462 articles pour la catégorie “Cinéphage”

  • Cinéphage
Vol 93

Publié le Mardi 18 Juillet 2006 - 18:42
Catégorie: Cinéphage

Je ne pensais pas que les US pourraient pondre un bon film sur le 11 septembre. Dans ma tête, ce sera soit un film politique hyper orienté, soit un mélo intégral, ou une série de caricatures sans fondement. Force est de constater que j’avais bien tort, en tout cas ce film là est une réussite assez extraordinaire.

Caméra à l’épaule pour donner plus de réalisme et s’approcher de l’intimité des personnages, Paul Greengrass filme diablement bien cette histoire. On suit les événements de ce 11 septembre 2001, et en particulier le détournement du vol United 93, l’avion qui s’est crashé en rase campagne, après que les otages se soient retournés contre les terroristes. Donc le film commence et on connaît tous la fin, mais ça n’entame en rien les émotions qui nous traversent et nous étreignent pendant cette heure quarante-cinq.

Jamais je n’aurais pensé autant être touché par ce film. En fait, il est troublant de constater qu’il s’agit d’un excellent film hollywoodien (de l’action, de l’émotion, du drame…), tout en ayant les traits d’un documentaire. Mais il n’est pas choquant non plus, ou « too much », dans l’action ou bien l’émotion. Avec les simples faits et des comédiens fantastiques, l’auteur a vraiment réalisé son film d’une main de maître.

Le spectateur est donc dans cet avion ce jour funeste, mais on est aussi plongé dans l’hystérie des aiguilleurs du ciel, de l’armée et des protagonistes qui doivent faire face à un événement plus qu’inattendu. Là encore, on a l’impression que rien n’a été exagéré, et la crédibilité apparente du film est assez bluffante.

Un bémol cependant, qui, ironie du sort, m’a été révélé par le bel américain dans le siège voisin. Tous les passagers sont iconifiés en héros américains de base, on y retrouve certes tous les genres de personnalités (business man, beauf, sportif à casquette, bourges), mais ce sont tous des héros avec des burnes de trois kilos. Et le seul personnage qui déroge à cette règle, qui s’oppose aux « résistants » et qui doit être maîtrisés par les autres otages, est un homme à l’accent manifestement européen (un air hollandais ou scandinave peut-être). Du coup, je me demande à quel point ce trait est forcé par le réalisateur, puisque le film se base sur des faits réels, et les interviews de la famille des victimes. C’est en tout cas assez saillant pour qu’on le remarque, et qu’on s’en interroge.

Un silence de plomb dans la salle lorsque la lumière est revenue… Un sacré moment de ciné !

L’avis des copines : Niklas, Pinggu, Orphéus.
Et l’avis du copain : Gvgvsse.

Vol 93

  • Cinéphage
Nos voisins, les hommes

Publié le Mardi 18 Juillet 2006 - 18:41
Catégorie: Cinéphage

Je ne connaissais pas la bédé originale, donc je n’ai au moins pas été déçu par l’adaptation. Et même si j’ai un peu déchanté au début, je suis finalement assez positif sur le film. Il y a quelques gags qui valent vraiment la peine, et surtout un évident héritage de Tex Avery (un peu comme dans le « petit chaperon rouge ») qui rend certaines scènes purement jubilatoires.

Ne parlons pas de la technique qui est simplement extraordinaire, mais qui ne nous épate donc plus vraiment. Le scénario est pas mal, mais un peu trop convenu et pas assez irrévérencieux ou original, pour que le film sorte des sentiers battus. Donc c’est un peu moins neuneu qu’un Disney, mais tout de même moins drôle qu’un « Shrek 2 ».

Un raton laveur, RJ (Riton en français !!), dérobe sa réserve de bouffe à un ours qui sort de l’hibernation. Ce dernier le menace de le tuer s’il ne lui retourne pas son bien. Du coup, RJ part à la recherche de pigeon. Il tombe sur un petit groupe d’animaux qui découvre qu’un lotissement, avec des centaines de gens, vient de pousser juste à côté de leur habitat, pendant l’hiver. RJ les prend en main, et il leur apprend les techniques pour chaparder la nourriture aux hommes. Son objectif est de les utiliser, pour ensuite leur voler leur stock, et sauver sa peau !

