J’ai lu un papier assez récemment dans le Monde (du 16/09/2005) où un certain Philippe Pignarre parle de la psychanalyse et de sa nécessaire remise en question devant ses erreurs passées, certainement pour mieux préparer ses erreurs futures, et peut-être les anticiper avec plus d’humilité.
Cet article : « Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder » évoque notamment les prises de positions des associations de psychanalystes à certaines époques à propos de sujets aussi divers que controversés, comme l’autisme, l’homosexualité ou bien la toxicomanie. Philippe Pignarre explique alors, en effet, comme on a pu dire que les autistes étaient le produit de mères « froides » et qu’il fallait les en éloigner, ou bien que l’homosexualité était une maladie qu’on pouvait guérir etc.
J’avais d’ailleurs déjà parlé de ce sujet de la guérison des homosexuels dans un précédent post, où des témoignages et enquêtes sur le sujet m’avaient énormément troublé. Il existe encore aujourd’hui bien des personnes pour dire que l’homosexualité est une maladie mentale qui se guérit, ou pas. Je me souviens de M. qui m’avait dit que lorsque son père avait découvert son homosexualité, il lui avait proposé avec candeur et magnanimité de lui payer une thérapie au Brésil où on guérissait « là-bas » ce genre d’affection.
Je suis un fervent supporter de la Psychanalyse et de ses « docteurs », mais l’on ne doit pas en effet nier qu’elle peut aussi être un terrible instrument de malheur lorsqu’elle se trompe. Or, non seulement elle se trompe mais en plus, elle ne s’en rend pas compte tout de suite. Et pourtant, je crois que c’est aussi un outil, en tant que science appliquée, extrêmement efficace et sain qui a fait ses preuves, et qui a aidé des millions de personnes à aller mieux « avec eux-mêmes ». En tant que science humaine, elle est à la merci de visions politiques subjectives et de certaines conventions morales qu’il a fallu dépasser. Or Philippe Pignarre pose justement le problème : « Pourquoi à chaque fois, l’affrontement avec la réalités des problèmes est-il venu du dehors de la psychanalyse – et même contre elle ? Quel a été le coût du retard ? ».
On a voulu placer dans cette « science » tous nos espoirs de contrôle et maîtrise de l’esprit humain, comme on a voulu le faire pour le corps et la médecine mais il faut se rendre à l’évidence. La Psychanalyse est bien une science humaine, on peut s’y fier mais pas aveuglément. Elle doit alors être plus à même de se remettre en question et de dépasser ses propres tabous, clivages et blocages, pour ne jamais se trouver en porte-à-faux. Et aujourd’hui, nous sommes bien loin d’un tel comportement, surtout si l’on considère les multitudes de mouvements et mouvances psychanalytiques qui prônent telle ou telle théorie et thérapie. En outre, quand on voit les résultats des grandes théories des plus éminents psychanalystes, on en trouve toujours les failles au bout de quelques années, parfois beaucoup plus. Donc humilité…
Mais alors il devient très difficile de faire confiance à un psy, ses méthodes, son expertise et sa fiabilité ?
Et plus globalement, quelle différence fait-on entre névroses et psychoses ? C’est un peu comme quand je définis l’homosexualité comme un simple trait de caractère. Etre timide ou être colérique ou sûr de soi, on ne va pas voir un psy pour cela, à moins que cela rende malheureux ou incapable de s’intégrer dans la société. Le psy ne doit pas changer la nature de son patient, simplement lui permettre d’être heureux et mieux dans ses baskets, à sa manière. Pour moi l’homosexualité est identique à cela. Donc, je pense que l’orientation sexuelle implique une dimension psychanalytique, mais comme la timidité ou un quelconque trait de caractère, ni plus, ni moins. Le seul objectif des gens sur un divan de psy devrait être la quête du bonheur, le leur. Tiens un autre post aussi où j’évoquais le sujet “psy”.



















