés, etc. En même temps, l’ex-copine d’Eben, Stella, qui est une meuf avec des couilles ça comme, d’ailleurs elle est pompier, revient sur Barrow, et se retrouve un peu bloquée dans la ville. Dès que la longue nuit commence, c’est la catastrophe !! Une bande de vampires à la mine patibulaire (mais presque) débarque et se met à bouffer tous les gens !! Eben, Stella et quelques personnes réussissent à s’échapper, mais ils doivent tenir 30 jours pour échapper à l’appétit et la voracité sanguinaire de ces goules pas gentils gentils.

Le scénario est évidemment d’un classique absolu. On a le gentil shérif et son ex, et ils sont toujours amoureux en fait et bla bla bla. Et la grand-mère du shérif et son frère adorent l’ex meuf et bla bla bla. Et les vampires mordent et mordent et griffent et torturent, ce sont des enfoirés ultimes. On n’est clairement pas dans le vampire aristo et sensible, mais bien dans le tueur sanguinaire et sans pitié, qui baragouine la langue des carpates, et qui ne cherche qu’à arracher la jugulaire du premier inuit qui se présente.

Le film distille assez bien l’angoisse et la peur, il propose quelques scènes avec de bons sursauts et moments gores assez riche en hémoglobine. On n’hésite pas à y hacher la gorge d’une gamine de 6 ans, ou bien à torturer les quelques survivants qui servent d’appâts pour les autres. Bref, j’ai retenu mon souffle à bien des reprises. Les décors aussi sont plutôt réussis, et les effets spéciaux servent leur objectif. J’ai bien aimé l’original traveling qui montre les vampires qui courent après tous les habitants, mais uniquement par une vue de dessus très bien chorégraphiée et dynamique.

Par contre, on est d’accord, c’est un film d’horreur et de vampires… Donc ça ne vole pas non plus super haut, et il y a quand même mieux dans le même genre. On repère pas mal de conneries dans le scénar ou la réalisation, et le film ne restera pas dans les annales…

30 jours de nuit

Lundi 10 Décembre 2007

Cinéphage A la croisée des mondes : la boussole d’or

Classé dans: Cinéphage — @ 21:48:19

J’ai été très agréablement surpris, et même emballé, par ce film. Alors que j’ai pu lire, à droite et à gauche, des critiques assez mitigées, je dois avouer que j’ai carrément plongé dans l’univers, et été convaincu à la fois par l’histoire, les comédiens et les effets spéciaux.

Je n’ai lu aucun des bouquins, mais tout de suite ma première réaction a été de constater que c’était beaucoup beaucoup mieux que les Chroniques de Ragnagna !! Autant ce dernier était gamin et à la morale christique pas terrible, avec en sus des effets spéciaux pas toujours réussis (j’ai pas mal changé d’avis sur le film avec le recul), autant là, j’ai été bluffé par les effets numériques, et charmé par l’histoire. Il y a bien une morale, comme dans tous les romans jeunesse et fantasy de ce genre, mais elle n’apparaît vraiment qu’en filigrane, et n’est pas encore bien posée dans ce premier opus, qui en comptera certainement trois.

Nous sommes dans un monde parallèle au nôtre, dans ce monde les êtres ont une sorte de séparation entre leurs corps et leurs âmes. Les âmes se manifestent donc sous forme de « daemons », sorte d’animaux totems qui sont les inséparables compagnons de ces êtres humains. Dans ce contexte, on assiste à des troubles politiques qui voient une sorte de gouvernement totalitaire (le Magisterium) qui empêche toute recherche sur une substance qui pourrait révéler d’autres mondes parallèles. Mais Lord Asriel n’en fait qu’à sa tête, et il part en expédition dans le nord. Sa nièce, Lyra, se retrouve en possession d’un aléthiomètre, une sorte de boussole qui lui fait entrevoir la « vérité ».