Mais évidemment, la « famille » que le raton laveur trouve dans une tortue, une moufette, deux opossums (bien moins drôles que dans l’« Age de Glace 2 ») et un « screwy squirrel » (l’écureuil fou, mon personnage préféré de Tex Avery) change un peu ses perspectives…

Encore une fois c’est dans les personnalités secondaires que l’on trouve les personnages les plus attachants et très marrants. L’écureuil m’a vraiment beaucoup fait rire, ainsi que le chat persan avec l’accent qui va avec. Et donc une facette Tex Avery qui surprend pour des films d’animation en 3D…

Bref, ce n’est pas le film du siècle, mais un chouette divertissement qui plaira sans doute beaucoup aux gamins. Et tout de même quelques moments qui m’ont franchement fait rire à gorge déployée (ce qui fait du bien !).

L’avis des copines : Orphéus, Au taquet.

Nos voisins, les hommes

  • Cinéphage
Tournage dans un jardin anglais

Publié le Mardi 18 Juillet 2006 - 18:37
Catégorie: Cinéphage

Pourquoi ne pas avoir conservé le titre original « Tristram Shandy » puisqu’il s’agit d’une tentative d’adaptation du bouquin éponyme. Et comme ce livre est complètement loufoque, sans queue ni tête, et fait de digressions toutes plus alambiquées les unes que les autres, le choix du réalisateur est aussi ubuesque. Michael Winterbottom utilise donc la mise en abîme pour montrer à la fois un film d’époque, mais aussi l’envers du décor. Les acteurs se confondent donc avec les personnages qu’ils incarnent, et les deux histoires s’entremêlent, si bien que parfois l’on ne sait plus si l’on est dans la fiction ou dans la « réalité ».

Les comédiens jouent donc leur propre rôle dans ce film, qui est une ode grandiose à l’humour britannique. Vraiment il y a dans ce film tout ce qu’il y a de plus désopilant et irrésistible dans le flegme et l’humour de nos voisins d’outre-manche. Donc moi forcément j’adore ! Les acteurs et actrices ont l’air de s’amuser énormément, et c’est très communicatif. Le film est autant à propos de Tristram Shandy que des relations conflictuelles entres les deux comédiens principaux, de la difficulté de produire un film, d’adapter cette oeuvre très inhabituelle etc.

Cette oeuvre s’enorgueillit de n’avoir ni queue, ni tête, et c’est le cas. Et pourtant c’est jouissif de drôlerie, de pétage de plomb en tout genre, et au final : le film a même du sens !

Un vrai petit bijou anglais à ne pas rater !

L’avis des copines : Niklas.

Tournage dans un jardin anglais

  • Cinéphage
Superman Returns

Publié le Dimanche 16 Juillet 2006 - 17:20
Catégorie: Cinéphage

Bon encore une fois, pourquoi ne pas traduire le titre en français ? Décidément je ne comprendrais jamais les décisions dans ce domaine…

J’attendais avec pas mal d’impatience ce film, fan de comics que je suis, et surtout de la part de (la copine) Bryan Singer qui a signé les deux premiers opus des X-Men. Du coup je me suis dit qu’il pourrait remettre un bon coup de polish sur Superman tout en nous gratifiant de petits clins d’oeil aux films précédents et à la bédé. Il faut dire que la bédé est assez difficile à reprendre littéralement tant elle a vieilli dans le fond, ou alors on donne vraiment dans l’américanisme basique et dégoulinant. Eurk. Et les films précédents sont devenus des objets assez kitsch peu exploitables, sinon des méchants à la fois très méchants mais drôles tels un Lex Luthor (fabuleux Gene Hackman) et une attachante Mademoiselle Teschmacher.

