Dans le métro ce soir, s’est assis en face de moi un reubeu. Mais alors un reubeu !!!! Un mec ouf de ouf qu’il était beau à tomber sur les rails électrifiés !! D’ailleurs il devait être métisse, encore un des mélanges béni des dieux, ça devait être un italo-marocain avec une once de tchèque ou quelque-chose comme ça. Bref, la bombe dans toute sa splendeur, dans toute sa beauté, avec un regard adorable en plus, à la fois doux et chaud, avec de longs cils et des yeux d’un noir insondables. Equipé d’une bouche qui esquisse naturellement un sourire, de lèvres légèrement ourlées, il était très masculin, et en même temps pas “rugueux” ou avec un air teubé.
D’ailleurs, la nana à côté de moi pensait comme moi, il suffisait de voir son regard vers le bellâtre. Elle l’aurait épousé sur le champ !! (Alors que moi j’aurais d’abord répudié mon chérichou par sms, je suis un mec correct. Huhu.)
Et voilà que la musique qui trottait dans ma tête enchaîne sur cela :
Princesse Arabe - Claire Diterzi
Naturellement, j’ai instinctivement (c’est pas ma fauuuuute, c’est la musique) inclus mon joli brin de brun dans mon clip intérieur. Moi évidemment, j’étais la princesse arabe, et il m’appelait son Oum Kalsoum, son loukoum adoré. Ah ah ah, j’adooooore ce genre de trip. Du coup, je me marrais comme un con en écoutant ma chanson.
Bref, la rêverie ferroviaire ne me quitte toujours pas.
Ce matin, le métro, la tête dans le cul comme tous les matins, une rame un peu plus bondée que d’habitude, je sens que je ne vais pas être assis, et ça me gave. Je fous mes écouteurs, et je rentre dans la rame… Ironie du sort, mon baladeur m’a cheuflisé ce morceau :
L’homme à l’harmonica - Ennio Morricone
Car je le vois… Le strapontin libre. Et je la vois… Cette pute. L’harmonica entame ses premières plaintes, et le duel se met en place. La musique me rend hystérique à l’intérieur, je suis un vrai cowboy, et elle va pas me marcher sur les pieds cette teupu de mes deux. Je lui jette un regard décidé, et je sens le sien qui glisse sur mon visage aussi renfrogné et motivé. Je suis le mieux placé, mais j’ai un obstacle… Un mec est juste devant moi, je dois le contourner, mais sans lui signifier cet eldorado qu’il a bien ingénument ignoré.
Un dernier regard échangé, l’harmonica se déchaîne, il va falloir dégainer.
Une goutte de sueur virtuelle perle à nos fronts, masses laborieuses qui nous moutonnons tous les jours dans le métro. Et là, c’est le drame ! Une vieille, oui vous avez bien entendu, une IEUVE, une de celles avec le regard mauvais et la mise-en-pli argentée, dont on se demande ce qu’elle fait dans le métro à cette heure-là d’ailleurs. Bref la ieuve est en train de nous griller en beauté, elle s’avance telle une walkyrie et lacère de ses griffes acérées les gens qui se tiennent sur son chemin. Elle est rapide comme l’éclair, une vrai ieuve bionique, et elle va arriver à ses fins.
Alors la teupu dans un dernier espoir, elle était la mieux située à présent, dégaine et tente la feinte de la dernière chance. Moi, je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis dépassé par les événements, et cette musique qui m’oblige à faire quelque-chose. Mein gott, tant de drames à huit heures du matin, ce n’est pas possible !!
Mais il faut faire des choix dans la vie. J’ai fait le mien en une demi-seconde. D’ennemis, nous sommes alors devenus complices. Je me suis négligemment déplacé de cinquante centimètres pour me placer juste dos à la vieille, et face à la pute. La vieille a bien tenté de me dire un mot, mais moi le jeune rebelle aux écouteurs dans les oreilles, je l’ai ignorée. J’ai gagné deux secondes avant qu’elle me tapote sur l’épaule d’un air démoniaque, et me bouscule pour passer. Deux secondes qui ont permis à ma nouvelle comparse de s’emparer du strapontin tant convoité.
Quand la vieille est passée, elle a découvert qu’elle était bredouille. J’ai échangé un demi-sourire de victoire avec la teupu, et j’ai renoncé à mon petit confort matutinal. Nous avons scellé notre pacte, lorsque quatre stations plus tard, la pute s’est levée et m’a habilement laissé sa place. La ieuve a bien essayé de ruser, mais l’union fait la force…
Je m’assois sur le strapontin, et le morceau suivant vient encore conclure cette nouvelle aventure ferroviaire, tout en restant dans le thème. Aaah j’adore ma boite à musique stochastique !!
