71 articles pour la catégorie “Magazinage”

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Psychanalyse et remise en question

Publié le Mardi 27 Septembre 2005 - 11:38
Catégorie: Magazinage

J’ai lu un papier assez récemment dans le Monde (du 16/09/2005) où un certain Philippe Pignarre parle de la psychanalyse et de sa nécessaire remise en question devant ses erreurs passées, certainement pour mieux préparer ses erreurs futures, et peut-être les anticiper avec plus d’humilité.

Cet article : « Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder » évoque notamment les prises de positions des associations de psychanalystes à certaines époques à propos de sujets aussi divers que controversés, comme l’autisme, l’homosexualité ou bien la toxicomanie. Philippe Pignarre explique alors, en effet, comme on a pu dire que les autistes étaient le produit de mères « froides » et qu’il fallait les en éloigner, ou bien que l’homosexualité était une maladie qu’on pouvait guérir etc.

J’avais d’ailleurs déjà parlé de ce sujet de la guérison des homosexuels dans un précédent post, où des témoignages et enquêtes sur le sujet m’avaient énormément troublé. Il existe encore aujourd’hui bien des personnes pour dire que l’homosexualité est une maladie mentale qui se guérit, ou pas. Je me souviens de M. qui m’avait dit que lorsque son père avait découvert son homosexualité, il lui avait proposé avec candeur et magnanimité de lui payer une thérapie au Brésil où on guérissait « là-bas » ce genre d’affection.

Je suis un fervent supporter de la Psychanalyse et de ses « docteurs », mais l’on ne doit pas en effet nier qu’elle peut aussi être un terrible instrument de malheur lorsqu’elle se trompe. Or, non seulement elle se trompe mais en plus, elle ne s’en rend pas compte tout de suite. Et pourtant, je crois que c’est aussi un outil, en tant que science appliquée, extrêmement efficace et sain qui a fait ses preuves, et qui a aidé des millions de personnes à aller mieux « avec eux-mêmes ». En tant que science humaine, elle est à la merci de visions politiques subjectives et de certaines conventions morales qu’il a fallu dépasser. Or Philippe Pignarre pose justement le problème : « Pourquoi à chaque fois, l’affrontement avec la réalités des problèmes est-il venu du dehors de la psychanalyse – et même contre elle ? Quel a été le coût du retard ? ».

On a voulu placer dans cette « science » tous nos espoirs de contrôle et maîtrise de l’esprit humain, comme on a voulu le faire pour le corps et la médecine mais il faut se rendre à l’évidence. La Psychanalyse est bien une science humaine, on peut s’y fier mais pas aveuglément. Elle doit alors être plus à même de se remettre en question et de dépasser ses propres tabous, clivages et blocages, pour ne jamais se trouver en porte-à-faux. Et aujourd’hui, nous sommes bien loin d’un tel comportement, surtout si l’on considère les multitudes de mouvements et mouvances psychanalytiques qui prônent telle ou telle théorie et thérapie. En outre, quand on voit les résultats des grandes théories des plus éminents psychanalystes, on en trouve toujours les failles au bout de quelques années, parfois beaucoup plus. Donc humilité…

Mais alors il devient très difficile de faire confiance à un psy, ses méthodes, son expertise et sa fiabilité ?

Et plus globalement, quelle différence fait-on entre névroses et psychoses ? C’est un peu comme quand je définis l’homosexualité comme un simple trait de caractère. Etre timide ou être colérique ou sûr de soi, on ne va pas voir un psy pour cela, à moins que cela rende malheureux ou incapable de s’intégrer dans la société. Le psy ne doit pas changer la nature de son patient, simplement lui permettre d’être heureux et mieux dans ses baskets, à sa manière. Pour moi l’homosexualité est identique à cela. Donc, je pense que l’orientation sexuelle implique une dimension psychanalytique, mais comme la timidité ou un quelconque trait de caractère, ni plus, ni moins. Le seul objectif des gens sur un divan de psy devrait être la quête du bonheur, le leur. Tiens un autre post aussi où j’évoquais le sujet “psy”.

Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder - Philippe Pignarre - Le Monde du 16/09/2005

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Wikipédia… qualités et défauts

Publié le Jeudi 15 Septembre 2005 - 11:56
Catégorie: Magazinage, Outside

Je suis un énorme fan de Wikipédia, et j’ai évoqué plusieurs fois le site et son principe en en faisant toujours l’apologie, car j’y ai toujours trouvé énormément d’informations, et d’une grande fiabilité. Batims en parlait encore récemment et s’esbaudissait que le NouvelObs ait renvoyé à cette encyclopédie pour indiquer une biographie de Chirac.