J’ai eu l’impression que le réalisateur a essayé de tout mettre en un film, et j’en suis ressorti avec une impression mi-figue mi-raisin. Comme si à vouloir ménager la chèvre et le chou, en tentant de rajeunir l’histoire, d’en respecter les fondements et la mythologie, on n’avait un succédané sans vraiment de goût et de texture. Et pourtant les comédiens sont plutôt bons, Brandon Routh est un bon Superman, Kevin Spacey est aussi convaincant en Lex Luthor, et même le bellâtre James Marsden (le défunt Cyclope de X-Men) en mari de Lois. On retrouve aussi les gimmicks de Superman, il sauve les gens et nous montre ses superbiscotos et ses superpouvoirs et blabla bla. Et les effets spéciaux sont remarquables, mais on en attendait pas moins de leur part (bah ouai merde quand même) !

Mais au niveau du scénario, c’est tout de même le désert et vu que le film dure plus de deux heures et demi, on finit par bien s’ennuyer. Et les choses les plus convenues prennent un caractère fade au lieu d’être perçues comme des clins d’oeil. Le Clark Kent aurait carrément pu être gommé tant son personnage est d’une manifeste insignifiance, le personnage de sa mère aussi est aussi totalement inintéressant, et les flash-backs ne m’ont même pas touché plus que ça. Et puis il revient comme une fleur, à tel point qu’on aurait carrément pu dire qu’il était en vacances sur la Lune avec autant de crédibilité. Et on retrouve des tas d’incohérences et de trucs vraiment gonflés dans l’histoire (comme les histoires de cristaux). Autant ça pouvait fonctionner dans les films précédents, autant j’attendais de Singer une vraie réappropriation et modernisation du personnage et de son environnement. Ce n’est vraiment pas le cas.

Ah oui tiens l’histoire en deux mots… Donc Superman est parti car il a lu dans le journal qu’on avait trouvé Krypton. Mais il revient bredouille dans une comète (c’est plus pratique pour voyager dans l’espace) 5 ans après, et atterrit chez Papa et Maman (il avait besoin de fringues). Il revient à Métropolis, et là il se prend une grosse claque car il apprend que Lois s’est mariée et a eu un môme avec Cyclope. Or pécho la meuf d’un super-héros, de la part d’un autre super-héros, c’est moyen moyen… Mais il est calmé quand il apprend qu’elle a fait ça parce qu’il a oublié de dire « aurevoir » quand il s’est barré en voyage. Sacré gonzesse ! Enfin en même temps, y’a Lex Luthor qui trouve la planque de Superman, et lui pique ses cristaux, que quand on les met dans la flotte, bah automatiquement ça te construit une belle fortRess de cristal d’Arques. Anguouââââsse !*

Bref, vous aurez compris, je n’ai pas bien adhéré à l’histoire. Et pourtant, Bryan Singer n’est pas un pédé de réalisateur (enfin techniquement SI, mais vous voyez ce que je veux dire quoi…) et il arrive tout de même à instiller plusieurs idées qui sauvent le film. Déjà il en fait une oeuvre beaucoup plus noire que les autres, et il oriente aussi sa narration sur la notion de « héros », et sur le bien-fondé de cet espoir omnipotent. Les seconds rôles prennent du poil de la bête, et deviennent aussi des héros à leur tour. On n’est plus dans le simple schéma manichéen du grand sauveur et des victimes, Superman aide son prochain, et est parfois aidé en retour. En outre, Singer filme divinement bien, et les plans de Superman notamment sont excellents (à l’image de la superbe affiche). Et là c’est une vision moderne et rafraîchissante du héros, qui apparaît parfois en personnage à l’attitude christique confondante.

Malheureusement, toutes ces innovations et ces éléments qui donnent un peu de piment au film, sont étouffés dans l’atmosphère empesée de l’ensemble. Même l’humour du méchant Lex Luthor ne va pas bien loin, malgré quelques scènes savoureuses (le chienchien caniphage !), on reste sur sa faim.

Il y a un truc qui ne va PAS DU TOUT !! Les bottes de Superman sont nazes !!!! SUPERMAN PORTE DES BOTTES MEPHISTO !!! La version croûte de cuir de veau avec la moumoute en synthétique dedans qui était dans la pub Télé7 Jours de quand j’étais petit, et que je trouvais déjà anti-sexe ! Nan mais qui est le styliste qui lui a dessiné des pompes aussi nazes ! QUI ???!

