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  • Matooyage
New York, toujours et encore ! (et une étude comparée francoamerloque)

Publié le Mardi 24 Janvier 2012 - 1:11
Catégorie: Matooyage

C’était pour ma part la quatrième fois que je mettais les pieds dans cette ville, et j’y retournerai encore avec le même plaisir !! Incroyable ville américaine qui ne ressemble à rien d’autre aux USA, pas vraiment européenne non plus mais on y reconnaît aisément les inspirations et la filiation, et quelque chose de fascinant pour les parisiens. Certainement un je ne sais quoi qui fait qu’on trouve tant de niouiorkais à Paris, et tant de Parisiens à New-York !

Le contexte était un peu différent cette fois puisqu’il s’agissait du cadeau de 30 ans de la soeur de mon chérichou, et qu’on avait décidé d’emmener toute la famille. Donc la soeur, le copain de la soeur et le père étaient avec nous en visite à New York une semaine, de Noël jusqu’après le jour de l’an. On avait procédé comme la dernière fois, et comme pas mal de fois aussi depuis quelques années, c’est-à-dire en évitant les hôtels et en préférant louer un appartement via un site spécialisé. On est plutôt bien tombé, malgré les amicales bestioles qui sont légion là-bas comme à Paris, et surtout on était en plein East Village dans un quartier très plaisant et idéal pour rayonner sur Manhattan.

On a joué le jeu du voyage en famille et les soirées ont été calmes. On a surtout revisité des standards assez obligatoires pour tout touriste à New York, mais j’ai aussi découvert de nouvelles choses. Je n’étais jamais allé sur Liberty Island par exemple, ou encore monté au sommet de l’Empire State Building !! On a aussi pu passer une soirée avec quelques potes, dont un était par hasard là en même temps que nous, et d’autres habitent la ville depuis quelques années. Ludo notamment hante ces lieux depuis bientôt 9 ans, et quand je pense aux temps immémoriaux où nous nous sommes connus, cela me donne un certain vertige (plus de dix ans en tout cas, ce qui est pas mal pour une connaissance de Caramail… hé hé hé).

Les visites se résument assez bien par les quelques photos que je publie plus bas. Mais quand j’étais à New York, je pensais souvent aux podcasts de Katia & Kyliemac dont je suis si féru. En effet, elles parlent de la France (et surtout Paris) en long en large et en travers et mettent fréquemment en exergue les différences entre nos pays. Je les aime beaucoup parce qu’elles sont toujours pertinentes, drôles et jamais dans le french-bashing. En outre, elles comparent toujours les choses selon leur propres visions et non en les assénant comme des vérités officielles et universelles. Il s’agit avant tout de “Kyliemac’s America” et “Katia’s Australia”, de même que leurs mésaventures sont toujours traitées avec un certain recul et beaucoup de respect. Et comme je ne suis pas le dernier à critiquer mon pays, je ne prends que rarement ombrage de leurs reproches (mais ça arrive évidemment !!). Du coup, à leur manière, j’ai été cette fois un peu plus attentif à ces différences qui finalement sautent aux yeux, et qui vont du clin d’oeil à la fracture majeure (arff) !! Comme je ne suis qu’un touriste de base et que je ne suis pas expatrié, ce qui a retenu mon attention c’était évidemment les espaces publics, les restaurants etc. Et dans le domaine du service, y’a pas à tortiller, les amerloques de choc sont des champions du monde !! Et même si NYC a la juste réputation d’être beaucoup moins aimable et obséquieuse que LA, il n’y a aucune comparaison avec Paris et sa très juste image totalement opposée. Huhuhu.

Tiens parlons des restaurants justement, puisque c’est un domaine que nous avons largement éprouvé… Alors il y a un truc qui est insupportable pour nous, mais qui est véritablement légion : le serveur vous embarque votre assiette à peine vous avez pris votre dernière bouchée. Parfois même il suffit de détourner quelques secondes le regard de son plat et hop, votre assiette est menacée d’enlèvement. Evidemment là bas, c’est normal… Et donc si vous avez terminé le premier, on vous enlève votre assiette et vous regardez les autres finir. Alors qu’en France évidemment, le serveur attend que tous les convives aient terminé, et il demande s’il peut retirer les plats, et il s’exécute. Hé hé hé.

On évoque souvent le fait qu’en France, et ça étonne les américains, le service est compris et que cela explique la légendaire amabilité de nos serveurs et serveuses. Mais je suis à mon tour étonné de constater que le service est de plus en plus compris dans la note aussi aux USA (même si de souvenir beaucoup moins sur la côte Ouest, donc c’est peut-être un phénomène made in NYC), et qu’il est de 18%. Ah sinon tiens y’a aussi le coup des verres d’eau, et ça ce n’est pas qu’aux USA. Pour nous français, il paraît logique de trouver sur une table de restaurant une carafe d’eau du robinet, qu’on nous remplit quand elle est vide… De l’eau fraîche, mais sans pour autant être blindée de glaçons. Mais les américains ADORENT les glaçons, et donc quand vous arrivez à table, on vous sert un verre immense d’eau avec 50 glaçons. Résultat les glaçons font ruisseler le verre de condensation, et vous devez boire en tout petite gorgée pour éviter les icebergs. Je DETESTE ça !! Je déteste aussi du coup quand je demande un Coca Light et que je me récupère un verre de la taille d’un vase avec 75 glaçons dedans. Arggggh. (Mais je kiffe le free refill, c’est à dire de pouvoir demander à avoir autant de verres de Coca Light que vous voulez en en ayant payé qu’un seul.)

Tiens revenons sur les serveurs qui sont dans la plupart des cas très sympathiques et aimables, mais parfois trop. New York à ce niveau n’est pas le pire que nous ayons connu, non là les champions cela reste Los Angeles. “Vous prenez le steak ??? VRAIMMMENT ??? MMMMMAAAAAIS QUEL EXCELLENT CHOIX !!! BRAVOOOOO !!! FANTASTIQUE !!! MERVEILLEUX !! VOUS ETES GENIAUX LES GARS !!”. Et je ne plaisante pas car les serveurs savent faire preuve de sacrés superlatifs pour vous congratuler sur vos goûts alimentaires. Bon du coup les relations qui se nouent là sont purement hypocrites et commerciales, et parfois c’est fait avec un tel sens de la comédie que ça ne rime plus à rien (mais au moins ce n’est pas désagréable !). A Paris il est rare d’avoir un bon service, mais lorsque c’est le cas, vous l’appréciez vraiment car ce n’est pas du chiqué. Mouahahaha. L’autre chose qui me fait mourir de rire et dont je ne comprends toujours pas l’intérêt ou la mode : une fois votre plat délivré, le serveur revient avec un énooooorme moulin à poivre et il prend tout son sérieux pour vous proposer dans un souffle épique : “Fresh pepper?”. Mais ce n’est que du poivre… Et je ne mens pas leurs moulins mesurent parfois 70 cm de long, et il faut les voir pencher le bouzin et tourner fièrement leur appareil pour mettre du poivre sur les plats. POURQUOI ??? Il y a du sel sur la table ainsi que divers condiments, mais pourquoi le poivre doit-il être ainsi distribué ?

