95 articles pour la catégorie “Exposage”

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Stanley Kubrick – L’Exposition (à La Cinémathèque Française)

Publié le Mercredi 17 Août 2011 - 0:50
Catégorie: Exposage

Il s’en est manqué de très peu pour que je réussisse à voir cette exposition ! Mais j’y tenais car les articles de presse étaient plutôt élogieux, et j’aime bien Stanley Kubrick tout en ne connaissant que peu de chose sur ce grand maître du cinéma. Au final, l’exposition est un brin décevante, car même s’il s’agit d’une remarquable collection ainsi mise en valeur, on ressort de là avec beaucoup d’images mais pas beaucoup plus de connaissance du réalisateur.

Les salles sont une simple succession d’illustrations diverses et variées des films de Kubrick. 13 films et donc 13 espaces dédiés sont à parcourir dans un ordre simplement chronologique. Mais le fait de n’avoir pas du tout une approche thématique empêche d’exploiter les points communs entre les films, et donc de pénétrer un peu plus l’oeuvre de Kubrick, d’en découvrir l’intimité, la symbolique, les vecteurs de créations, ses gimmicks etc. Rien de tout cela, mais on déambule plutôt dans une somptueuse collection d’objets, de scriptes manuscrits, de coupures de journaux, de costumes, de morceaux de décor, et en somme une reconstitution un rien disneyienne de l’univers du cinéaste. C’est une démarche très plaisante pour retrouver l’univers des films que l’on connaît bien, ainsi pour Spartacus, Barry Lyndon, Docteur Folamour, 2001 L’Odyssée de l’Espace, Full Metal Jacket, Orange Mécanique ou Eyes Wide Shut, que j’ai vu et revu, c’est un peu de la nostalgie ou une manière de “toucher” ces oeuvres de fiction. Mais pour celles que je ne connaissais pas, à part voir des images auxquelles je ne comprenais pas grand chose, bah rien de plus en fait…

Donc une belle exposition, mais qui aurait certainement mérité un ton plus pédagogique et explicatif… même si j’ai bien tripé sur la maquette réelle qui a servi à la salle de commande de Dr Folamour ou encore tous les éléments de costume ou les placements publicitaires d’époque pour 2001 (le deal c’était que les grandes marques, comme IBM ou Hamilton, avaient leurs produits exposés, mais ils devaient présenter des prototypes qui illustraient bien le futur) etc.

A noter à la fin, il y a tout de même quelques éléments qui rappelle un des projets emblématiques de l’auteur avec “A.I.”, qui a été finalement réalisé par Steven Spielberg.

Stanley Kubrick - L'Exposition (à La Cinémathèque Française)

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Leviathan au Grand Palais de Anish Kapoor (dans le cadre de Monumenta 2011)

Publié le Lundi 13 Juin 2011 - 23:59
Catégorie: Exposage

Monumenta est un rendez-vous annuel du Ministère de la Culture qui offre cet incroyable espace de la Nef du Grand Palais à un artiste pour créer une oeuvre d’art contemporain qui puisse parler au plus grand nombre. Là c’est Anish Kapoor qui est invité et qui a décidé d’investir en “grand” ce gigantesque volume. L’oeuvre est donc monumentale et bien en phase avec l’optique du projet, mais je n’ai pas non plus été totalement conquis par l’installation-sculpture.

Tout cela se visite très rapidement, et la file a beau être longue, l’attente ne l’est pas. On peut ensuite aisément circuler sous la verrière puis dans l’oeuvre elle-même. Mais je crois que le plus facile est de jeter un coup d’oeil au machin présenté en lui-même.

Vue de Leviathan (Monumenta 2011) au Grand Palais - panorama

Cela ressemble donc à un truc énooooorme et d’une couleur rouge foncé, ou lie-de-vin, qui a l’air d’être léger comme une baudruche ou plutôt un ballon de basket-ball. On en voit les coutures d’ailleurs, et la brillance globale de l’objet lui donne un aspect ludique et organique à la fois. Vraiment ce qui surprend et intrigue c’est proprement le gigantisme de la chose, et on se met rapidement à imaginer les procédés pour faire rentrer un truc pareil, pour le gonfler et le faire tenir !!

Vue de Leviathan (Monumenta 2011) au Grand Palais - vers la sortie

On a donc affaire à un immense béhémot (d’ailleurs le titre de l’oeuvre est Léviathan) avec trois lobes et une partie non fermée par laquelle on peut pénétrer pour y découvrir l’envers du décor et une toute autre oeuvre. La taille est étonnante car elle emplit toutes les dimensions d’un volume si énorme qu’on n’imagine pas qu’on puisse ainsi l’occuper autant en surface qu’en hauteur, et le côté jouet avec les gens qui apparaissent si petits à côté, est à la fois drôle et inquiétant. Drôle parce que ça pourrait aussi faire penser à ces représentations géantes d’animaux en baudruche de Jeff Koons, et inquiétant dans son aspect monstrueux, comme un “blob” en puissance dont l’aspect organique rouge-sang et poche d’air le rend vivant, vibrant et palpitant.

