Eh oui, bienvenu aux TTBM ! Je vous jure que je ne l’ai pas fait exprès ! Nan, promis !
Après avoir patiemment écouté tous ces podcasts, je me suis rendu à l’évidence : la voix des podcasteurs a une influence sur mon envie de les écouter, comme une photo flatteuse sur un blog me pousse à en savoir un peu plus sur le blogueur. Ah là là, on ne se refait pas ! Or, une voix c’est un atout fabuleux et un attrait physique absolument pas négligeable.
Evidemment, j’évoque des voix masculines puisqu’elles me sont plus agréables à l’oreille, et surtout qu’elles me suggèrent plus de fantasmes que des voix féminines ne pourraient le faire (ouai chuis un vrai pédé, si si).
Une voix me plait pour plusieurs raisons, et le charme qui en émane revêt aussi plusieurs formes. Je peux trouver une voix terriblement sexy ou seulement charmante, ou sympathique ou même aguichante. Une belle voix peut m’être indifférente tandis que certains défauts ou bien un accent peut être un facteur clef de séduction.
Voilà donc mes gagnants !
Dans la rubrique « J’aime le mâle », nous avons ici le représentant de l’hétérosexualité virile et dominatrice, une voix bien « mec » et légèrement branleur, en plus d’une pincée de désinvolture. En outre, il parle de rock métal et donc le vocabulaire utilisé est à la hauteur du sujet : ça avoine et ça démate !!! Ouuuuuuhhhhhh ! Bref, une belle voix de mec qui me plait beaucoup par son côté brut et sans fioriture, en plus d’avoir un assez joli timbre.
Dans la rubrique « Je tombe », je l’avais déjà un peu évoqué mais bon… je dois réitérer : le mec de « Blog in the news » a une voix de dingue. Son truc à lui c’est ce léger accent belge qui ne se repère que dans l’accentuation de certains mots ou à la fin des phrases, et ça lui donne un charme, mais un charme !! Et parfois, il nous sert des pans entiers de nonante et de septante, et là : je succombe. Il s’agit d’une voix masculine mais juste ce qu’il faut, et surtout ces quelques pointes mutines qui font qu’on le sent sourire derrière son micro. Cela lui donne une voix des plus fraîches, agréables et sympathiques, en même temps qu’un fort potentiel en bouleversement hormonal plus localisé. Je crois que j’ai un faible pour les belges.
Dans la rubrique « Je suis sous le charme » (et non pas sous la table, quoique…), j’ai beaucoup aimé la voix de ce mec que je trouve particulièrement intrigante. Ce n’est pas un parangon de la virilité mais ce truc velouté et tendre qui transparaît dans la voix m’a touché.
J’espère que les « gagnants » ne se sentiront pas vexés de cette attention toute innocente de ma part (mais ouiiiiii, gnark gnark). Vraiment leurs voix m’ont vivement* plu.
*Je l’ai déjà dit mais j’aime les allitérations, presque autant que les narvals, c’est dire !
J’avais brièvement évoqué les Podcasts d’Or que Guim a organisé. Je fais partie du Jury (entre copines vous savez… hu huhu) et donc je me suis attelé à visiter les sites des podcasteurs et surtout à écouter attentivement leurs trois derniers épisodes, émissions, posts enfin leur machin qui s’écoute quoi !
Je reste un peu sur mon opinion de base, c’est-à-dire que l’écrit me parle plus, mais que comme dans les blogs écrits, on trouve des podcasts très bons, très spécialisés, très pros, très pédés, très cuisine, très skyblogs etc. Du coup, cela n’a pas révolutionné ma vision du blog, mais a rajouté une facette qui s’est révélée très intéressante et parfois même d’une fécondité et d’une inventivité que je ne soupçonnais pas.
J’ai un peu galéré parfois pour récupérer les mp3 ou pour choper les bons flux de syndication. Ce n’est pas aussi simple qu’avec les blogs traditionnels, mais on y arrive avec un peu de perspicacité je crois (mais cela prouve pour certains qu’ils vont avoir du mal à être entendu !).
Voilà déjà un petit débroussaillage (concis donc incomplet mais ça m’aide aussi à y voir un peu plus clair) de ce que j’ai trouvé chez ces blogueurs nouvelle génération pour ceux qui veulent en connaître un peu plus sur les compétiteurs. Je publierai plus tard des résultats plus détaillés sur ceux que je préfère.
Oui aujourd’hui, je l’avoue. Je le dis haut et fort : j’aime les narvals !
