Articles de la catégorie “Cinéphage”

Cinéphage La Princesse et la grenouille

Publié le Jeudi 18 Mars 2010 à 0:59
Catégorie: Cinéphage

Je n’y allais franchement pas en pensant que ça me plairait, mais plus par curiosité. Je voulais voir ce retour à la 2D et au dessin traditionnel, à la main, et puis Disney se vantait d’avoir enfin pondu une histoire digne de ce nom… Oh là là, ce que j’ai aimé !! Putain, mais j’ai adoré ce dessin-animé qui est d’une extraordinaire beauté formelle, qui est drôle et enlevé, qui nous régale de chansons jazzy sympathoches, de personnages secondaires adorables, et d’une belle histoire à la Disney (mais dans le sens positif pour une fois).

L’histoire tourne autour de Tiana, qui est serveuse dans un restaurant de la Nouvelle-Orléans. Elle est très attachée à sa maman et son papa, mais ce dernier qui était un passionné de cuisine est mort avant d’avoir pu réaliser son rêve. Et c’est Tiana qui économise pour réussir à acheter son restaurant dans cette Nouvelle-Orléans des années folles. Sa mère gardait la fille d’un magnat local, Charlotte, et cette fille un peu hystérique et écervelée, qui rêve du prince charmant, est une de ses meilleures amies. En même temps, le carnaval approche, et un prince indien débarque, le prince Naveen. Ce dernier est en réalité fauché et est accompagné d’un majordome revanchard. Le méchant qui est un sorcier vaudou convainc le majordome de participer à une sombre machination visant à transformer le prince en grenouille, et de prendre la fortune de Charlotte…

Je suis resté scotché pendant tout le film sur la beauté des dessins. Vraiment le travail est incroyable et les plans se succèdent comme autant d’œuvres d’art. Je ne crois pas avoir jamais vu de Disney, même les vieux classiques, aussi beau et bien léché. En plus de cela, l’histoire m’a vraiment plu, et j’étais totalement dans le truc en quelques minutes. J’avais peur des musiques un peu trop présentes et chiantes, mais tout au contraire les références jazzy et années 20 étaient d’excellentes surprises. De même, les personnages sont justement composés et dosés, il n’y a pas trop de caricature, ni de politiquement correct trop insupportable (ce qui m’a réellement surpris). Et on trouve une compagnie de petits héros drolatiques et attachants un peu plus hauts en couleur que d’habitude, ce qui m’a aussi agréablement étonné.

En réalité, un des éléments les plus marquants est à double-tranchant… Ce que je veux dire par là, c’est que clairement « La princesse et la grenouille » est un véritable patchwork des productions à succès de Disney, on trouve des kyrielles de références que ce soit dans l’histoire ou les personnages. Et je ne sais pas si c’est l’aveu d’un manque d’originalité et d’une certaine facilité, ou plus simplement la marque d’un bel hommage et de clins d’œil pour bien marquer ce retour aux sources. Ah vraiment, je n’arrive pas à me décider, mais mon optimisme sans borne pour ce film me pousse à pencher pour la seconde solution.

Car indéniablement le jazz fait Aristochat, le majordome aussi, les décors de bayou, la luciole et l’alligator font inéluctablement Bernard et Bianca avec Evinrude et les sbires de Médusa, la vieille sorcière vaudou n’est pas sans faire penser à Grand-Mère Feuillage de Pocahontas etc. On peut ainsi dégoter références sur références et reconstituer quasiment toute l’histoire. Mais l’ensemble se tient tellement bien, et m’a littéralement emballé.

En outre, comme nous sommes à la Nouvelle-Orléans, il y a beaucoup de références à la culture française ou plutôt « cajun » avec la luciole et son fabuleux accent créole. J’ai vraiment bien rigolé tout au long du dessin-animé, et même les séquences plus sentimentales sont très bien passées. Je suis sorti du cinéma avec le sourire aux lèvres, et ravi d’avoir enfin vu un Disney qui avait recouvré pour moi toutes ses lettres de noblesse.

L’avis des copines : Jarod_, Kinoo, Nicolinux.

La Princesse et la grenouille

Cinéphage Percy Jackson : le voleur de foudre

Publié le Jeudi 18 Mars 2010 à 0:10
Catégorie: Cinéphage

En tant que grand fan de mythologie et de films du style « le Choc des Titans », j’étais drôlement alléché par ce film qui avait l’air d’un Harry Potter chez des dieux grecs. Et en fait c’est à peu près cela… Avec un assez mauvais scénario, mais des effets spéciaux sympathiques, et une farandole de petits comédiens tout aussi charmants, ça passe très bien.

Evidemment en termes d’authenticité mythologique c’est un croisement entre « Xéna la Guerrière » et « Olympe et les Dieux », donc ça ne vole pas haut, mais ce n’est pas non plus complètement dénué de sens. En revanche, le couplet sur les enfants demi-dieux abandonnés par leurs parents immortels qui souffrent… Mein gott, on dirait un téléfilm du dimanche après-midi sur M6 en 1992 qui décrirait les souffrances des enfants de divorcés (mais à la fin, les parents se remettent ensemble).

Mais revenons à l’histoire et à nos moutons (de Panurge). Percy Jackson est un garçon qui n’a jamais connu son père, et qui a des facultés hallucinantes pour l’apnée. En fait, il est le fils de Poséidon, et il l’apprend rapidement car on a volé la foudre à Zeus, et ce dernier accuse Percy de ce crime. Il va y avoir une véritable guerre des Dieux si on ne rend pas ses éclairs à Zeus, et pensant qu’Hadès est mêlé à cela, Percy décide d’aller faire un tour aux Enfers. Avant cela, il ira s’entraîner dans un camp de demi-dieux avec la fille d’Athéna, le fils d’Hermès etc.

Je crois que cette partie-là est vraiment la plus cheap, et celle qui m’a vraiment fait penser à Xéna. C’est dire !! En revanche, les effets spéciaux pour l’hydre, les jeux avec l’eau ou encore les converses ailées d’Hermès fonctionnent bien. Globalement, le rythme est soutenu, Percy est mignon à croquer, Uma Thurman en Méduse n’est pas si mal, et le film un divertissement tout à fait regardable.

L’avis des copines : Jarod_, Zep.

Percy Jackson : le voleur de foudre

Cinéphage In the Air

Publié le Jeudi 4 Mars 2010 à 0:36
Catégorie: Cinéphage

Avant-propos :
Le titre original est « Up in the Air ». Pour quelle raison se retrouve-t-on avec « In the Air » pour titre français ? Nan mais c’est de plus en plus nawak cette manière de localiser… Pfff.
Bref !

