
[Source : Le Parisien du 09/06/2009]
[Via un touite de Kozlika (qui a retouité de untel de untel etc.).]
Prochain épisode : le clivage rive gauche / rive droite.
Comprendre Paris : le clivage Est / Ouest

[Source : Le Parisien du 09/06/2009]
[Via un touite de Kozlika (qui a retouité de untel de untel etc.).]
Prochain épisode : le clivage rive gauche / rive droite.
2040 selon Fluide Glacial…
Je ne sais pas si vous avez lu le dernier hors-série (Série Or en fait) de Fluide Glacial, mais vous devriez il est, comme d’habitude, excellent !! Cette thématique de “2040″ selon les dessinateurs de Fluide donne lieu à des visions particulièrement vitriolées et grinçantes, mais foncièrement drôles.
J’ai toujours adoré Charb (notamment pour ses participations légendaires dans Charlie-Hebdo), mais je crois que je suis de plus en plus sensible à Lindingre. Ces deux auteurs montrent bien mon genre d’humour !!! Et en faisant le tour du magazine, ce sont naturellement sur ces deux dessinateurs que ma préférence s’est portée.
On y trouve par exemple de jolies images de notre président actuel :

Que de belles projections dans les 30 ans à venir… Mouahahaha.
Beaucoup d’auteurs se plaisent aussi à imaginer les conflits dont nous sommes habitués depuis des lustres et qu’on imagine pas vraiment avoir une fin. Evidemment on y trouve des évocations aigres-douces concernant le conflit israélo-palestinien. Mais il est plus drôle finalement de lire cette brève sur un énième projet de partition belge…

Et puis pour être complet, il faut ajouter un peu de réflexion sociétale et bioéthique :

Une pincée de people…

… et un brin de religion :

Et moi, je me marre.
Piqûre de rappel : Fluide Glacial est bon pour votre santé !
Je voulais juste partager ces quelques extraits de Fluide Glacial de mars, parce que ça me fait mourir de rire, et que ce magazine mérite vraiment le détour. D’abord, un petit hommage à nos chères écoles de commerce :

Une blague de potache comme on aime :

Et un de ces textes (de Pascal Fioretto), plutôt gay-friendly, sur nos camarades métrosexuels. Fioretto a souvent le mot juste, l’expression qui fait mouche et la plume bien aiguisée, mais là je le trouve particulièrement pertinent et drôle.

D’ailleurs le Fioretto d’avril est tout aussi savoureux. En effet, dans ce numéro spécial belgique, il évoque nos voisins du nord en mettant bien en exergue certains clichés qui ont la vie dure. Mais comme il n’y a pas de fumée sans feu, et qu’avec mon meilleur ami à Bruxelles, je connais un peu la vie en Belgique, j’ai éclaté de rire à lire cela, et je suis certain que les belges vont s’en régaler.

