1132 articles pour la catégorie “Matooyage”

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La mémoire éternelle ?

Publié le Dimanche 29 Mars 2009 - 23:08
Catégorie: Ecoutage, Matooyage

J’ai posté quelques photos vendredi, et du coup je suis forcément tombé sur d’autres vieux clichés. J’ai fait une razzia chez ma môman il y a quelques semaines, car je voulais en numériser un maximum histoire de conserver ces souvenirs, et parfois aussi en « constituer ». En effet, c’est aussi l’occasion de questionner mes parents sur ces photos, sur des personnes que je ne connais pas, ou des situations que j’ignore.

La mémoire… C’est vraiment un truc qui compte pour moi, et je ne sais pas d’où me vient cette fixette sur le passé et sur l’héritage, quel qu’il soit d’ailleurs. Et pourtant quand on se penche un peu sur les choses, rien n’est bien laissé au hasard. Tenez par exemple je vous serine tout le temps sur Osny, ville natale de ma môman, et j’habite par le plus grand des hasards à 500 mètres d’où mon pôpa a vécu (alors que nous n’avons jamais vécu, et ne sommes quasiment jamais allés à Paris en famille).


Dominique A – La mémoire neuve

Si le blog me plait autant c’est aussi pour cette trace qui est ainsi faite, malgré l’apparente pulvérulence de ce support virtuel. Et c’est là aussi un grand point d’interrogation, est-ce qu’il va subsister quelque-chose de nos élucubrations ? Sous quelle forme ? N’y aura-t-il pas tellement d’informations disponibles qu’il sera impossible de trier le bon grain de l’ivraie ? J’ai l’espoir que tout cela ira rejoindre quelques strates archéologiques qui s’enfouiront bien sagement dans des banques de données qu’il faudra excaver un moment ou à un autre. Mais plus pragmatiquement, je pense que ces textes, ces « n’importe quoi » inutiles, pourront parler à mes petits-petits-petits-cousins et cousines (parce que je ne crois pas trop à ma descendance… hu hu hu), ne serait-ce que pour y découvrir quelques vils secrets de famille qui lesteront encore, j’en suis certain, leurs égos névrosés. Ils pourront y découvrir l’étrange décès de mon cousin, les récits de cette famille dysfonctionnelle si attachante, un oncle mystérieux et inconnu et d’autres billevesées. C’est ce lien familial qui m’intrigue et me plait tant, nous ne sommes pas étrangers les uns aux autres, nous avons une « connexion ».

Ce qui manquait jusque là à la transmission de l’histoire familiale des générations passées c’est d’abord ce souci même de transmettre, mais aussi les moyens de communiquer. Savoir lire et écrire, vouloir écrire pour témoigner (et pourquoi ?), l’usage de la photo et de la vidéo, la possibilité de donner cette information à sa famille, et sur la durée. Et si l’internet nous apportait justement tout cela ? Car même si cela n’intéresse pas la génération suivante ou celle d’après, c’est simplement donner la possibilité de connaître l’histoire insignifiante d’un archéocousin.

Quand j’ai subtilisé les photographies chez ma maman, je l’ai interrogé sur quelques unes qui me paraissaient difficiles à identifier. Notamment celle-ci :

Photo de famille... avec des inconnus !

Cette photo vient de ma grand-mère, mais ma mère n’y a reconnu personne à priori… C’est dommage me disait-elle car ma grande-tante aurait pu me répondre. A quelques semaines près, j’aurais pu éviter cette lacune, tant pis cette photo restera mystérieuse. Et je ne suis pas non plus contre cela. En effet, ça laisse aussi la place à l’imagination, et particulièrement sur ces clichés antédiluviens dont la qualité même du support et le noir et blanc confèrent un aspect si singulier et fascinant.

J’avais montré il y a quelques temps les photos de mariage de ma famille, dans lesquelles on peut sourire en voyant les visages vieillir et évoluer. J’aime aussi me reconnaître dans les visages de famille de ces anciennes photographies de mes grands-parents et arrières-grands-parents. Il y a ces photos de mes grands-parents maternels que j’aime beaucoup :

Mes grands-parents maternels

Et ce qui est très drôle c’est de comparer à celle beaucoup plus popu, prolo et dégingandée de mes grands-parents paternels :

Mes grands-parents paternels

Le plus incroyable est de constater que même les photos de famille diffèrent dans leur style entre les deux côtés de la famille. Sans dire que l’une est bourgeoise, oh là pas du tout, mais on peut y saisir sans difficulté le petit côté bohème de l’un que n’a pas l’autre.

Côté Maman en haut, côté Papa en bas ! :)

Un jour, alors que je fouillais dans les papiers de mon grand-père algérien que mon père avait récupéré, j’étais tombé sur une énigmatique photo, et au dos on pouvait lire « 11 impasse Gaudelet ». Mon père m’avait alors raconté pour la première fois (car l’information était inutile pour lui) que son père et sa mère avaient tenu un café avant la guerre dans cette impasse, impasse qui donne sur la rue Oberkampf, à trente mètres d’où j’habite aujourd’hui…

Mes grands-parents paternels impasse Gaudelet

Et la photo la plus précieuse, car celle qui me montre l’aïeule la plus « reculée », a aussi été trouvée de la même manière en demandant à une tante quelles étaient les vieilles images de famille qu’elle avait conservées. Et mon père avait tout de suite affirmé : « Tiens c’est ta grand-mère, et mon arrière-grand-mère. ».

Ma grand-mère et mon arrière-arrière-grand-mère paternelles

Waaaah, donc il s’agit de ma grand-mère paternelle et sa propre grand-mère, donc mon arrière-arrière-grand-mère (qui doit être née dans les années 1870…).

Avant cela, je n’ai rien sous la main. Mais je ne désespère pas de retomber par hasard sur de nouveaux trésors (précieux pour moi uniquement évidemment). En tout cas, je collecte, je renseigne, je témoigne, et si ça ne sert à rien : tant pis ! On ne sait jamais…


Louis Garrel – Ma mémoire sale

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Les papiers-peints des années 70

Publié le Vendredi 27 Mars 2009 - 23:22
Catégorie: Matooyage

Il paraît que ça revient grave à la mode les papiers-peints, et notamment les motifs des années 70. Et c’est vrai qu’en regardant quelques photos de mes albums, j’ai carrément accroché sur quelques spécimens du milieu des seventies. Je date tout cela en fonction de l’allure et l’âge présumé de mon père ou mon frangin, mais je ne dois pas être loin du tout. Celui-ci par exemple, je le verrai trop bien dans ma chambre actuelle !!!