On en fait le tour, et on voit les gens se prendre en photo avec, des enfants jouer autour un peu, petits et grands tout aussi circonspects… Hé hé hé. On a en fait rarement assez de recul pour embrasser l’ensemble de la sculpture, et je n’arrête pas d’élaborer des hypothèses sur sa construction, son élaboration et surtout son installation dans cette Nef géante qui m’apparaît d’un seul coup une très modeste serre pour accueillir le Léviathan !

Il faut refaire la queue pour entrer dans l’objet, et découvrir alors que la peau est relativement translucide. Quand le soleil paraît, on voit parfaitement en transparence le squelette de métal de la grande Nef. Sinon, rien de très notable sinon le fait de bien voir les lobes de l’intérieur, avec les nervures et coutures encore plus apparentes, et face à soir un lobe dont on voit parfaitement la conformation.

Vue de Leviathan (Monumenta 2011) au Grand Palais - à l'intérieur en face

Tandis que si on jette un coup d’oeil à droite ou à gauche, on ne voit pas la partie vraiment finale du lobe, et on pourrait croire qu’une route s’ouvre sur un couloir infini.

Vue de Leviathan (Monumenta 2011) au Grand Palais - à l'intérieur sur un des côtés

On a d’autant plus cette impression organique de l’intérieur, avec ce souffle tiède et enveloppant dont on sait qu’il entretient la “vie” de l’installation, mais aussi cette couleur bien plus sanguine et charnelle, avec des effets de couleur, d’ombre et de lumière, et de subtiles variations liées au conditions extérieures. A cela, on ajoute aussi l’espace confiné et propice aux échos et toute sorte d’illusions sonores.

Vous voyez comme j’en parle, j’ai vraiment bien aimé le fait que cette oeuvre me procure beaucoup de questionnements et me pousse à explorer mon ressenti, ma curiosité et certaines analogies. Mais j’ai été un peu déçu de ne pas y avoir perçu quelque chose de plus percutant, de plus décoiffant de plus… transcendant. J’aurais aimé une expérience plus aboutie et plus scénarisée peut-être, même si ce n’était pas non plus un voyage à l’intérieur du Gargantua de Mirapolis (ok là c’est une référence pour les valdoisiens de plus de 30 ans).

En fait, j’ai tout de suite pensé que j’allais avoir affaire à une installation analogue à celles d’Olafur Eliasson, dont j’ai eu la chance d’expérimenter le Weather Project à Londres (New Tate Modern) en 2003. Il s’agissait aussi d’occuper un immense espace avec une oeuvre universelle et touchant tous les publics. Or ce soleil dans un musée avait captivé les visiteurs comme aucun commissaire n’avait pu l’anticiper, il fallait voir les gens être attiré comme des insectes vers la lumière, avec cette brume fantomatique, et l’envie de s’allonger sur le sol pour voir son reflet plus haut. Je me souviens être resté une bonne demi-heure à errer au sein de cette oeuvre grandiose et d’une troublante beauté.

Pour Leviathan d’Anish Kapoor, j’admire la conception d’un objet pareil, et je suis charmé par la multiplicité des visages de l’oeuvre : gigantesque, rebondie, vivante et organique, extérieure et intérieure. Mais je n’ai pas été bluffé comme j’avais pensé pouvoir l’être, et au final c’était sympa mais c’est tout. Certes, il y a beaucoup de moyens, une “énorme” idée mais pas menée au bout, ou bien je manque de références et d’accompagnement pédagogique peut-être. En tout cas, c’est à voir bien évidemment, mais seulement “à voir”.

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L’Or des Incas à la Pinacothèque de Paris

Publié le Mercredi 26 Janvier 2011 - 23:52
Catégorie: Exposage

Aïe, aïe, grosse déception pour cette exposition… On y voit une profusion d’œuvres plus magnifiques les unes que les autres, mais les explications sont le plus souvent absentes ou parcellaires. Il y a bien des grands textes indigestes et trop longs sur des pans de mur, mais qui ont l’air d’être recopié de bouquins d’histoire d’une antédiluvienne université, et presque rien sur les pièces incroyables présentées en vitrines (à part l’époque et la matière). Tandis qu’on est invité à consulter son audioguide ou son application iPhone, le clampin moyen comme moi reste sur sa faim. Et comme j’aime bien faire des expos avec des amis, je n’ai pas spécialement envie de me retrouver avec des écouteurs en solo…

Au contraire, j’aime que les expos puissent non seulement (pour le prix d’une entrée à 10 euros) me permettre de pénétrer dans le musée, mais aussi d’y recevoir le minimum d’explications et d’accompagnement pédagogique qui vont avec les œuvres présentées. Mais là ce n’était vraiment pas le cas…

