109 articles pour la catégorie “Ecoutage”

  • Ecoutage
  • Matooyage
To the unknown man

Publié le Lundi 2 Avril 2007 - 23:01
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Cela fait sept ans que je travaille au même endroit, et lors de mon premier jour, je suis arrivé avec lui à la station de Tram. Depuis toutes ces années, je le rencontre régulièrement, pas fréquemment non plus, peut-être une fois tous les deux mois, soit à l’aller, soit au retour. Toujours le même, en été, l’automne ou en hiver, toujours habillé pareil, toujours aussi mystérieux, et toujours aussi énigmatique pour moi.

Il est difficile de lui donner un âge, je dirais entre 45 et 50 ans, et difficile aussi de saisir vraiment ses traits ou son attitude, car il est aussi invisible que son apparence est incongrue. Il est comme transparent, alors qu’au fond, il dégage quelque chose de vraiment comminatoire. Il porte donc toujours les mêmes vêtements, ou alors il a une garde-robe bien monotone, et il a par tous les temps un grand pardessus marron foncé, un pantalon marron et des chaussures, marrons aussi. Ajoutez à cela une paire de lunette aux verres jaunes fumés, et aussi une grande barbe qui recouvre tout le bas de son visage tandis qu’une tignasse impénétrable, qu’on prendrait pour un postiche ou une chevelure de playmobil, achève de dissimuler son cou, ses oreilles et son front.

Cet homme se cache. Il est là parmi nous, il prend ses transports en commun, matin et soir, il doit bosser dans la boite d’à côté en plus (maison très connexe de la mienne), mais il a quelque chose d’étrange et inquiétant. Sous ses vêtements, sous cette barbe touffue et cette étrange masse de cheveux, derrière ces lunettes opaques et ce regard absent, il doit forcément y avoir quelqu’un. Lorsque je le vois, je suis toujours partagé entre l’envie de croiser son regard (il regarde toujours ses pieds, ou bien par la fenêtre), et aussi une certaine peur. C’est exactement le mec qu’on imagine psychopathe à la hache, ou violeur en série, avec l’anthropophagie comme hobby. Mais rapidement, il rend surtout triste, à se cacher comme cela, surtout en plein été, où les gens forcément doivent le remarquer plus. Et puis peut-être que je me fais des idées, peut-être est-il tout à fait comme il faut, et c’est moi qui fabule allègrement.

Je me demande ce qu’on peut avoir vécu pour se cacher ainsi toute la journée, je l’imagine presque rentrer chez lui, et retirer son manteau, mais aussi ses lunettes, sa barbe et ses cheveux. D’un autre côté, il travaille, c’est donc qu’il est tout de même intégré dans une entreprise. Il doit donc s’exprimer un minimum et avoir quelques talents… A-t-il une famille, une femme et des enfants ? Ah nan, je n’arrive pas à croire que cela puisse être possible…

Je crois qu’il continuera à me fasciner, m’effrayer et m’attrister jusqu’à ce que lui ou moi nous n’empruntions plus les mêmes transports. Il est l’homme de l’hombre (<-- joli lapsus que je laisse, je m'en suis rendu compte en lisant un commentaire), un homme sans âme et sans épaisseur, inexistant et pourtant bien là.

La dernière fois quand je l’ai vu, et que j’ai entendu au même moment cette chanson dans mes oreilles, je me suis dit que c’était cela, exactement cela.


To the unknown man – Vangelis

  • Cinéphage
  • Ecoutage
Les Témoins

Publié le Vendredi 16 Mars 2007 - 20:07
Catégorie: Cinéphage, Ecoutage

Un film de Téchiné qui évoque les premières années Sida, avec un casting de rêve et une affiche closerienne assez mal venue, forcément ça donne envie d’aller se faire son idée. Histoire de se rendre compte du jeu des comédiens, mais aussi du traitement des événements, de la manière dont Téchiné rend cela avec sa sensibilité et son regard. Je ne suis pas déçu du résultat, j’ai bien aimé, même si je n’en ressors pas complètement convaincu et conquis.