Lyra est plus ou moins embarquée par une inquiétante Marisa Coulter (géniale Nicole Kidman), mais s’enfuit pour secourir un ami qui vient de se faire enlever par des « enfourneurs ». Elle débarque dans le nord avec des gitans, et elle fait la connaissance d’un Panserbjornes, un ours en armure (qui parle évidemment).

Bon, et je n’ai vraiment pas tout raconté, et je dois dire des conneries vu que je n’ai pas lu le livre, donc désolé pour les puristes, c’est ce que j’en ai capté. En tout cas, l’histoire est beaucoup moins neuneu que les films du même genre. Et même si on s’achemine vers la classique quête initiatique de la gamine espiègle et courageuse, j’ai vraiment été sensible au mélange entre des éléments fantastiques ou scientifico-fantasmagoriques (à la « Ligue des gentlemen extraordinaires » ou bien « les confessions d’un automate mangeur d’opium »), et à une narration teintée de Fantasy plus traditionnelle.

Il faut dire que le film a pour lui des effets spéciaux qui dépassent tout ce que j’ai vu jusque là, et en terme de rendu, et en terme d’intégration… Les décors sont superbes, et les daemons sont simplement incroyables ! Leurs textures, leurs mouvements, les interactions avec les comédiens, et leur manière de parler sont proches de la perfection. Et d’autant plus impressionnants que les daemons des enfants se métamorphosent à l’envi, selon l’état d’esprit des minots. J’ai été aussi fortement impressionné par l’ours Iorek Byrnison (avec la voix de Ian McKellen) qui est d’un réalisme fascinant, et dont les expressions sont à la fois très animales mais aussi terriblement anthropomorphiques. Outre cela, nous avons une sacrée pléiade d’acteurs, soit des voix de personnages, soit des comédiens, et ils sont tous assez bien dans leurs rôles. Évidemment, Nicole, plus icône gay que jamais, tient la dragée haute et est irrésistible en méchante schizoïde.

Bon rassurez-vous, il y a aussi des tas de choses ridicules et nazes dans ce film, telle l’ambiance mylénienne de certaines scènes, et quand ils se prennent au sérieux pour énoncer des vérités mystiques qui nous échappent. Il y a aussi la gamine qui est complètement illuminée et qui n’arrêtent pas d’appeler les gens par leur nom complet. Donc pour son pote l’ours, elle répète tout le temps : « Ooooh Iorek Byrnison ! », pas Iorek tout court, non, non, mais toujours « Iorek Byrnison ». Et le summum c’est la sorcière qui a trop écouté « avant que l’ombre » et a certainement tous les dvd des concerts de Mylène, la petite l’appelle toujours par son nom complet aussi, et c’est risible tellement c’est décalé. Surtout que la sorcière, elle s’appelle « Serafina Pekkala », ce qui n’est pas facile à prononcer à toute vitesse. (Mais le « Seigneur des Anneaux » avait placé la barre haute dans ce domaine… Hé hé hé).

En tout cas, moi ça m’a fortement donné envie de voir la suite !! Et c’était très agréable de passer quelques temps comme cela dans un monde parallèle. Surtout qu’en sortant, on voudrait tous avoir un chouette daemon ! (Enfin avec mon pot, je me serais retrouvé avec un caniche abricot, laisse tomber…)

L’avis des copines : Jarod_.

A la croisée des mondes : la boussole d’or

Lundi 03 Décembre 2007

Cinéphage Il était une fois

Classé dans: Cinéphage — Tags: , , , @ 22:58:04

Ah là là, Disney qui veut nous faire croire qu’ils se caricaturent eux-mêmes, et qu’ils se moquent un peu de leurs mièvreries légendaires. Il fallait que je voie ça !! Eh bien, on ne peut pas dire que c’est complètement raté, mais je vous rassure Disney déroge à la règle Disney pendant à peu près un quart d’heure, ensuite c’est bien sirupeux, collant et neuneu à souhait !!

