462 articles pour la catégorie “Cinéphage”

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Tomboy

Publié le Mercredi 25 Mai 2011 - 22:30
Catégorie: Cinéphage

Céline Sciamma m’avait bien agréablement surpris, il y a de cela 3 ans, avec la Naissance des Pieuvres (filmé dans mon Cergy natal, cette jeune femme étant née comme moi à Pontoise). Le film posait déjà un peu la question de l’identité sexuelle à travers l’adolescence balbutiante de jeunes nageuses. Mais là, on a un bel essai transformé avec Tomboy qui m’a aussi beaucoup surpris, d’abord parce que je ne m’attendais pas à un film dont les enfants étaient centraux dans le sujet et la narration.

Quand on lit un peu le sujet, il faut avouer que l’on peut difficilement voir plus casse-gueule que de raconter l’histoire de cette gamine de 10 ans, qui en arrivant dans une nouvelle ville avant la rentrée avec ses parents et sa petite soeur, va se faire passer pour un garçon pendant quelques temps. Ajoutons à cela que les parents et adultes sont tout à fait accessoires, et que tout se passe avant tout dans des scènes uniquement avec des enfants, et des dialogues quasiment entre eux. Waouuuh, on se dit que ça peut déraper d’une minute à l’autre, être très contestable sur la vision que cela donne, sur un message psychologisant peut-être bancal, des gamins qui jouent mal ou paraissent des chiens savants s’ils jouent “trop” bien.

Les choix de Céline Sciamma, autant formels que dans sa direction de comédiens ou son scénario, rendent le tout particulièrement simple et digeste. Elle a décidé d’être dans l’anecdote et le factuel plutôt que dans l’intello ou dans une quelconque idéologie. Ainsi au lieu d’en faire des tonnes ou de marcher sur des oeufs, on assiste à quelques moments entre enfants d’une petite dizaine d’années (moins que cela même avec la fantastique Malonn Lévana qui joue la petite soeur fantasque), et cette parenthèse, avant la rentrée pendant les grandes vacances avec une maman enceinte qui se repose, est idéale pour Laure qui répond alors qu’on lui demande son prénom en bas de son immeuble : Mickaël. Comme elle a les cheveux courts et une silhouette garçonne, personne ne se pose de question, et Mickaël est naturellement adopté comme un petit mec parmi ses congénères du quartier. Une des gamine le trouve d’ailleurs assez mignon… Evidemment, très rapidement il devient difficile de le cacher, et il faudra bien révéler le pot-aux-roses d’une manière ou d’une autre.

Le film est sympathique à bien des égards, mais surtout notable pour la qualité des enfants comédiens (avec Laure/Mickaël, jouée par Zoé Héran, en figure de proue) et la manière dont Céline Sciamma les a filmé. On est vraiment à leur hauteur, plongé dans leurs codes et leur univers. Et en tant qu’adulte, on est d’abord un peu gêné par cette petite fille qui se fait passer pour un garçon, et puis plus du tout en fait. L’anecdote reste un épisode, on ne sait pas, et on ne cherche pas à savoir, ce qui va se passer plus tard, et même les conséquences actuelles de ses actes. Et cette approche si directe, simple et évidente, si peu psychanalytique ou “pathogène”, est particulièrement salutaire et reposante.

Après ce n’est pas une oeuvre parfaite, et elle souffre encore de quelques maladresses, mais on sent que la maturité de la réalisatrice est en train de croître, et elle signe là un vrai premier film avec une patte et une signature qui augurent beaucoup de bien pour la suite. On trouve aussi dans ce film des moments drôles, cocasses, tendres aussi que ce soit dans les rapports filiaux ou entre petits jeunes (enfin parfois aussi avec la violence de ce même âge…). On perçoit aussi avec limpidité la difficulté de vivre une différence, quelle qu’elle soit. Mais ça, ce n’est pas une découverte…

Tomboy

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Rabbit Hole

Publié le Mardi 24 Mai 2011 - 23:19
Catégorie: Cinéphage

Après Hedwig and the Angry Inch et Shortbus, John Cameron Mitchell ne présente pas un film qui leur ressemble. Pas du tout même. Il signe à la place un film étrange et captivant qui raconte la manière dont deux parents font le deuil du fils qu’il ont perdu quelques mois auparavant.