Déjà, une chose est à saluer, le film n’est pas un docu-fiction sur le Sida en 1984. Il s’agit avant tout d’une histoire originale et à l’intrigue bien goupillée, et dont la maladie vient donner le prétexte à des « ruptures » intéressantes dans la narration. Je ne diminue pas non plus l’importance du film dans son rôle « témoin » (justement !), car il a aussi ce mérité de nous resituer en 1984-1985, et de rappeler cette période très étrange, entre chien et loup, où l’on commençait tout juste à réaliser ce qu’était le virus. Ensuite, j’ai vraiment trouvé les comédiens excellents et bien dirigés, avec un plus pour Michel Blanc et Emmanuelle Béart. Cette dernière est excellente, et très belle, malgré son bec de canard (nan mais vraiment elle ressemble à Daffy Duck avec ses lèvres collagènées) qui ne l’empêche presque pas de s’exprimer normalement.

Nous sommes en 1984, Sarah (Emmanuelle Béart) et Mehdi (Sami Bouajila) viennent d’avoir un bébé, et forment un beau couple libéré. Chacun peut aller voir ailleurs sans que l’autre n’en soit gêné. Le meilleur ami de Sarah, Adrien (Michel Blanc), un médecin d’une cinquantaine d’années, rencontre un jeune homme, Manu (Johan Libéreau, très charmant sans être d’une beauté fatale ou parfaite) dans un lieu de drague et s’en amourache. Manu vient de débarquer de province, et squatte la chambre d’hôtel (de putes), où sa soeur (excellente Julie Depardieu) vivote en attendant de gagner sa vie comme chanteuse lyrique. Adrien présente Manu à ses amis…

Le film est en trois parties qui sont clairement intitulées, et sont trois périodes distinctes. Ainsi la toute première, qui dure un certain temps, n’évoque absolument pas la maladie. Il s’agit plus d’une préparation au drame, une mise en scène délicate et joliment orchestrée, aussi parcimonieuse que la rupture sera tranchante. Car le film démarre comme une histoire d’aujourd’hui, et sans l’intervention du Sida, on aurait une suite qui ne serait pas du tout la même. Ensuite c’est la maladie qui se déclare, et les relations qui volent en éclats, les personnalités qui se révèlent ou s’affirment, et des paradigmes qui changent, des morts prématurées à accepter. Etrangement, le film se passe plutôt en frange de l’épidémie, et il ne fait qu’évoquer cela dans l’engagement militant d’Adrien, le médecin pédé qui lutte tout de suite contre le fléau.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Adrien dans ce qu’il a de plus ambigu et réaliste. Car on devine sa personnalité en quelques traits et quelques minutes, lorsqu’il s’éprend ainsi du jeune Manu et se jette à corps perdu dans une relation vaine. Il s’investit pleinement dans la lutte, autant pour combattre la maladie, que pour y gagner une certaine reconnaissance, et oublier sa misère sexuelle et sentimentale (même si un retournement de situation change cela à la fin). Le film est très homo dans ses intrigues, et il ne manquera pas de toucher la communauté pédé.

Le film est plutôt bien ficelé, mais tout de même il manque quelque chose pour en faire une vraie réussite. J’ai été sans cesse gêné par des maladresses ou des petits agacements que je ne pensais pas avoir pour un réalisateur avec une telle expérience. Ok c’est un film français, et on peut du coup plus se concentrer sur un ressenti plutôt que sur un jugement totalement formel. Mais là, il y a aussi quelques moments qui battent de l’aile, et, comme Orphéus le notait, faisaient penser à un premier (bon) film.

Ces points formels que j’évoque et qui m’ont un peu déçu, c’est sur l’évocation des années 80. A part quelques éléments vestimentaires ou de look, comme une coiffure, un blouson, ou la bagnole du héros, tout le reste n’est absolument pas dans le même ton. Alors je sais bien que ce n’est pas un blockbuster, et que l’objectif n’était pas de rendre l’époque à la perfection. Mais tout de même, les twingos garées dans les rues, les vues sur la tour Saint-Jacques avec ses échafaudages, ou les draps de l’hôpital avec « 2006 » inscrit, je pense que ça aurait pu facilement être évité. J’aurais été beaucoup plus « dans le truc » avec un film qui se donne beaucoup plus les moyens pour nous mettre dans l’époque (A part le clip des Rita qui déchire, évidemment !).