66 sur 192
66 sur 192, c’est le nombre de pays de l’ONU qui ont signé une déclaration (qui n’engage à rien, sinon à le déclarer justement) qui dépénalise l’homosexualité. Putain, ce n’est pas beaucoup… Et quand en plus, on lit qu’une contre-déclaration syrienne vient dire le contraire et faire l’amalgame avec la pédophilie et consort… Mein gott…
Bref, cette initiative française, portée par Rama Yade, a été loin de remporter tous les suffrages, comme quoi nous ne sommes vraiment pas au bout de nos peines. Que cela serve de repère à certains straight-acting qui refusent la visibilité et miliTANTisme, ainsi qu’à des bécasses écervelées qui ne quittent pas leur Marais-ghetto. C’est flippant cette affichage explicite des valeurs antipédés de la majorité du monde.
Il est assez surprenant de noter la présence des quelques pays d’Afrique et même un pays notoirement homophobe tel la Pologne (mais avec l’Europe, ils n’ont peut-être pas bien eu le choix). Et saluons globalement les 66 pays qui nous reconnaissent, et dont les USA ne font même pas partie (de même que la Russie et la Chine… pfff).
Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche.
Belgique, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie.
Canada, Cap Vert, République de Centre-Afrique, Chili, Colombie, Croatie, Cuba, Chypre, République Tchèque.
Danemark, Equateur, Estonie, Finlande, France, Gabon, Georgie, Grèce, Guinée-Bissau.
Espagne.
Hongrie, Islande, Irelande, Israël, Italie, Japon, Létonie, Liechtenstein, Lithuanie, Luxembourg.
Malte, Île Maurice, Mexique, Monténégro, Népal, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège.
Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume Uni.
San Marin, Sao Tome et Principe, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.
Ancienne République yougoslave de Macédoine, le Timor Oriental, Uruguay, et Venezuela.
Libelle de la perfide Albion sur LeWeb
Ah ces anglais, dès qu’ils ont l’occasion de persiffler sur notre beau et grand pays, ils n’hésitent pas. Mais ils ont raison, puisque nous le leur rendons bien dès que la possibilité nous en est donnée.
Ce grinçant article du Guardian (trouvé via Gonzague) raconte une première journée à la fameuse conférence 2.0 “LeWeb”, et apparemment y’a pas de wifi, il gèle et les intervenants ne sont pas terribles. L’auteur cite notamment la conférence de Paulo Coelho (certains intervenants ne sont pas des pros, et sont juste là “en marge” pour ouvrir les esprits), et en tire cette hilarante et si réaliste assertion :
Day one’s keynote firesider was Paulo Coelho — the favourite author of that girl you met on the first day of university who spent her gap year in Thailand and like totally found herself. “Everyone has something interesting to say,” Coelho said at one point, clearly showing that he’s never had a conversation with one of his fans.
Et puis on y lit aussi un tas de reproches certainement plus ou moins de bonne foi, et aussi dans une claire volonté de faire un bon mot, d’épuiser les clichés les plus éculés et de taper un peu plus sur ces maudits français. C’est de bonne guerre, et ça me fait rigoler aussi.
All of this, of course, thrilled the American attendees. If any of them was any doubt about Silicon Valley’s tech supremacy over Europe, they only had to spend five minutes in that freezing hall, with its nonexistent Wi-Fi and and its cloakroom sign that read “Cloackroom” and all was right with their world view.
Cela n’empêchera pas la conférence de bien se passer, et d’améliorer ses conditions d’accueil par la même occasion. Mais c’est vrai qu’un jour ce serait sympa qu’on soit un peu mieux perçu pour nos qualités d’organisation. Enfin, au moins nous sommes des révolutionnaires, fouteur de bordel, des indécrottables latins, tout en étant pas complètement du sud, et j’aime bien ce positionnement français médian. C’est aussi certainement ce qui nous donne beaucoup de charme, en tant que nation, et qui nous confère pas mal de créativité au quotidien. Ouai merde, on est des artistes !!!!
On ne manquera pas de se venger des rosbifs en tout cas !!!!
Orthografe… aïe ça fait mal au cul de l’écrire comme ça !
Je suis loin d’être un chantre de l’orthographe, ni même de la grammaire, conjugaison, concordance des temps, ou encore syntaxe, mais j’essaie de m’améliorer dans ce domaine. Et je suis de plus en plus effaré par le niveau des gens avec qui je bosse. Je passe sur les abréviations dont les plus jeunes ne se rendent même plus compte qu’ils les font (bjr pour bonjour ou bien ns pour nous).
