462 articles pour la catégorie “Cinéphage”

  • Cinéphage
Crazy kung-fu

Publié le Dimanche 12 Juin 2005 - 23:41
Catégorie: Cinéphage

« Shaolin Soccer » était déjà bien déjanté dans le genre, mais là Stephen Chow (auteur, réalisateur et premier rôle des deux films) est allé encore plus loin. Encore plus loin dans le pastiche et dans les effets spéciaux, ce qui donne un film qui a de méchants airs de Bruce Lee qui se prendrait pour Tex-Avery. Le résultat est extrêmement drôle et encore très réussi d’un point de vue esthétique.

L’histoire, boaaaa je ne sais même pas si ça vaut le coup de la raconter, c’est un gang de méchants qui s’attaquent à un quartier qui est truffé de maîtres en arts martiaux qui s’étaient retirés pour mener une vie paisible. Du coup les méchants se font péter la gueule en moins de deux. Ils finissent par en appeler à un grand maître devenu fou et interné dans un asile pour n’avoir pas trouvé de combattant à sa hauteur. Dans le même temps, une petite frappe gaffeuse au grand coeur passe d’un camp à l’autre sans bien savoir lequel choisir. En attendant, il se prend des torgnoles des deux côtés.

Le film est bourré de gags qui sont hilarants, et les effets spéciaux permettent d’aller jusqu’au bout de l’imagination de l’auteur pour mêler les combats de kung-fu classiques avec des performances qui rendent « Tigre et Dragon » petit joueur. Quand les maîtres courent on a l’impression que c’est Bip Bip, une nana souffle comme le grand méchant loup, deux types jouent les Ray (dans Ken le Survivant) et découpent les mecs en rondelle grâce à un instrument de musique à cordes etc. Bref, cela foisonne de trouvailles et de loufoqueries à la sauce pékinoise et on a l’impression que la surenchère est sans fin. Ajouter à cela une adorable historiette à l’eau de rose entre le héros et une jolie muette, quelques gags bien lourds à la Bud Spencer qui donne des baffes et des références constantes à tous les genres et les films !

D’ailleurs pour ceux qui l’ont vu, je n’ai pas rêvé ils évoquent bien Spiderman avec « With great power comes great responsibility. » ??

Les personnages homos ne sont pas en reste puisque nous avons deux stéréotypes irrésistibles entre un coiffeur au pantalon au milieu des fesses, et un des maîtres de kung-fu qui est un tailleur de vêtement et une folle perdue (sauf quand il se bat !). Evidemment c’est complètement naze, mais vraiment drôle et pas du tout choquant.

Un excellent moment de détente et totalement dénué de réflexion ou de la moindre activité cérébrale. Parfait !

Crazy kung-fu

  • Cinéphage
The Taste of tea

Publié le Mercredi 8 Juin 2005 - 1:34
Catégorie: Cinéphage

Il faudrait qu’on m’explique, pourquoi un titre en anglais ?

Ce film est une petite merveille aussi singulière qu’originale, et un véritable OVNI nippon. En effet, on est habitué à des films plus conformes à une morale japonaise où les familles sont tristes et l’imagination est bridée, où les japonais font figure d’austères confucianistes tout juste bon à bosser comme des abeilles, à se bourrer la gueule au saké, avec des femmes soumises et des enfants asservis.

Or cela m’avait toujours troublé car le Japon est aussi le pays des mangas et des animes, un pays où la création va bon train et où les histoires les plus folles et inventives ont donné naissance à des dessins animés bouleversants. Il y a bien eut un esprit assez fantasque pour créer Totoro (mon idole !!). Eh bien ce film nous met exactement dans cet univers, et nous montre ce genre de famille. On n’est pas non plus dans un univers complètement fantoche ou fantaisiste, les normes japonaises sont toujours là, mais on découvre enfin des japonais « normaux » et excentriques !

Le film tourne autour d’une famille toute classique : un couple, deux enfants et le grand-père paternel. Le père est un professionnel de l’hypnose tandis que la femme dessine des mangas. Elle est aidée et conseillée par son beau-père qui s’y connaît aussi. D’ailleurs, son beau-frère est un auteur de manga réputé, et un autre beau-frère (en visite chez eux) est lui ingénieur du son. Bref, une famille d’artistes un peu originale et saltimbanque, mais dans laquelle le père reste un peu bourru, la mère responsable de sa maison et les enfants obéissants.