Et pourtant c’est une invitation au voyage et un vrai passage dans les “Mystérieuses Cités d’Or” avec des pièces superbes et qui décrivent tout ce que cette civilisation comptait d’artisanat et de maîtrise du métal et de la joaillerie. Avec en conclusion, une flippante momie très Rascar Capac qui m’a glacé d’effroi. On y croise aussi des quipus (sans Zia) et mille autres surprises. Malheureusement, je suis ressorti de là tout aussi ignorant, et je le regrette amèrement…

L'Or des Incas à la Pinacothèque de Paris

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Mondrian / De Stijl au Centre Georges Pompidou

Publié le Mardi 25 Janvier 2011 - 0:07
Catégorie: Exposage

Voilà une exposition tout à fait dans la lignée des grandes expos du Centre Georges Pompidou, didactique, pédagogique et richement dotée !

Le titre est à la fois très explicite et pourtant porteur d’une certaine confusion. En effet, on pourrait croire que le mouvement “De Stjil” (aaaah ces néerlandais) est le mouvement créé par Mondrian ou bien auquel il est complètement assimilé, mais ce n’est pas tout à fait ça. Disons que les deux sont clairement en résonance, et relativement indissociables lorsqu’on doit évoquer l’un ou l’autre. En revanche, Mondrian était peintre avant, et a gardé sa propre autonomie créative et théorique, tandis qu’il a été un des grands contributeurs du mouvement néoplasticien, et qu’il s’est ensuite clairement détaché de “De Stijl”.

L’exposition traite des deux sujets de manière relativement distincte, à tel point qu’il y a même deux commissaires d’expo, chacun sur un des deux thèmes. On commence par l’explication très pédagogique de ce qu’est le mouvement “De Stjil”, et puis on passe à Mondrian (ses débuts, ses expérimentations cubistes, abstraites, ses vitraux, et son apothéose bien connue avec ses quadrillages). On conclut par des applications du style “De Stijl” (gros pléonasme puisque “De Stijl” veut dire “Le Style” en néerlandais) avec des incroyables pièces d’architecture, des projets décoiffants et des visions concrètes de ces théories qui sont bien bluffantes.

Le parcours est vraiment bien pensé et fluide, il est ponctué d’explications par salle, mais aussi sur certaines œuvres emblématiques ou majeures. Exactement ce qu’il faut pour apprécier la scénographie et bien comprendre la mécanique en jeu, de quoi se passer d’un audioguide tout en se disant que ce serait le complément idéal pour “aller plus loin”. La scénographie est assez “facile” mais plutôt réussie avec une chouette mise en abîme, puisque les cloisons font penser à ces célèbres quadrillages de Mondrian avec des grands pans blancs et des lignes noires épaisses qui délimitent des espaces d’expression ou de vide. Sympa, sans être trop prise de tête, encore une fois j’ai bien aimé.

Il y a aussi cette gentille reconstitution de l’atelier de Mondrian qui permet de se mettre dans la peau de l’artiste, et d’imaginer aussi l’application de ses théories jusque dans l’agencement de son lieu de travail. Mais la grande découverte, et j’ai honte de n’avoir pas su cela avant, est celle du véritable instigateur et fondateur de “De Stijl” en la personne de Theo van Doesburg. La très grande partie des œuvres hors Mondrian sont de cet autre artiste néoplasticien, et il est fascinant de constater son anonymat relatif (à mon incurie) alors qu’il était doté d’une créativité tout aussi féconde et intéressante. Ses vitraux sont notamment des pièces magnifiques et des motifs qui sont aujourd’hui des bien manufacturés qu’on peut couramment voir chez des particuliers.

La focalisation sur Mondrian présente une passionnante rétrospective de l’artiste qui permet de facilement comprendre et appréhender son cheminement artistique. A la manière d’un Malevitch dont on comprend très bien l’ultime “Carré Noir” lorsqu’on a suivi toute l’approche suprématiste, Mondrian et son néoplasticisme deviennent limpides dès qu’on voit concrètement la succession de tableaux qui le mène de la figuration à l’abstraction. Le plus évident est la transformation de la forêt en lignes puis quadrillage, et l’effacement des couleurs composées jusque la quintessence des aplats monochromes. Evidemment, j’ai pensé à la merveilleuse Aurélie Nemours, ou au fascinant Jean Hélion.

La fin de l’exposition démontre l’apport très pragmatique des artistes “De Stijl” à l’architecture et l’urbanisme, intérieur, extérieur, tout est pensé, repensé et traduit en concepts cohérents. On peut y voir des plans ambitieux de maisons, d’immeubles ou de quartiers entiers, qui sont entièrement conçus dans cet état d’esprit d’avant-garde. C’est étonnant d’ailleurs de constater comme ces projets ont gardé leur facette futuriste et moderniste, alors même qu’ils sont complètement désuets à bien des égards, comme une vision uchronique, un de ces avenirs alternatifs que nous ne connaîtrons jamais.