Les parents, Rebecca et Howie, sont magistralement interprétés par Nicole Kidman et Aaron Eckhart, et une des grandes qualités du film réside dans leur jeu. Nicole en particulier paraît singulièrement pénétrée par son rôle. J’ai juste été dérangé, et en même temps rassuré, par son visage. En effet, elle apparaît enfin sous les traits d’une femme de son âge, et une femme en deuil, plutôt cernée et souvent en pleurs, avec un visage d’une grande expression et mobilité. Mais autant elle a retrouvé de chouettes expressions faciales, autant je trouve que cela met encore plus en exergue les autres trucs qu’elle a dû faire, et qui lui donne une tête différente selon l’angle de vue de la caméra (un visage proprement cubiste en somme). Il n’empêche, elle est excellente. Aaron Eckhart est lui terriblement séduisant, et les deux forment un couple très crédible.

Une grande partie de l’intrigue se compose de cette différence majeure dans le processus de deuil : lui veut aller voir des groupes de paroles, reste dans ses souvenirs de son fils (dessins, vidéos, photos), et pense que le temps fera son effet, se dit qu’avoir un enfant serait une bonne idée, tandis qu’elle refuse la psychologie, veut se débarrasser de ce qui lui rappelle son fils, ne veut pas que son mari ta touche, et se met à rencontre en secret le chauffard qui a écrasé leur fils par accident. Ce dernier est un gamin de 16 ans, fort bien endossé par Miles Teller, au physique un peu ingrat mais parfaitement en phase avec le rôle. Dianne Wiest est aussi juste que d’habitude, rien à dire.

Le film m’a fait pensé à un “Sous le sable” dans une version américaine, avec une histoire aussi simple qu’universelle, et avec ce focus sur deux processus de deuil tellement distincts qu’il met évidemment en péril le fondement même du couple Becca/Howie. Le tout est bien filmé et on sent la patte assurée et résolument observatrice de John Cameron Mitchell, sorte d’entomologiste et autopsieur des émotions de ses comédiens.

J’ai plutôt bien aimé le film, mais suis tout de même resté sur ma faim. Mon reproche principal est la minceur de l’intrigue et des faits qui se déroule. En fait, il ne se passe pas grand-chose, et le scénario finit, à mon avis, par sérieusement manquer d’épaisseur… Heureusement les comédiens occupent bien l’espace, mais ce n’est pas suffisant, et j’ai fini par trouver le temps long. Il me manquait des rebondissements, des réflexions plus poussées, un peu plus de matière en somme. De la même manière, je me suis demandé si la pièce contenait la même charge narrative, parce que ça devait du coup être encore plus flagrant sous cette forme. Mais c’est peut-être aussi une économie qui permet de mieux se concentrer sur le deuil… (Un peu chiant quoi à la fin… Huhu.)

Rabbit Hole

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Pina

Publié le Lundi 23 Mai 2011 - 23:17
Catégorie: Cinéphage

Le sous-titre sur l’affiche résume très bien l’état d’esprit du film : “Dansez, dansez sinon nous sommes perdus”. Ce film est absolument exceptionnel, et j’en suis sorti simplement bouleversé. Je ne connais pourtant rien à la danse ou à Pina Bausch, mais cette oeuvre pure et désincarnée parle à tout le monde. Elle utilise des codes universels, et exploite les chorégraphies de Pina Bausch comme un alphabet abstrait mais très élaboré.

Wim Wenders construit un film magnifique et très simple, très dépouillé, avec en même temps cette 3D qui pour une fois est un composant important et efficace. Il s’agit de témoigner de l’oeuvre de Pina Bausch, et pour cela ce sont les danseurs de la troupe qui parle d’elle, et surtout de la manière dont cette rencontre a marqué et changé leur existence. Le film alterne donc entre des extraits des chorégraphies dans un cadre formel, quelques pensées intimes livrées en catimini sur leur “Pina”, et d’autres farandoles plus décalées et parfois barrées dans des décors urbains “sauvages” avec cette succession de gestes illustrant les saisons…