Or, une personne que j’aimais et que j’admirais, en qui j’avais toute confiance : Oli, pour ne pas le citer, est allé au Spitzberg pendant quelques jours. Quand il m’a demandé ce qu’il pouvait me ramener du grand nord, je lui ai dit que j’aimais les narvals, et que je voulais une photo d’un narval rien que pour moi !!!! Un chouette narval avec une chouette corne !
Eh bien, voilà la carte postale que ce félon m’a envoyée :
Siiiiiiiii, je vous jure madame !! (Aaaaah non, ne jurez pas Marie-Thérèse !!!) Il m’a envoyé un vulgaire morse, et n’a même pas pu faire montre d’un peu plus d’amitié et de considération. En outre, il veut me faire croire qu’il n’a pas vu de narval au Spitzberg. Alors moi je dis : ça craint ce voyage !!!!
C’est marrant ce truc des narvals, mais ils me passionnent depuis que je suis tout môme (oui j’étais un gamin bizarre, et alors ? Huhuhu). En fait, c’est un truc avec les animaux mythiques tels les dragons ou griffons qui m’ont toujours fascinés, et le moment où j’ai réalisé que certaines bestioles bizarres, elles, étaient bien réelles. Il y a eu aussi la découverte des espèces rares ou éteintes dont on ne trouve que des fossiles (comme les dinosaures) ou bien celles dont on a une trace historique presque récente.
Mes parents m’avaient alors donné un plaisir qu’ils ne pouvaient même pas imaginer en m’offrant un livre, je devais avoir 8 ans, qui évoquait justement à la fois les animaux mythiques et d’autres bien réels. J’avais alors eu la confirmation que les dragons n’avaient jamais existé (ce qui m’a rendu très triste sur le moment) mais qu’on trouvait un curieux lézard géant, un « dragon » sur l’île de Komodo. Il y avait quelques informations passionnantes sur des espèces étranges mais assez connues comme l’ornithorynque, ce curieux animal qui est un mammifère mais pond des oeufs, drôle de syncrétisme entre canard, loutre et castor.
J’avais été aussi particulièrement intrigué par la disparition de bêtes bien stupéfiantes comme le Dodo de l’île Maurice (merveilleusement illustré dans une truculente nouvelle d’Asimov) ou bien l’Aepyornis, cette autruche géante de l’île de Madagascar qui mesurait 3 mètres de haut et pesait une demi-tonne !
Encore plus curieux, un animal que certains pensaient mythique, d’autres pensaient éteint, a été retrouvé il y a peu de temps. Il s’agissait du babiroussa, une sorte de porc sauvage au corps glabre et aux énormes défenses recourbées.
La licorne, je savais bien que ça n’était qu’un animal mythique, mais j’ignorais alors qu’il existait un animal bien réel qui possédait un attribut similaire. Le narval, un cétacé de 4 à 5 mètres de long, jusqu’à 1 tonne et demi et une défense en spirale, longue et droite comme une corne de licorne, qui peut atteindre 3 mètres de long. Le bouquin expliquait que le narval était un animal peu connu du fait de sa rareté, se son emplacement sur le globe (sous la banquise de l’Océan Arctique) et que beaucoup de gens ignoraient l’existence d’un tel animal ou le pensaient un simple mythe.
J’ai alors été pris d’un amour ineffable pour les narvals, les licornes de la mer, étranges animaux dont on ne sait finalement que peu de choses, et qui continuent à intriguer. Les premières cornes de narvals qui vinrent de Scandinavie au Moyen-Âge étaient vendues comme des cornes de licorne authentiques, ce qui a permis d’entretenir un mythe vivace jusque très tard.
A priori, seuls les mâles possèdent cette corne, mais certaines femelles en ont aussi. Les narvals n’ont que deux dents, et l’une des deux (la gauche) poussent énormément à partir de un an, jusqu’à percer la lèvre supérieure et donner une défense en ivoire torsadée et très innervée.
Pour plus d’infos (et des images) sur ces étonnants cétacés : ici c’est carrément pas mal (d’ailleurs ça mériterait presque d’être recopié pour compléter wikipédia, je le ferais si j’étais un mec bien).
Bon bah voilà, maintenant vous savez tout : j’aime les narvals.
PS: Non, on ne dit pas “un narval, des narvaux”.
Ecoutez-moi ça : c’est ti pas meugnon un narval qui dit bonjour ? Pfff, enflure d’Oli va !!! (:mrgreen:)
En pensant à ces canadiens qui ont maintenant le droit de se dire oui, et aussi à Laurent et son chéri. Tu vois Eolas, ils ont le droit et le Droit.
