109 articles pour la catégorie “Ecoutage”

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Mon Panthéon de la littérature

Publié le Mardi 4 Octobre 2005 - 17:07

Post à lire en écoutant ceci :

(The Booklovers – The Divine Comedy)

La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

Il s’agit sans conteste de mon livre fétiche, un bouquin que je relis régulièrement et que je pense avoir déjà dévoré une vingtaine de fois depuis une dizaine d’années que je le connais. Il est arrivé à un moment charnière de mon existence et ce n’est pas anodin s’il est resté une sorte de jalon dans les découvertes culturelles que j’ai pu faire à l’époque, et dans mon cheminement personnel global. Stéphanie, une de mes muses (voire mentor) de l’époque, me l’avait conseillé et ce fut une vraie révélation.

J’avais été autant sensible à la qualité intrinsèque du roman qu’à l’histoire bien singulière de son auteur. Un homme qui s’est suicidé en 1969 à l’âge de 32 ans parce qu’il se pensait un écrivain raté (le manuscrit avait été refusé partout), et dont la mère a opiniâtrement cherché à faire connaître l’oeuvre. Résultat : en 1981, le roman est récompensé du Prix Pulitzer ! Il avait mis une telle avant-garde dans son écriture qu’il n’est pas étonnant que les éditeurs de l’époque n’aient pas pris ce risque, mais encore aujourd’hui le roman parait avoir été écrit cette année tant il est actuel dans le ton, les personnages, l’intrigue et la peinture au vitriol des USA.

L’histoire c’est celle de Ignatius Reilly qui est un énorme bonhomme, grosse feignasse et éternel étudiant, qui vit avec sa maman. Le roman a pour toile de fond la Nouvelle Orléans et son lot de personnages marginaux complètement déjantés. Ignatius est petit à petit impliqué dans un tas d’histoires abracadabrantes avec un policier minable, un balayeur noir aux grandes lunettes noires, une tenancière d’un bouge et pornographe à ses heures, une artiste de music-hall aussi idiote que minable, une tapiole complètement hurlante et fanatique de déguisement, un groupe de lesbiennes plus dangereuses que des racailles en furie, une militante du sexe en tant que force politique et j’en passe ! En outre, il est contraint par sa mère à trouver un emploi dans cette ville, et nous suivons son évolution professionnelle de vendeur de hot-dogs à employé des « Pantalons Lévy ». Dans cette dernière entreprise, il faut noter le personnage de la vieille secrétaire Miss Trixie, grabataire et sénile mais tenue en activité par Mme Lévy en personne, qui reste cultissime pour moi, tant j’ai ri à la lecture des passages la concernant.

Le roman foisonne d’idée et de saynètes plus drôles et cocasses les unes que les autres. Outre cela, les personnages décrits sont une superbe critique de la société américaine et au final un remarquable tribut à la Nouvelle Orléans. Et puis Ignatius est fantastique et fascinant, on le déteste du début à la fin et vraiment il n’y a rien pour l’amender, mais il est irrémédiablement le héros du roman. Un héros anti-héros qu’on célèbre et qu’on abhorre en même temps !

La conjuration des imbéciles - John Kennedy Toole

De chair et de sang – Michael Cunningham

Un deuxième bouquin fétiche mais que je ne peux pas trop relire, tant il me fait passer par des émotions intenses. La lecture de ce livre est un phénomène terrible pour moi vu comment je m’identifie aux personnages et aux situations. Il s’agit d’une grande saga familiale qui démarre à l’arrivée d’un immigrant grec, et dont on suit le cheminement aux US. Michael Cunningham autopsie au scalpel cette famille (la femme et les enfants de ce grec immigré) et raconte leur histoire sur des dizaines d’années, phase après phase. L’approche est très psychologisante mais tout passe par le roman et l’intrigue. Certaines scènes sont d’une incroyable puissance, et je m’identifie beaucoup à l’homo du roman : Will. Brillant, fascinant et dérangeant de lucidité.

De chair et de sang - Michael Cunningham

L’agneau carnivore – Agustin Gomes Arcos

Je l’ai lu et relu celui-ci, un livre dont l’écriture m’avait captivé et le style ensorcelé. On sentait même dans la traduction les accents sous-jacents et le rythme des phrases espagnoles. Il s’agit d’un roman à l’intrigue singulière et fascinante, l’histoire de deux frères en même temps qu’une passion amoureuse dévorante qui va bien plus loin que la fraternité. Inceste donc, mais vécu comme un amour si pur, sincère et beau qu’on en oublie la bizarrerie. Une famille espagnole qui va avec, une mère toute droite sortie d’Almodovar, dans une époque franquiste tout aussi particulière. J’avais été très affecté d’apprendre que le livre était épuisé et non réédité. Si vous ne l’avez jamais lu, c’est probablement trop tard, et cela me fend le coeur.