Retour au film :
J’avais noté quelques aspects négatifs et critiques à l’égard de « Juno », car même si c’était une chouette comédie, le côté pas du tout crédible des personnages m’avait plutôt décontenancé. Pour « In the Air », je suis carrément dithyrambique ! J’ai vraiment tout aimé, de l’intrigue aux comédiens, en passant par le rythme et la mise en scène. Et pourtant le réalisateur Jason Reitman a choisi deux thèmes bien singuliers… Le héros du film, George Clooney, est un professionnel des plans sociaux, un mec qui a pour seul talent celui de virer les gens, sans remord et sans vergogne. Il a pour seul passion et but dans la vie de profiter de ses déplacements professionnels pour accumuler des miles et obtenir l’ultime statut privilégié dans une compagnie aérienne (au bout de 10 millions de miles).

Connaissant moi-même des gens avec un but similaire, l’identification était trop tentante pour que cette facette ne me plaise énormément !! J’ai donc beaucoup ri en retrouvant dans ce personnage une kyrielle d’amis ou de connaissances dans des professions tout aussi philanthropiques et trouvant un plaisir non dissimulé dans les vols aériens.

Le film se nourrit déjà fortement de ces deux dimensions, et à cela s’ajoute deux intrigues. L’une sur le volet professionnel avec une jeunette (Anna Kendrick) qui arrive dans la boite de George Clooney pour révolutionner l’industrie du licenciement. En effet, voilà qu’elle met en place un ingénieux processus incluant webcam et système de vidéoconférence pour virer à distance et réduire les coûts de déplacement. Evidemment cela n’est pas pour réjouir notre héros qui ne vit que pour ses transferts, séjours en hôtels et incrustes dans les séminaires. L’autre volet est une rencontre amoureuse qui change les perspectives de Clooney. En effet, il rencontre son alter-ego sous forme d’une superbe femme (Vera Farmiga, le genre de nana, la pauvre, qui a 36 ans, mais a l’air d’en avoir 45 bien conservée) qui voyage comme lui, et les deux arrangent rapidement leurs agendas pour passer des nuits torrides entre deux hubs internationaux.

Les décollages et atterrissages rythment visuellement et temporellement le film qui ne manque justement pas d’énergie et des diverses cocasseries que le réalisateur a l’habitude d’habilement mettre en place. On a ainsi droit à un mariage très haut en couleur où Clooney embarque sa compagne d’aéroports, et une prise de conscience bien attendue de la jeunette qui refuse cette vie de croquemort social corporate. Le comédien et les comédiennes en titre sont absolument parfaits, et ils m’ont embarqué avec grand plaisir dans cette comédie douce-amère aux accents jubilatoires bien grinçants.

On retrouve ainsi toutes les qualités de Juno, à la fois dans la mise en scène, le rythme, l’écriture et un talent indéniable dans la comédie à la sauce indé purement américaine. Ajoutez à cela un joli retournement de situation final, et une sorte de sad-end en contre-pied. Mais de la part de Jason Reitman, on n’en attend pas moins…

L’avis des copines : Ju(…), Fliptom.

In the Air

Cinéphage Louise Bourgeois : l’araignée, la maîtresse et la mandarine

Publié le Vendredi 12 Février 2010 à 0:28
Catégorie: Cinéphage

Louise Bourgeois est dans sa 99ème année, et elle est certainement l’artiste contemporaine qui me paraît la plus passionnante, inventive et sensible. Je suis fasciné par ses œuvres depuis pas mal d’années, et j’avais adoré la rétrospective à Pompidou d’il y a deux ans. Ce documentaire est un complément idéal, voire essentiel, à l’exposition. En revanche, je me dis que si l’on n’a jamais vu le travail de Louise Bourgeois, le film peut avoir un intérêt plus mitigé.

Le documentaire n’est pas hyper bien structuré ou chapitré, c’est plutôt un chouette patchwork des obsessions de l’artiste et un joli panorama de ses œuvres et installations. Ainsi on passe par ses thématiques dont « : l’araignée, la maîtresse et la mandarine », et à travers son incroyable usage des matières, des medium d’expression et des gammes d’émotion ainsi mises à l’épreuve. Elle dessine, peint, sculpte, assemble, recompose, décompose, joue, coud, et nous fait partager ses plus inquiétantes, drolatiques, tordues, sentimentales projections mentales.

La jubilation de l’artiste pour l’exercice de son Art, ainsi que sa gouaille toute française donnent une touche irrésistible à ses interviews. Car même si elle vit à New York depuis 1938, elle garde ce petit accent de chez nous qui est adorable, ainsi qu’un caractère bien trempé, et une ouverture d’esprit parfois assez confondante. Elle évoque ainsi évidemment la source même de son inspiration : son enfance et sa mythologie personnelle.

On la voit créer, penser et réfléchir ses œuvres. J’ai adoré notamment la voir en contact avec les matières avec lesquelles elle travaille. Le documentaire est aussi très utile je pense pour expliquer la démarche de l’artiste, mais aussi pour sensibiliser certaines personnes à toute la beauté, l’importance et pertinence de l’art contemporain.

Encore une fois, voir le documentaire sans ensuite (ou avant) se perdre dans les œuvres gigantesques et oniriques de la dame, cela me paraît un peu risqué. Et en complément de l’expérience réelle, c’est vraiment sympa et enrichissant.

Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine

Cinéphage Avatar

Publié le Lundi 28 Décembre 2009 à 23:14
Catégorie: Cinéphage

On nous l’a tellement annoncé comme un film événement celui-là qu’il devait vraiment ne pas décevoir. Or, il plait énormément à ce que j’en lis à droite et à gauche, mais à moi moyen-moyen-bof en fait. Et pourtant dieu sait que j’ai adoré Cameron en son temps, avec ses Terminators, Alien 2 ou Abyss (qui est un chef d’œuvre pour moi). C’était pour moi le faiseur de blockbuster vraiment doué pour pondre des films à la fois divertissants, dotés de bons effets spéciaux et pas trop cons. Là il arrive avec ses gros sabots, et non seulement on en attend beaucoup de lui, mais en outre il nous avait fait mijoter avec des idées de « révolution numérique 3D » et de film qui décoifferait sérieusement.

Le résultat n’est pas mauvais, mais certainement médiocre en comparaison de ce qui est vendu, et qui pouvait être escompté d’un type pareil. Le premier aspect positif du film c’est en tout cas le divertissement qui fonctionne bien. C’est un bel univers, avec de bons comédiens, une production qui tient la route, et des moyens gigantesques. Le film est onirique à souhait dans ses décors, propose une morale toute proprette, et n’est vraiment pas compliqué à comprendre. Les fans de Cameron retrouveront aussi avec plaisir certains de ses gimmicks, comme ses vaisseaux spatiaux, ses capsules d’hibernation, ses exosquelettes etc. Et puis, on a Sigourney Weaver qui est, il faut avouer, toujours impeccable (I love you Sigourney !!!).

