462 articles pour la catégorie “Cinéphage”

  • Cinéphage
Phénomènes

Publié le Jeudi 26 Juin 2008 - 23:48
Catégorie: Cinéphage

Je spoile à mort, vous êtes prévenus. :mrgreen:

Ah là là, bon déjà il faut dire que je ne suis pas un grand fan de Chamalayalamalayanalan(layamanalayanmalane ?), mais il n’empêche que j’avais adoré « Sixième Sens et « Incassable » (alors que tout le monde a détesté ce dernier). « Le Village » (Tiens c’est marrant je faisais les mêmes blagues sur son nom, y’a quatre ans ! Je suis lamentable.) aussi m’avait plutôt bien plu, mais sans trouver ça génialissime.

Et là, pour « Phénomènes » c’est finalement bien dommage car l’histoire est vraiment bien trouvée, intrigante à souhait, permet tous les jeux de faux-semblant et de frayeur que le réalisateur adore, mais fait l’effet d’un pétard mouillé. J’en suis ressorti en me disant : « Tout ça pour ça ?… ». Très rapidement, on se croit dans « 28 jours plus tard », et on fait bien vu que ça se termine exactement de la même manière. Mouai, pas super inventif, alors qu’il y avait une intrigue de base qui permettait de ne vraiment pas faire dans le banal ou la redite. Et du coup, toutes les scènes intermédiaires paraissent juste des moments pour meubler, on se demande bien l’intérêt d’un tel scénario.

Parce que ça commence super bien, avec une étrange maladie qui démarre dans « Central Park ». Une épidémie frappe ensuite toute la ville, puis la côte Ouest et toute une partie des USA. Les gens se trouvent d’un seul coup dans l’incapacité de s’exprimer, et quelques secondes plus tard, chacun trouve le moyen le plus simple et directif pour se suicider. Mark Wahlberg est prof dans un lycée, et il s’enfuit in extremis avec sa femme (avec laquelle il a des problèmes de couple, huhu), son meilleur ami et la petite fille de ce dernier. Ils trouvent refuge dans un coin paumé, mais l’épidémie se referme sur eux. Wahlberg fait un rapprochement entre la nature qui est agressée par l’homme, et le monde végétal qui a alors certainement trouvé cette parade chimique pour se débarrasser de son ennemi homo sapiens sapiens. Waoooooooow ! Mais ils attendent juste que ça passe, et ça passe. Et le film, il est terminé. Sauf que la fin ça se passe dans le jardin des Tuileries à Paris, et que deux (pédés ? Ouai je crois… en tout cas l’un des deux mecs c’est Cyrille Thouvenin) quidams se mettent à avoir les symptômes !!!!!!! Woooooooaaaaaaw c’est Paname qui va être touché ! Sa mère, sa race !!!!

Et là c’est vraiment fini.

Bon bah, je vous ai tout dit. Pour le reste, il y a la bande-annonce qui traduit à la perfection l’ambiance que Shyamalan sait si bien instiller dans ses films. Il faut avouer que c’est encore une atmosphère bien dosée, qui intrigue, surprend, interpelle, et angoisse légèrement. Mais lorsque le film n’avance pas d’un pouce, se perd en conjectures débiles, et essaie de jouer la montre, ç’en devient plus que lassant.

Alors ok c’est bien réalisé, les comédiens sont sympas, et ça se laisse voir à la rigueur (ça ne mange pas de pain quoi…). Mais c’est loin d’être réussi ou à la hauteur de ce que la bande-annonce (et le potentiel réel qui transparaît) pouvaient laisser présager.

L’avis des copines : Kinoo, Cereal-Killer, [Elle], Jonathan D., Julien.

Phénomènes

  • Cinéphage
Sagan

Publié le Mercredi 18 Juin 2008 - 23:12
Catégorie: Cinéphage

C’est vraiment la grande mode des films qui reprennent les biographies de personnalités. Et ce n’est qu’un début. Du coup, on a pu avoir de bonnes choses, de moins bonnes, et cela ne va pas forcément aller en s’arrangeant.