Ils sont incroyables ! Pourtant le potentiel était là, et ils auraient pu prendre un bien intéressant virage, et donner un bon coup de dépoussiérant à leurs productions désuètes. Je me disais qu’il y avait une petite chance pour avoir droit à du shrékage bien délirant et à contre-pied. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, car il y a tout de même quelques passages qui m’ont surpris et beaucoup fait rire. Et on trouve quelques images osées et une moquerie ironique des standards de Disney qui a déjà du bien faire grincer des dents.

L’histoire c’est celle de Giselle, en dessins et en pure esthétique disneyienne, qui habite le royaume d’Andalasia, régi par une méchante Reine/Sorcière. Le beau-fils de cette dernière, Edward, tombe amoureux de Giselle, alors qu’il l’entend chanter dans la forêt avec ses amis les animaux. Le jour du mariage, donc la journée même, la sorcière pousse Giselle dans un puit magique, et la princesse se retrouve dans Manhattan de nos jours, en chair et en os. Elle y rencontre un avocat sceptique divorcé et sa petite fille, tandis qu’Edward se retrouve aussi à New York pour sauver sa belle, ainsi qu’un sbire de la Reine, et un écureuil débrouillard.

Le début du film est une jolie prouesse qui consiste à concentrer tous les Disney les plus niais (et géniaux !!) en dix minutes. C’est à la fois très drôle tellement c’est caricatural, mais aussi réaliste et très bien senti. La musique et les paroles ressemblent à ces rengaines totalement insupportables mais qui ne vous quittent pas pendant des jours !!! Bref, c’est marrant, et ça augure du bon.

Ensuite, les premiers essais catastrophes de la Princesse à Manhattan ne sont pas l’éclate totale, mais c’est gentillet, c’est cocasse et on y croit. Et puis, le paroxysme, à mon avis, c’est la partie où elle fait appel aux animaux locaux pour nettoyer l’appartement de l’avocat. Et là, voir Cendrillon/Blanche Neige/Aurore se retrouver avec des rats, des cafards et des mouches à merde pour faire le ménage, c’est tordant. J’ai trouvé ça gé-nial !

Manque de pot, il restait 1h20 de film… Aïe. Et pendant le reste du temps, Disney avait gagné la partie, et tout ce qui était alors des clichés éculés qu’on tournait en dérision sont devenus le point de mire du scénario. Ah merde, ils étaient sérieux là ? Ah oui… Donc on a droit à une bonne comédie sentimentale à la « Meg Ryan » dont on ne doute pas de chacune des scènes qui se succèdent comme un métronome, avec les bons sentiments qui dégoulinent, les chansons qui fleurissent, les blagounettes des seconds rôles pour distraire les mômes, et alors pas la moindre once de remise en question. C’était bien un conte à la Disney en fin de compte…

Donc il m’est difficile de juger ce film. Malgré un bon début, des personnages attachants et à potentiel, un scénario classique mais accrocheur, une Susan Sarandon en bonne méchante (j’aurais tellement voulu qu’elle gagne…) et une promesse tape-à-l’oeil, j’ai bien la sensation d’être tombé dans un guet-apens.

Je retiendrai les giga cafards new-yorkais qui nettoient la baignoire, et à qui elle fait un bisou en chantant sa ritournelle !!! Mais bon le reste se regarde hein, c’est pas non plus insupportable, c’est juste qu’on l’a déjà vu (parfois en mieux) des centaines de fois avant.

[Edit :] Ah si tout de même, j’ai oublié de rajouter !! Disney livre ici sa toute première apparition d’un figurant homo SM cuirette assumé !! Si si si. (Quand le prince se tape tous les étages avant de trouver sa belle, et qu’il tombe chez ce fameux personnage cuir qui le regarde avec beaucoup d’affection.)

Il était une fois

Jeudi 25 Octobre 2007

Cinéphage Les rois de la glisse

Classé dans: Cinéphage — @ 22:44:06

Non, non, ce n’est pas le titre d’un film porno, mais bien celui d’un dessin-animé en images de synthèse. Il s’agit du énième film qui figure des pingouins en personnages principaux (mais apparemment pensé avant « Happy feet »), mais qui surfe sur un concept assez innovant qui le fait sortir de l’ordinaire.

