80 articles pour la catégorie “Marc-Aurèle”

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – XXVIII

Publié le Dimanche 25 Juin 2006 - 21:36
Catégorie: Marc-Aurèle

— T’emportes-tu contre celui qui sent le bouc ? T’emportes-tu contre celui qui a l’haleine forte ? Que veux-tu qu’il y fasse ? Il a cette bouche ; il a ces aisselles, et il est inévitable que de telles dispositions fassent naître de telles exhalaisons.

— Mais l’homme, dit-on, possède la raison, et il peut, en y réfléchissant, parvenir à comprendre en quoi il est défectueux.

— Bonne réponse ! Ainsi donc, toi aussi tu possèdes la raison. Provoque alors par ta disposition raisonnable sa disposition raisonnable ; fais-le comprendre ; avertis-le. S’il entend, tu le guériras. Nul besoin de colère.

Ni tragédien, ni courtisane.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Dans la même veine que l’autre pensée que je commentais. “Ni tragédien, ni courtisane” et c’est vrai qu’il est tellement difficile de ne pas verser dans l’un ou l’autre…

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – XXIV

Publié le Dimanche 25 Juin 2006 - 21:34
Catégorie: Marc-Aurèle

Souviens-toi de la substance totale, dont tu participes pour une minime part ; de la durée totale, dont un court et infime intervalle t’a été assigné ; de la destinée, dont tu es quelle faible part !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Humilité.

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – XVII

Publié le Jeudi 22 Juin 2006 - 18:52
Catégorie: Marc-Aurèle

Poursuivre l’impossible est d’un fou. Or, il est impossible que les méchants ne commettent point quelques méchancetés.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

C’est une des pensées qui m’a beaucoup marqué dans l’oeuvre du philosophe. Il répète souvent ce truc, c’est-à-dire que l’on ne doit pas s’étonner ou se fâcher si une personne fait exactement ce qu’on “attend” d’elle. Qu’un imbécile agisse comme un imbécile, ou une enflure vous fasse une crasse par exemple. Or on adore reprocher aux gens ce dont on sait ils sont dépouvus, simplement pour affirmer une supériorité ou marquer une faiblesse. Je me rappelle régulièrement de ce précepte que je trouve assez juste, et qui fait que j’en veux moins à ma mère, par exemple, d’agir exactement comme je sais qu’elle le fera. Plutôt que de bougonner, j’en parle directement (bon ça ne marche pas non plus, mais le résultat sur ma psychée est moins déplorable arf) ou alors je zappe.

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – IX

Publié le Vendredi 16 Juin 2006 - 18:40
Catégorie: Marc-Aurèle

Ne te rebute pas, ne te dégoûte pas, ne te consterne pas, si tu ne parviens pas fréquemment à agir en chaque chose conformément aux principes requis. Mais lorsque tu en es empêché, reviens à la charge et soit satisfait, si tu agis le plus souvent en homme. [...]

Mais examine donc s’il n’y a pas plus d’apaisement dans la grandeur d’âme, la liberté, la simplicité, la bienveillance, la sainteté ? Quant à la sagesse, qu’y a-t-il de plus apaisant, si tu considères la stabilité et la prospérité qui proviennent en toutes tes actions de cette faculté d’intelligence et de science ?

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – V

Publié le Jeudi 1 Juin 2006 - 0:28
Catégorie: Marc-Aurèle

On n’a pas lieu d’admirer ton acuité d’esprit. Soit. Mais il est bien d’autres qualités dont tu ne peux pas dire : « Je n’ai pour elles aucune disposition naturelle. » Acquiers-les donc, puisqu’elles dépendent entièrement de toi : sincérité, gravité, endurance, continence, résignation, modération, bienveillance, liberté, simplicité, austérité, magnanimité. Ne sens-tu pas combien, dès maintenant, tu pourrais acquérir de ces qualités, pour lesquels tu n’as aucune incapacité naturelle, aucun défaut justifié d’aptitude ? Et cependant tu restes encore de plein gré au-dessous du possible. A murmurer, lésiner, flatter, incriminer ton corps, chercher à plaire, te conduire en étourdi et livrer ton âme à toutes ces agitations, est-ce le manque de dispositions naturelles qui t’y oblige ? Non, par les Dieux ! Et, depuis longtemps, tu aurais pu te délivrer de ces défauts, et seulement, si c’est vrai, te laisser accuser de cette trop grande lenteur et de cette trop pénible difficulté à comprendre. Mais, sur ce point même, il faut t’exercer, et ne point traiter par le mépris cette lourdeur, ni t’y complaire.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Voilà. Plutôt que de se plaindre, il faut évaluer le problème et le résoudre. Si l’on manque de telle ou telle qualité, il suffit de l’acquérir. Tout cela est en notre contrôle, et donc ne repose que sur notre volonté et persévérance. Une des pensées récurrentes de l’empereur est qu’on peut agir sur ce qui dépend de nous, et cela ne sert à rien de se prendre la tête sur ce qui n’en dépend pas. Or on a justement tendance à se mettre martel en tête à propos de ce sur quoi on ne peut agir (et donc pédaler dans la choucroute), tandis qu’on simule l’impotence ou qu’on ignore les domaines d’amélioration à notre portée. C’est tellement plus simple d’être dans l’impasse et de gésir, et tellement pratique de ne pas prendre ses propres « problèmes » à bras-le-corps.

  • Marc-Aurèle
Livre 5 – II

Publié le Jeudi 1 Juin 2006 - 0:17
Catégorie: Marc-Aurèle

Qu’il est aisé de repousser et d’abandonner toute pensée déplaisante ou impropre, et d’être aussitôt dans un calme parfait !

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

J’aime bien cette manie qu’a le philosophe de sans cesse rappeler à quel point on maîtrise ce qui se passe dans notre tête, et surtout ces choses qui « dépendent de nous ». La simplicité de l’exercice mental qui permet la paix intérieure, en opposition aux prises de tête introspectives qui embuent la conscience. Plus facile à dire qu’à faire évidemment…

  • Marc-Aurèle
Livre 4 – LI

Publié le Samedi 27 Mai 2006 - 10:04
Catégorie: Marc-Aurèle

Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est celui qui va selon la nature. Voilà pourquoi il faut agir et parler en tout de la façon la plus naturelle. Une telle ligne de conduite te délivrera de l’emphase, de l’exagération et du style figuré et artificiel.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Encore une fois, ce sont ses “pensées” à lui, les trucs qu’il se disait pour se rendre plus fort et plus conforme à sa philosophie. On n’est pas obligé d’être d’accord. D’ailleurs, manifestement je ne suis pas comme il le décrit, ne serait-ce que dans mon blog. Mais j’aime beaucoup ces pensées car elles me donnent de quoi réfléchir, et qu’à 2000 ans de là, ce mec avaient des traits qui ne manquaient pas de sagacité.

Celle-ci en particulier est aussi simple que de dire que le plus court chemin entre deux points est une ligne droite. Et même s’il est faux de vouloir régir son existence comme en géométrie, il est parfois intéressant de tempérer la manière dont on peut se disperser en tergiversations et rodomontades inutiles (comme je le fais là, à l’instant même). Donc je ne prends pas cela comme un conseil psy à deux balles, mais comme un exemple qui m’inspire… pour trouver ma propre voie/voix.

  • Marc-Aurèle
Livre 4 – XLVIII

Publié le Vendredi 26 Mai 2006 - 1:09
Catégorie: Marc-Aurèle

Considère sans cesse combien de médecins sont morts, après avoir tant de fois froncé les sourcils sur les malades ; combien d’astrologues, après avoir prédit, comme un grand événement, la mort d’autres hommes ; combien de philosophes, après s’être obstinés à discourir indéfiniment sur la mort et l’immortalité ; combien de chefs, après avoir fait périr tant de gens ; combien de tyrans, après avoir usé avec une cruelle arrogance, comme s’ils eussent été immortels, de leur pouvoir de vie et de mort ; combien de villes, pour ainsi dire, sont mortes tout entières : Hélice, Pompéi, Herculanum, et d’autres innombrables ! Ajoutes-y aussi tous ceux que tu as vus toi-même mourir l’un après l’autre. Celui-ci rendit les derniers devoirs à cet autre, puis fut lui-même exposé par un autre, qui le fut à son tour, et cela en peu de temps ! En un mot, toujours considérer les choses humaines comme éphémères et sans valeur : hier, un peu de glaire ; demain, momie ou cendre. En conséquence, passer cet infime moment de la durée conformément à la nature, finir avec sérénité, comme une olive qui, parvenue à maturité, tomberait en bénissant la terre qui l’a portée, et en rendant grâces à l’arbre qui l’a produite.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

  • Marc-Aurèle
Livre 4 – XLVII

Publié le Mardi 25 Avril 2006 - 22:12
Catégorie: Marc-Aurèle

Si l’un des Dieux te disait : « Tu mourras demain ou, en tout cas, après-demain », tu n’attacherais plus une grande importance à ce que ce soit dans deux jours plutôt que demain, à moins d’être le dernier des rustres, car qu’est-ce que ce délai ? De même ne crois pas que mourir dans beaucoup d’années plutôt que demain, soit de grande importance.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

  • Marc-Aurèle
Livre 4 – XLIV

Publié le Jeudi 20 Avril 2006 - 12:56
Catégorie: Marc-Aurèle

Tout ce qui arrive est aussi habituel et prévu que la rose au printemps et les fruits en été ; il en est ainsi de la maladie, de la mort, de la calomnie, des embûches et de tout ce qui réjouit ou afflige les sots.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.