71 articles pour la catégorie “Magazinage”

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Bouffer les pissenlits par la racine ?

Publié le Mercredi 11 Février 2004 - 20:11
Catégorie: Magazinage

Comme l’expliquait très bien Mufasa à Simba, nous sommes tous liés dans le cycle de la vie puisque les lions chassent les antilopes, mais que lorsqu’ils meurent ils se transforment alors en herbe, et l’herbe est alors mangée par les antilopes (ouai bon je sais en 94, j’avais 18 ans mais bon…). Tout ça pour dire que concrètement nous nous transformons tous en engrais et que je trouve que c’est une fin plutôt digne pour notre enveloppe corporelle.

Nous avons en pratique des habitudes barbares qui consistent à nous enterrer dans des cimetières qui regorgent de tombes et autres mortuaires résidences. Nous polluons la terre à nous faire enfouir dans un lieu saturé en macchabées, avec des fringues, du métal et des produits chimiques (fluides d’embaumement toxiques) qui ne sont pas dégradés avant un temps très important. Le pire en terme écologique, c’est la crémation puisque, comme je viens de lire sur Technikart, cela peut dégager autant de vapeurs de mercure qu’il en faudrait pour empoisonner tous les poissons d’un lac de quatre hectares (pauv’ Némo ! Naaaaaaan ! C’est pô possib’).

Et bien justement sur Technikart, je vous conseille ce numéro « Collector Futur », on peut lire l’article qui évoque cette biologiste suédoise Susanne Wiigh-Masak. Elle a créé une méthode assez simple qui, en plongeant un corps congelé dans un bain d’azote (sur le magazine ils disent « nitrogène »… super traduction) liquide, désagrège un cadavre en une matière organique recyclable. Ainsi elle propose aux gens de devenir, après leur mort, le terreau de la plante de leur choix, dans un emplacement voulu et en toute écologie !

Ainsi les cimetières se changeraient en parcs, et nous irions alors visiter les arbres et les fleurs au lieu des sépulcres. Apparemment ça marche très bien dans les pays nordiques, beaucoup moins en France, et globalement chez les cathos. Et puis évidemment, les pompistes funèbres ne voient pas cela d’un oeil égrillard… business is business.

Moi je suis complètement pour cette méthode. Je me verrais bien en terreau pour un figuier… avec vue sur la méditerranée si possible.

Dans le même registre morbide, certains ont aussi eu une drôle d’idée, mais qui m’enchante beaucoup moins !

Mort en orbite - Technikart Collector Futur - p89

  • Magazinage
L’Orient ancien

Publié le Jeudi 5 Février 2004 - 14:43
Catégorie: Magazinage

En plus des documents ou magazines sur l’histoire des sciences, je suis vraiment accroc à tout ce qui a trait à l’histoire des civilisations antiques. Et plus c’est peu connu, ancien et encore nimbé de mystères, plus j’aime. Là, je suis tombé sur l’excellente série des « Collections de l’Histoire » qui publie quatre fois par an des dossiers sur des sujets dédiés. Et là, ils évoquent l’Orient ancien, c’est-à-dire les civilisations de l’actuel Moyen-Orient qui sont le berceau de nos propres cultures. C’est entre le Tigre et l’Euphrate que l’écriture est née il y a 5000 ans, et donc les témoignages des premières villes, batailles, modes de vie, religions etc. Finalement, à l’école on n’apprend rien sur les sumériens, babyloniens ou hittites, on a l’impression que tout démarre avec les égyptiens puis les grecs, les romains, et enfin la civilisation gallo-romaine.

Les découvertes archéologiques récentes nous permettent de mieux cerner l’histoire de ces régions, et de découvrir à quel point nous avons été influencés par ces cultures. Se pencher sur ces peuples de 2 ou 3 milliers d’années avant Jésus-Christ, et réussir à comprendre leurs us, leurs moeurs, leur philosophie, leur littérature, leurs sciences me file toujours une sensation de vertige grisante.

Le magazine fait un état des lieux très complet des savoirs actuels sur la Mésopotamie et l’histoire de cette région jusqu’à l’antiquité. Il évoque d’abord les royaumes les plus lointains (en temps) et dont, logiquement, nous savons peu. Puis vint le temps des grands empires avec des dynasties qui prennent tour à tour le pouvoir, jusqu’à, enfin, la domination grecque avec l’épopée victorieuse d’Alexandre le Grand dans toute la Perse et le Moyen-Orient. C’est drôle car la plupart des noms sont connus, mais il m’était difficile de savoir exactement ce qu’ils représentaient… Ur, Akkad, Sargon, Hammourabi etc.