A la face des hommes,
Au mépris de leurs lois,
Jamais rien ni personne
M’empêchera d’aimer.
A souhaiter des noces
Comme celles des gosses
En âge de l’amour
Je l’ai voulu, ce droit !
Par des matins d’ivresse
Et des nuits de détresse,
Luttant pour cet amour,
Je l’ai conquis, ce droit !
Par la peur de tout perdre,
Au risque de me perdre,
Pour que vive l’amour,
Je l’ai payé, ce droit !
Dans un genre similaire et qui me touche aussi beaucoup, j’ai découvert (Via GuiM ) un article sur Hubertine Auclerc (1848-1914), une féministe des origines du mouvement (lors de la Commune). Une suffragette du onzième qui a lutté toute sa vie durant pour l’égalité et les droits des femmes.
Elle dit :
« Sachez-le citoyens, ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté… Nous, femmes, ce que nous voulons, c’est tuer le privilège… Toutes les femmes sont dupes dans l’association humaine… La question des femmes est le noeud gordien qui, une fois tranché, permettra de résoudre la question sociale… »
Et encore cela qui m’a beaucoup fait sourire, ça devait être une sacrée bonne femme comme j’aime :
Elle se retrouve en prison pour avoir refusé de payer ses impôts, invoquant que « puisqu’une femme n’a pas de droit, elle n’a pas de devoir. »
Pourtant tout est écrit depuis plus de deux cents ans, simplement et sans équivoque, dans la devise de la France : Liberté, Egalité, Fraternité.
C’est comme ça que je me sens là. Zarbe, opaque et transparent… Bien, pas bien. Content, pas content. Courant alternatif, différence de potentiel. Frustrations, surmenage, pas assez de sommeil, trop de questions. Immobilisme, bougeotte. Bandant, impuissant.
Deux heures du mat, envie de dormir, trop chaud, envie de sortir. Scotchage d’écran. Cervelle en sauce blanche. A quoi sert le coeur sans la tête ?
J’écoute cet album, et bam, la solution en musique. La musique est vraiment l’art abstrait par excellence, capable de traduire avec une acuité redoutable le sentiment le plus éthéré, le plus crypté, le plus intangible.
Voilà, cette nuit, je suis intraduisible.
[Untranslated][Lab 7] – Télépopmusik – Genetic World
Avec dans le rôle de Casimir, j’ai nommé le célèbre, le téléramesque, le pédéblogueur pipeur : Lauuuuuuuurent !
J’ai vraiment passé un bon moment mercredi soir dernier au Paris-Carnet. Je ne sais pas si c’est l’endroit ou bien les gens, ou peut-être simplement moi, mais je me sentais un peu plus à l’aise que les fois précédentes. Il faut dire qu’au final, je n’arrivais pas dans une complète terra incognita, puisque je connaissais beaucoup des personnes à qui j’ai parlé ce soir là. Et puis, j’ai surtout bien fait de rester tard car une fois que les gens sont bien imbibés, c’est vrai que ça devient plus facile de les approcher. Arf arf arf.
Ce resto « La Passerelle » est un endroit charmant, chaleureux et à deux pas de chez moi, le pied quoi ! Je suis arrivé vers 20h en faisant d’abord un petit tour, et j’ai eu l’occasion de papoter un peu avec Mouche et de faire véritablement connaissance avec, ce qui m’a fait énormément plaisir. Et puis, j’ai évidemment rejoint mon cercle endogame favori : les pédéblogueurs. Arnaud était là, ainsi que Laurent, Laurent (non je ne me répète pas, mais tous les pédéblogueurs s’appellent Laurent ou quoi ?), Lewis et puis Shaggoo (il s’appelle ausi Laurent !!!) de la Shaggooshère que je rencontrais de visu pour la première fois. Tatou était bien évidemment là à sauter sur tout ce qui bougeait et à jouer les espiègles, comme il adore le faire. J’ai aussi rencontré le plus ouf des BSOSF (blogueurs sans orientation sexuelle fixe) en la personne de Charly… aheum !
Et mes deux chouchous, je dois l’avouer, cela reste le duo d’enfer : Alexia et M le maudit. Rhalalalala. Malgré mon franc parler légendaire (vous savez bien que pour moi, une bite est une bite !), je crois que je ne choque plus personne. Hu hu hu.