La 3D en termes d’image de synthèse est époustouflante (j’essaie de mettre le paquet là parce que je suis moins dithyrambique par la suite) et Cameron n’a pas lésiné sur les moyens. En revanche, le cinéma relief ne me convient pas personnellement. Je trouve la fatigue visuelle vraiment importante, et je retire les lunettes une minute toutes les vingt ou trente minutes. A ce moment, là je réalise comme l’effet 3D rend l’image sombre, et que j’adorerais voir le film en 2D pour mieux profiter de la qualité du rendu. J’aime aussi regarder les détails de décor dans ce genre de film et pas toujours les personnages centraux. Or j’ai l’impression que la 3D focalise le regard sur les personnages, et ne rend pas hommage à la qualité intrinsèque des images. Bref, la technologie même ne me convainc pas. Évidemment pour les quelques scènes où l’on se retrouve dans la peau d’un autochtones sur son dragon volant, c’est vrai que ça fait un effet bœuf…

Outre cela, faire tout un film en images de synthèse (ce qui est quasiment le cas pour Avatar) nécessite d’immenses moyens, mais aussi certainement quelques recherches d’économies… Du coup, les bestioles en 3D glossy, shiny et tout le toutim sont évidemment plus « faciles » à modéliser et rendre que des bêtes à poils ou à plumes. De même, les scènes nocturnes à grands renforts d’effets fluorescents et très « Rencontre du Troisième Type » ont aussi permis à mon avis quelques coupes budgétaires (et du coup un aspect assez facile pour un film avec cette ambition). Il était évidemment très difficile d’être au top à chaque plan, et certains films récents font beaucoup mieux en intégrant des scènes 3D dans des prises réelles. Globalement la vision de cet Eden de la planète Pandora m’a troublé dans sa ressemblance, et dans la faune et dans la flore, avec les paysages et décors imaginés pour Nausicaä et d’autres films de Miyazaki. C’est certes très beau, mais rien de vraiment supra-original, et plus fanstasy que SF ce qui ne me plait pas de la part de Cameron (mais c’est un avis très personnel, j’en conviens).

Pandora est donc cette mystérieuse planète qui est convoité par les (méchants) hommes qui veulent en soutirer un métal précieux. La planète est habitée par les (gentils et proches de la nature) Na’vis qui refusent de quitter leur habitat, alors qu’ils ont le cul posé sur un gigantesque gisement (les nuls). Pour les arnaquer bien profond, on crée des avatars : des hybrides homme/na’vis qui sont animés à distance par l’esprit des hommes et femmes qui ont servi de base aux avatars. Manque de pot l’un des avatars devait être conduit par le frère de Jake Scully (le supra bandant Sam Worthington, qui jouait déjà dans Terminator 4), un marine en fauteuil roulant, meurt et on demande donc à son frère jumeau de prendre sa place (ce qui est génétiquement compatible). Mais voilà que lors d’une vadrouille dans son corps de na’vi, Jake se retrouve aux prises avec une tribu indigène. Finalement, les na’vis acceptent de se lier avec les humains en adoptant Jake et en lui enseignant leurs coutumes, mais ce dernier n’est là que pour les trahir…

Bon le scénario ce n’est pas compliqué, et c’est bien le problème, il se résume en une ligne : « Pocahontas » rencontre « Danse avec les loups ». Voilà c’est tout. Jake rencontre la Pocahontas locale, elle lui montre le secret des fleurs et des graines locales, elle parle à l’oreille des iguanes volants, et lui explique comme c’est beau Pandora vu du ciel. Et lui il danse avec les na’vis, et il aime ça, et il aime bien sa copine Poca. Bon bah ça Cameron : c’est de la meeeeerde !! DE LA MERDE !!! Quand est-ce que les scénaristes et auteurs de tout poil se décideront à affronter l’anthropomorphisme (et à prendre son contre-pied) qui est la tentation de base pour expliquer l’inexplicable, ou pour trouver un sens là où nous ne pouvons en trouver facilement.

Le truc vraiment dommage c’est qu’il y a un potentiel de fou !! De fou je vous dis !!! Notamment sur un des aspects du scénario qui n’est pas trop creusé alors qu’il me paraît fondamental, et la véritable originalité du film. En effet, il y a tout un pataquès sur le fait que les na’vis et tous les êtres vivants de Pandora sont connectés les uns aux autres, ils partagent une mémoire commune, mais possèdent aussi concrètement des périphériques de communication. Ce truc de connexion par les nattes des na’vis est assez ridicule, mais l’idée (encore une fois très anthropomorphique) même de ces arbres en réseau, et de toute la planète interconnectée m’a touchée (bon ok, c’est mon côté cyberaddict qui parle). Je pense qu’il y avait des éléments intéressants à tirer de cette partie du scénario (SF à souhait), mais qui a été étouffée dans l’œuf à peine ébauchée par Sigourney.

Bon bah voilà hein ! Donc les images sont belles, mais les rendus, animations et modélisations 3D ne sont pas si extraordinaires que cela, l’histoire est cacaboudin, la réalisation se tient ainsi que les comédiens et comédiennes, et selon moi ce n’est pas une révolution cinématographique, juste un chouette divertissement bon teint et bon pied bon œil, tout à fait dans le politiquement correct actuel.

L’avis des copines : Maxime, Lâm, Nicolinux, Jarod_, Tambour Major, Pouxi, Zefrog, [elle].

Avatar

Cinéphage In the loop

Publié le Dimanche 27 Décembre 2009 à 23:44
Catégorie: Cinéphage

Le cinéma anglais nous réserve régulièrement des surprises, et en particulier dans le registre des comédies où il faut avouer leur capacité à pondre des œuvres souvent bien déjantées. C’est largement le cas dans ce film qui porte haut leur excellence dans l’irrévérence et l’absurde, tout en étant en fait un libelle politique diablement efficace. Il s’agit en fait d’un film plus ou moins tiré d’une série, même si la thématique en est là complètement différente, qui s’appelle : The Thick of It. Cette satire du monde politique britannique est saignante à souhait, et dans le film on se penche particulièrement sur la prise de décision des USA, soutenu par les anglais, de l’invasion del’Irak.

Le film présente des ministres et politiques anglais vu de l’intérieur même du système administratif. Tout démarre par une saillie deSimon Foster, Secrétaire d’Etat britannique au développement international, qui déclare que la guerre est impossible à prédire, mettant ainsi le feu aux poudres. Mais c’est plus compliqué que cela, puisque nous voyons rapidement les américains tout aussi mal organisés et embrouillés dans d’effroyables cabales internes, etl’ONU où des kyrielles de commissions et d’assistants en tout genre viennent encore complexifier les choses. Bref, c’est un énorme imbrogliopolitico-politique et diplomatico-démago-langue-de-bois ! Cela se termine bien évidemment par une intervention américaine, mais qui correspond alors à un extraordinaire foutage de gueule !!