On découvre notamment l’étonnante ville de Wuppertal (où la troupe réside) avec un extraordinaire monorail suspendu qui traverse le paysage urbain avec un furieux air de Science-Fiction. Et on découvre peu à peu les danseurs, plus ou moins matures, parfois carrément vieux, mais tous barrés et attendrissants, tous encore plein de passion et de folie dans les yeux, et d’une beauté à tomber dès lors qu’ils s’expriment sur les gestes de leur défunte chorégraphe et “meneuse”. On les voit en plus en 3D, dans un excellent relief qui semble les faire jaillir de l’écran, avec une netteté et une vivacité des couleurs qui m’ont réconcilié avec la technologie. Est instillé par petites touches tout ce qui fait la signature des chorégraphies de Pina Bausch, avec ces grands corps féminins au cheveux longs qui exécutent des danses longilignes et courbes, ces gestes itératifs comme un minimalisme en écho permanent, une répétition qui trouve résonance dans un décor théâtral qui empêche souvent les progressions (j’adorerais voir ce truc avec les chaises partout) des danseurs. J’ai eu l’impression petit à petit de mieux appréhender l’ADN de ses chorégraphies, et de rentrer (et d’adhérer) dans leur vision artistique.

Voilà c’est juste ça, quelques extraits de ballet en 3D, des témoignages en filigranes, et en scansion lancinante cette troupe qui rappelle les mêmes gestes en une ronde infinie et logorrhéique, magnifique et émouvante. C’est juste ça, et c’est tellement d’émotions, de sens, de non-sens, d’interrogations, de révélations !! Il fallait certainement le talent de Wim Wenders pour mettre des images sur un film pareil, et inutile de préciser que c’est pour moi une réussite grandiose et troublante. C’est pas du chiqué hein, ça m’a vraiment troué le cul ce truc.

Pina

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World Invasion : Battle Los Angeles

Publié le Lundi 9 Mai 2011 - 22:01
Catégorie: Cinéphage

Fin de la terrible et funeste série de films pas terribles, mais celui-ci relève un peu le niveau. Autant ce n’est pas ma tasse de thé, autant c’est un bon “film de genre”. Et le genre est assez original puisque c’est un mix entre un film de débarquement extraterrestre à la “Independance Day” et un film de guerre tout ce qu’il y a de classique. C’est ce dernier volet qui est particulièrement bien traité et qui a le mérite d’être bien filmé, avec un rythme tonitruant et quelques comédiens convaincus.

Après c’est bien militaire hein, donc le scénario tient sur un timbre poste, et il s’agit principalement de scènes de guerre en territoires occupés, avec un régiment qui doit se rendre d’un point A à un point B. Cela s’apparente à peu près à une publicité devenezvousmêmepointcom qui durerait une heure et demie. Mais Aaron Eckhart et Michelle Rodriguez sont plutôt bons, et font que le film se laisse voir avec assez de plaisir. Le divertissement est tout à fait correct, même si à la fin on en a un peu plein la tête des coups de feu et mouvements militaires.

World Invasion : Battle Los Angeles

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Numéro Quatre

Publié le Lundi 9 Mai 2011 - 21:29
Catégorie: Cinéphage

Oh là là, je me suis fait une bonne série de daubes, là c’est sûr. Mais disons que celui-ci est tout juste regardable (‘tain je suis généreux moi ce soir). J’aurais juste dû comprendre que c’était un teen movie et pas un film de super-héros, mais bon tant pis ! Car le scénario de base est assez sympa dans le genre blockbuster moitié SF, fantasy, super héros, mais tous les codes sont bien ceux d’un film pour ado à la Twilight.

Evidemment, comme tout avait été dépensé pour la plan marketing, il ne restait plus grand chose pour le jeu des comédiens, les rebondissements ou même les effets spéciaux, donc là on est plutôt du côté de la série B. Allez aussi vite vu, aussi vite oublié. (Pitié pas de suite !!!!)

Numéro Quatre

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Le Rite

Publié le Lundi 9 Mai 2011 - 21:20
Catégorie: Cinéphage

Pfff, heu… Pfff. Heu… nan.

Le Rite

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Le discours d’un roi

Publié le Mercredi 4 Mai 2011 - 22:17
Catégorie: Cinéphage

Bon celui-ci j’imagine que tout le monde l’a vu, et à peu près tout le monde a aimé ou adoré. Je ne ferai pas exception à la règle, j’ai trouvé que c’était un excellent film. Pas un chef d’oeuvre inoubliable non plus, mais tout de même un film d’une très bonne facture, et une histoire dont l’originalité fait qu’on a du mal à se dire que ce n’est pas une pure fiction. Mais non, Georges VI (Colin Firth) avait vraiment un défaut d’élocution et un professeur australien d’origine, Lionel Logue (Geoffrey Rush) l’a aidé à se débarrasser de son bégaiement, au moins pour ses discours. Le discours du roi c’est cet incroyable moment où la Grande Bretagne entre en guerre, et c’est le roi qui le prononce à la radio.