Les deux enfants d’ailleurs sont deux personnages extrêmement attachants. En fait le film expose les pensées des uns et des autres, et parfois cela donne de drôles d’effets spéciaux pour figurer ce qui se passe dans leurs trombines. La petite soeur a un problème car elle est constamment surveillée par un modèle agrandi d’elle-même « invisible ». Le grand frère lui passe d’un chagrin d’amour à un nouveau coup de foudre pour une charmante joueuse de Go. Et on sent que leur famille et leur éducation leur confèrent cette désinhibition qui les rend si inattendus et parfois insolites.

Il est difficile de raconter l’intrigue réelle du film, car il se passe énormément de choses. Chaque protagoniste et membre de cette famille d’exception a droit à sa petite histoire narrée en bonne et due forme. Le tout forme un portrait charmant et drôle, pétillant et délirant, parfois poétique et surréaliste.

Oh oui, il faut vraiment voir ce film et passer de la farce de l’enregistrement du single du beau-frère et du grand-père avec la choré qui va bien, à des scènes à l’émotion authentique. Ce film est un patchwork de sensations, couleurs, sentiments, photos de famille, rêves, fantasmes, un kaléidoscope dans lequel on met son oeil et on n’arrête pas de tourner et tourner le mécanisme.

The Taste of tea

  • Cinéphage
Last Days

Publié le Mercredi 8 Juin 2005 - 1:02
Catégorie: Cinéphage

Je savais que je n’allais pas voir le film le plus drôle de l’année, et je ne m’attendais pas non plus à être paralysé par l’action. Le film évoque les derniers jours d’un chanteur au succès ascendant, Blake, pour parler des derniers moments de Kurt Cobain avant son suicide. Michael Pitt qui interprète brillamment le rôle de cet artiste torturé et que l’on sent vraiment sur le fil du rasoir dès les premières images.

Le réalisateur est un oeil qui observe le monde déclinant de Blake. On suit aussi les quelques amis musicos déjantés qui crèchent dans une baraque immense perdue dans la verdure. On voit le corps et le mental abîmés des personnages. Drogue ? Oui on peut le deviner, mais on ne le voit concrètement jamais. La caméra va et vient dans le quotidien déliquescent de ces protagonistes d’une fin annoncée et aussi brouillonne que leur existence du moment. D’ailleurs, le film débute par deux couples « hétéros » dans un lit, jusqu’à ce que cela s’inverse et voit la nuit suivante les deux filles et les deux mecs ensembles.

Clairement, j’ai trouvé ça long et parfois un peu chiant. Mais Gus Van Sant est là, et il est vraiment doué pour donner une beauté stupéfiante à des scènes purement contemplatives. Du coup, cela passe plutôt bien, on entre dans ce cercle vicieux et on peut aussi se retrouver happé dans ces séquences minimalistes et méditatives. Les décors jusque dans les couleurs, le climat et les objets sont chiadés, mais la manière de filmer et de cadrer de Van Sant est surtout grandiose.

Blake décline mais on pourrait l’imaginer durer comme cela pendant beaucoup plus longtemps. On sent donc à la fois l’inexorabilité de sa mort, mais aussi la surprise de la voir arriver à ce moment là, et « pour ça ». Outre cela, Michael Pitt ressuscite deux fois son personnage avant la tombe. Evidemment c’est une guitare entre les mains que le musicien moribond renaît de ses douleurs existentielles et chimiques, pour livrer quelques instants surnaturels où le temps se suspend et où la magie opère de nouveau.

Ce film est beau, incroyablement beau et puissant. Certes un peu trop « vide », mais cette vacuité est justement l’instrument même de la mort à venir. Elle souligne encore plus la détresse du personnage, et arrive à nous plonger dans cette même atmosphère humide et suicidaire, cette ambiance de fin de vie où les perceptions sensorielles s’annihilent, et où l’artiste souffle son ultime chant avant de mourir.

Last Days

  • Cinéphage
Sin City

Publié le Dimanche 5 Juin 2005 - 3:04
Catégorie: Cinéphage

Je ne connais pas la bédé qui a donné son nom, son scénario et son formalisme à ce film, donc je peux difficilement faire un rapprochement. Mais d’après PH, c’est comme si la bédé avait servi de story-board, même jusqu’à certains cadrages le film est complètement conforme aux cases de l’auteur Frank Miller.