Tout commence en 2900 av. JC avec les cités-Etats de Sumer dont la chronologie est principalement reconstituée par des listes de souverains dont on sait peu de choses. Parfois même, certains sont connus comme des personnages mythologiques tels Gilgamesh et sa fameuse aventure qui est le premier récit du déluge (qui aurait inspiré la bible). J’ai été étonné de tout ce qu’on sait de Sargon, le premier empereur en Mésopotamie avec son royaume d’Akkad (dont les ruines de la capitale n’ont toujours pas été retrouvées). Ces premières civilisations sont surtout « premières » pour le fait qu’elles aient laissé des traces écrites de leur histoire. Ainsi l’invention de l’écriture change véritablement la manière de concevoir l’archéologie et fait appel aux linguistes et adeptes de cette autre fouille qu’est le déchiffrage. Là encore, un excellent article résume le percement du mystère de l’écriture cunéiforme et de ses diverses utilisations pour noter d’autres langues, il évoque aussi l’évolution de ce système complexe qui démarre sur une base purement idéographique puis s’enrichit peu à peu de syllabes et de phonèmes. En 1750 av. JC, le roi Hammourabi édicte le code qui porte son nom, et qui est le premier du genre à résumer des lois qui portent sur le commerce et la société.

Ensuite, les grands empires sont évoqués avec les mystérieux Hittites, Assyriens, Babyloniens puis les Perses. J’ai beaucoup aimé découvrir un lien que j’ignorais totalement, un élément qui fait le lien entre l’antiquité et la Mésopotamie. C’est le fait que les égyptiens étaient en guerre contre les Hittites, et que c’est lors d’une fameuse bataille (la grande bataille de Qadesh) en 1274 av. JC que Ramsès II remporta une victoire quasi-mythique contre les Hittites. Ce sont donc ces derniers qu’on trouve sur les murs d’Abou-Simbel, en hiéroglyphes cette fois.

Un article évoque aussi la portée de l’araméen et la manière dont cette langue et la culture ont conquis le monde. Il y a aussi l’importance énorme des phéniciens, et surtout de leur alphabet dont tous nos alphabets actuels (dont l’araméen) dérivent directement.

La fin est consacrée à Alexandre le Grand, à sa victoire sur le roi Perse Darius III, et sa conquête de la Syrie et la Mésopotamie en 331 av. JC.

Orient ancien - Les collections de l Histoire

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Newton, l’horloger du monde

Publié le Lundi 12 Janvier 2004 - 17:02
Catégorie: Magazinage

J’ai toujours été passionné par l’épistémologie, et surtout par les récits circonstanciés qui ont amené nos génies de la science à découvrir des notions de physiques ou de mathématiques avec presque rien, sinon beaucoup d’imagination, d’intuition et d’intelligence (du latin « intellegere » qui veut dire « comprendre »). Dans ce cadre, j’avais déjà auparavant dévoré les hors-séries qui évoquaient Evariste Galois, Gauss ou Pascal. C’est extraordinaire de découvrir leur personnalité et de les resituer dans un milieu historique, social, intellectuel, culturel et scientifique, de réussir à comprendre la manière dont ils ont pu révolutionner leur petit cercle de scientifiques nantis et parfois à bouleverser certaines visions du monde. C’est drôle aussi de constater comme les outils mathématiques ont aidé les physiciens ou réciproquement, comme certaines méthodes utilisées pour une science ont, en fait, permis l’émergence de nouvelles solutions de calcul dans des domaines complètement autres. Et puis, je reste fasciné par ces hommes aux talents multiples, par ces scientifiques touche-à-tout qui passaient des mathématiques, à la chimie en passant par l’astronomie ou la botanique, et la plupart du temps la philosophie et la théologie.

Ce magazine fait donc la part belle à un personnage qui m’a fasciné depuis des années. En fait, c’est précis, depuis la classe de troisième où mon prof de physique nous a expliqué l’existence de la gravité et de cette relation simple qui lie deux corps de masse m et m’ distant de r. L’intensité de la force d’attraction entre les deux corps est proportionnel au produit des masses et inversement proportionnel au carré de la distance qui les sépare. Il écrivit alors la formule au tableau : F = G mm’/r². Et puis nous commençâmes à appliquer cela à la Terre, et j’appris alors qu’un corps de masse m était soumis à une force P, telle que P=mg où g représente la gravité (à peu près constante sur la Terre). P s’exprime en Newton, du nom de celui qui en a prouvé l’existence et a réussi à quantifier ces relations. Outre cela, pour les plus grandes découvertes de ce génie de la science on peut facilement les relier à nos propres connaissances (plus ou moins lointaines ou en ruine) puisque ses plus grandes découvertes sont tellement capitales et fondatrices qu’on les apprend au plus tard au lycée. Et puis, on découvre aussi qu’il est un des premiers à avoir la première intuition valide et sagace sur la nature de la lumière ainsi que les phénomènes optiques tels les rais du spectre à travers un prisme et la diffraction.

Newton (1642-1727) est un être bien complexe, aussi bien décrié qu’adulé par ses contemporains, et une figure contrastée à bien des égards. En effet, il a même été salué et défendu par Voltaire en personne dans les « Eléments de la Philosophie de Neuton », tandis qu’à une période de sa vie, il a versé dans l’alchimie et les thèses ésotériques les plus hétéroclites. Il est aussi un des derniers scientifiques de renom qui tente, tant bien que mal, de chercher une continuité entre la théologie et ses études, mais aussi de conserver les techniques de conceptualisation des Anciens. Ainsi, le physicien explique tous ses résultats sous forme de démonstrations géométriques qu’il met par écrit, sans recours aux méthodes algébriques modernes. Pourtant, pour établir sa théorie de la gravitation, il découvre de nouveaux outils d’analyse tels que le calcul infinitésimal, mais il cherche absolument à trouver à posteriori une solution géométrique conforme aux mathématiques des Anciens.

J’aime beaucoup de genre de magazine aussi pour les démonstrations qui expliquent l’intuition du scientifique qui a donné lieu à certains axiomes ou théorèmes qu’on a appris au lycée. Là notamment, on y trouve la genèse (en parallèle avec Leibniz) du calcul infinitésimal, intégral et différentiel… Et Newton me fait aussi halluciner sur une chose, comme beaucoup de génies, il a eu l’intuition de quasiment toutes ses découvertes en 1665, à l’âge de 23 ans, alors qu’il était isolé dans une ferme en dehors de Londres à cause de la peste !

Newton - L horloger du monde

  • Magazinage
Et la caravane passe…

Publié le Samedi 13 Décembre 2003 - 1:24
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Les gens dans les transports en commun ne sont pas si nombreux que ça à lire pendant leur migration ferroviaire quotidienne, mais ils ont une fâcheuse tendance à déchiffrer par curiosité les couvertures des bouquins ou magazines des autres voyageurs. J’ai déjà expérimenté le volet « littérature homo », mais j’ai halluciné sur les regards extatiques des badauds à ma lecture des trois derniers jours. De la même manière, je pose toujours mon bouquin ou mon magazine sur mon bureau quand j’arrive, et évidemment, j’ai une remarque à propos de l’ouvrage deux ou trois fois par jour de la part de mes collègues. Cela peut-être une interrogation sur un auteur ou sur ce que je pense du roman en cours, histoire de varier les sempiternelles conversations sur le temps qu’il fait ou qu’il fera. Et lorsqu’il s’agit de Têtu ou bien d’un bouquin « obviously » gay, j’ai droit à une oeillade amicale ou une moquerie ironique, ou même alors une sérieuse discussion sur le sujet.

Mais là ?… J’en reste pantois. J’ai l’habitude de lire, quand le sujet m’intéresse, le magazine Historia, et surtout de temps à autre le bimensuel thématique. C’est ce que j’ai bêtement fait cette semaine. J’ai acheté dans un kiosque « Jésus, un homme dans son temps ». Il est vrai que la couverture est particulièrement cheap et kitschouille, et que Jésus est écrit en lettre gigantesque, mais je ne subodorais pas avant de l’éprouver que cela aurait autant défrayé la chronique. Je crois que les gens, mes collègues et les autres, ont du prendre ça pour un dépliant des témoins de Jéhovah ou un truc comme ça. C’est pas possible autrement. Je vous promets, je me suis fait dévisager dans le train. Aaaah ça change des regards « Têtu ». Là je sentais que c’était plutôt des vieilles qui se disaient que j’étais un mec bien (et pas un sodomite militant ah nan nan nan nan) et des gens inquiets qui hésitaient à me sauver d’un lavage de cerveau sectaire ou intégriste.