L'agneau carnivore - Agustin Gomes Arcos

Chronique d’un Eté – Patrick Gale

Lu pendant la période bloguesque. Un roman très fort et à forte connotation gay vu que le principal personnage est homo (et trompe sa soeur avec son beau-frère). Avant tout une histoire de famille avec une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, et surtout deux épisodes séparés de trente ans qui figure un petit garçon, devenu le personnage principal, et encore troublé par un drame survenu à l’époque. Encore un bel exemple de drame psychologique familial tel que j’aime à lire et à m’identifier.

Chronique d'un Eté - Patrick Gale

Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay – Michael Chabon

Lu pendant la période bloguesque. Un gigantesque roman qui couvre de 1939 à 1954 les existences de deux créateurs (fictifs) de comics à New York, à la grande époque des comics américain. Kavalier et Clay sont deux cousins à l’incroyable destinée et aux passionnantes aventures dans ce monde naissant de la bédé. Les deux personnalités sont aussi bien fouillées et le côté humain n’est pas du tout en reste. Un roman d’une classe supérieure.

Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay - Michael Chabon

Le monde selon Garp – John Irving

Le premier Irving que j’ai lu, et qui m’avait tant émerveillé, que j’ai depuis lu tous ses romans. Il s’agit de l’histoire la plus fantasque et picaresque, celle de Garp qui raconte simplement sa vision du monde. Le roman est fou et épique, il foisonne d’idées et de vitalité, il fait parti de ces romans brillants que seuls les américains savent écrire. La plume de John Irving distille en outre un style incroyable à ses histoires, et la vie de Garp laisse des empreintes profondes, et visibles bien après la lecture. Et j’en ai aimé bien d’autres de l’auteur, parfois presque aussi marquants (notamment : L’oeuvre de Dieu, la part du diable).

Le monde selon Garp - John Irving

Avicenne ou la route d’Ispahan – Gilbert Sinoué

Relu pendant la période bloguesque. Je bouquine régulièrement ce roman qui me fait du bien et me stimule comme j’aime. Il s’agit de la « vie » du grand médecin perse et musulman : Ali Ibn Sina, plus connu en occident sous le nom : « Avicenne ». A travers les récits de son disciple, nous suivons ses aventures incroyables dans toute la Perse et au-delà. Le livre est un délicat mélange entre les péripéties de l’aventurier et les guérisons du « prince des médecins », le tout raconté avec le charme des récits orientaux et une plume tout à fois docte, historique, philosophique et romanesque.

Avicenne ou la route d'Ispahan - Gilbert Sinoué

Ainsi va le jeune loup au sang – Christophe Donner

Lu pendant la période bloguesque. Un des rares écrivains que je considère typique de la plume française contemporaine, qui normalement n’est pas ma tasse de thé. Mais avec « L’empire de la morale » ce sont les deux livres de Christophe Donner qui m’ont marqué. D’abord par le style et l’écriture de ce type qui écrit des choses qui s’impriment en moi aussi naturellement que si je les avais pensées. Ensuite, j’ai été bouleversé par ces récits et, il faut l’avouer, l’identification avec des personnages décrits, voire l’auteur lui-même (peut-être à tort, mais c’est l’effet qui compte !).

Ainsi va le jeune loup au sang - Christophe Donner

Amour, prozac et autres curiosités – Lucia Etxebarria

Relu pendant la période bloguesque (allez sur le lien juste pour se rendre compte de comment je parlais des bouquins à l’époque, c’est risible !!). Cette auteure écrit avec une verve qui m’a tout de suite aiguillonné. Outre cela, ses personnages sont torturés et viennent de familles tout aussi perturbées. Juste ce qu’il faut pour me plaire ! Il y a dans ce roman un souffle de movida qui fait irrémédiablement penser à Almodovar. Même avec la traduction française, on sent les expressions et la fougue de la langue espagnole dans cette histoire passionnée et passionnante de trois soeurs aux destinées singulières.

