77 pensées et puis s'en vont !

Eh oui, hier c’était la dernière pensée de Marc-Aurèle qu’il me restait dans mon escarcelle, et il s’agissait de l’ultime 77ème de ma sélection personnelle. Comme je l’avais indiqué, j’avais établi cette sélection lors d’une énième lecture du bouquin, et je ne faisais que les ressortir dans l’ordre de lecture, de temps en temps, la plupart du temps quand je n’avais rien à poster. Oui oui. :mrgreen: Ce qui est marrant c’est que très souvent, […]

Livre 12 – XXX

Une est la lumière du soleil, bien qu’elle se laisse séparer par des murs, des montagnes et mille autres obstacles. Une est la substance universelle, bien qu’elle se sépare en combien de milliers de corps particuliers. Un est le souffle vital, bien qu’il se sépare en des milliers de natures et de particulières délimitations. Une est l’âme intelligente, bien qu’elle paraisse se partager. De ces diverses parties, les unes comme les souffles vitaux et les […]

Livre 12 – XXIX

Le salut de la vie consiste à voir à fond ce qu’est chaque chose en elle-même, quelle est sa matière, quelle est sa cause formelle ; à pratiquer la justice, du fond de son âme, et à dire la vérité. Que reste-t-il, sinon à tirer parti de la vie pour enchaîner une bonne action à une autre, sans laisser entre elles le plus petit intervalle ? Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle. Et je dédie cette pensée […]

Livre 12 – XXVI

Lorsque tu t’impatientes contre quelque chose, tu oublies que tout arrive conformément à la nature universelle ; que la faute commise ne te concerne pas, et aussi que tout ce qui arrive est toujours arrivé ainsi, arrivera encore et arrive partout, même à l’heure qu’il est. Tu oublies quelle parenté unit l’homme à tout le genre humain, parenté qui n’est pas celle du sang ou bien de la semence, mais qui provient de la participation […]

Livre 12 – XVI

[...] Celui qui n’admet pas que le méchant commette des fautes est semblable à celui qui n’admettrait pas que le figuier porte du suc aux figues, que les nouveaux-nés vagissent, que le cheval hennisse, et toutes autres nécessités de cet ordre. Que peut-on supporter, en effet, en se trouvant dans une telle disposition d’esprit ? Si tu es exaspéré, guéris-toi de cette façon d’être. Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 12 – IX

Il faut, dans la pratique des principes, être semblable au pugiliste et non au gladiateur. Si celui-ci, en effet, laisse tomber l’épée dont il se sert, il est tué. L’autre dispose toujours de sa main, et n’a besoin de rien autre que de serrer le poing. Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 11 – XXIX

Dans l’art de l’écriture et de la lecture, tu ne peux enseigner avant d’avoir appris. Il en est de même, à plus forte raison, de l’art de la vie. Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 11 – XV

Il y a comme une grossièreté et quelque dépravation à dire : « J’ai préféré me comporter franchement avec toi. – Homme, que fais-tu ? Il ne faut pas commencer par affirmer cela. La chose d’elle-même le déclarera. Elle doit être écrite sur ton front ; ta voix doit aussitôt l’exprimer ; tes yeux doivent aussitôt la montrer, à l’instar de l’aimé qui connaît aussitôt, dans le regard de ses amants, tout ce qu’ils éprouvent. En […]

Livre 10 – XXXVIII

Souviens-toi que le fil qui te meut comme une marionnette est cette force cachée au-dedans de toi, cette force qui fait qu’on s’exprime, qu’on vit et qui, s’il faut le dire, fait qu’on est homme. Ne te la représente jamais comme confondue avec le réceptacle qui l’enveloppe, ni avec ces organes qui sont collés autour. Ils sont comme des outils, avec cette seule différence qu’ils naissent naturellement avec nous, vu que ces parties de notre […]

Livre 9 – XLII

Lorsque tu es offensé par l’impudence d’un homme, demande-toi aussitôt : « Se peut-il donc qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? » Cela ne se peut pas. Ne réclame donc pas l’impossible, puisque cet homme est l’un de ces impudents qui nécessairement se trouvent dans le monde. Sois prêt à te poser la même question devant un scélérat, un fourbe ou tout autre coupable. En te rappelant, en effet, qu’il est impossible […]

Livre 9 – XL

Ou les Dieux n’ont aucun pouvoir, ou ils ont un pouvoir. S’ils n’ont aucun pouvoir, pourquoi pries-tu ? Mais s’ils ont un pouvoir, pourquoi ne les pries-tu pas de te donner de ne rien avoir à craindre des choses de ce monde, de n’en désirer aucune et de ne jamais t’affliger pour aucune, au lieu de leur demander que telle chose t’advienne ou ne t’advienne pas ? [...] Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 9 – XXXIII

Tout ce que tu vois sera bientôt détruit, et tout ceux qui assistent à cette dissolution seront bientôt détruits, et celui qui meurt dans l’extrême vieillesse sera réduit au même point que celui dont la mort fut prématurée. Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 9 – XXXII

Tu peux supprimer bien des sujets pour toi de trouble superflus et qui n’existent tous qu’en ton opinion. Et tu t’ouvriras un immense champ libre, si tu embrasses par la pensée le monde tout entier, si tu réfléchis à l’éternelle durée, si tu médites sur la rapide transformation de chaque chose prise en particulier, combien est court le temps qui sépare la naissance de la dissolution, l’infini qui précéda la naissance comme aussi l’infini qui […]

Livre 9 – XIX

Tout est en cours de transformation.Toi-même aussi tu es en état de transformation continue et, à certains égards, de dissolution; de même pour l’univers entier. Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Livre 9 – III

Ne méprise pas la mort, mais fais-lui bon accueil, comme étant une des choses voulues par la nature. Ce que sont en effet la jeunesse, la vieillesse, la croissance, la maturité, l’apparition des dents, de la barbe et des cheveux blancs, la fécondation, la grossesse, l’enfantement et toutes les autres activités naturelles qu’amènent les saisons de ta vie, telle est aussi ta propre dissolution. Il est donc d’un homme réfléchi de ne pas, en face […]