Ce qui est étonnant, c’est que ça a fait sourire la plupart des personnes qui y ont jeté un coup d’oeil, et mes collègues encore plus. Tous m’ont fait une petite remarque facétieuse ou railleuse du genre : « Ah tiens, dis donc, tu expies enfin ? », « Oh là là, les mécréants n’ont qu’à bien se tenir, Saint Mat est dans la place ! » ou bien « Mais qu’est-ce qu’il se passe ? ». Et là, du coup, je perds tout discernement. Je ne pensais pas que la religion catholique était si mal en point en France. C’est surtout que je ne suis qu’un athée féru d’histoire et qui a voulu en savoir un peu plus sur un personnage dont les faits et gestes, il y a deux milles, ans se mélangent avec le mythe qu’on connaît plus ou moins partiellement. J’ai donc été stupéfait de la manière dont la religion et l’exercice de la foi sont devenus des sortes de tabous sociaux, alors qu’il fut un temps où c’était un étendard de bonnes moeurs.

Cette année, j’avais déjà été abasourdi de la manière dont j’avais vécu la lecture d’un hors-série sur « les merveilles de la civilisation arabe » (ou un titre approchant, ça devait être un Cahier de Sciences et Vie) qui relatait l’histoire de l’Islam sous un angle culturel, scientifique, philosophique etc. Et bien, j’avais rencontré une vieille dame dans le train qui m’amenait chez mes parents. Je n’y croyais pas mes oreilles, elle me disait de ne pas sombrer dans l’intégrisme, de ne pas croire qu’il réside quoi que ce soit de positif dans l’histoire actuelle ou passée de cette civilisation. Vues mes origines en plus (je sais ça ne se voit pas), c’est une culture qui me fascine particulièrement, j’ai aussi lu un superbe petit bouquin : « Une histoire de la science arabe » qui fait le point sur toutes les découvertes de l’âge d’or des savants arabes. D’ailleurs cela faisait suite à un bouquin qui reste un de mes romans favoris « Avicenne ou la route d’Ispahan » de Gilbert Sinoué. Et bien je lisais celui sur la science arabe dans le métro, et voilà que mon voisin me regarde et me fait un « Allah akbar » des plus sincères et fraternels, et commence à me débiter une phrase en arabe (je suppose). Je lui avais dit gentiment que je ne comprenais pas ce qu’il voulait me dire, et je lui avais alors fait part de mon intérêt oecuménique pour l’histoire, et que les religions avaient leur place dans cette quête de connaissance (même si la science arabe a peu de rapports directs avec l’Islam !).

En tout cas, j’ai appris plein de choses sur Jésus et j’en suis très content. Le magazine part bien sûr des textes des apôtres et les compare entre les différents auteurs (apocryphes ou pas) et avec les faits historiques d’origines non religieuses. C’est dingue de constater les différences de récit entre les différents auteurs (dont on est pas si sûr que ça non plus). Mais après tout, il ne s’agissait pas d’historiens, simplement de prédicateurs qui avaient un récit mais surtout une philosophie à faire passer. Et on sent que leur prosélytisme leur a fait mettre sous couvert certains faits, ou enjoliver d’autres, ou bien encore déformer une réalité déjà lointaine. Du coup, c’est dingue de penser que ce sont ces textes qui sont la base d’une religion et souvent considérés comme un témoignage historique fiable. Et puis certaines vérités pointent leur nez dans un ensemble de préjugés séculaires sur pas mal de domaines. Notamment, Jésus n’était pas le gentil garçon super cool avec sa famille, il n’arrêtait pas de s’engueuler avec eux pour un oui ou pour un non, et d’ailleurs ces derniers ne le prenaient pas vraiment au sérieux. Il y a aussi le rôle des femmes qui est très différent de ce qu’on peut naturellement concevoir. Apparemment, les textes sous-entendent une certaine indépendance de ces femmes qui ont rejoint la cause du Christ, qui étaient dotées d’une certaine autonomie financière et d’une liberté à disposer d’elles-mêmes.