D’ailleurs en parlant de « surfer », il se trouve que c’est justement le thème principal. Eh oui, les pingouins sont les meilleurs surfeurs de la terre, et ils organisent même des compétitions internationales sur l’île de Pin Goo. La grande originalité du film est de prendre la forme d’un documentaire, un vrai film de téléréalité, où toute une équipe de TV suit les traces du jeune pingouin Cody Maverick. On a donc droit aux interviews de la mère et du frère, ainsi que des spectateurs de la compétition, et on est aux premières loges lors du recrutement de Cody dans la banquise, ou lorsqu’il rencontre la star de son enfance : Big Z. Mais ce dernier s’est fait passé pour mort il y a dix ans, et a complètement renoncé au surf. Il a pris vingt kilos, et il mange des clams au fond de la jungle. Cody réussira-t-il a le remettre sur sa planche, et lui-même arrivera-t-il à surfer comme il le désire ?

Encore une fois, l’aspect documentaire est vraiment réussi et inventif, on a droit à des fausses images des années 50, 80 ou actuelles, ou bien encore des témoignages de poussins pingouins totalement délirants. Kelly Slater et Rob Marchado sont parfaitement reconnaissables en pingouins, et ils endossent en plus (vocalement) leurs propres rôles ! Il faut aussi reconnaître une maîtrise de l’image bluffante, et une texture de l’eau et des vagues qui laissent pantois de (sur)réalisme. Mais heureusement qu’il y a tout ça, en plus de personnages assez cocasses et au chouette potentiel comique…

En effet, à part ces éléments qui surprennent et donc accrochent pas mal, eh bien c’est assez classique et banal. Alors qu’il y avait les bons ingrédients pour se bidonner de A à Z, on sourit seulement de temps en temps. Et l’histoire est vraiment très très très classique, du genre qui fait qu’on s’en désintéresse au bout de quinze minutes, et qu’on sait pertinemment comment ça va se finir. Du coup, ce n’est pas une réussite complète, plutôt un divertissement correct, et une habile petite oeuvre qui ne dérange pas.

Il me semble que c’est tout de même plus un film pour des gamins (Ah bon, c’est le cas ?? Ahhh… :gene: ), avec des couleurs super criardes, des histoires de pipi caca roté pété, de bonnes chansons qui rythmes des scènes de surf très réalistes et effrénées, et une histoire dont le fond de valeur morale a fait ses preuves (chez Mickey). Je pense que les mômes doivent adorer ce dessin-animé, on aurait juste du me prévenir. Mais non je suis content de l’avoir vu, c’était sympatoche…

Les rois de la glisse

Lundi 22 Octobre 2007

Cinéphage Paranoid Park

Classé dans: Cinéphage — @ 23:52:06

Voilà un film déroutant, et qui me laisse une impression mitigée… J’y retrouve bien les qualités formelles et un certain charme à la « Elephant » (putain, ça fait trop longtemps que je blogue), ainsi qu’un vrai talent pour exprimer l’adolescence. Mais il y a aussi la lenteur et un style un peu trop « ampoulé » qui rendent l’ensemble plutôt chiant et du genre « tout ça pour ça ». Autant j’étais ressorti de « Last Days » impressionné et marqué, autant là j’ai été déçu.

Alex est un ado lycéen moyen, un jeune skateur de Portland, Oregon. Il fréquente avec son pote une piste de skate underground et malfamée près d’une voie ferrée. Un soir il se retrouve à déconner en s’accrochant à un wagon, mais il est repéré par un garde. Alex pousse malencontreusement le gardien qui se fait découper en deux par un train. Traumatisé, il décide tout de même de se taire, et est interrogé par la police dans son lycée.