Eh bien, le résultat d’un point de vue purement esthétique est saisissant. Une Gotham City encore plus sombre et mangée par la pègre, figurée par noir et blanc très contrasté avec quelques notes de couleurs cinglantes qui expriment encore plus leurs passions : une lèvre rouge, du sang vermillon, un regard azuréen ou bien une chevelure de feu. Des personnages violents et violentés : taulard, flics, putes. Autant de brebis galeuses chez les notables que d’innocents héros chez les bandits. Ce film est un ovni cinématographique dont le fond et la forme sont extrêmement singuliers mais qui a fonctionné à la perfection pour moi. J’étais captivé dans mon siège pendant tout le long.

On reconnaît la patte et la filiation de Tarantino qui a participé au film en réalisant une séquence (pour un dollar), le réalisateur de Sin City avait fait la même chose (pour le même prix) pour la composition de la bande originale de Kill Bill 2. Il s’agit donc un film à la violence extrême et à l’histoire un peu « asynchrone », un peu à la Pulp Fiction mais pas vraiment…

C’est vraiment trop dur de raconter l’histoire, en fait les intrigues puisqu’il y a plusieurs récits qui coexistent, se complètent et se répondent. Il y a Bruce Willis qui cherche à sauver une petite fille des mains d’un maniaque sexuel, fils d’un sénateur véreux et influent. Il y a Mickey Rourke (en tête de grosse brute à la Dick Tracy), ex-taulard psychotique au grand coeur, mais qui tue comme il respire, qui veut venger le meurtre d’une prostituée dont il s’est entiché une nuit. Et puis, le sulfureux Clive Owen qui, en cherchant à protéger une barmaid dont il est croque, déclanche une guerre de gangs.

Le film est composé de longues scènes de monologues intérieurs des trois héros principaux, et de beaucoup d’action sous forme de tortures, castagnes, tueries sanglantes et règlements de compte expéditifs. On avance à tâtons dans une histoire glauque où les pièces du puzzle forment peu à peu un ensemble cohérent. Et cette forme superbe renforce encore plus les scènes « passionnelles » qu’elles soient d’amour, de violence ou de baston. Il y a vraiment une énergie qui se dégage des images et des comédiens qui est unique et qui ne laisse vraiment pas indifférent. D’ailleurs la pléiade d’acteurs et actrices qui jouent dans le film est impressionnante, et je les ai tous trouvés impeccables.

C’est un film inévitable je pense, un truc vraiment nouveau et décoiffant, une oeuvre qui fera certainement date dans le cinéma.

Sin City

PS: Nico vient de m’indiquer ce site qui compare la bédé et les images du film. Impressionnant.

  • Cinéphage
La Maison de Cire

Publié le Mercredi 1 Juin 2005 - 16:03
Catégorie: Cinéphage

A la base, j’allais voir avec deux copines un film bien relax et superficiel, pour se marrer à se faire peur, et avec Paris Hilton qui serait certainement très très mauvaise.

Eh bien quelle surprise au final, j’ai trouvé que c’était un excellent film de genre. Dans le genre gore et angoissant, il s’agit d’un film d’horreur pour teens amerloques bien réalisé et qui remplit parfaitement ses objectifs. En fait, je me suis fait dessus pendant tout le film, j’ai flippé comme un gros ouf et c’était encore pire à ma droite et à ma gauche. Du coup, quand j’ai, dans un moment de calme avant la tempête, subrepticement agrippé les genoux de mes deux compères pour les effrayer, ça a bien fonctionné. Je les ai vu se recroqueviller sur leurs fauteuils et pousser un petit cri virginal tout à fait charmant !

Heu, par contre, Paris Hilton est insupportable et joue extrêmement mal. Aucune surprise de ce côté-là, mais à vrai dire, j’aurais été déçu du contraire. Elle surjoue de manière hallucinante un rôle taillé pour elle : une grande gigue blondasse bécasse et un brin teupu. Evidemment, les gens ont applaudi quand elle se prend un pieu qui lui traverse gentiment le cerveau.

Sinon, l’histoire tient la route, l’angoisse est savamment distillée (peut-être avec un début un tantinet trop long) et contre toute attente, on a envie de savoir le pourquoi du comment de cette intrigue. Car en plus des teen-agers à deux balles avec les personnages de « scary movies » habituels, cette « maison de cire » est vraiment intrigante.