Une fois qu’on comprend le système, on ne peut que le trouver génial et louable, même s’il faut bien en appréhender les qualités et les défauts si l’on veut l’utiliser à bon escient. Donc le fait qu’on puisse modifier impunément cette information est à avoir en tête, mais à priori on constate que les actes de « vandalisme » isolés sont très rapidement réparés. Par contre, certains articles ne sont pas d’une qualité grandiose, tandis que certains sont incomplets ou bien même erronés. D’autres définitions peuvent aussi souffrir d’interprétations dont la couleur politique du rédacteur n’est pas négligeable. Alors chacun peut avoir sa propre acception d’un terme ou d’une doctrine, et l’encyclopédie devient un instrument de manipulation (mais elle l’a été et l’est toujours dans sa forme figée en papier).

Oli rappelait récemment, et à raison, concernant certaines mentions additionnelles à l’article consacré à la Nouvelle-Orléans : « Le principe de Wikipédia est très intéressant. Mais ne pas oublier qu’il faut avoir le même recul avec ce genre de wiki qu’avec la presse – ne pas croire tout ce qu’on nous dit, confronter les points de vue. »

Je sais que je suis le seul pauvre type à lire le magazine « l’Histoire » (j’assume, j’adoooore), mais je fais même pire que ça : je lis le courrier des lecteurs. Je survole cette rubrique car lorsque la lettre est correctement circonstanciée, l’auteur de l’article épinglé se fend alors d’une réponse au frondeur. Or j’ai lu dans le dernier numéro, une intéressante réaction d’un type (un prof certainement vu ce qu’il raconte) qui se plaint du fait que les étudiants utilisent Wikipédia et la cite ensuite comme source de leurs recherches sans aller plus avant.

Dans quelle mesure cette encyclopédie libre en ligne est-elle fiable (N°297) ?

« Vous avez fait des éloges de l’encyclopédie libre Wikipédia. Si le Projet peut être intéressant dans son principe, la réalisation est néanmoins catastrophique.

Certains articles, je le reconnais, sont excellents, mais d’autres sont franchement mauvais. Mais ce qui leur manque presque à tous, ce sont des références bibliographiques.

Vous incitez les jeunes collégiens et lycéens à utiliser cette encyclopédie et à retranscrire des erreurs dans leurs exposés. Lorsqu’on leur demande leurs sources, ils indiquent : encyclopédie Wikipédia ! »

M.R.

J’ai beaucoup aimé la réponse de l’auteur qui est certainement une leçon à retenir sur le sujet.

Wikipédia est une fille du Web, avec les qualités et les défauts des gens qui le peuplent. La lecture de cette encyclopédie appelle la même vigilance de la lecture du Web, car l’ignorance et le négationnisme y sévissent au même rang que l’érudition et la générosité.

Wikipédia est fondée sur ces dernières promesses et sur la coopération, et c’est en cela que je trouve la tentative digne d’intérêt.

Si les collégiens utilisent Wikipédia comme source (erronée), j’imagine que c’est l’occasion d’attirer leur attention sur le difficile exercice qu’est devenue la validation des données… en ligne.

Michel Deverge.

L\'histoire N°301 - Septembre 2005

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Piano Man a parlé

Publié le Lundi 22 Août 2005 - 20:48
Catégorie: Magazinage, Outside

«Il affirme que lorsqu’il a été trouvé par la police, il essayait de se suicider. Il était de toute évidence dans la détresse et n’a pas parlé à la police. Tout est parti de là. Il nous a parlé de sa famille en Allemagne. Son père possède une ferme et il a deux soeurs. Il a aussi dit qu’il était homosexuel»

Cet homme qui avait fait parler de lui il y a quelques mois, parce qu’on l’avait retrouvé hagard et en tenue de soirée sur une plage sur la petite île de Sheppey (UK). Ce jeune homme énigmatique et mutique semblait avoir subit un choc psychologique énorme. Amnésique ?

Aujourd’hui, on apprend (attention c’est le “Daily Mirror”) qu’il tentait de se tuer et qu’il était homo. Je ne sais pas si son homosexualité était liée à cette tentative de suicide, mais c’est arrivé à tant de jeunes gays avant, et ça arrivera encore longtemps vue l’évolution des moeurs.

[Source : Entre zéro et un]

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Traitement de l’information : qui croire ?

Publié le Mardi 26 Juillet 2005 - 13:56
Catégorie: Magazinage, Matooyage

Après quelques jours donc, les choses se précisent quant aux deux jeunes iraniens pendus. Ils ne le seraient pas pour « homosexualité » comme l’avaient d’abord rapidement relayé les associations gays (et moi), mais pour avoir agressé et abusé sexuellement un jeune garçon de 13 ans (Le Monde du 23 juillet 2005).

Et voilà aussi ce que certains médias (gays) ajoutent à ce genre de nouvelles : « Cependant cette dernière information apparaît comme un rajout destiné à rendre cette exécution plus “acceptable” », comme le rapporte Matt sur la home de GA.

Nous voilà donc face à une habituelle controverse entre la version politiquement correcte avancée par le pays, et ce que subodorent des militants peut-être un peu trop aveuglés par leur credo politiques, mais peut-être aussi particulièrement éclairés par leur connaissance du terrain ?

Evidemment, la peine de mort est une hérésie pour moi, et le fait que l’Iran ait dans sa législation de quoi autoriser la peine capitale pour les hommes à partir de 15 ans, et les femmes à partir de 9 ans, est assez représentatif de l’ambiance pénale de ce pays. Donc je condamne toujours aussi implacablement cette exécution, mais je mets un bémol sur les affirmations d’accusation pour « sodomie » puisque ça n’a pas l’air d’être concrètement le cas.

Si on écoute ce que déclarent les autorités chinoises sur certains dissidents, on peut trouver le même genre de manipulation de l’information, alors qu’on sait que certaines de ces personnes sont de véritables victimes du pouvoir et de leur lutte pour plus de démocratie et de liberté dans leur pays. Et similairement, la France a su, en son temps, manipulé la vérité pour minimiser son implication et ses fautes dans certains événements.

Un certain Dr Cinoque, dans les commentaires de ce même article de Matt, donne un exemple assez similaire et intéressant (mais encore une fois, qui croire ?) :

Le problème, c’est effectivement l’information. D’accord : toute condamnation à mort est, par essence, condamnable. Mais il ne faut jamais oublier qu’avant que d’arriver jusqu’à nous sous une forme ou l’autre, l’information passe par quantité de systèmes, d’organisation et de machines ; que ces systèmes doivent aussi être viables économiquement – à défaut de quoi, ils disparaissent et peut-être vaut-il mieux une information mauvaise que pas d’information du tout… peut-être ? – et que plus ces systèmes coûtent cher, plus on doit les “faire tourner” pour rentabiliser. Un journal ou une chaîne télé, ce sont aussi des employés et donc des salaires, depuis les journalistes et les présentateurs jusqu’aux femmes de ménage.
Puisque ce qui touche le plus le lecteur ou le spectateur, c’est l’émotion, viendrait-elle à contresens de la “réalité” (et notre ami bouddhiste me comprendra), on donnera donc de l’émotion, au détriment de l’information – ou plutôt de son contenu – elle-même. Ex : une photo d’un chien thorax grand ouvert sur une table d’opération en en-tête d’un article contre la vivisection… Manque de pot, il s’agissait à l’origine d’une photo d’une opération “à coeur ouvert” pour tenter de sauver la vie du chien en question. C’est donc, on le voit, de détournement d’émotion qu’il s’agit dans ce cas particulier.
De cette façon et à défaut d’honnêteté, le système devient très vite pernicieux, comme tout ce en quoi l’économique prime sur le reste. Donc, l’information devient délibérément dramatique, pour agir sur notre émotivité, d’abord et avant tout. Faute de quoi, elle ne se “vend” pas…
Autre exemple : en 82, j’ai eu la “chance” d’assister à une exécution de ce genre à Riyadh : deux officiers de police avaient poursuivi un homme, d’abord avec leur voiture de police, puis à pied dans un chantier, et là, ils avaient abusé de lui sous la menace de leur arme de service. Avant l’exécution publique, devant la grande Mosquée de Riyadh le vendredi après-midi après la prière, on leur a lu l’acte d’accusation, fort long, qui reprenait tous les éléments que je viens de citer ainsi que le verdict : “Condamnés à mort pour avoir abusé des pouvoirs et des instruments que leur fonction mettaient à leur disposition en les détournant pour commettre des actes abominables.” Au fur et à mesure, l’accusation et le verdict m’ont été traduits par l’un de mes amis saoudiens, prof de français et qui avait fait toutes ses études en Suisse. Je vous passe le reste : la décollation au sabre n’est pas un spectacle agréable en soi.
QQ jours plus tard, je tombe, à l’aéroport de Djeddah, sur “Le Monde”. En dernière page, juste un entrefilet ” Exécution capitale à Riyahd la semaine dernière : deux policiers ont été décapités pour homosexualité…”
Pensez-vous que cette “information” ait en quoi que ce soit rendu compte de ce qui s’était réellement passé ? Non : elle donnait simplement à croire aux lecteurs du Monde qu’en Arabie Saoudite, on décapitait les pd, et donc que les Saoudiens étaient des barbares.
Voilà pourquoi je dis : soyez toujours sur vos gardes, l’information est aujourd’hui une marchandise comme une autre, avec un détail toutefois : sa date de péremption n’atteint pas les 24 heures !
Et rappelez-vous aussi la définition de l’information qui me fut donnée autrefois par mon prof d’informatique (puisqu’on l’oublie trop, l’informatique c’est aussi l’ensemble des lois qui régissent l’information…)
“Qu’est qu’une information ? C’est une connaissance que vous allez chercher ou que l’on vous apporte, que vous n’aviez pas jusque là et que vous allez pouvoir utiliser. Si vous aviez déjà cette connaissance auparavant, ce n’est plus une information ; si vous ne pouvez rien en faire, ce n’est pas une information…”
Si vous passez toutes les prétendues “informations” dont on nous inonde quotidiennement à ce crible, vous verrez qu’il ne restera pas grand’chose…
Bien entendu, tout cela n’ôte rien à la barbarie qui consiste à tuer l’autre parce qu’il est différent de soi. Mais là, je crains fort que nous ne soyons pas au bout de nos peines…
Dr C.

Et elizabethtessier de conclure dans le même fil de commentaires :

Ne pourrait-on pas tout simplement s’élever contre la torture et la peine de mort ? Nonobstant qu’on s’en foute qu’ils soient homosexuels ou pas, violeurs ou victimes ? Faudrait-il un Blackattitude pour condamner les exécutions capitales aux USA qui touchent en majorité la population de “couleur” ? Un Chinoisattitude pour les exécutions sommaires en Chine ? Ne pas oublier que la peine de mort sans jugement vient d’être rétablie au RU et qu’elle sera appliquée à tout innocent jugé coupable à cause de la couleur de sa peau. Les flics anglais auraient-ils assassiné un blond à peau clair et à coupe rose de la même manière ?
Alors signez la pétition, même ces 2 gamins ne sont pas si innocents que ça.

Outre cela, dans une autre thèmatique, Michel de remettre Tatchell à sa place avec cette expression en effet terriblement déplacée et outrancière : « barbarie fasciste-islamiste d’Iran ». Il est bien ce petit Michel. :mrgreen:

Et moi de finir par l’expression de ma circonspection la plus entière sur cette histoire. Au fond, je sais pertinemment que l’Iran est un état homophobe, comme la majorité des états du monde. Et l’homosexualité a certainement eu une part non négligeable dans les jugements et condamnations même si elle n’a pas été clairement et directement citée comme motif.

  • Magazinage
Le péché florentin

Publié le Vendredi 17 Juin 2005 - 0:33
Catégorie: Magazinage

L’histoire est vraiment une des matières qui me plaisait le plus à l’école. Mais bon, j’aimais à peu près tout, ce qui a été un de mes problèmes pour m’orienter (heureusement j’avais assez de névroses qui ont choisi pour moi). Il m’est resté de cette époque (merci l’Education Nationale) un goût énorme pour l’histoire des sciences, et aussi pour ces anecdotes historiques dont la portée est souvent, et à tort, négligée.

J’aime beaucoup donc me plonger dans ces magazines d’histoire comme « L’Histoire » qui m’apporte une bonne dose de connaissances nouvelles (même si je ne retiens pas tout) et pas mal de divertissement. J’apprécie aussi pas mal leur manière de raconter les événements historiques, en mettant en relation l’évolution même de la manière dont certains faits ont pu être narrés ou expliqués selon les époques. Et surtout, ce qui est plaisant, c’est le rappel incessant du passé pour mieux expliquer le présent, et prévoir l’avenir proche. On y apprend aussi pas mal sur l’histoire des moeurs, et certaines mises en perspective aident parfois à mieux comprendre notre société actuelle. Enfin, je me délecte aussi simplement d’anecdotes (que je suis peut-être le seul à ne pas connaître en fait) qui paraissent faire partie de l’histoire contemporaine mais qui m’avaient échappées.

Voilà donc ce que j’ai glané de cette lecture. D’abord, un simple encart qui rappelle la diffusion d’un documentaire sur le 17 octobre 1961. Une date que je connaissais, mais c’est aussi certainement lié à mes origines algériennes. Un couvre-feu avait été établi concernant les « français musulmans » par Maurice Papon, alors préfet de police, en pleine période trouble liée à la décolonisation et au FLN. Cette nuit là des affrontements ont eu lieu entre la police et des manifestants algériens, dont certains ont été tués et jetés dans la Seine. On commence à peine à avoir le recul pour entrevoir la vérité sur cette histoire bien sombre de la République.

Sinon, j’ai aussi lu un truc que je n’imaginais même pas : un Royaume de Lorraine, et son monarque : Stanislas Leszczynski, à l’époque de Louis XV. Il s’agissait d’un roi fantoche qu’on a d’abord placé sur le trône de Pologne, d’où il s’est fait chassé pour trouver refuge en Alsace. Et puis par un drôle de concours de circonstances, il s’est retrouvé beau-père de Louis XV en lui donnant sa fille à épouser, Marie Leszczynska.

Stanislas s’est finalement retrouvé à la tête d’une sorte de Principauté de Monaco, et a endossé le job d’un Prince Rainier pour le Duché de Lorraine (jusqu’en 1766), avec Nancy en capitale, et Lunéville où il tenait une cour. La France régissait tout mais lui donnait une rente pour assumer son pouvoir d’opérette. Du coup, ce bon vieux Stan est connu comme une bonne pâte, un bâtisseur qui a cherché à donner ses lettres de noblesses à sa capitale royale Nancy, et qui s’intéressait à la musique, l’écriture et la philosophie ! Cela m’a donné envie de voir cette fameuse place Royale !

Evidemment, on est toujours intéressé par ce qui nous touche de près, et le magazine évoque régulièrement des personnages dont l’homosexualité est plus ou moins mise en exergue. Là, j’ai découvert un personnage de l’entre-deux guerres bien singulier, Mireille Havet. Une de ces femmes des années folles, une femme libérée, artiste, intellectuelle, poète, et aussi ouvertement lesbienne. Une femme qui apparemment était d’un milieu assez bourgeois et intellectuel (ses parents étaient des intimes d’Apollinaire), et qui a mené une vie débridée, une sorte de jetsetteuse de l’époque. Elle a sombré dans la toxicomanie et a eu des relations passionnelles avec des femmes mariées (qui l’entretenaient). Bref, une femme émancipée et mondaine, qui s’est consumée trop rapidement d’une vie pleine de passions et de dévergondages (mon héroïne !!). Elle est connue car la seconde partie de son journal vient d’être publiée… je vais me procurer ça !

J’avais acheté ce magazine principalement pour un dossier sur Léonard de Vinci, qui est excellent. On y trouve des explications sur le génie de cet homme d’exception, touche-à-tout et véritable icône de l’Europe. Evidemment, les quelques références au « Da Vinci Code » sont rapidement évincées par des articles beaucoup plus sérieux et concrets. On y découvre avec intérêts les qualités et les défauts de Léonard. Eh oui, il n’était pas bon en tout !

Mais le plus drôle réside dans cet encart dédié au « péché florentin ». Le Léo était-il un gros pédé de sa mère ? Hu huhu. Apparemment oui, mais l’auteur y ajoute quelques spécifications qui m’ont beaucoup amusées :

Le crime de sodomie était théoriquement passible des plus lourdes peines au XVe siècle ; sa pratique était pourtant trop répandue à Florence pour que cette sévère législation puisse être réellement appliquée. [...]

Léonard homosexuel ? La question n’a pas grand sens pour l’Italie de la Renaissance, où nombreux étaient ceux qui, dans les ateliers mais aussi dans les cercles du pouvoir, devaient sans doute pratiquer une paisible bisexualité, ou du moins une variété de pratiques sexuelles qui n’est pas réductible aux catégories tranchées de l’homosexualité et de l’hétérosexualité « inventées » à la fin du XIXe siècle.

Il a raison ce con, depuis qu’on a inventé des mots et des cases, on cherche absolument à s’y coller !! Comment décrire une sexualité ou une orientation sexuelle à une époque où cela n’avait aucun sens commun ? Hé, hé, cette réponse est beaucoup plus intéressante, rationnelle et certainement pertinente que le simple débat sur son homosexualité supposée.

Léonard de Vinci - Secrets d'un génie - L'histoire N°299 Juin 2005

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Champollion et les hiéroglyphes

Publié le Jeudi 16 Juin 2005 - 20:31
Catégorie: Magazinage

Quand j’ai vu ce numéro des « Génies de la science » dédié à Champollion, je l’ai tout de suite acheté. Il n’y a pas à dire l’égyptomanie est toujours aussi vivace en France, et dans ma tête, et ce type est certainement la première personne à laquelle on pense lorsqu’on évoque l’antique civilisation. Un tel génie, et français de surcroît, qui a eu une intuition hallucinante et qui a réussi à percer le secret des hiéroglyphes à partir des inscriptions de la célébrissime pierre de Rosette.

Le magazine est très bien réalisé et extrêmement intéressant. Ce n’est pas trop long ou chiant non plus, il s’agit vraiment de l’explication de la manière dont Champollion a découvert le décryptage des hiéroglyphes, avec le détail des différentes phases de son éducation, sa formation, le contexte culturelle, social et scientifique de l’Europe de l’époque. On suit aussi pas à pas comme dans une enquête, les pérégrinations du jeune grenoblois dans ses premières erreurs, errements, tâtonnements, fausses affirmations. Et puis petit à petit il trouve des indices, il apprend, il complète son savoir, il bâtit des hypothèses, et finalement « eurêka ». Il comprend le fin mot de cette écriture sacrée, et délivre au monde les clefs de son déchiffrage. On assiste ensuite aux difficiles débats qu’il doit mener avec les grands scientifiques de l’époque qui ne le croient pas (par jalousie souvent), et aussi aux différentes missions en Egypte pour récupérer des oeuvres et pour parfaire son système.

Et ce n’est pas comme si cette quête avait pris quelques mois, non c’est plus de vingt années de recherche qu’il a entrepris pour élucider ce mystère. Il est d’ailleurs drôle de constater comment Champollion était fanatique des cultures orientales dès son jeune âge, comment il apprend toutes les langues anciennes (arabe, syriaque, hébreux, chaldéen) et qu’il se met à parler et écrire couramment le copte. Il pressent dans cette langue « vraiment » égyptienne une filiation directe avec la langue des anciens égyptiens, et il pense que c’est aussi une des clefs du décryptage des hiéroglyphes.

Vient alors l’étude de la pierre de Rosette avec son même texte administratif tardif (époque ptolémaïque) en hiéroglyphes, en démotique et en grec. J’ai découvert là que les théories de l’époque de Champollion allaient vraiment dans tous les sens. Certains savants ne faisaient aucun lien entre les différentes évolutions des hiéroglyphes en d’autres écritures (hiératique et démotique), et en confondaient même l’ordre d’apparition. D’autres pensaient carrément que les hiéroglyphes n’étaient que décoratifs. Et puis, des linguistes professaient une écriture uniquement idéographique ou alors à l’opposé complètement phonétique, ou bien syllabique. Des traductions étaient même publiées, ce qui montre que les scientifiques à force de chercher et se de prendre la tête arrivaient même à trouver des décryptages les plus chimériques (et sibyllins) !

Champollion découvre que hiéroglyphes, hiératique et démotique sont trois écritures qui ont été dérivées les unes des autres avec le temps. D’ailleurs, graphiquement on se rend rapidement compte de la simplification et de la transformation de l’écriture qui devient de plus en plus cursive. Mais la découverte fantastique réside dans le fait que ces trois écritures « codent » la même langue ! Il suppose aussi avec raison que, comme dans les langues sémitiques, les voyelles passent à l’as dans l’écriture. Cette écriture est à la fois idéographique et phonétique, et certains signes « déterminatifs » indiquent si la nature des représentations.

Il est le premier à avoir effectué un simple calcul : compter les nombres de mots de chaque texte de la pierre de Rosette. Il y a 486 mots grecs et 1419 hiéroglyphes (et le texte égyptien n’est pas complet). Donc il ne peut s’agir d’idéogrammes car on ne pourrait pas représenter tant d’ « idées » en si peu de mots. Inversement, s’il s’agissait de sons, cela ferait trop de hiéroglyphes distincts.

En se servant des noms connus dans les cartouches (Ptolémée) et en le comparant au nom de Cléopâtre dans un papyrus, il arrive (en 1822) à isoler les premiers sons… et hop ! Il comprend peu à la peu la manière dont les différents hiéroglyphes sont organisés dans le textes et les valeurs phonétiques et idéographiques commencent à prendre du sens. Il repère aussi des phonogrammes c’est-à-dire des sortes de rébus etc.

Ensuite, Champollion monte des expéditions (entre 1822 et1830, il traduit tout ce qui lui passe devant les yeux sur les monuments égyptiens), et fort de son succès, il est nommé conservateur chargé des collections égyptiennes du Louvre. C’est aussi dans cette partie que l’on réalise la manière systématique avec laquelle on a pillé les ressources égyptiennes (« on » incluant les anglais, allemands, italiens…) pour nous construire une si belle et riche collection. Evidemment, il est complexe de tirer des conclusions d’une époque différente d’aujourd’hui. Ces archéologues ont aussi contribué à sauvegarder et perpétuer un patrimoine en danger…

En tout cas, le décryptage des hiéroglyphes me fascine toujours autant. J’imagine ce qu’il a du ressentir lorsque la lumière s’est faite en lui, et qu’il a compris qu’il avait enfin percé ce secret millénaire, qu’il allait pouvoir déchiffrer l’histoire de cette fantastique civilisation dont les écrits foisonnaient, aussi omniprésents qu’incompréhensibles, sur tous les supports possibles. Fiat lux.

Champollion et les Hiéroglyphes - Les génies de la science N°23 - mai aout 2005

  • Linkage
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Les gays ont le droit de conduire

Publié le Vendredi 10 Juin 2005 - 16:05
Catégorie: Linkage, Magazinage, Outside

Les gays ont le droit de conduire

Je crois que cela se passe de commentaire. A prendre en rigolant ou pas, selon l’humeur ! ;-)

[Source : NovaPlanet]

  • Magazinage
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Quel est le point commun entre un retraité, une ménagère de moins de 50 ans et un gay ?

Publié le Lundi 16 Mai 2005 - 14:21
Catégorie: Magazinage, Outside

Eh bien le Parisien dans ses fameuses pages culturelles (merci à ma cantoche de me donner la possibilité de feuilleter ce quotidien tous les midis) nous l’apprend, il s’agit du soap « Les feux de l’amour ». On apprend dans cet extraordinaire article d’investigation qu’il n’est pas toujours facile d’assumer son assuétude à ce feuilleton trentenaire, malgré sa popularité et réalité à laquelle on est tangiblement confronté : « 3.3 millions de fidèles et 35% de part d’audience ».

Je dédie donc particulièrement cet article à mes coquecigruïens et coquecigruïennes grands fans de cette série, et qui savent nous gratifier de posts que les béotiens doivent bien avoir du mal à appréhender. Je connais pas mal de pédés qui connaissent bien ce soap, quelques fans, mais surtout des gens qui s’identifient aux personnages dont certains sont, en effet, de vraies icônes gays. Et puis ce côté kitsch et ridicule est parfois bien irrésistible. Enfin, certains ont l’air de prendre les choses à coeur, comme ce blogueur qui résume au jour le jour tous les épisodes qui passent sur TF1. Il fait cela avec un sérieux confondant et une passion manifeste ! Il y a aussi ce mec qui répertorie même des vidéos ! J’avais vu sur Coxx* notamment une vidéo désopilante avec une sauvage bagarre entre deux héroïnes.

Etudions donc les témoignages présentés dans le journal… Nous avons une gamine de 15 ans qui est vraiment accroc, une femme de 50 ans qui l’assume même si elle a pas mal de recul et qu’elle considère cela comme un moment de détente superficiel. Et puis, deux jeunes hommes, un de 21 ans, un agent d’accueil, et un autre de 24 ans qui bossent dans les ressources humaines. Juste à lire cela, deux jeunes mecs passionnés et manifestement ayant des difficultés à l’assumer auprès de leurs proches, on comprend qu’ils doivent subir quelques quolibets de la part de leur entourage. Si rien n’avait été précisé, j’aurais naturellement dit qu’il s’agissait de deux tapioles de base. A la rigueur, le premier on peut en douter (quoique finalement naaaan ! Arf.), mais le second, la photo et le texte poussent vraiment à le penser homo. Et vient la conclusion du garçon qui affirme que « Et quand ils arrivent à le concevoir, ma virilité et mon hétérosexualité sont toujours remises en question ! Or on peut suivre les Feux de l’Amour sans être forcément une ménagère de moins de 50 ans, un retraité ou un gay ». Mais oui ma chérie, tu as raison… ;-)

S’il s’affirme ainsi, c’est qu’il n’est donc pas homo. Mais alors, si vraiment on peut être hétéro et fan des Eufs, on doit pouvoir être hétéro et fan d’Hélène Ségara ? Waow !! Il va falloir que je m’excuse auprès de mes copines du forum des fans d’Hélène qui m’insultent depuis des mois pour avoir osé prophétiser la pédésexualité de leurs congénères mâles. :mrgreen:

Les Feux de l\'Amour dans le Parisien

  • Magazinage
  • Matooyage
Têtu N°100

Publié le Mardi 3 Mai 2005 - 16:26
Catégorie: Magazinage, Matooyage

Je voulais faire un post sur ce sujet, car je lis et j’entends trop souvent autour de moi des gens qui vilipendent le magazine. Or, moi je l’aime bien. Même si je suis le dernier des has been, je dois admettre que je suis assez fier de cette cocoricopublication gay. Et j’ai religieusement acheté et lu ce centième numéro dans les transports en commun en allant au boulot.

J’ai une certaine affection pour ce magazine car c’est la première fenêtre que j’ai découverte sur une gayttitude que je ne devinais même pas, dans l’innocence immaculée de mes vertes années. Cela a donc été un vrai bonheur de trouver un magazine homo qui alliait mes lectures favorites de l’époque à la sauce pédésexuelle : Télérama et Femme Actuelle. :mgreen:

Evidemment, ce n’est pas parfait, et certains numéros sont moins bons que d’autres. Néanmoins, je suis souvent assez satisfait de la ligne éditoriale et des contenus proposés. Il y en a pour tous les goûts et c’est certainement aussi ce qui permet une critique aussi aisée. Les modasses, les intellos, les militantes ou les butchs de tous âges sont censés y trouver leur compte, donc il y a forcément des articles qui (me) plaisent plus que d’autres.

