20 ans et des poussières

A l’approche galopante et inexorable de mes quarante balais, j’ai compulsé dernièrement les journaux intimes d’il y a une vingtaine d’années (en réalité j’ai commencé à écrire en 1991 à quinze ans). Ce n’était bien évidemment qu’un blog sur papier d’un vingtenaire balbutiant et totalement débutant dans la vie… Je relisais ceux de 1994 à 1998 (de 18 à 22 ans), ces quelques années de découverte de Paris et de ses plaisirs, et surtout témoins d’une belle émancipation et des premiers émois homos. A partir de 1998, je saute le pas en m’installant carrément à Paris, mais avant c’était des allers-retours entre mon Val d’Oise natal et des squats divers et variés la plupart du temps dans le 11ème arrondissement (déjà !!).

Ces journaux sont des élucubrations navrantes et tordantes à la fois, je pense que j’en partagerai quelques pages pour me donner un peu d’humilité. Arf arf. Il s’agissait également d’un récit circonstancié assez rébarbatif de mes soirées et rencontres de cette époque. Et l’époque a été plus que riche en télescopages inopinés alors que je me plongeais dans le Gay Paris Maraisien et me faisais des accointances de ses remarquables autochtones. Ma super pote de l’époque, Caroline, une lesbienne haute en couleur et qui était copine avec tous les pédés de la place de Paris me les présentait un par un dans le secret espoir de me déniaiser (elle allait y arriver, alléluia !).

C’est ainsi que le samedi 1er Juillet 1995, j’ai passé une partie de la nuit au Privilège (Eh oui le Palace était encore ouvert à cette époque lointaine – mais déjà finissante avec les Guetta). Le Priv’ était une boite lesbienne sous le Palace, avec surtout un after très fréquenté au petit matin : le KitKat). Caro me présenta un certain Franck aka Madonna qui avait senti le minot banlieusard paumé et s’était repu de moi en une bouchée. Ah ah, je me souviens exactement de cette rencontre, et d’avoir été terrorisé par son attitude et ses manières (pauvre petite sainte nitouche que j’étais, il faut dire, hu hu hu).

franck_madonna

Il compensait une sacrée timidité par un personnage exubérant et totalement décomplexé. Il dansait terriblement bien, et était un pilier des soirées de l’époque. Cette première fois ne m’avait pas convaincu, mais je conclus mon journal en disant que je veux absolument le revoir. Et on s’est revu, assez rapidement d’ailleurs, et j’ai compris année après année qui il était. On n’a jamais été proches, mais on s’est toujours salué d’un sourire et d’un clin d’oeil au fond d’un bar, d’une ruelle du Marais ou d’une piste de danse. Depuis une vingtaine d’années donc, il fait partie de ces connaissances en filigrane, de ces repères de cette période parisienne qui se poursuit aujourd’hui encore. Souvent lorsque je traîne dans le centre de Paris ou lors de rares fois quand je pose mes guêtres en bôate de nuit, je croise une personne qui me rappelle ces années, ces amis, ces bons moments (ou moins bons !).

N’y voyez pas un apitoiement nostalgique, je vis ces années-ci des choses très chouettes et pour rien au monde je souhaite revenir en arrière. J’ai très bien vécu comme il le fallait ces moments-là. Et lorsque je lis ces pages couvertes de mon écritures de gamine qui fait des coeurs sur ses i, je rigole et je rigole. Surtout lorsque je réalise que les jeunes gens de 19 ans que je rencontre inopinément sur touiteur ont passé leur adolescence sur xtube, et en sont à se tâter pour la double ou un bon plan uro. Mouahahahahahah. Là évidemment, on se rend bien compte des vertus des Internets dans le déniaisement global de la population. Ah que voulez-vous tout est question de curseur et d’alchimie. Hé hé hé.

L’année 1996 fut une année d’une grande richesse pour moi, et je pense que je vais pas mal en reparler.

Si j’ai évoqué là Franck, c’est parce que nous sommes en contact via Facebook, comme avec pas mal de keûpines de ce temps-là, et qu’incidemment je viens d’apprendre la disparition de ce joyeux lurons de mes nuits parisiennes. Du coup j’ai voulu retrouver cette première mention, et après 20 ans et des poussières, je sais que je ne le croiserais plus par hasard. Et ça me rend triste.