Les autres comédiens ne sont pas si mal. Et la scène où Chad Michael Murray retire son ticheurte est… Oh ! So rhaaaaa lovely !

Donc un bon divertissement dans le genre, et un film où l’on a vraiment peur, surtout si on est une poule mouillée comme moi… ou eux !

La Maison de cire

  • Cinéphage
Pas assez de volume (notes sur l'OMC)

Publié le Vendredi 27 Mai 2005 - 16:29
Catégorie: Cinéphage

Hier soir, je suis allé voir ce film qui a déjà un an, mais qui était spécialement programmé au Cinéma des Cinéastes vers Place de Clicly. Il s’agit d’un film d’un jeune réalisateur engagé, Vincent Glenn, qui a joué les Michael Moore français et a tenté d’expliquer l’OMC tout en mettant en exergue ses contradictions.

Le film part plutôt d’un bon sentiment, mais il a été reprogrammé en prévision du referendum, et en définitive c’est un documentaire qui est complètement à charge contre l’OMC. Et c’est un procès d’intention tellement énorme que ça frise la tartuferie et parfois le poujadisme de bas étage. Pourtant la plupart des arguments sont valides et les intervenants sont intéressants et crédibles. Mais il n’y a personne en face des responsables d’ATTAC et autres ONG « anti » sinon le directeur de l’OMC dont les propos sont montés de manière surréaliste pour mieux le mettre en défaut.

Ainsi tout est mis en oeuvre dans la forme pour mettre d’une part le côté obscur de la Force, et de l’autre le bon côté. Séparer le bon grain de l’ivraie n’a jamais été plus simple ! Il y a des musiques et des cadrages qui visent à diaboliser les gens de l’OMC, et tout le contraire pour les altermondialistes. Eh bien cela ne contribue pas à me donner confiance en eux. On ressort plutôt avec une étrange impression de bonnet blanc et blanc bonnet entre deux factions que tout oppose, symétriquement.

Malgré tout, certaines explications du directeur de l’OMC valent leur pesant de cacahouètes, et on hallucine à maintes reprises sur des déclarations aussi énormes. On en apprend aussi beaucoup sur cette organisation, et sur des détails que j’ignorais carrément.

La seconde partie qui se focalise sur l’AGCS, l’Accord Général sur le Commerce des Services, est beaucoup plus intéressante. Il s’agit de la partie de l’OMC qui s’occupe de la dérégulation des services publiques, autrement dit de la libéralisation et de la privatisation des secteurs de santé, éducation, audiovisuel, énergie, télécom etc. On comprend bien à quelle sauce on va être mangé, et cela fait très très peur.

Les témoignages des africains sont particulièrement intéressants et ne laissent pas indifférents. Vincent Glenn interviewe des hommes et femmes qui témoignent de la manière dont l’exploitation de leurs ressources et leurs peuples n’a pas diminué, mais prend au contraire des dimensions effrayantes. On retrouve dans cela des échos très prégnants du magnifique et terrible « Cauchemar de Darwin ». Ils évoquent aussi la manière dont les services publiques africains ont été bradés à des entreprises (françaises très souvent) qui commercialisent aujourd’hui l’électricité ou les télécoms plus chers qu’en France. Il est très simple d’imaginer pareille dérégulation en France avec la manière dont l’énergie et les transports sont en train de se faire privatiser, et qui me font redouter le pire.

La contradiction pure entre les valeurs prônées par l’OMC et les résultats sur le terrain prend alors toute sa valeur, et donne un fort impact à cette partie du documentaire. Outre cela, un documentaire de deux heures et demi, c’est long. Et là clairement, c’est trop long, malgré l’intérêt manifeste que j’ai pu y porter.

Pas assez de volume (notes sur l\'OMC)

  • Cinéphage
Locataires

Publié le Vendredi 20 Mai 2005 - 23:36
Catégorie: Cinéphage

Je n’étais pas trop chaud pour aller voir ce film, étant donné que je m’étais déjà bien emmerdé devant des films coréens du même acabit. Un film posé et pratiquement muet (en tout cas, pour les deux héros) me faisait redouter une préciosité cinématographique toute coréenne qui souvent m’ennuie. Mais les diverses critiques m’ont poussé à y aller, et bien leur en a pris !