J’ai aussi eu une pensée pour le 124 rue Saint Maur que j’ai évoqué l’année dernière, ce qui prouve que l’œuvre de Mondrian n’a pas cessé d’inspirer même les architectes d’aujourd’hui.

(Ah ouai donc j’ai bien aimé hein, en fait, c’était ça que je voulais dire… en gros.)

Mondrian / De Stijl au Centre Georges Pompidou

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Moebius Transe Forme à la Fondation Cartier

Publié le Mardi 18 Janvier 2011 - 0:10
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Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait un truc de blogueur, et là c’était pour une fois carrément dans mon créneau. Je ne connais pas très bien Moebius, même si j’avais bien aimé l’expo Miyazaki-Moebius de la Monnaie de Paris en 2004. Et la Fondation Cartier c’est vraiment un endroit que j’apprécie particulièrement. En revanche, ils ne sont vraiment pas doués pour correctement présenter et expliquer leurs expositions, et là encore sans le recours et l’éclairage d’un guide, je pense qu’on est complètement largué.

Là évidemment, c’était une visite organisée, et donc tout était pour le mieux. Nous avons eu une guide qui non seulement a bien remis le dessinateur dans son contexte culturel et biographique, mais nous a patiemment fait évoluer dans son univers et dans ses codes. Ainsi armé de ces quelques connaissances, il était beaucoup plus simple et agréable de profiter des multiples œuvres qui peuplent cette exposition.

La scénographie est assez classique mais de bonne facture, avec un rez-de-chaussée qui expose les différentes bédés de Moebius sur une longue table formant le ruban éponyme, et qui chronologiquement nous emmène dans les œuvres et les inventions de l’artiste. Là on peut lentement et surement se plonger dans des bandes-dessinées diverses et variées tout en profitant de commentaires de l’auteur comme autant d’échos aux livres présentés. On comprend alors l’imaginaire, le bestiaire, les styles, et concrètement les expérimentations artistiques, les gimmicks et autres codes chers au dessinateur. Au sous-sol, il s’agit plus d’installations qui rendent hommage au talent plasticien et à cette fameuse “transformation”. Il y a des dessins reproduits sur plusieurs mètres de haut, des peintures, des œuvres qui sont en échos aux préoccupations de Moebius ou à sa mythologie personnelle.

Cette seconde salle est très belle et tout autant mystérieuse, même si le décodage de l’étage au-dessus permet de mieux appréhender cette plongée dans un monde parfois inquiétant. Tout cela me faisait penser à l’étonnant écosystème du film d’animation “Gandahar” qui date de 1988 et que j’avais vu gamin (et qui m’a énormément marqué). Je vois que le réalisateur de ce film, René Laloux, a aussi collaboré avec Moebius, ce qui ne m’étonne pas du coup.

Le mélange des genres est total chez Moebius, qui signe de différents noms des œuvres de styles, matières, techniques et formes variées, du cowboy viril à l’humanoïde futuriste polymorphe et érotisée à mort… Et c’est bien ce qui m’interpelle dans tout ce que l’on peut voir là, avec toujours formellement une qualité de dessin et un trait qui confirme son énorme talent.

L’exposition est d’une réelle qualité et a bien été pensée et organisée, mais encore une fois sans guide je n’aurais rien capté…

Moebius Transe Forme à la Fondation Cartier

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Installation “Rachel, Monique” de Sophie Calle au Palais de Tokyo

Publié le Jeudi 13 Janvier 2011 - 0:53
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Il y a eu cette rétrospective Sophie Calle en 2004 qui avait confirmé toute l’admiration que j’avais pour cette artiste. Son travail me parle énormément, même si je la trouve de moins en moins en phase avec notre époque, après les blogs, après l’autofiction… Mais il reste ce décalage dans le traitement artistique et poétique des moindres évènements de son existence. Il s’agissait là au Palais de Tokyo d’une seule installation dont voici le manifeste :

Elle s’est appelée successivement Rachel, Monique, Szyndler, Calle, Pagliero, Gonthier, Sindler. Ma mère aimait qu’on parle d’elle. Sa vie n’apparaît pas dans mon travail. Ça l’agaçait. Quand j’ai posé ma caméra au pied du lit dans lequel elle agonisait, parce que je craignais qu’elle n’expire en mon absence, alors que je voulais être là, entendre son dernier mot, elle s’est exclamée : “Enfin”.
Sophie Calle.

Woooh, Sophie, tu as fait une expo sur la mort de ta maman ?!! Dis, tu déconnes là non, tu n’as vraiment plus rien en boutique pour en arriver là ? Je suis allé voir par moi-même pour essayer de comprendre la démarche et juger de l’oeuvre.