A voir pour le divertissement, et puis aussi parce que Superman est mignon et bien filmé. Le film est loin d’être un navet, et il remplit certainement le cahier des charges hollywoodien. Ce n’est pas non plus de l’argent foutu en l’air, mais juste une déception supplémentaire dans cet épineux domaine de l’adaptation des comics au cinéma…

*Mein gott, je fais du BPTP !!!

L’avis des copines : Niklas.

Superman Returns

  • Cinéphage
Le voyage en Arménie

Publié le Mercredi 5 Juillet 2006 - 20:37
Catégorie: Cinéphage

Je n’ai jamais été complètement bluffé par les films de Guédiguian, mais je leur trouve toujours beaucoup de charmes et de qualités. Il y a souvent pas mal de maladresses et de faiblesses, mais aussi un style personnel, de bons comédiens et de bonnes histoires, ainsi qu’une excellente Ariane Ascaride qui compensent tout cela. Là encore, le film est assez bancal et déséquilibré à certains égards, mais aussi possède un véritable souffle, et est porté par une Ariane Ascaride (Anna) superbe à tout point de vue.

Cette dernière est la fille d’un arménien, Barsam, qui vit en France depuis très longtemps, et était marié à une française. Anna est cardiologue, mariée avec un français tout ce qu’il y a de plus classique, c’est une femme indépendante et fière, une femme qui, sans renier ses racines, ne s’y intéresse absolument pas. Elle découvre un problème cardiaque à son père, il a besoin de se faire opérer. Au lieu de cela, il s’enfuit littéralement en Arménie, mais personne ne sait où. Du coup Anna prend l’avion pour Erevan, et grâce à un neveu français d’un ami de son père qui fait du « business » avec l’Arménie, elle part à la recherche de son père…

L’intrigue se met en place très rapidement, et on saisit vite le thème du film. Anna qui ne s’entend pas bien avec son père, mais qui évidemment l’aime, va à la fois à sa recherche mais aussi à la rencontre de ses origines et de ses racines. Elle découvre l’Arménie, et par elle, Robert Guédiguian nous la présente aussi. Une bonne partie du film consiste en une découverte du pays qui peut parfois manquer de tonus ou recouvrir un ton de guide touristique un peu décalé. Mais on réalise que le réalisateur montre aussi par là certains symboles qui font toute l’unité de cette nation déchirée. Le mont Ararat absolument omniprésent ou bien les références à la chrétienté (les arméniens sont parmi les premiers peuples christianisés) et la manière dont Anna découvre le pays sont autant de manière de singulariser ce petit pays ex-communiste. Et justement, il ne s’arrête pas là, et nous dévoile aussi les facettes un peu plus intimes du pays. Le système D ou la pègre et les trafics en tout genre, la débrouille et la difficile transition économique permettent d’avoir des scènes à la fois cocasses et tragiques selon le point de vue.

Ajoutez à cela du folklore, de la musique et vous avez un documentaire subjectif sur l’Arménie, ce qui amènerait vite le spectateur à bailler aux corneilles. Et c’est bien parmi les faiblesses de ce film. Mais en contraste de cela, il a des personnages magnifiques qui racontent une très belle histoire. Une histoire familiale et filiale, une histoire d’hommes et de patrie, une histoire locale bête et tragique, des destins qui se croisent et avec toujours Marseille qui donne son accent, son charme et ses attaches. C’est bien Guédiguian qui est derrière la caméra et à l’écriture !

Anna confronte donc sa vue de française parvenue à un pays en mutation, elle oppose aussi sa vision de militante communiste à un pays ravagé par cette transition. Elle s’offusque devant les trafics et les combines et le fameux « business ». Mais même là, la vision de l’auteur n’est pas monolithique, il montre bien les différences entre la mafia et les gens qui doivent travailler pour s’en sortir, quels qu’en soient les moyens utilisés. Le film déplie alors des trésors de subtilités, d’humanité et de finesse dans ses dialogues ciselés, ou dans les relations entre les personnages. Et puis Ariane Ascaride et Gérard Meylan sont fantastiques, comme toujours, en plus de Jalil Lespert qui trouve là un joli rôle à sa mesure. Et il faut aussi noter une impressionnante galerie de « gueules » et de talents locaux qui sont tout à fait doués.