Papa et Jérôme en 1975

Il s’agit de mon père et mon frère, du coup je pense que c’est une photo de 1975. La suivant est du même acabit, et doit avoir été prise chez un oncle et une tante. Idem, j’adore le motif !!

Papa, Pierrot et Denise en 1975

Ensuite, on passe à d’autres formes plus organiques et biomorphiques. Je me remémore parfaitement ces murs et le canapé en velours marron qui a bien duré 15 ans !! C’est moi et mon frère sur la photo, en train de lire le “Petit corsaire”, du coup je penche pour l’année 1978. Déjà on sent poindre les années 80, et je suis beaucoup moins fan de ces dessins et des couleurs présentes.

Moi et Jérôme en 1978

Nous voilà en 1982 pour la dernière photo, je m’en souviens parfaitement (j’avais 6 ans), et de la soirée et de mon déguisement de clown. Eh bien les années 80 ne me bottent pas plus que cela pour le moment en terme de papiers-peints. Nous resterons donc sur les seventies, mais je suis assez certain que dans quelques années, on recyclera aussi sans vergogne cette période.

Moi en 1982

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Le dormeur doit se réveiller

Publié le Mardi 24 Mars 2009 - 23:02
Catégorie: Matage, Matooyage

Mon chérichou c’est le plus gros dormeur de l’univers. Déjà moi je suis fort, mais lui c’est le champion toute catégorie. Inréveillable, tous les matins sont d’une souffrance sans nom pour lui, et le week-end ou en vacances, il se réveille entre 15 et 16h s’il n’y a pas de réveil ou de réveilleur. Aussi en semaine, je suis son Jiminy Cricket, et je lui sonne les cloches jusqu’à ce qu’il s’extraie (subjonctif ?) de sa torpeur matutinale.

C’est une opération très coton car il se rendort en quelques dixièmes de seconde, et il faut donc être très vigilant pour éviter d’avoir à tout recommencer à zéro. En effet, certains matins je le réveille dix fois, et comme il a le pouvoir surhumain de se rendormir à chaque fois comme s’il était à l’orée même de son sommeil nocturne, du coup à la onzième il ne se souvient en rien des autres tentatives.

Il me lance des regards meurtriers le matin, et il est troooooooop mignon avec sa moue boudeuse et ses oeillades de Landru. En général, le soir il me demande de le réveiller par tous les moyens (les plus vicieux et cruels) et de ne pas écouter ses sollicitations pour se recoucher, mais le matin il essaie par tous les moyens de me soudoyer pour me faire renoncer à mes voeux. D’abord gentiment, puis avec agacement, parfois avec des violents accès de colère ou bien des pleurs de souffrance non simulés, je vous le dis : réveiller chérichou c’est pas une sinécure.

Dimanche matin, je me suis levé aux aurores (à 11h) pour aller chez mes parents. Et il était tellement chou que je n’ai pas résisté. Avec son petit air endormi que j’adore :

Chérichou au lit

Ou bien les bras dans tous les sens, et prenant les positions les plus improbables qui soient (les genoux levés par exemple, ce qui m’épate à chaque fois).

Chérichou au lit

Chérichou au lit

Chérichou au lit

J’aimais bien sa main, on aurait dit celle d’Adam dans la création.

Chérichou au lit

Ooups, je l’ai réveillé. Hu hu hu. Gouzi gouziiiiiiiiiii !

Chérichou au lit

Laisse-moi dormir, voilà tu n’existes plus. (Hu hu.)

Chérichou au lit

Bon, je dors.

Chérichou au lit

Putain tu me fais chier, casse-toi chez tes parents voir si j’y suis.

Chérichou au lit

Ouf, il est parti, et je viens d’avoir un bisou.

Chérichou au lit

Autre version :

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Moustache is back!!! (@ Flash Cocotte)

Publié le Mardi 17 Mars 2009 - 0:30
Catégorie: Matooyage

Samedi soir, une fois n’est pas coutume, j’étais bien motivé pour bouger à la Java où il y avait une soirée Flash Cocotte, dont j’avais entendu beaucoup de bien. Bien m’en a pris, car en effet, j’ai passé une excellente soirée. J’étais vraiment content de retourner à la Java, la salle est complètement hors-norme et chelou, mais justement va très bien avec les thématiques décalées du style « Androgyny » ou « Mort aux jeunes ». En outre, mon papa est né à quelques numéros (109) dans la rue du Faubourg du Temple, et il me racontait régulièrement ses soirées d’ado dans cette salle, qui a ouvert ses portes dans les années 20 (apparemment la plus ancienne boite parisienne).

Je pourrais reprendre la plupart des aspects positifs que j’avais cités pour la soirée Androgyny où j’étais allé. Donc les gens plutôt originalement accoutrés, une musique excellente et qui change tout le temps, une vraie ambiance festive et un bon mélange des genres. Oh là là, la file d’attente était tout aussi catastrophique, qu’elle soit à l’entrée ou au bar ou encore au vestiaire, avec ce truc incroyable d’arriver en milieu de soirée avec un vestiaire impossible car blindé. En fait, j’ai senti le vent tourner depuis la dernière fois. J’ai peut-être tort d’ailleurs de comparer ces soirées, mais je pense tout de même que ce sont des populations et thématiques connexes.

Cette affluence et cette popularité grandissante font que la soirée avait une toute autre saveur que celle de la dernière fois, et ce que j’avais imaginé. Non que je boude mon plaisir, car encore une fois, j’ai passé du bon temps. C’est plutôt que j’ai dénoté quelques nuances qui m’ont un peu désarçonnées et déçues (vous savez, je ne bois pas d’alcool, alors il faut bien que j’observe, hé hé). Mon ressenti réside principalement dans l’attitude des gens. Ce ne sont plus les mêmes… J’avais vu des gens qui avaient un style et l’assumait, qui prenait du plaisir à s’habiller ainsi et à laisser s’exprimer toute leur originalité et extravagance.

Samedi soir, c’était avant tout une soirée de gens lookés et qui cultivaient le look pour encore plus mettre en proue leur moues boudeuses et hautaines. Donc je pense que la mode va simplement s’orienter par là… D’ailleurs à certains égard, ça me rappelait le Queen ou le Palace en 1994 (ma bonne dame), donc je pense que la mode future est au NAWAK !!!! Bref, j’ai été un peu refroidi par les habituels oeillades tapiolesques, et ces gym-queens nouvelle génération à chemises à jabot et pantalon en lamé-or (pourquoi pas).