Il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film qui dose à merveille les genres. Et on trouve de superbes acteurs avec Colin Firth ou Geoffrey Rush qui font un émouvant et drôle duo, mais aussi une fabuleuse Elisabeth jouée par Helena Bonham Carter, et Timothy Spall en un convainquant Winston Churchill. Vraiment le film est correctement tourné et monté, les dialogues sont sympas et oscillent souvent entre humour et gravité, avec un peu d’émotion et quelques références historiques qui donnent un peu de profondeur et crédibilité au tout. Donc tout cela passe très bien, mais disons que ça manque un petit peu de piment et de sel, c’est un déroulement tellement balisé qu’on sait dès les premières minutes ce qui va se passer et comment. Donc l’absence de surprise dans la narration ou dans la forme fait qu’il ne m’a pas bluffé comme il aurait pu.

Mais là où le film fait très fort et ce qui lui donne l’étiquette de “grand” film, c’est pour moi cette faculté de parler à absolument tout le monde, et d’être du coup une véritable oeuvre populaire sans être un blockbuster débile. Ce n’est jamais chiant, pas niais non plus, c’est une démonstration d’abnégation et de courage qui parle aux plus antimonarchistes (comme moi) et ravira les autres, et l’alchimie entre émotion, humour et action fait que la sauce prend pour une grande majorité de spectateurs.

Le discours d'un roi

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Tron Legacy

Publié le Mardi 3 Mai 2011 - 19:34
Catégorie: Cinéphage

J’ai déjà expliqué mon histoire de Tron de ce tout début des années 80, et cela lie étonnamment deux films très différents puisque l’autre c’est de Brisby et le Secret de Nimh.

Le mercredi 8 décembre 1982, j’avais 6 ans, et c’était la sortie nationale de deux films : « Brisby et le secret de Nimh » ainsi que « Tron ». J’allais régulièrement chez ma grand-mère le mercredi, avec mon frère et mes cousines-frangines, et il arrivait fréquemment qu’avec MaTante, elles nous emmènent au cinéma. [...]

Ce mercredi 8 décembre 1982, nous allions donc voir « Brisby », qui était le film pour gamins de cette période. Après nous être périlleusement garés, nous allâmes cahin-caha nous mettre dans la file pour « Brisby ». C’est drôle comme je me rappelle de tous ces moments avec une étrange précision. En effet, il y avait un monde FOU pour ce film, que des mômes bien sûr, et je sentais ma grand-mère qui commençait à paniquer. A raison, puisque nous n’avons jamais pu voir ce film. En arrivant devant la caisse, la personne nous annonce : « Désolé, la séance est complète. » [...]

Donc dilemme cornélien à la caisse : « Qu’est-ce qu’on va voir ? ». Et là mon frangin n’hésite pas, il n’avait PAS DU TOUT envie de voir ces connes de souris qui font les pédales, mais plutôt le super film fantastique dont tout le monde parlait, ce film aux effets spéciaux hallucinants : « TRON ». Et l’argument final fuse : « C’est une production Disney !! ». Ma grand-mère lança un regard suspicieux à son petit-fils de 8 ans, mais déjà surnommé « Satanas » par la famille, mais finit par accepter. C’est ainsi que nous sommes allés voir « Tron » à sa sortie.

Il y a eut un avant Tron et un après Tron pour moi. En effet, avant j’écrivais sur le petit papier, que faisait remplir l’instituteur à la rentrée, à la question « quel métier voudrais-tu faire plus tard ? » : Archéologue (et c’était avant les « Mystérieuses Cités d’Or » qui furent diffusées à partir de 1983). En fait, j’avais été profondément marqué par la visite du musée de l’homme de Tautavel avec mes parents. Hu hu hu. Et après Tron, le verdict fut indiscutable et irrévocable : Informaticien. D’ailleurs 3 ans plus tard, j’avais pu démarrer ma carrière en commençant mes premiers développement BASIC sur mon surpuissant Sinclair ZX81 (acheté 645 FF en promo sur La Redoute, grâce à la Carte Kangourou de maman, pour le Noël de mon frangin et du mien, en plus d’une subvention de ma grand-mère). Depuis, je n’ai jamais lâché un ordinateur de ma vie. Hé hé hé.

