80 articles pour la catégorie “Marc-Aurèle”

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – XVII

Publié le Mardi 25 Octobre 2005 - 1:04
Catégorie: Marc-Aurèle

[...] d’un père qui devait m’enlever tout orgueil et m’amener à comprendre qu’il est possible de vivre à la cour sans avoir besoin de gardes du corps, de vêtements de parade, de lampadaires, de statues, de choses analogues et d’un luxe semblable, mais qu’il est possible de se réduire presque au train de vie d’un simple particulier, sans déchoir pour cela ou se montrer plus négligent, lorsqu’il s’agit de s’acquitter en chef de ses devoirs d’Etat ; [...]

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Humilité encore, cette fois dans la vie quotidienne. Quand on voit les fameux « frais de bouche » ou bien le mode de vie des Chirac, on se dit qu’on a toujours à apprendre des valeurs antiques (et me voilà plus conservateur qu’eux !!!).

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – XVI

Publié le Lundi 24 Octobre 2005 - 0:11
Catégorie: Marc-Aurèle

[...] Et surtout : son art de s’effacer sans jalousie devant ceux qui s’étaient acquis quelques supériorités, comme, par exemple, dans la facilité de l’élocution, la connaissance des lois, des coutumes ou de toute autre matière, et son empressement à faire que chacun, selon sa spéciale capacité, soit honoré ; [...]

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Belle démonstration d’humilité pour une personne investie d’un pouvoir politique quasi-absolu.

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – XIV

Publié le Dimanche 23 Octobre 2005 - 5:25
Catégorie: Marc-Aurèle

De mon frère Sévérus : l’amour du beau, du vrai, du bien ; avoir connu, grâce à lui, Thraséas, Helvidius, Caton, Dion, Brutus ; avoir conçu l’idée d’un état juridique fondé sur l’égalité des droits, donnant à tous un droit égal à la parole, et d’une royauté qui respecterait avant tout la liberté des sujets. Et de lui aussi : l’estime constante et soutenue pour la philosophie ; la bienfaisance, la libéralité assidue ; la confiance et la foi envers ceux qui se trouvaient les avoir mérités, et ne pas laisser ses amis se demander : « Que veut-il, ou que ne veut-il pas ? », mais être d’une évidence nette.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Cette phrase m’avait tellement surprise de la part d’un empereur romain. Etait-il un tel homme ? Un tel homme d’état ? Aussi préoccupé d’égalité, de fraternité et de liberté ? Trois valeurs inscrites bien plus tard dans notre devise… Encore une fois, des années lumières d’avance par rapport aux systèmes politiques à naître en Europe !

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – XIII

Publié le Samedi 22 Octobre 2005 - 0:45
Catégorie: Marc-Aurèle

De Catulus : ne jamais être indifférent aux plaintes d’un ami, même s’il arrive que ce soit sans raison qu’il se plaigne, mais essayer même de rétablir nos relations familières ; souhaiter du fond du coeur du bien à ses maîtres, ainsi que faisaient, comme on le rapporte, Domitius et Athénodote ; avoir pour ses enfants une véritable affection.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Cela tombe sous le sens, mais c’est tellement beau à presque 2000 ans de distance (il a vécu de 121 à 180 ap. JC.).

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – X

Publié le Vendredi 21 Octobre 2005 - 1:09
Catégorie: Marc-Aurèle

D’Alexandre le Grammairien* : s’abstenir de blâmer ; ne pas critiquer d’une façon blessante ceux qui ont commis un barbarisme, un solécisme, ou quelque autre faute choquante, mais amener adroitement le seul terme qu’il fallait proférer, sous couvert de réponse, de témoignage à l’appui, ou de commun débat sur le fond même du sujet, et non sur la forme, ou par quelque autre moyen d’avertissement occasionnel et discret.

*Alexandre de Séleucie, grammairien, avait écrit un commentaire des poèmes d’Homère, et appris le grec à Marc-Aurèle.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Même remarque que mon teupo Marc-Aurèle pour mon blog et ses fautes… Merci de votre mansuétude à mon égard.

  • Marc-Aurèle
Livre 1 – IX

Publié le Jeudi 20 Octobre 2005 - 0:18
Catégorie: Marc-Aurèle

De Sextus* : la bienveillance ; l’exemple de ce qu’est une maison soumise aux volontés du père ; l’intelligence de ce que c’est que vivre conformément à la nature ; la gravité sans affectation ; la sollicitude attentive pour les amis ; la patience envers les ignorants et envers ceux qui décident sans avoir réfléchi ; l’art de s’accommoder à toutes les espèces de gens, de telle sorte que son commerce était plus agréable que toute flatterie, et qu’il leur imposait, par la même occasion, le plus profond respect ; l’habileté à découvrir avec intelligence et méthode et à classer les préceptes nécessaires à la vie ; et ceci, qu’il ne montra jamais l’apparence de la colère ni d’aucune autre passion, mais qu’il était à la fois le moins passionné et le plus tendre des hommes ; l’art de savoir sans bruit adresser des louanges, de connaître beaucoup sans chercher à briller.

*Sextus de Chéronée, stoïcien, neveu de Plutarque.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Dans cette série de textes, Marc-Aurèle essaie de résumer les exemples de droiture morale qu’il a reçu de sa famille, ses maîtres, ses accointances. J’aime particulièrement la fin : « l’art de savoir sans bruit adresser des louanges, de connaître beaucoup sans chercher à briller. ». NdB (Note du Blogueur).

  • Boukinage
  • Marc-Aurèle
Pensées pour moi-même

Publié le Mercredi 19 Octobre 2005 - 18:17
Catégorie: Boukinage, Marc-Aurèle

J’ai relu pour la énième fois ce livre que j’avais déjà évoqué avant. En effet, quand je l’avais découvert, j’avais eu une sorte de révélation, étonnement et soulagement. « Révélation » car je ne pensais pas que je pourrais lire quelque chose qui résumerait aussi simplement et avec une acuité redoutable ce que j’avais en moi, « étonnement » car le mec qui avait écrit cela était un empereur romain né 2000 ans avant moi, et « soulagement » car je me sentais moins « seul dans ma tête ».

Je n’ai pas l’impudence et l’orgueil démesuré de me comparer à tel homme, et quand je relis aujourd’hui ce bouquin, j’y vois aussi toutes les erreurs, les inepties, les jugements à l’emporte-pièce, les dangereux raccourcis, les valeurs spécieuses (du moins que je ne partage pas) et les conséquences négatives de l’application draconienne d’un tel système philosophique (le Stoïcisme). Mais j’aime foncièrement ce petit manuel et j’admire cet homme pour ce qu’il a laissé derrière lui.

Il est composé de différents livres qui regroupent des éléments de réflexion philosophiques. Ce n’est pas vraiment un texte chronologique ou thématique, il s’agit simplement pour lui de jeter de manière éparse ses pensées et opinions, une sorte d’introspection qui lui permet de réaffirmer ce en quoi il croit. Il évoque les qualités qu’il trouve chez ses maîtres ou sa famille, les comportements à adopter en face de telle ou telle situation, des exemples concrets auxquels il répond simplement, des maximes ou de courts aphorismes etc. Certains « chapitres » font quelques paragraphes mais la plupart ne sont qu’une ou deux phrases en forme d’assertion ou de syllogisme. Et certaines de ces phrases font mouche en moi de manière incroyable.

Ceux qui lisent mon blog depuis longtemps et mes amis proches comprennent très facilement en quoi je peux adhérer à un tel penseur. En effet, je prône et je pratique la tempérance dans beaucoup de domaine et surtout dans mes émotions, ainsi que le renoncement devant les choses que je ne contrôle pas, l’acceptation des actions de ces choses sur lesquelles je n’ai pas de contrôle. Autrement dit, je ne suis pas un adepte des déchaînements passionnels ou alors même si je m’y abandonne de temps à autre (notamment dans l’Amour), je retourne aussi vite que possible à un état stable, réfléchi, intérieur. Une certaine mesure, certainement pas celle aussi implacable de Marc-Aurèle, mais dont je rejoins certains principes. Et je ne me révolte pas contre les choses qui échappent à mon contrôle. C’est aussi pour cela que si je me fais larguer, cela ne m’affecte que modérément (être déprimé ne sert à rien, remuer dans tous les sens sur une décision qu’on n’a pas prise est inutile). Et que la mort ne me parait pas un phénomène teintée d’injustice mais un exercice de la Nature, à accepter (une fois qu’on s’est battu du mieux qu’on pouvait selon ses capacités).

On peut évidemment être faible et se trouver parfois victime de ses propres déchaînements intérieurs, mais au final on doit retrouver la maîtrise de soi, la paix intérieure et la confiance en son cheminement.

Je ne peux pas vraiment disserter sur le sujet, car je n’ai fait aucune étude de philo, et je ne peux pas replacer cette oeuvre dans un contexte philosophique de l’époque ou bien actuel. Il faut que je demande des cours particuliers avec un Nicolas prof de Philo ? :mrgreen: Donc tout ce que je peux exprimer c’est mon ressenti à moi, avec ses défauts, imperfections et ma candide sincérité en la matière.

Tiens, pour partager un peu de cette ingénuité, je vais recopier ce qui m’a « parlé » dans ce bouquin. J’ai marqué pas mal de pages et de phrases, nous verrons si cela résonne (raisonne ?) aussi en vous. ;-)

A suivre donc… je n’en ai pas encore fini avec le sujet. Hu hu.

Pensées pour moi-même - Marc-Aurèle

  • Marc-Aurèle
  • Matooyage
Marc-Aurèle

Publié le Mardi 11 Janvier 2005 - 19:13
Catégorie: Marc-Aurèle, Matooyage

Ma mère rentre un soir à la maison avec un carton plein de bouquins. Elle nous dit à mon frère et moi qu’il s’agit de livres d’école de la fille d’une collègue qui s’en débarrasse, car elle n’en avait plus besoin depuis déjà longtemps. Elle nous demande de jeter un coup d’oeil pour récupérer ce qui peut nous intéresser, ou bien ce qui est au programme (j’étais en seconde).

Donc nous regardons les titres un à un, et on fait notre choix… Mon frangin était ravi, il y a avait deux ou trois Rougon-Macquarts qu’il n’avait pas encore lu (mon frère est certainement le seul prolo accroc à la saga de Zola, il les a tous dévorés). J’ai chopé ce qui m’intéressait, et notamment quelques livres que j’ai conservé un peu par hasard, soit parce que l’auteur ou le titre m’étaient familiers (et pouvaient être demandés dans les années suivantes), soit parce que je me sentais inspiré à les feuilleter un jour ou l’autre.

Les bouquins ont été rangés sur un rayonnage et se sont endormis dans la poussière de la chambre fraternelle. Deux ans plus tard, j’avais 18 ans, c’était un peu après le bac, je cherchais à bouquiner dans la chambre, et mon regard tombe sur cette série de livres remisés. Parmi ces ouvrages, il y a avait les « Pensées pour moi-même » de Marc-Aurèle. Je l’ai ouvert un peu par hasard, un peu suspicieux après avoir lu la quatrième de couverture, vous me connaissez moi le proprolo (c’est un mouvement social tout neuf), lire un recueil de pensées d’un empereur romain… Je pioche une phrase au milieu du bouquin, et voilà ce que je lis :
« Creuse au-dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours. ».

Putain, comment j’ai été percuté de plein fouet ! Comme c’était beau, simple, concret, naturellement logique, comme si ces mots s’imposaient au simple exercice de la raison humaine. N’y croyant pas mes yeux, je continue ma lecture aléatoire :
« Prends garde de ne jamais avoir envers les misanthropes les sentiments qu’ont les misanthropes à l’égard des hommes. ».

Bon, je m’assois, je prends le bouquin, j’ouvre à la première page, la fin de l’après-midi passée, je tournais la dernière, et j’étais conquis.

Le lecture de ce « manuel » a été un vrai choc pour moi. Un choc littéraire, philosophique et culturel. Comment un mec qui a vécu il y a 2000 ans (Marc-Aurèle 121-180) pouvait avoir écrit des choses qui me touchent autant, qui me paraissent tellement universelle, qu’elles pouvaient s’appliquer à moi aujourd’hui ? Un empereur romain de surcroît, que j’imaginais donc comme un rustre dégénéré décadent, avait pu écrire de telles notes, reflets de ses errements intellectuels et philosophiques.

« N’agis point comme si tu devais vivre des milliers d’années. L’inévitable est sur toi suspendu. Tant que tu vis, tant que cela t’est possible, devient homme de bien. »

Bref, j’ai grave kiffé ma race, et je la kiffe toujours. ;-)

Je me suis ensuite un peu plus renseigné sur le stoïcisme et sur cet homme, et malgré quelques anicroches, je me sens assez proche de cette manière de considérer la vie. Cela réconcilie un peu en moi mon côté droit, logique et rigoriste avec les facettes fantasques et pétulantes qui m’animent aussi. C’est d’ailleurs souvent ce que je traduis sur les multiples profils sur le web par : « Plutôt zen et réfléchi, mais aussi dynamique et sur la brèche quand y’a besoin ! ».

Mais surtout cette manière de penser me plaisait parce qu’elle faisait la part belle à la bonté, or c’est une qualité qu’on le loue pas assez à mon goût. Et j’aime bien être considéré comme un mec « bon », ouai gentil si vous voulez, teubé même si l’acception doit aller jusque là. J’ai lu dernièrement une jolie diatribe à mon encontre sur un blogue, comme je l’avais déjà lu auparavant sur d’autres (on ne peut évidemment pas plaire à tout le monde), et cela me blesse évidemment. Mais je ne me démonte pas, voilà, je suis comme ça. Et je vais… plutôt bien. :mrgreen:
Je ne suis pas si gentil-neuneu que ça évidemment… mais ce post rebondit aussi sur le très joli morceau de blog de Coco qui décrit bien, je trouve, les tenants et aboutissants de cette notion. ;-)

Et encore une fois : « Prends garde de ne jamais avoir envers les misanthropes les sentiments qu’ont les misanthropes à l’égard des hommes. ».

De la même manière, j’ai arrêté d’attendre des teubés qu’ils se comportent comme des gens sensés. C’est dommage, je ne retrouve pas cette citation là (enfin il ne disait pas « teubés » arf). ;-)