Ce film est d’une extraordinaire finesse, et il déroule délicatement, en toute quiétude, une histoire d’amour touchante et troublante entre deux hurluberlus. Les deux comédiens sont très bons et très bien dirigés. Ils sont aussi tout deux (Lee Seung-yeon et Jae Hee) extrêmement séduisants et donc troublants dans leurs expressions puisqu’ils n’ont pas de dialogues. Mais ils font montre d’une gamme d’expressions corporelles très large et ils usent de la mobilité de leur visage pour exprimer une kyrielle d’émotions. Nul doute que jouer ainsi est certainement aussi difficile que de se souvenir de son texte !

Jae Hee est un garçon lunaire et fantasque dont l’occupation consiste à pénétrer dans des appartements inoccupés afin de squatter. Mais il ne vole rien, il ne fait que demeurer peu de temps, et en profite pour remettre de l’ordre, faire la lessive, réparer des objets (une pendule, une chaîne hi-fi) et se prendre en photographie avec les photos de famille des gens. Un jour, il crochète la maison cossue de Lee Seung-yeon dont le mari l’a violentée, et qui se cache de peur et d’appréhension. Elle observe le jeu du garçon, et parvient à communiquer avec lui. Une relation se noue, sans aucune parole, juste des regards et des gestes. Le mari revient, et elle s’enfuit avec le garçon pour mener la même vie que lui. Ils leur arrivent alors quelques péripéties qui font qu’elle est même obligée de retourner avec son mari sadique.

Le film est lent mais pas ennuyant, il est au contraire exactement au bon rythme pour raconter une telle histoire. Tout se fait sans parole. En tout cas pour les deux protagonistes, parce qu’autour d’eux c’est le contraire, ça crie, ça gueule, ça tchatche. Mais eux se nimbent dans leur mutisme et fondent ainsi une communication singulière et surtout un monde de silence dans lequel ils se retrouvent. On voit peu à peu les sentiments éclorent et la relation amoureuse s’épanouir avec une beauté redoutable. Kim Ki-duk a vraiment fait très très fort avec les comédiens et la mise en scène, qui est sobre mais remarquablement efficace.

Au terme de leurs pérégrinations, on plonge de plus en plus dans la fable fantastique. Les personnages sont de plus en plus éthérés, et plus que jamais ils se referment sur leur monde fantomatique. Ils acquièrent l’aptitude et l’habileté à se cacher des autres pour mieux se retrouver même si l’on reste dans des situations réelles qui sont très violentes (femme battue, cruauté et brutalité des prisons). Et on est pris tout naturellement dans cette histoire si étrange et attirante. Ce film est un petit bijou de légèreté, de subtilité et de raffinement.

Locataires

  • Cinéphage
Star wars : Episode III – La Revanche des Sith

Publié le Jeudi 19 Mai 2005 - 15:41
Catégorie: Cinéphage

Fan de Star wars depuis tout môme, je ne pouvais pas manquer cette conclusion, et me devais d’y aller le premier jour. Je ne suis pas du tout déçu, vraiment c’est un très bon épisode. Evidemment, ce n’est pas du grand cinéma mais certainement un des très bons opus du genre « Space Opera ». La salle était blindée d’applaudisseurs et de crieurs en tout genre, bien bourrins et bien boeufs comme on aime. D’ailleurs, Oli était là avec un collègue à lui, et j’ai fait des efforts pour m’intégrer (il m’avait briefé, il ne fallait pas que je lui bousille sa couverture). J’ai serré la paluche d’Oli avec fermeté et décontraction, et quand on a eu la pub Miko avec les bonasses, j’ai même dit : « Putain, comment elles sont bonasses ! ». Et comme ils n’avaient pas entendu (ils étaient un rang devant), j’ai répété : « PUTAIN, COMMENT ELLES SONT BONASSES ! ». :mrgreen:
Le film démarre sur la plus belle scène de combat spatial jamais vu dans un film. Vraiment il s’agit d’une dizaine minutes de pur bonheur avec des points de vue qui mettent le spectateur au coeur de l’action. Les points de vue sont extraordinaires avec des couleurs qui pètent partout, des images de synthèse au poil et une virtuosité de la caméra qui défrise. C’est comme si on était dans le cockpit et les bombes, robots agresseurs, vaisseaux ennemis fusent de tous les côtés. Palpatine a été enlevé par un maléfique robot tuberculeux, le général Grievous (on ne traduit plus les noms, donc il y a une drôle de coexistence entre les anciennes francisations et les noms originaux), un pote du comte Dooku. Evidemment, le duo d’enfer : Anakin et Obi-Wan réussissent à sauver Palpatine et à le ramener au bercail, ce qui renforce encore les pouvoirs et l’autorité du Chancelier. A croire que c’est ce qu’il recherche le bougre !!