Amour, prozac et autres curiosités - Lucia Etxebarria

Les grands singes – Will Self

Relu pendant la période bloguesque. Will Self est un auteur anglais que j’aime beaucoup, autant pour son style irréprochable que pour les histoires qu’il narre avec beaucoup de talent. Mais le place ce bouquin là au-dessus du lot. En effet, il nous fait pénétrer dans un monde parallèle et incroyable avec tellement d’aplomb et de science que l’on en vient à douter avec le héros de sa propre santé mentale. Son héros, Simon, est un artiste contemporain de renom qui prend une ecsta de trop après un vernissage, et qui tape un bad trip de chez bad trip. Il se réveille le lendemain et constate qu’il est un singe, ainsi que tous les hommes qui l’entourent. Il est alors emmené en hôpital psychiatrique puisqu’il se prend pour un homme. Là un éminent psychiatre (singe donc) va essayer de le convaincre de sa chimpanité. Bref, la métaphore est filée jusqu’au bout, jusqu’à un point impensable même !

Les grands singes - Will Self

Le langage perdu des grues – David Leavitt

Lu pendant la période bloguesque. Ce bouquin m’avait beaucoup plu parce qu’il était bien écrit, mais surtout parce qu’il s’agissait encore d’une de ces histoires de familles bonnes pour l’hôpital psy, mais encore plus car il narre l’histoire d’un homo dont le père se révèle… homo aussi ! Les personnages et les situations psychologiques y sont merveilleusement décrits, et le roman rend toute l’ampleur d’un tel événement dans une famille, ainsi que les répercussions chez tous ses membres.

Le langage perdu des grues - David Leavitt

Jonathan Coe – la maison de sommeil

Cet auteur, dont j’ai lu tous les romans, manie avec beaucoup de talent l’humour et le flegme britannique lors de ses récits un peu biscornus et passionnants. « La maison de sommeil » évoque des amis qui se sont connus en 1983 dans une résidence universitaire, transformée aujourd’hui en hôpital spécialisé dans les troubles du sommeil. En 1996, les mêmes amis s’y retrouvent, l’un d’eux est le directeur de l’endroit. Jonathan Coe raconte là une histoire très intrigante et aux rebondissements palpitants. Littéralement scotchant.

Jonathan Coe - la maison de sommeil

Le petit malheureux – Guillaume Clémentine

L’unique roman de cet auteur à la plume bien affûtée et alerte. J’ai adoré ce roman et cet anti-héros : un mec de 35 ans qui vivote du RMI et qui est un alcoolique patenté. Feignant, malpoli, obsédé, un vrai looser, et qui assume de surcroît. Mais alors, putain ce qu’il écrit bien. Et du coup, on lit avec jubilation les bons mots de ce gros con à la redoutable intelligence et au cynisme confondant.

Le petit malheureux - Guillaume Clémentine

Et qui va promener le chien – Stephen MacCauley

L’écriture de Stephen MacCauley m’a toujours emporté à la lecture de la première page, et m’a accroché jusqu’à la dernière. Il cisèle les personnalités avec beaucoup de délicatesse, de tendresse et de sagacité. Ce bouquin-ci est celui que je préfère pour sa finesse, son humour, ses héros et ce souffle génial qui le traverse de part en part. Clyde est un jeune prof de littérature looser (il donne des cours dans une université « parallèle ») et homo, amoureux mais sans bien l’assumer de son colocataire hétéro Marcus. Ce dernier doit gérer un jeune garçon, qui est son fils mais il l’ignore… La mère est une ex-amie de Clyde… Clyde a des gros problèmes de communication avec sa famille. Marcus a de gros problèmes de communication, tout court ! Et le chien !

Et qui va promener le chien - Stephen MacCauley

En direct du Golgotha – Gore Vidal

Lu pendant la période bloguesque. Un petit chef-d’oeuvre d’irrévérence et un régal d’anti-cléricalisme. Une histoire dingue, surréaliste, fantastique sur fond d’exégèse biblique bien sévère nous raconte comment un pirate informatique (à notre époque) est en train d’éradiquer la version des évangiles pour y mettre la sienne. Il faut alors faire quelque chose, et saint Timothée (qui s’est fait sodomisé par saint Paul… dingue je vous dis !!) enquête sur cette étrange perturbation temporelle aux faramineuses implications.

En direct du Golgotha - Gore Vidal

Demain les chiens – Clifford D. Simak

Un seul bouquin de SF dans cette sélection, pourtant j’en ai aimé des tas, et je suis loin de considérer cette littérature comme mineure. Mes préférences sont clairement affichées en la matière pour Isaac Asimov et Clifford D. Simak dont j’ai dévoré la quasi-intégralité de leurs oeuvres. Cette SFmania me vient de mon père qui m’a le premier initié à ces auteurs. Et si je dois citer un bouquin c’est celui-ci. « Demain les chiens » est un recueil de légendes écrits par des chiens (évidemment) et qui racontent une époque fort lointaine où les hommes habitaient encore sur la Terre. Des récits mythologiques et parfois fantaisistes où suit la lente évolution du chien au côté de l’homme (d’où le caractère improbable de l’histoire, et l’assurance de la légende), puis carrément seul lorsque l’homme abandonne la partie. On voit le chien apprendre à parler, puis à coexister avec les robots. Un bouquin fascinant et délirant, un livre qui, comme les bons romans de SF, à travers son récit fantastique délivre des messages non négligeable en terme de moeurs ou de sociologie.

