Le film n’est pas resté longtemps en salles, mais il a rapidement acquis sa petite réputation de film culte à forte connotation geek. C’est en effet mérité pour cette brillante adaptation d’un comic canadien de Bryan Lee O’Malley. Je n’avais jamais lu ni même entendu parler de Scott Pilgrim, mais apparemment la bédé est très conforme à l’ambiance et l’univers très particuliers du film.
Scott Pilgrim est un ado moyen canadien qui joue dans un groupe, et qui sort avec une fille plus jeune. Mais un jour, il tombe raide dingue de Ramona Victoria Flowers, tandis que son ex cruelle est de retour en ville. Il a un peu de mal à faire table rase du passée, tout en devant larguer son actuelle groupie pré-ado, et surtout pour sortir avec Ramona il doit affronter ses 7 exs !!! Le film égrène les différents combats qui forment le voyage initiatique vers l’amour, mais surtout un pur délire à base de jeux vidéos, gimmicks de super-héros et autres symboles mortellement geeks.
On dirait un peu un petit film à la veine indé américaine, mais en y regardant de plus près le réalisateur est loin d’être un bleu (Edgar Wright, l’auteur de Shaun of the Dead), et le héros principal qui n’est autre que Michael Cera (Confessions d’un homme dangereux, Juno). Mais on a aussi Chris Evans, Anna Kendrick (Twilight, In the air) ou encore Jason Schwartzman qui ne sont pas vraiment des débutants, même s’ils ne sont pas encore des têtes d’affiche de dingue (Chris Evans commence un peu tout de même pour ses films débiles). Donc on est dans une ambiance qui fait mine d’être indépendante mais qui au final ne laisse pas grand-chose au hasard…
Néanmoins j’ai adoré ce film parce qu’il est résolument nouveau, et surtout incroyablement ancré dans notre monde actuel. Il est complètement marqué 2010, et ce qui est drôle c’est que comme je ne suis pas un “jeune” de 2010 il y a même pas mal de choses qui m’ont échappé. Visuellement le film est très riche et extrêmement bien travaillé, avec des effets spéciaux qui rendent particulièrement bien l’ambiance comic, et les capacités de super-héros de Michael Cera. Cela fait un peu croisement entre un “Kaboom” et “Kick-Ass”, avec tous les codes imaginables du jeu-vidéo, du MMORPG (avec toutes les jauges d’énergie ou de combat) et une jolie décomplexion adolescente. En effet, les couples se font et se défont avec des moeurs très libérées, tandis que le colocataire gay de Scott est un modèle en la matière. L’homosexualité, masculine ou féminine, est omniprésente sans être un sujet, et en cela le film est un drôle d’OVNI. C’est juste que dans cet univers geek, on est vraiment passé à autre chose (dude…), et qu’être pédé ou avoir un des ennemis de Scott qui est une nana (donc parmi les exs de celle qu’il convoite), c’est presque anodin.
En plus, les propos sont souvent drôles et absurdes, un mélange que je trouve là particulièrement digeste. Le film est certes léger et pourrait ressembler à ces bluettes d’ado que je regardais à 14 ans (genre ça huhuhu), mais avec cet univers cybernétique et nippon-pop-gaming-cheveux-roses, blindé de références à la fameuse sous-culture geek et des personnages hauts en couleur. Ça passe vraiment très bien, et le film méritera bien de devenir “culte” (Mais bon c’est pas Donnie Darko hein… Ah ça les jeunes de maint’nant, ils comprendraient pas, les p’tits cons.).



