Pour quelques dollars de plus - Ennio Morricone
Je savoure mon duel à l’ombre des tunnels parisiens, et souris à mon western du matin. C’est alors que je me dis que c’est largement blogable, et que j’adorerais que la teupu se soit dit « La tafiole là, je ne vais pas lui laisser ma place ! ».
C’est d’abord Toli qui en avait parlé et qui m’avait intrigué avec les quelques morceaux du jeune homme new-yorkais (impossible de trouver son âge sur le net… mais il a quoi 22, 23 ans maximum non ?). Une voix à la fois posée et délicate, un petit accent indescriptible (pas vraiment américain mais pas non plus anglais ou quoi que ce soit d’autre…), des mélodies envoûtantes et harmonieuses, et en contre-point de tout cela des textes personnels, à fleur de peau, qu’on pourrait parfois penser en dissonance avec tout le reste. Mais non, au contraire, c’est un tout qui réussit à nous faire scotcher et à encore plus rentrer dans ses histoires, son univers, et une sensibilité qui égale celle d’Antony and the Johnsons (il faut le faire…).
Donc quand Toli propose un concert de ce petit chou trognon new-yorkais, et à la Fondation Cartier, mais on y va les yeux fermés, ou bien les oreilles bouchées. Parce qu’il est mignonnet en plus le Chris, et c’est même une copine à ce qu’il paraît (oooooh comme c’est surprenant !). Nous avons donc débarqué en petit groupe à la Fondation pour un concert qui s’apparentait plus à une réunion privée… Alors là, on peut dire qu’ils ne surbookent pas leurs soirées (désolé Vince !), on devait être une soixantaine je pense devant le grand piano de Chris.
Ce dernier a joué pendant une petite heure, mais au bout de quelques chansons il s’est retourné au bout du rouleau et nous a avoué dans un souffle : « Je ne sais pas si je joue depuis dix minutes, ou trois heures… Il fait chaud. ». Et hop, il reprend une gorgée de bière, nous fait sourire (et nous charme contre son gré) avec ses petites phrases en français, toujours accompagnées de son énigmatique accent. Il est comme ses chansons, et c’est dingue de constater qu’il est aussi fragile que son univers musical est cristallin et pulvérulent. Vous auriez du voir comme il était dans ses chansons, comme il les vivait en les interprétant, et comme ses émotions modulaient sa voix et ce magnifique timbre. Car ce n’était pas tant un interprète qui récitait ses textes, non il prononçait ses paroles et elles « faisaient sens » lorsqu’elles sortaient de sa bouche. On avait l’impression qu’il revivait en live ses histoires d’amour foirées, et toutes ses joyeuses anecdotes qu’il met en musique (Roger Gicquel effect !).
Je ne suis pas un immense fan de Chris Garneau, mais je dois avouer qu’il a fait ma conquête ce soir là. C’était un privilège de l’avoir si proche de nous (quelques mètres), et de profiter du personnage dans ce qu’il a de plus beau et intense à offrir. Un véritable artiste en somme…
Je suis un grand fan de Jeanne Cherhal, mais je n’ai pas vraiment le réflexe d’aller voir les artistes que j’aime en concert. Il faut vraiment que je change cette mauvaise habitude. A. m’avait raconté à quel point Cherhal était géniale en concert, mais nous n’avions même pas pris de places. Et puis, par un complet hasard , une amie a pensé à nous pour nous revendre des places de deux autres copains qui ne pouvaient plus y aller. Alléluia ! Car ce vendredi soir en compagnie de Jeanne Cherhal est certainement un des meilleurs moments de ces dernières semaines.
C’était très spécial pour la chanteuse puisqu’il s’agissait de l’ultime concert de sa tournée (depuis 13 mois apparemment), et qu’elle nous donnait ce spectacle simplement accompagnée de son piano. Ajoutez à cela une petite salle à l’ambiance particulièrement intimiste, et des fans de chez fans qui étaient là pour profiter à 100% de ces moments privilégiés avec cette femme d’exception.
Autant j’aime beaucoup l’artiste et ses albums, dont certaines chansons sont des monuments cultes pour moi, autant je ne me doutais pas non plus de ce que j’allais découvrir à cette soirée. Et évidemment, à 5 mètres de moi, c’était encore plus fort et percutant. Alors qu’on pourrait croire qu’elle a tiré des larmes de son public, en fait elle a plutôt suscité d’incroyables crises de rigolade. Car Jeanne Cherhal est une boute-en-train de première, qui se marre tout le temps, ne se prend pas au sérieux, et nous a concocté pendant ce concert blagues sur blagues. Déjà, elle nous a tout de suite mis dans le bain en prévenant qu’elle voulait se faire plaisir, et qu’elle allait chanter des vieux trucs et même des trucs inédits, donc elle aurait sans doute, dans les deux cas, besoin de ses antisèches.