Bon sinon la remarque habituelle sur la nourriture… Alors que l’on mange plutôt bien, on remarque toujours que les portions sont pantagruéliques et que tout est très très gras. Au bout de quelques jours, on voulait juste manger de la salade sans sauce et des haricots verts à la vapeur. Et dès qu’on verse dans la nourriture un peu plus industrielle, et pire dans la junk food, alors on dirait que Paula a la mainmise sur toutes les recettes et cuisines de l’Amérique du Nord !!! Le passage au self du musée d’Histoire Naturelle et ses desserts nous a laissé pantois tant c’était dégueulasse et que ça suintait l’huile ou le beurre. Et le Burger King a été l’occasion de baigner dans une atmosphère graillonneuse des plus lipidiques, et de constater aussi que plus la bouffe se fait malbouffe plus les catégories sociales rencontrées sont défavorisées. En revanche les quantités sont extraordinairement proportionnelles au gras contenu dans les aliments.

La taille des boissons notamment a un avantage que mon chérichou a bien contre son gré expérimenté. En effet, les vodka-redbull sont dosées de telle manière que la vodka règne en maître, et si l’on essaie de boire un nombre de verres analogue à celui bu en France, eh bien… heureusement que je le tenais pour rentrer à l’appartement !!! Et bien sûr, les habituelles demandes d’ID à l’entrée de tous les bars qui est quelque-chose de très surprenant pour les français. Même à un bon trentenaire comme moi, on demande son passeport pour vérifier que j’ai bien l’âge pour rentrer dans un bar. Huhuhu. J’ai globalement l’impression que les parisiens sont plutôt des petits joueurs en termes de consommation d’alcool si je compare à mes expériences à New York, Londres, Bruxelles, Lisbonne, Madrid, Barcelone, Stockholm, Berlin ou Amsterdam (ce sont les villes où j’ai fait la fête).

Le café américain est toujours aussi clair et imbuvable pour moi, mais je constate que les expressos sont à présent servis dans absolument tous les restaurants (grosse différence par rapport à dix ans auparavant). En revanche, comme nous étions en appartement nous avons voulu faire quelques courses, et notamment acheter des fruits et légumes. A la sortie du métro, il y avait un K-Mart et un autre supermarché, et on y trouvait toutes les conserves possibles, les surgelés, la pharmacie, les cosmétiques et des plats préparés, mais pas un fruit ou un légume !!!! A priori, on n’a trouvé notre bonheur que dans des primeurs et autres “deli” dans les rues adjacentes. Cela m’a vraiment étonné car j’avais le souvenir de supermarchés bien mieux dotés sur la côte Ouest ou même vers Miami.

Une chose qui est constante aux USA, d’est en ouest, ce sont les toilettes avec espaces béants de tous côtés !! Ah ça c’est incroyable !! Non seulement, il y a des interstices de 2 ou 3 cm autour de chaque planches composant la cabine, mais en plus la plupart du temps, le haut est coupé presque à hauteur des yeux, et le bas de la porte est parfois proche des genoux lorsque vous êtes assis sur les chiottes… Si si si, truc de ouf !! C’est un véritable challenge de couler un bronze dans un endroit publique, je vous le dis !!!! Pour des gens souvent si pudiques et qui paraissent choqués ou outrés par nos moeurs barbares, j’ai toujours trouvé cela étrange. J’ai beaucoup ri aussi à cette petite attitude de Tartuffe qu’on trouve parfois chez les gays américains qui sont assez pudibonds pour pousser des cries d’orfraies si vous dites le mot “bite”, ou là en l’occurrence il s’agissait d’un conversation à propos d’un pote qui avait publié sur Facebook le fait d’avoir couché en un an avec un certain nombre de gars. L’américain était tout outré alors que je le soupçonnais d’avoir largement bien roulé sa bosse… si je puis m’exprimer ainsi.

Ah ah, finalement on en trouve des trucs à dire sur les différences qui m’interpellent entre américains et français ! Huhu. Tiens un truc encore dingue, c’est la manière dont tout est incroyablement surchauffé, avec un gâchis énergétique assez fou dans tout cela d’ailleurs. Notre appartement était toujours une fournaise, et chaque magasin ou même les lieux publiques sont chauffés de manière surprenante. En France par exemple, on ne peut pas chauffer très bien les gares avec ces halls immenses et même simplement les voies qui sont proches. Là vous entrez à peine dans la gare via un escalator et une soufflerie hyper chaude dont 90% part à l’extérieur gelé. Cela paraît juste dingue ! A peu près aussi dingue que l’aéroport de Palm Springs dont on avait constaté que le patio extérieur était climatisé… (oui oui extérieur donc à l’air libre mais avec des clims gigantesques qui soufflent de l’air frais latéralement pour supporter les 45°C à l’ombre de ce désert).

En revanche tout est souvent beaucoup plus pratique, mieux indiqué et plus “friendly” que chez nous. Sauf peut-être le métro new-yorkais avec ses entrées différentes dans les rues si vous allez dans une direction ou dans l’autre. Et les mêmes portillons qui servent à la fois à entrer ou sortir du quai, et donc particulièrement impraticables lorsqu’une rame débarque ! En revanche, avoir des métros express qui zappent des stations, ça c’est über-cool !!!

Dans les magasins, je ne comprends toujours pas pourquoi les prix sont présentés Hors Taxes, c’est encore un truc qui paraît invraisemblable pour des gaulois ! Du coup, je suis toujours un peu déçu, parce que j’ai tendance à me faire avoir par le prix facial qui est donc bien alourdi par les taxes finales. Cela me surprend toujours au pays du consommateur roi et du mercantilisme vainqueur !

Bon sinon, clairement Foursquare est super bien implanté à New York, où chaque restaurant ou lieu est à chaque fois blindé de check-ins, j’étais étonné que ce soit à ce point là. J’ai noté aussi un nombre hallucinant d’iPhone 4/4S…

Ok ok Katia et Kyliemac nous on a la Suze (aka Eau de Dirt), mais bon voilà hein, moi aussi je vous trouve bizarre parfois (mais aussi avec beaucoup d’affection et de considération) !!! (Katia est australienne hein, donc c’est surtout pour Kyliemac, loin de moi l’idée de faire des généralités à ce point !!!)