Je ne peux pas beaucoup en dire sur Sagan, tant je ne connais le personnage que par de diffus souvenirs télévisuels et quelques clichés. Mais on retrouve à peu près tout cela dans le film, et bien plus. Je ne pense pas non plus que la vie de l’écrivain ait vraiment été assez riche et tumultueuse pour créer un grand film d’actions, mais pour autant je ne me suis pas ennuyé, et je n’ai pas perçu les longueurs dont beaucoup m’ont parlé.

Il y a Sylvie Testud évidemment, et elle est en effet très douée pour incarner Françoise Sagan, en tout cas les mimiques et les hésitations vocales qu’on lui connaissait sont parfaitement imitées. Après évidemment, imitation et jeu ne sont pas forcément les mêmes choses… Mais globalement, je l’ai trouvée excellente. J’ai aussi été agréablement surpris par Pierre Palmade en Jacques Chazot (la première grande folle parisienne assumée et médiatique). Vraiment, il est convaincant et j’ai aimé sa manière d’endosser ce charismatique personnage. La troisième personne qui tient la dragée haute à tout le casting, c’est indéniablement Jeanne Balibar en géniale Peggy Roche. Elle est extrêmement drôle et plus déjantée que jamais.

Mais où le bât blesse, c’est que les autres comédiens ne m’ont vraiment pas conquis… Pourtant, il y a une sacrée pléiade de bons comédiens et comédiennes, mais il y a un truc qui ne colle pas, une ambiance qui ne s’instaure pas et une synergie qui ne prend pas. Donc malgré une bonne reconstitution des époques et des faits, ainsi que quelques excellentes scènes (dont les bourges qui matent mai 68 à la télé de leur masure normande), je n’ai pas été emballé par le film. Et pourtant ça fonctionne plutôt bien, on s’attache à l’héroïne et ses turpitudes, ses défauts comme ses qualités, et on plaint aussi son fils…

Le film a le mérite de décrire une période assez contemporaine, et plutôt rarement montrée de cette manière. Il permet aussi de certainement mieux comprendre qui était Sagan, et son cercle mondain, ses excès, sa personnalité ambivalente et assez intéressante.

Sagan

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My Father, My Lord

Publié le Lundi 16 Juin 2008 - 23:14
Catégorie: Cinéphage

Un film bien singulier… vraiment pas mal, un OVNI qui ne manque pas d’interroger et de fasciner en tout cas. Il dure seulement 1h15, et son intrigue est relativement simple, de même que la narration est dépouillée, mais le scénario est vraiment original. Décidément, le cinéma israélien, c’est vraiment quelque-chose !

Je pense que cela se passe à Méa Shéarim même si ce n’est jamais explicite, en tout cas dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, et tout le film gravite autour d’une famille : le père un religieux inflexible, Abraham, sa femme et leur fils, Menahem. Ce dernier est un gamin qui comme tous les enfants a beaucoup d’imagination et aime jouer, et son père le remet sans cesse dans le droit chemin, et fait montre d’une rectitude assez implacable dans ses relations. Et puis, un jour, alors qu’ils sont de sortie à la Mer Morte, il arrive un événement dramatique qui remet en question tout ce en quoi ils croient.

Le film a une réalisation assez aride et qui pourra en dérouter certain, mais je pense qu’il faut aller au-delà pour apprécier la mise en scène et le jeu des acteurs. Et il y a aussi cette parabole autour d’Abraham, sa foi et son aveuglément religieux, et cela prend encore une autre orientation quand on pense au sacrifice d’Abraham justement. C’est étrange car le film serait d’abord presque un documentaire, et à un moment même je me suis demandé si ce n’était pas une apologie de ce mode de vie. Et peu à peu, on voit poindre des traits psychologiques, des gestes et des regards, tout en restant très suggéré, profond et pourtant quasi mutique.

Le film est trop indépendant et trop peu attractif pour plaire au grand public, mais sa grande qualité est aussi là à mon avis. C’est-à-dire qu’il serait ridicule ou même offensant de tourner un film « d’actions » avec un sujet pareil, et que c’est cette manière subtile et intelligente de raconter cette histoire qui lui donne autant de relief et de valeur. Et puis c’est drôle de se voir raconter une histoire « humaine » dans cet univers religieux omniprésent, et finalement de retrouver la métaphore religieuse dans cet épisode familial terrible. En fin de compte, le film n’est pas tendre du tout avec ces orthodoxes.

Un petit film qui remue les méninges…

My Father, My Lord

  • Cinéphage
Un conte de Noël

Publié le Samedi 14 Juin 2008 - 20:03
Catégorie: Cinéphage

Voilà le genre de film bien franchouillard mais qui m’a bien convaincu de son efficacité. Certainement un des meilleurs films de Desplechin (à mon avis), tant il fait montre d’une belle réalisation et direction d’acteur, et une histoire qui tient bien en haleine même s’il ne se passe pas grand-chose.

Attention, on vogue dans les histoires de famille, et le prologue en lui-même, qui tente de mettre en place la situation, est assez complexe. Abel (Jean-Paul Roussillon) et Junon (Catherine Deneuve) ont eu un enfant qui est mort jeune d’une maladie génétique. Il ont finalement une fille, Elizabeth (Anne Consigny), un autre fils Henri (Mathieu Almaric) et un dernier enfant, Ivan (Melvil Poupaud). Anne Consigny est auteure de théâtre qui a un beau succès, mais a des soucis avec son fils ado un brin schizophrène, tandis qu’Henri est un petit escroc paumé qui fini par être totalement rejeté de sa soeur, et le dernier frère Ivan est un original qui est marié (à Chiara Mastroianni) et avec qui il a deux enfants. Il y a aussi Simon qui est leur cousin, et qui est très attaché à cette partie de la famille.

Avec cela, Catherine Deneuve apprend qu’elle-même souffre de la même maladie qui a tué son premier enfant, et seule une greffe d’un donneur compatible pourrait la sauver. Tous les membres de la famille sont testés, et seuls le neveu strange et le fils maudits semblent compatibles. C’est Noël, et toute la famille est rassemblée… La fête peut commencer !!

Je parlais d’un film « classique » français aussi pour ce portrait de famille bien taré, mais si commun lorsqu’on se penche un peu sur son propre cas. Le film pourrait être chiant ou grave, mais l’auteur a choisi de tourner en dérision certains aspects dramatiques, ce qui allège le tout et donne lieu à certaines scènes assez cocasses. Le personnage de Deneuve notamment, qui méprise totalement ses enfants est assez irrésistible, et en face d’un Mathieu Almaric en grande forme, cela produit des échanges géniaux et plutôt drolatiques. J’ai aussi beaucoup aimé le rôle de l’ado tourmenté, qui aurait pu faire une de frenchy Donnie Darko de bonne tenue, mais il n’est qu’un personnage très secondaire, et ne perce pas dans cette pléiade de comédiens et comédiennes.

Jean-Paul Roussillon est égal à lui-même et toujours aussi bon (je me souviens de lui dans « Mishka », que j’avais beaucoup aimé), et j’ai été épaté de trouver Deneuve très convaincante. Rien à dire pour Melvil Poupaud (ou si : quand tu veux) ou Mathieu Almaric qui déploie là tout son talent. C’est plutôt Anne Consigny qui est un peu chiante, mais c’est son personnage… Le film fait un peu penser à « Ceux qui m’aiment prendront le train », ou ce genre de film « familiaux » qui titre le portrait d’une série de protagonistes perclus de névroses. Du coup tout le long du film, on se focalise sur un personnage ou un autre, avec des relations mises en exergue qui expliquent la situation.

Ce n’est pas un extraordinaire chef d’oeuvre, mais un bon petit film français de bonne facture, bien joué, bien réalisé. Avec un rien de paraboles cryptiques pour exciter les critiques cinéphiles et donner ce côté « french underground » qui devrait bien fonctionner dans les milieux intellos.

Un conte de Noël

  • Cinéphage
Sex and the City – le film

Publié le Jeudi 5 Juin 2008 - 23:33
Catégorie: Cinéphage

Tout le monde s’est précipité pour aller voir ce film à ce que j’ai pu en lire à droite et à gauche dans ma blogosphère. Et les avis ont l’air assez manichéens : on trouve beaucoup de « j’adore » ou bien « je déteste ».

Moi évidemment, je fais mon intéressant, et j’essaie de trouver la voie du milieu. Nan sans déc, c’était stratégique ce film, je suis un fan de chez fan de la série que j’ai vue et revue bien six ou sept fois en entier (et certains épisodes cultes bien plus que ça). Donc il fallait le voir, et je savais d’ores et déjà que le challenge était presque impossible à relever. La série elle-même s’était arrêtée juste au bon moment, voire un peu trop tard pour certains puristes. Et le risque était d’avoir un film qui reprenait exactement à la suite, ou bien qui se caricaturait, ou encore qui se réinventait complètement en perdant son âme. Donc, dans tous les cas, on y trouverait beaucoup à redire.

Très étrangement, je compare le film avec le dernier bouquin de Maupin que j’ai récemment lu. C’est vraiment ça… « C’est super sympa de retrouver des personnages auxquels on est si attaché, et on ne voit pas le temps passer en leur présence, mais les années apportent un décalage qui gâte un peu la scène, tandis que l’originalité de l’oeuvre confidentielle est perdue au profit du produit marketing grand public. » Bref, c’est pas mal, mais il ne fallait pas le faire.

Mais c’est fait, donc autant en profiter. Et c’est ce que j’ai fait.

Je n’ai pas pris ombrage du résumé des 6 saisons en quelques images et phrases concises du début, non ça passe même plutôt bien à mon avis. Les personnages sont bien ceux qu’on avait laissés, avec quelques années en plus, et tout cela est assez crédible par rapport à la série. En outre, les héroïnes ont toujours leurs énergies, leurs charmes et leurs babils de fille à pédés qui nous parlent (d’ailleurs dans la salle, il y avait des pédés et des nanas qui parlaient sacs à main).

Le hic c’est que tout l’aspect HBO, l’aspect irrévérencieux et anticonformiste notamment, a été complètement gommé pour donner lieu à une comédie romantique américaine très classique. Et le tout sur fond de produit marketing avec citations de marques à tout bout de champs qui se voient vraiment trop trop trop. J’ai aussi été gêné par le format de temps en temps, dans le sens où le passage au film n’est vraiment pas aisé pour celui qui a tant l’habitude de l’épisode télé. Les plans, les cadrages, les travellings, le déroulé des scènes ont un côté « cinématographique » qui ne m’a pas vraiment séduit.

Je n’ai pas retrouvé la Carrie que j’affectionnais dans la série. Je ne la vois pas avec une « personal assistant », et même si le personnage de la petite black est charmant comme tout, je ne le comprends que comme un quota qui manquait à la série télé. Et ce délire de fringues n’est même pas conforme au personnage, en tout pas avec cette profusion de fric et de toc. Le côté queer aussi a été expurgé d’une manière assez évidente. Plus de pédé (ou presque), plus de ces réflexions libertaires ou libertines, plus non plus de ces envolées lyriques existentielles qui allaient plus loin que le sexe ou la romance. Il ne reste que quelques effusions érotiques, quelques calembours bien sentis dans ce domaine, mais ce n’est plus que l’ombre de ce que ce fut pendant 6 ans.

On est vraiment dans le pur « chick movie ». Mais à ce titre, il faut avouer que c’est un bon film de ce genre. Donc je ne boude pas non plus mon plaisir. Et c’était peut-être une voie acceptable pour pondre le film « Sex and the City ». Après tout, cela permet de ne pas les faire passer pour des trentenaires en goguette, ce qu’elles ne sont plus, tout en continuant leurs quêtes du bonheur. Donc à ce titre, le film est plutôt réussi. Et il dure 2h30, mais ne lasse vraiment pas. L’action est aussi vive et agréable que dans la série. De plus, il y a quelques scènes qui valent leur pesant de cacahouètes, et qui renouent très plaisamment avec les épisodes d’antan.

Non vraiment, je persiste, c’était cool de les retrouver, Carrie, Samantha, Miranda, Charlotte, mais il ne fallait juste pas le faire.

L’avis des copines : La Fille, Peio, [elle], Ron, Le Roncier, Folk Furieuse, Enguerrand, ChapiChapo, Kinoo, Parapluie, Thanos, Vinsh, Jarod_, Orphéus, Patrick-Antoine.

Sex and the City - le film

  • Cinéphage
Deux soeurs pour un roi

Publié le Lundi 26 Mai 2008 - 23:43
Catégorie: Cinéphage

C’est un certain genre, mais personnellement je suis totalement féru des films d’époque en costumes et avec des histoires passionnelles comme ça, donc j’ai complètement adhéré au film. Et quand en plus, les faits historiques sont réels, que l’imagination des auteurs en rajoute une bonne couche, et que Henri VIII est interprété par Eric Bana (plus bandant tu meurs), et les deux soeurs Boleyn par Scarlett Johanson et Natalie Portman… Alors évidemment, ça ne pouvait que marcher.

J’ai toujours été épaté par cette incroyable création de l’Eglise Anglicane par Henri VIII, simplement par une envie terrible de se taper une gonzesse (certainement aussi pour enfin obtenir un fils), et donc allant jusqu’à une rupture consommée avec le pape. Tout de même, c’est un truc de dingue ! Et quand on sait donc qu’il avait d’abord convolé avec la première frangine (à qui il a quand même fait un môme), et ensuite avec l’autre, et que cette dernière a réussi à lui faire faire tout cela, et a terminé condamnée à son tour. Incroyable, mais vrai ! Hollywood n’avait plus grand-chose à inventer.

Eh bien tout cela est narré par le menu dans cette magnifique fresque romanesque et historique, qui brosse avec beaucoup de superbe les faits de l’époque. Les costumes sont simplement de toute beauté, et sont extrêmement bien mis en valeur. Bon sinon, ce n’est pas non plus le film de l’année, mais le jeu des comédiennes est impeccable, avec un petit plus non négligeable du côté de Portman, qui fait montre là du charisme qu’il fallait pour porter ce rôle singulier.

Deux soeurs pour un roi

  • Cinéphage
Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal

Publié le Jeudi 22 Mai 2008 - 23:36
Catégorie: Cinéphage

*** Vous me connaissez, je suis un spoiler de ouf, donc ne lisez pas si vous n’aimez pas ça. ***

Ah là là, il était attendu celui-là, et il arrive malheureusement certainement un petit peu trop tard. Comme d’habitude pour les suites à succès, il faut à la fois se renouveler, tout en conservant ce qui était bien, en ne décevant pas les fans et en faisant la conquête d’autres… Et là, globalement, je suis déçu car c’est presque un film raté à mon avis.

Il reste bien quelques vestiges sympathiques de la série, on retrouve l’humour d’Indy et ses facéties, ainsi que quelques scènes burlesques (comme les « trois chutes ») ou même des conversations décalées (les fameuses engueulades avec ses nanas, alors que c’est la guerre autour) toujours aussi cocasses. Les comédiens sont tout à fait talentueux et campent parfaitement leurs rôles. Une mention particulière à Cate Blanchett, irrésistible en méchante russe à l’accent énoooorme, ou bien Shia LaBeouf qui se débrouille bien en Indiana Junior.

Et là l’idée d’ajouter une dimension extraterrestre à celle habituellement spirituelle ou divine ne me dérange pas. C’est même assez bien ficelé. Non ce qui m’a vraiment troublé, c’est que le scénario est bancal, que les raccords narratifs ont des fuites, que certaines scènes sont inutiles, et créent des ruptures de rythme insupportables, que les nazis c’est vachement mieux que les russes comme méchants, etc. Bref tout un faisceau de frustrations qui mises bout à bout ne m’ont vraiment pas fait adorer le film. Et du coup, les petits bons moments sont largement contrebalancés. Cela devient un blockbuster comme les autres, alors que merde, c’est Indiana Jones quoi !!

Peut-être que le concept même a vieilli, et c’est vrai qu’Harrison Ford ne peut plus vraiment assumer son rôle originel. Mais il y a pas mal de détails ou de pans du scénario qui m’étonnent, qui tranchent carrément avec l’esprit de base, et qui se détachent de l’intrigue principale. Tout le début par exemple dure un temps infini, et ne sert pas à grand-chose. Il y a cette cavalcade dans le Nevada pour aller ouvrir le corps de Roswell, et découvrir un truc important. Or par la suite, on se rend compte qu’il n’y a plus aucun lien, on n’utilise pas ce qu’on a récupéré là. Et il semble que cette virée n’a servi à rien, sinon à nous mettre dans le contexte des années 50. Ah ça on a compris, que les méchants étaient russes, et plus nazis !

Idem pour la scène de l’explosion nucléaire… Too much, too much. Et cette manière de s’appesantir sur la fausse ville, tous ces moments de latence sont signés Spielberg. Mais autant cela peut fonctionner dans un film d’auteur à la « Guerre des Mondes », autant dans Indiana Jones c’est décalé et chiant. De même, j’ai noté trois moments curieux qui correspondent à des scènes avec des animaux en images de synthèse. Un chien de prairie, un singe et une fourmis (qui font bien trop « La Momie », pas top). Dans ces trois moments totalement séparés, la caméra s’arrête pendant deux secondes de trop, et je n’arrive pas à savoir pourquoi… D’ailleurs, il y a quelques soucis avec les images de synthèse, qui ne sont pas extraordinaires, et font un peu penser à la sur-utilisation de King Kong. Ou même lorsque Shia LaBeouf se retrouve à copiner avec des singes, et à jouer à Tarzan dans les lianes… Ouh là là.

Cette plongée dans les années 50 est aussi très étonnante dans la minutie de sa reconstitution, ou même dans cette volonté de faire passer le professeur Jones pour un ancien médaillé qui a maille à partir avec le FBI en pleine montée de maccarthysme. On n’a pas besoin de cette dimension politique dans un Indiana Jones, car ça ne sert pas l’intrigue, et c’est rapidement évacué par un départ dans la jungle. Du coup, on sent que ces scènes sont là, mais n’ont pas grand intérêt, et alourdissent le récit.

Dans les autres films, les nazis sont les méchants, on est en gros dans les années 40, mais pas grand chose ne vient étayer l’époque, et tant qu’on n’est pas dans les anachronismes, ça roule. Il faut des aventures, des cascades, des passages secrets, de l’humour et des péripéties. On retrouve cela dans ce quatrième film, mais noyé avec d’autres trucs beaucoup moins utiles à mon avis. On a l’impression d’avoir Indiana chez « X Files », avec « La Momie », une bonne partie de « Stargate » et « Benjamin Gates », voire « Alien Vs Predator » (je sais, j’ai des références…). D’ailleurs, au final, Benjamin Gates ne s’en sort plus si mal, et le premier (car le second est vraiment une daube) apparaît comme une suite contemporaine correcte à Indiana Jones.

Alors évidemment, ça reste un bon divertissement, et je ne me suis pas fait chier. Mais c’est décevant… Trop de choses qui ne collent pas. Steven, George, z’avez déconné merde…

Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal

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Les citronniers

Publié le Lundi 19 Mai 2008 - 23:31
Catégorie: Cinéphage

Vous avez peut-être remarqué que je m’émerveille souvent des pépites du cinéma israélien, et là encore, il y a de quoi !! Dire qu’on dépense du temps et de l’argent à se taper des blockbusters, alors que ce film est une réussite qui mériterait tous les projecteurs. Un petit film certes, mais qui est bourré de charmes, et qui arrive à dessiner avec beaucoup d’acuité l’inextricable situation, et là la plus ubuesque qui soit, dans cette région du Moyen-Orient.

Le film figure deux excellents comédiens, et surtout l’extraordinaire Hiam Abbass que vous avez pu voir dans « Free Zone » ou entendre dans « Azur et Asmar ». Elle est Selma, une modeste cultivatrice de citrons palestinienne, veuve, qui vit juste sur la frontière entre Israël et la Cisjordanie. Cette terre et ces arbres sont son seul revenu, et le seul héritage de ce mari qu’on voit en photo dans la maison, avec son air sombre et mutique. Voilà que débarquent de l’autre côté de ses cultures, le ministre de la Défense israélienne en personne et sa femme, Mira. Ils s’installent dans une maison cossue et immédiatement barricadée par les militaires, avec miradors et tout le tintouin. Très vite, les services secrets estiment que les citronniers sont une menace pour la sécurité, et ils informent Selma qu’ils vont les détruire. Elle refuse énergiquement, et va demander l’aide d’un avocat palestinien. Elle ira jusqu’à la cour suprême…

Ce n’est pas un film tonitruant et qui a des ambitions hollywoodiennes, et cela ne le rend que plus attachant. Il est impossible de rester insensible aux déboires de cette femme, et encore moins à l’histoire d’amour qui arrive à naître dans cette allégorie du désespoir. Le scénario est simple et superbe, et pourtant il est largement improbable, et s’apparente plus à une fable. Mais ça marche, oh oui ça fonctionne même terriblement bien. On retrouve bien les absurdités des relations israélo-palestiniennes, et de toute façon les deux camps en prennent pour leur grade. Que ce soit l’hypocrisie des israéliens et leur politique antipalestinienne inhumaine à certains égards, ou bien la grande difficulté pour une femme de s’affirmer du côté arabe, ainsi qu’une certaine compromission, on se demande bien comment cela va finir (mal certainement).

Je vous le conseille, c’est finement joué et assez palpitant, en plus d’être touchant et parfois à fleur de peau. Il s’agit là d’une très belle oeuvre, qui je l’espère trouvera son public.

Les citronniers

  • Cinéphage
Iron Man

Publié le Lundi 19 Mai 2008 - 22:57
Catégorie: Cinéphage

Danger, danger !! Iron Man est un des héros de ma jeûûûûûûnesse (il me semble que je lisais ça dans Strange non ?) ! Ils ont déjà fait un massacre pour ce pauvre DareDevil, mais si en plus Iron Man passe à la casserole. Angoise, angoisse !

Et finalement, une très chouette surprise ! Bon ok, ce n’est pas un grand film d’auteur, mais il y a quelques qualités de base qui ont sauvé la mise. D’abord certainement le plus important et qui est essentiel pour plaire aux aficionados : Le respect de l’histoire, globalement. Ensuite quasiment aussi important, il faut trouver un héros assez ressemblant physiquement, mais surtout dans l’attitude et l’esprit, et puis qui soit tout de même un peu comédien dans la vie. Or dans la personne de Robert Downey Jr., on trouve à peu près tout cela, et même plus. J’adore ce mec, et j’étais vraiment content de le voir aussi à l’aise dans le rôle de Tony Stark. On lui colle en plus une Pepper qui tient bien la route, interprétée par Gwyneth Paltrow.

Par contre, et là c’est le gros défaut de ce blockbuster : le scénario est inexistant. On a l’impression qu’il a fallu tellement de temps et d’énergie pour adapter le comic, pour mettre en place les personnages, leur donner un peu d’épaisseur, et matérialiser la genèse de l’armure, qu’ensuite il restait juste un quart d’heure pour trouver une intrigue. Boaaaaah disons que ça passe, car les éléments précédents sont particulièrement bien traités. Mais le méchant est d’un ridicule sans nom, on s’en débarrasse d’ailleurs tellement facilement qu’on dirait une formalité.

Et l’histoire c’est donc celle de Tony Stark, un brillant quadra milliardaire qui a construit sa fortune sur des ventes d’armes hyper-sophistiqués. Parce qu’en plus d’être pas mal, c’est un ingénieur et inventeur de génie. C’est aussi un grand cabotin, frimeur et coureur, grande gueule et colérique, à l’équilibre psychologique précaire bref un personnage de comic. Un jour, il est pris en otage par des terroristes à qui il a vendu des armes, et son métier se retourne contre lui. Il comprend son erreur, et il revient aux US avec l’idée de tout changer, et avant-tout de réorienter son entreprise… Il revient aussi avec une nouvelle invention, une source d’énergie quasi-inépuisable et miniature, et il crée peu à peu une sorte d’armure ultra perfectionnée qui est mue par cette batterie incroyable. Ses envies de mutation industrielle et technologique ne sont pas du goût du directeur de Stark Enterprise…

Le film est très divertissant et plaisant, il a aussi le mérite d’être assez drôle à maintes reprises, et ce grâce à un Robert Downey Jr. très en forme. Ses divers tests de son armure donnent lieu à des saynètes plutôt cocasses, et donnent un ton assez léger au film. Il faut aussi remarquer que les effets spéciaux sont bien évidemment incroyables et superbes, rien à redire de ce côté là.

Iron Man

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Les cerfs-volants de Kaboul

Publié le Samedi 17 Mai 2008 - 17:33
Catégorie: Cinéphage

*Vu dans l’avion.*

Quelle surprise de voir un film pareil dans l’avion… Un film indépendant ici ? Hummm ça cache quelque-chose…

En effet, ça cachait bien quelque-chose. Mais je ne veux pas non plus détruire ce film qui possède beaucoup de qualités (bon et puis c’est un peu le seul film potable que j’ai pu voir dans l’avion) et pas mal de mérites. Mais il faut avouer que l’oeuvre est totalement formatée pour plaire aux américains ou européens, même si les décors sont superbes, et qu’on doive noter un beau respect de la culture afghane, il s’agit tout de même d’une presque propagande pour affirmer l’infamie des soviétiques et la justesse du combat américain contre les talibans (ce que je ne démens pas, même si les objectifs n’étaient pas forcément les mêmes…).

Du coup, le film a un énorme côté « Miramax », on dirait un faux film indépendant basé sur un best-seller, et fait pour engranger pas mal d’entrées… La manière de filmer, les rapports entre les personnages, ou même les valeurs mises en exergue dans le film sont tellement américains que c’en est frappant.

Bon, j’arrête de déverser gratuitement mon fiel de pseudo-intello, et je vous parle plus du film. Arf. Eh bien, l’histoire est très touchante et vraiment belle. Nous suivons l’évolution de la capitale de l’Afghanistan des années 70 à aujourd’hui, et principalement à travers les yeux de deux enfants. Les deux amis sont pourtant séparés socialement et très différents. L’un est le fils du domestique de la maison, et d’une ethnie qui souffre apparemment d’un certain ostracisme, mais Hassan est courageux, gentil et très habile au cerf-volant. L’autre est le fils du maître de maison, et est aussi veule qu’Hassan est courageux. Amir est parfois même jaloux de l’affection de son père pour Hassan, malgré tout ce dernier est son ami le plus cher. La pratique du cerf-volant est une coutume ancestrale du pays, et les concours allument le ciel de mille couleurs.

Et puis c’est l’arrivée des soviétiques, celle des talibans plus tard… Et une brouille entre les enfants, des drames de toute part qui les séparent. Hassan et son père partent au Pakistan, Amir et le sien émigrent aux USA… Mais un jour, Amir est rattrapé par son passé, et son amitié pour Hassan.

Le scénario est tiré d’un roman qui a eut beaucoup de succès, et je comprends pourquoi, car tous les ingrédients sont là pour donner beaucoup de matière et de mordant au film. En effet, les éléments culturels sur Kaboul, les décors et l’évolution historique de la région donnent déjà un contexte très riche et dramatique pour raconter une histoire personnelle tout aussi prenante et touchante. En outre, les comédiens sont tous très bons, surtout les deux gamins, et il est difficile de ne pas s’attacher à eux.

J’ai été un peu plus circonspect sur un aspect qui n’a peut-être pas troublé grand monde… Mais ces histoires d’agressions sexuelles (Sodomie clairement explicite, que ce soit sur Hassan par un autre adolescent, ou bien sur le fils d’Hassan, lorsque l’agresseur de son père est devenu un tortionnaire taliban, vous voyez le tableau ? Sordide…) m’ont vraiment étonnées, et je les ai trouvées décalées avec le propos du film.

On sent que le film a pris pas mal de raccourcis avec l’histoire du livre, qui décrit les vicissitudes des personnages sur trente ans. Malgré tout, c’est assez réussi, même si encore une fois, le côté faussement indépendant et le formatage US m’empêchent d’être dithyrambique.

Les cerfs-volants de Kaboul