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L’American Ballet Theatre Au Théâtre du Châtelet

Publié le Lundi 12 Février 2007 - 20:10
Catégorie: Matage, ThéâtrOpérage

Tout a commencé comme une de ces hasards du blog que j’adore. Il y a quelques temps j’ai remontré un extrait d’un ballet contemporain sur une musique de Philip Glass, ce dernier étant un compositeur que j’admire et dont j’ai beaucoup parlé ici. Je ne savais pas exactement qui avait chorégraphié ce ballet, ni s’il en existait des enregistrements vidéos. Et voilà que Laurent, que ses bontés envers moi lui soit rendu au centuple au paradis des pédés, m’apprend en commentaire que, non seulement, ce ballet est de Twyla Tharp, mais qu’en plus il va être visible au Théâtre du Châtelet ce dimanche. Ni une, ni deux, j’ai dégainé ma carte bleue et me suis dégoté deux excellentes places (en plein milieu d’orchestre), en pensant à ma Cici d’amûûûr dont c’était l’anniversaire.

La troupe de l’American Ballet Theatre m’a beaucoup fait penser aux danseurs du « Swan Lake » de Matthew Bourne, dans le sens où on trouve là des athlètes superbes qui magnifient des shows millimétrés, mais qui manquent peut-être un peu de la grâce et la perfection des ballets « traditionnels ». L’originalité de ce programme résidait vraiment pour moi dans une approche chronologique aussi divertissante que didactique. En effet, on y a vu trois ballets de trois époques et de trois genres, en démarrant par Mozart (18e), en finissant par Philip Glass (fin 20e, début 21e) et en passant par Gustav Mahler (fin 19e, début 20e).

La « Symphonie concertante » fut donc la première oeuvre de Mozart avec une chorégraphie très classique et superbe de Balanchine. Un vrai régal pour les yeux, et un apaisement de l’âme sont instillés par les mouvements de symétrie et les expressions ce ballet. Mais petit bémol, comme je le disais plus haut, il manquait un rien de grâce et de légèreté, une toute petite touche encore plus classique et éthérée en plus.

Ensuite, on a eu droit aux « Dark Elegies » de Mahler, avec une histoire à pleurer dans les chaumières (très bien racontée en allemand par un chanteur lyrique, même si évidemment, je n’y ai rien entravé) et une chorégraphie d’Anthony Tudor. Cette dernière était déjà sans doute très arty à l’époque (1937), et on ne peut pas dire que ça ait si bien vieilli que cela, comme Laurent le soulignait. Malgré cela, les danseurs et danseuses sont remarquables, et servent admirablement l’oeuvre. C’est juste vraiment trop dépressif, Mylène aurait adoré. (Gvgvsse va me tuer pour cette remarque, rhoooo !)

Et enfin l’apothéose, nous sommes en 1986, et Twyla Tharp crée cette chorégraphie extraordinaire sur l’extraordinaire musique de Philip Glass… « In the Upper Room ». Simplement magnifique et terriblement émouvant, j’ai été saisi, retourné, convulsé, excité, affolé, extasié pendant tout le ballet. Aaaaaah mon petit Philip, je t’adore !

Et là les performances physiques et artistiques de la troupe prennent toutes leur importance, et démontrent leur excellence avec un certain brio. Tout m’a plu. Tout ! Le décor fait de lumière et d’un fantomatique brouillard d’où les danseurs et danseuses surgissent, comme du néant. Mais aussi les costumes et les couleurs qui s’animent par les gestes précis et syncopés des hommes et des femmes. Tableaux par tableaux, ils composent une oeuvre rythmée, cadencée, formellement très belle et foncièrement remuante. On est alpagué dès les premières notes, et on n’est relâché qu’à la dernière, essoufflé, terrassé, et heureux d’avoir vécu cela.

Désolé, je ne peux être que dithyrambique, et c’est aussi sincère que totalement subjectif. Car je dois reconnaître que les ressors musicaux sont assez faciles, et que c’est de la musique plus « populaire » que « classique », que cela paraît même grossier à certains ou de « concierge ». Mais j’y suis sensible à un point que vous ne pouvez pas imaginer, et cette mise en mouvement de cette musique produit une oeuvre monolithique et indissociable qui m’a totalement conquis.

Encore, encore, encore !

Concierge poweeeeeer !