L’autoportrait de 2004

selfie_2004

Je suis retombé par hasard sur ce cliché du 28 juin 2004, et la date m’a sauté aux yeux. Arf c’est fou, je me souviens exactement où j’étais (cour carrée du Louvre), ce que je faisais et cette photo selfie d’avant l’heure qui servait déjà à agrémenter un profil de drague quelconque (mais j’en avais choisi une plus sérieuse ^^).

Dire que dix ans plus tard, je me mariais, nan mais jamais jamais jamais j’aurais cru ça. :yahoo:

Reprise des festivités

D’abord bonne année mes loulous. Hu hu hu. Oui je sais c’est le mois de mars, mais vous me connaissez (ou pas), je suis un peu toqué, et j’ai accumulé des tas des brouillons d’articles mais je suis complètement bloqué. Trop de taf, pas assez de temps, des tas d’excuses non valables pour ne pas s’y remettre. Mais bon c’est comme pour tout, on se rouille et c’est un cercle vicieux. Je me sens moins capable d’écrire, et encore plus feignasse qu’avant, les phrases sont moins naturelles c’est tout sauf fluide pour moi. Mais fuck, me revoilà ! Je vais les rattraper ces putains de posts de retard !!!!

Et puis ça fait 6 mois que je suis marié, il faut que j’en parle sinon je vais oublier, or ce truc c’est avant tout une chronique. C’est bien que je m’en souvienne, et je n’ai pas du tout envie de le (ou la) fermer. :)

Nomen gentilicium et cognomina

Un des trucs qui me fascine le plus depuis que je m’intéresse à la généalogie, c’est sans doute le nombre impressionnant de patronymes que cela fait (ré)apparaître. Entre cela et la kyrielle de noms de villes, villages et lieux-dits les plus exotiques ce sont des invitations à la rêverie et aux fantasmes historiographiques microfamiliaux les plus fous. Evidemment je ne me fie que très peu à ces informations, même si j’ai pu vérifier quelques centaines d’actes de naissance, décès ou mariage en ligne (merci la France !!), on se retrouve facilement avec des erreurs (quand on pense que sur mon propre livret de famille le mois dernier mon année de naissance n’était pas la bonne !!), des états civils perdus, ou plus simplement des orphelins, des filles-mères, et toutes sortes de tromperies qui ont fait perdre le fil de l’hérédité.

Malgré tout, de Georges Grandidierné vers 1540 dans les Vosges, ou bien Belchior Alfonso Santos en 1535 à Sao Bartholomeu de Messines en Algarve (sud du Portugal), à aujourd’hui, voilà tous les noms que l’on peut trouver (Algérie en gras, Portugal en italique, France pour le reste).