Eh bien, une partie n’est pas trop réussie à mon avis, en tout cas je ne suis pas rentré dedans. Mais d’autres éléments font écho avec d’anciennes démarches de l’artiste, et certains composants de cette installation ont encore ce souffle créatif décalé, délirant, poétique et à fleur de peau qui sait me toucher et me faire réfléchir. J’adore chez Sophie Calle cette capacité à me porter à des extrêmes : soit dans l’indifférence (et parfois outré d’un foutage de gueule qui me semble manifeste), soit absorbé par une de ces inventions (parfois simplissime) pendant des plombes.

Là nous sommes en plus dans un domaine hyper sensible et naturellement touchant puisqu’il s’agit de sa maman, et en même temps la pudeur relativement commune ferait qu’on devrait être choqué d’une telle exposition (au sens propre). Mais de Sophie Calle, plus grand chose n’étonne… Elle distribue donc dans cet espace en travaux immense du Palais de Tokyo une installation composite qui est un parcours initiatique dans son univers maternel. A la Sophie Calle, à partir d’anecdotes, elle illustre, rappelle, transforme des souvenirs, les partage formellement et les fait évoluer ou les transcende à travers le prisme de son art. On retrouve donc son écriture, ses vidéos, des photos, mais aussi des pierres tombales, des supports variés en couleur et matière avec un “souci” qui s’estompe, des fleurs et un décor mortuaire, des stèles couvertes de nom de maladie, etc. Elle s’est encore lancée quelques défis qu’elle relève et documente pour évoquer encore sa maman, et donner du sens au lien filial, ou simplement payer tribut à cette vie qui n’est plus.

Je reste fasciné par l’artiste, tout en restant aussi critique et parfois indifférent, car elle continue dans son trip (dans tous les sens du terme) avec cohérence et sur la durée, et je trouve que ses idées bouillonnent et foisonnent toujours autant.

Installation "Rachel, Monique" de Sophie Calle au Palais de Tokyo

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Willy Ronis à la Monnaie de Paris

Publié le Mercredi 21 Juillet 2010 - 0:17
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J’avais découvert l’incroyablement talentueux Willy Ronis avec son exposition à l’Hôtel de Ville en 2006 qui avait rameuté des centaines de milliers de curieux. Il était alors encore en vie, lui qui est né en 1910 et a pour ainsi dire tout vu et expérimenté de la photographie. Cette exposition là est un hommage à cet artiste fabuleux dont l’œil et les photographies traverseront sans doute les époques.

Car Willy Ronis avait un sens de la composition vraiment extraordinaire, avec un parcours sensationnel entre journaliste, naturaliste de son temps et témoin des bouleversements de son époque. Il a capturé avec une troublante acuité nos rues de Paris, et tous ses personnages, sans pose, sans trop de chichi, mais cela donne des cadrages époustouflants, des moments de vérité qui laissent sans voix. L’artiste a ainsi mis en boite des milliers de clichés, et nous les découvrons innocemment sur des décennies : des portraits, des scènes de nuit, des décors urbains, des natures champêtres, des scènes de grève et de manifestation, le reflet de son épouse dans un miroir en Province, des photos de pays étrangers… Il y a de tout, et tout est complètement abasourdissant de génie et d’émotion. C’est ainsi sur le fil qu’on visite cette exposition qui est le témoignage de toute une vie, et dont les moyens de communication étaient aussi riches que ce que la photographie permet. Ce sont les textures de ses noirs et blancs magnifiques, les visages, les expressions, les choix du bons ou mauvais moments, les cadrages et découpages de plans, le floutage artistique ou l’ombre mystérieuse, le regard au second rang, le fichu de travers de la vieille dame, le bonnet phrygien de l’enfant, les regards des amoureux de la Bastille. Willy Ronis c’est tout un cinéma !!

De plus, il a laissé pas mal de commentaires sur ses photos qui sont souvent cocasses ou caustiques, ou simplement intéressant pour comprendre l’envers du décor, mais aussi régulièrement et volontairement dans l’ignorance ou le mystère. De temps en temps, il a aimé le cliché, il n’a rien d’autre à dire, et n’attend de son spectateur que sa propre interprétation, ou plus simplement son émotion. Moi ça m’a complètement pris du début à la fin, jamais photographies ne m’ont touché comme cela… Ses images sont aussi riches que des peintures, et on pourrait passer des heures à regarder, se pâmer, interpréter, imaginer…

C’est jusqu’au 22 août 2010, allez-y ça vaut franchement le détour !!

Willy Ronis à la Monnaie de Paris

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« De Byzance à Istanbul » au Grand Palais

Publié le Jeudi 7 Janvier 2010 - 23:08
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Voilà une bonne petite exposition bien traditionnelle et toute à fait idoine pour le Grand Palais. Rien de révolutionnaire, mais on y trouve une excellente et passionnante étude archéologique et chronologique de cette ville incroyable qui fut Byzance, Constantinople puis Istanbul. Ainsi de la Grêce à la Turquie en passant par Rome, avec toujours cette facette byzantine qui en fait un endroit unique, cette ville a été traversée par les plus grandes civilisations, et elle en garde de beaux restes !

Je parle d’exposition archéologique traditionnelle, car contrairement à la dernière expo dont je parlais et qui n’était pas trop documentée (car on ne sait pas tant de chose que cela sur Teotihuacan), il existe une kyrielle d’objets, d’écrits et de faits historiques qui permettent d’organiser une visite très pédagogique et tape-à-l’oeil. En effet, les différentes civilisations antiques qui se sont succédées, et les cultures ainsi représentées, sont un ferment idéal pour stimuler l’imaginaire du visiteur. De Byzance à Istanbul, c’est un voyage exotique à la fois très proche de nous et de notre “histoire”, mais aussi une exploration de cette limite entre Asie et Europe, confluent de religions, d’artisanats et d’arts qui nous interpellent chacun à leur manière.

L’exposition se visite donc de la manière la plus attendue et classique : chronologiquement. Et au fil de la visite, les dynasties passent et trépassent, la ville change de main, se mute, se transforme, s’embellit ou s’enlaidit, découvre de nouvelles fois et aspirations, devient capitale d’empire ou ville de province, et construit peu à peu cette étrange identité protéiforme. On bénéficie au Grand Palais d’un écrin particulièrement immense et riche, avec une scénographie qui met bien en valeur les inestimables objets déposés ici, que ce soit des parures en or, des livres calligraphiés, des vêtements d’apparat, des peintures, des objets artisanaux ou bien des sculptures antiques. Et à chaque avancée, on suit un épisode de l’Histoire byzantine, avec cette ville qui change de nom et de maître, et qui s’enrichit d’un apport supplémentaire. On peut lire les truculentes péripéties politiques romaines, la percée fulgurante de la chrétienté, puis la conquête ottomane et tout ce qui fait le caractère unique et singulier de l’Istanbul d’aujourd’hui.

La luminosité est faible, et on déambule dans une atmosphère assez sombre avec des vitrines qui ainsi mettent bien en valeur leurs contenus. Les indications ne sont pas trop mal, mais j’avais téléchargé le podcast avant de m’y rendre, ce qui m’a beaucoup aidé à resituer les époques. J’ai vraiment aimé la profusion d’objets et de témoignages, ainsi que l’invitation au voyage que cela procure. On ressort de l’exposition avec une envie folle d’aller en Turquie et de goûter à l’atmosphère réelle de la ville d’aujourd’hui, dont on a pu découvrir des ancêtres aussi divers que marquants.

De Byzance à Istanbul au Grand Palais

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« Teotihuacan – Cité des Dieux » au musée du quai Branly

Publié le Samedi 12 Décembre 2009 - 0:27
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J’aime beaucoup les expos archéologiques, et surtout quand elles ont trait aux cultures précolombiennes, c’est indéniablement mon côté Esteban, Tao, Zia… On se sent toujours l’âme d’un Indiana Jones avec ces sculptures de dieux étranges, ces écritures indéchiffrables et temples aux alignements astronomiques troublants. L’exposition profite un peu de la richesse de ses pièces pour nous mettre dans une ambiance de ce type, et c’est un de ses aspects très sympathiques.

Scénographiquement c’est assez étonnant puisque l’exposition nous donne à voir plus de 450 objets de cette ancienne culture mexicaines dans une même pièce. On embrasse donc dès l’entrée l’ensemble du parcours, avec un découpage et une progression assez intéressants. Il y a notamment une maquette des principaux monuments et réseaux urbains qui trône en plein centre, avec des ensembles assez monumentaux autour, comme des bouts de temples ou des sculptures ornementales, et plus en arrière encore les différentes vitrines dans lesquelles on peut admirer les collections.

L’histoire de Teotihuacan s’échelonne de 100 av. J.C. à 650 ap. J.C, et l’exposition s’évertue à nous en montrer les différentes facettes à la mesure de nos connaissances. Et c’est certainement là où le bât blesse même si ce n’est la faute de personne. En effet, on ne connaît pas grand-chose d’eux… Du coup les différentes explications paraissent soit très concises et purement descriptives soit carrément tirées par les cheveux ou un peu gonflées. On constate la manifeste richesse de ces collections, de par leur diversité, leur beauté formelle, leur artisanat ou impressionnante conservation. Ces témoignages suscitent aussi parfois d’intéressantes interrogations, mais comme on possède surtout des contenus de tombes, je ne sais pas si on peut aussi légitimement que cela en tirer autant d’évidences sur la vie quotidienne de l’époque.

