38

J’écoutais tout à l’heure dans le métro le dernier épisode du génial podcast Radiolab.

Things ou l’attachement des gens aux choses, ou d’ailleurs aussi le détachement aux choses d’autres gens. Ces histoires de personnes qui relient des émotions et des souvenirs à des objets bien tangibles me sont particulièrement familières puisque je suis du genre à conserver une panoplie de mnémotrucs de toute ma vie. Pourtant je suis également du genre à jeter et me débarrasser de mes affaires sans émotion, mais j’ai des totems, des reliques, des amulettes et des grigris qui sont de petites choses insignifiantes mais des choses qui évoquent des périodes (joyeuses ou tristes d’ailleurs), des personnes ou des émotions.

Dans un de mes tiroirs, il y a ce petit bout de bois auquel je pensais. Un morceau de bois trouvé par mon amie Marie-Aude sur une plage de galets de Dieppe une fin d’année scolaire de 1984. Il nous faisait penser au bas d’un corps avec les deux jambes croisées.

Bout de bois usé par la mer

Une des histoires du podcast était à propos d’un homme qui se remémorait un épisode de son enfance et particulièrement ses huit ans. Et je me suis dit oh mais j’avais cet âge là moi aussi, du coup c’est fou c’était il y a VINGT ANS !! Et là il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que 1984 et 8 ans bah ça faisait plutôt donc un souvenir vieux de TRENTE ANS !!! Eh ouai 38 ans, ça y est !! Hé hé hé.

Marie-Aude m’avait aussi donné ce caillou poli par les flots, que j’aime aussi énormément, et qui est dans un autre tiroir à malices. Je me souviens lui avoir dit que je garderai cela en signe d’amitié aussi longtemps que possible. A l’époque on ne savait pas si on aurait une amitié aussi durable. Force est de constater que nous sommes restés côte à côte (même classe, même table) pendant presque 10 ans, du CP à la troisième ! A la fin on était devenu une sorte de phénomène, les profs n’osaient pas nous séparer de peur de nous traumatiser (je sais que certains militaient pour cette rupture, mais au final personne ne voulait prendre la responsabilité d’une expérience aussi incertaine).

Caillou poli par la mer - Plage de Dieppe

Je n’ai plus autant de petits colifichets fétiches (j’aime les allitérations vous savez) comme cela, mais de temps à autre, j’enrichis tout de même ma collection. Je pense que le plus récent doit être cette mini boite à musique achetée à un concert de Diterzi. Souvenir de ce magnifique concert, de la soirée avec mon chérichou, et ces quelques notes qui sonnent et tintent spécialement à mes oreilles et mon coeur.

Il y a des trucs tellement mais tellement cryptiques, mais TELLEMENT moi !! Je pense à ces vieilles choses anodines du passé qui me fascinent, comme cette règle à calculer de Gaz de France que mon père a retrouvé dans une (très) ancienne armoire à son boulot (j’ai une certaine passion pour les règles à calculer et les abaques de toutes sortes).

Règle à Calculer Gaz de France

J’ai aussi cet agenda (vierge) et ce plan de Paris (et métro) de 1946 qui appartenaient à ma grande-tante et qui me la rappellent aussi.

Agenda et plan de Paris de 1946

Cette mezouzah aussi achetée avec Diego lors de notre périple en Israël est un cher souvenir qui célèbre pour moi l’amitié si précieuse pour mon Diegito.

Mezouzah

Et puis sinon j’ai aussi ma petite mallette à souvenirs…

Mallette à souvenirs

Mallette à souvenirs

C’est un truc que j’ai rempli au lycée, je me souviens. Ma chambre était blindée de ces petites choses de l’enfance et l’adolescence, et je me suis dit que j’allais commencer à jeter plein de trucs, plein de souvenirs. Du coup, j’ai passé ma chambre au tamis, et j’ai récupéré les trucs qui me parlaient le plus… Et pendant le lycée, j’ai ajouté des choses spécialement attachées à des personnes ou des soirées qui m’avaient marquées. N’IMPORTE QUOI !!! Le truc d’ado quoi… Des coquilles de pistache, des paquets de clopes vides, et je me rappelle super bien de tous les détails liés à ces peccadilles.

Mallette à souvenirs

J’ai ainsi sauvé mes cahiers d’écriture du CP, un Mickey et un Pif poche, des médailles de tennis et judo, une boite de bonbons que ma grand-mère m’avait donné et qui sentait bon l’anis et tant d’autres choses !!!