Bon allez, faut pas déconner tout de même, je me remets à mon roman gay du moment (« Des Aveux, Chronique d’une enfance homo » de Gonzague de Larocque)… :mrgreen:

Jesus - un homme dans son temps

  • Magazinage
Des mêmes causes aux mêmes conséquences

Publié le Jeudi 27 Novembre 2003 - 0:22
Catégorie: Magazinage

Cela fait quelques fois que j’achète le magazine « L’histoire » que je trouve assez bien fagoté et toujours une mine d’information impressionnante. J’aime ce côté éclectique qui fait qu’on peut y trouver de tous les pays, toutes les cultures et toutes les références historiques. Je me délecte particulièrement des mises en perspective de faits historiques avec des faits plus contemporains, voire une explication d’événements actuels sous la lumière d’évènements passés identiques. Et c’est tristement prévisible, les hommes font quasiment les mêmes conneries. C’est incroyable de lire ces articles qui remémorent (ou enseignent) et relatent des faits historiques parfois proches mais oubliés (ou ignorés), et donnent ainsi des clefs pour comprendre ce qui se passe, et avoir une opinion moins spontanée et irréfléchie.

J’apprécie aussi les articles qui remettent en question des connaissances historiques complètement miteuses par manque d’études concrètes sur le sujet, ou simplement par la mythification qu’ont pu subir certains faits due à des éclairages historiques pollués par une conjoncture particulière. Evidemment je ne confère pas non plus à ces publications un enseignement absolu. Elles sont aussi sujettes à critiques et précautions, puisqu’elles sont également le fruit d’un auteur influencé par son propre environnement. Mais je tends tout de même à penser que ce qu’on nous livre en pâture aujourd’hui dans ce domaine, est distribué par des gens qui en ont au moins conscience, et tentent donc d’échapper à cet écueil.

Et l’h(H)istoire commence donc par cette mascarade :

« Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule. [...] Les Gaulois étaient des barbares, mais ils étaient braves, intelligents et gais. Ils aimaient à bien entendre parler et à entendre bien parler, et ils étaient toujours curieux d’apprendre des nouvelles. A la guerre, ils attaquaient l’ennemi avec impétuosité ; ils marchaient et combattaient sans discipline et, quand ils étaient vaincus, ils se décourageaient facilement. [...] La Gaule fut conquise par le Romain Jules César, de l’an 58 à l’an 50 av. J.-C., malgré la vaillante défense du Gaulois Vercingétorix, qui est le premier héros de notre histoire.
Les Romains possédèrent la Gaule pendant environs quatre cents ans. Comme ils étaient très civilisés, ils civilisèrent les Gaulois. »

Arf arf arf. Dire que c’est presque exactement ce que j’ai appris en primaire, et en substance ce qui a nourri notre inconscient collectif depuis des générations. Le point positif c’est que cela nous fournit une origine historique concrète et antédiluvienne, une idée de nation débarrassée de toute nature chrétienne et catholique qui arrangeait bien les républicains du 19ème siècle qui ont sanctifié ce « mythe ». Le point négatif c’est que cette narration gauloise ne repose sur aucune étude archéologique et est partiellement vraie, voire complètement erronée. J’ai lu que les rois de France se faisaient souvent remonter aux francs ou comme successeur de César lui-même. A la révolution, on a cherché des ancêtres qui correspondaient à une idée plus conforme des nouvelles idéologies. Les Gaulois se sont retrouvés sur le devant de la scène comme des laïcs et des démocrates (car organisés en groupuscules indépendants). En fait, une bonne partie de l’histoire des Gaules est justement comptée par César qui l’a rédigée dans ses récits de campagne. Et ce récit dépeint la Gaule comme une zone géographique relativement homogène, ce qui l’arrangeait bien. Les recherches archéologiques effectuées sur des sites gaulois ont permis de fonder des hypothèses tout à fait différentes de nos images d’épinal. Les Gaulois tels qu’on les nomme forment un ensemble hétérogène de peuplades plutôt inorganisées, dotées de divinités locales et en conflit avec tous leurs voisins. Ils maîtrisent de manière très avancée la métallurgie et sont reconnus pour la facture de leurs armes. Ce sont surtout de grands agriculteurs et à l’époque la forêt recule considérablement avec un défrichage grandissant. Surtout, ce sont des peuples ouverts sur l’étranger et qui pratiquent un intense échange avec les contrées voisines. Ainsi, nos ancêtres picolaient du vin italien en profusion, ils exportaient des épées, des casques, de la joaillerie, des aliments…

Et puis je me sens le plus grand des imbéciles quand je constate l’entendue mon ignorance. Les pogroms russes par exemple du début du siècle dernier qui ont fait plus de 3000 morts et 10 000 blessés avec l’appui du tsar dans une Europe percluse d’antisémitisme… Ces massacres ont d’ailleurs fortement contribué à l’exil des juifs aux Etats-Unis ainsi qu’à un engagement massif dans les partis révolutionnaires. Il y a aussi ces mille visages de la Vierge Marie où on nous présente un regard curieux sur la représentation de ce personnage au long de l’histoire. L’iconographie évolue considérablement avec la manière dont on perçoit son importance spirituelle et la pratique religieuse. Aussi on la représente tour à tour comme victime, mère digne et grave, exemple à suivre, image de piété et de dévotion incarnée ou même femme forte. Un article assez terrible fait un point sur les archives du 19ème siècle concernant les procès des mères infanticides. On constate avec horreur que c’est un crime plutôt commun et même répandu dans les campagnes et zones économiques sinistrées. Ces mères étaient souvent obligées de cacher leurs grossesses pour ne pas être déshonorer ou perdre leur emploi. Ensuite, elles étaient naturellement poussées à tuer leurs bébés car elles ne pouvaient pas assumer ni la maternité, ni l’enfant. Ces meurtres ont décru à partir du moment où on a procuré un véritable secours à ces mères en détresse. J’ignorais aussi que les samouraïs obéissaient à un système aussi féodal, et que ce sont avant-tout des propriétaires terriens. A tel point, qu’ils se mutent assez rapidement en hauts fonctionnaires et capitalistes de la société japonaise. Et puis une enquête sur la politique arabe de la France m’a bien éclairé sur ces liens qui perdurent avec les pays maghrébins et plus globalement arabes et l’importance politique de De Gaulle à ce sujet.

L'histoire - decembre 2003 - les Gaulois

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We're already in the Matrix !

Publié le Lundi 27 Octobre 2003 - 20:41
Catégorie: Magazinage

J’ai lu cet article édifiant sur “Le Monde Informatique” de la semaine passée. Je pensais pourtant que le « Privacy Act » était une institution aux US, défendue par leurs bataillons de lobbies, et que sur ce point nos amis outre-atlantique étaient des champions. Et bien, tout se perd, voilà
qu’ils se font blouser comme tout le monde. On remplace un système de flicage national (TIA) dénoncé par le « Privacy Act » par un système privé sous financement public (une assoce) et hop, le tour est joué ! De surcroît, ils ont nommé le système : MATRIX, de quoi donner la chair de
poule.

Néo, viens nous (me) sauver !!!!!
(nan pas Morphéus, j’ai dit : Néo. Putain c’est pas compliqué. Néo ! N, E, O ! Et vous avisez pas de me ramener Tinity non plus, ça ne m’intéresse PAS !!!)

La liberte dans la Matrix

  • Magazinage
6 personnes relient 2 inconnus

Publié le Jeudi 25 Septembre 2003 - 22:54
Catégorie: Magazinage

C’est un truc que je pensais être une légende urbaine, et finalement je l’ai lu ce matin dans La Recherche d’octobre. Une étude confirme le fait qu’entre deux personnes prises au hasard, il n’y a en moyenne que 6 personnes pour les relier de connaissances en connaissances.

L’usage du mail a pas mal illustré ce fait, puisque l’on s’aperçoit assez facilement quand on forwarde un e-mail qu’on a reçu, et qu’une semaine après, on reçoit ce même courrier d’une source distincte. En outre, en général, ces chaînes permettent de suivre qui connait qui et doit pouvoir plus facilement mettre nos réseaux de connaissances en exergue. De même qu’on peut recevoir de n sources, une même blague qui a fait le tour du monde ! (parfois on s’en passerait même)

6 personnes

  • Magazinage
Napoléon réhabilité ?