Le problème c’est qu’il ne se passe pas grand-chose d’autre durant le film… Alors évidemment, on retrouve ces comédiens « vrais ados » que Gus Van Sant filme terriblement bien, et il faut avouer que la photo, le montage, et sa manière de tourner son irréprochable. Mais bon, ça ne fait pas entièrement un film ! En tout cas, là ça n’a pas suffit à mon goût. Il y a bien tout un tas de séquences avec des skateurs, mais ça m’a vraiment fait penser à « Wassup rockers », sauf que ce dernier avait vraiment un scénario.

Formellement, je reconnais que le réalisateur sait tenir une caméra, et sait exprimer une kyrielle d’émotions en cinéma. En outre, l’originalité du film repose aussi sur un montage qui présente des scènes qui se répètent, et font découvrir petit à petit l’intrigue (trop mince à mon avis). Le héros écrit dans un cahier sa mésaventure, et on revit alors, morceau par morceau, les moments autour du drame. Les parents sont de nouveau absent, ou étrangement diminué. J’ai trouvé très forte la scène où on aperçoit (au mieux) la mère d’Alex, qui lui pose quelques questions, avant de retourner à l’indifférence (ou au respect de la vie privée). La musique aussi est omniprésente, et souligne extrêmement bien les moments forts du film. Voilà donc bien des qualités qui ne font que confirmer le bien que je pense de Gus Van Sant en tant que fameux cinéaste, mais ça n’empêche que c’était chiant, et au final peu intéressant.

Pris à part, certaines scènes valent franchement le détour, mais globalement je ne comprends pas où il veut en venir.

Paranoid Park

Jeudi 27 Septembre 2007

Cinéphage Hairspray

Classé dans: Cinéphage — @ 23:55:18

C’est assez drôle car c’est un film qu’on peut aisément considérer comme bon ou mauvais selon ce qu’on en attend, et la manière dont on l’aborde.

En effet, c’est une pale copie de l’original de John Waters, vu que les auteurs ont là ôté toute l’irrévérence, la truculence et la vulgarité (que j’aime tant) du film culte pour pondre une œuvre tout à fait conforme et proprette. On obtient un « Grease » à Baltimore, avec pour effronterie et hardiesse toute hollywoodienne un John Travolta traveloté dans le rôle de la mère. Franchement, Divine reste Divine et divine ! Y’a pas à dire !

Mais dans l’absolu, y’a pas à tortiller ou à jouer les cinéphiles, il s’agit d’une comédie pimpante et colorée très bien ficelé. Le film est agréable à voir, il donne la pêche grâce à des comédiens qui s’amusent follement et sont très bons, des chorégraphies enlevées et sous amphétamines, et une reconstitution « cliché » des sixties irrésistibles.

Alors bon ou pas bon ? Eh bien, si l’on se distancie du film d’origine, c’est une chouette comédie musicale, un divertissement qui passe bien, et met de bonne humeur. En outre, on retrouve la sympathoche morale de l’histoire : même les grosses réussissent, et les blacks sont acceptés dans la société (Youpi les babous !). Si l’on compare l’intérêt cinématographique des deux films, alors il n’y a pas photo, c’est John Waters qui remporte la palme.

L’histoire est archi-connue, c’est une jeune fille ronde Tracy qui tient absolument à participer à l’émission TV locale de Corny Collins. Son parcours est semé d’embûches, et elle doit aussi convaincre sa mère réticente et elle-même complexée. Outre cela, elle se rajoute comme contrainte supplémentaire une envie de mixité raciale et de fin de la ségrégation. Et pendant tout ce temps, ça chante à peu près toutes les 5 minutes, et d’excellentes chansons pleine d’énergie et de rythmes (and blues).

Il faut noter que le personnage le plus intéressant et qui sort carrément des rangs est évidemment Michelle Pfeiffer. Cette dernière est une géniale méchante, et elle donne au rôle une épaisseur inattendue, vraiment réussie. La comédienne qui joue Tracy (Nicole Blonsky) a énormément de talent, et a un charisme à l’écran qui n’est pas du tout anodin. De même pour son bellâtre, Link (Zac Efron), qui m’a bien impressionné, mais pour des raisons toutes différentes.