L’atmosphère, l’éclairage et la scénographie sont de vraies réussites pour moi, et j’ai vraiment apprécié déambuler dans ces étranges signes et restes d’une société et d’une culture passées. Lorsqu’on tombe nez à nez avec un masque de pierres ou un ancien dieu, on ne peut rester insensible. Mais j’ai une opinion plus contrastée sur les explications, même si je suis partagé entre l’idée de ne rien dire si on n’est certain de rien (mais c’est presque toujours le cas dans les musée au final…), ou bien de donner quelques hypothèses et de tenter d’ouvrir l’esprit des visiteurs en explorant certaines possibilités.

« Teotihuacan - Cité des Dieux » au musée du quai Branly

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Kandinsky (1866-1944) au Centre Georges Pompidou

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:55
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Ahhhh, Kandinsky !! Ma référence ultime en terme d’Art ! Je dois à une prof d’histoire de première de m’avoir fait découvrir cet artiste. Depuis lors, je le révère et suis super ému dès que je tombe sur une de ses toiles. Donc là, c’est une extase permanente, un bouleversement de tous les instants, puisque cette rétrospective nous montre à peu près tout ce qu’il y a de majeur dans l’oeuvre de ce peintre d’exception.

La scénographie est très linéaire puisqu’il s’agit le plus simplement du monde d’un accrochage chronologique. J’ai été plutôt déçu par les explications disponibles et encore une fois il fallait se procurer l’audio-guide pour vraiment en profiter. Heureusement, j’ai assez lu et me suis assez documenté depuis quinze ans pour largement prendre mon pied. Car j’aime tout chez cet homme, de ses peintures classiques et d’inspiration russe des débuts, à ses découvertes et tâtonnement dans l’abstraction (ma période préférée, alors que les « ponts » et « cavaliers bleus » commencent à s’estomper dans des formes symboliques et géométriques), jusque ses oeuvres très formelles et géométriques à la Malévitch, et enfin à ses drôles de créatures biomorphiques qui auraient leur place dans « Spore » (le jeu vidéo).

Mais contrairement à Malévitch (qui est l’inventeur du Suprématisme, donc une abstraction très froide et détachée du réel), Kandinsky, même dans ses phases les plus géométriques et abstraites, ne se détache jamais de ses émotions. Elles sont même l’incroyable moteur de cette foisonnante création. Et n’importe qui peut s’en rendre compte, car il fait parler les formes et les couleurs. C’est un délire de sentiments qui s’imprime en nous, de la colère, de la tristesse, de la joie et de l’amour qui se retrouvent ainsi jetés sur la toile.

Kandinsky est à mon avis le seul peintre qui a réussi ainsi à transposer des émotions sur la toile. Il est, en mon opinion, la preuve tangible de la synesthésie, cette faculté de mixer les sens. Car avec Kandinsky les couleurs ont un son, et les sons ont une forme, les émotions des couleurs, et les odeurs des formes etc. L’expérience sensorielle et émotionnelle proposée par ses peintures dépasse alors l’entendement, et même s’il ne parle pas à tout le monde de la même manière, je ne pense pas qu’il puisse laisser insensible.

C’est alors que je me suis trouvé à me plaindre même de l’opulence de l’exposition. En effet, je crois qu’il y a trop d’oeuvres exposés, et que chacune à son tour tend à émousser les capacités des visiteurs. C’est comme si vous étiez dans une parfumerie, que vous arrivez à sentir les premières fragrances, mais que rapidement vous êtes perdus dans les odeurs, et vous ne sentez plus rien. Il me semble que le même drame se produit lors de cette expo. Il y a tellement de choses qui passent dans cette peinture, que l’on se retrouve au bout d’un moment insensible aux oeuvres, et qu’on passe sans plus trop comprendre. Il reste bien évidemment toujours cette beauté formelle, mais ce n’est pas cela qui est remarquable, selon moi, chez ce peintre. Il faut s’approprier ses « impressions » (titres de nombres de ses toiles) et les décoder pour soi. On est parfois aidé par des titres comme cette « voix au téléphone » (qui n’était pas présenté à Beaubourg pour le coup) ou bien ces « petites joies ». Les « improvisations » laissent libre cours à notre interprétation, comme elles ont laissé libre court à son imagination.

Le peintre est mort, mais ses oeuvres conservent une extraordinaire actualité, et en effet qu’y a-t-il de plus intemporel que les émotions ? Les points, lignes, plans qui sont l’alphabet de l’expressionniste composent un langage universel par excellence. Ces oeuvres parlent à tout le monde, à son niveau, à ses références, à sa sensibilité, et il fait découvrir de nouveaux mondes de sensations, de plaisirs, de lecture et de compréhension intime de l’autre et de soi-même.

Vous comprendrez à me lire à quel point cette exposition est fantastique, mais encore une fois mon seul reproche, qui n’en est pas un, est ce foisonnement de tableaux. Kandinsky se déguste avec parcimonie, et doit se savourer lentement, petit à petit, avec ouverture d’esprit et acuité aux aguets.

Kandinsky au Centre Georges Pompidou

  • Exposage
Planète Parr au Jeu de Paume

Publié le Samedi 15 Août 2009 - 1:37
Catégorie: Exposage

Comme beaucoup de gens, je pensais naïvement que j’allais voir une exposition dédiée à l’oeuvre de Martin Parr, un photographe que j’aime beaucoup (sans être fan de Vincent Delerm, oui oui). En fait, il s’agit de la collection même de l’artiste, avec en fin d’expo quelques unes de ses séries (séries “Luxury”, “Small World”, et projet “The Guardian Cities Project”).

Donc je suis entré là avec un peu d’appréhension, mais cette impression a vite été infirmée devant l’excellence et l’intelligence, le sens politique et l’ironie même de cette collection. Un truc de dingue !!! Martin Parr collectionne en effet des photographies de ses pairs, à la fois dans le medium, mais aussi dans le style ou le manifeste social et politique. On s’en prend alors plein les yeux et il se déverse des tonnes d’affects qui ne laissent forcément pas indifférent.

Et en plus de cela, on trouve une kyrielle d’objets, de bibelots en toc, de colifichets et “goodies” qui matérialisent à leur manière toutes les formes de propagande. Martin Parr met ainsi face à face dans une inquiétante réciprocité des montres Sadam Hussein, un mug Ben Laden, et un poignard à l’effigie de George W. Bush. On voit des jeux bien officiels pour jouer à la guerre du Golfe, ou encore des petits personnages belliqueux pour que tous les enfants du monde puissent bien intégrer ces données au plus tôt.

L’exposition est très bien faite, même si peu documentée, mais l’accrochage parle de lui-même, et les codes qui sont ainsi mis bout à bout sont assez limpides pour se passer de commentaires. Martin Parr propose ses séries en fin d’exposition, et j’ai encore une fois été parfaitement conquis par son travail. Il est tour à tour grave, drôle ou ironique, et je suis de nouveau surpris par cette si large palette d’expression. On se demande vraiment comment il peut prendre au vol des clichés aussi spontanés au premier coup d’oeil. Et puis, on se pose, on observe, on décrypte, et alors le moindre angle, rictus, regard, cadrage, deviennent sujets à toutes les métaphores.

Planète Parr - Jeu de Paume

  • Exposage
« Le grand monde d’Andy Warhol » au Grand Palais

Publié le Lundi 6 Juillet 2009 - 1:08
Catégorie: Exposage

Je n’ai jamais été un grand fan de Warhol, mais du coup cette exposition était une bonne occasion d’en savoir un peu plus sur l’artiste. Au final il s’agit d’une excellente exposition, à la fois pour la scénographie et pour les aspects pédagogiques montrés, mais je ne peux pas dire que j’ai été incroyablement conquis par l’artiste.

Au moins l’une des qualités du commissariat de l’exposition a été de ne pas noyer de poisson, et de ne pas expliquer l’oeuvre en utilisant un vocabulaire abscons ou des tournures élitistes. Au contraire, les choses sont clairement et simplement expliquées, il s’agit d’une belle collection de 250 portraits, dont une majorité de commande des peoples ou gens fortunés de l’époque. On trouve quelques explications de techniques utilisées ou de tendances pour telle ou telle série, ou encore une mise en perspective avec le mouvement Pop de l’époque. Mais il n’y a pas de grandes théories fumeuses ou de panégyrique de Warhol en tant qu’artiste, ce qui est agréablement surprenant.

Le plus brillant dans l’expo est indéniablement, à mon avis, la scénographie. Le Grand Palais permet des accrochages très adaptés, avec des rapprochements de séries, des reproductions gigantesques et des salles thématiques qui aident à mieux percevoir les différentes périodes de l’artiste.

J’ai apprécié les oeuvres de Warhol qui étaient exposées, avec quelques portraits classiques (Marylin, Mao, ou Liz Taylor etc.) et certaines oeuvres qui formellement me paraissent réussies (hyper subjectif évidemment). Et tout cela autant dans le domaine de la photographie (du Polaroïd sur le vif, à la pose élaborée et léchée) que dans celui de la peinture ou la sérigraphie, mais globalement je suis assez insensible à la touche « Pop art » (sinon de trouver ça « joli »). Il s’agit presque plus d’un témoignage people de l’époque avec par exemple des Polaroïds de Sylvester Stalone qui côtoient les stars qui commandaient leur portrait à l’artiste, plus par mode de l’époque qu’autre chose.

« Le grand monde d'Andy Warhol » au Grand Palais