Donc plein de petites choses qui épicent ainsi un film qui serait sinon un peu trop lénifiant et « touristique ». Et notamment le moment où le film bascule dans le polar est une rupture hyper gonflée dans la narration, mais que j’ai adorée après coup. Malgré le peu de crédibilité qu’on peut y mettre, cela permet de relancer le film, et de lier les intrigues avec un joli coup de baguette.

Les arméniens iront sans doute voir le film, et il le faut, car c’est un véritable tribut à leur culture et leur pays. Mais je pense qu’il parle plus largement aux gens métissés, à tous ceux qui ont des origines variées, des racines oubliées ou puissamment refoulées. C’est un très beau film, ok ce n’est pas parfait, mais il y a vraiment quelque chose de fort, d’authentique et de très prenant là-dedans.

L’avis des copines : Gilda et Zvezdo.

Le voyage en Arménie

  • Cinéphage
Avril

Publié le Dimanche 2 Juillet 2006 - 2:24
Catégorie: Cinéphage

Rhalalala, il y a bien quelques bonnes choses dans ce film, quelques scènes avec du charme, beaucoup de bonne volonté, et quelques bonnes idées, mais vraiment ça ne tient pas debout !

Avril vit dans un couvent depuis sa naissance, elle a été abandonnée puis recueillie par une congrégation de bonnes soeurs. Elle est elle-même novice et doit prendre définitivement le voile au terme d’une retraite solitaire et silencieuse de deux semaines dans une lugubre chapelle. Une de ses coreligionnaire, soeur Bernadette (Miou-Miou), a du mal à la voir prononcer ses voeux alors qu’elle ne connaît rien de la vie. Elle lui apprend donc qu’elle a un frère qui a été abandonné avec elle, mais qui a été placé dans un orphelinat. Elle propose à Avril de le retrouver pendant sa retraite, puisque personne ne s’en rendra compte.

Avril part donc sur les routes. Elle y rencontre Pierre (Nicolas Duvauchelle) qui décide de lui donner un coup de main, et ils partent retrouver le frère d’Avril en Camargue, où il est en vacances avec son petit-ami.

Je suis vraiment passé par toutes les impressions durant le film, et j’ai un mal fou à dire ce que je pense. Car c’est à la fois pas mal du tout à certains égards… cette idée de la novice qui part à la découverte de la vie, la chape de plomb du secret, la rencontre entre le frère et la soeur, la relation avec Pierre etc. Mais c’est aussi une catastrophe dans une sorte d’anticléricalisme qui prend les formes les plus douteuses… Il y a aussi tout un tas de maladresses, et au final des retournements de situation qui donnent presque envie de ricaner.

Tout de même, l’histoire est bien mignonne, et les comédiens se débrouillent plutôt bien. Mais le film manque cruellement de crédibilité et d’une écriture un peu plus ciselée.

NB : On a surtout droit à Duvauchelle sous toutes les coutures, et ça c’est pas mal. Quel paquet en plus… Mazette ! Quoi ??? Ne me dites pas que vous n’avez pas regardé quand il est dans la flotte avec son shorty rouge moulant !!? Je ne vous crois pas ! :mrgreen:

Avril

  • Cinéphage
Conversation(s) avec une femme

Publié le Dimanche 2 Juillet 2006 - 2:05
Catégorie: Cinéphage

Un fond et une forme particuliers qui font de ce film une heureuse curiosité. La fantastique Helena Bonham Carter et un excellent Aaron Eckhart endossent les deux rôles principaux, et sont quasiment les seuls protagonistes du film.

Un homme et une femme, qui arrive tout spécialement de Londres, se rencontrent à un mariage. L’homme drague ostentatoirement la femme, qui lui répond avec un ton taquin et badin saupoudré d’un rien d’ironie et d’espièglerie. Peu à peu, on comprend les liens qui les unissent, et les choses s’enveniment.