Et un des trucs les plus importants, ça doit être cette serviette orange à carreaux. C’était je crois pour mon quatrième anniversaire, et mon oncle demandait à ma mère ce qu’il pouvait m’acheter pour me faire plaisir. Ma mère m’a interrogé et j’ai répondu « je voudrais un baluchon » ! Eh oui, j’étais fasciné par Nestor le Pingouin à l’époque et surtout par son baluchon. JE VOULAIS UN BALUCHON. mon oncle m’a pris au mot et m’a confectionné un baluchon avec une branche de noisetier du jardin qu’il avait gravé au couteau à mon nom, et ma tante avait fait un baluchon avec la serviette qui contenait des bonbons et des conneries.

Eh bien c’est un des plus beaux souvenirs de ma vie. J’ai été heureux comme jamais, presque autant que cette fois où je me suis promené en ville avec mes oreilles de Mickey ! J’ai porté mon baluchon avec beaucoup de fierté et de prestance. Huhuhu.

Je conserve aussi mes lettres de colonie de vacances, mes journaux intimes et quelques autres conneries du même acabit. Après je ne pense pas non plus que je pleurerais si je perdais tout cela. Pour la simple et bonne raison que j’oublie régulièrement que j’ai ces trucs là, et que je les redécouvre au hasard de la recherche d’une enveloppe ou d’une agrafeuse dans un tiroir.

J’ai aussi conservé quelques objets chargés d’un affect bien plus négatif, et je ne m’explique pas pourquoi. Souvenir d’humiliation, de souffrance ou de mépris de moi-même, j’ai aussi ces breloques totémiques maléfiques dans les recoins de ma valisette. Comme quoi, j’ai très tôt été instinctivement attiré par Marc-Aurèle…

Ces 38 ans sont un peu effacés par le mariage qui approche, dans trois semaines nous y seront presque !! Ce qui est étrange c’est que de mon côté ou celui de chérichou, nos parents sont les plus âgés. J’en faisais assez ému la remarque à ma maman, d’abord en regrettant l’absence d’êtres chers et qui auraient tellement aimé être là, mais aussi un peu angoissé à l’idée que la génération de mes parents est la prochaine à passer à la casserole (ce qui fait chier, putain). Mais c’est comme ça évidemment.

Il faut que j’écrive à Marie-Aude (on est en contact via Facebook évidemment), que je connais donc depuis 32 ans, que je lui dise que j’ai toujours son caillou et son bout de bois de Dieppe.

37

Me voilà en vadrouille à New York pour me remettre enfin au blog. Mais il faut dire (pour ma défense, huhuhu) que j’ai eu quelques dernières semaines vraiment difficiles. Je commence à récupérer et à faire quelques nuits réparatrices. En effet, pour la centième fois je change de boulot tout prochainement. Et je suis là à NYC justement entre deux jobs. Sans mon chérichou malheureusement qui ne pouvait pas avoir de congés, mais en très bonne compagnie avec mon Diegito à qui je rends donc visite. Il a quitté Bruxelles il y a presque un an pour s’installer dans cette ville de dingos. À lui les égouts qui fument, les taxis jaunes et les Musicals de Broadway !!

Mais bon un post numéroté comme cela, je n’en fais que mon deux choses : mon anniversaire et celui de cet humble carnet. 37 c’est donc mon nouvel âge canonique, et comme le dernier, je ne l’ai pas célébré en grandes pompes, pas du tout même. Bah c’est juste que ça me fait grave chier de prendre des années dans la gueule comme cela sans prévenir, et depuis quelques années, il me faut toujours deux ou trois avant avant d’assumer un passage de jalon. Je ne vous dis pas comment vont se passer mes 40 ans !!! C’est con parce que l’on ne peut pas dire que je vive cela tellement mal. Je ne suis pas non plus un jeuniste ou nostalgiques de mes vertes années. Mais cela me fait juste chier de ne plus être jeune, et d’être en plus malade, et mal en point (la rate qui se dilate et tout), et bref de filer droit vers la tombe. Ok ok ok, je sais je n’y suis pas encore, et il me reste quelques heures encore devant moi. Mais c’est un sentiment et un fait instinctif que je ne peux pas ignorer, même si je le recouvre sagement d’une bonne couche de bon sens et de refoulement de grande personne.

Je change juste de boulot donc j’ai encore quelque attraits pour mon monde professionnel (j’en viens à fort douter du double sens pernicieux et vicié de cette assertion), et vraiment je ne suis pas malheureux du tout. En premier chef d’ailleurs surtout parce que je suis très heureux en amour, et que je ne connais pas d’autre source de bonheur que celle-ci (bah oui hein). Donc ils vont bien devoir se passer ces satanés 37 balais !!! Bon au moins le chiffre me plait ! Hu hu hu.