Publié le Jeudi 18 Septembre 2003 - 18:44
Catégorie: Magazinage

Je viens de finir un hors série des Collections de l’Histoire qui m’avait attiré l’oeil en kiosque parce qu’il était à propos de Napoléon avec un sous-titre accrocheur : « l’homme qui a changé le monde ». Je l’ai acheté parce que j’étais vraiment surpris en le feuilletant de l’a priori positif qui se dégageait des quelques pages que j’avais lu. Or depuis toujours, j’avais une opinion assez tranchée sur ce mec, comme étant un mégalo de première doublé d’un tyran sanguinaire ayant saigné l’Europe à blanc, voire triplé d’un grand stratège de guerre, et en même temps un homme charismatique, qui a laissé une empreinte non négligeable en France de part son oeuvre en matière d’administration et de création d’un cadre juridique fixé. Je le voyais vraiment comme un hypocrite qui a fait la révolution pour mieux mettre en place 10 ans après sa propre dynastie en place, avec une nouvelle noblesse. Bon… pas très positif tout ça, quoi !

Ce magazine m’a permis de relativiser certaines idées liées à une époque et une éducation, mais n’a pas non plus fondamentalement modifié ma vue du personnage. J’ai tout de même été épaté de certaines choses que j’ai lues. En effet, je me rends compte à quel point Napoléon est un personnage qui impressionne et fascine pas mal d’historiens, alors que je le considérais un peu comme un Hitler en puissance, l’idéologie en moins bien sûr (et ce n’est pas rien, loin de là). J’ai aussi récupéré pas mal de vides dans ma culture historique de l’après révolution et de l’avènement de Bonaparte.

Aussi, ce mec reste un monstre de mégalomanie et un belliciste qui a voulu conquérir l’Europe pour étendre son empire, avec toutes les connotations négatives liées à la guerre et au meurtre que cela peut véhiculer. Mais j’ai découvert que d’un point de vue historique, il a proposé finalement un système politique syncrétique et consensuel par rapport à une révolution qui proposait une rupture complète et donc une énorme fracture, et une restauration qui finalement n’apporte pas de changement. Son système d’empire, que je pensais comme un système absolutiste mais que j’ai vu décrit différemment (même si je ne donne pas tout crédit à ce que j’ai lu), était une proposition de réconciliation entre la république laïque (tout du moins la liberté des cultes), sans privilèges, dotée d’une organisation administrative efficace et garantissant les Idées de la Révolution (liberté et d’égalité), avec le pardon à la monarchie (le retour des nobles qui avaient été bannis), la mise en place d’une dynastie et d’une noblesse plus fondée sur la valeur (militaire). Ce système lui a permis de gagner une grande popularité dans toutes les strates de la société, et en même temps son attitude expansionniste a aussi contribué à sa renommée (grandeur de la France et tutti quanti). J’ai été surpris de constater le côté républicain de son serment (serment « civique » d’ailleurs) où il proclamait : « gouverner dans la seule vue de l’intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français ».

Il ordonna le tricotage d’un protocole nouveau et imaginatif. On ne devait ni reproduire celui du sacre des rois, ni accorder trop de place au pape (sa présence ne devait que « donner du lustre » à la journée, ainsi que l’avait écrit Napoléon), ni donner l’impression que la Révolution était passée par pertes et profits.

Ensuite, mais ça c’est mon tort de ne pas l’avoir réalisé avant, j’ai halluciné sur les durées concrètes. En gros, on a entendu parler de Napoléon en 1799 (son coup d’état), il est sacré empereur en 1804 et il abdique en 1814 (si on oublie l’épisode des Cent-Jours un an plus tard). Tout cela n’a duré que 15 ans, mais ce type a marqué un continent et surtout s’est gravé à l’imaginaire de millions de gens. Après, il y a toute une partie du magazine qui insiste sur sa conquête européenne, et je ne sais toujours pas avec quelle distance juger cela. Déjà, les auteurs relativisent les velléités impérialistes de Napoléon en les rapprochant de l’époque, et en faisant comprendre qu’il s’agissait de l’attitude de toutes les nations sans exception à l’époque (Angleterre, Prusse, Allemagne etc.). Bon… ça à la rigueur, je veux bien. Ensuite, ils minimisent plus ou moins (enfin c’est dur de dire cela, car ils ne dissimulent rien mais je pense qu’ils prennent un peu leurs désirs pour des réalités) l’impopularité de l’empereur dans les nations soumises. Je veux bien le croire mais je doute que les italiens ou les espagnols aient vraiment eu Napoléon dans leur coeur, après avoir été conquis, annexés ou simplement soumis, et ce malgré les apports en termes de droit (code civil), de structure administrative et de toutes les choses positives qu’ils ont pu en tirer. Les auteurs insistent aussi sur les nombreux pactes, protectorats, états vassaux qui étaient donc plus le reflet d’une politique diplomatique que belliqueuse.

Enfin, la fin du mag présente les résultats d’une étude européenne où on demande aux gens de citer des personnalités qui représentent bien l’Europe. Napoléon est cité dans les 5 premières places. On évoque aussi Napoléon en tant que fondateur des Nations mais de manière très singulière et plutôt drôle. En effet, il n’est pas véritablement à l’origine de ces pays, mais plutôt le mec que tout le monde détestait et qui a donc permis l’émergence d’un sentiment national fort (Italie et Espagne notamment). Et un des auteurs explique aussi ces réactions par une histoire distanciée qui permet une opinion plus posée des sondés. J’ai beaucoup aimé la conclusion qui reprend ce sentiment européen ambivalent.

A première vue, on comprend bien la réaction des Italiens et des Polonais – Napoléon a joué un rôle important dans la création du sentiment national de ces pays – , moins celle des Anglais et des Espagnols. Mais cet égal intérêt n’est-il pas la preuve de l’émergence d’une histoire européenne plus distanciée où l’on reconnaît le rôle d’un grand personnage sans pour autant approuver son action ?

Il n’est pas concevable que l’Empereur, pour le meilleur ou pour le pire, selon les appréciations, a fait émerger une Europe nouvelle. Pour cette raison, il mérite aujourd’hui de figurer dans une galerie de grands personnages européens, ce qui ne signifie pas pour autant accepter la forme d’Europe dessinée par Napoléon.

Napoleon - l'homme qui a change le monde

  • Magazinage
  • Outside
Flash-back mai 1979

Publié le Mardi 9 Septembre 2003 - 23:54
Catégorie: Magazinage, Outside

Je suis l’heureux possesseur de quelques vieux numéros de Gaipied dont le numéro deux. En voici d’ailleurs la couverture et un article qui a donc été écrit 24 ans auparavant. Il relate la manifestation du 1er mai et la participation d’un cortège homo comme tous les ans depuis 8 ans.

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Cela m’a fait bizarre de feuilleter ces numéros où l’homosexualité n’a rien à voir avec maintenant, que ce soit en terme politique ou social, que ce soit pour le vivre ouvertement ou bien la manière dont les homos de l’époque revendiquent leurs droits. Cela fait du bien de garder en mémoire cet état de fait, de ne pas se croire libéré et de penser que cela a toujours été.

Et ces numéros, comme la lecture de l’excellent bouquin de Frédéric Martel (Le rose et le noir), m’a appris aussi à relativiser les idées politiques de ces protagonistes de notre émancipation, puisque parfois certains discours sont pour moi très discutables, et notamment la position d’Arcadie envers la pédophilie.

Mais la lecture de ces articles et des courriers des lecteurs est extraordinaire.

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La Grande-Motte le botte

Publié le Samedi 9 Août 2003 - 17:53
Catégorie: Magazinage

J’ai lu dans Télérama (les sources complètes sont sur l’image scannée) un article qui vante l’architecture de la Grande-Motte. Mein gott !

J’hallucine sur les remarques du journaliste, hors le fait que ce soit un endroit de “tourisme de masse”, à traduire par “bienvenue à beauf-land et racaille-land”. J’en avais entendu parlé, et j’y suis allé en 1999 car mon petit-copain de l’époque y faisait son service militaire dans la gendarmerie dans ce coin. J’ai été effaré de ces pyramides et autres batiments en béton en forme de vague. Je trouve ça HYPRA moche !

Je veux bien qu’on parle d’intérêt collectif, et les arguments du journaliste se tiennent quant à la justesse de la vue architecturale, l’organisation urbaine ou bien les objectifs sociaux mais vraiment c’est horrible ce truc.

Sur Télérama, je ressens vraiment cet article comme dédié aux bobos qui sont à Ibiza et qui trouvent très bien que les pauvres aussi puissent partir en vacances, c’est très social, très gauche catho. Je ne sais pas vraiment bien l’exprimer mais il y a un truc qui me gêne.

La Grande-Motte