Nous avons eu droit à un concert incroyable… Je suis incapable d’exprimer à quel point j’ai pris plaisir à assister à cela. Déjà, elle chante merveilleusement bien en live, et elle jouait en même temps donc, tout en maintenant un lien continu avec le public. Elle a raconté des anecdotes, mais surtout elle a raconté ses chansons, est revenu sur de vieilles mélodies, des standards que toute la salle fredonnait, des reprises surprenantes et des blagues aussi énormes que tordantes. Bref, l’image de cette jeune femme pleine d’énergie, de créativité et de talent.
J’aime tellement l’humour qu’elle instille dans ses chansons-anecdotes, mais aussi ses textes poétiques et touchants, ou bien encore ses penchants féministes et militants. Du coup, nous nous sommes tous énormément amusés, et apparemment Jeanne Cherhal aussi. Il faut dire que le public était conquis d’avance, et n’avait pas besoin d’être tancé pour répondre aux taquineries ou exigences de la chanteuse.
Ma seule petite déception, c’est qu’elle n’a pas chanté ma chanson préférée. Il s’agit d’une chanson que j’ai d’ailleurs déjà évoquée ici, et qui illustrait (et donnait son titre) à un de mes posts. Une superbe chanson très personnelle et dont les évocations me parlent énormément : La Station.
Jeanne Cherhal - La Station
Mais nous avons eu droit à une bonne partie de son répertoire, et quelques nouveaux titres qui promettent encore un album de grande qualité (surtout cette chanson sur son aventure avec son boucher… et un porc vivant accroché dans la chambre froide qui s’est mis à bouger et crier pendant qu’ils baisaient… en gros. Arffff.). Et si je dois retenir un morceau du dernier album qu’elle a superbement interprété ce soir là, je pense que c’est « Le tissu ». J’aime beaucoup cette chanson qui évoque le voile en racontant une anecdote, dont la chute est fascinante et très « Jeanne Cherhal ».
Jeanne Cherhal - Le tissu
Elle m’a bien redonné du baume au cœur en tout cas, et pour ça JE lui dis merci.
Je le sais car il y a la date d’inscrite sur cette vieille cassette… Putain vieille de douze ans donc !!! On y lit encore distinctement : « Scorpion le 25/11/95 », et de l’autre côté : « Soirée au Scorpion avec Caro et Sébastien le 25/11/95 (DJ Patrice) ».
Le week-end dernier je discutais avec Charles, qui n’est pas trop loin de mon âge canonique, et on se remémorait comme deux vieilles les soirées incroyables qui avaient vu se consumer nos vingt ans. Hé hé hé. Surtout, nous avions pour souvenir prégnant des morceaux de « house », de cette house qui nous a fait triper des heures durant sur les pistes du Queen, du Palace ou du Scorp. Cette dernière boite était considérée comme un endroit plutôt beauf par les pédés du Queen et du Palace, mais je n’ai jamais été branché « castes », et j’ai toujours également fréquenté des endroits très variés (comme aujourd’hui le Club 18 autant que les Bains quoi !). Chaque lieu possède ses charmes et ses défauts, autant dans la déco, l’ambiance, les gens (surtout !) et la musique.
Or dans les années 95, j’aimais particulièrement la musique du Scorp et ce DJ, Patrice Strike, qui dégotait toujours les meilleurs tubes et les passait avec une énergie dingue. J’aimais surtout ces montées qui ne s’arrêtaient JAMAIS, et qui nous laissaient bien souvent sur le carreau. Ah surtout cette version de « I’m ready »… mein gott ! C’est après cette conversation avec Charles que j’ai exhumé de mes archives, cette fameuse cassette, cette antédiluvienne bande magnétique, qui contient ce mix parmi les 90 minutes de soirée enregistrée. D’ailleurs c’était carrément exceptionnel qu’un DJ accepte de faire une cassette comme cela, et c’est ma copine Caro qui avait obtenu ce privilège. Mais j’ai été le seul à vouloir sacrifier la bande qui était dans mon walkman, et j’avais donc reçu le graal en fin de nuit.
Je suis désolé pour la qualité, mais impossible de remettre la main sur un machin qui lit les cassettes correctement. Je n’ai retrouvé que mon vieux magnétophone des années 80… Rholàlàlà, j’ai intérêt à l’encoder mieux que ça, car cela montre à quel point je ne pourrais bientôt plus trouver un seul appareil pour lire ce genre de support préhistorique (et qui au bout de 12 ans a le droit d’être usé).