Les pubs me gonflent de plus en plus, et de temps en temps, j’ai l’impression de feuilleter « Elle » avec une page sur deux dédiée à des cosmétiques ou une marque de fringue. Mais au moins la qualité globale du magazine, sa maquette, son papier et ses photos (même les pubs) relève un peu cette foire aux annonceurs. Et même cela est à considérer avec nuance, puisque la pub agace tout en démontrant que les annonceurs ne sont plus frileux d’acheter délibérément de l’espace « gay ». J’adore leur manière de présenter les films de cul, comme s’il s’agissait d’oeuvres d’exception à divers niveaux de compréhension à propos desquelles on pouvait sérieusement disserter. Et même si je suis parfois bien embarrassé dans les transports par des photos de nues ou des jaquettes Falcon, j’aime bien cette façon d’assumer ce hobby gay universel.

Enfin Têtu est LE magazine de la visibilité gay en France. On le trouve vraiment partout, et leurs campagnes d’affichages dans les kiosques me bluffent par leur ampleur et fréquence.

J’ai donc fait mon petit acte militant mensuel en allant acheter mon mag en kiosque. Dire « bonjour je voudrais Têtu s’il vous plait » est encore une phrase aussi difficile à sortir que de demander des capotes dans une pharmacie, et pourtant ces deux actes devraient être les plus naturels et moins incongrus du monde. Le pire c’est quand le vendeur indique le rayon tout en haut à côté de Penthouse, un peu comme si le pharmacien répondait « ah désolé monsieur, vous pouvez aller acheter des préservatifs au sex-shop le plus proche ».

Et puis, je l’ai lu dans le métro, RER et Tram, comme d’hab. Et comme d’hab, j’ai du résister à l’attention d’autrui, ce qui n’est pas toujours facile. Il y a encore une sorte de gêne à lire avec détachement Têtu dans le métro, et à capter des regards choqués, surpris ou étrangement embarrassés de quidam. Et tout cela se passe en plein coeur de Paris, j’imagine donc que c’est encore plus space en Province ou banlieue… voire dangereux. Je me rappelle d’un épisode (où l’on peut voir que j’ai déjà n fois évoqué Têtu dans mon blogue) d’ailleurs bien marrant avec M. en Bretagne.

Là, il m’est arrivé un truc assez étonnant pour ce gros pavé. J’arrive dans le Tram, je trouve une place et je m’assois. Je reprends ensuite le fil de ma lecture. Naturellement, les deux personnes en face de moi cherchent à regarder la couverture. Une fille à droite, et un mec à gauche ont les mirettes qui déchiffrent peu à peu la photo et le titre. La fille a immédiatement un sourire en coin que je note assez fréquemment : « tiens, une tapette… Eh bien elle pas honte celle-là… Remarque ce n’est pas comme si, elle pouvait le nier… »*. Et contre toute attente, je lis sur le visage de l’homme (petite trentaine en costard, normal) une moue de dégoût, et un regard qui glisse sur moi comme une lame de rasoir. Il me regarde franchement, se lève, et quitte sa place pour rester debout dans un Tram bien rempli (regards interrogateurs des autres passagers qui s’en suivent, et qui n’osent pas s’asseoir).

Je suis resté abasourdi, et j’ai essayé de ne pas le laisser paraître, mais je devais être bien pivoine. Ô mes amis, oui, oui, ce n’est pas gagné, on peut se réjouir de bien des avancées sociales, mais nous ne vivons pas encore dans un pays où l’homosexualité est si « bien » vue que cela.

A noter dans ce numéro 100 de Têtu : l’article de Lestrade qui narre la genèse du magazine, et les interviews des 100 personnalités qui sont assez inégales mais dont certaines sont passionnantes.

Têtu Numéro 100

*Je fabule évidemment, elle se disait plutôt certainement : « Quoi ce mâle sublime et viril est un homosexuel. Aaaah mais quelle perte pour les femmes ! Non ce n’est pas possible, il est si masculin. Ce doit être un hétéro tolérant plutôt ! ».

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Racisme anti-blanc

Publié le Jeudi 21 Avril 2005 - 14:19
Catégorie: Linkage, Magazinage

Rocambole cite un article de libé passionnant sur le racisme anti-blanc. Où l’on se rend compte d’une revanche sociétale « oeil pour oeil, dent pour dent » bien inquiétante.