Le thème musical est extrêmement redondant, et j’en ai reconnu les premières notes (évidemment) puisqu’il s’agit d’un morceau de Philip Glass. J’ai été assez gêné comme je l’avais été dans « The Hours » puisque c’est encore une fois une reprise d’une oeuvre existante (« Metamorphosis » pour « The Hours »), remaniée pour le film. Là, clairement c’était un extrait de Satyagraha : « The Protest », dont on entend que le début et avec des instruments différents. Cette réutilisation a été assez parasite pour moi car j’ai du mal à en entendre une version pareille, même si ce n’est pas mauvais, et mon oreille s’attend toujours à autre chose.


Satyagraha (Protest) – Philip Glass

Donc vous voyez, j’ai aimé, mais ce n’est pas non plus l’extase…

L’avis des copines : Dfromparis, Psykokwak, Marcel Dugomier, Gregoo, Patrick, Celui qu’il, le nain masqué, Nij, Toli, Julien, MonsieurT, Orphéus.

Les Témoins

  • Ecoutage
  • Matooyage
Plan tél à Bollywood

Publié le Mercredi 28 Février 2007 - 19:10
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Hier, j’ai encore eu ce qu’on appelle dans mon boulot un « call », en plus c’était un « worldwide marketing meeting » à propos d’un sujet terriblement stratégique, et qui va révolutionner le monde (comme à peu près tous les deux mois). Ainsi, une dizaine de gugusses, dont moi, ont papoté aux quatre coins de l’espace intersidéral. Un peu comme dans une histoire de Toto, il y avait trois français, trois américains, un indien, un japonais et un israélien. C’était l’après-midi, mais les japonais ça ne les dérange jamais (enfin ils n’osent pas dire le contraire) d’être en « call » à minuit.

J’étais dans un bureau face à face avec une collègue qui était aussi un « attendee » à ce truc. Et puis, ça a commencé… et là il faut bénir l’invention de la touche « secret » de ces téléphones perfectionnés de la NASA (au moins), qui ont tellement de touches et de fonctionnalités qu’il faut un BAC+5 pour savoir composer un numéro. Donc nous avons appuyé sur « secret » en nous disant : « Oh naaaan pas luiiiii ! ». Et j’ai commencé à glousser, car je ne tiens jamais longtemps avec Monsieur Janup. Voilà un exemple d’une ancienne conversation que j’avais enregistrée (Devil inside !) un autre jour. Et vous savez quoi, bah il quasiment dit la même chose, MOT pour MOT !!

J’étais connecté sur la messagerie interne, et du coup j’ai commencé à discuter avec Alex (mon pote et aussi collègue). Je ne sais pas pourquoi, car ça n’avait rien à voir avec le « call », mais nous avons parlé cul pendant tout le temps que j’entendais l’autre baragouiner ses « tremendous features for this future generation killer apps ». Pendant ce temps là, ma collègue surfait allègrement sur des sites de vacances. D’ailleurs, c’est fou le nombre de gens qui passent du temps à butiner les sites web d’agences de voyages.

Et de temps en temps, j’entendais un « Matthew ?? », et donc je me réveillais, j’ôtais le « mute » du téléphone, et je balançais : « I totally agree, but we do need some more metrics and a better strategic vision, or the whole process will be too confusing for us to build a comprehensive and coherent marketing plan. » ou un truc ressemblant. :mrgreen:
Et entre temps, j’échangeais de passionnantes tirades sur la sodomie avec Alex. Qui fait quoi, comment, tout ça… les dernières techniques à la mode, les conseils des spécialistes, etc. Ensuite on a dérivé sur la qualification et quantification de la propension à être actif ou passif. Des « metrics », encore !!! Qu’est-ce que 70% actif et 30% passif ? Comment inverser une tendance ? Comment grappiller des points dans les sondages ? A quels critères peut-on se fier pour construire une échelle qui accepte des précisions du genre : 62/38 ?

