Bon encore une fois, pourquoi ne pas traduire le titre en français ? Décidément je ne comprendrais jamais les décisions dans ce domaine…
J’attendais avec pas mal d’impatience ce film, fan de comics que je suis, et surtout de la part de (la copine) Bryan Singer qui a signé les deux premiers opus des X-Men. Du coup je me suis dit qu’il pourrait remettre un bon coup de polish sur Superman tout en nous gratifiant de petits clins d’oeil aux films précédents et à la bédé. Il faut dire que la bédé est assez difficile à reprendre littéralement tant elle a vieilli dans le fond, ou alors on donne vraiment dans l’américanisme basique et dégoulinant. Eurk. Et les films précédents sont devenus des objets assez kitsch peu exploitables, sinon des méchants à la fois très méchants mais drôles tels un Lex Luthor (fabuleux Gene Hackman) et une attachante Mademoiselle Teschmacher.
J’ai eu l’impression que le réalisateur a essayé de tout mettre en un film, et j’en suis ressorti avec une impression mi-figue mi-raisin. Comme si à vouloir ménager la chèvre et le chou, en tentant de rajeunir l’histoire, d’en respecter les fondements et la mythologie, on n’avait un succédané sans vraiment de goût et de texture. Et pourtant les comédiens sont plutôt bons, Brandon Routh est un bon Superman, Kevin Spacey est aussi convaincant en Lex Luthor, et même le bellâtre James Marsden (le défunt Cyclope de X-Men) en mari de Lois. On retrouve aussi les gimmicks de Superman, il sauve les gens et nous montre ses superbiscotos et ses superpouvoirs et blabla bla. Et les effets spéciaux sont remarquables, mais on en attendait pas moins de leur part (bah ouai merde quand même) !
Mais au niveau du scénario, c’est tout de même le désert et vu que le film dure plus de deux heures et demi, on finit par bien s’ennuyer. Et les choses les plus convenues prennent un caractère fade au lieu d’être perçues comme des clins d’oeil. Le Clark Kent aurait carrément pu être gommé tant son personnage est d’une manifeste insignifiance, le personnage de sa mère aussi est aussi totalement inintéressant, et les flash-backs ne m’ont même pas touché plus que ça. Et puis il revient comme une fleur, à tel point qu’on aurait carrément pu dire qu’il était en vacances sur la Lune avec autant de crédibilité. Et on retrouve des tas d’incohérences et de trucs vraiment gonflés dans l’histoire (comme les histoires de cristaux). Autant ça pouvait fonctionner dans les films précédents, autant j’attendais de Singer une vraie réappropriation et modernisation du personnage et de son environnement. Ce n’est vraiment pas le cas.
Ah oui tiens l’histoire en deux mots… Donc Superman est parti car il a lu dans le journal qu’on avait trouvé Krypton. Mais il revient bredouille dans une comète (c’est plus pratique pour voyager dans l’espace) 5 ans après, et atterrit chez Papa et Maman (il avait besoin de fringues). Il revient à Métropolis, et là il se prend une grosse claque car il apprend que Lois s’est mariée et a eu un môme avec Cyclope. Or pécho la meuf d’un super-héros, de la part d’un autre super-héros, c’est moyen moyen… Mais il est calmé quand il apprend qu’elle a fait ça parce qu’il a oublié de dire « aurevoir » quand il s’est barré en voyage. Sacré gonzesse ! Enfin en même temps, y’a Lex Luthor qui trouve la planque de Superman, et lui pique ses cristaux, que quand on les met dans la flotte, bah automatiquement ça te construit une belle fortRess de cristal d’Arques. Anguouââââsse !*
Bref, vous aurez compris, je n’ai pas bien adhéré à l’histoire. Et pourtant, Bryan Singer n’est pas un pédé de réalisateur (enfin techniquement SI, mais vous voyez ce que je veux dire quoi…) et il arrive tout de même à instiller plusieurs idées qui sauvent le film. Déjà il en fait une oeuvre beaucoup plus noire que les autres, et il oriente aussi sa narration sur la notion de « héros », et sur le bien-fondé de cet espoir omnipotent. Les seconds rôles prennent du poil de la bête, et deviennent aussi des héros à leur tour. On n’est plus dans le simple schéma manichéen du grand sauveur et des victimes, Superman aide son prochain, et est parfois aidé en retour. En outre, Singer filme divinement bien, et les plans de Superman notamment sont excellents (à l’image de la superbe affiche). Et là c’est une vision moderne et rafraîchissante du héros, qui apparaît parfois en personnage à l’attitude christique confondante.
Malheureusement, toutes ces innovations et ces éléments qui donnent un peu de piment au film, sont étouffés dans l’atmosphère empesée de l’ensemble. Même l’humour du méchant Lex Luthor ne va pas bien loin, malgré quelques scènes savoureuses (le chienchien caniphage !), on reste sur sa faim.
Il y a un truc qui ne va PAS DU TOUT !! Les bottes de Superman sont nazes !!!! SUPERMAN PORTE DES BOTTES MEPHISTO !!! La version croûte de cuir de veau avec la moumoute en synthétique dedans qui était dans la pub Télé7 Jours de quand j’étais petit, et que je trouvais déjà anti-sexe ! Nan mais qui est le styliste qui lui a dessiné des pompes aussi nazes ! QUI ???!
A voir pour le divertissement, et puis aussi parce que Superman est mignon et bien filmé. Le film est loin d’être un navet, et il remplit certainement le cahier des charges hollywoodien. Ce n’est pas non plus de l’argent foutu en l’air, mais juste une déception supplémentaire dans cet épineux domaine de l’adaptation des comics au cinéma…
*Mein gott, je fais du BPTP !!!
L’avis des copines : Niklas.