Encore une fois, une bonne petite comédie musicale de chez nous en Amérique… Mais il ne faut rien y voir de plus, et oublier la filiation « Waters ».

L’avis des copines : Patrick, TiPedro, ZeroJanvier, Folken, Orpheus, Mathieu, Véhesse, [elle].

Hairspray

Mercredi 26 Septembre 2007

Cinéphage Naissance des pieuvres

Classé dans: Cinéphage — @ 23:45:50

Comment ne pas être conquis par un film qui dès les premières images montrent le magnifique théâtre (violet et vert pétant) de mon Cergy natal. Et encore plus, lorsque j’ai réalisé que la piscine qui est montrée (celle du parvis de la préf) est la piscine où j’ai aussi vécu quelques heures (tristes) de mon adolescence. Donc ces passages dans les vestiaires et le bassin et cette ambiance adolescente m’ont particulièrement impressionné de leur authenticité. Et puis je reconnaissais aussi les moindres plans de la ville, des plus connus (comme les colonnes de Saint Christophe) aux plus anonymes (parvis, lotissement de brique, passerelles du boulevard de l’Oise etc.).

Mais ce n’est pas tout car le film de Céline Sciamma possède bien des qualités, et aussi des maladresses, il faut l’avouer. Car oui c’est bien un film un peu marqué : premier film d’une tout juste sortie de la Fémis, et la réalisation est somme toute très classique et convenue. On peut donc lui reprocher d’avoir un peu trop glaner du côté « ciné français intello » et de s’attarder parfois un peu trop sur certaines scènes. Un film aussi intelligent et sensible aurait mérité un traitement un peu moins académique peut-être.

Mais je n’en boude pas moins mon plaisir, car j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé. Evidemment, un film qui évoque l’homosexualité chez des gamines de 15 ans, c’est déjà pas mal. Et la prouesse là est de le faire avec une vérité, une simplicité et une clairvoyance qui m’ont vraiment frappé. En outre, les trois comédiennes Pauline Acquart (Marie), Louise Blachère (Anne) et Adèle Haenel (Floriane) sont épatantes et convaincantes dans ces rôles très délicats.

Marie est amie avec Anne. Cette dernière est un peu la grosse adolescente classique qui fait de la natation, tandis que Marie est étrangement attirée par une autre fille de la piscine : la capitaine de l’équipe de nage synchronisée, Floriane. On suit donc les trois filles, avec leurs problèmes, leurs émois, leurs petites vacheries et autres souffrances adolescentes. Floriane est une « fausse salope », Anne donne son corps faute de mieux, et Marie essaie de voir clair dans ce qu’elle ressent…

Les parents sont totalement absents du film, mais je pense que ce n’est pas tant pour marquer un renoncement que pour ancrer le film dans un univers totalement adolescent. Et en effet, j’ai trouvé que ça fonctionnait très bien, on se retrouve vraiment dans une atmosphère et des codes que nous avons tous connus, et qui n’ont pas bien changé à vrai dire. Le scénario est à ce niveau là particulièrement brillant, dans les intrigues, l’épaisseur psychologique des personnages ou bien les dialogues, il y a énormément de choses qui sonnent très justes, et font mouche.

Le film du coup n’est pas tant une œuvre qui parle d’homosexualité, mais plutôt de femmes et de leur entrée dans la vie adulte. Certaines scènes sont très agréablement soulignées par une bande son originale particulièrement belle et efficace, signée Para One. L’ensemble donne vraiment à cette œuvre beaucoup de charmes et de qualités, et viennent facilement estomper les quelques défauts qu’on pourrait y trouver.

L’avis des copines : La lettre révoltée, Gregoo, Manolo, Julien, Folken, Polysémie.

Naissance des pieuvres

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