Le scénario continue sur la lancée des deux autres, ce qu’on subodorait est bien en train de se passer. On va encore me frapper si je spoil trop, donc je n’en dirais pas plus. Mais Anakin est de plus en plus la proie de ses émotions qui le mène à fricoter avec le côté obscur de la Force (non, ça n’a rien à voir avec son anus, je vous assure). Il fricote surtout avec Padmé (avec son anus peut-être, mais pas uniquement, ce qui suit l’explique très rationnellement), et à force (mais rien à voir avec la Force) elle est enceinte. Hummm cela montre que ce n’était pas une relation très safe d’ailleurs, mais passons…

Sinon Jar Jar Binks a la bonne idée de rester muet, donc pas un missa ou un moissa des deux heures. Par contre, Anakin a malheureusement du texte et un rôle conséquent, donc on se tape les interprétations douteuses de Hayden Christensen qui se prend pour un acteur expressionniste allemand. Du coup les scènes avec lui et l’Empereur m’ont bien fait rire, entre l’un qui se prend pour le Nosferatu de Murnau et l’autre qui nous donne des airs de « M le Maudit » en colère. Mais cela fonctionne très bien et sert convenablement la narration malgré un côté un peu kitsch (c’était mieux quand l’Empereur restait un hologramme mystérieux). Il est par contre incroyable de constater que c’est le même comédien qui a interprété l’Empereur dans le Retour du Jedi. Globalement, les comédiens ne sont pas mauvais. Evidemment, Ewan McGregor est beau comme un dieu, même en bear vieillissant, et Nathalie Portman s’en sort aussi bien malgré son rôle de cruche facheune. En effet, Padmé met de plus en plus ses pains aux raisins sur les oreilles, pour mieux faire la transition vers l’épisode suivant, ou juste pour montrer qu’elle était drôlement avant-gardiste en terme de mode pour son époque.

D’ailleurs si une chose est réussie dans cet épisode, c’est principalement la perfection avec laquelle la fin du 3 est raccord avec le début du 4. Jamais je n’aurais imaginé un scénario qui serait autant fignolé et dont les ficelles peu à peu feraient apparaître les prémices de l’épisode suivant. Bien sûr, on s’attend toujours aux clins d’oeil, et on savait en gros qu’on aurait la genèse de Dark Vador (Darth Vader), mais là on a droit à toute l’explication. Le pourquoi du comment de sa carcasse noire, de sa respiration phtisique, ainsi que la sale gueule de l’Empereur, l’accouchement de Padmé, le destin de Luke et Leïa, Obi-Wan qui va sur Tatouine et Yoda qui prend le chemin de l’exil etc. (Et même pourquoi il n’y a pas de robots combattants dans la suite…)

Le film est évidemment un petit bijou esthétique, avec des décors et costumes somptueux, ainsi que des images de synthèse qui tapent leur mère !

Par contre, à trop abuser du numérique, on fait des économies de bouts de chandelle qui finissent par se voir. Les clones par exemple, ce n’était vraiment pas la peine de faire des personnages entièrement en images de synthèse pour leur donner la même tronche. Ils sont tellement mal faits qu’ils sont déformés et ne résistent même pas à la perspective et aux mouvements de caméra. Idem pour certaines bestioles qui feraient presque regretter le temps des animatronics et leurs textures plus réalistes.

Au final, ce film est une réussite car c’est un pur divertissement de deux heures où l’on en prend plein les mirettes, et qui ne dessert pas la qualité de la trilogie originelle. Evidemment, ça n’a pas le même charme des épisodes qui ont créé le genre même, mais ce qui pèche du scénario ou de l’originalité est compensé par des effets spéciaux beaucoup plus chiadés. Bon mais maintenant c’est fini, et ça c’est con.

Star wars III : La Revanche des Sith

  • Cinéphage
Mon petit doigt m’a dit

Publié le Mercredi 4 Mai 2005 - 17:46
Catégorie: Cinéphage

Les intrigues d’Agatha Christie sont toujours faites de chausse-trappes et de faux semblants qui sont élucidés dans les dernières pages, ou parfois même les dernières lignes du bouquin. Il s’agit d’intrigues emberlificotées qui peuvent revêtir aujourd’hui un côté un peu obsolète ou suranné, surtout lorsque les hasards qui interviennent dans les récits sont un peu trop téléphonés ou invraisemblables. Mais cela passe car on se replace dans une époque un peu éloignée, car ses personnages sont souvent irrésistibles, ses histoires passionnantes, et le tout est saupoudré d’un humour anglais et de ce flegme typiquement britannique qui me plaisent beaucoup.

Là, on retrouve en effet certaines qualités de la romancière. Catherine Frot et André Dussolier forment un couple très réussi et complice. Ils jouent vraiment bien les « Jonathan et Jennifer Hart » version grands-parents aisés, avec leur maison cossue, leur voiture racée et des caractères bien trempés. L’histoire débute par la disparition un peu étrange d’une femme toute aussi étrange dans une maison de retraite, où Frot et Dussolier visitent une tante. Des pensionnaires étant mortes dans des conditions un peu singulières, Catherine Frot s’inquiète pour cette femme disparue et décide de mener sa petite enquête.

Donc quelques éléments de scénario qui augurent du bon. Mais je n’ai pas été sous le charme pour diverses raisons, et je suis ressorti très déçu. D’abord je n’ai pas accroché aux caractères des personnages, ainsi qu’au nombreuses boutades et saynètes humoristiques qui émaillent le film. Alors que cela m’aurait certainement charmé dans un cadre britannique, je trouve que ça fait un flop en français. La salle était assez réceptive et les gens gloussaient facilement, alors que moi j’y entendais clairement une fausse note.

J’ai trouvé que c’était long et poussif, que les personnages s’enlisaient dans cette histoire, et au lieu de penser que l’intrigue était adroite, je l’ai plutôt jugée gratuitement alambiquée. Je n’ai résolument pas été conquis malgré les petites choses prometteuses du début.

Mon petit doigt m\'a dit

  • Cinéphage
Man to man

Publié le Jeudi 28 Avril 2005 - 15:40
Catégorie: Cinéphage

Régis Wargnier sait filmer, et plutôt bien. Joseph Fiennes et Kristin Scott Thomas savent jouer, et plutôt bien. En outre, l’histoire est assez originale, les costumes et décors pas mal du tout et l’action plutôt pétillante. Mais bon… c’est d’un conventionnel assez redoutable et bien cousu de fil blanc du début à la fin. Du coup, l’impression globale que j’en retire est assez positive parce que divertissant et assez réaliste d’un point de vue historique, mais pas extraordinaire.

Finalement, cela donne un film très « Greystoke » dans l’époque, le thème et le style de réalisation. L’histoire est celle d’un groupe de professeurs en anthropologie et amis dont Joseph Fiennes. Ce dernier cherche activement le chaînon manquant entre l’homme et le singe en Afrique, et il pense avoir touché au but en capturant (à l’aide de Kristin Scott Thomas, véritable Allan Quatermain du film) deux pygmées des forêts centrafricaines (séquences « National Geographic » du film). Il les ramène en Ecosse mais rapidement il se rend compte de son erreur de jugement. C’est trop tard car ses amis sont persuadés qu’il ne s’agit que d’animaux qui valident une théorie scientifique de l’évolution dont ils veulent exploiter la manne financière.

On devine très rapidement les divers retournements de situation, et même si la morale sur la tolérance est bonne et valide, le film devient un peu naïf et facile dans son déroulement et sa narration. On en profite aussi pour égratigner plus largement la société occidentale « moderne et civilisée » de l’époque dont les credo scientifiques sont plus que discutables. Quelques moments un peu longuets n’arrangent pas cela, et ce film d’action « historique » paraît d’ores et déjà daté tant il renouvelle si peu le genre.

Dans l’ensemble, il s’agit donc d’un divertissement correct sur un sujet intéressant et touchant, mais qui n’est pas majeur et que j’oublierai vite.

Man to man