Demain les chiens - Clifford D. Simak

Le voyage d’Anna Blume – Paul Auster

J’ai tout lu de Paul Auster, et celui-ci n’est pas le premier que j’ai découvert (il s’agit de la trilogie new-yorkaise), mais il est celui qui m’a concrètement ouvert les portes de l’univers austérien. Univers délirant, fantasque et terrible, où j’entre à chaque fois avec une certaine appréhension, mais d’où je ressors toujours comblé. Ce roman décrit le voyage d’Anna pour retrouver son ami qui est parti au-delà d’une zone plus ou moins interdite dont on ne sait pas grand-chose… guerre, anarchie, instabilité politique ? Elle a perdu le contact et veut tout faire pour le rejoindre. Elle entre donc dans cette zone de non-droit où les gens vivent selon d’autres règles, d’autres lois et parfois selon de bien étranges usages. Certains se regroupent juste pour se suicider ensemble en se jetant du haut des immeubles, d’autres font de la récupération dans ce monde à la Mad-Max où seule la loi du talion règne. Anna est une femme forte, qui malgré sa solitude tente de survive dans cet univers déchiré et sans repère. On y retrouve tous les éléments de l’auteur de Brooklyn : la solitude, les bouquins, la ville, la perte de repère et d’identité, la quête de l’autre et de soi en l’autre etc. Ce livre m’a durablement marqué par son plongeon dans la tête d’Auster, en plus de son efficacité romanesque redoutable.

Le voyage d'Anna Blume - Paul Auster

La fée carabine – Daniel Pennac

Cette fameuse trilogie « Au bonheur des ogres – La fée carabine – La petite marchande de prose », je l’ai découverte par ce bouquin-ci, singulièrement celui du milieu, lorsque j’avais 17 ans. J’avais été subjugué par l’intrigue même du roman, mais aussi par l’univers qui était ainsi mis en place. La famille Malaussène est alors devenue un incontournable pour moi, et j’ai vite été un grand fan des romans qui la mettaient en scène. L’auteur est un fin conteur, et il réussit le difficile exercice de raconter une histoire de famille émouvante et attachante, tout en se débattant dans des intrigues originales, passionnantes et palpitantes. Un cocktail aussi déroutant que séduisant qui a fait le succès de cette trilogie. Ce bouquin reste mon préféré, et surtout pour une raison étrange : les premières pages qui racontent comment une vieille fée transforme une tête d’homme en fleur avec sa baguette, dixit « le Petit à lunettes roses ».

La fée carabine - Daniel Pennac

Danseur – Colum McCann

Lu pendant la période bloguesque. Ce bouquin m’a accroché dès les premières pages, et ces premières descriptions de soldats russes pendant la seconde guerre mondiale. Sinistre et terrible tableau pour poser le décor du père du petit Rudolf Noureïev. Un roman donc, mais qui se base sur des faits réels, et comme le disait une critique « qui brouille les limites entre fiction et réalité pour atteindre le vrai. ». Un roman troublant et marquant qui raconte la vie de cet immense danseur, et nous le montre dans sa grandeur, décadence, fragilité, perversité et fulgurante existence.

Danseur - Colum McCann

Hygiène de l’assassin – Amélie Nothomb

Merveilleuse maîtrise du dialogue, du suspense, du « sens » du personnage qui font de ce roman une oeuvre énorme et extraordinaire. On ne peut qu’être suspendu aux lèvres des deux protagonistes : Amélie en personne et son pervers interlocuteur Prétextat Tach. Ce dernier est un homme adipeux et détestable, misanthrope et vicieux, qui déstabilise et détruit ses interlocuteurs de son verbe assassin. Mais la journaliste ira plus loin qu’aucun n’était jamais allé avec Prétextat, elle répondra à ses injures, déjouera sa verve machiavélique et ira même jusqu’à le confronter à ses contradictions et sa « condition d’assassin ». Et comme dans tous les romans de Nothomb, on la découvre presque aussi corrompue et exécrable que son ennemi. Un livre qui se dévore d’un trait, une joute verbale qui peut donner des hauts de coeur, et des moments de jubilation intenses. Un roman qui brille par la plume charismatique et la perspicace intuition de son auteure/héroïne.

Hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb

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La malédiction des chiffres

Publié le Lundi 3 Octobre 2005 - 21:40
Catégorie: Ecoutage, Linkage

Mon palimpsesteur préféré me signale ce billet audio sur Arte Radio. Courte mais éloquente citation du Niqueur de Meetic dans cette délectable séquence où Mona Chollet évoque un bouquin de Dickens (qui critiquait déjà le “surrationalisme” de ses contemporains).

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37°2 le Matoo

Publié le Samedi 1 Octobre 2005 - 22:28
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Aller pour Gruissan vendredi après le boulot, arrivé vers 23h à Narbonne. Retour anticipé, samedi après-midi, arrivé vers 21h à Paris – Gare de Lyon.

C’est affreux de rompre, car par définition une rupture est l’action explicite de faire du mal à une personne à laquelle on tient beaucoup. Action contre-nature donc mais qui doit arriver pour réconcilier l’intérieur et l’extérieur, le cheminement intellectuel et sensible avec la réalité du couple… caduque. Le jeu est terminé, il est temps de régler les comptes.

Sense and sensibility… Raison et sentiments, puisqu’il s’agit toujours de ce fameux binôme. Certains pondèrent différent l’un et l’autre, d’autres les considèrent à égalité, et d’autres encore ne sont des adeptes que de l’un des deux. Moi je compose selon les moments, selon le degré d’implication, passionnel ou plus réfléchi.

Trop de différences qui m’ont miné, m’ont empêché d’y voir clair et sereinement. Différence d’âge, de référentiels, d’envies, de valeurs, et même de physique. C’est la première fois que j’expérimentais de sortir avec un mec qu’on arrêtait dans la rue pour lui demander son numéro de téléphone. Et ce en n’imaginant pas une seconde que je sois en couple avec. J’ai essayé parce qu’il en valait la peine, et que je ne m’arrête que rarement sur un quelconque critère quand je rencontre quelqu’un qui me plait. Mais là, je me suis rendu compte après quelques épisodes malheureux que nous allions dans le mur, et qu’il fallait couper court à cela.

Ce n’est vraiment pas une sinécure, et on n’a envie que de se dire qu’on s’est trompé juste après avoir levé le glaive. Lorsqu’il est retombé, c’est encore pire, on voudrait au contraire pouvoir faire la plus grande déclaration d’amour de tous les temps, mais non. Il faut là se fier à son instinct mais plus sûrement à sa raison. Je sais que j’ai bien agi, et pour moi, et forcément pour lui (puisqu’un couple est un consentement mutuel). Mais je me sens merdeux comme cela se doit d’être.

Alors, je sors la perruque de la boite en haut de l’étagère et…

Wig in a Box – Song from “Hedwig and the Angry Inch”

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Perdu dans le Palais des Glass

Publié le Vendredi 30 Septembre 2005 - 1:23
Catégorie: Ecoutage

Troubles et déséquilibres, mystères et agitations, émois et insondables arcanes.

Dans ma tête résonne ce morceau de Philip Glass qui résume tellement bien ce qui se passe en moi, que ça se passe de plus de commentaires.

Philip Glass – Facades

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Les trophées de la soupe stellaire

Publié le Mercredi 28 Septembre 2005 - 1:43
Catégorie: Ecoutage, Magazinage

Quand je pense que les mélomanes que je lis (comme Freaky, Folkfurieuse ou Borgo) n’en ont même pas parlé, je trouve ça HONTEUX !! Ce sont vraiment des élitistes !

Putain, merde, quand même il faut que je me farcisse les pages culture du Parisien, qui m’avait déjà fourni quelques perles entre les Feux de l’Amour ou Patxi, pour trouver le palmarès de la première édition des Etoiles de Chérie FM. Attention, 4 millions d’appels (!!!) ont permis de choisir les gagnants.

C’est ouf, tout dans cet article célèbre la soupe franchouillarde actuelle mais avec un tel aplomb que c’en est déconcertant. Et pourtant, j’écoute Chérie FM de temps en temps, et c’est même RFM qui me réveille le matin (c’est dire si je ne suis pas du genre « indé »), mais là quand même… ‘tain y’a un minimum !

Tout commence par les parrains : Phil Collins et Céline Dion. Ok, ça annonce la couleur. :mrgreen:

Et le fin du fin : les résultats.