ADAM AFONSO ALBERTO ALFONSO ALLONGÉ ALVARES ANES ANNOY ANVENDER ARCHEN ARNOULD AUGER BADEL BALAY BALVET BARBAS BARBIER BARIL BAROYER BARRY BASTIEN BAUMÜLLER BELLET BELOUAR ‘BEN SEGHAIER BEN SAYAD’ ‘BÉRARD – CHARTIER’ BERNARD BERTIN BERTRINGER BIONNE BLASIN BLONDEL BOETZ BONNEL BONTEMPS BOUCHER BOULANGER BOULENGEOT BOURGUIGNON BOUTEQUOY BRAUN BRETENAKER BRETON BRIAT BRIDOUX BROCHE BURTIN CABRITA ‘CABRITA NETO’ CAILLE CALAIS CARION CARLO CATHERINE CHAFFIN CHANÉ CHAPELIER CHATTELART CHESEL HIMEZ CHRETIEN CLAUDE CLERC COLLE COLLIGNON COLLIN COLLOT CONUS CORNEMENT CORNY CORTA COURMON COURMONT CREPIEUX CUNICET ‘DA SILVA LEANDRO’ DAMIEN ‘DAS DORES’ ‘DAS DORES SEQUEIRA’ ‘DAS NEVES’ DAVANCE ‘DE ANDRADE’ ‘DE CONCEIÇAO’ ‘de FRETIN’ ‘DE JESUS’ ‘DE JESUS MARIA’ ‘DE OLIVEIRA NARCISO’ ‘DE SEQUEIRA’ DEBACQUES DEBAYE DEBOUT DECOBERT DEFAUCHEUX DEFIVES DEJANTE DELATRAUX DELEPLACE DELEPLANQUE DELOR DELPLACE DENOYERS DESBOEUFS DESJARDINS DESPLANCQUE DESRUELLES ‘DIAS SEQUEIRA’ DIDIER DIDOT DILLENSENGER DIRSON DOMINQUES ‘DOS SANTOS’ DROUIN DUCHENE DUFLOS DUHAUT DUHEM DUMÉNIL DUMONT DUMOULIN DUPONT DUQUESNE DUVAL EPVON ETIENNE FAUCHER FAUQUEMBERGUES FAUST FENARD FERNANDES FERRY FLAMENT FLORENTIN FRANCHOMME FRANÇOIS FREMY FRICHINGER FRION FRIOT FRITSCH GAILLARD GAILLOT GAUDRENOY GEISS GENAY GÉNIN GENNOIS GENOT GÉNY (GÉNI) GEORGE GEORGES GERARDGEORGES GÉRARDIN GERBÉ GILLE GIRONT GODARD GOMES GONÇALVES ‘GONÇALVES PINCHO’ GORMAND GOURDOUX GRANDEMANGE GRANDIDIER ‘GREGORIA DE ALBERTAO’ GROSJEAN GROSSELET GUEFFE GUERARD GUERREIRA GUERREIRO ‘GUERREIRO FERNANDES’ GUERRERO GUILLEREZ GUIOT GUITIENNE GUTH GUYOT HANS HARMANT (HARMAND) HARTENSTEIN HAUFFMAN HAYERT HEEFF HEISCH HENRY HERMAN HERMAND HESSE HIGEL HOUILLON HOURT HUGEUX HUMBERT HUOT HURAULT HUREL HURTEL HUSSON IGNACIA ILLER JACQUART JACQUEMIN JACQUOT JEANDIDIER JEVONNE JOLY JOSSEL JULIEN KIFFER KIRCHE KIRSCH KRISTIENNE KROMPHOLTZ KUNTZ LAMBERT LANGLOIS LANTONNIER LAPPIN LATRAYE LAURENT LEBLANC LECHE LECLERC LEFEBVRE LEMAIRE LEMIRE LENTZ LEONARD LEPETIT LESTAVEL LESTRAYE LETROU LHERINAIN LHOMME LHOTE LHUILLIER LICOUR LOISEAUX LOPES LORENTZ LOUBRY LOUIS LOURENCO LOUYS MADELENE MAHEU MAHIEU MAILLARD MAIRE MALDIDIER MALLARD MALRAISON MANGIN MARCHAL MARCHAND MARIA MAROTE MARREIRA MARSY MARTIN MARTINS ‘MARTINS NETO’ ‘MARTINS RODRIGUES GUERREIRO’ MARY MASSON MATHIEU MATHIS MEIER MELCHIOR MELINE MENDES MESURIE MEYER MICHEL MICHLER MIGUEL MILET MORIAN MORLOT MOSSE MOUCHOTTE MOUROT MULLER MUNIER NETO NOBLE OGER OGIER OLINGER OSWALD OTTIGNON PALTZ PAPEGAY PAQUIN PARANT PARISET PARMENTIER PAULIN PEIFFER PELLETIER PERRIN PERRY PETIT PETOT PFEIFER PICAVET PICHELIN PICOT PIERRAT PIERRE PIERROT PILON PLAY POIROT POUCH POULLMEYER POULMAIRE PROUVOST QUEVA QUIE RAZEL RECULAIRE RECULART RECULER RECULER (LECLER) RÉGALI REMON RÉMY RENARD REVOY RICHARD RIEFFEL RIMBEAU RITTIER ROBERT RODRIGUES ROLLOT ROQUEBUSE ROUGISSART ROUSSELOT ROUYER ROYEZ RUSTAUX SADELER SALEMBIER SAUFFROY SAUVEGET SCHAAD SCHARFF SCHUTZ SENDER SIFFRID SINTEM SION SIVAN STHOCARD STOCARD SUSINGER TANCHEL TEICHE TERESA THIEL THINOT THIRIAT THIRION THIRIOT THOMAS THURIOT TOUSSAINT TREDEL TREHOU VAGNAIR VAGNER VALANS VALENCE VANNAIN (VENNIN) VASSEUR VAZ ‘VAZ DE OLIVEIRA’ VERUNT VESSELOT VICENTE VICHARD VIDART VIDEMAN VIERLING VILLAUME VINCENT VINDEMANN VINDENMANN VIRIOT VOSTRY VUIDARD WAGNER WATTRELOT WENE WILLAUME WILS WOLFF WONNER XIMA ZORN