Non ce qui me choque le plus, je crois que c’est la perte de la ponctuation, des majuscules aux noms propres, et de la perte des attributs essentiels que sont les s au pluriel ou les points à la fin des phrases. François mettait en lien dans notre “fil gmail” (sorte de forum de potes de potes) cet excellent article du Monde, où André Chervel explique son point de vue.
Il y a notamment ce passage que je trouve très juste et vraiment actuel :
Une fracture orthographique est apparue dans la société. Elle rappelle le fossé, au XIXe siècle, entre ceux qui connaissaient le latin et les autres. C’était une discipline de “luxe”, qui avait une fonction de discrimination sociale. Au concours d’entrée des grandes écoles scientifiques comme Polytechnique, il y avait une version latine dont le seul rôle était de contrôler l’origine sociale des postulants, ou au moins leur volonté d’adaptation aux règles de la société bourgeoise. L’orthographe est, de la même façon, en train de devenir une pratique d’élite, et du même coup un handicap social pour ceux qui ne la maîtrisent pas et ne pourront plus accéder à un certain nombre d’emplois.
Car on la voit aujourd’hui cette fracture sociale, qui s’inscrit autant dans la maîtrise de la langue écrite et qu’orale (et ce terrible accent des banlieues qui en handicapent plus d’un(e)). Ce qui me surprend par contre c’est de remarquer à quel point ce désastre orthographique touche aussi les plus bourges de ma boite, alors que je les pensais à peu près protégés par leur éducation.
L’article est aussi très éloquent et convaincant sur les réformes à vraiment appliquer à l’orthographe française pour la simplifier. Cela revient à zapper les double-consonnes ou bien à transformer tous les “ph” en “f”, à supprimer les h de “th ” ou plus globalement toutes les consonnes muettes inutiles (sinon à l’étymologie). Cette explication est d’autant plus probante que nous avons des exemples très clairs chez nos voisins européens, exemples que nous avons appris sans ciller en cours d’espagnol (”biblioteca”) ou d’italien (”ipotesi”).
Si jamais passe un jour une telle réforme, ce sera vraiment difficile pour moi qui aime tant ces conneries de français. D’ailleurs, j’adore découvrir mes fautes de grammaire et essayer de ne plus les refaire (même si des é/er m’échappent encore trop régulièrement par exemple), et l’orthographe de notre langue recèle souvent des singularités qui lui donnent tout son charme. On peut se demander s’il faut donc simplifier, ou plutôt redonner une plus grande importance à ce pilier de la communication écrite. Mais je ne vais pas jouer les vieux cons non plus, et la langue a toujours été mobile et en évolution, alors pourquoi pas ? Et si cela peut faciliter l’apprentissage tout en n’appauvrissant pas le vocabulaire, ça peut être salutaire.
En effet, on évoque plus rarement la simple réduction du champs lexical, et le fait que notre vocabulaire se compose de moins en moins de mots et d’expressions idiomatiques. Finalement c’est aussi cela qui rend la langue concrètement moins riche, car moins de nuances, et finalement moins d’idées. Cela fait très “1984″ tout cela… Et j’aime énormément la langue française pour la myriade de mots et de vocables qu’elle offre pour nous exprimer le plus largement et plus précisément possible.
Il faut pourtant utiliser un vocabulaire idoine et s’exprimer avec alacrité, sans crainte d’être encomiastique. (Spéciale cace-dédi à Oli.)
Bon, je sais que tout le monde se fout de moi car j’adooooore utiliser des super jolis mots de vocabulaire, mais que parfois je suis totalement à côté de leur signification ou de leur usage. Mais bon, je persiste, et je m’améliore encore. Ok y’a du taf !
Conte de fées approximatif à l’intention des enfants malades
Rien que le titre, ça présage de bonnes choses. Mais là quand j’ai lu cette planche de Romain Dutreix au dos du dernier Fluide Glacial (N°389 - Novembre 2008), j’ai éclaté de rire. Et pourtant, c’est un humour à la psikopat assez “terrible” (dans tous les sens du terme). Mais un humour grinçant comme ça, lorsqu’il revisite un tel conte avec un regard aussi lucide qu’impitoyablement ironique, en devient irrésistible.

Vendredi
Un nouveau canard en kiosque qui ne reprend que des articles de blog pour contenu, il fallait que je découvre cela ! Et après tout le bien que je dis de Courrier International ici, j’étais assez agréablement surpris par les quelques papiers que j’ai lu du directeur, Jacques Rosselin, lui-même ancien fondateur du Courrier. D’autant plus qu’on y retrouve aussi un ancien rédacteur en chef de Marianne (Philippe Cohen), ainsi que notre copine en chef : Pierre Bergé. Du beau monde, et bien de gauche comme j’aime, car il faut l’avouer, et on s’en rend compte en le parcourant, c’est bien un journal de gauche !!!
On trouve donc dans cet hebdo, qui sort évidemment le vendredi, un résumé de l’actualité de la semaine écoulée via le prisme blogosphérique. On reprochera bien le côté ouvertement gauchiste de la chose, on dirait le Canard Enchaîné qui se serait retrouvé dans la maquette de Courrier International… Mais pour moi évidemment, ça le fait. Et le fait de récupérer ainsi l’aspect le plus trublion et franchement gonflé de certains propos de blogueurs est vraiment plaisant.
Par contre, ce n’est pas encore un tri en profondeur de la blogosphère. Ont été récupérées des sources bien “officielles” et proprettes malgré tout, donc j’espère que les prochains numéros iront un peu plus fouiller et glaner les perles qui se cachent sous la surface de la blogopopularité. En outre, les blogueurs dont on utilise le contenu sont rémunérés, ce qui est plutôt réglo et notable. Ce que j’aime dans cette démarche, c’est cette manière de fixer ainsi sur le papier, une fois par semaine, des articles de blog qui vont ensuite aller rejoindre des archives virtuelles bien enterrées. On n’a pas l’habitude de les voir ainsi rassemblés et mis en scène, et surtout figés dans une rémanence classique de l’information. Ce contenu accède alors à une certaine tenue, et là, étrangement, ça passe assez bien.
J’ai tout de suite pensé à l’aventure Netizen, et je souhaite une meilleure destinée à ce support, qui a d’autres objectifs et qui n’est pas vraiment comparable. Mais je persiste à penser que Netizen aurait pu être un excellent magazine (et Cyril Fievet certainement un excellent rédac chef). Concernant Vendredi, autant j’aime bien la maquette, autant le format même du journal, même s’il est original, est rédhibitoire pour moi. Ah non vraiment, les journaux papiers qui ne sont pas lisible sans avoir une grande table pour les étaler, c’est insupportable. Et là il mesure cinquante centimètres de haut, est impliable pour le lire dans le métro, et globalement anti-ergonomique. Mais du coup, pour un truc issu du web, c’en est presque comique. Par contre, cela me freine carrément pour l’achat du prochain. Un journal qu’on ne peut pas lire dans les transports, ça ne m’intéresse que moyennement du coup.
Je ferai tout de même l’effort cette semaine, histoire de donner un coup de pouce supplémentaire (1€50 le canard, c’est pas ruineux en plus), et puis pour me rendre compte de la manière dont il évolue.

Matthew Shepard est mort, il y a dix ans
Il y a quelques jours j’ai écrit un post à propos de ce funeste anniversaire, et surtout parce que déjà à l’époque, j’avais été marqué par ce temps si long que Matthew avait passé entre la vie et la mort. Il a été tabassé pendant des heures, puis laissé pour mort pendant 18 heures accroché à une barrière d’un champs comme une charogne. Et ensuite, il a passé cinq jours à l’hôpital avant d’expirer, le 12 octobre 1998.
Le 8 octobre 1998, je me souviens que c’était la toute première soirée “Oh là là !” au Scorpion avec Sophie Darel (eh oui…). J’y étais avec des amis, et nous ne nous doutions pas que c’était le début d’une grande saga, et que cela allait démarrer le “revival 80″ dont nous vivons encore les séquelles. Quelques jours plus tard, j’avais entendu parler de Matthew sur OOups.net, pas avant je crois. En tout cas, je n’ai aucun souvenir d’échos dans la presse nationale ou à la télévision. Je pense que XIII pourrait nous éclairer sur le sujet, car c’est de lui que je tenais du coup ces infos à l’époque, et notamment du site web qu’il avait créé et qui reste une référence francophone en la matière.
Comme je le disais, cela m’avait beaucoup touché car nous avions le même âge et le même prénom, et cela faisait tout juste 6 mois que j’habitais sur Paris, que je commençais à bosser en alternance, bref que je vivais ma vie. Il y a dix ans, du gay bashing dans les rues parisiennes, ça existait (ça existe toujours d’ailleurs) et je me rappelle fort bien des échauffourées à la sortie du Scorp ou du Pulp. Et puis en ces temps immémoriaux, le web en était à ses balbutiements, même si les gays ont aussi été en avance dans ce domaine, et du coup l’information circulait avec moins de fluidité et d’immédiateté qu’aujourd’hui.
Voilà quelques rappels de faits qui viennent d’être publié en vidéo par MSNBC, et qui méritent le coup d’oeil.
Voir l’ensemble des vidéos de ce sujet.
[Via Franc Belge]
Le crime de Matthew Shepard a été jugé il y a quelques années, et les deux meurtriers sont en prison à vie. Mais l’orientation sexuelle de Matthew n’a pas été retenue comme critère aggravant dans la condamnation des deux jeunes hommes. Matthew et ses deux tortionnaires : Aaron McKinney et Russel Henderson, avaient tout trois 21 ans à l’époque. Au tout début des faits, en 1998, on avait retenu que les deux meurtriers, se faisant passé pour gays, avaient attiré Matthew dans leur voiture après une soirée dans un bar. Ensuite, ils ont essayé de lui voler son argent, et finalement ils l’ont battu à mort parce qu’il était gay.
Et puis, les années passant, lorsqu’on regarde d’un peu plus près l’histoire, on se rend compte que c’est un peu plus complexe que cela. Et le fait que Matthew Shepard soit devenu une telle icône n’aide pas à prendre plus de distance. En outre, il est impossible de croire sur parole les meurtriers ou les témoins, donc on ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire.
En fait, ce qu’on a pu apprendre à droite et à gauche, c’est que les deux meurtriers étaient bien accrocs (et dealers) à la méthamphétamine, et cherchaient de l’argent pour s’en procurer. Selon eux, ils étaient défoncés depuis une semaine lorsqu’ils ont attaqué Matthew. Mais selon d’autres (notamment une des petites-amies), ils auraient choisi Matthew parce qu’il était gay et que c’était une cible facile. Il y a vraiment un gros flou sur les motifs réels du piège, ou du moins même si on sait que le mobile était clairement de voler, on peut raisonnablement penser que l’acharnement et le crime ont été catalysé par la “haine”. Là où ça se complique, c’est que Matthew était loin d’être dans une situation simple. En effet, il vivait une grosse dépression, et venait d’apprendre sa séropositivité, on peut aussi se demander si lui-même n’était pas impliqué dans des histoires de drogue (mais comme on peut tous l’être, en tout cas moi carrément au vu de mes fréquentations). De même, certaines personnes affirment que Matthew connaissait McKinney, ou même que ce dernier était bisexuel. Du coup, de McKinney qui dit qu’il a mal réagi à une provocation de Matthew (qui lui a mis la main sur la jambe), et clame qu’il ne s’agit pas d’un meurtre homophobe, aux membres de la communauté LGBT qui militent pour la reconnaissance du “hate crime”, aux témoignages discordants qui mêlent drogue, homophobie et milieux sociaux défavorisés, on n’est pas prêt de voir clair dans cet embrouillamini.
Je tenais juste à évoquer cela, pour éviter aussi qu’on tombe, nous aussi, dans la caricature et la simplification à outrance. Je pense pourtant que Matthew Shepard est mort d’homophobie, et il ne faut pas oublier la manière dont ses funérailles ont été souillées par Fred Phelps. Ce pasteur anti-gay et ses ouailles ont porté des pancartes et manifesté avec des “Matt Shepard rots in Hell” (”Matt Shepard brûle en enfer”), “AIDS Kills Fags Dead” (”Le sida tue les pédés”) et”God Hates Fags” (”Dieu déteste les pédés”).
[Source : notamment un article d'ABC News de 2004, l'article Wikipédia ou le Laramie Project.]
En conclusion, je n’oublie pas non plus tous les crimes homophobes passés, et on peut remonter loin dans ce domaine… Il est délicat de mesurer l’influence de l’orientation sexuelle dans ce genre de cas (enfin pas toujours), mais il ne faut pas être candide non plus. Cette vidéo donne quelques noms et dates, des victimes de l’homophobie, lesbophobie, transphobie à travers le temps… Quelques patronymes célèbres, et beaucoup d’inconnus.
[Via Le nain de jardin masqué]
Se regarder le nombril du monde
Je vous ai déjà parlé de Courrier International, je feuillette ce journal depuis bien des années. C’est le genre de canard dont on a eu des extraits en cours d’histoire, de géo, d’éco ou même d’anglais au collège ou au lycée, un curieux journal qui compile toutes les semaines l’actualité mondiale vu par les journaux du monde entier. Ainsi cet hebdo propose une sélection, forcément subjective et indéniablement subtilement penchée à gauche, d’articles du monde entier qui, classés par continent, invitent à de nouveaux regards sur l’actualité.
Il s’agit parfois de confirmer un point de vue, mais le plus souvent de le confronter à une réalité de terrain, une autre réalité culturelle, ou simplement la vision diamétralement opposée d’un voisin, tandis que l’on se retrouve dans les idées d’un quotidien des antipodes !! Quand je le lis, je pense souvent à la pub HSBC (même si la comparaison avec une publicité peut choquer…). En tout cas ce magazine m’interpelle très souvent, comme plus beaucoup d’articles de presse arrivent à le faire.
En farfouillant sur leur site, je suis tombé là-dessus, et j’ai adoré. C’est tellement ça, Courrier International. Et puis le français, il a un super rhaa lovely!! nombril.
En ce moment, il est possible de s’abonner à la version électronique pour 3 mois pour que dalle, donc je vais tester cela. Et si vous voulez, vous pouvez aussi en profiter ici-même.
Je vais continuer à l’acheter régulièrement, car c’est une des rares lectures “de nouvelles” que je supporte, et dont j’ai l’impression qu’elle m’ouvre un peu l’esprit. De plus, cette sélection bigarrée et éclectique a beau être orientée à gauche, on est dans un cadre tellement international qu’on sort des clivages habituels. Par contre, on est bien dans une vision parfois anticonformiste et dotée d’une distanciation qui fait un bien fou.
Oh mon pommeauuuuu oooh ooh ooooh !
Tu es le plus beau des pommeaux !!!!!!!