Allez à la revoyure… New York (sous la pluie battante) m’attend !!

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36 (et 4 et oh là là)

Oh là là.

J’ai toujours adoré cette expression française si typique et intraduisible, si étrange à nous mêmes puisque les mots qui la constituent, pris un par un, ne veulent pas dire grand chose. Et c’est certainement un de ces charabias idiomatiques qui fait le plus rire les étrangers ou ceux qui apprennent notre langue, à cause de cette drôle de sonorité et cette forme onomatopéique rigolote. Ce que j’aime particulièrement c’est qu’on peut prononcer cette expression d’une quinzaine de manières différentes, dans des situations et des domaines d’applications d’une incroyable variété, et sur une échelle qui va du triste au joyeux, du pessimiste à l’optimiste, ou du pire au meilleur !

Parfois c’est même tellement ambiguë qu’on doit préciser ce que veut dire l’autre, genre : « Oh là là, t’as entendu le dernier Lady Gaga ? ». Ce qui peut vouloir dire « Mon Dieu, c’est tellement génial que je vais mourir » ou alors « Mon Dieu, c’est tellement mauvais que je vais mourir ». C’est vraiment dingue car on peut aussi bien souligner avec un « Oh là là », j’ai adoré ou j’ai détesté. Oh là là n’est finalement qu’un bête marqueur d’emphase qui s’emploie à toutes les sauces. Arfff.

Voilà pour mes 36 ans donc, « Oh là là ». Hé hé hé.

4 c’est pour la barre des 4 millions de visiteurs qui a été franchie récemment, et qui est une autre sorte d’achievement. Oui je saiiiiis, les blogs sont morts, mais je continue tout de même à poser ma crotte, et à prendre du retard dans mes posts. Je tiens bon, et je ne lâche pas l’affaire !!

Nan mais j’avoue ok les 36 ans là, ça me saoule. Pfff. Ok je ne peux pas faire autrement, mais je me vois vraiment vieillir maintenant, autant dans le miroir que dans les yeux des autres, et il y a plus plaisant comme réalisation de soi. Hé hé. Du coup, je ne veux pas les célébrer ceux-là, je ne les ignore pas pour autant, et j’adooooore qu’on me le fête, mais cette année pas de grosse teuf ou de manière de marquer cela. Je reviendrai sans doute l’année prochaine un peu plus rasséréné à ce sujet, mais il me faudra sans doute une année pour le digérer complètement.

L’âge ne m’a jamais trop touché intrinsèquement, mais plutôt pour le modèle social qu’il revêt. En tant que pédé, j’ai déjà la chance d’échapper à une bonne palanquée de clichés normatifs, mais j’ai toujours eu une certaine vision associée à une tranche d’âge, et je ne peux m’empêcher de me passer au crible une fois dans le créneau. Et là je vais vers la quarantaine, genre je suis un adulte. Genre j’ai un taf sérieux, je suis en couple sérieux, j’ai de sérieux projets, et c’est plus la déconne quoi. Fuck… ça donne juste envie de tout balancer par la fenêtre.

Je sais que j’ai le droit d’échapper à ces modèles, et de faire ma propre route, devenir ce que je veux ou ce à quoi j’aspire. Mais j’ai toujours ce désir ambivalent entre raisons et sentiments, entre idéal et concret, entre logique implacable et flou artistique. Mais Ars longa, vita brevis dit-on… Heureusement, je suis en couple avec quelqu’un qui est à peu dans la même optique et dans les mêmes affres, alors on est au moins deux à se poser des questions existentielles, et notre amour est au moins le truc sûr auquel on peut s’accrocher.

J’ai déjà 3000 fois (au moins) expliquer mes motivations et philosophies, à coup de Marc-Aurèle vous le savez bien, mais aussi dans Voltaire et autres billevesées. Et c’est drôle mais c’est lors de ces posts « anniversaire » que j’aime rappeler ces textes « fondateurs » du blog et plus que cela. Là en réfléchissant à ce que je pourrais écrire, c’est marrant mais il me vient presque toujours la même chose.

Pourquoi j’écris ici ?

– par narcissisme éhonté
– par passion de l’écriture, et ce moyen d’être lu tout en restant à sa place et sans jouer ni les écrivains, ni les journalistes, juste les scribes du quotidien
– par adhésion à une communauté de plus (élitisme de bas étage)

Ce que je veux dans la vie ? Etre heureux ! Comment ? Comme Voltaire !!! (Excusez du peu !!)

Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire.

Et si je devais retenir quelques trucs pour garder les idées au clair même par temps de brouillard ?