Lara Fabian : Etoile du public
Michal : Etoile du public
Yannick Noah : Etoile de la générosité
Chimène Badi : Etoile de l’émotion live
Arielle Dombasle : Etoile de la séduction féminine
Marc Lavoine : Etoile de la séduction masculine
Isabelle Boulay : Etoile de la sensibilité
Julie Zenatti : Etoile de la chanson d’amour
Lara Fabian : Etoile de l’émotion

Nan mais vous y croyez vous ? (les noms des trophées, les gens ???)

:berk:

PS : Merde déjà que j’ai des problèmes avec les fans d’Hélène Ségara moi… pfiouuuu.


Trophées Chérie FM - Le Parisien 28/09/2005

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L’Ecole des Podcasteurs

Publié le Mercredi 21 Septembre 2005 - 17:07
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Alors que les résultats du public sont clos et que le jury est en train de rendre ses ultimes résultats à Jacques Martin GuiM, je livre les miens. Pour ne pas trop être influencé par mes coups de coeur, j’ai décidé de suivre à la lettre la grille de notation du Sieur Frat en notant chaque podcast selon les critères suivants : Ton, Rythme, Vitesse d’élocution, Musicalité, Compréhension, Originalité, Mise en forme, Style, Grammaire, Qualité podcast, Durée.

Comme je fais ce que je veux avec mes cheveux, j’ai délibérément mis de côté les podcasteurs qui sont de véritables radios (comme Laurent). Cette manière de saucissonner les notes est un bon moyen pour retrouver un peu d’objectivité, même si au final, je retrouve mes chouchous en tête (on ne se refait pas !). J’ai par contre été surpris de l’ordre ou de la présence de certains podcasts, donc je pense que l’exercice était assez salutaire et plutôt équitable.

Voilà donc les notes (sur 20) pour les dix premiers, et comme à l’Ecole des Fans, tout le monde a gagné ! ;-)

Blogging the news (19)
Emob (18)
French Podcasting (18)
Pointblog (18)
Incipit Blog (17,45)
Le Podcast de la Cabane au Canada (17)
Le Podcasteur de Bertrand Lenotre (16,27)
Pod en stock (16,27)
Pot’castor (16)
The FrenchPodClass (16)

Etrangement, il y en a 7 en commun avec ceux que Laurent notait comme ses favoris. Est-ce que cela sera reflété dans le vote du public dont les résultats seront dévoilés ce soir ? Et au final après l’intégration des votes du jury ? Hé hé hé, on verra bien ! :mrgreen:

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Trophées de la Testostérone Buccale et Métaphorique

Publié le Mardi 6 Septembre 2005 - 16:26
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Eh oui, bienvenu aux TTBM ! Je vous jure que je ne l’ai pas fait exprès ! Nan, promis !

Après avoir patiemment écouté tous ces podcasts, je me suis rendu à l’évidence : la voix des podcasteurs a une influence sur mon envie de les écouter, comme une photo flatteuse sur un blog me pousse à en savoir un peu plus sur le blogueur. Ah là là, on ne se refait pas ! Or, une voix c’est un atout fabuleux et un attrait physique absolument pas négligeable.

Evidemment, j’évoque des voix masculines puisqu’elles me sont plus agréables à l’oreille, et surtout qu’elles me suggèrent plus de fantasmes que des voix féminines ne pourraient le faire (ouai chuis un vrai pédé, si si).

Une voix me plait pour plusieurs raisons, et le charme qui en émane revêt aussi plusieurs formes. Je peux trouver une voix terriblement sexy ou seulement charmante, ou sympathique ou même aguichante. Une belle voix peut m’être indifférente tandis que certains défauts ou bien un accent peut être un facteur clef de séduction.

Voilà donc mes gagnants !

Dans la rubrique « J’aime le mâle », nous avons ici le représentant de l’hétérosexualité virile et dominatrice, une voix bien « mec » et légèrement branleur, en plus d’une pincée de désinvolture. En outre, il parle de rock métal et donc le vocabulaire utilisé est à la hauteur du sujet : ça avoine et ça démate !!! Ouuuuuuhhhhhh ! Bref, une belle voix de mec qui me plait beaucoup par son côté brut et sans fioriture, en plus d’avoir un assez joli timbre.

