Après quelques heures de bagnole dans notre belle jeep, nous avons commencé à voir la végétation changer, puis se parsemer, et carrément disparaître au profit d’herbacés bien typiques des régions désertiques. La Vallée de la Mort se trouve, comme son nom l’indique, entre plusieurs massifs montagneux et est l’endroit le plus chaud et sec (j’avais écrit « sex » sans aucune hésitation, aheummm) des Etats-Unis. C’est aussi un parc national d’une incroyable diversité pour une zone si aride et si hostile à la vie.
Comme tous les parcs nationaux, il faut reconnaître aux amerloques de choc une organisation hors-pair, des infrastructures adaptées, pratiques et en parfait état. Ainsi les routes, et même les pistes non carrossables, sont impeccables, les « visitor centers »vous donnent toutes les infos pour bien profiter de son périple et ne pas galérer dans les pièges à touristes habituels. De même tous les parcours sont balisés, on trouve même dans les endroits les plus improbables des toilettes plutôt propres.
Nous avons passé deux nuits dans la Vallée pour bien en profiter, et ça valait bien le coup de dormir au coeur même de cet enfer de chaleur. En effet, il doit bien faire une cinquantaine de degré la journée, et bien trente-cinq la nuit !! Les logements dans le parc ne sont pas luxueux mais parfaitement fonctionnel et propres. Par contre, pas de téléphone ni d’internet ! (Aaaaaaaaahhhh !!! J’ai souffeeeeeeeeeert !!!) Nous étions dans la deuxième grande ville de Death Valley : Stovepipe Wells, dont voici la vue (c’est toute la ville qui est sur la photo).
Bon bah y’a pas grand-chose hein, vous l’aurez deviner. Un magasin et quelques chambres pour les visiteurs, avec le resto-bar qui va avec, et hérésie des hérésies une piscine !! Enfin avec cette chaleur c’est plutôt une cocotte-minute de chlore, mais ça fait du bien en plein cagnard. Il faut tout de même faire attention à l’insolation, notamment lorsqu’on a la fausse sensation d’être à l’abri du soleil plongé dans l’eau. Ce qui est marrant c’est qu’il a des transats au bord de la piscine, mais qu’ils sont à l’ombre !!! (On sèche en deux minutes et trente secondes environ !)
Mais nous n’étions pas là pour cela, et on n’a plus passé notre temps à découvrir les divers bijoux que l’endroit a à offrir. Death Valley propose les paysages les plus variés, avec des couleurs assez hallucinantes qui changent du matin au soir. Il s’agit d’une zone d’intenses activités sismiques passées (et actuelles) qui ont façonné des concrétions très étranges, des formations rocheuses et des tas de monceaux, canyons, ou tertres plus fascinants les uns que les autres. Qui dit activités sismiques dit donc minéraux et métamophismes en tout genre, ce qui donne la richesse de couleurs et de matières que l’on trouve là. Voilà le genre de panorama classique de désert avec ses quelques plantes sèches (qui font un peu penser aux abords de la mer morte et du désert de Judée) :
Mais pour prendre cette photo, j’étais en fait perché sur le « Mustard canyon ». Il doit évidemment son nom à sa couleur jaune bien dijonnaise, et on dirait un gros tas de boue séché et poreux. C’est très étrange, et ça m’a fait penser aux habitats des inquiétantes bestioles nyctalopes de « Pitch Black ». Vous pouvez admirez en plus notre belle jeep 4×4 bleue !
On trouve non seulement les paysages désertiques les plus divers, mais ce qu’il y a de plus beau dans tout cela pour moi c’est bien la formation de dunes de sable fin. A deux pas de notre ville, se trouve quelques dunes qui contrastent fortement avec la steppe désertique des environs. Le vent a construit grains à grains ces superbes monticules de sable qui évoluent petit à petit.
Les montages environnantes sont d’un rouge ou d’un marron qui m’avaient aussi beaucoup plu. Mais sa couleur variait énormément du matin au soir (là c’est le soir).
Un des spots les plus connus est « Zabriskie point », et en effet ce grand massif strié est assez impressionnant. On dirait surtout une gigantesque omelette norvégienne !!!