Pascal et son homme Philippe sont aussi venus, et voilà qu’un grand jeune homme, assez rhaaa lovely il faut l’avouer, vient s’annoncer : le « petit » Batims en personne. Oh yeah ! Soooo cute. Nous avons bien discuté, enfin j’ai bien parlé. Comme la plupart, Batims m’imaginait beaucoup plus grand et avec une voix de stentor. Bah non, je suis un nabot avec une voix de nymphette. Que cela soit entendu !
Freaky a fait son arrivée, suivi de peu par Coco, Charles et puis Ninox. Cela m’a fait plaisir de voir ce dernier, j’avais beaucoup lu ce qu’il écrivait, et c’est toujours agréable de mettre un visage sur un blog.
Mention spéciale pour Thomas qui est un vrai touche-à-tout, il arrive comme ça à frayer avec tout le Paris-Carnet en une soirée. Et je comprends qu’il puisse retenir l’attention des hétéros et des homos.
Lisbeï m’a dit bonjour, et je suis un rustre, j’ai à peine répondu parce que j’ai été surpris. C’est dingue comme je suis coincé quand je veux. Il faut que je me rattrape !!! Pareille pour la Veuve Tarquine à qui il faut que dise une fois au moins de vive voix mon admiration !! J’ai quand même discuté avec Mr Peer, et même au dernier moment avec la québécoise Ebb de « l’île de Ebb et Hoedic ». Je n’imaginais tellement pas qu’elle pouvait être là qu’il m’a fallu une bonne minute avant de comprendre que vraiment, c’était elle, de « elle et lui » ! Rhaaaa, excellent ! :langue: J’ai aussi pu lancer in extremis à la sortie du bar une gerbe de compliments à Pasfolle, dont je suis fan depuis bien longtemps (comme beaucoup d’autres) !
Et évidemment, la Fée blogueuse avait aussi établi ses quartiers au Paris-Carnet avec ses Fûûmants roses. J’ai tchatché un moment avec elle et Mathieu, et je les ai même plutôt écoutés échanger leurs impressions et opinions sur les opéras du moment. Kozlika a eu une phrase que j’ai vraiment aimée, parce que je trouve que c’est tellement ce que je suis. Elle a simplement évoqué ce qu’elle aimait en terme d’opéra en ajoutant qu’elle avait des goûts de concierge qu’elle assumait (je crois que Verdi était le chef de file des concierges).
Eh bien, voilà, moi aussi j’ai des goûts de concierge ! Et pas qu’en opéra, mais aussi en littérature, en art, en cinéma et en musique. Je n’ai en effet fait aucune étude en ces matières et mon éducation ne m’a pas non plus formé à cela. Les gens me reprochent souvent de faire des critiques et de me la jouer, alors que je ne suis qu’un petit amateur de merde, mais qui adore donner son opinion. C’est tout ce que je fais, j’essaie de raconter ce que je ressens, le plaisir que me procure ce que je vois, je lis ou j’écoute, parce que j’adore écrire sur tous ces sujets, et que cela me permet aussi d’y réfléchir et de prendre un peu de distance. Je ne cherche pas à jouer les journalistes, ni les spécialistes en quoi que ce soit, et je sais que « Philip Glass » n’est pas considéré comme un grand compositeur, mais moi il me fait des trucs, et j’adore ça. C’est génial quand les gens le comprennent et parfois m’aident à m’élever un peu, ou me font découvrir des choses (gvgvsse avec Mahler par exemple, que j’écoute fréquemment depuis), mais sinon, je vais bien avec mes goûts de concierge. D’ailleurs je crois que je vais renommer mon blog. Oh oui, « le blog d’une concierge », c’est vachement mieux, et plus pertinent, que « Pectus est quod disertos facit. ».
Pour finir, une spéciale dédicace à Freaky, Coco et le Roncier. Un morceau absolument génial…
When I was just a boy with my lunch in a bag
The other little boys made me feel like a fag
I didn’t like sports didn’t play outside
A lisp and a limp wrist too much to hide
I always felt trapped inside
I always felt trapped inside
Scissor Sisters – Electrobix
PS : Bon et que l’on ne m’attaque pas non plus sur les concierges, je n’ai pas dit cela pour les rabaisser. N’oubliez pas que je suis d’origine portugaise.
Voilà un morceau que je voulais partager, un truc qui m’a outrageusement marqué la première fois que je l’ai entendu sur cet album du Kronos Quartet qui interprète des morceaux de Philip Glass (encore lui !). Il s’agit de la fin du String Quartet N°5 (1991).