Je parlais des films d’animation Disney qui manquaient d’originalité (le gros tournant a été « Aladin » pour moi en 1993), mais Tron, en tant que production Disney, reste un OVNI cinématographique qui mérite qu’on s’y attarde. Car même si l’histoire peut faire rire, même si l’intrigue est fantasmagorique et dingue, eh bien la métaphore informatique est loin d’être stupide. Encore aujourd’hui, les notions de programme, de contrôleur ou bien de processeur sont tout à fait valables, et le parallèle entre la vie réelle et la vie de Jeff Bridges « numérisée » reste une prouesse scénaristique à mon avis. De même que les effets visuels pour imager le monde de l’informatique (balbutiant) sont esthétiquement et techniquement remarquables, et sont loin d’être stupides. [...]

Cette fameuse métaphore informatique qui m’avait tant intrigué gamin, j’avais pris un plaisir énorme à la retrouver de manière très habile et élégante dans les Matrix 2 et 3 (où vous pouvez remarquer que j’évoquais déjà Tron). Donc vous imaginez à quel point j’avais envie de retrouver ce nouveau Tron !! Avec les effets spéciaux d’aujourd’hui, il ne manquait d’une chose : UN SCENARIO !! Oui parce que Tron 1982, on est d’accord ça tenait sur un timbre poste.

Eh bien l’exploit a été réussi de produire un film aussi chiant et con, en pompant quelques idées sur Matrix justement, mais en ajoutant des hollywooderies qui ont même gâché l’odieuse pompe. La 3D est totalement inutile et contre-productive (comme souvent), même si j’ai beaucoup aimé l’esthétique et la mise au goût du jour de l’image. En fait, c’est paradoxal mais ils ont conservé les mêmes modélisations et gimmicks que dans la première version, en leur donnant un air tout à fait moderne, ce qui est assez drôle puisque la symbolique est, elle, drôlement obsolète pour nos conceptions actuelles (les concepteurs, les programmes, les utilisateurs, le MCP etc.). Il y a bien cette idée de la “grid” qui aurait pu être sympa et créer un autre paradigme intéressant, mais c’est gâché par des incursions de la réalité bien stupides (ils mangent et ils boivent !!). Malgré tout cette idée de génération spontanée de l’information m’a bien titillé, je dois le reconnaître.

Quand je parle de ressemblance avec Matrix, c’est surtout pour les personnages secondaires qui sont souvent des relais symboliques dans ce monde virtuel, et alors on a un Castor (bon Michael Sheen pourtant, mais il n’y peut rien) qui joue le Mérovingien (Lambert Wilson dans Matrix), mais c’est super mauvais. En revanche, et c’est à ce moment là que c’est le plus fort, on a droit à une magnifique bande-son. Omniprésente et tonitruante, les Daft Punks ont vraiment bien joué sur ce coup, avec un son électro à la fois suranné et moderne, bien dans le ton de l’imagerie.

Boaaaaaa, je vais zapper les comédiens parce qu’on ne peut pas dire qu’ils brillent spécialement… Jeff Bridges et Bruxe Boxleitner ont le mérite d’avoir rempilé. Huhuhu. Allez le film doit passer un dimanche soir de désœuvrement, pour son chouette esthétique, sa musique qui pétarade et le divertissement offert.

Tron Legacy

  • Cinéphage
Black Swan

Publié le Lundi 2 Mai 2011 - 23:28
Catégorie: Cinéphage

Voilà indéniablement un des films qui a plu à beaucoup de monde ces dernières semaines, il a aussi pas mal déplu et au final provoqué des opinions plutôt tranchées et extrêmes. Il faut dire que c’est un film qui ne laisse pas indifférent, et qui ne laisse pas indemne tant son sujet est intense et son atmosphère prenante. Nous sommes au coeur même de la folie, et le film nous projette tellement dans la tête de Natalie Portman qu’on ressort de là un peu atteint nous mêmes.

Le réalisateur n’en est pas à son premier coup, et c’est surtout son “Requiem for a Dream” qui vient à l’esprit, le film est tout aussi léché, bien réalisé, et explore la folie avec une acuité extraordinaire et peu vue au cinéma. Avec cela, quelques comédiens qui tiennent la route avec une Natalie Portman incroyable d’authenticité dans sa fragilité et sa folie consumante, mais aussi un Vincent Cassel plus crédible que d’habitude, et Winona Ryder par exemple que j’ai eu beaucoup de plaisir à revoir après quelques années.