Dans la rubrique « Je tombe », je l’avais déjà un peu évoqué mais bon… je dois réitérer : le mec de « Blog in the news » a une voix de dingue. Son truc à lui c’est ce léger accent belge qui ne se repère que dans l’accentuation de certains mots ou à la fin des phrases, et ça lui donne un charme, mais un charme !! Et parfois, il nous sert des pans entiers de nonante et de septante, et là : je succombe. Il s’agit d’une voix masculine mais juste ce qu’il faut, et surtout ces quelques pointes mutines qui font qu’on le sent sourire derrière son micro. Cela lui donne une voix des plus fraîches, agréables et sympathiques, en même temps qu’un fort potentiel en bouleversement hormonal plus localisé. Je crois que j’ai un faible pour les belges. :mrgreen:

Dans la rubrique « Je suis sous le charme » (et non pas sous la table, quoique…), j’ai beaucoup aimé la voix de ce mec que je trouve particulièrement intrigante. Ce n’est pas un parangon de la virilité mais ce truc velouté et tendre qui transparaît dans la voix m’a touché.

J’espère que les « gagnants » ne se sentiront pas vexés de cette attention toute innocente de ma part (mais ouiiiiii, gnark gnark). Vraiment leurs voix m’ont vivement* plu.

*Je l’ai déjà dit mais j’aime les allitérations, presque autant que les narvals, c’est dire !

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Podcasters have resuscitated the radio star

Publié le Jeudi 1 Septembre 2005 - 18:46
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

J’avais brièvement évoqué les Podcasts d’Or que Guim a organisé. Je fais partie du Jury (entre copines vous savez… hu huhu) et donc je me suis attelé à visiter les sites des podcasteurs et surtout à écouter attentivement leurs trois derniers épisodes, émissions, posts enfin leur machin qui s’écoute quoi !

Je reste un peu sur mon opinion de base, c’est-à-dire que l’écrit me parle plus, mais que comme dans les blogs écrits, on trouve des podcasts très bons, très spécialisés, très pros, très pédés, très cuisine, très skyblogs etc. Du coup, cela n’a pas révolutionné ma vision du blog, mais a rajouté une facette qui s’est révélée très intéressante et parfois même d’une fécondité et d’une inventivité que je ne soupçonnais pas.

J’ai un peu galéré parfois pour récupérer les mp3 ou pour choper les bons flux de syndication. Ce n’est pas aussi simple qu’avec les blogs traditionnels, mais on y arrive avec un peu de perspicacité je crois (mais cela prouve pour certains qu’ils vont avoir du mal à être entendu !).

Voilà déjà un petit débroussaillage (concis donc incomplet mais ça m’aide aussi à y voir un peu plus clair) de ce que j’ai trouvé chez ces blogueurs nouvelle génération pour ceux qui veulent en connaître un peu plus sur les compétiteurs. Je publierai plus tard des résultats plus détaillés sur ceux que je préfère.

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J’aime les narvals

Publié le Mercredi 27 Juillet 2005 - 0:30
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Oui aujourd’hui, je l’avoue. Je le dis haut et fort : j’aime les narvals !

Or, une personne que j’aimais et que j’admirais, en qui j’avais toute confiance : Oli, pour ne pas le citer, est allé au Spitzberg pendant quelques jours. Quand il m’a demandé ce qu’il pouvait me ramener du grand nord, je lui ai dit que j’aimais les narvals, et que je voulais une photo d’un narval rien que pour moi !!!! Un chouette narval avec une chouette corne !

Eh bien, voilà la carte postale que ce félon m’a envoyée :

Carte postale d\'Oli du Spitzberg

Siiiiiiiii, je vous jure madame !! (Aaaaah non, ne jurez pas Marie-Thérèse !!!) Il m’a envoyé un vulgaire morse, et n’a même pas pu faire montre d’un peu plus d’amitié et de considération. En outre, il veut me faire croire qu’il n’a pas vu de narval au Spitzberg. Alors moi je dis : ça craint ce voyage !!!!

C’est marrant ce truc des narvals, mais ils me passionnent depuis que je suis tout môme (oui j’étais un gamin bizarre, et alors ? Huhuhu). En fait, c’est un truc avec les animaux mythiques tels les dragons ou griffons qui m’ont toujours fascinés, et le moment où j’ai réalisé que certaines bestioles bizarres, elles, étaient bien réelles. Il y a eu aussi la découverte des espèces rares ou éteintes dont on ne trouve que des fossiles (comme les dinosaures) ou bien celles dont on a une trace historique presque récente.

Mes parents m’avaient alors donné un plaisir qu’ils ne pouvaient même pas imaginer en m’offrant un livre, je devais avoir 8 ans, qui évoquait justement à la fois les animaux mythiques et d’autres bien réels. J’avais alors eu la confirmation que les dragons n’avaient jamais existé (ce qui m’a rendu très triste sur le moment) mais qu’on trouvait un curieux lézard géant, un « dragon » sur l’île de Komodo. Il y avait quelques informations passionnantes sur des espèces étranges mais assez connues comme l’ornithorynque, ce curieux animal qui est un mammifère mais pond des oeufs, drôle de syncrétisme entre canard, loutre et castor.