Pour l’Algérie je n’ai pas d’information sinon celles qui me viennent de mon grand-père donc c’est vraiment très parcellaire. Et j’ai pas mal de doute sur mon propre nom de famille puisqu’on ne le trouve sur aucun des papiers de mon grand-père (huhuhu). Pour le Portugal, il y a bien quelques archives en ligne comme pour la France, mais le souci c’est que les portugais ont à peu près 4 noms de famille et 3 prénoms pour tout le pays, que les noms s’accolent dans n’importe quel sens, les enfants héritent des prénoms de leurs parents qui deviennent leurs noms de famille, bref c’est un énorme bordel !! Donc le taux d’erreur est sans doute bien supérieur à la partie gauloise dont on peu remercier pour cela le zèle des agents d’état civil des temps passés (et les curés !!).

Donc si vous connaissez ces noms là dans vos familles, nous sommes peut-être cousins !! Le plus important c’est de relier bien sûr cela à des lieux. Et voilà les régions les plus représentées de mon arbre généalogique :

  • Alsace, Bas Rhin, France
  • Champagne-Ardenne, Marne, France
  • Franche-Comté, Jura, France
  • Ile-de-France, Hauts de Seine, France
  • Ile-de-France, Paris, France
  • Ile-de-France, Val d’Oise, France
  • Limousin, Corrèze, France
  • Lorraine, Meurthe et Moselle, France
  • Lorraine, Meuse, France
  • Lorraine, Moselle, France
  • Lorraine, Vosges, France
  • Nord-Pas-de-Calais, Nord, France
  • Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, France
  • Normandie, Manche, France
  • Normandie, Seine-Maritime, France
  • Picardie, Aisne, France
  • Picardie, Somme, France
  • Algarve, Faro, Portugal
  • Ouled-Djellal, Willaya de Biskra, Algérie
  • Baden Wurttemberg, Allemagne
  • Sankt Gallen, Saint Gall, Suisse

Le jour où je suis devenu M. Watoo-Ducasse

[Truc posté le 13/03/2015, mais remis à la date originelle ^^]

C’est dingue de se dire que 10 ans de cela, j’expliquais déjà que c’était le mariage ou rien selon moi ! Je n’ai jamais été un fan du PACS (me concernant évidemment) qui était pour moi plus un truc fiscal qu’autre chose. Le mariage était important pour moi parce que c’est le même acte qui a uni mon pôpa et ma môman, et parce que je ne vois pas pourquoi mon couple serait différent du leur. Mais au-delà du concept même, je n’étais pas spécialement un promoteur du mariage en tant que tel. J’aime l’idée du jour spécial et de ce rassemblement parfois hétéroclite de la famille et des amis. J’aime aussi le sacrement républicain (oxymoron…) et sa reconnaissance par la société. Mais l’amour n’a pas forcément à être sanctionné de cette manière, et le mariage sent aussi la naphtaline et des valeurs morales bien merdeuses.

Ce qui a changé ? Ce serait si romanesque de dire que c’est chérichou qui a changé la donne, mais en réalité non. On se dit depuis 8 ans régulièrement qu’on se veut pour mari et mari, mais c’était plus une boutade amoureuse qu’autre chose. Ce qui nous a bouleversé c’est cette période dingue qui a accompagné le vote à l’Assemblée Nationale du Mariage pour Tous. La Manif pour Tous et cette levée de boucliers de tout ce qui sent le souffre en France m’ont fait me sentir terriblement mal. J’ai vraiment été atteint par cette haine, cette manipulation consistant à nier l’homophobie ou à asséner avec une fausse humilité et un respect déguisé les pires horreurs. On a eu droit aux mêmes assertions dégueulasses que lors du PACS, époque qui avait déjà vu les fascistes de tout poil se réveiller, mais en 2013 internet et les réseaux sociaux ont encore agi comme un extraordinaire amplificateur.

La beauté du web a aussi consisté, comme toujours, à nous déprimer profondément des propos de certains, et à nous émerveiller sincèrement d’autres. Je pense que les audiences des retransmissions vidéos de l’Assemblée Nationale n’ont jamais autant crevé les plafonds, et ça a été une période très intense. Sa conclusion heureusement fut très positive, mais quand on compare à la manière dont ça s’est passé dans les pays voisins… Je me remémore la fête pour le mariage gay en Espagne il y a dix ans…

Pour se réconforter, il reste ce formidable florilège de Christiane Taubira, qui a gagné ses galons de Grand Commandeur de la Présidence des Pédés (c’est moi qui donne les décorations, arf). Si nous devons avoir de la reconnaissance pour une personne c’est bien elle. Et c’est fou mais sans elle, je pense que la loi était sérieusement en péril.

Résultat, après avoir manifesté, avoir subi l’opprobre de la Manif pour Tous et ses sbires, avoir entendu les incroyables argumentations des opposants dans l’hémicycle, on était à peu près certain d’une chose : il fallait se marier !

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J’écoutais tout à l’heure dans le métro le dernier épisode du génial podcast Radiolab.

Things ou l’attachement des gens aux choses, ou d’ailleurs aussi le détachement aux choses d’autres gens. Ces histoires de personnes qui relient des émotions et des souvenirs à des objets bien tangibles me sont particulièrement familières puisque je suis du genre à conserver une panoplie de mnémotrucs de toute ma vie. Pourtant je suis également du genre à jeter et me débarrasser de mes affaires sans émotion, mais j’ai des totems, des reliques, des amulettes et des grigris qui sont de petites choses insignifiantes mais des choses qui évoquent des périodes (joyeuses ou tristes d’ailleurs), des personnes ou des émotions.

Dans un de mes tiroirs, il y a ce petit bout de bois auquel je pensais. Un morceau de bois trouvé par mon amie Marie-Aude sur une plage de galets de Dieppe une fin d’année scolaire de 1984. Il nous faisait penser au bas d’un corps avec les deux jambes croisées.

Bout de bois usé par la mer

Une des histoires du podcast était à propos d’un homme qui se remémorait un épisode de son enfance et particulièrement ses huit ans. Et je me suis dit oh mais j’avais cet âge là moi aussi, du coup c’est fou c’était il y a VINGT ANS !! Et là il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que 1984 et 8 ans bah ça faisait plutôt donc un souvenir vieux de TRENTE ANS !!! Eh ouai 38 ans, ça y est !! Hé hé hé.

Marie-Aude m’avait aussi donné ce caillou poli par les flots, que j’aime aussi énormément, et qui est dans un autre tiroir à malices. Je me souviens lui avoir dit que je garderai cela en signe d’amitié aussi longtemps que possible. A l’époque on ne savait pas si on aurait une amitié aussi durable. Force est de constater que nous sommes restés côte à côte (même classe, même table) pendant presque 10 ans, du CP à la troisième ! A la fin on était devenu une sorte de phénomène, les profs n’osaient pas nous séparer de peur de nous traumatiser (je sais que certains militaient pour cette rupture, mais au final personne ne voulait prendre la responsabilité d’une expérience aussi incertaine).

Caillou poli par la mer - Plage de Dieppe

Je n’ai plus autant de petits colifichets fétiches (j’aime les allitérations vous savez) comme cela, mais de temps à autre, j’enrichis tout de même ma collection. Je pense que le plus récent doit être cette mini boite à musique achetée à un concert de Diterzi. Souvenir de ce magnifique concert, de la soirée avec mon chérichou, et ces quelques notes qui sonnent et tintent spécialement à mes oreilles et mon coeur.

Il y a des trucs tellement mais tellement cryptiques, mais TELLEMENT moi !! Je pense à ces vieilles choses anodines du passé qui me fascinent, comme cette règle à calculer de Gaz de France que mon père a retrouvé dans une (très) ancienne armoire à son boulot (j’ai une certaine passion pour les règles à calculer et les abaques de toutes sortes).

Règle à Calculer Gaz de France

J’ai aussi cet agenda (vierge) et ce plan de Paris (et métro) de 1946 qui appartenaient à ma grande-tante et qui me la rappellent aussi.

Agenda et plan de Paris de 1946

Cette mezouzah aussi achetée avec Diego lors de notre périple en Israël est un cher souvenir qui célèbre pour moi l’amitié si précieuse pour mon Diegito.