  • Matooyage
Point(s) de vue – Images immondes (ou pas)

Publié le Mercredi 18 Janvier 2012 - 1:11
Catégorie: Matooyage

J’avais envie de m’étendre un peu plus sur cette Une de Libération qui a fait coulé tant d’encre chez les gays et ailleurs. Je veux parler de ça :

Cette illustration a principalement généré une kyrielle de commentaires sur le cliché gay ainsi mis en exergue, comme si “nous étions tous comme cela”. Je n’ai pas compris cette levée de bouclier, parce que je n’y ai vu qu’une caricature et qu’un dessin humoristique, certes d’un goût douteux, mais rien qu’une blague. En revanche, j’ai d’abord été surpris que personne ne s’offusque du titre en lui-même et du contenu de l’article. J’ai été rassuré ensuite de lire les papiers de Gilles Bon-Maury ou Yannick Barbe sur le sujet. En effet, c’est surtout la mention de “mariage gay” qui m’a choqué, puisqu’il s’agit de tout sauf de cela dans l’article. Et au niveau politique et dans le traitement journalistique du fond, là oui, il y avait carrément à dire… Mais sincèrement, le dessin m’en a touché une sans faire bouger l’autre. (Ce qui est drôle c’est que j’aurais accepté que des personnes comme Yannick Barbe ou Gilles Bon-Maury gueulent justement contre cette caricature, car c’est leur rôle “publique” de signifier n’importe quel “dérapage”, au moins pour poser la question dans l’aire médiatique.)

Ce genre de cliché ainsi mis en une et son scandale me font évidemment penser à la sacro-sainte “bonne image”. Je sais qu’on peut difficilement être monolithique à ce sujet, puisqu’un “fuck la bonne image” à 300% ou un “soyons donc le plus hétéronormés possible” sont deux propositions qui ne me conviennent pas. Ensuite la question du “où placer la jauge” ne peut être que personnelle et correspondant à ses propres valeurs. Mais surtout l’effet produit par ce dessin selon moi est très différent selon le support. Sur le Figaro, j’aurais été choqué, j’aurais gueulé à l’homophobie même. Sur Libé, je suis persuadé que cela ne peut être de l’homophobie, c’est totalement impossible. Encore une fois de l’humour de mauvais goût ou de la beauferie pourquoi pas, mais pas plus que cela… Et dans Fluide Glacial, ce n’est même pas une hypothèse, puisque je lis bien pire tous les mois et que cela me fait mourir de rire.

J’appelle cela de l’humour de mauvais goût surtout parce que je suis pédé, étant donné que l’effet produit par la caricature est d’autant plus négatif que l’on est proche du sujet qui est ainsi croqué en quelques traits. C’est tout de même quelque-chose de très naturel et habituel non ? Même lorsqu’on lit un article de presse qui traite d’un sujet que l’on connaît bien (me concernant le web ou l’informatique par exemple), eh bien on déteste les raccourcis, les simplifications à outrance et les ellipses frustrantes. C’est la même chose pour les blagues ou les caricatures, plus on est concerné par leur sujet, et moins on les apprécie, et plus on se sent insultés. On se sent d’ailleurs moins insultés quand c’est un membre de sa minorité qui fait la blague, lui donnant alors une certaine légitimité humoristique. Mais bien sûr quand il s’agit de minorités qui souffrent et sont en lutte pour une meilleure reconnaissance dans la société, il est un peu plus logique qu’on le prenne mal. Aussi grosso modo, les pédés ont pu se sentir moqués et n’ont pas aimé cela. Les gay-friendly ont pu rire en y voyant un clin d’oeil drôle parce que c’est tellement loin de leurs potes gay, d’autres ont pu être choqués parce que c’est justement tellement loin de leurs potes. (Oui oui tout et son contraire dans la même phrase.) Ensuite, même les homophobes savent que c’est un cliché de base, et certains haineux le prendront comme argent comptant. (Bis repetita.)

Et si on avait eu un couple gentillet patin-couffin, on aurait pu crier à l’hétéronormalité et à la représentation du pédé tel que la droite le conçoit. Si on avait mis un éventail avec tous les genres et typologies, eh bien un dessin n’y suffirait évidemment pas puisque dès lors qu’on se penche sur le sujet, on ne peut plus le voir comme un bloc homogène mais bien comme une somme d’individualités. Alors on pourrait avoir une espèce de représentation symbolique et abstraite genre “II”, mais du coup ça rendrait pas mal de sujets un peu tristounets et fades. Bref, on peut finir par trouver ce dessin très bien, justement dans sa facette “fuck la bonne image”. Mais tout dépend aussi ce que les auteurs avaient en tête quand ils l’ont créé puis publié…

Il y a tellement de variables entre les supports, les référentiels des lecteurs et les intentions originelles, que j’ai décidé d’en rigoler, de m’en offusquer gentiment, mais surtout de me révolter sur le fond même de ce papier (pas terrible). J’ai connu Libé plus militant et affirmé sur le mariage gay justement.

  • Matooyage
Bah oui hein. :-)

Publié le Mercredi 28 Décembre 2011 - 16:33
Catégorie: Matooyage

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  • Matooyage
Krampouez a blij din

Publié le Vendredi 4 Novembre 2011 - 1:30
Catégorie: Matooyage

Tout a commencé à l’été 1975, mes parents étaient allés en vacances trois semaines en Bretagne. Trois semaines en camping comme tous les ans, et dans le Finistère pour la première fois. Aheum… trois semaines de flotte !!! Dégoûté à mort de la région, ils avaient fait le vœu solennel de ne plus remettre les pieds en Bretagne, et comme vraiment il n’y avait pas grand chose à faire dans un camping sous la flotte, ils ont fait des trucs dont la conclusion, neuf mois plus tard, fait que vous lisez ces lignes. Hé hé hé, oui j’ai été conçu dans le Finistère ! Ça compte non ?

A 6 ans, ma seconde colonie de vacances d’été c’était à Saint-Lunaire dans le nord de la Bretagne, pas loin de Saint-Malo. Je me suis souvenu de tout cela en un éclair un jour, alors que M. m’emmenait à Saint-Briac pour la première fois. M. c’est celui que vous avez connu au début de ce blog et jusqu’en 2004, un breton du 92 comme beaucoup de bretons. Enfin c’est beaucoup plus pernicieux puisqu’il ose même être mi-breton mi-anglais. Et A., mon chérichou de l’amour de la vie à moi depuis quatre ans, autre être hybride, mi-breton mi-réunionnais, est un breton du 78, comme (encore) beaucoup de bretons. Hu hu hu. Bretagne nord pour M. avec cette ville de Saint-Briac dont j’ai beaucoup parlé dans le blog, et le sud pour A. avec la fameuse ville de Clohars-Carnoët.

(On me dit souvent que j’ai un truc avec les bretons par rapport à ces deux hidalgos, mais force est de constater que j’ai frayé avec quelques mâles depuis une quinzaine d’années, et qu’il n’y en a pas plus que ça… Huhu.)

J’écris ce post et je me dis que ça me rappelle un truc… Je cherche un peu et patatras ! Tu m’étonnes, j’ai écrit la même chose y’a deux ans !!! Merde c’est pas possible de radoter comme ça. Hé hé hé. Bon je continue et en essayant d’innover. Arfff.

J’ai eu un vrai choc donc quand M. m’a emmené à Saint-Lunaire, et surtout sur la grande plage devant ce Grand Hôtel de la fin du 19ème siècle. C’est en m’accoudant à la rambarde en ferronnerie qui longe la promenade que ça a fait tilt, que le nom de Saint-Lunaire m’est revenu en mémoire, et surtout le souvenir diffus mais bien prégnant de regarder, comme un gosse de 6 ans, non pas au dessus de la barrière mais à travers. J’avais le souvenir des vagues immenses à marée haute et d’un sentiment mêlé de peur et fascination devant un tel déchaînement. Je ne sais pas si j’ai fabulé et si je me suis fabriqué ce souvenir visuel, mais ça m’est revenu avec une telle force, que je pense que cette gamme impressionniste de sensations au moins venait de loin.

Dans mon idée, le nord de la Bretagne est plus froid mais aussi plus sauvage et avec une côte qui n’arrête pas de se découper en anses et en petites plages à l’océan cristallin et incroyablement vert (d’où le nom mérité de côte d’émeraude). Avec Saint-Briac et les villages du coin, j’ai aussi une image assez bourge de ce coin (qui correspondait aussi plus à M. huhu), avec de superbes maisons en granit et des villas centenaires qui s’accrochent à d’époustouflantes vues. On y trouve aussi un souffle historique du siècle passé qui ne s’est pas démenti pour Saint-Briac et ma découverte du mystère Victoria Melita.

Le sud me paraît donc un rien plus chaud et avec moins de bord de mer rocheux et d’anses idylliques, on y trouve plus de plages classiques, et donc ça me paraissait au premier abord un peu moins joli, moins bourge aussi et avec des constructions parfois sans charme aucun, ou pires qui enlaidissent certains panoramas. Aujourd’hui j’ai nuancé cette vision brute de décoffrage parce que ce Finistère sud offre aussi ces incroyables rias ou abers qui donnent des rivières larges comme dix fois la Seine et qui proposent leurs lots de vues enchanteresses. La forêt aussi et en particulier celle de Carnoët avec la Laïta (la ria du coin) qui la traverse, avec ses châtaigniers, chênes et séquoias majestueux. Je suis aussi amoureux des couchers de soleil breton qui sont à chaque fois plus beaux et impressionnants. Les sentiers côtiers sont l’occasion de promenade dans tous ces différents reliefs, parfois rocheux puis accédant à une plage, une lande, des dunes, des étangs avec une faune protégée etc. Et puis tous ces ports sur l’océan avec une vie maritime encore vivace et authentique ajoutent à leur charme. Bref, j’ai trouvé dans ce coin un mélange des genres qui me plait énormément, et dont les défauts rendent le tout terriblement attachants et sincères.

Il faut dire que je suis marié à un fanatique de son coin, et qu’il est un bon ambassadeur de la région… Hé hé hé. D’ailleurs, c’est un trait commun à A. et M., tous les deux n’hésitent pas à faire cent bornes en voiture pour faire visiter une pointe ou un lieu connu. Et comme de bons bretons, ils guettent la fin de la pluie, et hop on sort faire une balade. Cela m’a encore épaté ce week-end, où dimanche après-midi, alors que le ciel était gris et l’atmosphère bien humide, les routes étaient blindées, les plages et espaces de jeux pour les enfants pullulaient de monde…

L’autre chose importante pour eux et que je comprends carrément c’est la maison de famille. M. ou A. ont ces endroits qu’ils connaissent depuis toujours, ce sont des grandes maisons où l’on peut inviter des amis, faire un feu de cheminée, et bien cosy où l’on se sent rapidement chez soi et l’à aise. C’est un peu le lieu pour se ressourcer, retrouver son équilibre, et y amonceler, séjours après séjours, de bons souvenirs. Ils y ont passé une kyrielle d’étés avec leurs parents, et même si on pourrait penser à une quelconque lassitude, il n’en est rien ! A présent que je comprends l’importance et le charme de la maison de A., j’en mesure plus le rôle dans sa vie, et j’en apprécie grandement les vertus. Je me dis aussi que j’avais la chance d’aller à un endroit différent tous les ans avec mes parents, mais qu’un tel havre de paix et un repaire familial aussi ancré aurait été une sacrée chance, et d’un point de vue pratique, et en repère.

Quelques photos du week-end qui illustrent encore mieux ce que j’ai voulu exprimer…

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The Evil Mummy Returns (on my answering machine)

Publié le Lundi 3 Octobre 2011 - 18:09
Catégorie: Ecoutage, Matage, Matooyage

Ma môman est la plus adorable des mômans, mais depuis toujours elle me laisse des messages sur mes répondeurs qui me font halluciner. Elle a le don pour paraître déprimée ou très en colère, mais jamais normale ou telle que je la connais quoi. A chaque fois, j’écoute le message et je m’inquiète en rappelant rapidement parce qu’elle a l’air d’être au 36ème dessous ou parce que je sens que je vais me faire appeler Arthur pour une raison inconnue. Et j’ai toujours la même surprise de constater qu’elle va très bien, toute guillerette comme à son habitude, et que c’est juste qu’elle ne sait pas parler à un répondeur !!

Je ne lui jette pas la pierre, car je dois aussi régulièrement laisser des messages ambigus ou maladroits, surtout quand on est persuadé qu’on va tomber sur la personne, et qu’on est alors pris au dépourvu. Mais presque tout le temps, elle commence ses messages par “je ne comprends pas, tu ne réponds pas”, “Je pensais que j’allais tomber sur toi…”, “j’ai appelé sur le fixe et tu n’es pas chez toi” etc. Ce à quoi j’écoute le message en me disant, mais pourquoi est-ce qu’elle me dit des choses pareilles !!? Hu hu hu.

Vendredi soir, je rentre du boulot, j’arrive devant ma boite-aux-lettres dans le hall de mon immeuble et je reçois un coup de fil de môman. Je réponds et lui explique que je suis à deux minutes de ma porte d’entrée, du coup elle me dit qu’elle me rappelle dans 5 minutes sur le fixe. “Ok à tout de suite, bisous !”.

Je rentre chez moi, et souvent ma mère ne rappelle que 20 minutes plus tard, histoire de me laisser du temps. Donc je m’installe et réflexe pavlovien s’il en est : j’allume mon ordi. Comme souvent en ce moment, il faut relancer la Freebox pour récupérer le Wifi, donc je m’exécute. Et c’est certainement au même moment que ma chère môman décide de m’appeler, puisque je découvre quelques minutes plus tard son gentil message sur ma télévision.

Ah ah ah. Donc voilà super mauvaise comme toujours !! Et je l’ai rappelée, et comme d’hab, elle était toute souriante et charmante, contente que je la rappelle, et comprenant en quelques secondes ma mésaventure de Freebox. Quand je lui en parle, elle m’assure que je me fais des idées, et que nan pas du tout, elle n’est pas mauvaise. Hé hé hé.

Cela me rappelle un autre genre de message de répondeur, ceux que l’hilarante Margaret Cho reçoit de sa très coréenne maman. Ce sketch est à mourir de rire, et il explique la raison pour laquelle on se demande parfois avec mes amis “Are you gaaaaay??? You can tell mummy, you can tell mummy!!!”. Margaret Cho vient juste d’expliquer qu’elle a eu sa période “lesbienne”, et que sa mère en a conservé une certaine “inquiétude”, et elle lui laisse parfois de drôle de messages de répondeur (pas en HTML5 parce que je me suis même fendu de sous-titres pour les anglophobes).

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It gets better mais plus pour Jamey

Publié le Lundi 26 Septembre 2011 - 22:49
Catégorie: Linkage, Matooyage

Tout a commencé par ce touite la semaine dernière qui m’a intrigué.

@debrouckere un ado de 14 ans

Et en cherchant un peu, j’ai trouvé un article qui racontait cette histoire terrible.

It gets better mais pas pour lui. :'( - Did bullying push teen to suicide? http://t.co/pYMe8Wj4

J’ai été bouleversé parce que Jamey Rodemeyer s’est suicidé à l’âge de 14 ans, et sans doute parce qu’il était gay et qu’il subissait d’insupportables brimades à l’école. C’est encore renforcé par le fait qu’il avait lui-même eu le courage extraordinaire de réaliser une vidéo “it gets better” pour évoquer son cas et tenter de redonner courage à d’autres ados comme lui. Quelques mois plus tard, il a finalement renoncé et s’est tué. Avoir la possibilité de voir cette vidéo et de contempler ce bout de petit mec qui admet ses souffrances et les combat de plus belle, qui dans l’adversité fait cela pour potentiellement aider d’autres gens qui pourraient en avoir besoin, change encore la donne. On le voit, on l’écoute, on est témoin, et il est encore plus choquant et troublant de constater qu’un tel drame puisse encore arriver de nos jours.

Son dernier touite évoquait son suicide et un remerciement à Lady Gaga pour tout ce qu’elle avait pu lui apporter. Ce n’est pas anodin, et la vidéo de Jamey est assez éloquente quant à l’importance que la chanteuse a eu dans son émancipation et le fait que it was getting better. Je suis un grand supporter de Lady Gaga pour cela, pour son soutien inconditionnel pour les pédés et son leitmotiv de “little monsters”. La chanteuse a d’ailleurs fait un hommage à Jamey lors d’un récent concert.

Les parents de Jamey ont aussi témoigné chez Anderson Cooper sur CNN. On peut lire leur douleur et leur tristesse évidemment, et ils expliquent qu’ils étaient au courant des problèmes que leur fils rencontrait à l’école, et il qu’il voyait même un conseiller pour cela. C’est plus tard que j’ai réfléchis à cette étrange manière de raconter les choses… C’est Jamey qui avait des problèmes à l’école, et c’est lui qui devait encore voir un professionnel pour se faire aider. Cela paraît dingue non ? Ce garçon n’avait pas de problèmes, mais les gens qui l’insultaient à longueur de journée oui ! Les parents évoquaient aussi les soucis de leur fils sur les réseaux sociaux en incriminant plus le web qu’autre chose. Encore une fois, ce n’était ni un problème d’internet ou de ce jeune garçon, mais bien de gros cons qui ont sévit et ont aujourd’hui son sang sur les mains.

Je voulais reparler du mouvement It gets better, et de la manière dont j’avais vécu gamin ces années de brimades et ces envies de disparaître, et en cherchant un brin, j’ai trouvé déjà pas mal de moments où j’avais évoqué plus ou moins clairement cela. J’ai surtout été étonné de constater comme ce champs lexical du “it gets better” était déjà tellement dans de vieux articles. Cela fait un an que j’ai découvert ces vidéos, et lorsque j’en ai parlé pour la première fois, j’ai aussi évoqué mes propres démons, et leur lent exorcisme. En 2006, je suis plus précis, et j’ai toujours cette approche ambivalente qui consiste à trouver cette période à la fois très dure et en même temps un parcours initiatique enrichissant… si on en réchappe.

J’ai pardonné à mon frère quand j’ai compris que ses brimades étaient aussi des choses qui avaient concourues à faire celui que j’étais aujourd’hui, et que finalement celui-ci me plaisait bien. De même pour mon éducation, l’homophobie à l’école ou pour tous les défauts qu’on trouve toujours aux autres, notre vie dépend d’abord de notre propre arbitre, et nous sommes en fin de compte maîtres de nos décisions et actes. C’est aussi en ayant vécu des années noires et mornes, que j’ai saisi avec encore plus de bonheur et d’acuité la libération de ce fardeau. Bref, il faut souffrir pour être heureux, ou du moins, il faut avoir souffert pour comprendre ce qu’être heureux peut signifier.

Le problème c’est que sur le chemin de la vie, des personnes ne résistent pas à ces épreuves, et en gardent des séquelles handicapantes, voire abandonnent en route. Des jeunes gens se suicident, encore aujourd’hui, parce qu’ils sont gays, et d’autres ne résistent pas à l’éducation qu’ils reçoivent. Je me souviens bien, et mes carnets en sont noircis, de la détresse de l’adolescence et de ce manque d’espoir en son avenir, de la douloureuse incertitude quant à la possibilité de sortir un jour la tête hors de l’eau. Mais ceux qui n’ont « rien » traversé sont parfois les personnes qui ont le plus de mal à profiter de leur bonheur. Evidemment je ne dis pas que la condition pour être heureux est d’avoir été élevé par les Thénardier, et de s’appeler Cosette ou Fantine. Chacun vit ses épreuves, et celles-ci sont ressenties parfois aussi douloureuses même si très différentes. L’exemple du film « The secret life of words » est bien probant sur le sujet, et il devient vite malsain et déplacé de faire des comparaisons de « j’ai souffert dans ma vie ».

J’ai souvent constaté que les personnes qui avaient eu des difficultés étaient les plus armées pour s’en sortir dans la vie, mais aussi celles qui finalement en profitaient le plus (entre deux névroses).

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Cela fait des années que je suis agacé par les nouvelles générations de pédé qui nient l’importance du militantisme, ignorent même l’origine de leur émancipation, et commencent à instaurer une nouvelle ségrégation dans la communauté gay. Je le serine toujours et encore mais la follophobie ambiante me rend hors de moi, et en 2005 je profitai d’un article sur la Gay Pride pour bien expliquer ce que je vivais, et sans ambage les petites hontes qui me rongent (toujours). J’ai été comme Jamey au même âge, certainement aussi efféminé et autant sans ami mais avec beaucoup d’amies (c’est d’ailleurs pourquoi j’aime encore aujourd’hui tant les femmes, elles ne m’ont jamais lâché), mais j’ai survécu. Et même comme cela, ce n’est pas aujourd’hui une sinécure, même si “tout va bien“, “ça va s’arranger” et “tout va aller de mieux en mieux“, ce qui suit est encore parfaitement actuel.

Alors je voudrais simplement dire qu’aujourd’hui, on me traite encore de pédé dans la rue (et sans mon ticheurte d’hier). Simplement parce que je n’arrive pas à le cacher, mais oui c’est écrit sur ma tronche et dans mes gestes, et dans mes intonations, je suis pédé. Et vous voyez ce que j’ose dire moi-même ? « je n’arrive pas à le cacher ». Oh putain, je l’avoue en plus. J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. Avec mon copain, on ne se donne pas la main dans la rue, même si on en a envie, non, non. C’est trop dangereux selon les quartiers. Il n’y a que dans le ghetto qu’on peut le faire, où l’on est relativement à l’abri des quolibets selon les jours. On ne s’embrasse pas non plus, on ne s’enlace pas non plus. Bah non, trop dangereux. On se ferait frapper par des racailles, insulter, voire vilipender par d’autres si on faisait cela devant des enfants. Bah oui, les pauvres, ça pourrait les choquer les enfants de voir deux hommes se manifester de l’affection. Un enfant, ça le perturberait carrément de voir deux hommes se faire un bisou, ouh là là, ça fouttrait en l’air tous ses fragiles repères de normalité. Faudrait pas qu’il devienne pédé le poupin !! D’ailleurs, les pédés ont du trop voir d’hommes s’emballer quand ils étaient petits.

Et puis pour la majorité des homos en France, c’est le placard. La famille ne supporterait pas. La honte, le déshonneur, la violence même ! Certains ont légitimement peur des réactions homophobes de leurs parents, de leurs proches, de leurs amis. Mes parents sont des gens très ouverts et adorables. Oh oui. Ma mère ne dit pas que je suis pédé, elle a encore honte de moi je pense. Honte de ce que les gens penseraient d’elle, et de l’éducation qu’elle m’a donnée certainement. Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain.

Il ne m’arrive pas une semaine sans avoir peur, sans ressentir la peur d’être découvert et de savoir que si tel est le cas, je risquerais alors ma peau. Littéralement, concrètement, tangiblement.

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Plus loin encore en 2004, je me souviens de ces connards de l’école, de cet univers impitoyable (Dallaaaaas !), et non seulement les choses s’arrangent, mais elles finissent aussi souvent par s’inverser. J’écoute encore aujourd’hui des amis qui témoignent de leur propre attitude de bourreau sans s’en émouvoir plus que cela, ou encore avec cette facilité à expliquer que l’autre avait un problème avec tous les types du coin. Ma famille et mes amis ont carrément oublié, il faut dire qu’à l’époque on se mettait déjà tous la tête dans le sable, c’est plus simple. C’est certainement un truc comme cela qui serait arrivé aussi à Jamey.

Je me souviens bien de ces figures d’antan, ces leaders branchés de l’époque, jeunes mignonnettes ou hobereaux, véritables starlettes des cours de récréation qui régnaient sur leur « cour » avec sévérité et sérieux. Et puis toute cette organisation féodale dotée de toute l’injustice d’un système absolutiste où le bon vouloir du monarque pouvait faire et défaire les privilèges. Mais parfois, on voyait des lignées se défaire, et des dynasties se succéder à partir d’un conquérant plus malin, plus habile ou simplement plus beau que ses prédécesseurs. Alors nous assistions à la grandeur et la chute de ces « grands » qui redevenaient « petits » en quelques jours, et qui souvent étaient mis à l’index. Enfin parfois, j’ai vu des retournements politiques qui pouvaient aussi mener à la sécession ou au schisme pur et simple.

Et je regardais tout cela de mon perchoir, en hallucinant sur ces gens qui n’étaient que le jeu des forces du destin (j’ai écrit ces théories sur une vingtaine de copies doubles, il faut absolument que je scanne ça). Evidemment, ce jugement hautain était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’extraire de ce milieu que je n’aurais jamais pu pénétrer. Je n’étais pas beau, et surtout on m’insultait depuis toujours : pédé ! Ah, souffrance de l’enfance de l’homo si classique. Tellement, que lorsque je raconte cela les gens ne s’en émeuvent même pas. « Ah oui, c’est vrai, je me souviens j’avais aussi dans ma classe, un mec qu’on arrêtait pas de traiter de pédé ! » Il faut raconter ce que j’avais alors dans la tête et le coeur pour que les gens comprennent ce que ça faisait vraiment.

Mais bon, aujourd’hui certes, ça va mieux ! Et je considère que ces épreuves ont aussi permis un certain développement de ma personnalité et de mon caractère, développement que je ne renie pas du tout. Alors que ces anciens leaders sont parfois de pauvres mecs et nanas qui ne comprennent rien à la vie, qui ont échoué dans leurs études car ils n’en avaient pas « besoin », qui sont des beaufs sans intérêt. Et certaines personnes sont simplement sorties de leurs chrysalides.

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Matthew Shepard aussi est mort d’homophobie, alors âgé de dix ans de plus que Jamey, et moi j’en ai encore dix de plus aujourd’hui. L’histoire de Matthew m’avait d’autant plus touché que nous sommes de la même année (il aurait aussi 35 ans cette année), et que c’était une époque moins évidente (1998) pour les homos.

Jamey prouve que le combat n’est pas terminé, même s’il faut en effet marteler et répéter que ça s’arrange, ça va vraiment mieux, ça ira résolument mieux.

  • Matooyage
11 septembre 2001 – 11 septembre 2011

Publié le Dimanche 11 Septembre 2011 - 20:18
Catégorie: Matooyage

J’ai fait une chouette soirée cette semaine avec d’anciens collègues, qui sont devenus des amis et que je rencontre régulièrement au resto ou chez les uns et les autres. Cette semaine a été largement médiatiquement occupée par cette commémoration des dix ans de l’attentat terroriste contre le World Trade Center à New York, et quand nous nous sommes vus nous avons forcément évoqué cela. Je me rappelle parfaitement l’évènement, nous étions à Suresnes dans ce grand bureau très sombre du rez de chaussée avec Naïri et Grégory. C’est Greg qui nous avait interpellé pour nous expliquer qu’un avion s’était écrasé sur un gratte-ciel new-yorkais. On ne l’avait pas écouté tant cela paraissait surréaliste, mais il s’était énervé, et nous avions bien dû nous rendre à l’évidence. Les sites internet étaient saturés ou carrément tombés, et je me rappelle avoir lu la news finalement sur le site web de Boursorama.

Petit à petit, la journée s’était déroulée dans une sorte de torpeur. Tout le monde était paralysé par le choc, et des kyrielles de questions venaient en filigrane : est-ce l’annonce d’une prochaine guerre mondiale, va-t-on aussi voir des avions se crasher ici, que faire ? Et les évènements qui étaient racontés avec plus de précisions au fur et à mesure, exposaient toute la crudité et la cruauté d’un tel fait médiatique. Les gens qui avaient sauté de l’immeuble, les gens dans l’avion qui avaient vu ce qui arrivait, les pompiers qui étaient morts dans l’écroulement des tours… Et il était d’autant plus facile pour nous de s’identifier qu’il s’agissait d’un attentat contre “l’occident”, quelque chose de spectaculaire et massivement meurtrier, une marque décisive dans notre petit bout d’histoire contemporaine.

Il y a quelques années nous nous demandions avec quelques amis quelle pouvait être la date clef du 20ème siècle, et j’avais en tête la chute du mur de Berlin, qui est certainement l’évènement que j’ai vécu assez mature (j’avais 13 ans) pour avoir compris l’ampleur de ce qui était en train de se passer (alors que la Guerre Froide était aussi une notion qui m’angoissait pas mal). Par militantisme, je disais aussi Stonewall en 1969, mais ça c’est parce que c’est moi. Hé hé. On s’accorde encore largement aujourd’hui pour faire démarrer le 21ème siècle par ce 11 septembre 2001. Il y a en effet eu un avant et un après, et dans tellement de domaines…

Rapidement, on a vu les antagonismes classiques reprendre le dessus, les amerloques qui s’en sont allés dans une guerre totalement infondée contre l’Irak, et la France dont le discours de Villepin du 14 février 2003 est largement resté dans les mémoires comme un des grands moments de notre pays (dont je suis vraiment fier, malgré la droititude affirmée de son locuteur). En même temps que l’on apprenait, comme une cruelle ironie du sort, que Ben Laden avait été formé par la CIA dans les années 80, que les théories du complot disaient tout et n’importe quoi, que les américains bashaient du français pacifiste, que la crise économique s’envenimait, il y avait cette tension politique internationale terrible avec des plans vigipirates en local et de vraies peurs de conflits généralisés.

10 ans plus tard, l’Irak a été mis à feu et à sang, avec seul point positif la fin d’une dictature, mais pour quel avenir… Et une lutte contre le terrorisme qui a stigmatisé des religions, qui a encore tendu des relations entre communautés déjà fragiles. Ben Laden a finalement été exécuté, dans les conditions les plus louches, et avec une dimension politique qui me font raisonnablement douter de tous les discours que j’ai pu entendre à ce sujet.

Il n’en reste pas moins que ces avions sont bien tombés il y a dix ans sur ces immeubles, que des milliers d’innocents sont morts dans d’effroyables conditions, et que le monde ne s’en est toujours pas remis.

  • Ecoutage
  • Matooyage
Les 48 heures du Mans

Publié le Dimanche 4 Septembre 2011 - 19:01
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

Nous étions venus la première fois voilà quelques années au Mans pour rendre visite à nos amis coxxiens* qui y avaient emménagé. J’avais découvert avec un certain émerveillement le centre-ville historique du Mans avec une superbe cathédrale, et surtout une incroyable muraille romaine d’un étonnant état de conservation (IIIème siècle). On était repassé en coup de vent lors de leur mariage dans la région, mais depuis j’avais super envie de revoir la ville et son spectacle nocturne estival : La nuit des chimères. Cela consiste à illuminer la cathédrale et les murailles avec des images animées et de la musique, et j’avais trouvé l’idée et le résultat vraiment bluffant.

C’est drôle car j’ai fait presque les mêmes photos cette fois-ci que quatre ans auparavant, il y a la muraille avec ses impressionnants décors en mosaïques de briques de couleurs différentes, la superbe cathédrale Saint Julien et son immense (et si aérien) chevet, le menhir collé à l’édifice religieux (comme autant de réminiscences des anciens cultes celtes), les maisons attenantes etc. J’ai une grande fascination pour les cathédrales, et c’est amusant comme elles sont parfois magnifiées par des vues sur leurs façades ou au contraire sur leur chevet. Notre Dame de Paris est à mon avis une des uniques cathédrales dont les vues du chevet ou du frontispice sont autant connues, photographiées et distribuées. Saint Julien se démarque complètement par la vue panoramique d’un chevet mis en valeur par une kyrielle d’arc-boutants gothiques de chez gothiques, d’autant plus qu’elle trône ainsi sur une butte dominant toute la région mancelle. On reconnaît aussi dans quelques murs anciens l’utilisation sans scrupule des briques romaines…

Le soir, nous sommes donc sortis pour admirer les projections sur les monuments. Et le grand changement par rapport à la dernière fois c’était que le chevet était aussi illuminé en plus des autres endroits que nous avions pu voir (la muraille et l’un des portails de la cathédrale avec un petit numéro marrant mettant en scène les anges musiciens peints sur les plafonds). Autant nous avions été épatés par le spectacle de la dernière fois, autant ils ont vraiment mis la barre haute avec cette nouvelle “attraction”. En effet on a droit à un moment de pure féerie avec le monument entier qui semble bouger et s’habiller d’une tenture mouvante qui raconte des histoires, souligne l’architecture gothique ou livre des visions oniriques inspirées (parfois un peu flippantes dans le genre “bienvenue au purgatoire”). L’ensemble, avec musique et transition artistique (dont une vue brouillée qui semble effacer littéralement la cathédrale), est fort réussi et impressionne par sa taille et sa beauté.