Le Titus Canyon n’est accessible que par 4×4 car c’est une piste d’une trentaine de miles qui fait traverser toute une montagne. J’ai adoré ce passage avec ses reliefs et ses vues impressionnantes, mais ça ne rend pas grand-chose en photos (les miennes en tout cas). On termine par le canyon en lui-même dont on devine bien le passage de torrents à une époque pas si lointaine (et lors d’orages, très forts et torrentiels dans la région). Voilà la vue à l’entrée du chemin qui mène au canyon :
Le point le plus bas des USA s’appelle « Bad Water » (86 m en dessous du niveau de la mer). Le voilà vu de Dante’s view qui est à 1676 m de hauteur. Les dessins énigmatiques de la couche de sel sont superbes de cette hauteur. Plus bas on y voit de la boue séchée avec des cristaux de sel, et même à la base le bassin d’eau plus que saumâtre, voire méphitique, qui perdure même en cette saison.
Sur le chemin de Scotty’s Castle, nous avons eu la chance d’apercevoir un coyote. Nous nous sommes arrêtés, et il a eu la curiosité de s’approcher pour se faire ainsi prendre en photo.
Scotty’s Castle est un délire d’un financier, enfin plutôt de ce fameux Scotty qui a convaincu ce dernier d’investir dans la région, qui attirait à l’époque les gens à la quête d’un Eldorado. Cette demeure dingue a donc été construire en pleine vallée de la mort, et ne vaut que pour la curiosité de sa présence. J’ai pris la photo de la tombe de Scotty qui se trouve sur une colline juste au dessus de la propriété.
Une des visites qui m’a le plus impressionné est certainement le cratère d’Ubehebe. En effet, on y meurt un peu d’inanition après l’ascension d’une pente bien raide dans les cendres volcaniques et sous 45°C. Mais le jeu en vaut la chandelle car on se rend bien compte de la taille du cratère et on imagine très facilement le volcan en lui-même (ce qui est toujours fascinant).
Enfin « Artist’s drive » est aussi un des musts du coin. Il s’agit de roches dont les minéraux semblent figurer des tâches de couleurs « impressionnistes ». C’est particulièrement beau au coucher du soleil…
Depuis notre départ, nous avons fait un constat : les seuls touristes dans les parcs nationaux en ce moment sont des français !!! Nous en rencontrons absolument TOUT LE TEMPS !!! Vraiment c’est trop énorme pour ne pas être une vraie tendance, ou alors c’est toujours comme cela. A Furnace Creek par exemple qui la plus grande ville de Death Valley, nous avons eu la surprise de constater que le restaurant avait même traduit son buffet en français avec des étiquettes « sucre, café, thé, glace, eau » etc. De même hier soir au resto à Stovepipe Wells, nous étions au moins 5 ou 6 couples ou familles francophones, donc largement majoritaires. Est-ce que c’est un effet crise qui a moins touché la France (pour le moment ?). A. le soutenait, tandis que j’expliquais qu’à mon avis la crise sera vraiment ressentie d’ici deux ans, lorsque les gens sur le carreau aujourd’hui et qui n’auront rien retrouvé seront en fin de droit. Là, on aura une idée de l’ampleur de la catastrophe…
Le désert a été une bénédiction pour profiter d’un ciel pur et dénué de pollutions lumineuses. Nous avons pu ainsi regarder les étoiles et repérer une kyrielle de constellations et quelques planètes. Je fais cela depuis tout gamin, et s’il y a bien une application mobile que je trouve brillante c’est le « Google Sky Map ». Cette merveilleuse application, et toute bête quand on y pense, utilise le GPS et la boussole de mobiles évolués (type iPhone ou HTC Magic/Hero) pour indiquer en pointant son téléphone vers les étoiles de quelle constellation il s’agit. C’est fantastique, et ça marche parfaitement !!!!
Une dernière remarque et je me tais ! On rigole beaucoup avec A. sur la politesse des serveurs ou des « gens en fonction » américains. En effet, on tombe toujours sur des extrêmes absolument clichés. D’un côté on a le serveur obséquieux qui sourit en se décrochant la mâchoire, qui vous trouve génial et le dit haut et fort quand vous commandez un burger (Great choice!!!), qui revient trois fois pendant le repas pour demander si tout va bien, et qui vous dit à la fin qu’il aimerait nous revoir dans son resto, et que si c’est le cas qu’on le demande, car il rêverait nous resservir (Véridique !!!). Et de l’autre, on a ça : http://twitpic.com/b0b32 C’est vraiment le pays des extrêmes…
En parlant d’extrême, on file à Las Vegas pour une nuit, avant de continuer sur les parcs nationaux.