L’histoire tient en quelques lignes et on ne peut pas dire que le film brille par une intrigue alambiquée. Natalie Portman est une fragile et talentueuse danseuse étoile, dont la maman hyper-présente la pousse à réussir là où elle avait elle-même échoué. Elle veut être la danseuse phare du Lac des Cygnes monté par Vincent Cassel, mais pour cela elle doit endosser les deux rôles du Cygne Blanc et de son double maléfique le Cygne Noir. Peu à peu, à force de travailler comme une brute, elle se perd dans une une réalité qui se délite et laisse entrevoir de plus en plus de phases schizophréniques.

Quelques ressorts assez faciles complètent l’oeuvre, avec notamment une bande son archi connue et quelques morceaux de ballets assez agréables qui se synchronisent parfaitement avec une intrigue qui monte en émotion et tension. Cette mère très “Carrie” dans l’âme, le personnage ambigüe et envoûtant de Mila Kunis, et le jeu sur le fil du rasoir de de Natalie Portman accompagnent cette progression nerveuse et fantastique. On y verse totalement dans les dernières minutes du film, et on sait bien que ce n’est pas un film fantastique, mais plutôt une prosaïque incursion dans l’esprit de la jeune fille qui a complètement sombré dans la folie. C’est beau, c’est fort, c’est dur, c’est submergeant et avec un peu d’empathie, on y laisse même des plumes.

Black Swan

  • Cinéphage
The Green Hornet

Publié le Mercredi 9 Février 2011 - 23:02
Catégorie: Cinéphage

Quand on va voir un film de Michel Gondry, on pourrait s’attendre à un film avec sa patte bien connue, mais là ce n’est justement pas le cas. Donc il ne vaut mieux pas croire qu’il va s’agir d’une vision onirique traditionnelle du réalisateur. Malgré tout, les qualités formelles de mise en scène et de manière de filmer sont bien présentes, et sont une des grandes qualités du film. The Green Hornet est surtout l’adaptation du célèbre “Frelon Vert” (je ne comprends pas pourquoi on n’a pas droit à la VF sur ce coup, mais bon comme d’hab avec les titres de film), à la base une vieille émission radio, mais surtout la série télé des années 60 qui a révélé Bruce Lee (dans le rôle de Kato évidemment).

Le film est assez conforme à l’intrigue de la série, et on retrouve la genèse de ce duo de super-héros “anti-héros” très drôle et décalé. Que ce soit Seth Rogen en Green Hornet ou Jay Chou en Kato, ils sont vraiment bons et à fond dans leur rôle. Leur duo fait vraiment mouche avec des scènes entre eux deux et leurs fameuses engueulades très marrantes. Jay Chou incarne parfaitement le Kato hyper doué en arts martiaux, et son boulet ordinairement raciste et millionnaire Brit Reid. Ce dernier est le fils d’un magnat de la presse qui meut brutalement. Brit décide de reprendre le journal de son père, et en même temps il constate qu’il peut lutter contre la pègre qui gangrène sa ville tout en passant pour un super voyou doublé d’un super héros…

Si le film est plutôt bien rythmé et bénéficie de chouettes cascades et effets spéciaux (mais sans en faire “trop”, en étant très naturels et bien intégrés à l’action), et que la 3D elle ne sert encore vraiment à rien du tout, il souffre d’une comparaison avec d’autres sortis peu avant. En effet, on est dans l’histoire de super héros décalée et plutôt cocasse, mais ce n’est pas du tout au niveau d’acidité et d’ironie d’un “Kick Ass”, et ni de l’originalité et de la richesse graphique d’un “Scott Pilgrim“. On a pourtant une Cameron Diaz assez pimpante et en forme, et un méchant aussi horrible et cruel que bourrelé d’humour noir (Christoph Waltz).

Cela se regarde avec plaisir, mais ça manque de peps et de piment, on s’emmerde un chouïa même parfois, et l’histoire peine à vraiment décoller ou passionner les foules. Malgré tout esthétiquement, cela tient largement la route, et le film est loin d’être raté. Il m’a un peu fait penser au “Drôle de dames” de 2000 avec la même Cameron Diaz. Un petit côté décalé et esthétique, un scénario marrant et qui tient par deux fils, quelques comédiens et de bonnes chorés ou bastons… Mais cela ne va pas beaucoup plus loin non plus !

Donc pas mal, mais sans plus… Certes un peu décevant pour un Gondry, mais sans être un navet non plus !!

The Green Hornet