J’avais été aussi particulièrement intrigué par la disparition de bêtes bien stupéfiantes comme le Dodo de l’île Maurice (merveilleusement illustré dans une truculente nouvelle d’Asimov) ou bien l’Aepyornis, cette autruche géante de l’île de Madagascar qui mesurait 3 mètres de haut et pesait une demi-tonne !

Encore plus curieux, un animal que certains pensaient mythique, d’autres pensaient éteint, a été retrouvé il y a peu de temps. Il s’agissait du babiroussa, une sorte de porc sauvage au corps glabre et aux énormes défenses recourbées.

La licorne, je savais bien que ça n’était qu’un animal mythique, mais j’ignorais alors qu’il existait un animal bien réel qui possédait un attribut similaire. Le narval, un cétacé de 4 à 5 mètres de long, jusqu’à 1 tonne et demi et une défense en spirale, longue et droite comme une corne de licorne, qui peut atteindre 3 mètres de long. Le bouquin expliquait que le narval était un animal peu connu du fait de sa rareté, se son emplacement sur le globe (sous la banquise de l’Océan Arctique) et que beaucoup de gens ignoraient l’existence d’un tel animal ou le pensaient un simple mythe.

J’ai alors été pris d’un amour ineffable pour les narvals, les licornes de la mer, étranges animaux dont on ne sait finalement que peu de choses, et qui continuent à intriguer. Les premières cornes de narvals qui vinrent de Scandinavie au Moyen-Âge étaient vendues comme des cornes de licorne authentiques, ce qui a permis d’entretenir un mythe vivace jusque très tard.

A priori, seuls les mâles possèdent cette corne, mais certaines femelles en ont aussi. Les narvals n’ont que deux dents, et l’une des deux (la gauche) poussent énormément à partir de un an, jusqu’à percer la lèvre supérieure et donner une défense en ivoire torsadée et très innervée.

Pour plus d’infos (et des images) sur ces étonnants cétacés : ici c’est carrément pas mal (d’ailleurs ça mériterait presque d’être recopié pour compléter wikipédia, je le ferais si j’étais un mec bien).

Bon bah voilà, maintenant vous savez tout : j’aime les narvals.

PS: Non, on ne dit pas “un narval, des narvaux”. ;-)

Ecoutez-moi ça : c’est ti pas meugnon un narval qui dit bonjour ? Pfff, enflure d’Oli va !!! (:mrgreen:)

  • Ecoutage
  • Matooyage
Le droit d’aimer

Publié le Mercredi 29 Juin 2005 - 17:15
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

En pensant à ces canadiens qui ont maintenant le droit de se dire oui, et aussi à Laurent et son chéri. Tu vois Eolas, ils ont le droit et le Droit. ;-)

A la face des hommes,
Au mépris de leurs lois,
Jamais rien ni personne
M’empêchera d’aimer.

A souhaiter des noces
Comme celles des gosses
En âge de l’amour
Je l’ai voulu, ce droit !
Par des matins d’ivresse
Et des nuits de détresse,
Luttant pour cet amour,
Je l’ai conquis, ce droit !
Par la peur de tout perdre,
Au risque de me perdre,
Pour que vive l’amour,
Je l’ai payé, ce droit !

Dans un genre similaire et qui me touche aussi beaucoup, j’ai découvert (Via GuiM ;-) ) un article sur Hubertine Auclerc (1848-1914), une féministe des origines du mouvement (lors de la Commune). Une suffragette du onzième qui a lutté toute sa vie durant pour l’égalité et les droits des femmes.

Elle dit :

« Sachez-le citoyens, ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté… Nous, femmes, ce que nous voulons, c’est tuer le privilège… Toutes les femmes sont dupes dans l’association humaine… La question des femmes est le noeud gordien qui, une fois tranché, permettra de résoudre la question sociale… »

Et encore cela qui m’a beaucoup fait sourire, ça devait être une sacrée bonne femme comme j’aime :

Elle se retrouve en prison pour avoir refusé de payer ses impôts, invoquant que « puisqu’une femme n’a pas de droit, elle n’a pas de devoir. »

Pourtant tout est écrit depuis plus de deux cents ans, simplement et sans équivoque, dans la devise de la France : Liberté, Egalité, Fraternité.

Bref, vive l’amûûûûûûûûûr. :love: