Je suis loin d’être un chantre de l’orthographe, ni même de la grammaire, conjugaison, concordance des temps, ou encore syntaxe, mais j’essaie de m’améliorer dans ce domaine. Et je suis de plus en plus effaré par le niveau des gens avec qui je bosse. Je passe sur les abréviations dont les plus jeunes ne se rendent même plus compte qu’ils les font (bjr pour bonjour ou bien ns pour nous).
Non ce qui me choque le plus, je crois que c’est la perte de la ponctuation, des majuscules aux noms propres, et de la perte des attributs essentiels que sont les s au pluriel ou les points à la fin des phrases. François mettait en lien dans notre “fil gmail” (sorte de forum de potes de potes) cet excellent article du Monde, où André Chervel explique son point de vue.
Il y a notamment ce passage que je trouve très juste et vraiment actuel :
Une fracture orthographique est apparue dans la société. Elle rappelle le fossé, au XIXe siècle, entre ceux qui connaissaient le latin et les autres. C’était une discipline de “luxe”, qui avait une fonction de discrimination sociale. Au concours d’entrée des grandes écoles scientifiques comme Polytechnique, il y avait une version latine dont le seul rôle était de contrôler l’origine sociale des postulants, ou au moins leur volonté d’adaptation aux règles de la société bourgeoise. L’orthographe est, de la même façon, en train de devenir une pratique d’élite, et du même coup un handicap social pour ceux qui ne la maîtrisent pas et ne pourront plus accéder à un certain nombre d’emplois.
Car on la voit aujourd’hui cette fracture sociale, qui s’inscrit autant dans la maîtrise de la langue écrite et qu’orale (et ce terrible accent des banlieues qui en handicapent plus d’un(e)). Ce qui me surprend par contre c’est de remarquer à quel point ce désastre orthographique touche aussi les plus bourges de ma boite, alors que je les pensais à peu près protégés par leur éducation.
L’article est aussi très éloquent et convaincant sur les réformes à vraiment appliquer à l’orthographe française pour la simplifier. Cela revient à zapper les double-consonnes ou bien à transformer tous les “ph” en “f”, à supprimer les h de “th ” ou plus globalement toutes les consonnes muettes inutiles (sinon à l’étymologie). Cette explication est d’autant plus probante que nous avons des exemples très clairs chez nos voisins européens, exemples que nous avons appris sans ciller en cours d’espagnol (“biblioteca”) ou d’italien (“ipotesi”).
Si jamais passe un jour une telle réforme, ce sera vraiment difficile pour moi qui aime tant ces conneries de français. D’ailleurs, j’adore découvrir mes fautes de grammaire et essayer de ne plus les refaire (même si des é/er m’échappent encore trop régulièrement par exemple), et l’orthographe de notre langue recèle souvent des singularités qui lui donnent tout son charme. On peut se demander s’il faut donc simplifier, ou plutôt redonner une plus grande importance à ce pilier de la communication écrite. Mais je ne vais pas jouer les vieux cons non plus, et la langue a toujours été mobile et en évolution, alors pourquoi pas ? Et si cela peut faciliter l’apprentissage tout en n’appauvrissant pas le vocabulaire, ça peut être salutaire.
En effet, on évoque plus rarement la simple réduction du champs lexical, et le fait que notre vocabulaire se compose de moins en moins de mots et d’expressions idiomatiques. Finalement c’est aussi cela qui rend la langue concrètement moins riche, car moins de nuances, et finalement moins d’idées. Cela fait très “1984″ tout cela… Et j’aime énormément la langue française pour la myriade de mots et de vocables qu’elle offre pour nous exprimer le plus largement et plus précisément possible.
Il faut pourtant utiliser un vocabulaire idoine et s’exprimer avec alacrité, sans crainte d’être encomiastique. (Spéciale cace-dédi à Oli.)
Bon, je sais que tout le monde se fout de moi car j’adooooore utiliser des super jolis mots de vocabulaire, mais que parfois je suis totalement à côté de leur signification ou de leur usage. Mais bon, je persiste, et je m’améliore encore. Ok y’a du taf !