A l’époque, je me souviens que je rendais ma mère folle avec ma manie de tout conserver, de tout essayer de capturer, d’imprimer, de garder le souvenir du présent, et aujourd’hui je suis content d’avoir persévéré dans cette attitude. Je ne suis pas spécialement attaché au passé, dans le sens où je ne regrette pas vraiment le temps qui passe, mais j’aime parfois cultiver un petit sentiment nostalgique. Rien ne vaut alors une bonne plongée dans mes journaux intimes de l’époque. Car c’est bien là où j’ai rangé le plus de témoignages de ce que j’étais. Il y a bien ces photos qui nous font rougir de honte, ou bien des émouvants rappels mnémoniques comme cette cassette, mais les journaux eux véhiculent une part tellement intime, secrète et encore à haute teneur en authentiques émotions.
J’ai déjà raconté comme j’écris régulièrement depuis 1991. J’ai souvent changé de supports, j’ai écrit dans des agendas, dans des cahiers, sur des feuilles volantes, et j’ai réussi à archiver la plupart de ces inutiles paperasses adolescentes. Dès vingt ans, j’avais peur d’arrêter d’écrire, et je me motivais régulièrement en écrivant souvent par pur plaisir physique. Il s’agissait de sentir crisser la plume sur le papier (de mes cahiers Clairefontaine, achetés que pour ça) et de me laisser aller à une écriture automatique qui révélait bien des surprises.
Mais il faut avouer que mes journaux sont principalement des réflexions hautement philosophiques ou larmoyantes d’un ado mal dans sa peau. Je serais un parfait skyblogueur d’aujourd’hui !
J’ai essayé de voir ce que j’avais écrit sur cette soirée, et j’ai retrouvé la note du 27 novembre dont je vous livre le début. Ah là là là !!
Ca m’a fait un choc quand j’ai relu ça. Mein gott, mais oui « David », comment ai-je pu l’oublier… Alors même que j’allais me retrouver un semestre à Newcastle six mois après, je le rencontrai…
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis pédant et narcissique sur ces feuillets, oh là là ! Si, vous pouvez imaginer ?? Bande de malotrus !! Bref, ces pages ont le mérite de me replacer dans ces vertes années, et elles m’empêchent aussi d’oublier à quel point j’ai pu être… candide (allez ouai, et un peu con aussi d’accord !!). C’est assez salutaire, surtout lorsque je me mets à seriner « sur les jeunes d’aujourd’hui ». J’aime bien ces trucs qui me redonnent illico la bonne dose d’humilité dont je peux venir à manquer parfois.
Voilà le début de la note que j’avais écrite le jour de mes vingt ans, quelques 6 mois après cette soirée au Scorpion. Vous avez le droit de rire.
Ainsi je conclus : Vive la Tecktonik !!
Pour les curieux qui veulent écouter les deux faces de la cassette !
J’ai eu une révélation quand nous étions au cinéma et que nous avons vu « Mon frère est fils unique ». La bande originale était particulièrement soignée, et nous avons eu droit à la version italienne de « Chariot » de Petula Clark.
Chariot (VIt) - Petula Clark
Je me suis alors souvenu que la version française de cette chanson était un vrai petit chef d’œuvre, et le digne héritage de nos parents (enfin les miens en tout cas, tout à fait contemporain de la sémillante chanteuse britannique). Et depuis que je l’ai redécouvert, depuis lundi soir dernier, bah j’arrête pas de me passer la chanson en boucle. Moi je vous dis que c’est une des plus belles chansons de l’univers, ouai. Au moins ! Pis avec son petit accent anglais, c’est trop chou, on dirait Rhino !
[Edit] : Mein gott !! Elle est née en 1932, elle est bien conservée la vieille peau !!! Mes parents vont me tuer si je leur dis ça (ils sont nés en 50) !!!
Nan mais tout ça pour vous raconter une petite anecdote. Une conversation gtalk hier dans la journée avec un pote trentenaire. En gros, on discutait un peu musiques et soirées. Il me racontait (c’est un hétéro très branché) que la musique électro du moment lui cassait les burnes, et qu’il n’accrochait vraiment pas avec la manière dont la house a évolué ces dernières années.
Mais ça s’envenime un peu, et il commence à me servir un discours génial, on aurait dit un vieux con qui crache sur les « trucs de jeunes ».
« Ah ouai, tu te souviens, dansait sur des trucs géniaux dans le milieu des années 90 ? »
« Franchement maintenant, ça ressemble plus à rien, les paroles sont nulles, et les gens ne s’amusent plus, y’a plus la vibe, y’a plus l’esprit de fête… »
« Ca ressemblait quand même à autre chose la house de ces années là !! »
Mouahahaahahahaha !
Je lui ai simplement rappelé le sketch des Inconnus (que je rappelle aussi régulièrement à mes parents, et les plus âgés) sur les chansons d’avant… Entre les chansons réalistes (137 coups de couteaux !!! A 11 ans, elle faisait le trottoir !), les chansons à textes (Et ça fait prout, et ça fait…) ou les parodies des années 80 (c’est trop glucose, Isabelle a les yeux bleues…), je trouve que ce petit sketch (issu de l’excellentissime « Télévision des Inconnus ») avait tout compris à ce sujet.
Et puis, je me suis souvenu que j’avais un mp3 dans mon escarcelle qui valait le détour vers l’année 1995, si chère à ses yeux de clubber. Ah ah ah !
Libido - Classé X
Oui, oui, oui, vous y étiez peut-être. Et comme moi, au Queen ou au Scorp’, vous chantiez à tue-tête : « A fooooooooond ! » lorsque le monsieur demandait « Comment veux-tu qu’un mec te baise ? ».
Mein gott.
Aussi je n’oublie jamais qu’on a tous nos époques, et qu’on ne doit pas fustiger l’actuelle sous prétexte qu’elle déroge de nos propres expériences, qui elles-mêmes différaient de celles de nos parents, et ainsi de suite. Il y a des choses moins bonnes, d’autres carrément meilleures, et cela dépend du point de vue, et du goût de chiotte de chacun. « C’était mieux avant ! », ça se dit même dans le cadre du blog, c’est dire…
Caprice, dans l’album « Sister Simplicity » qui date de 2004, reprend des textes de poètes ou grands auteurs anglo-saxons et les met en musique. On y trouve du Shakespeare, du Shelley, du Byron ou du Tennyson… Il y a toujours un côté très « fantasy », mais je suis impressionné par la voix de la chanteuse, et par une orchestration qui met diablement bien en valeur les paroles.
Là c’est un magnifique poème d’Oscar Wilde : Dole of the King’s Daughter. Et c’est un peu ce que j’ai en tête juste là maintenant tout de suite. Alors voilà.
Seven stars in the still water,
And seven in the sky;
Seven sins on the Kings daughter,
Deep in her soul to lie.
Red roses are at her feet,
(Roses are red in her red-gold hair)
And O where her bosom and girdle meet
Red roses are hidden there.
Fair is the knight who lieth slain
Amid the rush and reed,
See the lean fishes that are fain
Upon dead men to feed.
Sweet is the page that lieth there,
(Cloth of gold is goodly prey,)
See the black ravens in the air,
Black, O black as the night are they.
What do they there so stark and dead?
(There is blood upon her hand)
Why are the lilies flecked with red?
(There is blood on the river sand.)
There are two that ride from the south and east,
And two from the north and west,
For the black raven a goodly feast,
For the Kings daughter rest.
There is one man who loves her true,
(Red, O red, is the stain of gore!)
He hath duggen a grave by the darksome yew,
(One grave will do for four.)
No moon in the still heaven,
In the black water none,
The sins on her soul are seven,
The sin upon his is one.
Une terrible trouvaille de M. Le Maudit, ce vicieux homosexuel à l’intellect surdéveloppé, qui nous régale donc d’un nouvel « hymne ».
Voilà, écoutez c’est excellent !
Meet the feebles - Sodomy
Et en ce dimanche ensoleillé et au moment où j’essaie sans succès de me désencéphaloprocter, voilà quelques rappels utiles des indispensables ovnis gay-friendly qui donnent du baume au cœur, mais aussi du calcium et de l’ATP aux filaments d’actine et de myosine des zygomatiques.
D’abord le génialissime titre de Pussy Tourette : « I think he’s gay ».
Pussy Tourette - I think He’s gay
Mais aussi le clip ultime qui me fait toujours mourir de rire (et que tout le monde doit connaître), et qui est d’une tendresse infinie pour nos FAP qu’on aime tant. Huhu.
Et pour finir, le « Blair and Bush at the gay bar » qui est toujours aussi saignant (Et à prendre au second degré, car ce n’est pas exactement un clip gay-friendly, mais ça ne fait pas de mal d’en faire un !).
[Edit]
Mais évidemment, merci asbel, comment ai-je pu oublier les Wet Spots !!! Ils ne parlent pourtant que de pratiques hétéros, mais parfois on se demande où ils ont appris tout ça. Avec aussi le “Fist me this Christmas“…
Cela fait sept ans que je travaille au même endroit, et lors de mon premier jour, je suis arrivé avec lui à la station de Tram. Depuis toutes ces années, je le rencontre régulièrement, pas fréquemment non plus, peut-être une fois tous les deux mois, soit à l’aller, soit au retour. Toujours le même, en été, l’automne ou en hiver, toujours habillé pareil, toujours aussi mystérieux, et toujours aussi énigmatique pour moi.
Il est difficile de lui donner un âge, je dirais entre 45 et 50 ans, et difficile aussi de saisir vraiment ses traits ou son attitude, car il est aussi invisible que son apparence est incongrue. Il est comme transparent, alors qu’au fond, il dégage quelque chose de vraiment comminatoire. Il porte donc toujours les mêmes vêtements, ou alors il a une garde-robe bien monotone, et il a par tous les temps un grand pardessus marron foncé, un pantalon marron et des chaussures, marrons aussi. Ajoutez à cela une paire de lunette aux verres jaunes fumés, et aussi une grande barbe qui recouvre tout le bas de son visage tandis qu’une tignasse impénétrable, qu’on prendrait pour un postiche ou une chevelure de playmobil, achève de dissimuler son cou, ses oreilles et son front.
Cet homme se cache. Il est là parmi nous, il prend ses transports en commun, matin et soir, il doit bosser dans la boite d’à côté en plus (maison très connexe de la mienne), mais il a quelque chose d’étrange et inquiétant. Sous ses vêtements, sous cette barbe touffue et cette étrange masse de cheveux, derrière ces lunettes opaques et ce regard absent, il doit forcément y avoir quelqu’un. Lorsque je le vois, je suis toujours partagé entre l’envie de croiser son regard (il regarde toujours ses pieds, ou bien par la fenêtre), et aussi une certaine peur. C’est exactement le mec qu’on imagine psychopathe à la hache, ou violeur en série, avec l’anthropophagie comme hobby. Mais rapidement, il rend surtout triste, à se cacher comme cela, surtout en plein été, où les gens forcément doivent le remarquer plus. Et puis peut-être que je me fais des idées, peut-être est-il tout à fait comme il faut, et c’est moi qui fabule allègrement.
Je me demande ce qu’on peut avoir vécu pour se cacher ainsi toute la journée, je l’imagine presque rentrer chez lui, et retirer son manteau, mais aussi ses lunettes, sa barbe et ses cheveux. D’un autre côté, il travaille, c’est donc qu’il est tout de même intégré dans une entreprise. Il doit donc s’exprimer un minimum et avoir quelques talents… A-t-il une famille, une femme et des enfants ? Ah nan, je n’arrive pas à croire que cela puisse être possible…
Je crois qu’il continuera à me fasciner, m’effrayer et m’attrister jusqu’à ce que lui ou moi nous n’empruntions plus les mêmes transports. Il est l’homme de l’hombre (<-- joli lapsus que je laisse, je m'en suis rendu compte en lisant un commentaire), un homme sans âme et sans épaisseur, inexistant et pourtant bien là.
La dernière fois quand je l’ai vu, et que j’ai entendu au même moment cette chanson dans mes oreilles, je me suis dit que c’était cela, exactement cela.
Un film de Téchiné qui évoque les premières années Sida, avec un casting de rêve et une affiche closerienne assez mal venue, forcément ça donne envie d’aller se faire son idée. Histoire de se rendre compte du jeu des comédiens, mais aussi du traitement des événements, de la manière dont Téchiné rend cela avec sa sensibilité et son regard. Je ne suis pas déçu du résultat, j’ai bien aimé, même si je n’en ressors pas complètement convaincu et conquis.
Déjà, une chose est à saluer, le film n’est pas un docu-fiction sur le Sida en 1984. Il s’agit avant tout d’une histoire originale et à l’intrigue bien goupillée, et dont la maladie vient donner le prétexte à des « ruptures » intéressantes dans la narration. Je ne diminue pas non plus l’importance du film dans son rôle « témoin » (justement !), car il a aussi ce mérité de nous resituer en 1984-1985, et de rappeler cette période très étrange, entre chien et loup, où l’on commençait tout juste à réaliser ce qu’était le virus. Ensuite, j’ai vraiment trouvé les comédiens excellents et bien dirigés, avec un plus pour Michel Blanc et Emmanuelle Béart. Cette dernière est excellente, et très belle, malgré son bec de canard (nan mais vraiment elle ressemble à Daffy Duck avec ses lèvres collagènées) qui ne l’empêche presque pas de s’exprimer normalement.
Nous sommes en 1984, Sarah (Emmanuelle Béart) et Mehdi (Sami Bouajila) viennent d’avoir un bébé, et forment un beau couple libéré. Chacun peut aller voir ailleurs sans que l’autre n’en soit gêné. Le meilleur ami de Sarah, Adrien (Michel Blanc), un médecin d’une cinquantaine d’années, rencontre un jeune homme, Manu (Johan Libéreau, très charmant sans être d’une beauté fatale ou parfaite) dans un lieu de drague et s’en amourache. Manu vient de débarquer de province, et squatte la chambre d’hôtel (de putes), où sa sœur (excellente Julie Depardieu) vivote en attendant de gagner sa vie comme chanteuse lyrique. Adrien présente Manu à ses amis…
Le film est en trois parties qui sont clairement intitulées, et sont trois périodes distinctes. Ainsi la toute première, qui dure un certain temps, n’évoque absolument pas la maladie. Il s’agit plus d’une préparation au drame, une mise en scène délicate et joliment orchestrée, aussi parcimonieuse que la rupture sera tranchante. Car le film démarre comme une histoire d’aujourd’hui, et sans l’intervention du Sida, on aurait une suite qui ne serait pas du tout la même. Ensuite c’est la maladie qui se déclare, et les relations qui volent en éclats, les personnalités qui se révèlent ou s’affirment, et des paradigmes qui changent, des morts prématurées à accepter. Etrangement, le film se passe plutôt en frange de l’épidémie, et il ne fait qu’évoquer cela dans l’engagement militant d’Adrien, le médecin pédé qui lutte tout de suite contre le fléau.
J’ai beaucoup aimé le personnage d’Adrien dans ce qu’il a de plus ambigu et réaliste. Car on devine sa personnalité en quelques traits et quelques minutes, lorsqu’il s’éprend ainsi du jeune Manu et se jette à corps perdu dans une relation vaine. Il s’investit pleinement dans la lutte, autant pour combattre la maladie, que pour y gagner une certaine reconnaissance, et oublier sa misère sexuelle et sentimentale (même si un retournement de situation change cela à la fin). Le film est très homo dans ses intrigues, et il ne manquera pas de toucher la communauté pédé.
Le film est plutôt bien ficelé, mais tout de même il manque quelque chose pour en faire une vraie réussite. J’ai été sans cesse gêné par des maladresses ou des petits agacements que je ne pensais pas avoir pour un réalisateur avec une telle expérience. Ok c’est un film français, et on peut du coup plus se concentrer sur un ressenti plutôt que sur un jugement totalement formel. Mais là, il y a aussi quelques moments qui battent de l’aile, et, comme Orphéus le notait, faisaient penser à un premier (bon) film.
Ces points formels que j’évoque et qui m’ont un peu déçu, c’est sur l’évocation des années 80. A part quelques éléments vestimentaires ou de look, comme une coiffure, un blouson, ou la bagnole du héros, tout le reste n’est absolument pas dans le même ton. Alors je sais bien que ce n’est pas un blockbuster, et que l’objectif n’était pas de rendre l’époque à la perfection. Mais tout de même, les twingos garées dans les rues, les vues sur la tour Saint-Jacques avec ses échafaudages, ou les draps de l’hôpital avec « 2006 » inscrit, je pense que ça aurait pu facilement être évité. J’aurais été beaucoup plus « dans le truc » avec un film qui se donne beaucoup plus les moyens pour nous mettre dans l’époque (A part le clip des Rita qui déchire, évidemment !).
Le thème musical est extrêmement redondant, et j’en ai reconnu les premières notes (évidemment) puisqu’il s’agit d’un morceau de Philip Glass. J’ai été assez gêné comme je l’avais été dans « The Hours » puisque c’est encore une fois une reprise d’une œuvre existante (« Metamorphosis » pour « The Hours »), remaniée pour le film. Là, clairement c’était un extrait de Satyagraha : « The Protest », dont on entend que le début et avec des instruments différents. Cette réutilisation a été assez parasite pour moi car j’ai du mal à en entendre une version pareille, même si ce n’est pas mauvais, et mon oreille s’attend toujours à autre chose.
Satyagraha (Protest) - Philip Glass
Donc vous voyez, j’ai aimé, mais ce n’est pas non plus l’extase…
Hier, j’ai encore eu ce qu’on appelle dans mon boulot un « call », en plus c’était un « worldwide marketing meeting » à propos d’un sujet terriblement stratégique, et qui va révolutionner le monde (comme à peu près tous les deux mois). Ainsi, une dizaine de gugusses, dont moi, ont papoté aux quatre coins de l’espace intersidéral. Un peu comme dans une histoire de Toto, il y avait trois français, trois américains, un indien, un japonais et un israélien. C’était l’après-midi, mais les japonais ça ne les dérange jamais (enfin ils n’osent pas dire le contraire) d’être en « call » à minuit.
J’étais dans un bureau face à face avec une collègue qui était aussi un « attendee » à ce truc. Et puis, ça a commencé… et là il faut bénir l’invention de la touche « secret » de ces téléphones perfectionnés de la NASA (au moins), qui ont tellement de touches et de fonctionnalités qu’il faut un BAC+5 pour savoir composer un numéro. Donc nous avons appuyé sur « secret » en nous disant : « Oh naaaan pas luiiiii ! ». Et j’ai commencé à glousser, car je ne tiens jamais longtemps avec Monsieur Janup. Voilà un exemple d’une ancienne conversation que j’avais enregistrée (Devil inside !) un autre jour. Et vous savez quoi, bah il quasiment dit la même chose, MOT pour MOT !!
J’étais connecté sur la messagerie interne, et du coup j’ai commencé à discuter avec Alex (mon pote et aussi collègue). Je ne sais pas pourquoi, car ça n’avait rien à voir avec le « call », mais nous avons parlé cul pendant tout le temps que j’entendais l’autre baragouiner ses « tremendous features for this future generation killer apps ». Pendant ce temps là, ma collègue surfait allègrement sur des sites de vacances. D’ailleurs, c’est fou le nombre de gens qui passent du temps à butiner les sites web d’agences de voyages.
Et de temps en temps, j’entendais un « Matthew ?? », et donc je me réveillais, j’ôtais le « mute » du téléphone, et je balançais : « I totally agree, but we do need some more metrics and a better strategic vision, or the whole process will be too confusing for us to build a comprehensive and coherent marketing plan. » ou un truc ressemblant.
Et entre temps, j’échangeais de passionnantes tirades sur la sodomie avec Alex. Qui fait quoi, comment, tout ça… les dernières techniques à la mode, les conseils des spécialistes, etc. Ensuite on a dérivé sur la qualification et quantification de la propension à être actif ou passif. Des « metrics », encore !!! Qu’est-ce que 70% actif et 30% passif ? Comment inverser une tendance ? Comment grappiller des points dans les sondages ? A quels critères peut-on se fier pour construire une échelle qui accepte des précisions du genre : 62/38 ?
Bref, pendant un moment je me sentais dans une situation assez surréaliste…
Mais bon, parfois elles sont bien ces conférences téléphoniques mondiales, mais là… nan. Et puis Janup, je dois l’appeler demain pour bosser avec… et j’en tremble d’avance… En plus parfois je me mets à prendre son accent pour lui parler, sans le faire exprès !!!
Et le pire c’est que je ne me suis rendu compte de rien en arrivant ce matin au boulot. Pourtant je m’étais rasé, mais comme d’habitude j’étais au radar toute la matinée, et encore plus en ces lundis matins que précèdent des dimanches soirs agités. Je me pointe comme une fleur au bureau, et je ne remarque pas les regards ironiques ou gênés dans les couloirs. Il faut dire que jusqu’à l’ingestion de la première dose de caféine, je suis encore victime de proctocéphalite matutinale.
Je suis allé me chercher mon petit kawa salvateur, encore quelques coups d’œil singuliers qui commencent à me mettre la puce à l’oreille. La nuit fut aussi brève que douce, remuante et verbeuse, et elle m’a laissé sur un cotonneux nuage (rose bonbon) jusqu’à maintenant. Une sorte de fatigue salutaire qui greffe un sourire béat et stupide sur mon faciès, tandis que j’essaie de rassembler mes esprits et de sortir de mon brouillard nocturne. Je me dis que tout le monde se rend compte que je n’ai pas beaucoup dormi la veille.
Mais un de mes collègues à qui je serre la main me fait : « Mais qu’est-ce que t’as fait encore la nuit dernière toi ? », et il tend vers mon cou un index interrogateur.
Et là, ça m’est revenu… Que puis-je donc avoir dans le cou ?
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Sur mon cou - Etienne Daho
Je vais aux toilettes, pour jeter un coup d’œil, et ça me revient, ah bah ça oui, son sourire de loup s’est posé sur mon cou ! Me voilà auréolé d’un joli suçon violet version « les années Collège ». Huhuhu. Il faut dire que j’adore qu’on m’embrasse dans cette zone là, et que moi-même je peux difficilement m’empêcher de laisser des traces de morsure sur l’autre. Et dans le feu de l’action, on a souvent bien du mal à mesurer les effets de ses baisers passionnés et mordants.
Et voilà le résultat :
Mon boss est passé, et il a juste fait : « Ah tiens, t’as un nouveau mec ? ».
Ron a été l’invité de l’émission de radio HomoMicro, et on peut l’écouter maintenant en ligne ! Ma petite Candy Neige préférée y fait encore une fois une excellente prestation, et puis les deux animateurs prennent le temps de discuter avec Ron, du bouquin, du blog etc. On en apprend énormément sur la genèse du blog et du livre, et des tas d’anecdotes sur les nouvelles. Un très chouette moment de radio !