Bref, pendant un moment je me sentais dans une situation assez surréaliste… ;-)

Mais bon, parfois elles sont bien ces conférences téléphoniques mondiales, mais là… nan. Et puis Janup, je dois l’appeler demain pour bosser avec… et j’en tremble d’avance… En plus parfois je me mets à prendre son accent pour lui parler, sans le faire exprès !!!

  • Ecoutage
  • Matooyage
Kasse-cou

Publié le Lundi 19 Février 2007 - 20:59
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Et le pire c’est que je ne me suis rendu compte de rien en arrivant ce matin au boulot. Pourtant je m’étais rasé, mais comme d’habitude j’étais au radar toute la matinée, et encore plus en ces lundis matins que précèdent des dimanches soirs agités. Je me pointe comme une fleur au bureau, et je ne remarque pas les regards ironiques ou gênés dans les couloirs. Il faut dire que jusqu’à l’ingestion de la première dose de caféine, je suis encore victime de proctocéphalite matutinale.

Je suis allé me chercher mon petit kawa salvateur, encore quelques coups d’oeil singuliers qui commencent à me mettre la puce à l’oreille. La nuit fut aussi brève que douce, remuante et verbeuse, et elle m’a laissé sur un cotonneux nuage (rose bonbon) jusqu’à maintenant. Une sorte de fatigue salutaire qui greffe un sourire béat et stupide sur mon faciès, tandis que j’essaie de rassembler mes esprits et de sortir de mon brouillard nocturne. Je me dis que tout le monde se rend compte que je n’ai pas beaucoup dormi la veille.

Mais un de mes collègues à qui je serre la main me fait : « Mais qu’est-ce que t’as fait encore la nuit dernière toi ? », et il tend vers mon cou un index interrogateur.

Et là, ça m’est revenu… Que puis-je donc avoir dans le cou ?

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton coeur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.


Sur mon cou – Etienne Daho

Je vais aux toilettes, pour jeter un coup d’oeil, et ça me revient, ah bah ça oui, son sourire de loup s’est posé sur mon cou ! Me voilà auréolé d’un joli suçon violet version « les années Collège ». Huhuhu. Il faut dire que j’adore qu’on m’embrasse dans cette zone là, et que moi-même je peux difficilement m’empêcher de laisser des traces de morsure sur l’autre. Et dans le feu de l’action, on a souvent bien du mal à mesurer les effets de ses baisers passionnés et mordants.

Et voilà le résultat :

Un suçon dans mon cou

Mon boss est passé, et il a juste fait : « Ah tiens, t’as un nouveau mec ? ».

Bon bah voilà, au moins c’est officiel. :mrgreen:

  • Ecoutage
  • Outside
Ron chez HomoMicro

Publié le Mardi 13 Février 2007 - 1:52
Catégorie: Ecoutage, Outside

Ron a été l’invité de l’émission de radio HomoMicro, et on peut l’écouter maintenant en ligne ! Ma petite Candy Neige préférée y fait encore une fois une excellente prestation, et puis les deux animateurs prennent le temps de discuter avec Ron, du bouquin, du blog etc. On en apprend énormément sur la genèse du blog et du livre, et des tas d’anecdotes sur les nouvelles. Un très chouette moment de radio !


Le podcast de l’émission N°59 d’HomoMicro

  • Ecoutage
  • Matooyage
Le club des natifs du 31 mai 1976

Publié le Jeudi 25 Janvier 2007 - 17:47
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Vous ne vous êtes jamais demandés combien de gens dans le monde étaient nés le même jour que vous ? Et quelle est bien l’influence de cette connivence sur leurs existences ? Heuuu je mets à part l’astrologie, étant donné que je ne suis pas très crédule à ce sujet (même si j’aime ma petite Christine Haas). Je suis quelqu’un de très attaché aux dates et de manière générale aux repères, qu’ils soient temporels, géographiques ou sensoriels. Quand j’ai habité longtemps un endroit, je garde toujours en mémoire ces petits détails anodins et insignifiants, mais qui sont des stimuli d’une efficacité redoutable lorsque j’y retourne, même des années plus tard.

Pour mon anniversaire, c’est un peu la même chose. Le 31 mai 1976… y’a un truc, c’est le jour de ma naissance, alors c’est forcément un repère d’importance pour moi.

Et puis on est tout de même vachement doués les trente-et-un-mai-mille-neuf-cent-soixante-seiziens ! :mrgreen:
Mais oui, avec Colin Farrell et sa grosse bite (ah il est comédien aussi ?) mais aussi le basketteur Matt Harpring ou bien la tenniswoman Mashona Washington, le footballeur Alex Calderoni ou encore le sauteur à ski Roar Ljøkelsøy.

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à faire du sport !!! :boulet:
Il n’y pas longtemps, j’ai été contacté par un blogueur qui m’a appris qu’il était aussi né le 31 mai 1976. Dingueuuuh !

Et il chante bien !! (J’ai chopé ça sur son blog.)

Je vais monter un club, le club des « Natifs du 31 mai 1976 ». Ce n’est pas compliqué, il suffit d’être né le 31 mai 1976 pour y adhérer. Il faut que je contacte les gens de ce post pour leur en parler !

Si, si, je vous jure (Ah non, ne jurez pas Marie-Thérèse !!!), je vais le faire. ;-)

  • Ecoutage
  • Matooyage
Fistful of love

Publié le Vendredi 5 Janvier 2007 - 17:24
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

I was lying in my bed last night staring
At a ceiling full of stars
When it suddenly hit me
I just have to let you know how I feel
We live together in a photograph of time
I look into your eyes
And the seas open up to me
I tell you I love you
And I always will
And I know you can’t tell me
I know you can’t tell me


Fistful of love – Antony and the Johnsons

C’était en 1999, j’avais 23 ans, il en avait 25. Nous nous étions rencontrés au gré de nos pérégrinations sur Caramail. Nous faisions parti d’un groupe de tchateurs acharnés (dont le déjà célèbre LeCapitan), et rapidement nous avions succombé « à distance ». Du coup, sur un coup de tête (comme j’ai souvent), j’ai pris le TGV et je suis allé le voir chez lui… à Toulouse.

Il m’attendait là. Et dès les premières secondes, bam, coup de foudre ! Le genre de truc qui fait du bien à cet âge, et dans lequel on se jette à corps perdus. Je me perdais dans ses grands yeux bleus et ses longs cils noirs, son accent me faisait proprement bander dès qu’il me chuchotait un mot. Bah j’étais amoureux quoi ! La chute fut rude, mais ce n’était qu’un épisode charnière de la sitcom dans laquelle je joue depuis une trentaine d’années. Tout de même, certainement la première fois de ma vie que j’aimais, et que j’étais aimé en retour (Moulin Rouge attitude).

Je ne l’avais pas vu depuis sept ans, et avant-hier nous avons dîné ensemble. Ses yeux me rendent toujours maboul, et je bandais déjà lorsqu’il m’a dit « bonjour ». Nous avons pris un verre à l’Imprévu, et on a dîné dans le quartier. Nous nous sommes racontés nos vies depuis ces années, période importante s’il en est. Chacun avait des bribes de l’autre, par quelques mails ou sms, et en quelques heures nous avons retracé nos chemins l’un pour l’autre.

Je lui ai volé un baiser. Je n’ai pas résisté. C’était bon de retrouver ses lèvres, son odeur, sa peau, et des sensations passées resurgir alors qu’on ne s’y attend pas.

Car qu’est-ce qu’un baiser ?

C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

« Cyrano de Bergerac » (Edmond Rostand)

J’ai 30 ans, et il en a 32 donc. C’était marrant de voir que nous avions pris un petit coup de vieux, certainement les premiers signes de vieillissement, ces petites choses qui ont changé entre la verte jeunesse et le début de la fin. Notamment, les premières ridules et pattes d’oies aux coins des yeux lorsqu’on sourit. Hé hé hé. A un moment, je me suis dit qu’à une moindre échelle, nous étions comme deux vieux amants qui se retrouvaient dans un film hollywoodien, après cinquante ans, et qui retombaient dans les bras l’un de l’autre.

Mais non, ce n’était que la réalité. Et il est reparti.

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Diego, libre dans sa tête

Publié le Vendredi 22 Décembre 2006 - 19:01
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Comme tous les matins, je prends le métro à Goncourt, et puis je file choper le RER A en direction de la Défense. Mais ce matin là, le RER merdait, et les un après les autres, les RER indiquaient un « retardé » jaune familier. Comme j’étais plutôt pressé, j’ai décidé de rebrousser chemin, et j’ai emprunté la ligne 1 du métro (qui suit le même parcours, mais en faisant un tas d’arrêts).

En montant dans la belle rame moderne et rapide, je me suis dit que bizarrement les mecs étaient vachement plus mignons sur la ligne 1 que sur la ligne A du RER. Dingue ! Et puis, on passe par tous ces quartiers chics où des gens qui montent, à priori, y habitent, ou bien descendent, et vont y travailler. Et à « Champs-Elysées – Clémenceau », elle est montée.

Une jeune femme de trente ans je pense, asiatique ou eurasienne, au type japonais je pense. Une femme d’une beauté hallucinante, un visage d’une finesse absolue, un air altier, un port distingué, et des fringues qui vont avec. Vous savez à la « Zadig et Voltaire », ces habits qui n’ont pas de marque reconnaissable, mais dont les matières, la coupe et la petite singularité marquent foncièrement la différence. Bref, une femme du quartier, me suis-je intérieurement exclamé. Nous étions tous les deux debout, et je l’observai du coin de l’oeil. Dès lors, j’ai essayé de m’imaginer qui elle était.

Je me suis dit qu’elle était déjà blindée de thune, peut-être une femme d’expatrié ? Ou alors (car je m’en suis voulu d’une telle misogynie implicite) expatriée elle-même ? J’ai laissé vagabonder mon imagination, et elle est passée par tous les rôles, métiers, statuts et personnages de cinéma. En tout cas, c’était clair, elle était à l’opposé même de moi. Forcément. Inéluctablement. Tous les signes extérieurs le prouvaient.

Deux strapontins se libérant, nous nous sommes assis côte à côte. J’avais mes écouteurs sur les oreilles, elles avaient les siens aussi. Je pouvais voir dans sa main, son Ipod-mini bleu métallisé, et la barre de progression de la chanson en cours. Le hasard a fait se présenter à mes esgourdes le mp3 de « Diego, libre dans sa tête », la version de France Gall. Oui j’avoue, j’adore France Gall, celle du « Tour de France 88 ».

Je souris intérieurement, et j’attends qu’elle commence à pousser la chansonnette. Je jette un regard à gauche, et j’arrive à lire le titre sur l’écran rétroéclairé de ma voisine nippone. Je vois d’abord à la barre de progression qu’il vient de démarrer depuis quelques secondes seulement. Et alors je déchiffre : « Diego, libre dans sa tête – France Gall ».

J’ai souris deux fois plus, en constatant que cette femme, que je ne connais pas, ne connaîtrais sans doute jamais, dont je me sens si diamétralement opposé par nature, est assise à côté de moi dans le métro, et que nous écoutons au même moment, dans une extraordinaire et stochastique synchronisation, le même morceau.

C’est cool le métro. ;-)


France Gall – Diego, libre dans sa tête

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Under-Kitsch sauce Mahâbhârata

Publié le Lundi 18 Décembre 2006 - 22:37
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Comme j’avais pris mon lundi pour aller à la soutenance de thèse d’Oli. J’en ai profité pour aller au Queen hier soir, avec Florian, Henri, Charles et Pierre-Julien. Je m’attendais à un chouette dimanche « Over Kitsch », et au lieu de cela bof bof… la boite était « vide », l’ambiance mollassonne et la Galia nous a sorti une voix caverneuse et d’outre-tombe assez flippante (mais comique !). On aurait dit une vieille trav qui aurait abusé de la gitane maïs. Apparemment la période d’exam pour les étudiants, et la semaine avant noël, le froid etc. Bref, Paris était totalement vide, et le Queen ne faisait pas exception. Je ne sais pas si c’est pour cela que l’ambiance n’était pas plus chaleureuse, ou si les gens n’étaient pas les mêmes ou manquaient d’entrain.

J’avais été beaucoup plus enjoué la dernière fois, donc je pense que c’est vraiment une question de conjoncture. ;-)

Le Queen

Nous avons tout de même passé une bonne soirée, et puis la musique était sympa, ainsi que les largages massifs de confettis blancs (ambiance neigeuse) qui nous recouvraient presque. J’y ai même rencontré le mythique et disparu blogueur « Bradshaw » qui avait une bonne mine, et l’air de s’amuser (ça m’a rappelé notre première rencontre ubuesque).

Au Queen le dimanche, on retrouve depuis dix ans les mêmes remix de certains titres apparemment immortels, dont le fameux « Human Nature » de Sweet Drop sur lequel j’ai du danser un bon millier de fois en boite.


Human Nature – Sweet Drop

Rhaaaaaaaa ça n’a pas pris une ride, et puis que de souvenirs ! Par contre, j’avais toujours pris la partie chantée pour un truc vaguement arabisant, dont personne n’a jamais réussi à bien saisir les paroles. Seulement, je sais carrément bien m’entourer quand je sors môa, et vous savez que j’aime discuter de choses et d’autres dans les endroits les moins appropriés. La nana pousse la chansonnette, et je vois le visage extatique de PJ s’exclamer un truc (avec le volume sonore, je ne comprenais pas, mais il avait l’air très heureux). Je me rapproche et il me dit tout sourire : « C’est le Mahâbhârata !!!! ».
:croa:
Voilà, voilà, je sors au Queen avec un type qui reconnaît un passage en sanskrit quand il en entend un. Moi je dis que c’est vachement classe. Donc « Human Nature » reprendrait un extrait du film éponyme de Peter Brook (j’ai adoré ce film, et suite à cela le Mahâbhârata m’a toujours fasciné).

Aujourd’hui, j’ai eu un peu de mal à me lever à l’heure, et j’ai urgé pour ne pas arriver en retard à la soutenance du Docteur Oli. C’est un fait, et niveaux d’excitation à l’appui, le sieur Oli a aujourd’hui reçu les lauriers mérités de ses trois dernières années de labeur.

Le pot de soutenance, c’était un vrai Paris-Carnet ! Nous avions la présence exceptionnelle de la sémillante Frédoche, mais aussi de Bip, Nij, Henri, Ron, Dragonstreet, Jul, et le grand, le seul et l’unique Ceteris Paribus ! Que du bon quoi. ;-)

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Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis

Publié le Mercredi 22 Novembre 2006 - 22:37
Catégorie: Concertage, Ecoutage, Matage

Video Girl (Je ne cache plus mes accointances avec Coxx*, mais je rassure mon dernier envoyeur d’insultes par mail, je les connaissais bien tous avant qu’ils ne bloguent sur ce merveilleux site web, et quand bien même va te faire enculer par CosmicBlue, nah !) m’avait juste dit : « Bon il faut que tu sois chez moi à 19h30, c’est une surprise ! ». Et c’est ainsi, que j’ai eu droit à une énième réminiscence de mon anniversaire… Arfff. Elle m’invitait donc à voir, avec elle et Chiara, ce concert spécial au Bataclan. « Spécial » car il s’agit des quatre groupes qui ont été repérés comme des « talents émergeants » au Printemps de Bourges, et « spécial » car comme le titre l’indique c’était Anis qui assurait l’ultime performance. Oh yeah ! ;-)

Ce concert était vraiment réussi, même si les gens sont massivement arrivés un peu plus tard (en retard avec les manifestations…), et du coup on a pu se mettre juste devant la scène, et pleinement profiter des quatre groupes. Les gens étaient vraiment très jeunes, et c’était vraiment drôle pour moi de me retrouver ainsi au milieu de d’jeuns rockeux hip-hopeux à la vingtaine balbutiante, tout enbièrés et bien motivés à s’amuser (surtout juste devant la scène). On n’a ainsi profité d’une ambiance qui est allée crescendo, mais dont le moment paroxystique fut sans aucun doute celui du passage de MAP (aka Ministère des Affaires Populaires). En tout cas, une atmosphère amicale, festive et musicale comme j’avais rarement vécu. De plus on se retrouve avec des fans des quatre groupes, et vu qu’ils avaient des styles très différents, les populations étaient tout autant bigarrées.

« Fancy » est un groupe déjanté au plus haut point. D’abord un peu surpris par la manière de chanter et de bouger du chanteur, et le look global des trois olibrius, j’ai ensuite pas mal accroché avec eux. Imaginez un peu la voix de « Christophe » de la Nouvelle Reusta avec un look trashqueer, et une attitude toute aussi délurée. Le groupe a interprété quelques uns de leurs morceaux, en anglais et globalement rockeux-trash-glam-destroy. Voilà !

Je crois qu’en une image, on a compris.

Le groupe Fancy

Et avec le son et les mouvements, ça donne ça :

Franchement jubilatoire, le public a terminé par bien adhérer avec le groupe. Et vraiment il y a quelque chose.

Ensuite, c’est « MAP (Ministère des Affaires Populaires) » qui a débarqué. Ce sont des reubeux ch’ti de Roubaix et Lille, qui font du rap/hip-hop avec un DJ, un violon et un accordéon… Ouai je sais, pas encore facile à catégoriser. Et c’est bien ce qui a fait tout l’intérêt de ce concert, c’est de se plonger dans des atmosphères tellement différentes tant dans les genres musicaux, que les looks et attitudes des groupes, ou leurs présences scéniques. Et là sans conteste, MAP a enflammé tout le Bataclan. Tout le monde scandait leurs refrains, et malgré un côté politique et revendicatif un tantinet stéréotypé, j’ai absolument adoré leur prestation. Des mecs simples et bourrés de talents qui débarquent avec leurs singularités, et font montre d’une énergie et d’une bonne humeur communicatives. Leurs chansons sont punchy, rythmées, intelligentes, drôles et percutantes. Ils vont percer, c’est absolument certain, et certainement mérité.

Et en vidéo hier :

« Hocus Pocus » était finalement les seuls dont j’avais entendu parler, mais ceux qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Un hip-hop un peu trop « cadré » et propret à mon goût, pas vraiment d’aspérité, pas de truc pour me retenir dans leurs couplets ou dans leurs beats (malgré la bogossitude du chanteur et du DJ). Leur concert était sympa mais pas flamboyant, il faut dire que c’était difficile, très très difficile, de passer après les gars du nord qui avaient mis la foule en ébullition.

Et enfin « Anis », alors là normalement je devrais me répandre en dithyrambes, acclamations et effusions. Mais non, je n’irais pas jusque là. Attention, il n’a pas été mauvais. C’était génial de le réécouter, et d’être aussi proche de la scène, de mater de nouveau son fabuleux jeux de jambes, et puis sa belle gueule (les filles m’ont confirmé d’ailleurs : il a définitivement une tête de grosse bite !). J’aime toujours autant ses chansons, son style et son originalité. Mais manifestement, il n’était pas au niveau du concert de la Cigale. Alors je sais bien que ce n’était pas la même chose, et qu’il ne chantait que quelques morceaux après d’autres, mais tout de même il ne dégageait pas la même chose. Il n’y a pas eut cette connivence qu’il avait instauré la dernière fois, et puis il avait l’air crevé et pas vraiment « dedans ». Petite déception donc… Allez comme c’est mon chouchou, deux vidéos de ce camarade cergypontain !

D’ailleurs, il y avait deux invitations pour le prochain Printemps de Bourges à gagner, et il fallait pour cela répondre à un quizz. Rapidement et « fortement ». Mais quand le mec a demandé : « De quelle ville vient Anis ? ». Alors trois furies ont crié à en percer les tympans de leurs voisins : CERGYYYYYYYYYYYY ! Et j’ai eu le point (mais pour le reste, on a été nuuuuul.) ! :mrgreen:

Attention Talent Scène : Fancy, MAP, Hocus Pocus et Anis