Mais tout ce fatras de pensées me replongent aussi dans le dilemme passion/raison. On a certainement l’impression d’être heureux quand tout bouge, quand les sentiments sont hauts en couleur, que sa vie semble intense, que rien n’est figé, mais est-ce bien là le bonheur, ou une simple illusion qui cache la douleur ? Quant à avoir une existence calibrée, étalonnée et normalisée, ce n’est évidemment pas la solution. Et non comme d’habitude, le secret réside dans la délicate mixture de tout cela… Il faut savoir doser. Il faut avoir des repères, des piliers (famille, amis, boulot), et il faut aussi broder au dessus de cette ossature. C’est essentiel pour s’émanciper, pour grandir et pour ne pas s’emmerder dans la vie. Et là, je crois fermement à trois axes de développement : Apprendre – Jouir – Créer.

« Apprendre » correspond à cette activité de remise en question permanente de soi et de ses savoirs, cela revient aussi à ingérer de nouvelles connaissances dans des domaines inédits, à ne pas se fermer aux sciences, aux lettres ou aux arts mais au contraire à s’y sensibiliser et à finir par « sentir » ou comprendre par soi-même, donc par assimiler ce qu’on a découvert.

« Jouir » parce que c’est une des choses que notre situation nantie nous permet (si j’étais né au Bangladesh en effet, j’aurais peut-être une priorité différente), et que contrairement à notre morale judéo-chrétienne, il n’y a pas de mal à se faire du bien. Il faut bien manger, bien boire, faire la teuf avec ses potes, faire l’amour, être amoureux, avoir des amis, fréquenter des gens différents et s’en enrichir… Il faut aussi rire, se marrer, glousser, pouffer, badiner, se bidonner, se poiler, se tordre, se taper le cul par terre !!!

Enfin, « Créer » est le troisième et dernier axe de développement personnel. En effet, je suis persuadé qu’on doit tous se trouver une activité créatrice, qu’elle soit artistique, littéraire ou corporelle. C’est tellement extraordinaire et libératoire de pouvoir s’exprimer, se manifester par les mots, la danse ou un collage… ou un blog. « Créer » c’est engendrer une chose nouvelle qui n’est le fruit que de son propre esprit, c’est se désincarner, c’est libérer son énergie, délier son âme et expulser ses émotions (positives ou négatives) tout en se faisant du bien. En outre, c’est une source, à la fois, d’introspection et d’analyse de soi qui fait du bien, c’est aussi une manière de conjurer ses affections psychiques et de se voir avec plus d’acuité que jamais, pour mieux se connaître et donc mieux s’appréhender.

Et à vous mes lecteurs chéris que j’ai rencontré ou pas, je vous fais un gros bisou, parce que je vous aime beaucoup. :)

35

J’avais 26 ans quand j’ai commencé le blog en 2003, et tout naturellement me voilà à l’aube de mes 35 ans. THIRTY FUCKING FIVE!!! Tout comme mon frangin cosmique d’ailleurs, et mes autres coreligionnaires de 1976 qui ont passé ou vont aussi passer la barrière. Je crois que j’ai mis tellement longtemps à accepter mes trente ans, au moins deux ans, ou plutôt accepter de faire le deuil de cette vingtaine (entre deux décennies décidément charnières pour moi), que les trente-cinq ne me troublent pas trop.

C’est la ligne droite vers la quarantaine, mais c’est con de dire ça, car c’est de toute façon toujours une ligne droite, et ça va forcément en croissant, huhu. Je me souviens de ma Grande-Tante qui racontait à 93 ans qu’elle se sentait dans sa tête exactement comme quand elle avait 20 balais, et que c’est quand elle se regardait dans le miroir qu’elle réalisait son âge. Elle nous disait : « Ooooh à part toutes ces rides, j’ai pas changé hein, je me reconnais bien, et j’ai l’impression de n’avoir pas beaucoup évolué depuis les 75 dernières années… » Evidemment, je n’en suis pas encore là, mais cela fait bizarre de se dire que j’étais en troisième il y a vingt ans, qu’une bonne partie de mes profs sont subclaquants, qu’il ne me reste à présent que des parents vieillissant et une génération de papy-boomers qui cahin-caha finira par nous laisser la place. J’ai rencontré ma copine Marie-Aude le premier jour de la rentrée du CP, il y a 29 ans. Elle est mariée avec deux enfants, et je suis moi-même bien « installé » dans la vie… Mon amie Virginie accouche dans quelques jours, alors que nous célébrions son mariage l’année dernière.

Un mois plus tard je commençais à voir flou, et quelques mois plus tard, je me retrouvai à l’hôpital dans cette nouvelle peau de diabétique… Piouuu que d’aventures, et encore je ne raconte pas tout de ces turpitudes de vie dignes d’une sitcom que je me trimbale parfois !! Le blog reste une activité qui me plait, et que j’utilise aussi pour me forcer à écrire car je pense que c’est une gymnastique vertueuse. C’est aussi un vecteur de rencontres inattendues et qui ont modelé un peu le gars que je suis devenu tout au long de ces 8 dernières années.

Mais comme d’hab, le truc le plus important pour moi dans la vie c’est l’amour. L’amour de mes amis, celui que je leur porte et réciproquement, qui est l’ineffable pilier qui soutient tel un Atlas mon petit monde personnel. Les amis, vous savez, cette famille qu’on se choisit et qui nous choisit en retour. Et ce truc incroyable qui m’arrive depuis 4 ans, et qui ne cesse de me ravir, ce chéri que j’aime plus que tout au monde, et qui pense bien souvent ce que je suis en train de penser en même temps, qui me rend fou de rage tant il est bordélique, fou de passion tant j’aime sa peau, son odeur et sa bite, fou de raison tant il est évidemment le bon pour moi et que je pense être aussi le bon pour lui. Ooooh je sais que les jeux ne sont pas encore faits, et je peux me faire larguer juste le temps de poster cela, mais ça ne changerait pas mes sentiments et cet état de fait, cette évidence même.

Bon bah voilà, 35 ans, un joli chiffre pour un an, un âge adulte sans conteste, je ne sais pas encore ce que je vais en faire. On en parlait ce week-end notamment avec quelques amis, on accumule tous des années d’expérience, professionnelles et personnelles, et c’est difficile de choisir (c’est déjà bien quand on a le choix !) entre une vie plan plan mais pas palpitante, une vie stressante et peu gratifiante mais qui finance certains plaisirs, une vie de bohème qui nourrit l’esprit mais pas les projets… Je pense que quelles que soient les décisions et les inflexions qui mènent de-ci de-là, on a tous un sentiment de regret qui point à un moment. Regretter d’être devenu comédien et de devoir faire un taf de merde pour vivre la plupart du temps tout en ne partant pas en vacances, et à galérer même dans le quotidien des auditions et des aspirations artistiques auxquelles on essaie de se raccrocher, mais avoir quelques bouffées de bonheur indescriptible quand on foule les planches et qu’un souffle vous transcende et vous convainc que vous êtes à la bonne place au bon moment. Etre à la Défense toute la journée à élaborer des projets, et passer 80% de son temps et son énergie à des tâches ennuyantes et à la finalité floue, faire semblant pour en tirer le maximum et profiter de l’aisance financière pour se faire plaisir, et faire le maximum pour ne pas perdre son âme dans ce pandémonium. Je crois qu’il y a aussi des gens qui arrivent à viser juste, entre les deux, mais dans tous les cas, on se remet forcément en question, et on est rarement gagnant sur tous les tableaux.

Moi j’ai choisi de me concentrer sur les trucs qui me font du bien, comme les narvals, les mitochondries ou Marc-Aurèle. Voilà les constantes de mon existence, ce pour quoi je trouve que la vie c’est quand même vachement bien et cool. Ajoutez à cela mon mari d’amour (avec une bonne bite hein, forcé), mon onzième arrondissement chéri, mon Osny natal et sa viosne enchanteresse, et je crois qu’il ne m’en faut plus beaucoup plus (bon un verre de Coca Light bien frais siouplé) pour ne rien vouloir de plus.

[Mis en ligne à 7h50 histoire de coller exactement avec la bonne heure.]

34

34 comme ce nouvel âge, ou bien comme l’Hérault où a eu lieu, ce week-end dernier, le mariage de ma meilleure amie. Ah là là, ça y est, Virginie est mariée, et ça fait un sacré effet. Nous y étions avec Diego et Donato, et ces retrouvailles étaient aussi très émouvantes pour moi. En effet, et le blog en témoigne, nous avons passé des moments inoubliables, et que je considère un peu comme fondateurs de notre amitié. Je vois Diego plus souvent, et vous en entendez plus souvent parler ici-même, mais être ensemble au mariage de Virginie semblait une ineffable évidence.

Mariage de Virginie et Benoît

Tout s’est très bien passé, et nous étions dans un cadre idyllique avec une cérémonie à St-Guilhem-le-Désert qui est un des plus beaux villages de France, et plus tard dans un château complètement isolé au beau milieu de la pampa. Le truc bien aussi c’est qu’on adore tous son mec, ce qui n’est pas toujours évident, mais son mari (il faut s’habituer à ce nouveau vocable) est génial à tout point de vue. Et puis il suffit qu’il décoche un sourire pour nous rendre fort docile. Huhuhu.

Virginie et moi nous connaissons depuis le lycée, donc depuis en gros 18 ans, et nous habitions tous les deux dans le joli Vexin français à quelques kilomètres l’un de l’autre. Nous avions aussi en commun nos névroses et nos familles psychopathes, et là j’ai pu au moins réaliser à ce mariage que, comme disait si justement Douglas Coupland, toutes les familles sont psychotiques. Hé hé hé. Diego et A. avaient pu aussi s’en rendre compte puisque début mai nous étions dans ma propre famille pour les 60 ans de ma môman. Le père d’A. était aussi invité puisque nous avons fait se rencontrer nos familles il y a quelques temps, et que tout s’est très bien passé (à vrai dire, nous n’avions pas d’inquiétude à ce sujet). Donc il s’agissait d’une belle incursion de Matoo chez Mathieu, et ce n’est pas sans une certaine tension nerveuse pour moi…

Matoo et Mathieu s’entendent plutôt bien, et sont certes compatibles, et certainement plus proches qu’un A. et Colin Ducasse, mais mon rapport à ma famille étant ce qu’il est, ce n’est jamais neutre ou totalement dans le « laisser-aller ». D’autant plus que j’étais le dépositaire de cet événement et responsable de l’achat (et du choix) des présents. Donc je sais que ça a glosé à ce sujet, et que mes choix ont été certainement l’objet de remarques plus ou moins acrimonieuses. Huhuhu.

En grand contraste à cela, le petit Arthur s’en est allé faire ses armes en la Perfide Albion, et a organisé une chouette fête chez ses parents en banlieue. Cela a donc été l’occasion d’une brillante et ensoleillée pool party, et surtout quelques instants très chaleureux, amicaux et détendus qui m’ont fait un bien fou. Arthur étant le plus jeune de mes amis, j’étais le bon doyen de l’assemblée, mais ce n’est pas un truc qui m’ennuie spécialement. Je portais avec fierté mon ticheurte « 1976 ». Mouahahah.

Nous avons profité de notre escapade dans le 34 pour aller visiter la grotte de Clamouse, et j’ai été autant émerveillé par ces splendeurs spéléologiques, que par notre charmant guide, Jonathan, dont la sensibilité était à son acmé dans sa description de ces magnifiques concrétions.


Grotte de Clamouse dans l'Hérault (34)

Grotte de Clamouse dans l'Hérault (34) - Le Bouddha

Nous avons même pu entrevoir une grande vérité historique et sociologique en découvrant des plugs âgés de plusieurs millions d’années !!!

Stalagmites de la grotte de Clamouse

A chacun de ces passages dans l’âge supérieur j’écris un post plus ou moins en écho avec mes sentiments et les choses passées. Or, il s’en passe des choses entre 26 et 34 ans ! Les anecdotes précédentes illustrent bien mon état d’esprit, un peu plus zen, un peu plus posé peut-être que les années précédentes. Voyez-y l’effet de trois ans de couple, hé hé hé.

Globalement ce qui change c’est que Twitter et Facebook sont les endroits desquels on m’a le plus souhaité mon anniversaire. Moins de sms ou d’appels, mais deux personnes qui m’ont envoyé un mot personnel et spécifique, et ça ce n’est pas anodin. J’ai été plus que touché de recevoir ainsi une manifestation adorable de la part de personnes qui comptent pour moi, et qui se sont posées deux minutes, dans le flot tumultueux d’informations et d’interactions toujours plus rapides et efficientes, pour m’adresser un petit quelque chose qui en est devenu bien énorme ipso facto.

Je rigole de mon siège de Président des Pédés (merci pour le clin d’oeil Popome !) avec Twitter qui devient le nec plus ultra de tous les pédés parisiens et d’ailleurs. Voilà, maintenant le nouveau lieu de drague (et de convivialité, nous ne sommes pas des bêtes) est officiellement découvert !! ***Minute vieux con ON.*** C’est exactement comme quand je découvrais Caramail en 1998, ou ensuite Yarps, Gayvox, Citégay, Rezog etc. On se repère entre habitués/désespérés et on se lit, on se lie, on se cherche, tout cela jusqu’à la prochaine aire de colonisation/prédation. Et vraiment, il se passe quasiment la même chose. Une personnalité un peu plus charismatique, souvent elle-même étonnée d’un potentiel qu’elle ignorait complètement, émerge et une cour se forme… Et moi je suis là, j’observe, je participe du bout du clavier, et je me réjouis des choses positives qui s’en dégagent (et soupirent sur les sempiternelles déceptions qui en découlent). ***Minute vieux con OFF.***

N’oubliez pas, vous mes chers lecteurs, vous êtes cordialement invités à ma fête d’anniversaire qui aura lieu le samedi 12 juin prochain, en compagnie de mes co-gémeaux Ikare et Poulpi. Le thème de la soirée ? Il faut que vous portiez un uniforme !!! Militaire, pompier, docteur, infirmière, tout en bleu ou gris, je ne sais pas mais le mot du jour sera UNIFORME. Hé hé hé.

33

C’est marrant, tous les ans, quand j’écris une note pour évoquer mon anniversaire (narcissique ? Ouéééééééé !!), je survole les posts des 27, 28, 29, 30, 31 et donc 32 ans. La dernière fois, j’expliquais que j’avais l’impression de finir ma crise de la trentaine, et à 33, je crois qu’elle est bien terminée. Ouf !!

Oh, je ne sais toujours pas vraiment où je vais, mais je ne me lamente plus trop sur ma jeunesse évanouie, et mes baskets sont mêmes de plus en plus confortables. Evidemment, certains changements sont autant de preuves d’un âge canonique, comme le fait d’avoir emménagé avec chérichou, dans un appartement sympa, ou même d’avoir finalement accepté de gérer une équipe au boulot… Au moins, ces éléments qui étaient une certaine source de stress ou d’angoisses existentielles, ont trouvé une réponse (mais pas irrémédiable), et j’ai au moins été jusqu’au bout de ces décisions. Il faut dire que j’étais vraiment au pied du mur, et que lorsque je fais un choix, je l’assume de toute façon jusqu’à me donner les moyens de prendre une autre décision, validant ou invalidant mes propres choix.

Je finis aussi par accepter que les jeunes aient (beaucoup) plus de dix ans de moins que moi, les salauds !!! Et puis, j’ai encore un peu d’espoir d’être heureux dans la vie, et de conserver quelques projets excitants et sources d’épanouissement. Car ce n’est toujours pas dans le boulot que je compte pour m’épanouir personnellement. Hu hu hu.

Donc à l’aune de ces 33 ans, j’entrevois avec moins de vertige ou d’inquiétude la quarantaine approchante. Eh oui, je me prépare puisque j’ai l’impression que les années ne font que se précipiter de plus en plus vite à mesure que l’on prend de l’âge. Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est l’ineffable dégradation des relations avec mes parents. Ma mère notamment s’enferme de plus en plus dans ses jeux psychologiques, et inconsciemment réduit à néant toute communication rationnelle et sincère. Au lieu de cela, nous nous voyons contraints recouvrir tous nos échanges d’une bonne grosse énorme carapace de non-dit, bienséance et tartufferie. Tout cela m’attriste à un point que vous ne pouvez imaginer.

Mais je ne crois pas avoir la force ou la solution pour changer le cours « naturel » des choses, puisque c’est à priori une chose « normale » que la plupart de mes amis assument (en ne voyant leurs parents que deux fois l’an). Du coup, je continue à aller les voir à Osny, et cela se passe bien quand je joue le jeu, en ignorant ce qui m’insupporte au plus haut point, et en persifflant les banalités qui permettront de passer un « bon moment ». Oh, ce n’est pas la mort, et je connais situation familiale bien plus venimeuse, mais j’aimerais tant qu’elle aille dans l’autre sens. Car je sais que certaines choses sont irrémédiablement tournées vers la dégradation, l’âge par exemple entraîne vers le vieillissement et une santé forcément déclinante. Mais j’avais la naïveté de penser que lorsque je serai autant adulte que mes parents, je pourrais conserver l’affection familiale et y greffer en plus de l’échange, de la compréhension. Il faut, je pense, continuer à écouter autrui, à l’accepter aussi, à se remettre en question, à profiter de ce que nous avons à nous apporter les uns aux autres. Néanmoins, il semble que cela soit déjà derrière moi, et je dois assumer ça.

Plutôt que de me répandre sur ce qui ne va pas, il y a aussi toutes ces trucs qui me rendent tellement heureux. Et en figure de proue, il y a A. qui est l’homme de ma vie (ok, jusqu’à ce qu’il en décide autrement, ou moi, je ne suis pas un idéaliste, huhu) et qui me donne tellement tellement tellement d’occasions de bonheur !!! Et c’est aussi du côté de l’amitié qu’il faut lorgner, car j’ai la chance d’avoir des potes et des potesses sur lesquels je peux compter, que j’aime sincèrement et qui me le rendent bien.

33 ans… Putain quand même, sa mère, sa race !!!