Mezouzah

Et puis sinon j’ai aussi ma petite mallette à souvenirs…

Mallette à souvenirs

Mallette à souvenirs

C’est un truc que j’ai rempli au lycée, je me souviens. Ma chambre était blindée de ces petites choses de l’enfance et l’adolescence, et je me suis dit que j’allais commencer à jeter plein de trucs, plein de souvenirs. Du coup, j’ai passé ma chambre au tamis, et j’ai récupéré les trucs qui me parlaient le plus… Et pendant le lycée, j’ai ajouté des choses spécialement attachées à des personnes ou des soirées qui m’avaient marquées. N’IMPORTE QUOI !!! Le truc d’ado quoi… Des coquilles de pistache, des paquets de clopes vides, et je me rappelle super bien de tous les détails liés à ces peccadilles.

Mallette à souvenirs

J’ai ainsi sauvé mes cahiers d’écriture du CP, un Mickey et un Pif poche, des médailles de tennis et judo, une boite de bonbons que ma grand-mère m’avait donné et qui sentait bon l’anis et tant d’autres choses !!!

Et un des trucs les plus importants, ça doit être cette serviette orange à carreaux. C’était je crois pour mon quatrième anniversaire, et mon oncle demandait à ma mère ce qu’il pouvait m’acheter pour me faire plaisir. Ma mère m’a interrogé et j’ai répondu « je voudrais un baluchon » ! Eh oui, j’étais fasciné par Nestor le Pingouin à l’époque et surtout par son baluchon. JE VOULAIS UN BALUCHON. mon oncle m’a pris au mot et m’a confectionné un baluchon avec une branche de noisetier du jardin qu’il avait gravé au couteau à mon nom, et ma tante avait fait un baluchon avec la serviette qui contenait des bonbons et des conneries.

Eh bien c’est un des plus beaux souvenirs de ma vie. J’ai été heureux comme jamais, presque autant que cette fois où je me suis promené en ville avec mes oreilles de Mickey ! J’ai porté mon baluchon avec beaucoup de fierté et de prestance. Huhuhu.

Je conserve aussi mes lettres de colonie de vacances, mes journaux intimes et quelques autres conneries du même acabit. Après je ne pense pas non plus que je pleurerais si je perdais tout cela. Pour la simple et bonne raison que j’oublie régulièrement que j’ai ces trucs là, et que je les redécouvre au hasard de la recherche d’une enveloppe ou d’une agrafeuse dans un tiroir.

J’ai aussi conservé quelques objets chargés d’un affect bien plus négatif, et je ne m’explique pas pourquoi. Souvenir d’humiliation, de souffrance ou de mépris de moi-même, j’ai aussi ces breloques totémiques maléfiques dans les recoins de ma valisette. Comme quoi, j’ai très tôt été instinctivement attiré par Marc-Aurèle…

Ces 38 ans sont un peu effacés par le mariage qui approche, dans trois semaines nous y seront presque !! Ce qui est étrange c’est que de mon côté ou celui de chérichou, nos parents sont les plus âgés. J’en faisais assez ému la remarque à ma maman, d’abord en regrettant l’absence d’êtres chers et qui auraient tellement aimé être là, mais aussi un peu angoissé à l’idée que la génération de mes parents est la prochaine à passer à la casserole (ce qui fait chier, putain). Mais c’est comme ça évidemment.

Il faut que j’écrive à Marie-Aude (on est en contact via Facebook évidemment), que je connais donc depuis 32 ans, que je lui dise que j’ai toujours son caillou et son bout de bois de Dieppe.

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Tout va bien hein, je n’ai rien écrit en plus d’un mois. Pfff c’est la lose. Et puis là mine de rien, ça fait une semaine que j’ai 11 ans. Oh là là c’est la bérézina (nougat et chocolat) ce blog !! Malgré tout je crois toujours que je vais m’y remettre et je n’ai pas complètement abandonné la place !! Il faut que je continue de vous narrer mon histoire avec chérichou, et puis tout de même je me marie dans deux mois tout juste !!

Sinon j’ai une liste de films, livres, ettouslestrucsdontjevousparlehabituellement qui date de l’été dernier et qui me fait peur quand je la regarde, mais je continue à entretenir avec sérieux et candeur. Arf. Bon bah au moins je sais que je serai incapable d’arrêter avant les 35 articles qui la compose, oui je suis freak à ce point.

liste_de_posts

Et encore une fois c’est con car dès que je reprends le clavier, je prends un plaisir fou, mais c’est comme le club de sport, si on arrête on est perdu !!