J’étais vraiment heureux de revoir aussi le numéro avec les anges musiciens sur le porche de la cathédrale. Ces anges, ils sont 47, sont peints sur les plafonds de la chapelle mariale de la cathédrale. Et on les voit là animés et jouant de leurs instruments, dont le plus énigmatique qui est équipé d’un échiquier musical dont c’est là l’unique représentation (l’instrument ne nous étant pas du tout parvenu autrement).

Ange à l'échiquier musical de la cathédrale Saint Julien du Mans

Enfin, les projections fantasmagoriques sur la muraille romaine qui sont aussi bien réussies.

On notera le bel hommage à Mylène Farmer, merci Le Mans. Huhuhu.

Nuit des Chimères - Muraille romaine du IIIème siècle du Mans

En plus de tout cela, dans la journée, nous avons visité Solesmes sur les bord de la Sarthe, connue pour son abbaye bénédictine et ses chants grégoriens.

Mais mon chéri a fait un très joli résumé de tout cela en chanson !!!!!!!!!


Colin Ducasse (Songify)

  • Matooyage
La Fille Aux Craies

Publié le Mercredi 24 Août 2011 - 0:21
Catégorie: Matooyage

Dire que la première fois que je l’ai virtuellement croisée, je me suis dit “Ooooh c’est cool la Fille aux gants est revenue avec un autre pseudo, mais hey on me la fait pas, je l’ai reconnu !!!”. Ensuite, j’ai vu sa blogroll et j’ai pensé que ça pouvait être un bon petit pédé parisien qui s’amusait à écrire sous la plume d’une fille pour le fun (bah oui elle suit que des pédés !!!). Ouai je suis un petit malin moi !! Et ne parlons pas du nombre de fois où je l’ai confondue avec La Fille là-bas . (Bon ok encore, rien à voir !!) Huhuhu. (Merde j’aurais dû le lui dire, je suis certain qu’elle aurait aimé !!)

Bon, je me suis tout de même (à chaque fois) rapidement rendu à l’évidence, la Fille aux Craies n’était rien de tout cela, et j’en parle brièvement ce soir parce qu’elle s’est éteinte il y a deux jours alors qu’elle devait être sauvée par une greffe. Je ne la connaissais pas bien à part les quelques échanges sur twitter, alors qu’elle commentait ici (héhé) de temps en temps, ou que je la citais opportunément il y a quelques semaines dans mes citatouites, mais son twitter n’étant plus, ses phrases sont sont envolées avec.

Genre c'est magique. Tu vois un gros crucifix et tu deviens catho intégriste. (Genre tu vois un rainbow flag et tu deviens gay ???)

Je ne la connaissais pas intimement du tout, et je suis bien incapable de lui rendre un hommage, mais c’était quelqu’un de ma blogosphère depuis quelques années, et ce n’est pas anodin de perdre quelqu’un de cette manière. J’avais bien compris qu’il se tramait quelque chose, et j’ai souri à la vue de ces licornes roses qui ont fleuri sur les avatars de mes keupins et keupines de twitter. J’attendais patiemment son retour, et j’ai lu cet article d’Alexandre. Comme un con, j’ai pensé que tout allait bien et que c’était un article qui se voulait un beau témoignage qui ferait bien plaisir à la demoiselle quand elle le lirait. Et puis, j’ai compris que j’avais vraiment été un gros naze. Pfff. J’ai suivi les lapins blancs, et c’est chez Céline que j’ai trouvé les (funestes) explications.

Putain de merde de sa mère sa race de mes couilles !!!! :’(

  • Matooyage
Festy Gay de Gourin ou la Gay Pride made in Starman

Publié le Jeudi 11 Août 2011 - 1:25
Catégorie: Matooyage

J’ai déjà pas mal parlé du Starman, cette boite gay dans une petite ville du centre de la Bretagne, une bourgade de 4000 habitants du nom de Gourin. La boite est libertine la semaine et gay le week-end avec une petite backroom (salon/alcôve privatif la semaine…) toute mignonne et tout (siiiii madame ça peut être MIGNON une backroom). Nous avions donc appris qu’il s’était tenu à plusieurs reprises une Gay Pride locale organisée par cette boite de nuit sous le nom de Festy Gay. Je n’avais pas cru mes yeux surtout quand j’avais lu que 5000 personnes se rassemblaient pour une marche aussi locale et… rurale !! Donc il fallait que j’enquête !!

Oh là là, ce que c’était cooooooool !! J’ai adoré ce moment de dingue et de pure jubilation. C’est vraiment une marche des Tordu(e)s sur le coup, bien Queer et déjantée, avec des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence qui se demandaient parfois ce qu’elles faisaient entre ces deux tracteurs, prises en photo par de paisibles autochtones plus qu’interloqués. Nous avons tout d’abord retrouvé Pierre-Yves et Amanda alors que les préparatifs étaient en plein boom, et qu’on marchait entre les gouttes de pluie. Et là petite peur tout de même : on ne voyait pas grand monde dans les rues…

Mais miracle !!! Un grand soleil pour le début de la marche, et une foule compacte qui se rassemble le long du défilé, qui n’est pas très long mais qui marque croyez-moi !!! Et là un gros dilemme se présente, en effet, la marche paraît rassembler les quelques chars où les protagonistes sont tous déguisés ou extravagants, et on aperçoit pas mal de pédés sur les côtés… un peu comme à Londres où la marche n’est pas publique mais uniquement militante. Mouai… Bon mais tant pis, on a marché nous aussi !!! We’re here, we’re queer, get used to it!!

Voilà un peu pour l’idée… Madame de Fontenay qui faisait tout le temps la “folle”, une voiture militaire impressionnante et tutti quanti !!

Festy Gay de Gourin

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence toujours aussi chattes…

Festy Gay de Gourin

Deux beaux militaires parmi d’autres :

Festy Gay de Gourin
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