Le violoncelle est décidément mon instrument favori, et il est merveilleusement mis en valeur dans un quatuor. C’est comme une voix, comme une plainte humaine ou un chant harmonieux selon que l’instrument est utilisé dans un contexte triste ou enlevé. Et dans ce morceau là, je n’ai jamais autant été porté et emporté. Un truc fou ! C’est si calme au début et on en arrive à une tempête qui balaye tout sur son passage.
Encore une fois, en pensant au sosie de Baldwin, et à Séverine qui violoncélise à donf à Berlin.
Me levant la tête dans le cul, je vois qu’on m’a envoyé un mp3 par mail. Oh yeah, ça m’a donné la pêche. Ecoutez moi ça ! Most refreshing, comme on dit.
J’avais mes écouteurs sur les oreilles en quittant la station de métro hier. A peine ai-je atteint la surface, que cette musique commence à me titiller les tympans :
Et voilà que je débarque à 16h30 un samedi après-midi dans la fameuse rue Montgallet. En quelques secondes, je suis plongé dans l’ambiance. Je suis sûr que cet endroit doit faire partie des guides de voyages à Paris. Il n’y a que là qu’on trouve une atmosphère pareille.
J’ai commencé à faire comme tout le monde, c’est-à-dire regarder les devantures des magasins d’informatique et surveiller la promo la plus intéressante sur le produit qui m’intéresse. Pour ceux qui l’ignorent, la rue Montgallet (au métro Montgallet) est une rue où l’on peut trouver des revendeurs de matériel informatique à environ tous les numéros. En bas de la rue, se trouve la grande surface « Surcouf » qui a attiré tous ces petits magasins spécialisés, dont la quasi intégralité sont tenus par des asiatiques, qui vendent moins cher les mêmes ustensiles de cuisineware.
La rue pullulait de monde et il fallait parfois faire la queue pour pénétrer dans certains endroits. J’adore cette ambiance dingue avec des centaines de milliers de geeks qui arpentent le pavé à la recherche du composant le moins cher ou le plus innovant. Et il est vrai que ce n’est pas toujours à la portée du néophyte. En effet, on peut vite être effrayé par le fait qu’il ne s’agisse pas de magasins tout proprets avec des vendeurs qui rassurent plus qu’ils ne conseillent, et des monceaux de pièces détachées électroniques du sol au plafond. On achète d’ailleurs des composants de marque lambda dans des sachets génériques avec une facture dont la garantie ne s’étend pas au-delà de l’après-midi. Les gens à qui l’on doit s’adresser ont souvent une attitude un peu revêche, et on doit s’exprimer en termes techniques et précis sous peine de passer pour un simple béotien en informatique.
Et cette musique qui résonnait entre mes deux oreilles et qui me faisait me croire dans un autre monde. De magasins en magasins, je surveillais les prix, tentais d’avoir l’oeil sur la promo alléchante, et surtout je fantasmais sur tous les autres trucs que je mourrais d’envie d’acheter. Je suis rentré plusieurs fois dans des boutiques avec l’air de savoir et de maîtriser alors que j’étais complètement paumé dans les normes, standards, marques et caractéristiques.
Et au bout de cinquante mètres, je ne savais plus comment je m’appelais, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter de jouer les auches, et d’acheter ce putain de disque dur de merde. Je suis rentré dans la première boutique au hasard, j’avais bien mémorisé le titre complet du bidule que j’avais vu estampillé sur la façade. Je l’ai demandé sans trop bafouiller, on me l’a alors apporté dans son petit sac anti-statique. Je l’ai payé.
J’ai prié pour avoir choisi le bon truc, pour ne m’être pas trompé sur une norme incompatible avec mon matos ou je ne sais quoi. Mais nan, ouf, ça marche !
Hier soir, j’étais invité à dîner chez Oli, soirée où j’ai notamment eu l’occasion de rencontrer nycboy de visu (rhaaaa lovely ce garçon). Je suis arrivé un peu en avance et je n’ai pas résisté à l’envie de faire un petit tour dans le quartier.
Ce mini-quartier, en gros entre les boulevards Richard Lenoir et Beaumarchais au niveau du métro Bréguet-Sabin, est mon ancien territoire. L’ancien chez-moi d’avant M. (avant le déluge… arf), mon premier chez-moi après avoir quitté mes parents. J’ai toujours été énormément attaché aux endroits et aux souvenirs que l’on sème dans les habitations et les lieux où l’on a vécu. J’ai passé pas mal de temps dans le coin puisque j’ai occupé deux studios dans le même immeuble entre 1998 et 2003.