A suivre !!! Ou pas. :)

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Le test de la tache de trottoir

taches

Moi je vois un cuisinier avec une toque sur la tête.
Mes amis y voient plutôt :

Une méduse, un panache atomique ?
Moi je vois un nounours en guimauve coiffé d’un chapeau Philip Treacy et qui fait caca.
Moi je vois du vomi.
Et moi un chat tout aplati.
La Grande-Bretagne et l’Irlande qui auraient pris cher.
Moi je vois un Lion vu de haut et un fœtus à sa droite.
Popeye ?
Je vois un Dalek sous un parapluie retourné par le vent, suivi d’une figurine de Maléfice dans la Belle au Bois dormant, qui poursuivent un poisson.
Je vois un champignon nucléaire.
Une tortue écrasée avec ce qu’il y avait à l’intérieur… bha… à l’extérieur…
je vois un vieil homme acariâtre avec une queue de cheval et un monocle!

Enfant je passais tous les trajets de vacances (souvent 8 heures de bagnole non stop) à regarder les nuages pour y déceler des animaux, personnages et autres bêtes fantasmagoriques. Je n’ai pas cessé, et je suis toujours en train de voir des choses dans les figures les plus régulières, les motifs les plus répétitifs, et d’autant plus dans les œuvres de la nature ou celles plus urbaines qui constellent les trottoirs de nos villes.

Des roches sculptées par l’érosion de Capitol Reef aux rochers granitiques émoussés de l’Île de Sein, en passant par les traces d’un chewing-gum écrasé, et les boursouflures goudronnées d’un bout de trottoir, je continue à rêver éveillé, et j’aime ça.

It’s been too hard living but I’m afraid to die
‘Cause I don’t know what’s up there beyond the sky
It’s been a long, a long time coming
But I know a change gonna come, oh yes it will

A Change Is Gonna Come – Chanson de Sam Cooke (1964) interprétée par Otis Redding.

Hérédité vocale

Je suis souvent étonné lorsque je rencontre des parents/enfants ou des fratries à propos des ressemblances souvent dingues de leurs voix. Timbre, intonation mais aussi tics, manies, expressions et accents. On se concentre habituellement et de manière triviale sur les similitudes physiques, un petit trait par là, une expression de visage par ici.

Mais c’est parfois troublant de réaliser qu’on a la même voix que son père ou son frère, et que cette particularité là est finalement très héréditaire. C’est par exemple flagrant pour mon père et moi, et bien souvent mes amis sont troublés par la dissemblance physique avec mon frangin, mais l’extraordinaire cohérence dans la façon de s’exprimer, des expressions et des tics de langage plus « acquis » (qu’innés). Cette hérédité là est d’autant plus chouette, qu’elle cumule la biologie à l’osmose vocale naturelle qui lie les gens d’une même cellule familiale.

Cette lumière !

C’est vrai ça je manque à tous mes devoirs en tardant à vous souhaiter une bonne année. Mais c’est parce que je vous souhaite tout le bonheur du monde à peu près 365 jours par an, ouai je suis comme ça.

J’ai passé Noël et le jour de l’An en Bretagne avec mon cher et tendre, et ce fut quelques jours très agréables. Que ce soit en famille du côté de Clohars-Carnoët (comme d’hab mais je ne m’en lasse pas), ou avec des amis pour la fin de l’année sur Saint-Gildas (sur la presqu’île de Rhuys formant le golfe du Morbihan).

La lumière bretonne en hiver est extraordinaire, et dès qu’une accalmie pointait le bout de son nez nous sommes sortis en profiter. J’ai beaucoup aimé ce petit coin vers Pont-Aven, Le Hénan, avec son moulin à marée et son étendue calme et réfléchissante.

Moulin à marée du Hénan sur l'Aven

Vue de l'Aven au niveau du Hénan

Je suis allé me balader tout seul sur la plage de Kercambre à Saint-Gildas entre deux averses et en fin d’après-midi. Impossible de se lasser ou de ne pas s’émerveiller de cette luminosité pure, changeante et cristalline, ces couleurs délavées mais perçantes, ces paysages à la beauté ennivrante.

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys