Articles de la catégorie “Cinéphage”

Cinéphage Sex and the City 2

Publié le Mercredi 21 Juillet 2010 - 23:48
Catégorie: Cinéphage

Le premier opus n’était vraiment pas terrible, et ne rendait surtout pas hommage à ces personnages et cette série que j’ai adoré pendant des années. J’ai lu énormément de critiques sur ce second film, et même si je souscris à certaines, j’ai trouvé globalement que c’était beaucoup mieux que le premier. En tout cas, c’est le film hommage que j’attendais et qui m’a satisfait dans cette optique.

Le souci c’est qu’elles ont vieilli et que leurs frasques apparaissent aujourd’hui bien “anachroniques” et souvent emprunt d’une belle couche de vulgarité. Mais après tout la série n’était pas vraiment moins vulgaire. Huhu. On y voit une succession de trois bons épisodes de la série assemblés avec plus ou moins de talent, mais en tout cas ils ont bien su insérer ça et là les bons rôles secondaires et des dialoguistes bien conformes à nos héroïnes. On n’est beaucoup moins dans le propret peu digeste du premier film, et cela donne l’occasion à de francs moments de rigolade, et aussi quelques originalités.

Ce qui me faisait le plus peur quand j’avais vu la bande-annonce, c’était cette histoire d’Abou Dabi parce que je trouvais cela un peu dommageable pour des personnages tout de même d’obédience féministe, et puis cette orientation 100% fric et superficialité qui ne ressemblait plus trop à l’esprit initial. Le film là fait très fort en allant bille en tête dans le précipice, et extraordinairement en réussissant à frôler le vide sans y tomber, et montrer même au final que l’esprit SATC est toujours vivace. Je pense qu’il faut être super fan de la série (comme je suis) pour réellement percevoir ces petits éléments qui sauvent le film, et en font quelque-chose de tout à fait digeste.

On peut déjà saluer le respect des personnalités de Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, on les retrouve telles qu’on les avait quitté, et elles ont quasiment les mêmes travers et qualités. Evidemment, les années passant ont apporté leur lot de nouveauté, comme Samantha qui se shoote aux hormones pour rester dans le coup sexuellement, ou Charlotte qui essaie d’être une super maman avec sa petite fille adoptée, ou encore Carrie qui évidemment doute de Big… Le film démarre par un truc énorme, et que j’ai pensé volontairement too much et caricatural à en mourir : le mariage des frères ennemis Stanford et Anthony !! On assiste là au plus kitschissime des mariages amerloques dans les Hamptons, et quand on croit qu’on a tout vu, voilà que Liza Minelli débarque en maître de cérémonie. Plus gay tu meurs !!! Cette première partie terriblement gay est le clin d’œil à la nombreuse clientèle homo de SATC, mais le meilleur reste à venir avec un personnage reubeu dans l’hôtel à Abou Dabi qui est absolument tordant.

J’ai été très agréablement surpris par la partie à Abou Dabi (je ne raconte même pas le scénario car ce n’est vraiment pas l’intérêt, huhu) et généralement il m’a semblé que dès que l’histoire s’orientait dangereusement, on trouvait une scène pour remettre les choses en place. Ces réponses narratives contribuent vraiment à ce que le film ne perde pas pied, et étonnamment ça fonctionne (à mon avis). Quand on est saoulé par les étalages de fringues ou la superficialité des échanges, il y a un truc drôle ou pertinent qui vient remettre un peu d’équilibre, de bon sens et de raison dans la comédie (qui en devient beaucoup moins débile que prévue).

Mais le film vaut surtout pour Samantha qui mène la danse du début à la fin. Elle est souvent à hurler de rire, et rien que sa crise féministe de fin de film vaut le détour. Elle est fantastique !! On rit d’ailleurs beaucoup plus pour ce film que pour le précédent.

Je ne dis pas que c’est un chef d’œuvre et je reconnais que c’est parfois un peu trop vulgos, et encore une fois, elles ont passé l’âge de ce genre de choses. Mais putain, c’est le film qui prolonge vraiment bien la série et qui nous donne à profiter de ces personnages qu’on aime tant. Ils ont non seulement respecté cela, mais en plus proposé des petites choses additionnelles, drôles et émouvantes, qui rendent le tout bien sympathique.

Sex and the City 2

Cinéphage Les invités de mon père

Publié le Mercredi 21 Juillet 2010 - 0:46
Catégorie: Cinéphage

J’ai été agréablement surpris quand j’ai vu que le film avait été réalisé par Anne Le Ny, c’est une comédienne qu’on aperçoit dans pas mal de film, et je me souviens toujours d’elle pour son rôle de costumière dans mon cultissime “Le goût des autres”. Elle livre là une petite comédie dont j’espère vraiment que le bouche à oreille a fait son effet, mais je ne l’ai trouvé chroniqué dans aucun de mes blogs (ou juste évoqué une fois au détour d’un post) donc j’ai peu d’espoir. Pourtant cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri de bon humeur, avec un petit film bien de chez nous, mais léger, drôle, sensible et intelligent.

Il faut dire que l’histoire vaut la peine et que les trois comédiens principaux sont simplement brillants. Il y a Michel Aumont qui est un médecin à la retraite qui a toujours été de toutes les associations et batailles humanitaires. Sa fille et son fils sont installés dans la vie, et eux-mêmes ont des familles, avec une Karin Viard qui est aussi médecin et tente de correspondre à l’image que son père voudrait, et puis Fabrice Luchini qui est l’avocat, symbole capitaliste et véritable offense aux idées du père. Mais il y a beaucoup d’amour et de connivence entre les trois, jusqu’à ce que le père accueille chez lui une réfugiée moldave et sa petite fille. La jeune femme est plus que séduisante, et on se met à avoir des doutes sur les objectifs du père, qui paraît de plus en plus amoureux de son invitée. Et puis, il parle de mariage blanc, et il va même jusqu’à proposer de déshériter ses enfants en faveur de cette femme. Bref, la cellule familiale se réinvente et c’est l’occasion d’échanges et de remises en question assez extraordinaires.

Il faut avouer que le film tient surtout sur les deux comédiens absolument géniaux, Karin Viard et Fabrice Luchini en frère et sœur complices et désemparés. Psychologiquement c’est aussi un petit bonheur de mise en avant et en action de névroses familiales si classiques et répandues… Le film est par moment d’une drôlerie irrésistible avec des répliques qui fusent, et une ironie vraiment mordante. Mais il y a aussi toutes ces souffrances sous-jacentes qui interpellent et donnent une dimension plus profonde à cette comédie.

Il reste quelques maladresses de “petit film”, et une fin qui ne m’a pas franchement emballé, mais globalement j’ai passé un moment délicieux, et cela faisait trop longtemps qu’un film français ne m’avait pas fait cet effet.

Les invités de mon père

Cinéphage Iron Man 2

Publié le Mardi 15 Juin 2010 - 20:17
Catégorie: Cinéphage

J’avais été très agréablement surpris par le premier opus, avec un Tony Stark remarquablement interprété par Robert Downey Jr. Ce second épisode est tout aussi comestible et sympathique, avec en sus des tas de moments où l’on peut se régaler des effets spéciaux de l’armure d’Iron Man.

Évidemment ce n’est pas non plus le film de l’année, mais ça se regarde vraiment bien, et les quelques nouveaux, Mickey Rourke et Scarlett Johansson, font leur effet. Cette œuvre made in Marvel est porté par les deux qualités que sont les effets spéciaux, dont le film n’est pas avare, et Robert Downey Jr. Ce dernier cabotine à mort, mais il endosse remarquablement bien le personnage du comic. Il est autant suffisant, flambeur, branleur et drôle que le Tony Stark de la bédé. Son humour rend parfaitement bien, et donne au film beaucoup de charme et de légèreté.

Le scenario n’est ni original, ni surprenant, ni flamboyant, mais ce n’est pas non plus ce à quoi je m’attendais. Et c’est certainement là où on pourrait faire le plus de reproches. La narration est décousue et souvent sans queue ni tête. Mais surtout, il y a une incursion du SHIELD, organisation d’espionnage qui vient de la bédé (et dont Tony Stark a été dirigeant), qui n’est pas du tout expliquée et qui a dû rendre bien perplexe quelques béotiens. On se demande même ce qu’ils viennent faire là, vu que leur exploitation est assez incohérente et gratuite.

Le pire réside dans les dialogues en français, car une partie du film se déroule à Monaco, lorsque Mickey Rourke s’échappe de la prison. Un gardien lui lance très moliéresque : “Hey Prisonnier, mais que fais-tu ?”.

Mouahahahahahah.

Bref, c’était très un blockbuster très digeste, un excellent film de dimanche soir !

Iron Man 2

Cinéphage Le Choc des Titans

Publié le Mercredi 12 Mai 2010 - 0:15
Catégorie: Cinéphage

J’avais déjà raconté dans mon article sur mon panthéon cinématographique la raison pour laquelle le film original de 1980 était culte pour moi. C’est un de ces films de l’enfance qui fait qu’il reste gravé en moi avec les souvenirs jubilatoires du minot émerveillé. Donc il était difficile à cette version 2010 de relever le challenge, mais comme en plus c’est une merde, ça l’est encore plus. Arf.

Le film de 1980 était un gentil navet digne d’”Olympe et les dieux” (si certains se rappellent de cet odieux anime qui mélangeait sans vergogne tous les mythes) mais qui avait de chouettes dialogues et une certaine classe (il faut dire avec Laurence Olivier en Zeus et Ursula Andress en Aphrodite, ça le faisait), et surtout bénéficiait des effets spéciaux du dieu de l’époque : Harry Rayhausen. Je m’attendais un remake simple et efficace, qui pallierait simplement le manque d’effets numériques de l’époque. Oh là là, pas du tout !! Le scenario a été remodelé mais juste à moitié de quoi le rendre complétement inepte et parfois juste incohérent. Il y a des pans entiers du film qui n’ont ni queue ni tête, et font apparaître le tout encore plus débile.

Malgré tout le film reste bien efficace et distrayant. J’ai en outre bien choisi une version non 3D, et je pense que c’était beaucoup mieux ainsi. On retrouve donc la quête de Persée qui découvre qu’il est un demi-dieu, et doit sauver la princesse Andromède du sacrifice au Kraken auquel elle est destinée. Il y a le lot de combats avec des monstres mythologiques (belles scènes avec Méduse, j’avoue), et les dieux qui participent allégrement aux péripéties des mortels. Arf, d’ailleurs les dieux sont aussi kitsch que dans la version originale. Mein gott, ils ont pris exemple sur Saint Seiya et Zeus porte une véritable armure de chevalier du Zodiaque toute rutilante !!!

Le beau Sam Worthington continue de s’imposer dans des rôles au charisme d’une transparence rarement atteinte, et je crois qu’il ferait bien de se recycler chez Mustang ou Raging Stallion. Il faut aussi noter que l’on fait innocemment ressembler des grecs à des romains de l’époque des meilleurs péplums des années 50, et que le clin d’oeil à la chouette Boubo (élément essentiel du film de 80) ne m’a que cruellement rappelé à quel point elle me manquait. Bref, c’est un bon film pop-corn d’un dimanche soir de désœuvrement intellectuel et émotionnel (si si quand même).

L’avis des copines : Nicolinux, Juju, Raph et Fred.

Le Choc des Titans

Cinéphage Dragons

Publié le Mardi 11 Mai 2010 - 0:05
Catégorie: Cinéphage

Oooh la bonne surprise !! J’y suis allé après avoir lu quelques bons papiers, et parce que j’ai du mal à résister à ces films d’animation pour grands enfants (ou pas). J’ai même cédé aux lunettes 3D car je n’ai pas eu le choix, et que c’était apparemment le seul film du moment qui le méritait réellement. Pour ce dernier point, c’est encore largement exagéré même si, en effet, la scène de chevauchement de dragon a été bien aménagée en ce sens et vaut le coup en tridi. Mais je me méfiais d’un studio Dreamworks qui n’a franchement pas fait des étincelles avec les derniers Madagascar ou Shrek.

Mais là vraiment, chapeau bas, j’ai totalement kiffé, sa race, sa mère, ce film !!! Pourtant je n’en pas entendu parlé plus que cela, et ce n’est pas vraiment un “hit” de ces dernières semaines. C’est dommage car c’est un petit bijou de film d’animation, autant pour les petits que pour les grands, avec ce qui manque aujourd’hui cruellement à toutes ces productions testostéronées en dollars : un scenario !! Car il n’y a rien à dire sur la qualité des images de synthèse et sur la technique au global, mais c’est aujourd’hui le niveau de base pour tout studio qui se respecte, Dragons narre avant tout une histoire superbe, très attendrissante et sur un rythme endiablé. C’est tellement rare de pouvoir remporter ainsi la palme sur tous ces tableaux, mais ce film y arrive avec une de ces amitiés impossibles entre un petit garçon et une bestiole, le reproche des adultes sur les comportements du héros, le rapport encore plus conflictuel avec son père, et les personnages secondaires très réussis, avec notamment une drolatique et originale panoplie de dragons. Tout cela peut paraître très banal, et c’est vrai que le film n’a rien de follement décalé, on y retrouve plutôt un patchwork de choses très connues, un soupçon de Disney même, mais l’ensemble est tellement bien ficelé que j’ai adoré sans faire ma fine bouche.

Notre aventure se situe chez les Vikings (affublé d’un irrésistible accent écossais à couper au couteau), et on y découvre des brutes épaisses qui se battent tous les jours contre les dragons qui les pillent régulièrement. Tuer le dragon est la fierté nationale et la grande spécialité du chef, en revanche pas de son fils Harold qui répugne à tuer quoi que ce soit, au grand dam de son paternel. Harold entre malgré tout à l’école des tueurs de dragons, et le soir d’une attaque, grâce à une de ses inventions, il réussit à blesser le dragon le plus dangereux dont je ne me rappelle plus le type ou le nom (merde alors !). Il va tout seul essayer de repérer la bestiole, et il découvre qu’elle s’est blessée et ne peut plus voler. Plutôt que de l’achever, finalement Harold lui construit une sorte d’atèle et de prothèse et découvre que les dragons ne sont pas les monstres sanguinaires qu’on pense. Au contraire, il se fait un nouveau pote, et ne tarde pas à découvrir d’où viennent les dragons, et pourquoi ils pillent ainsi la région depuis des lustres…

Les différents modèles de dragons et l’apprentissage des petits tueurs sont l’occasion de saynètes très marrantes et que les mômes adorent. Mais il y en a vraiment pour tous les goûts et toutes les perceptions, ainsi la relation entre le père et le fils est loin d’être stupide (surtout sur le volet de la maman absente), et globalement les valeurs délivrées par le film sont plutôt positives sans être ras des pâquerettes ou totalement neuneu. Outre cela, il se passe toujours quelque chose et on ne s’ennuie pas une seconde, que ce soit dans les scènes comiques, de combat, de vol-plané ou d’interaction entre les protagonistes.

C’est le genre de film qui fait un bien fou en fin de journée, et dont on ressort tout léger et l’esprit euphorique ! Ouai carrément !

L’avis des copines : Nicolinux, Zéro Janvier, Julien, Tambour Major, Samantdi.

Dragons

Cinéphage Alice au Pays des Merveilles

Publié le Lundi 10 Mai 2010 - 1:32
Catégorie: Cinéphage

Depuis l’annonce même que Tim Burton allait pondre son Alice, beaucoup de gens l’attendaient de pied ferme. C’était juste le sujet IDEAL pour Burton et ses univers déjantés, et en projetant un Johnny Depp et une Helena Bonham-Carter je n’en trépignais que plus ! Mais comme toutes les longues attentes, je m’attendais aussi à être un peu déçu. Il se trouve que j’ai été un chouïa plus déçu encore… Heureusement j’ai dégotté une salle qui ne le jouait pas en 3D donc j’ai au moins échappé à cela.

Mais si je peux d’abord mettre le doigt sur ce qui m’a plu alors je dirais sans hésiter le délire et délice visuel que Tim Burton délivre là. Ah c’est fantastique, merveilleux, truculent, à la fois esthétique, curieux, dérangeant parfois, et très (trop) proche des personnages de Disney. Car le pendant négatif c’est bien ce mimétisme banal entre le film de Disney de 1951 et tout l’univers créatif de cette version largement en images de synthèse. Autant j’ai trouvé cela magnifique et vraiment impressionnant (le chat du Cheshire est particulièrement réussi pour moi), autant j’ai été déçu du peu de nouveautés apportées par une vision plus personnelle de l’auteur.

Nous ne sommes pas dans un remake en revanche puisque l’histoire est celle du retour d’Alice au fameux Pays des Merveilles. En effet, alors qu’on s’apprête à la marier plus ou moins de force à un triste sire, elle suit le lapin blanc et redébarque en plein Pays des Merveilles sous l’égide de la (très) méchante Reine de Cœur (géniale Helena Bonham-Carter). Aidée du Chapelier fou (Johnny Depp) et de quelques résistants, elle va lutter pour rendre son pouvoir à la fantasque et aérienne Reine Blanche (Anne Hathaway).

Le film bénéficie donc d’effets esthétiques à couper le souffle, et de très bons comédiens, donc il y a tout pour faire un chef d’œuvre. Malheureusement, c’est dans le scenario que le bât blesse fortement. Et là ça ne pardonne pas, car le film est très chiant et il ne se passe pas grand chose. On n’a l’impression que le cahier des charges consistaient à se faire plaisir en intégrant tous les personnages et les réminiscences du Disney de 51, et c’est à peu près tout. C’est fort plaisant et bien ficelé d’ailleurs, mais ça ne suffit vraiment pas à retenir l’attention, et à justifier 1h50 de film. Donc les scènes s’enchaînent et ne sont pas non plus insupportables, mais ce n’est pas très intéressant, et pas très profond, on apprend pas grand-chose de plus sur les protagonistes, et on arrive cahin-caha à un grand final tout aussi fade et attendu.

Je ne vois pas bien l’intérêt de reprendre un tel thème et une histoire, surtout en ne faisant pas un remake mais bien un film original, et d’en seulement livrer une version visuellement dépoussiérée. Malgré tout, j’ai passé un bon moment car c’est un très beau spectacle, et que cela fait toujours plaisir de découvrir un nouveau Tim Burton.

L’avis des copines : Nicolinux, Le Pédé, Zep, Patrick, Flavien, Julien, Alice.

Alice au Pays des Merveilles

Cinéphage Fantastic Mr. Fox

Publié le Jeudi 6 Mai 2010 - 0:57
Catégorie: Cinéphage

Ah là là, ce Wes Anderson moi il me fascine. Je suis un des rares humains à avoir aimé la Vie Aquatique, et dernièrement le Darjeeling Limited m’avait bien fait triper. Là encore, il fait mouche, et de la plus incroyable manière avec ce film d’animation à la fois très abouti graphiquement et follement arty-brouillonnant. Un style bien à l’image d’un scenario truculent qui repose sur une histoire enfantine mais nous sert quelques images et propos bien adultes et singuliers.

Mr Fox est un renard plutôt roublard et naturellement voleur, mais il se repend pour sa belle et décide d’acheter une belle maison en dehors de toute tentation. Mais bon c’est plus fort que lui et quelques années plus tard, il replonge. Alors que son fils est un peu spécial et que son neveu en visite se révèle une sorte de génie incompris, Mr Fox se met à voler ses trois puissants voisins. Ces derniers se liguent alors pour faire sa fête à Mr Fox, mais cela dégénère et met en péril toute la vallée…

Il s’agit d’un film d’animation mais on retrouve toute la patte de Wes Anderson dans cette histoire familiale complexe, et surtout dans la relation père-fils difficile ou bien cette Mrs Fox qui a des airs d’Anjelica Huston dans les films d’Anderson. George Clooney (Mr Fox) et Meryl Streep (Mrs Fox) s’en donne à cœur joie et sont pour beaucoup à la grande qualité d’interprétation des personnages principaux. Il y a aussi Jason Schwartzman qui est très chouette, et le fantastique Wilem Dafoe dont la voix me fait toujours défaillir.

Le film est ouf, original et rythmé, avec une animation aussi artisanale et imparfaite qu’elle nous emmène loin loin dans ses délires avec une déconcertante facilité. Ce truc est vraiment nouveau et tellement frais, avec cet humour décalé et parfois totalement cryptique cher à Anderson, et qui me plaît énormément.

L’avis des copines : Nicolinux, Le Juif.

Fantastic Mr. Fox

Cinéphage The Ghost Writer

Publié le Jeudi 29 Avril 2010 - 23:05
Catégorie: Cinéphage

Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de thriller aussi efficace et bien ficelé. Roman Polanski renoue là avec tous les standards du genre, aussi bien dans le fond que dans la forme, et cela donne une œuvre bien carrée et propre. Pour moi ça manque tout de même d’une fin digne de ce nom, mais à part ça, c’est un joli coup de maître.

Ewan McGregor y campe un nègre qui est engagé pour écrire les mémoires du premier ministre anglais, joué par Pierce Brosnan. Il remplace un type qui est mort dans des circonstances assez louches, et un grand mystère demeure autour de ces fameuses mémoires. Ewan McGregor débarque sur une île où l’homme politique vit plus ou moins isolé, mais rapidement des scandales politiques viennent semer un trouble encore plus grand.

Le film transpire Hitchcock par tous ses pores, mais ce n’est vraiment pas une critique négative. Je trouve que c’est au contraire un extraordinaire tribut à ce grand maître du genre. Que ce soit dans l’écriture, la direction d’acteurs ou dans la réalisation, on est dès les premières minutes plongés dans l’histoire, et couches après couches on se demande bien où cela va nous mener. Comme je le disais plus haut, la fin aurait pu être plus convaincante (pour ma part…) ou plus originale, car j’ai trouvé que c’était un peu bâclé. Mais il faut avouer que tout le reste se tient tellement bien, que ce n’en est plus si grave.

Les comédiens sont impeccables, et il faut saluer le talent encore bien vivace de Roman Polanski. Ce n’est pas non plus un immense chef d’œuvre à mon avis, mais vraiment une œuvre grand public qui a le mérite de ne pas être un blockbuster débile. Rien de transcendant mais un truc efficace et redoutable qui ne laisse pas insensible.

L’avis des copines : Raph et Fred, Nicolinux, Tambour Major, Charlie, Julien, Pouxi.

The Ghost Writer

Cinéphage A Single Man

Publié le Dimanche 11 Avril 2010 - 3:38
Catégorie: Cinéphage

Ce film a vraiment recueilli tous les suffrages de mes amis, ainsi que des critiques à droite ou à gauche. Et c’est vrai que c’est une oeuvre qui ne laisse pas indifférent. Il est à la fois tout ce qu’on peut attendre d’un film d’un styliste, Tom Ford est même un artiste en son genre, mais il va beaucoup plus loin que cela. Et malgré tout, je me suis fait un peu chier et j’ai trouvé que ça durait un peu trop longtemps…

Nous sommes à Los Angeles en 1962 et George (Colin Firth) est un prof de fac dans la moyenne du genre. En revanche, il vient de perdre son amant Jim (Matthew Goode, Ozymandias dans « Watchmen ») dont il était éperdument amoureux et avec qui il vivait depuis quelques années. Il n’arrive pas à faire son deuil, et c’est d’autant plus difficile qu’à cette époque cette relation n’était évidemment pas vraiment de notoriété publique. Avec l’aide de sa meilleure amie (Julianne Moore) et l’intervention inattendue d’un de ses étudiants (Nicholas Hoult, de « Skins »), il essaie tant bien que mal de reprendre pied…

Formellement le film est un véritable chef d’oeuvre… vraiment rien à dire contre l’esthétique de Tom Ford, c’est mieux que ce à quoi on pouvait même s’attendre. Les plans sont superbes, la photo incroyable, les costumes et les décors somptueux, la manière de filmer majestueuse, très expressive et blindée de références, avec un grain de pellicule génial et un souci permanent de l’image, de sa beauté, de sa transcendance, et de son usage intelligent dans son rapport ténu avec l’histoire. Outre cela, les comédiens sont impeccables, avec les deux monstres sacrés que sont Colin Firth et Julianne Moore que j’aime tant et qui sont simplement merveilleux.

Le film se focalise principalement sur ce deuil que George n’arrive pas à faire, un peu à la manière de Charlotte Rampling dans « Sous le sable ». Je fais cette comparaison car le film est aussi aride et dépouillé d’artifice que ce dernier, il est en revanche plus narratif et « coloré ». Comme il est adapté d’une nouvelle de Christopher Isherwood, c’est peut-être un peu ce qui m’a ennuyé. Le format de nouvelle étant par essence court, je trouve qu’on tourne rapidement en rond et qu’il devient fastidieux de meubler ces 1h40 de film. Malgré la beauté formelle et les efforts du cinéaste, je me suis un tantinet ennuyé.

En revanche, et là c’est très nouveau, c’est bien la toute première fois qu’un film aussi grand public évoque un couple homosexuel d’une si belle, naturelle et évidente manière. C’est étonnant car nous sommes dans les années 60, mais Tom Ford dépeint un couple homo qui n’est pas dans les clichés éculés du genre, et qui possède toute crédibilité. Surtout, et c’est touchant et troublant, l’évocation des sentiments amoureux est d’une authenticité qui ne peut que toucher le spectateur. Vraiment, ce n’est pas du « chiqué », et j’ai été surpris par la justesse du jeu des comédiens et le talent du réalisateur qui a réussi à faire passer l’amour entre les deux hommes comme la chose la plus banale et merveilleuse (d’autant plus belle que c’est une fin tragique…). Le film contribue, je pense, à faire passer cette idée que « c’est bien la même chose » pour un couple hétéro ou homo confronté à la douleur de la perte de son compagnon ou sa compagne.

Tom Ford a fait très fort pour son premier film. Il a à la fois tapé dans le mille où on l’attendait avec cette oeuvre incroyablement belle et pleine de style, mais m’a enchanté par son expression cinématographique, et son talent à aussi « faire voir » les choses, au-dedans comme « au-dehors ». Malgré les quelques longueurs qui m’ont fait dire que c’était « quand même un chouïa chiant », le film marquera forcément.

L’avis des copines : Jérémy, Julien, Zéro Janvier, Vincent, Nicolinux, Fliptom, Patrick, Christophe, Rouge Cerise.

A Single Man

Cinéphage Shutter Island

Publié le Vendredi 19 Mars 2010 - 0:15
Catégorie: Cinéphage

J’ai pas mal lu à droite et à gauche qu’il s’agissait d’une excellente adaptation (très fidèle) du roman du même nom de Denis Lehane. Du coup c’est peut-être bien ce qui est la qualité de ce film, qui est devenu quelque part un défaut pour moi… Car le film n’est pas mal et se regarde bien, c’est juste que l’histoire ne m’a pas complètement épaté, et surtout le rebondissement final qui manque un peu d’originalité pour être surprenant.

Shutter Island est une île mystérieuse qui abrite uniquement un asile psychiatrique, et où deux marshals (Leonardo DiCaprio et Mark Ruffalo) débarquent pour enquêter sur l’inexplicable disparition d’une malade. L’ambiance est assez inquiétante car la tempête fait rage et l’endroit paraît passablement hostile. Leonardo DiCaprio sent rapidement qu’une machination est en marche, et que certaines personnes du staff de l’hôpital cachent des choses, et pourraient bien être les instigateurs de quelque-chose de très grave. Le marshal se bat avec certains de ses propres démons, dont la perte de sa femme lors d’un incendie déclenché par un serial-killer, lui-même enfermé dans cet hôpital…

On peut louer Martin Scorsese pour ses talents de réalisateur dans ce film, pour ses plans à la Hitchcock, et une ambiance années 50 hors-pair. Mais du début à la fin, j’ai trouvé qu’il en faisait des tonnes. La musique colle bien à l’atmosphère de thriller et de suspense, mais elle est tonitruante et beaucoup trop présente, presque comme un parasite, ou un héritage superflu des films d’époque. La reconstitution maniaque elle-même finit par prendre le dessus sur une histoire qui met des heures à s’établir, pour finalement retomber comme un soufflé. Car dans le genre, Night Shyalamayalamayalamayamalayan a su un peu mieux concocter des rebondissements et faux-semblants de dernière minute.

Malgré ces aspects « too much » et ce « tout ça pour ça », je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Je ne peux pas dire que ce soit non plus mauvais, mais ce n’est pas le meilleur de Scorsese c’est sûr. Si le film est conforme au bouquin, il y a des chances que ce soit là que le bât blesse, et que l’histoire en elle-même manque un peu de sel et d’originalité. En tout cas, la pléiade d’acteurs joue plutôt bien entre DiCaprio et Ruffalo, ou encore Ben Kingsley et Max Von Sydow qu’il fait plaisir à revoir ainsi sur les écrans.

L’avis des copines : Nicolinux, Fliptom, Julien, Charlie, Olivier, Christophe.

Shutter Island