Nan mais c’est vrai quoi… Est-ce que comme le sous-entend l’article, le mec était-il attiré par les belles voitures, ou seulement celles que des femmes conduisaient ?
Hummm et du coup quel plaisir ? Celui de savoir que les femmes mettraient leur main sur le pommeau ensuite… Eurk. Huuummm ou alors c’est un désir inconscient de se faire fister par une nana ? Hé hé… peut-être !
Bref, la sexualité de nos contemporains (de Bourges) ne cesse de m’émerveiller ! Quelles trouvailles, quelles ingéniosités, quelles virtuosités la nature a-t-elle inventé pour qu’on se donne du plaisir ! Vivement un article Wikipédia pour expliquer ça !
Définition d’un blog selon Embruns
Lu sur Ecrans [via un touite d'Embruns].
Un blogue, c’est l’expression d’un égo masturbatoire. Beaucoup d’énergie à projeter sa semence en pure perte. Mais ne vaut-il mieux parfois se branler que d’être mal accompagné ?
Laurent Gloaguen
Mouahahahaahah. J’adore.
Thank god I’m a fag!
Décidément, ce numéro de Fluide Glacial ne sera pas passé inaperçu chez moi ! Je vous ai déjà parlé et scanné ce génial article sur les Schtroupfs et le Sida, mais il se trouve que quelques pages plus loin, je me suis pris deux scuds dans la tronche dont je devais absolument parler. S’il y a bien une chose que j’adore chez Fluide, c’est qu’on y trouve matière à réflexion, et poilades (car c’est tout de même son objectif premier), dans les textes, les bédés ou même les fameuses marges. Là, je vous parle de ces deux « trucs » parce qu’ils sont à la suite l’un de l’autre dans le magazine, parce qu’ils sont écrit par des auteurs que j’aime beaucoup beaucoup, mais surtout parce qu’ils ont fait mouche avec une troublante acuité.
Je suis un cadre de trente (et un) ans, et voilà que Fioretto (à qui nous devons le « Gay Vinci Code ») pond un article génialement ironique et grinçant intitulé « Le cadre », et une page plus loin on peut lire deux planches d’Arthur de Pins qui se démène manifestement dans une soirée de trentenaires en couple. Et ces deux éléments sont aussi drôles que déprimants… parce que je m’y reconnais évidemment, mais aussi parce qu’ils mettent en exergue mes interrogations existentielles, tout en les tournant en dérision (ce qui est bon pour l’humilité). Ils ont aussi l’effet positif de me dire que je ne suis pas si mal loti, et qu’il y a bien une chose qui me sauve la vie.
Putain, heureusement que je suis pédé !!! Oh merci papa, merci maman, merci la vie (, merci Fluide Glacial) !! C’est vraiment ce qui me sauve de ces caricatures auxquelles je ressemble dangereusement, et qui sont pourtant tout ce que j’exècre dans la vie. Mais le fait d’être une tapette me met au moins à l’abri de tout cela, en tout cas d’une bonne partie. Car je ne serai jamais (j’espère) dans le moule, et cet anticonformisme intrinsèque, même s’il a ses côtés négatifs (ostracisme en tout genre), nous permet au moins de ne pas tomber dans les travers ci-dessous si intelligemment décrits.
Bah du coup, c’est con mais ce sont des choses pareilles qui me feraient regretter une trop grande acceptation des pédés dans la société. Ah là là, on ne sait pas ce qu’on veut, je sais bien !!
Voilà donc, d’abord ce fameux texte sur les cadres, qui est terriblement réaliste et marrant.

Et voilà la bédé d’Arthur de Pins qui est un auteur que j’apprécie beaucoup (vous le connaissez certainement au moins pour « la révolution des crabes »), et qui là tape particulièrement dans le mille. Qui n’a pas vécu ce genre de soirée, et aurait voulu que ça se termine ainsi. Les mêmes thèmes, les mêmes conversations, les mêmes relents singuliers des dîners de nos parents avec leurs amis il y a vingt-cinq ans… Bref, un air de déjà-vu qui fout les boules. Et puis aussi des clichés qui font rire et sourire, car il faut aussi accepter un peu de fatalement se retrouver dans un des ces rôles prédéfini. Et je ne fais pas la chasse au conformisme ou à la vie qui passe, au fait d’avoir des enfants, ou bien de passer une soirée à parler d’Olive et Tom et Cat’s Eyes (bah non j’en fais même des posts), mais parfois ça fait du bien de lire ça, et de se remettre les idées en place. Juste pour ne pas complètement sombrer, et simplement trouver son propre chemin, en équilibre avec ses désirs et ses aspirations profondes, tout en étant raisonnable et un peu fou à la fois.
Ouai je sais, c’est compliqué la vie.
(Cliquez sur les vignettes pour les agrandir évidemment…)

Les Schtroumpfs et le Sida
Oui je sais, ce rapprochement peu paraître incongru, mais c’est sans compter sur la perspicacité et la sagacité de nos amis chez Fluide Glacial !!
J’aime beaucoup les textes d’Albert Algoud (même si j’ai un peu de mal à saisir le passage de l’Action Française à la Gauche prolétarienne…), et vous savez bien que globalement je suis un immense fan de Fluide Glacial (magazine auquel je suis abonné depuis maintes années). Et tout de même, partir de la salsepareille pour conclure tout cela sur nos petits amis les Schtroumpfs, c’est de la haute-voltige !!
En cette journée mondiale contre le Sida, vous pouvez aussi lire l’excellent billet de l’ami Padawan, mais on peut aussi se fendre la poire avec ce texte made in « Fluide Glacial » ! Parce que cette avancée dans les recherches scientifiques sur la maladie vaut son pesant de cacahouètes.

Monique Neubourg sur Sensitif
J’apprends sur le blog de Pheel que Monique Neubourg a écrit sur son blog dans Sensitif. En lisant cet article, en me souvenant de ce qu’elle a écrit sur moi à l’époque, ou bien sur ce(ux) que j’ai pu lire dans divers numéros, je réalise qu’il s’agit de la seule et unique chronique sur les (pédé)blogs qui tient la route dans la presse.
Elle connaît très bien les blogs, elle y capte énormément de l’essence de leurs auteurs, sans même les interviewer, et réussit en quelques paragraphes (exercice périlleux qui se révèle ni trop long, ni trop chiant ou trop elliptique) à brosser un portrait original et authentique. Vraiment je salue cette plume et Sensitif qui se débrouille décidément très très bien dans l’univers impitoyable de la presse gay.
Monique, continue, t’es la meilleure.