Revenir là, c’est jeter des coups d’oeil à un Paris que je connais comme ma poche. Les perspectives des rues, les arbres, les façades, les petites rues sont des images vivantes qui ressurgissent immédiatement en moi. Je suis donc arrivé à Bastille, et j’ai pris la rue de la Roquette, puis la rue Saint Sabin, j’ai traversé Richard Lenoir, et j’ai tranquillement erré dans le voisinage. C’est drôle d’avoir des souvenirs « photographiques » tellement prégnants que lorsque je redécouvre ces mêmes apparitions, cela me procure des émotions très fortes.
Arrivé dans ma rue, soit directement Saint Sabin, soit par l’Allée Verte avec une vue sur la fenêtre de mon ancien appartement. J’ai repensé à mes années d’études, de découverte de Paris, de découverte aussi de moi-même, des plans à deux balles, des soirées improvisées et des amitiés naissantes, consolidées, déliquescentes… Bien sûr, tout change, et j’ai revu de nouveaux bâtiments, nouveaux magasins et restaurants, mais l’âme du quartier est toujours là. Et mon âme à moi reste irrémédiablement attachée à cet endroit.
Ce qui me plait dans le nouveau lieu que j’occupe, c’est aussi ce potentiel de charme et d’appropriation qui fait que j’enregistre de nouvelles sensations, et surtout de nouvelles associations d’idées. J’espère que j’y resterais plusieurs années et que j’y nourrirais un même attachement. Je suis de plus en plus content d’habiter aux confluences des rues Saint-Maur, Faubourg du Temple, Oberkampf, avenue Parmentier etc.
Et cette nuit, comme je n’arrivais pas vraiment à me mettre au lit, je suis sorti en pleine nuit. Dans une quiétude nocturne rassurante et enveloppante, dans un désert urbain, j’ai chaussé mes écouteurs, et j’ai marché dans les rues aux hasards de mes envies piétonnes. J’ai alors repensé à ce qui a changé depuis ces années Saint Sabin, le meilleur, le moins bon, ou simplement le différent. Classique quoi… Je suis rentré une heure plus tard, bien rasséréné et content de cette escapade nocturne (non Freaky, je n’en ai pas profité pour aller aux Docks même si j’habite à 50 mètres :mrgreen:). Je continue mon chemin.
I’ve got the blues, but I don’t mind
All I have to do is get to you,
And then I feel just fine !
Aujourd’hui, on annonçait à mon boulot une nouvelle solution logicielle et on avait prévu un petit machin web pour accompagner. Une animation flash avec une voix-off… on a l’habitude, on fait ça très régulièrement pour pas mal d’événements.
Je fais souvent appel à un type anglophone qui bosse pour la BBC à Bruxelles notamment qui a une superbe voix. Ou même au pire, on demande à un collègue américain (il y en a toujours un en transit qui traîne dans les couloirs). Là, on était à la bourre et mon boss voulait que ça aille vite. Or le prestataire qui s’occupe de la prise de son nous fait une proposition. Il connaît une personne anglophone géniale qui peut nous faire la voix-off et qui est dispos. Top ! Il nous faut idéalement une voix chaleureuse, moderne, énergique, vivante et à l’accent irréprochable.
Dans la nuit d’avant-hier, mon boss reçoit un mp3 avec le son du flash… Panique à bord ! Vous allez vite comprendre… Voilà en gros ce que ça donne :
Aheum… On a appelé le prestataire un peu affolés et en colère, et ce dernier s’est confondu en excuses. Il n’a pas fait gaffe, il s’est concentré sur l’enregistrement et croyait vraiment que la personne était bilingue. On n’a pas osé demander qui était l’auteur du mp3… Une institutrice tchèque à la retraite ? Mon boss soutient que ça doit être une vieille prof d’anglais. « Mais alors très vieille », ai-je ajouté narquois, « genre méthode Assimil ».
En tout cas, on ne pouvait décemment pas mettre ça sur une présentation flash d’une nouvelle solution de « digital manufacturing ».
Du coup, c’est un freelance qui nous a branché avec un pote HipHopeur de Détroit. Ce dernier nous a scandé le texte dans la nuit, et le résultat est génial. De temps en temps, on a l’impression qu’il fait du rap, mais il a une diction évidemment (pour un chanteur de hip hop) impeccable. Un peu de retouche sonore et tout est rentré dans l’ordre… ouf !
Allez pour finir en beauté, voilà le slogan dit avec une énergie redoutable, et qui nous a tous conquis :