Le film me fait un peu penser à Closer dans le thème de « l’amour à quarante balais » et dans ses longues joutes verbales. Il y a aussi du Woody Allen dans ces préoccupations, dans les dialogues extrêmement bien écrits et interprétés par les deux comédiens. Et à ce fond se rajoute un split-screen dont l’effet nous plonge encore plus dans l’intimité des personnages. L’écran est donc constamment divisé en deux, souvent simplement pour montrer les visages et expressions des deux acteurs alors qu’ils se parlent face à face. Le réalisateur utilise ce procédé pour saisir avec plus d’acuité encore le dialogue, mais aussi la communication non verbale et ses particularités. La performance des comédiens n’en est d’ailleurs que plus notable. Ils sont vraiment très très bons.

Le film se perd un peu en bla-bla à un moment, et même l’histoire finit par prendre un coup dans l’aile (j’ai du mal à comprendre leur attitude de départ…). Mais heureusement Helena Bonham Carter et Aaron Eckhart sont tellement scotchant qu’ils arrivent à tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout.

Conversation(s) avec une femme

  • Cinéphage
Poséidon

Publié le Dimanche 2 Juillet 2006 - 1:46
Catégorie: Cinéphage

Bon, je dois avouer que je n’y suis allé que par curiosité. En fait, uniquement parce que je suis un gigantesque fan de la version originale, celle de 1972, qui reste un chef d’oeuvre du genre pour moi. Là évidemment, c’est beaucoup moins bien, mais ce n’est pas non plus un navet intégral.

Autant dans l’original, le tout était traité dans la veine des films catastrophes dont le Poséidon n’était que la version nautique, autant là c’est un blockbuster bien de chez nous. Il ne récupère absolument aucun bout de scénario de l’ancien film, et nous offre donc une toute nouvelle brochette de survivants, tous aussi insupportables les uns que les autres.

Dans sa version moderne, le Poséidon diffère par l’inexplicable vague qui frappe le bateau, et le retourne donc sans qu’on sache pourquoi ou comment… Nous avons aussi droit à beaucoup plus de macchabées et des morts bien tristes et horribles, comme le pauvre serveur (« Rico » de SFU) qui se fait sacrifier très injustement ! Il y a un môme dont on voudrait qu’il y reste dès les premières minutes, mais évidemment on se le coltine jusqu’au bout. Et Richard Dreyfuss fait un très bon vieux pédé qui vient de se faire larguer (un personnage homo est un trait de modernité de premier ordre évidemment !).

Je n’ai pas été bluffé par les décors, alors que je m’attendais à être épaté par le côté « inversé », par contre les effets spéciaux sont assez bons.

Boaaaa, c’est regardable. Mais on peut s’en passer, et on se repassera plutôt la version de 1972 avec une Shelley Winters en « pleine forme », et un génial Gene Hackman en pasteur héros.

Poséidon

  • Cinéphage
Cars

Publié le Dimanche 2 Juillet 2006 - 1:32
Catégorie: Cinéphage

Pixar s’est plus que jamais Disneyisé pour cette production, cela reste un film bien agréable et charmant, mais il y manque un peu de piment pour en faire le truc génial auquel il pouvait aspirer.

Nous sommes dans un univers de voitures, l’anthropomorphisme va bon train pendant la totalité du métrage et les créateurs s’en donnent à coeur joie dans les métaphores visuelles « routières ». Nous suivons une voiture de course, Flash McQueen, qui concourt à la prestigieuse « Piston Cup ». Il est très bon et performant, et a toutes ses chances pour gagner, mais il s’agit d’un bolide individualiste et narcissique. Or la course automobile est une affaire d’équipe… bon bah ok, il fallait bien une morale. Mais celle-ci est plutôt bonne je trouve, l’esprit d’équipe prônée contre le solo, ça tient bien la route.

Flash doit se rendre en Californie pour finir la course, mais suite à un petit accident de remorque, il se retrouve en pleine cambrousse, le long de la mythique « route 66 ». Et là bienvenu dans l’âge d’Or des USA… Tous les symboles et les valeurs de l’Amérique sont assénés pendant la prochaine heure, et à la fin c’est un peu lourd. Déjà la glorification de la bagnole est une valeur assez moyenne dans mon propre référentiel, mais soit. Mais là c’est un peu comme quand Marty débarque à Hill Valley en 1955… Donc une ville tradi de chez tradi où les voitures souffrent de l’autoroute qui leur a soufflé tous leurs clients. Flash débarque en bousillant leur bel asphalte et se fait arrêter. Il doit réparer ses dégâts avant de repartir pour la Californie.

Il fait connaissance des habitants de péquenaud-ville, et là c’est la classique galerie de personnages secondaires. Aaaah les seconds rôles c’est une grande spécialité de Pixar, et ce film ne dément pas leur imagination, leur créativité et leur sens de l’humour. Entre la séduisante Porsche, le vieux tacot teubé mais attendrissant, le gros camion de pompiers timide ou bien les garagistes italiens fans de Ferrari, on est garni.

Après l’histoire n’est évidemment pas d’une folle originalité, mais elle tient la route, et divertit comme il faut. J’avoue en avoir eu un peu ma claque au milieu (ça s’appesantit un peu je trouve), mais miraculeusement la fin du film m’a totalement reconquis. Les bons sentiments sont bien dosés, et j’ai vraiment été touché (chuis un grand sensible, vous savez…).

Cars

  • Cinéphage
Le Caïman

Publié le Vendredi 23 Juin 2006 - 18:36
Catégorie: Cinéphage

On avait d’abord annoncé ce film comme un « Michael Moore » version anti-Berlusconi, mais les potes qui sont allés le voir m’ont plutôt expliqué qu’il s’agissait avant tout d’une comédie dramatique qui cachait en effet quelque facette politique. Et c’est vraiment plus ça qu’un vulgaire documentaire en forme de libelle. Nanni Moretti livre là un film qui m’a vraiment plu, il réussit à parler de Berlusconi en abîme tout en concentrant sa narration sur l’histoire de ce producteur aux abois.

Bruno Bonomo est un producteur de films de série Z, il a épousé une de ses actrices fétiches dont il a deux garçons, et a de grosses difficultés financières. Il se démène entre sa femme qui entérine leur rupture, son entreprise qui fait face au marasme de l’industrie cinématographique, et une rencontre inopinée avec une jeune réalisatrice qui lui propose de tourner un film « Le Caïman ». Bruno est tellement embrouillé dans ses affaires qu’il ne saisit pas tout de suite qu’il s’agit d’un métrage qui s’inspire plus que largement de la vie de Berlusconi. On voit donc cet homme se débattre entre ses problèmes personnels, ses problèmes financiers ou ses soucis pour trouver des acteurs ou boucler un budget inexistant. C’est lorsqu’il lit le scénario ou ensuite quand ils démarrent le tournage que des images du « Caïman » se matérialisent et viennent pimenter le fil de l’intrigue…

Voilà une comédie italienne tout en saveurs, on y trouve beaucoup d’humour et de scènes très cocasses, de l’ironie et de la dérision, un rythme saccadé et énergique, des excellents comédiens et comédiennes, mais pas mal de mélo aussi et des sentiments exacerbés. Saupoudrées ça et là, les scènes qui montrent Berlusconi, soit imaginé par le producteur, soit en images d’archives, soit joué finalement par Nanni Moretti « himself », font découvrir le type que l’on connaît déjà. Pourri, démago, populiste et poujadiste… un type qui a choisi la politique pour s’éviter la taule. Baaah on ne va pas non plus critiquer plus que cela, vu qu’on a les mêmes à la maison !

Vraiment un bon film, même si la fin m’a un peu déçu. En effet, il se termine de manière un peu brouillonne et brumeuse, alors que jusque là c’était un film construit et structuré. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression que l’intrigue est correctement finie, ou que les personnages ont livré tout ce qu’il fallait. Et malgré tout, on a droit à une ultime scène en apothéose avec un Nanni Moretti comédien particulièrement inspiré et inspirant.

Le Caïman