Après tout, c’est le lot de toute soirée qui marche bien, et qui commence à rameuter du monde. L’entrée est encore à 6 euros, et c’est important de le noter car c’est assez incroyable pour une soirée pédé parisienne. Le truc très positif, c’est que j’ai croisé pas mal de connaissances, dont certains que j’attendais carrément, tel un Coco moustachu et chemise-à-carreaux-bucheronné. Car je vous le dis, oui écoutez-moi bien, LA MOUSTACHE EST DE RETOUR !!! Ils étaient beaucoup à arborer fièrement cette obsolète pilosité de la lèvre supérieure, et je dois avouer que cette petite ambiance Harvey Milk produisait une certaine tension sexuelle des plus plaisantes. Huhu. Merde, je vous jure (Ne jurez pas Marie-Thérèse !!), tous les moustachus de l’assemblée avait plus pour modèle le petit modèle Falcon des années 70, que le gros bikers de Treasure Island Media. :mrgreen:
Enfin, quand j’ai croisé Vince à la soirée, je me suis dit que oui ça y était, la Java était the place to be. Evidemment quand on croise Vince en boite, Patxi n’est pas loin, mais comme il est petit, on ne le voit pas de prime abord. Hu hu. Et puis vous savez, les soirées parisiennes ce sont aussi les potes qu’on rencontre plus ou moins inopinément, les conversations débiles et irrésistibles, les résultats d’improbable coucheries (Nan mais tu imagines, il faut que je baise avec un mec, pour que ce soit justement le contact de machin sur Rezog !!! Mais Rezog c’est le facebook des pédés, tout le monde y est !!). Nizar aux platines, le petit Alain d’Henri ou encore le Nico bourré du 14 juillet 2005 ont ainsi croisé nos routes. Et plus étonnant encore, j’entends une voix qui dit tout haut « Hey, et ça c’est Matoo !! ».

Il s’agissait d’un garçon que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, et qui a révélé son identité d’ancien blogueur : « Nov3mbre ». Je me rappelle fort bien du design de son site, et au final je l’ai reconnu très vite à son profil qui était similaire à l’icône de son site (pourtant très stylisée et contrastée). Donc vous voyez quelques bémols, mais au final une très bonne soirée ! ;-)

Soirée "flash cocotte" à la Java

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Père Dodu, j'en peux pluuuuuuus !!

Publié le Lundi 16 Mars 2009 - 22:52
Catégorie: Matage, Matooyage

Il y a plus d’un an, je m’étonnais de ne pouvoir trouver la vidéo de ma pub favorite de mes tendres années (la pub date de 1988), ainsi que mon expression préférée au taf quand je suis débordé : « Au secouuuuuuuuurs, Père-Doduuuu, je n’en peux pluuuuuus ! »

Eh bien voilà, je l’ai trouvée !!

C’est exactement moi (la blonde hein, même si je suis physiquement plus dodu, huhu.) !

  • Matooyage
Menhomophobiiiiiiiiiiiie !! (Menskilbaotgaziñ !!!!)

Publié le Mercredi 11 Mars 2009 - 23:04
Catégorie: Matooyage

Ce week-end, je me suis enfui quelques heures pour retrouver mon chérichou dans ses terres celtiques (et pluvieuses). Ô miracle, on a pas eu trop de flotte, et même le temps pour aller faire un tour dans les alignements de Carnac. J’en avais entendu parler depuis des années, mais sans jamais avoir eu l’occasion d’y aller, comme je l’évoquais dans mon article estival breton.

Je suis un immense fan de vieilles pierres, et totalement fasciné par le mystère qui entoure ces cailloux du néolithique. Et imaginer que cela pourrait avoir été mis en place il y a 7 000 ans me donne un vertige grisant, et autorise à toutes les hypothèses mystiques, cultuelles, astronomiques ou druidiques de l’univers. J’aime les menhirs ! (Il faudrait peut-être que j’en fasse un manifeste à part entière.)

Revenons à nos moutons… Nous nous sommes donc promenés dans le coin, du tumulus Saint Michel surmonté de sa petite chapelle (ah ils ne peuvent pas s’en empêcher, comme ce menhir collé sur la cathédrale du Mans que nous avions découvert avec stupéfaction).

Tumulus Saint Michel à Carnac

Aux alignements de Ménec, de Kermario et de Kerlescan, qui proposent des points de vue vraiment impressionnants et qui dégagent beaucoup « d’énergie »…

Alignement de Ménec à Carnac

Alignement de Ménec à Carnac

Et même ce charmant petit dolmen dans un coin… En outre, le site était presque désert ce qui était très agréable (et gratos), car en haute saison c’est apparemment infréquentable !

Dolmen à Carnac

Nous déambulions donc avec alacrité dans ces alignements rectiligne et aux impressionnantes lignes de fuite. Et voilà qu’il a croisé notre chemin. Il était seul, il était pourtant parmi les autres, semblables, alignés, il avait sa place dans son groupe, mais il était différent. Et cette différence, cela fait 7 000 ans qu’on lui la lui colle dans la gueule, et voilà que cette xénophobie se manifeste à présent comme une marque physique. Mon dieu, tant de cruauté et de mise à l’écart, tant de méchanceté et de négation de l’être. J’ai eu envie de pleurer !!! Voilà une preuve flagrante et choquante de menhomophobie !!! Ouuuuuuuuuh ouuuuuuuuuuuh !!! MENHOMOPHOBIIIIIIIIIIIE !!!!!

Menhomophobiiiiiiiiiiiie !

Oui ce menhir est gay, oui il est différent, mais on n’avait pas à l’isoler comme ça, on n’avait pas à l’exclure, et à l’ostraciser ainsi !!! C’est un caillou comme les autres, recouvert de mousse et de lichen comme les autres. Il a droit au respect qu’on doit à tous les menhirs. Ok il aime les menhirs du même sexe, mais c’est de l’amour merde !! De l’amour, et rien d’autre !! Cette attitude vichyste est indigne du grand pays des droits de l’homme qu’est la France.

Je le demande officiellement à Carnac et à la France : il faut libérer le menhir gay !!!!!! On ne peut pas continuer à lui faire du mal ainsi, à lui faire se sentir différent des autres, car c’est faux !

Et ne me parlez pas d’étendre le PACS aux menhirs. Non, non, ce sera le mariage des menhirs ou RIEN ! :mrgreen:

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Brisby et le secret de Tron

Publié le Vendredi 6 Mars 2009 - 20:00
Catégorie: Matooyage, Télévisage

Le mercredi 8 décembre 1982, j’avais 6 ans, et c’était la sortie nationale de deux films : « Brisby et le secret de Nimh » ainsi que « Tron ». J’allais régulièrement chez ma grand-mère le mercredi, avec mon frère et mes cousines-frangines, et il arrivait fréquemment qu’avec MaTante, elles nous emmènent au cinéma. J’étais fan de ma grand-mère qui était vraiment adorable, et avec qui j’avais une très chouette relation. Et il s’agissait toujours de sorties épiques qui se terminaient en silencieux pugilat entre les deux femmes qui ne se supportaient pas plus de deux heures, mais qui passaient tous leurs après-midis ensemble. MaTante était la belle-soeur de ma grand-mère, et c’est encore le résultat d’une de ces drôles d’histoire de famille.

Mon grand-père avait l’originalité d’être un véritable bigame, il avait donc à un moment tout simplement deux familles, avec des enfants des deux côtés. Et puis, ma grand-mère, ayant mis fin à cette mascarade, s’est retrouvée seule avec ses mômes. Ma famille maternelle se trouvait déjà à Osny, où ma maman habite à l’heure actuelle, et mon arrière-grand-mère (la belle-mère de ma grand-mère) créchait à deux pas. Etrangement, et je n’en connais toujours pas le fin mot, ma grand-mère est restée très liée à sa belle-famille, et cette dernière n’a pas du tout pris parti pour mon grand-père. J’ai déjà raconté tout cela en évoquant le demi-frère mystérieux de ma mère, ce journaliste mort dans des circonstances spéciales.

Ce mercredi 8 décembre 1982, nous allions donc voir « Brisby », qui était le film pour gamins de cette période. Après nous être périlleusement garés, nous allâmes cahin-caha nous mettre dans la file pour « Brisby ». C’est drôle comme je me rappelle de tous ces moments avec une étrange précision. En effet, il y avait un monde FOU pour ce film, que des mômes bien sûr, et je sentais ma grand-mère qui commençait à paniquer. A raison, puisque nous n’avons jamais pu voir ce film. En arrivant devant la caisse, la personne nous annonce : « Désolé, la séance est complète. » Ce n’est que 6 ou 7 ans plus tard que j’ai découvert ce dessin-animé à la télé (et je ne sais plus comment… peut-être en VHS ?). Mais je n’ai jamais oublié cette frustration de n’avoir pu le voir au cinéma, le jour de sa sortie.

Donc dilemme cornélien à la caisse : « Qu’est-ce qu’on va voir ? ». Et là mon frangin n’hésite pas, il n’avait PAS DU TOUT envie de voir ces connes de souris qui font les pédales, mais plutôt le super film fantastique dont tout le monde parlait, ce film aux effets spéciaux hallucinants : « TRON ». Et l’argument final fuse : « C’est une production Disney !! ». Ma grand-mère lança un regard suspicieux à son petit-fils de 8 ans, mais déjà surnommé « Satanas » par la famille, mais finit par accepter. C’est ainsi que nous sommes allés voir « Tron » à sa sortie.

Il y a eut un avant Tron et un après Tron pour moi. En effet, avant j’écrivais sur le petit papier, que faisait remplir l’instituteur à la rentrée, à la question « quel métier voudrais-tu faire plus tard ? » : Archéologue (et c’était avant les « Mystérieuses Cités d’Or » qui furent diffusées à partir de 1983). En fait, j’avais été profondément marqué par la visite du musée de l’homme de Tautavel avec mes parents. Hu hu hu. Et après Tron, le verdict fut indiscutable et irrévocable : Informaticien. D’ailleurs 3 ans plus tard, j’avais pu démarrer ma carrière en commençant mes premiers développement BASIC sur mon surpuissant Sinclair ZX81 (acheté 645 FF en promo sur La Redoute, grâce à la Carte Kangourou de maman, pour le Noël de mon frangin et du mien, en plus d’une subvention de ma grand-mère). Depuis, je n’ai jamais lâché un ordinateur de ma vie. Hé hé hé.

Je parlais des films d’animation Disney qui manquaient d’originalité (le gros tournant a été « Aladin » pour moi en 1993), mais Tron, en tant que production Disney, reste un OVNI cinématographique qui mérite qu’on s’y attarde. Car même si l’histoire peut faire rire, même si l’intrigue est fantasmagorique et dingue, eh bien la métaphore informatique est loin d’être stupide. Encore aujourd’hui, les notions de programme, de contrôleur ou bien de processeur sont tout à fait valables, et le parallèle entre la vie réelle et la vie de Jeff Bridges « numérisée » reste une prouesse scénaristique à mon avis. De même que les effets visuels pour imager le monde de l’informatique (balbutiant) sont esthétiquement et techniquement remarquables, et sont loin d’être stupides.

En sortant, ma grand-mère et MaTante étaient d’accord : elles avaient détesté, et rien compris. Mon frère et moi étions conquis, et ce fut le premier clash générationnel. Et pourtant trois semaines plus tard, noël 1982, je vous l’ai raconté dans un précédent article, mais l’arrivée des jeux électroniques Nintendo (Mickey qui rattrape ses oeufs, et Charly Brown qui joue au tennis) a bouleversé notre famille (ci-dessous ma tante, grande-tante et grand-mère). Mouahaha.

Découverte de la Nintendo en 1982

Bref, Tron, même si c’est passablement inregardable aujourd’hui, a révolutionné son temps, a marqué les esprits par son univers visuel et s’est inscrit comme un des premiers films « poétiques » sur l’informatique (ensuite il y a eut le cultissime « War Games » pour moi).

NdB : Merci à ma grand-mère et ma grande-tante qui ont rendu tout cela possible. :mrgreen:

Brisby et le secret de Nimh TRON

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C'est la faute aux parents

Publié le Mardi 3 Mars 2009 - 23:10
Catégorie: Matooyage

Hier, j’évoquais la manière dont des personnes de ma famille me semblaient plutôt errer dans une certaine opacité psychologique. Un peu comme s’ils étaient les automates aux rouages bien huilés et rivetés des jeux psychologiques, et de toutes les névroses, qui les lient à leurs parents, et ces derniers à nos grands-parents etc.

Néanmoins, il a quelques années, j’ai eu l’immense surprise de voir des cousins et cousines qui ont entamé une démarche psychologique. Ainsi, certains ont voulu trouvé une solution à leur mal-être et sont allés voir des psys. D’ailleurs, c’était assez terrible aussi d’entendre les cancans des parents qui serinaient en persifflant que « c’est très bien pour elle, elle en a vraiment besoin », sans jamais évidemment se remettre une minute en question.

Et quelques mois plus tard, badaboum ! Les conflits ont commencé à poindre dans la famille. Voilà que les enfants avaient, grâce à d’habiles praticiens, gourou-exorciseurs de la tête, trouvé la solution à leurs soucis. Tout était de la faute de leurs parents !! Et j’entendais ainsi les clichés les plus éculés du freudisme, et on voyait des complexes oedipiens qui se nichaient dans les circonvolutions mentales les plus curieuses. Mais ce que j’avais adoré à cette époque, c’était enfin la naissance de la remise en question, du questionnement de soi-même, de son éducation, des relations avec ses parents, ses grands-parents, et au final l’émergence d’une saine introspection. Vraiment cela a donné lieu à de beaux échanges, et ma cousine notamment s’était incroyablement ragaillardie suite à cet épisode.

Malheureusement, il semble que la démarche se soit arrêtée en cours de route. Car ce qui les intéressait ce n’était pas tant d’aller mieux, ou de trouver réponses à leurs questions, de mieux se connaître, non c’était juste d’avoir la possibilité de foutre la responsabilité sur autrui. Tout se focalisait sur les parents, sur l’éducation terrible qu’ils avaient donnée, et sur l’indiscutable (copyright le psy), universelle et oecuménique culpabilité de ces derniers.

Or, c’est pour moi un peu comme quand j’évoquais la colère de Sisyphe de mon cousin, c’est-à-dire que la prise de conscience doit avoir un effet émancipateur et libérateur. Mais la démarche psy ne doit rien guérir, rien régler, elle doit juste permettre de comprendre, de « voir » et donc de dénouer des relations complexes et compliquées. Et puis le seul objectif est de réussir à bien vivre avec ses névroses, et de ne pas en souffrir. Du coup, j’estime que même si l’on conclut que les parents ont une grande responsabilité dans ce que l’on est (indéniablement), ils ne sont pas non plus directement responsables de nos malheurs. Ou en tout cas, il faut aussi leur reconnaître une responsabilité égale dans nos sources de bonheur. Et puis aussi réaliser notre libre-arbitre surtout, et la capacité que l’on a de mener sa vie et sa barque, autrement que comme la seule somme des névroses de ses aïeux.

Cette introspection que j’ai menée à partir de 18 ans (je vous ai déjà dit mais ce sont les cours de philo du lycée qui m’ont sauvé la vie, avec la conscience et l’inconscience, tout un programme…), m’a permis de comprendre les relations avec mes parents, mais aussi leurs propres relations avec mes grands-parents, oncles et tantes etc. Et au-delà de la compréhension même de mes propres névroses (une petite partie évidemment), j’ai pu entrevoir la complexité de leurs propres « problèmes ». Et j’ai juste compris que ce n’était pas facile pour tout le monde, et qu’au-delà de nos petits bobos de la vie, il y avait certaines valeurs fondamentales qui permettaient de passer outre les « erreurs de parcours ».

Bien évidemment, ces fondamentaux ne sont pas toujours présents dans les familles, et dans ce cas je comprends que les situations de certaines personnes soient bien plus douloureuses. Mais dans mon cas, j’ai la chance immense d’avoir deux parents qui m’aiment. Juste ça. Non mais sérieux, quand vous réalisez à 19 ans, alors que vous vous prenez pour une engeance de la nature, que vos parents vous aiment, sont fiers de vous, et vous considèrent comme une des plus beaux accomplissements de leur existence, bah ça fait juste chaud au coeur. Quand il y a le respect, la considération, et ces quelques palpitations du myocarde, alors il y a de l’espoir. Et c’est bien ce qui fait que je ne leur en veux pas, que je comprends aussi leur démarche, leurs faiblesses comme leurs qualités (idem pour moi, ce qui redonne toujours un peu d’humilité).

En définitive, la « faute des parents » n’est qu’un effet transitoire pour moi, et qui doit forcément déboucher sur une libération, et un effet salvateur. Et le plus dur là-dedans c’est certainement d’accepter qu’on soit le seul à faire cette démarche, et que la remise en question ne viendra certainement jamais d’en-face. D’ailleurs, il suffit d’entendre un peu ma mère, ou bien mes oncles et tantes, pour le comprendre. Et j’avoue que c’est aussi ce qui me pose le plus de soucis. J’aimerais tellement que mes parents puissent prendre un peu de recul, et puissent se remettre en question sans toutefois se condamner à mort. Mais il n’y a jamais de juste milieu ou de tempérance avec ma famille. Reconnaître une erreur est comme se jeter dans la gueule du loup.

Il y a aussi le fait que la (ma) génération actuelle a effectué cette démarche, alors que mes parents ne l’ont jamais osé avec les leurs. Et du coup, ils trouvent un peu injuste ce phénomène, alors qu’eux-mêmes n’ont pu obtenir de telle remise en question avec leurs parents. Donc, ils veulent qu’on aille voir des psys, en plus on en a bien besoin, mais surtout qu’on ne vienne pas les emmerder ensuite. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, et on verra bien comment ils éduqueront leurs enfants, de toute façon quand tu vois comment elle s’y prend avec ses gosses celles-là, et l’autre avec son petit pédé là, elle n’a pas intérêt à me donner des leçons.

Et puis sans bien y faire attention, on devient parent. Et alors on est trop occupé à pourrir la relation avec ses propres enfants (et à s’illusionner du contraire), pour veiller à réparer les dommages avec ses parents (de toute façon c’est trop tard).

  • Matooyage
Chérichou au pays des Matoox

Publié le Lundi 2 Mars 2009 - 23:25
Catégorie: Matooyage

Il y a quelques semaines, j’ai emmené mon chérichou en famille. Et pas le petit truc de base, non, non, mais carrément la grosse fête familiale, le genre d’événement annuel qui rassemble tout le monde, et qui a déjà nourri quelques posts savoureux et familiaux (malheureusement mis hors ligne pour cause de référencement trop opiniâtre). Il s’agissait de l’anniversaire d’une de mes tantes, la maman de mes cousines-frangines. Ces dernières étant ainsi nommées car ma mère est la soeur de leur père, et parallèlement mon père est le frère de leur maman. Ce sont des doubles-cousines quoi, comme des soeurs (d’un point de vue patrimoine génétique), et certainement parmi les femmes les plus importantes de ma vie.

Même si j’ai la famille la plus tarée et dysfonctionnelle de l’univers connu, et j’en ai déjà fourni quelques exemples saillants, j’ai aussi la chance d’avoir la famille la plus accueillante et adorable à ses heures. Aussi je ne tremblais pas le moins du monde à l’idée qu’A. vienne à cette réunion familiale. Déjà parce que vraiment ce sont des gens gentils et adorables, mais surtout parce que l’arrivée d’une nouvelle pièce rapportée suffit pour qu’ils aient un comportement exemplaire. Et je dis « ils » mais je me suis surpris à fonctionner exactement de la même manière. Lorsqu’une personne est en visite dans la famille, je suis particulièrement agréable et cool avec, juste pour faire plaisir à celui qui a invité, et pour qu’on ait une super image. Hu hu hu.

C’est vrai que je n’avais pas pensé aux chansons à table… Et il était trop tard pour brieffer A., il a entendu d’un seul coup tout le monde entonner la chansonnette et faire les gestes rituels (moi inclus, hey c’est ma tribu tout de même), et sans se dégonfler il a fait comme les autres. Sacré chérichou ! Il y a aussi le fait que ma famille adooooore danser, donc à chaque occasion, la chaîne crie tout ce qu’elle peut de tubes plus ou moins de bons goûts, et tout le monde guinche, rigole, palabre.

Du coup, je pense qu’on a bien assuré. Mes cousines l’ont adoré, et ont été papoter avec, mes oncles et tantes, cousins m’ont tous dit qu’ils étaient ravis de le connaître, et que c’était un garçon très gentil et poli (huhu). D’ailleurs chérichou était très content de la soirée, et je crois assez épaté de découvrir de tels us. En apparence, j’ai une famille vraiment chouette, mais ça je le savais déjà. Et je peux facilement faire l’impasse sur les non-dits pour passer une bonne soirée. Le fait qu’il soit là a permis aussi d’encore plus hydrater les couches supérieures de l’épiderme, et de littéralement conserver bonne figure. (Mais A. savait déjà tout de mes récits de famille, et n’est largement pas dupe non plus.)

Il n’en reste pas moins que les souffrances sont là, les « histoires » aussi, et que je n’oublie jamais les absents, les morts ou les blessés, dont la plupart n’ont et n’auront jamais conscience de cet état de fait. C’est aussi pour cela que je suis tellement fan de mon cousin Eric.

Il est l’un des seuls à avoir cherché un peu plus loin, à avoir pris conscience de son héritage, de son éducation, et un peu (mais pas assez je pense) de son libre-arbitre. Sans avoir été bien loin dans les études, il est intelligent et très fin, et puis merde il est sexy à mourir ce con. Nous avons encore pas mal discuté de notre famille, et de nos cousins notamment, mais aussi de nous.

Il y a deux choses qui sont très marquantes pour moi dans son discours. La première c’est de réaliser que sa lucidité et sa clair-voyance sont étrangement un des facteurs majeurs de sa souffrance. S’il était le con banlieusard sans éducation de base, il aurait certainement moins « conscience » et serait peut-être plus heureux. Enfin à mon avis, ce serait aussi le pire des psychopathes, mais bon difficile de savoir ce qui serait le mieux.

La seconde chose, c’est un constat que j’ai depuis longtemps à son égard. Il est tellement tellement en colère, depuis des années il est furibard en deux secondes, et n’arrive pas à s’exprimer plus de trois minutes sans s’énerver tout seul. Quiconque lui parle un quart d’heure peut sentir tout cet affect qui monte, toute cette ire qui se concentre sans jamais s’évacuer. C’est ce qui est le plus triste et le plus incompréhensible pour moi. Comment un garçon qui prend conscience, qui comprend une partie des tenants et aboutissants, qui verbalise aussi bien et simplement ses névroses, qui a réussi à finalement poser une partie de ses problèmes, peut-il continuer dans ce même schéma de souffrance ? Je me dis que tout ces efforts sur lui-même devraient au moins désamorcer quelques processus douloureux ou quelques circuits coléreux.

Je lui expliquai cela, en lui racontant que lorsque j’ai pris conscience d’un certain nombre de choses, l’effet le plus bénéfique a été une libération, une émancipation, la joie de se sentir délié d’un carcan, d’une machine infernale, d’un chemin balisé qui mène aux plus funestes contrées. Et j’aimerais tant le sentir un peu plus « cool », un peu plus en accord avec lui-même (parce que j’ai la sensation que c’est un putain de mec bien !).

En échangeant, nous en sommes aussi venus à cette extraordinaire conclusion (que j’ai déjà exprimée sous des formes diverses et variées) : j’ai eu de la chance d’être pédé, ou bien de n’être que pédé. C’est-à-dire que cela m’a permis de me concentrer sur ce « handicap » (social, moral, physique etc.), et d’évacuer tout le reste jusqu’à ce que je sois en âge et en « conscience » de faire face à mon héritage psychologique. C’est malheureusement bien plus compliqué pour mon cousin. Je ne vais pas là minimiser mon parcours, ou bien même établir une gradation dans la souffrance, car il y a tellement de jeunes gens qui ne s’en sortent pas, qui se suicident, ou qui se brûlent les ailes. Et j’avais tout le potentiel pour cela.

Et pendant ce temps-là, une banale et bien sympathique fête de famille se déroulait dans la plus grande euphorie et joviale atmosphère. Tous ensemble, pour le meilleur et pour le pire.

  • Matooyage
Caramail s'est carapaté

Publié le Jeudi 19 Février 2009 - 23:41
Catégorie: Matooyage

Ah cette annonce de la fin de certaines activités de Lycos, et surtout Caramail, ne m’a pas laissé indifférent. Bah oui, j’en ai déjà pas mal parlé depuis que je blogue, et je vous l’ai déjà maintes fois expliqué, mais les trucs qu’on connaît dans sa verte vingtaine, c’est marquant ! J’ai connu Caramail en 1998, et j’avais donc 22 ans. Cara pour moi est le synonyme de mon arrivée sur Paris, de mon émancipation globale en tant que pédé, qui a son appartement à Bastille, qui a son boulot et qui continue ses études.

Attention, j’ai habité quatre ans un extraordinaire et spacieux studio de 14 mètres carrés, dont la porte d’entrée était une porte de placard à laquelle on avait habilement ajouté un verrou. Ma mère faisait des cauchemars à me savoir habiter une telle cage à lapin, mais moi j’étais juste le plus heureux du monde. Et puis j’adorais ma vue sur les toits et les flèches de Saint-Ambroise au loin.

Vue de mon premier appartement

J’avais résumé mon parcours sur internet il y a quelques années, et ça donnait ça :

Allez, en une phrase : mes premières expériences fugaces de 16 à 18 ans, ma dernière copine à 19, ma rencontre avec Caro qui m’a fait connaître la vie d’un pédésexuel moyen avec des premiers mecs et pas de plan Q (non l’amûûûûûûûr seulement je voulais), 1997 (20 ans) Thomas et le coming-out, 1998 (21 ans) le premier studio minuscule à Bastille, la connexion à caramail et le déniaisage (ouai quelques plans Q pour être sûr que je pouvais moi aussi le faire), les PA sur citegay, premier coup de coeur pour le fantastique site Ooups (pédéblog avant l’heure), les dîners et rencontres caramail sont fécondes (merveilleuse histoire avec Dadou), Yarps en 2000 et le système de profil qui s’affirme, Fosfoo (de Transcodage) devient Gayvox et commence sa montée en puissance tandis que Citegay est No1, 2000-2001 je suis avec Nico (pendant 1 an et demi) rencontré sur Yarps et je socialise à donf (trop) sur les sites gays, beaucoup moins sur caramail, fin 2001 fin de Yarps et migration massive vers Gayvox, Dialh s’impose comme le N°1 de la boucherie, premiers échanges orageux avec M. sous forme d’insultes très originales, rencontre M. de visu lors d’un dîner pour la fin de Yarps, putain on appelle ça « love at first sight », avril 2002 le démarrage M. et une socialisation accrue sur Gayvox, fin 2002 je tombe sur garoo sur fsh et de fil en aiguille je découvre la blogosphère (et GayAttitude), avril 2003 impossible de résister plus longtemps, je me mets au blog et renoue avec les communautés gays en ligne, avril 2004 finis les M&M’s, je traîne assidûment mes guêtres sur Gayvox, Rezo-G et GayAttitude, je rencontre des blogueurs et réalise la proximité entre les deux typologies de communauté (les pédéblogs ne sont, en gros, que des profils de rencontre détaillés, qui servent à commu-niquer).

Ainsi Caramail a été à partir de 1998, après l’usage de l’email l’année passée, « l’endroit » où j’ai passé le plus de temps, et qui a du faire gagner beaucoup de sous à France Télécom (mais moins que le Minitel, que je n’ai presque pas utilisé… mais un peu quand même). Beaucoup de pédés sont dans le même cas, et cette recherche incessante de terrains de rencontre et de socialisation, terrains de jeux ou terrains de chasse selon les acceptions des uns et des autres, a fait que les homos ont souvent été précurseurs dans ce domaine. Ainsi dès l’avènement d’IRC, ou donc Caramail qui était plus complet avec des profils, des forums, une messagerie, finalement un ancêtre des réseaux sociaux actuels, les tapioles ont eu un immense espace de liberté à préempter.

Et il est vrai que l’époque était assez incroyable. L’internet balbutiait tout justement, je me rappelle que Yahoo! était l’outil incontournable pour trouver son chemin sur la toile, et que tout mon entourage ignorait bel et bien ce média. Je me souviens aussi des regards suspects, ou ironiques et moqueurs, ou encore inquiets, que ce soit de ma famille ou de mes amis (homos ou pas) : « Quoi tu parles à des gens sur internet ? Tu rencontres des gens sur internet ? Ah c’est bizarre… Franchement je ne pourrais pas, ça ne prendra jamais. C’est vraiment très artificiel comme moyen de communication etc. » Et quelques années plus tard, on me servait évidemment le discours diamétralement opposé sans jamais se remémorer ses premiers réflexes. Hé hé hé.

Caramail offrait donc l’arsenal de base pour communiquer, rien de bien plus performant ou deuzéro que ce que l’on trouve aujourd’hui : messagerie, forum, chat, profil consultable… Mais ce qui était assez bluffant c’était la communauté !! Je suppose que le bouche-à-oreille a fonctionné, et rapidement les gays de France et de Navarre se sont retrouvés dans ces chat room. Cara bénéficiait d’une application java particulièrement ergonomique et très simple à appréhender, et d’une chat room « gay », il y eut très vite des multitudes d’autres rooms, thématiques ou géographiques. Une seule me convenait, celle où il fallait être, or ce n’était pas toujours une sinécure d’y pénétrer. En effet, le système faisait que 32 personnes seulement pouvait en faire partie, et à la 33ème alors il y avait création automatique d’un espace au même nom mais qui s’incrémentait (donc on se retrouvait seul quelques temps).

A cette époque, je ne foutais pas grand-chose de mes journées, et j’avais tout le loisir de tchater avec ces fameux caramailiens. Et moi, mat_ofthenite, je devins un habitué, au même titre que les monchien, lecapitan/thony26, roch10, reve8, dragon.jade, Jabba_the_hutt, damisud, saitek, tigrou, Yaten, feu.des.enfers, cobaye, anorak, yannusd, caneton, gandalf9, soizic et j’en passe et des meilleurs !

En ce temps là (hihi), les appareils photos numériques n’étaient pas légion, et les scanners ou les webcam non plus, donc on discutait beaucoup à l’aveuglette. Mais rapidement, le « no pic no dial » et toutes ces expressions de sites de rencontre ont émaillé nos échanges. Et les premières photos ont circulé, souvent des scans de mauvaise qualité de mauvaises photos, quand il ne s’agissait pas d’un pillage en bon et due forme. D’ailleurs, j’avais eu une fois l’honneur de me faire draguer avec une photo de moi-même !!!! (J’avais tout de même dit à mon interlocuteur que j’aimais beaucoup son goût pour les mecs.)

J’ai eu très tôt une webcam, et j’avais conservé mon tout premier cliché (enfin vu le nombre dans le fichier, ça doit être le 5ème, mais je pense que les autres devaient être des tests) dans mon premier appartement. Le voici :

image005 c'est son nom !

On trouvait de tout sur ce site, des plus improbables freaks, comme j’ai pu le remarquer encore il y a quelques années :

Caradial du jour !

Mais j’ai surtout conservé de mémorables souvenirs de rencontres inopinées des plus dingues et exaltantes. Et aussi des mésaventures dont les réminiscences me font encore honte… Hu hu hu. Quelques histoires d’amour ont évidemment pointé leur nez, ainsi que des amitiés et des liens qui perdurent sous une forme ou une autre. Les gens les plus présents du tchat étaient donc ceux qui se connaissaient le mieux, et qui avaient aussi créé un forum pour échanger de manière différente (et un peu moins évanescente d’un simple dial qui défile). Le forum « des amis que nous avons tous » (c’était son nom) est alors devenu the place to be.

Et vous connaissez les pédés, en quelques mois, c’est surtout devenu the place to love, fuck, hate et revenons à la case départ. J’appelais cela « Santa Caramélia » tellement nous nous serions cru dans un soap, et que ces nouveaux outils nous fournissaient le cadre idéal pour fomenter les plans les plus machiavéliques. Car quoi de plus idéal qu’internet et que la communauté web pour tromper, dissimuler, mentir, fabuler, jouer etc. Déjà à l’époque, cela nous semblait ridicule, et je me souviens d’échange désopilants sur ce forum. Enfin rien que de très banal et tout à fait similaire à ce qui se fait encore aujourd’hui, sur la blogosphère aussi d’ailleurs. J’en ai retrouvé un exemple (je garde tout !). Alors pour que vous compreniez : Arnaud sortait avec Jeff, et comme Jeff a largué Arnaud, alors ce dernier en tant qu’admin l’a radié du forum. Cela choque tout le monde, car on ne veut pas prendre parti (et puis merde il est mignon Jeff, ça se fait pas), donc la suite n’a été que déclaration dramaqueen sur drames élisabéthains pour annoncer des départs (qui ont vite été réinscrits).

De:
feu.des.enfers@caramail.com  [Ajouter au carnet d'adresses]
Sujet:
  Que vous dire ???? 
A:
  Forum_de_mes_amis_que_nous_avons_tous
Date:
06/09/01 09:53:45

J’ai mal, j’ai tres mal et comme tu le dis David, les
circonstances de tout ne vous regarde pas.

Seulement, j’ai une rancoeur d’une taille phenomenale (et
là c’est plus un aveux qu’une explication) envers lui et je
reconnais que si je n’etais pas admin de ce forum, c’est
moi qui en partirai. Car lire son nom, son nick ou tout
autre commentaire (ou absence de commentaire) qu’il est
capable de faire me font mal.

Honnetement, ce n’est même pas “notre” rupture qui m’a fait
agir de la sorte, bien loin de là. Ce sont les actions qui
ont suivi, tout ce qui s’est passé ensuite m’a revolté et
fait ce que j’ai fait (je n’ai pas attendu plus de 2 mois
(vous me connaissez, je suis impulsif) pour le plaisir, un
evenement a U lieu, et cet evenement à mon sens est
impardonnable).

Voilà, c’est tout ce que je peux en dire, sans vous prendre
la tete, je pense aussi comme tigrou, et que finalement,
j’aurais p.e mieux fait de m’en desinscrire sans crier gare
et y laisser Jeff ?? L’avenir ne nous le dira pas !

A ceux qui se reconnaissent, je leur dit que je les aime
plus que tout au monde.

braisiers de feu

———————————————————————–

De:
Olivier  [Ajouter au carnet d'adresses]
Sujet:
  Mes adieux 
A:
  Forum_de_mes_amis_que_nous_avons_tous
Date:
06/09/01 10:18:33

C’est devenu le forum d’Arnaud ici???? et depuis quand?

Bon j’ai plus aucun intérêt à y rester.
J’ai écris le premier message de se forum lors de sa
création. c’était un forum ou l’on se retrouvais tous, les
prises de gueules, des règlement de compte n’y avait pas
leur place. je vois que ca bien changer !!!

Quelle désolation, quelle honte !!!

Ce message sera mon dernier. je vais m’y désinscrire sur le
champ. Plus d’intérêt ici s’il faut être l’ami d’arnaud ou
être en accord constant avec lui. Ce que je refuse.

Adieux à tous

Mouahahaha, qu’est-ce qu’on avait comme temps à perdre… ;-)

Enfin Cara c’était aussi pour moi une bande de potes qui ont beaucoup compté à une période importante de ma vie, et c’est aussi pour cela que je garde une certaine affection et considération pour ces personnes. Nous avons organisé des caradîners et carasoirées dès fin 1998 si ma mémoire ne me trompe pas. J’ai encore les photos de ces soirées, et je tiens là des dossiers bien épicés… Hu hu hu. Ce sont de fabuleuses images qui me reviennent en tête, et je suis rétrospectivement vraiment heureux, et me sens chanceux, d’avoir connu cela.

Souvenir des soirées Caramail

NdB: MonChien a aussi écrit un article à ce sujet !

  • Matooyage
Sense and sensibility

Publié le Mercredi 4 Février 2009 - 0:28
Catégorie: Matooyage

Son placard :

Son placard

Mon placard :

Mon placard

PS : En fait, tant que la porte est fermée, ça me va. :help:

  • Matooyage
Métrhéologie* appliquée

Publié le Mardi 3 Février 2009 - 23:21
Catégorie: Matooyage

En ce moment, et particulièrement aujourd’hui, vous pouvez assister tous les matins à une démonstration assez spectaculaire de mécanique des fluide appliquée à des êtres humains circulant dans les couloirs du métro. Plus exactement, prenez la station République entre 8h45 et 9h15, faites quelques travaux qui obligent certains passagers de la ligne 8 à emprunter le noeud d’échange principal au lieu de l’accès direct au quai.

Ce véritable carrefour républicain, qui voit les transhumants des lignes 3, 5, 8, 9 et 11 se croiser tous les matins et tous les soirs, n’a pas toujours la dimension adéquate pour que le flux s’écoule sans heurt. Mais habituellement on s’en sort avec quelques frottements et turbulences, tout en ayant au final un écoulement quasiment laminaire. Seulement depuis les travaux, cela ressemble à peu près à ça :

Embouteillage dans les couloirs du métro République

Je sors de la ligne 3 pour emprunter, à gauche, la ligne 8, tandis qu’en face c’est la 9, et à droite la 5 et la 11. Et là, avec ce peuple, on a au centre des particules avec des mouvements dont le nombre de Reynolds est manifestement supérieur à 3 000 !!! Evidemment, les gens viennent de toutes les directions et s’orientent vers autant de lignes, du coup vous avez au centre même de ce croisement des embouteillages incroyables. Plus les gens poussent, avancent, se glissent, feintent, et plus l’étau se resserre, plus les corps se bloquent et finissent dans un état lamentablement statique.

C’est ainsi que j’ai mis 15 minutes ce matin à rejoindre cette nébuleuse, et que j’ai finalement opté pour la ligne 9, plus accessible (j’ai récupéré la 8 quelques stations plus tard). Ce qui est fou, c’est que les quais ne sont pas plus blindés que d’habitude, vu qu’il n’y a pas plus de voyageurs, c’est juste que les tuyaux ne sont pas assez gros.

* Un matoologisme de « métro » et « rhéologie ». La rhéologie (du grec reo, couler et logos, étude) est l’étude de la déformation et de l’écoulement de la matière sous l’effet d’une contrainte appliquée. [source wikimachin]