Le film est vraiment drôle et propose une caricature qui ne laisse pas insensible. Ainsi les personnages sont parfaitement campés, on en reconnaît même certains, et frisent un ridicule qui paraît finalement crédible (c’est tellement énorme qu’on peut se dire que ça a pu se passer ainsi).Évidemment la politique et les systèmes administratifs ultra-complexes tels ceux qui régissent les organisations internationales en prennent pour leur grade. En outre, la manière de tourner est très réalise et le côté “pris sur le vif” ajoute encore à une mise en scène des plus énergique et rythmée. Du coup, on ne s’embête pas une seconde avec une succession de saynètes, et une intrigue qui part dans tous les sens.

En revanche, l’aspect négatif de ce que je viens d’évoquer, c’est qu’il manque justement une vraie ligne directrice, et qu’on est vite fatigué par cette accumulation de scènes qui ne mènent pas à grand-chose. Disons qu’on se doute assez rapidement de la fin, et qu’elle vient à arriver, c’est tout quoi… Le film ressemble du coup un peu à des gags qui se répondent plus ou moins, mais qui nuisent à un propos un peu plus posé et réfléchi. Mais l’aspect politicard et enfumage est ainsi plus flagrant et bien démontré !

In the loop

Cinéphage Le ruban blanc

Publié le Lundi 14 Décembre 2009 à 20:54
Catégorie: Cinéphage

Celui-là même s’il n’avait pas eu la palme à Cannes, je pense que j’aurais voulu le voir. En effet, Haneke réalise un cinéma qui m’intrigue au plus haut point, et même si sa filmographie est très diversifiée, les quelques films que j’ai vus de lui ont un point commun. J’avais beaucoup aimé « La pianiste » et « Caché » (les seules œuvres que je connais de Michael Haneke), et « Le ruban blanc » est dans cette même lignée. Ce sont des films longs et lents, avec peu de mouvements et quelque chose de posé et contemplatif par moment. Mais en aucun cas, ce sont des films chiants, ce qui est une véritable prouesse vu la manière dont ils sont tournés. En vérité, l’action dans ces métrages est omniprésente et on ne s’y ennuie pas une seconde, avec beaucoup de dialogues, une véritable progression dans l’intrigue, et surtout des sentiments et passions aussi exacerbés que renfrognés, et qui sont une véritable marque de fabrique.

Le ruban blanc était utilisé par le pasteur de ce village autrichien de 1913 pour montrer aux enfants la pureté de leur jeunesse. Cette stricte et froide éducation n’est pas si efficace puisque devant les fautes répétées de ses aînés, le pasteur décide de leur recoller ce ruban au bras pour les influencer positivement. Nous suivons les péripéties très locales de ce village, avec l’école et son instituteur, le docteur, sa sage-femme et son fils handicapé, le pasteur donc et le baron qui règne sur son domaine, ses terres et ses ouvriers agricoles.

Ces derniers apparaissent quasiment comme des serfs d’une époque médiévale, et on n’a du mal à situer la date exacte, tant cette ambiance féodale pourrait nous faire croire à l’Ancien Régime. D’ailleurs, c’est bien là où le bât blesse puisque mes repères français sont purement biaisés, et le film permet de bien se rendre compte d’un coin d’Europe voisin sans Révolution oui loi de 1905 pour changer un peu la donne, et déserrer l’étau des nobles et des curés. Michael Haneke pose les bases de son intrigue avec tous ces personnages, des notables et leurs enfants, de simples paysans, et il compose son tableau avec une palette minimaliste. Le film est en noir et blanc, et cela donne un côté encore plus ancien, décalé, et en même temps esthétiquement très efficace et léché.

Tout commence par un câble tendu entre deux arbres qui provoquent une très grave chute en cheval du médecin du village, et son séjour en hôpital. Suite à cela, d’autres malversations sont découvertes, du kidnapping et petite torture du fils du baron à des sévices plus graves par la suite, et à chaque fois les enfants, ces innocents chérubins, reviennent comme les auteurs les plus probables de ces méfaits. On sent cette tension terrible dans les familles, cette éducation qui est une chape de plomb sur toute émotion, et cette conduite au fascisme que Haneke décrit là du point de vue de plus psychologique et sociétal. Le réalisateur dit plus exactement :

J’ai à l’esprit ce projet depuis plus d’une dizaine d’années. Je souhaitais évoquer un groupe d’enfants à qui l’on inculque des valeurs absolues et la façon dont ils intériorisaient cet absolutisme. Je tenais à en décliner les conséquences, à savoir un terrorisme de toutes sortes. Si l’on érige à l’absolu un principe, que ce soit un idéal politique ou religieux, il devient inhumain. J’avais pensé à La Main droite de Dieu comme titre éventuel. Ces enfants se prennent pour la main droite de Dieu ; ils en ont compris les lois et suivent les idéaux à la lettre. Ils deviennent alors les punisseurs de ceux qui ne vivent pas selon leurs principes. C’est ainsi que le terrorisme prend sa source. Ce film ne doit pas uniquement être considéré comme une oeuvre sur le fascisme.

Les comédiens sont tous fabuleux, et pourtant pas professionnels ce qui paraît complètement dingue tant ils m’ont impressionné. Les gamins surtout lancent de ces regards et expressions qui marquent profondément.

Il y a pléthore de personnages, et encore une fois on ne peut pas dire que le rythme soit syncopé, et que ça bouge dans tous les sens. Mais Haneke véhicule des milliers d’idées, de sensations et d’émotions dans les moindres plans, dans les regards, dans des bouts de dialogues, dans des secrets de famille, les enfants muselés ou les amours interdites. Donc le film est d’une extraordinaire richesse, il n’est pas du tout soporifique malgré sa lenteur, et il distille au contraire sa douleur et son funeste présage (la guerre de 14 arrive) avec une implacable efficacité. Le film reste tout à fait supportable, malgré quelques scènes difficiles.

C’est un grand film, et il méritait mille fois ce grand prix. Formellement déjà avec ce noir et blanc, cette direction d’acteur, sa manière de filmer, mais aussi pour son histoire qui m’a alpagué en quelques minutes, et cette démonstration par l’image de la haine qui peut surgir d’une société trop corsetée.

L’avis des copines : Julien, Titem, Philoo, Xavier, Nicolinux.

Le ruban blanc

Cinéphage Twilight – Chapitre 2 : tentation

Publié le Samedi 12 Décembre 2009 à 1:31
Catégorie: Cinéphage

Oh mein gott!! Ils ont remis le couvert, et c’est piiiiiiiiiiire que le premier épisode !!! Mais comment ont-ils pu commettre une merde pareille !?? J’avais vu le premier à New York avant le débarquement en France, et j’avais été rassuré par les rires des spectateurs. Mais force est de constater que ce truc fonctionne basiquement et “premier degré” chez certains et certaines ! Dingue !!? Bref, même si le premier film était neuneu, asexuel, prude et puritain, même si les vampires brillent au soleil et font des parties de baseball endiablées dans la rosée, même si le film puait l’eau de rose frelatée, il fallait bien que je vois la suite ! Hé hé hé.

On m’avait dit que le premier n’était pas terrible mais que ce second film serait meilleur… Eh bien j’ai encore préféré le premier moi. Parce que là on va juste de Charybde en Scylla. Toujours pas de sexe, alors que ça pue et ça dégouline tout le long de film de manière plus suggestive et beaucoup plus amoral encore que s’ils se mettaient simplement à s’enfiler comme d’honnêtes jeunes gens. Non là, on nous colle un troisième larron, Taylor Lautner qui a la bonne idée d’aller se faire couper les cheveux, et un trio amoureux douloureux, alors que le triolisme n’a pas été inventé pour les chiens merde !! (Et puis même Taylor est un peu “chien” lui même les soirs de pleine lune, donc ça collait aussi !) Et c’est compliqué, et Bella est plus chiante que jamais, et Edward plus blafard et scintillant au soleil.

Le pire dans ce simulacre de comédie romantique goth c’est qu’ils ont supprimé ce qui faisait la qualité principale du premier : montrer des vampires qui font des trucs de vampire. Car entre les loups pas toujours bien intégrés en 3D, moi je préfère de bons combats de vampires ou même un match de baseball (Mein gott, j’en suis à regretter le match de baseball du premier !!!). Donc sur un scénario cousu de fil blanc, nous observons Bella succomber au charme de Taylor Lautner qui éclipse en effet assez facilement Robert Pattinson à l’aide d’une technique plutôt prosaïque mais efficace : il passe tout le film à poil en train de forcer sur ses abdos ou de bomber son torse de rêve. Sinon en gros, le film se termine à peu près comment il a commencé, et dans les plans et dans le fil de l’intrigue principale.

En ce moment, on ne peut pas dire qu’on soit à cours de vampires au cinéma ou à la télévision. En revanche, il y a beaucoup mieux à voir dans ce domaine que ce film là, même s’il a indéniablement lancé une mode. En regardant ce film, je me disais que la série « True Blood » du génialissime créateur de « Six feet under », Alan Ball, avait vraiment réussi à imposer un style, une histoire, des personnages, et de quoi satisfaire des goûts très divers là où Twilight n’est vraiment qu’une infâme mélasse.

Je ne sais pas si j’irai voir le troisième, je suis maso et j’aime bien parfois voir des merdes pour me marrer ou me vider la tête. Mais là, je crois que j’ai atteint ma limite de tolérance !!

L’avis des copines : Brice, Kitt, Nicolinux, ZéroJanvier, Lâm, NeimaD, Zep (qui parle super bien de True Blood).

Twilight - Chapitre 2 : tentation

Cinéphage Tempête de boulettes géantes (Cloudy With A Chance Of Meatballs)

Publié le Mercredi 9 Décembre 2009 à 0:26
Catégorie: Cinéphage

J’ai mis le titre en VO que je trouve vraiment drôle. Cette production de Sony est charmante, même si un petit trop destiné à un jeune public pour que ça me plaise totalement. J’ai l’impression que c’est le créneau Sony d’ailleurs, puisque dans la même série il y a « Les Rois de la glisse » et que j’avais eu le même ressenti.

Flint Lockwood est un jeune inventeur fou qui passe de catastrophe en catastrophe sur une petite île dont la spécialité se résume aux sardines sous toute leur forme. Son père est un peu blasé et ne comprend vraiment pas son fils qui s’acharne avec ses inventions inutiles, quand elles ne sont pas dangereuses. Mais un jour, contre toute attente, Flint crée une machine qui se loge dans l’atmosphère et qui lui permet à distance de faire pleuvoir de la nourriture. L’île devient alors un phénomène météorologique global qui attire toutes les télés, dont la chaîne de Sam Sparks, jeune présentatrice météo stagiaire qui n’attend qu’un scoop pour se lancer dans le métier.

Le scénario est basé sur un livre pour gamin qui était un best-seller dans le genre. Et en effet, l’histoire est vraiment chouette et pleine de peps. Et cette bouffe qui tombe du ciel c’est un truc qui a l’air droit sorti de l’imagination d’un enfant. Je suis certain (et une collègue m’a confirmé) que les mômes adorent rien que cette idée là. Donc les rebondissements sont sympathiques, et les personnages assez hauts en couleur. Mais là où le bât blesse pour moi c’est que c’est au final gentillet, mais avec un intérêt limité pour les adultes. En effet, les blagues sont très très sages et conformistes, le second degré n’est pas du tout mis en valeur ou exploité, et ce côté lisse perdure pendant tout le film.

Outre cela, la 3D n’est pas d’un niveau défiant toute concurrence. On est tout de même très loin de Pixar, il n’y a pas non plus une patte créative qui donnerait un genre particulier au graphisme. Je pensais par exemple à « La véritable histoire du petit Chaperon Rouge » qui montrait presque des textures pixelisées mais qui avait un vrai style, et dont le scénario surtout était tellement décalé que ça compensait totalement l’anachronisme du graphisme.

Le film est très sympathoche et divertissant, mais il est clairement ciblé gamin, et uniquement pour eux. Il manque peu de choses pour plaire à tous, et c’est dommage d’avoir raté le coche, mais je crois que c’est aussi la marque de fabrique Sony.

L’avis des copines : Tambour Major, Julien.

Tempête de boulettes géantes (Cloudy With A Chance Of Meatballs)

Cinéphage 2012

Publié le Mardi 8 Décembre 2009 à 23:42
Catégorie: Cinéphage

Ah celui-ci ça faisait juste un an qu’on en avait eu des teasers de plus en plus longs, et assez intrigants quant à la qualité des effets spéciaux du film. Bah de toute façon, il ne faut pas en demander plus à Roro Emmerich qui a la fâcheuse manie de pondre une pépite toutes les deux ou trois horreurs. Donc je suis obligé de tout voir pour me faire une idée. Hé hé. Cela reste tout de même l’extraordinaire réalisateur de merdes innommables (que je nomme et que j’aivuuuuues !!!) telles que Moon 44, Universal Soldier, Independance Day (le pire je crois), Godzilla, 10 000 (ah non tiens c’est celui là le pire). Ouh là là, ça donne le vertige un palmarès pareil !

Mais Emmerich c’est aussi l’auteur de « Stargate » et du « Jour d’après » qui sont deux films relativement cultes pour moi, en tout cas que j’ai toujours trouvés pas cons et vraiment bien faits. Mais pour toutes ces œuvres, on trouve en commun son insupportable manie qui consiste à célébrer les USA, même s’il est allemand, et à conserver ses petites histoires proprettes (le papa, la maman, lechien-chien , les amerloques à grosses couilles) dans des scénarios les plus abracadabrants à la morale toujours irréprochable. Il n’y a peut-être qu’à sa passion pour sauver les petits chiens qu’on pourrait deviner sapédésexualité. Eh oui, il est dèpe le Roro , dingue !!! Alors que je trouvais étrange qu’il ne figure jamais un homo dans ses films, je me demande si c’est pour éviter d’être considéré comme militant (il l’est apparemment dans la vie) ou bien s’il est aussi coincé du cul que cela…

Dans 2012, on y célèbre la fameuse fin du monde qui est due à un brutal changement d’axe de la Terre (je me rappelle vaguement d’un truc comme ça). Cela déclenche les mouvements sismiques les plus énormes, et la planète entière subit de brusques déplacements tectoniques qui mettent l’humanité en péril. Les politiques du monde entier ont conservé secrète cette info, mais ils ont préparé quelque chose, et John Cusack comprend qu’il y existe un moyen de sauver sa famille.

Le film ne deviendra clairement pas culte pour moi, et il est loin d’avoir l’originalité et la crédibilité scientifique du « Jour d’après » (en tout cas c’était scientifiquement intéressant et cela interpellait, sans être réaliste). Et il n’a pas pu s’empêcher de coller tous sesgimmicks à droite et à gauche : un couple séparé qui se rabiboche pour des poulbots yankees aux yeux brillants, une pute russe qui meurt, mais on sauve son petit chien, le président américain (noir évidemment) héros de l’univers et parangon de vertu etc. Mais il n’est pas non plus insupportable, et au contraire propose un divertissement de qualité, malgré tous ses éléments énervants.

Les effets spéciaux sont bien conformes à ce qu’on a pu en voir dans les bandes-annonces, et le film en diffuse d’autres et bien aussi époustouflants. Mais en donnant ainsi à voir autant d’images de synthèse, on finit par voir un peu trop les “fils”, aussi certaines scènes sont loin d’être d’un extraordinaire réalisme, même si la moyenne des effets est tout à fait satisfaisante. Il faut bien avouer que les effets visuels sont une des qualités majeures du film, et que le scénario tient sur un timbre-poste. Mais j’avoue que John Cusack est moins pénible d’un Nicholas Cage, et que son rôle d’écrivain un peu loser lui va bien, et lui donne un peu plus de relief.

On est donc bien dans le cinéma d’Emmerich, avec pas mal de ses clichés et autres caricatures qui me filent l’urticaire, mais des effets spéciaux et un brin d’histoire qui sauvent le tout. Un film parfait pour un dimanche soir, même si un chouïa trop long tout de même ! Ah oui, et on avait raison, c’était bien la tour Eiffel dans le teaser, mais celle de Las Vegas !!!

L’avis des copines : Nicolinux, Tambour Major, Parapluie, Orphéus, Jarod_, Patrick, BPTP, Zep.

2012

Cinéphage The Box

Publié le Mardi 8 Décembre 2009 à 0:05
Catégorie: Cinéphage

C’est marrant comme certains films produisent la meilleure impression, et puis plouf plus rien, et on atterrit avec une œuvre qui laisse comme un malheureux goût d’inachevé. C’est indéniablement ce qui m’est arrivé avec ce film. Ce film qui est bien joué, qui m’a littéralement happé dès les premières minutes et m’a accroché jusqu’au trois-quarts, qui bénéficie d’une brillante reconstitution des années 70 (D’ailleurs le film se passe en 76, mon année de naissance !!) et dont l’ambiance est génialement composée. On démarre par une œuvre digne des films de l’époque où l’action est censée avoir lieu, on pense à un thriller ou un polar, et on plonge au final dans la science-fiction la plus élaborée et complexe.

Tout commence par un mystérieux homme qui dépose chez un couple d’américains moyens (un peu bourges tout de même) des années 70, Cameron Diaz et James Marsden, une mystérieuse boite en bois surmontée d’un mystérieux bouton-poussoir rouge. L’homme explique qu’ils peuvent obtenir un million de dollars en appuyant sur le bouton, et que simultanément, et de leur « faute », une personne va alors perdre la vie. Sinon ils refusent, et c’est tout. Cameron Diaz finit par céder, et elle appuie sur le bouton. La vie du couple prend alors un étrange tournant, et il se passe de plus en plus de choses… mystérieuses et troublantes.

Voilà donc une donne plutôt excitante : un super démarrage d’histoire, deux comédiens au poil, une très impressionnante bande-son, une reconstitution bluffante d’authenticité, une atmosphère étrange et intrigante. Mais le hic, c’est que l’auteur n’avait qu’une nouvelle de 8 pages comme base de scénario, et qu’on se rend rapidement compte de cela. En effet, il délaye quelques saynètes sur des plombes, et c’est franchement pesant, long et sans queue ni tête. Arrivé au trois-quarts, j’ai vraiment abandonné l’idée de comprendre le fin mot de l’histoire, mais aussi la raison pour laquelle j’avais tenu bon jusque là. En effet, ça se termine en un maelström informe, avec des moments qui augurent la fin, et puis oui, et puis non, et puis ça continue, et ça devient de plus en plus nawak. La morale m’a échappé, sinon une certaine misogynie biblique ?

C’est vraiment dommage, car le film avait tellement de qualités et une vraie originalité dans sa narration ou son traitement. Cela aurait vraiment pu être une surprise de taille, mais ce ne fut qu’un pétard mouillé. Et puis merde quoi !!! Il s’agit tout de même d’un film de Richard Kelly, l’auteur de « Donnie Darko », un de mes chefs-d’œuvre perso !!! Donc j’avais vraiment envie qu’il me fasse de nouveau tant d’effet. Pfiouuuuuu.

L’avis des copines : Julien, Tambour Major.

The Box

Cinéphage Micmacs à tire-larigot

Publié le Lundi 7 Décembre 2009 à 0:48
Catégorie: Cinéphage

Aaaah Jeunet !! Depuis « Amélie Poulain », il était attendu au tournant, car il y a vraiment eu un avant et un après. « Un long dimanche de fiançailles » m’avait bien plu malgré la préciosité de certaines images et personnages qui m’avaient saoulé. Et puis pour un fan de «Délicatessen » ou « La Cité des Enfants Perdus », ou même son « Alien » dans une moindre mesure, c’est une transition assez difficile. Mais Jeunet ce n’est pas Jeunet et Caro, et ce dernier était un apport non négligeable dans la qualité et l’originalité des œuvres citées.

Pour « Micmacs à tire-larigot », les choses sont très claires pour moi : c’est une merde !! Et pas une petite daube sympathique hein, mais bien un navet dans toute sa splendeur. Dieu que cela me désole pour Jeunet, car on sent bien toute la bonne volonté et les indéniables qualités de réalisateur et fin cinéaste de cet homme, mais là ça ne va pas du tout !!

Le héros du film c’est Bazil (Danny Boon plutôt bien dans le rôle), un gentil garçon un peu paumé qui réalise que sa vie a été gâchée par deux marchants d’armes. En effet, son père est mort sur une mine d’un fabricant, tandis qu’il s’est pris une balle dans la tête, munition fabriquée par un second. Avec de nouveaux amis, aussi paumés que lui mais très organisés, il va mener tambour battant une revanche sur ces marchants de mort aussi méchants que névrosés.

Ce qui ne va pas dans ce film pour moi, c’est qu’il n’est qu’une addition de clichés plus usés les uns que les autres, avec un scénariominimaliste pas du tout crédible et même pas toujours bien ficelé. Ajoutez à cela ces filtres sépia qui commencent vraiment à tendre vers la caricature de sa propre œuvre, et ses personnages tous très pauvres, très démunis, mais très intelligents, brillants même, et dotés d’une organisation qui fait passer JackBauer et le CTU pour des petits joueurs. Évidemment , on y retrouve une pléiade de comédiens et comédiennes, mais manque de pot, dans ces rôles qu’on a vus et revus n fois, la sauce ne prend pas.

Je suis dur mais je reconnais pourtant la qualité esthétique du film, ainsi que celle du jeu des acteurs et actrices, tous et toutes très motivés. On y trouve aussi quelques personnages bien croustillants et des passages drolatiques qui font au moins sourire. Mes favoris sontJulie Ferrier en contorsionniste névrosée et Omar Sy qui passe son temps à glaner des expressions idiomatiques. Sinon dans le genre SDF déjanté, je suis vraiment plus fan de Dupontel et de son « Enfermés dehors », alors que là les comédiens nous ressortent la panoplie habituelle des Amélie Poulain et Long dimanche de fiançailles. Cela se veut iconoclaste et anticonformiste, quand au final c’est plutôt un brin neuneu et grand-guignolesque.

En fin de compte, le film se perd dans un n’importe quoi, mais à la réalisation toujours très bien léchée il faut l’avouer, qui dégouline de beaux sentiments, et dont les bons mots ou des manifestes plus politiques se diluent dans un infâme camaïeu jaunâtre. Et pourtant j’y crois encore (on est vivant tant qu’on est fort), parce que Jeunet montre qu’il sait tenir une caméra et qu’il a du talent. Il faut juste que Caro revienne lui filer un coup de main !!!

L’avis des copines : Orphéus, Nicolinux, Le Pédé, Lavisdemoi, Charlie.

Micmacs à tire-larigot

Cinéphage Mary & Max

Publié le Jeudi 29 Octobre 2009 à 1:08
Catégorie: Cinéphage

Je suis toujours ébahi par ces véritables artistes qui passent plus d’une année à faire un film à base de pâte à modeler, et qui, à l’époque des images de synthèse et du tout « ordinateur », se prennent la tête à modéliser des décors entiers, et à nous servir les 24 images par seconde nécessaire pour donner vie à leur histoire. Pour « Mary & Max » cela va encore plus loin, puisque non seulement les décors et les personnages sont d’une stupéfiante et magnifique beauté et expression, mais en outre le scénario est étonnant, drôle et émouvant. Bref, j’ai été conquis.

Mary est une gamine australienne de 8 ans qui est assez malheureuse dans la vie. En effet, elle n’a pas d’amis, une mère pas très sympathique, mais heureusement beaucoup d’imagination et d’espoir. Elle décide notamment un jour de jeter une bouteille à l’eau et prend un nom au hasard dans l’annuaire. Elle tombe sur un certain Max Horowitz de New York, et elle lui écrit une lettre pour qu’il devienne son ami. Ce dernier est un autiste (atteint du syndrome d’Asperger, tout comme Daniel Tammet) qui vit aussi très seul, et tente de maîtriser ses crises de panique et d’anxiété dès que ses rituels sont troublés. Max répond à Mary, et les deux olibrius vont mener une relation épistolaire sur plus de vingt ans !!!

Ce film est un bijou d’inventions, de drôleries, d’une narration parfois neurasthénique et dépressive, souvent très poétique et pleine d’émotions, qui saisit bien fréquemment le spectateur. Comme souvent avec la pâte à modeler les expressions des visages sont très précises et ciselées, et ces productions artisanales permettent souvent (comme pour celles de Nick Park et Peter Lord) d’incroyables prouesses qui surpassent les images de synthèse, et font que ce genre a un style et des qualités intrinsèques indéniables. Et là je pense qu’Adam Elliot a particulièrement assuré… Les décors sont en effet géniaux, malgré des palettes de couleur très uniformes (noir et blanc pour New York, ou marron pour l’Australie), et on imagine sans peine le travail titanesque pour réaliser tout cela. De même que l’animation des personnages est impeccable, et que la réalisation est tout bonnement analogue à celle d’un « vrai » film.

Et pourtant le film prend son temps avec un récit qui se déroule à la vitesse des échanges de courrier entre les deux héros. La première partie se focalise sur Mary et son histoire, et puis ensuite on découvre Max et sa propre genèse, et c’est seulement après que les échanges épistolaires commencent. Mais je n’ai pas trouvé ça long ou chiant, malgré un rythme vraiment pas enlevé. Je crois que c’est dû à ces deux personnages qui sont si attachants, et dont les histoires fourmillent de tant de névroses et de péripéties que ça pousse vraiment à s’attarder sur eux, et à avoir très rapidement envie d’en découvrir plus, et de connaître la suite de leur relation. Les voix de Toni Collette, Philip Seymour Hoffman (les deux héros), mais aussi Eric Bana en un désopilant (et très sexually confused) Damian Popodopoulos, contribuent aussi à la réussite de cette œuvre.

C’est tout sauf un blockbuster américain ou même un film d’auteur froid et intello, on est vraiment dans ce que j’aime tant dans le cinéma. Il s’agit d’une œuvre simple et belle, intelligente et sensible, avec quelques ressorts assez faciles je le consens, mais qui mêle avec une rare alchimie une histoire dense et attachante, un divertissement efficace et une forme plutôt puérile (celle des films pour enfants en pâte à modeler en tout cas) qui se révèle diablement efficace.

L’avis des copines : Le Juif, Julien.

Mary & Max

Cinéphage La proposition

Publié le Lundi 26 Octobre 2009 à 1:30
Catégorie: Cinéphage

Bon ! Je fais l’effort de parler de tous les films que je vais voir, donc je ne vais pas vous le cacher, je suis allé voir celui-ci… Hu hu hu. J’avoue d’ailleurs sans vergogne avoir une certaine tendresse pour Sandra Bullock dont je trouve un véritable talent pour la comédie (Je pense surtout à l’irrésistible « Miss Détective », putaaaaaaaaain je viens de voir que le film datait de 2000 !!! Mein gott!). Mais là ce n’est pas un chef d’œuvre de drôlerie, même si ça le laisse tout à fait regarder. Disons qu’il ne faut rien avoir d’autre à faire ou à voir, et ça peut passer dans un grand moment de désœuvrement et pour faire le vide dans sa tête (oui vraiment, le vide !).

Sandra Bullock est une grande éditrice à New York, une sorte d’Anna Wintour de la presse, qui mène la vie (très) dur à ses employés, et en particulier à son assistant, Ryan Reynolds. Mais elle est canadienne et a négligé quelques formalités administratives qui font qu’elle doit être expulsée. Elle annonce alors in extremis qu’elle doit se marier avec son assistant pour éviter de perdre son job et sa situation. Evidemment l’immigration intervient et mène l’enquête, elle convainc son assistant de faire un mariage blanc contre la publication d’un de ses romans, et ce dernier l’embarque pour l’Alaska où elle doit faire la rencontre de sa future belle-famille.

Le film n’est qu’une accumulation de clichés et est cousu de fil blanc d’une manière tellement maladroite et manifeste que c’en est troublant. On a droit à tous les poncifs : l’histoire d’amour impossible qui se réalise, la bourge qui méprise les péquenots (mais finit par les aimer), l’assistant passionné de littérature dont la famille possède la moitié de l’Alaska (et qui agit contre l’avis de son papa), les quiproquos et autres malentendus censés être marrants, les petites saynètes scabreuses qui vont bien autour du futur couple qui en réalité se déteste etc. Il y a bien la présence de seconds rôles tous très connus, comme Betty White toujours aussi pimpante et drôle (Rose dans les « Golden Ladies »), et globalement des comédiens qui essaient de donner le maximum. En fait, même Bullock ou Reynolds ne sont pas mauvais, mais les pauvres ils sont bien obligés de dire leur texte, et de jouer ce truc !!

L’originalité et le petit plus du film résident dans le fait d’avoir inversé les rôles avec une femme puissante et plus âgée qui s’amourache de son secrétaire, à qui elle menait une vie infernale au bureau. Habituellement, on aurait plutôt vu un homme dans ce rôle avec la gentille secrétaire en héroïne. Bon allez, j’arrête là, ça suffit !!

L’avis d’une seule copine : Patrick-Antoine.

La proposition

Cinéphage The September Issue

Publié le Vendredi 23 Octobre 2009 à 0:04
Catégorie: Cinéphage

Aller voir un documentaire sur la conception du numéro de septembre de Vogue ce n’était vraiment pas un réflexe pour moi, mais j’y suis allé, et j’ai adoré. Ce film de R.J. Cutler est extraordinaire, et mérite bien les éloges que j’ai pu lire à son sujet. Pourtant le sujet a de quoi décontenancer les prosaïques comme moi ou enflammer les fashionistas parisiennes qui étaient dans la salle : suivons Anna Wintour et son staff de Vogue pendant les semaines qui précèdent la sortie du plus gros magazine Vogue jamais réalisé !

Eh bien le résultat est génial parce qu’il mixe à merveille tous les genres du cinéma. Ce n’est pas seulement un documentaire, mais c’est aussi cela, c’est une émission de téléréalité, un film d’action trépidant, une comédie romantique, et une œuvre pleine d’humour, d’ironie saignante et de rebondissements inattendus.

Et si Anna Wintour est bien la gorgone du « Diable s’habille en Prada », on voit rapidement se démarquer la véritable héroïne du docu, la vraie gentille de l’histoire. Il s’agit de Grace Coddington. Cette directrice de création, qui fut à la base une mannequin anglaise des années 60, est un véritable génie de la photo et de la mode. Le fil rouge du documentaire est en réalité la relation ténue qui rapproche les deux femmes, et les fait autant s’adorer, s’admirer et se détester. Grace propose séries de photos sur séries de photos toutes plus somptueuses, originales, décalées, glamour, et vraiment saisissantes. Quant à Anna Wintour, elle déteste et chasse des maquettes du magazine : tout ce que le spectateur adore en un coup d’œil.

Anna Wintour est toute en clichés avec sa froideur légendaire, ses opinions tranchantes (ou pires), son personnel dévasté par la peur, ses fringues « Edna Mode », sa coiffure douteuse et son visage bien artificiellement déridé. Grace Coddington est franche, vive, aussi radieuse que marquée par les années, mais charmante et authentique, elle ne vit que pour ses photographies, et elle irradie son entourage de son entêtement et de sa bonne humeur. Aussi leur ping-pong est souvent irrésistible, et très drôle, même si on devine des fureurs sous-jacentes pas très catholiques.

Le docu est évidemment une occasion unique de montrer l’industrie de la mode dans son acception la plus mercantile et terriblement superficielle. Voilà les créateurs du monde entier qui se prosternent devant cette déesse suprême de leur Art, et qui a droit de vie et de mort sur leur carrière. Et on la voit autant booster la carrière d’un sympathique créateur débutant, que critiquer vertement un autre couturier pour avoir choisi le noir comme principale couleur de vêtement. Et d’ailleurs le type repart bredouille en expliquant qu’il doit tout revoir !

Anna Wintour c’est aussi une cour à la « Ugly Betty », avec des pédales fashionistas mauvaises et calculatrices qui font beaucoup glousser, des assistantes revêches et maigres qui espèrent se démarquer, et certainement beaucoup de passionné(e)s qui se désillusionnent mais qui sont au moins arrivés à la Mecque de leur rêve de gamin(e)s. Et donc seule Grace Coddington à l’ancienneté, le talent, (les couilles,) et la considération (habilement dissimulée) de la harpie en chef pour incarner la parfaite héroïne de cette fable moderne.

Je ne sais pas à quel point le montage nous donne à voir l’histoire qui a été plus ou moins écrite ou scriptée, mais le résultat est un divertissement de 1h28 qui est haletant et passionnant, et dont on a hâte de connaître l’issue. J’ai vraiment été épaté d’être autant intéressé, et complètement accroché par ce documentaire.

L’avis des copines : Brice, Oslo, Zéro Janvier.

The September Issue