MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 16 Octobre 2007

Marc-Aurèle 77 pensées et puis s’en vont !

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:04:57

Eh oui, hier c’était la dernière pensée de Marc-Aurèle qu’il me restait dans mon escarcelle, et il s’agissait de l’ultime 77ème de ma sélection personnelle. Comme je l’avais indiqué, j’avais établi cette sélection lors d’une énième lecture du bouquin, et je ne faisais que les ressortir dans l’ordre de lecture, de temps en temps, la plupart du temps quand je n’avais rien à poster. Oui oui. :mrgreen:

Ce qui est marrant c’est que très souvent, ces citations tombaient exactement au bon moment, ou avaient une étrange résonance avec des événements synchrones. Je suis content d’avoir partagé cela, même si j’ai conscience de m’être plus fait plaisir à moi (hu huhu, mais bon c’est le plus important). En tout cas, je n’en démords pas, après ces 77 notes, depuis presque exactement deux ans (encore un chiffre rond qui me surprend…), je suis toujours aussi fan et fasciné par la clairvoyance et la sagacité de ces remarques philosophiques.

Marc-Aurèle est né le 26 avril 121 et est mort le 17 mars 180, aussi depuis 1827 ans, il ne risque pas d’écrire d’autres « pensées pour lui-même ». Donc ces phrases fétiches resteront sans doute les mêmes, et le fait qu’elles puissent autant me toucher après tant d’années écoulées, de faits passés et de civilisations dépassées, me troue carrément le cul. ;-)

N’ayez aucune inquiétude, je vais bien trouver autre chose à refourguer les jours de disette. Hé hé hé.

En attendant, si vous avez envie de relire ces pensées dans un seul document, voilà un pdf avec les 77 notes rassemblées.

Lundi 15 Octobre 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - XXX

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:46:35

Une est la lumière du soleil, bien qu’elle se laisse séparer par des murs, des montagnes et mille autres obstacles. Une est la substance universelle, bien qu’elle se sépare en combien de milliers de corps particuliers. Un est le souffle vital, bien qu’il se sépare en des milliers de natures et de particulières délimitations. Une est l’âme intelligente, bien qu’elle paraisse se partager. De ces diverses parties, les unes comme les souffles vitaux et les événements sous-jacents, sont indifférents et entre eux sans lien de parenté. Et pourtant ces mêmes parties sont maintenues par la force qui les unit et la pesanteur qui porte sur elles. L’intelligence, au contraire, par son caractère particulier, tend à ce qui lui est apparenté, s’y réunit, et son ardeur pour cette agrégation est invincible.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Samedi 06 Octobre 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - XXIX

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:47:04

Le salut de la vie consiste à voir à fond ce qu’est chaque chose en elle-même, quelle est sa matière, quelle est sa cause formelle ; à pratiquer la justice, du fond de son âme, et à dire la vérité. Que reste-t-il, sinon à tirer parti de la vie pour enchaîner une bonne action à une autre, sans laisser entre elles le plus petit intervalle ?

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Et je dédie cette pensée à Jarod_. ;-)

Lundi 10 Septembre 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - XXVI

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:47:41

Lorsque tu t’impatientes contre quelque chose, tu oublies que tout arrive conformément à la nature universelle ; que la faute commise ne te concerne pas, et aussi que tout ce qui arrive est toujours arrivé ainsi, arrivera encore et arrive partout, même à l’heure qu’il est. Tu oublies quelle parenté unit l’homme à tout le genre humain, parenté qui n’est pas celle du sang ou bien de la semence, mais qui provient de la participation commune à la même Intelligence. […]

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Lundi 27 Août 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - XVI

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:30:34

[…]

Celui qui n’admet pas que le méchant commette des fautes est semblable à celui qui n’admettrait pas que le figuier porte du suc aux figues, que les nouveaux-nés vagissent, que le cheval hennisse, et toutes autres nécessités de cet ordre. Que peut-on supporter, en effet, en se trouvant dans une telle disposition d’esprit ? Si tu es exaspéré, guéris-toi de cette façon d’être.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Lundi 23 Juillet 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - XIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 11:26:57

Combien est ridicule et étrange l’homme qui s’étonne de quoi que ce soit qui arrive en la vie !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Dimanche 22 Juillet 2007

Marc-Aurèle Livre 12 - IX

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 21:26:55

Il faut, dans la pratique des principes, être semblable au pugiliste et non au gladiateur. Si celui-ci, en effet, laisse tomber l’épée dont il se sert, il est tué. L’autre dispose toujours de sa main, et n’a besoin de rien autre que de serrer le poing.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Vendredi 13 Juillet 2007

Marc-Aurèle Livre 11 - XXIX

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 22:17:58

Dans l’art de l’écriture et de la lecture, tu ne peux enseigner avant d’avoir appris. Il en est de même, à plus forte raison, de l’art de la vie.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Mardi 26 Juin 2007

Marc-Aurèle Livre 11 - XV

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:42:24

Il y a comme une grossièreté et quelque dépravation à dire : “J’ai préféré me comporter franchement avec toi. – Homme, que fais-tu ? Il ne faut pas commencer par affirmer cela. La chose d’elle-même le déclarera. Elle doit être écrite sur ton front ; ta voix doit aussitôt l’exprimer ; tes yeux doivent aussitôt la montrer, à l’instar de l’aimé qui connaît aussitôt, dans le regard de ses amants, tout ce qu’ils éprouvent. En un mot, il faut que l’homme droit et honnête ressemble à l’homme qui sent le bouc, en sorte que quiconque s’approche de lui sente dès l’abord, qu’il le veuille ou non, ce qu’il en est. La recherche de la simplicité est un coutelas. Rien n’est plus odieux qu’une amitié de loup*. Evite ce vice avant tous. L’homme de bien, l’homme droit, bienveillant, portent ces qualités dans leurs yeux, et elles n’échappent point.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

*Allusion à la fable d’Esope, où les loups persuadent les brebis de leur livrer les chiens qui les gardaient.

Vendredi 08 Juin 2007

Marc-Aurèle Livre 10 - XXXVIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:53:53

Souviens-toi que le fil qui te meut comme une marionnette est cette force cachée au-dedans de toi, cette force qui fait qu’on s’exprime, qu’on vit et qui, s’il faut le dire, fait qu’on est homme. Ne te la représente jamais comme confondue avec le réceptacle qui l’enveloppe, ni avec ces organes qui sont collés autour. Ils sont comme des outils, avec cette seule différence qu’ils naissent naturellement avec nous, vu que ces parties de notre être ne lui servent pas plus, sans la cause qui les met en mouvement et les ramène au repos, que la navette à la tisseuse, le roseau à l’écrivain, et le fouet au cocher.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Mercredi 30 Mai 2007

Marc-Aurèle Livre 10 - XVI

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:02:50

Il ne s’agit plus du tout de discourir sur ce que doit être l’homme de bien, mais de l’être.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Mardi 15 Mai 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XLII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 23:46:28

Lorsque tu es offensé par l’impudence d’un homme, demande-toi aussitôt : « Se peut-il donc qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? » Cela ne se peut pas. Ne réclame donc pas l’impossible, puisque cet homme est l’un de ces impudents qui nécessairement se trouvent dans le monde. Sois prêt à te poser la même question devant un scélérat, un fourbe ou tout autre coupable. En te rappelant, en effet, qu’il est impossible qu’il n’existe pas des gens de cette sorte, tu deviendras plus indulgent pour chacun d’eux.

Il est utile encore de songer aussitôt à la vertu que la nature a donnée à l’homme pour remédier au vice que tu découvres. Comme antidote, en effet, contre l’ingratitude, elle a donné la bonté, et contre un autre défaut, une autre perfection. Et, somme toute, il t’est toujours loisible de ramener celui qui s’égare, car tout homme qui commet une faute s’écarte du but et s’égare.

Et puis, en quoi t’a-t-il lésé ? Car tu ne trouveras pas un seul de ces hommes contre lesquels tu t’exacerbes, qui ait pu te causer un dommage tel que ton âme en eût été rendue pire, et pour toi le mal et le dommage n’ont leur absolue consistance que là. Est-ce donc un malheur ou une étrangeté qu’un ignorant fasse acte d’ignorant ? Examine si tu ne dois pas plutôt t’accuser toi-même de n’avoir point prévu que cet homme commettrait cette faute. Ta raison, en effet, te fournissait des motifs de penser qu’il était vraisemblable que cet homme commettrait cette faute, et cependant, pour l’avoir oublié, tu t’étonnes de ce qu’il l’ait commise !

C’est surtout lorsque tu reproches à un homme sa déloyauté ou son ingratitude, qu’il faut faire ce retour sur toi-même. Car c’est ta faute évidemment, si tu as présumé qu’un homme de ce caractère garderait sa foi, ou si, en lui rendant service, tu ne l’as point obligé sans réserve, ni de façon à retirer aussitôt de ton action même tout son fruit. Qu’exiges-tu de plus, si tu as fait du bien à quelqu’un ? Ne te suffit-il pas d’avoir agi selon ta nature, mais cherches-tu encore à en être payé ? C’est comme si l’œil exigeait une récompense pour voir, et les pieds pour marcher. De la même façon, en effet, que ces membres ont été faits pour une fonction déterminée et qu’en agissant selon leur propre constitution ils remplissent le rôle qui leur est particulier, de même l’homme, né pour la bienfaisance, lorsqu’il accomplit quelque action bienfaisante, ou simplement s’il aide son prochain en des choses ordinaires, agit conformément à sa constitution et atteint sa fin propre.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Une des pensées les plus importantes pour moi. C’est beau, c’est juste, concis et limpide. Merveilleux ! Ces préceptes m’ont servi et me servent encore régulièrement.
(1) Ne pas reprocher, alors qu’on adore ça inconsciemment, à quelqu’un des caractéristiques inhérentes à sa personne (vous savez, comme les gens qui se marient “en l’état” pour mieux se balancer ensuite leurs défauts à la tronche dix ans plus tard).
(2) On agit “bien” pour soi, et conformément à ses valeurs, sans attendre de retour, ni gloire ou consécration, surtout pas pour se montrer supérieur ou mettre en valeur les faiblesses d’autrui.

Dans le même genre, la pensée qui évoque la prise en considération du référentiel de l’autre, ou celle qui propose une attitude (certes binaire mais) constructive à la rencontre de deux systèmes de valeurs différents.

Evidemment, je dis aussi certainement nawak, mais c’est juste moi, c’est-à-dire pas grand-chose. :mrgreen:

Lundi 07 Mai 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XL

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 19:20:31

Ou les Dieux n’ont aucun pouvoir, ou ils ont un pouvoir. S’ils n’ont aucun pouvoir, pourquoi pries-tu ? Mais s’ils ont un pouvoir, pourquoi ne les pries-tu pas de te donner de ne rien avoir à craindre des choses de ce monde, de n’en désirer aucune et de ne jamais t’affliger pour aucune, au lieu de leur demander que telle chose t’advienne ou ne t’advienne pas ? […]

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Samedi 28 Avril 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XXXIII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 19:37:19

Tout ce que tu vois sera bientôt détruit, et tout ceux qui assistent à cette dissolution seront bientôt détruits, et celui qui meurt dans l’extrême vieillesse sera réduit au même point que celui dont la mort fut prématurée.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Samedi 21 Avril 2007

Marc-Aurèle Livre 9 - XXXII

Classé dans: Marc-Aurèle — @ 19:47:24

Tu peux supprimer bien des sujets pour toi de trouble superflus et qui n’existent tous qu’en ton opinion. Et tu t’ouvriras un immense champ libre, si tu embrasses par la pensée le monde tout entier, si tu réfléchis à l’éternelle durée, si tu médites sur la rapide transformation de chaque chose prise en particulier, combien est court le temps qui sépare la naissance de la dissolution, l’infini qui précéda la naissance comme aussi l’infini qui suivra la dissolution !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Page suivante »

Powered by WordPress