A samedi prochain pour ceux qui pourront se libérer !!!!!! :mrgreen:

Et un joyeux anniversaire à tous les natifs du 31 mai 1976. ;-)

Mon anniversaire !

32

« 32 », ouai, depuis mes 28 ans, je note mes anniversaires ici comme autant de chiffres qui scandent les années. J’ai toujours été hyper sensible à mon anniversaire, ce jour spécial, qui n’est finalement pas grand-chose, mais qui marque dès qu’on a conscience de ce que c’est.

A 32 ans, je commence tout juste à assumer mon entrée dans la trentaine. Ce n’est pas encore parfait, mais je crois que petit à petit, je devrais réussir à bien m’y faire. A mon avis, je serai mûr juste au prochain changement de décennie, et il faudra tout recommencer. ‘tain de merde de vie ! Huhuhu. Le fait d’avoir un relatif équilibre dans ma vie aide certainement, même s’il me conforte aussi dans l’envie de tout foutre en l’air, juste pour me sentir un peu vivre, comme avant. Je tangue donc toujours entre les extrêmes, et m’interroge régulièrement sur « cette » vie là. Est-ce que je dois changer de boulot, changer d’orientation, enfin faire ce qui me plait, ou bien accepter de gagner ma vie pour mieux en profiter à l’extérieur du taf ? Le couple, est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que c’est viable ? La famille, est-ce que c’est celle du sang, du coeur ou les deux ? Comment ménager la chèvre et le chou ?

Bref, je n’ai pas fini de tergiverser et de me perdre dans mes sympathiques délires existentiels. Mais est-ce que cela s’arrête un jour ? Souvent, c’est après m’être bien pris la tête que je me sens mieux, au moins persuadé de pouvoir me poser un peu, une fois que j’ai complètement (ou que j’en ai l’illusion) fait le tour de la question, et pesé le pour et le contre. Une chose est sure aujourd’hui, mon chéri c’est le meilleur des chéris de la Terre. :mrgreen:

Je parlais déjà l’année passée des cercles amicaux qui fusionnaient dans tous les sens. Et les potes blogueurs, et les potes de potes, et les ex-blogueurs toujours très potes, et les amitiés qui s’élaborent et se fortifient avec les années. Je me rappelle quand dans les années 98, j’étais fustigé de toute part par des amis ou de la famille : « Oh là là, tu rencontres des gens sur internet… C’est bizzaaaaarre, c’est malsain… ». Et dix ans plus tard, c’est une affligeante banalité, et tout le monde le fait. Evidemment ça a apporté son lot de bonnes et mauvaises choses, mais rien n’est parfait… En tout cas, cela fait douze ans que je surfe, et un peu plus de cinq ans que je blogue, et tout cela a été largement plus bénéfique qu’autre-chose.

Je sais bien que la surconnexion aux réseaux a quelque-chose de déshumanisant, mais je crois moins que de passer ses soirées devant la télévision. Car au final c’est dans le contact, l’échange, la conversation, la lecture, que j’ai complètement remplacé la télévision dans mon environnement. Je n’ai pas de télé depuis dix ans, et je n’en veux vraiment pas. Je regarde des séries ou même des émissions de télé, mais de manière totalement asynchrone, et à petites doses. Je préfère tuer le temps en surfant sur wikipédia pendant trois heures, ou bien en blogant ici, en tchattant avec des potes etc. Cela n’a pas réduit ma vie sociale ou mes sorties en ville, je pense même que c’est une manière plus riche et agréable de meubler son temps-libre. Et surtout depuis cette époque, je n’ai jamais la sensation d’être seul ou isolé. Je me souviens de soirées tout seul à me faire chier ou à glander devant la télé, lobotomisé au bout de deux heures. Eh bien, depuis l’avènement du web, c’est presque impossible. Et c’est au choix, car lorsque je veux être seul et tranquille, je n’ai aucun scrupule à tout éteindre, à ne pas répondre au téléphone, et à écrire avec mon vieux stylo sur mon cahier Clairefontaine.

Bon c’est pas tout, mais joyeux anniversaire à tous mes camarades humains nés le même jour que moi !! Joyeux anniv’ à Colin Farrell donc !!! ;-)

Et à ce soir pour ceux qui pourront venir !!!!!!! :kiss:

31

Putain, mais ça ne s’arrêtera donc jamais !!!!!!!! :mrgreen:

Eh bien, voilà aujourd’hui c’est mon tour, je passe résolument du côté des vieux et des vieilles. Huhuhu (j’vais me faire assassiner !).

Aussi un très joyeux anniversaire à mes jumeaux cosmiques dont Colin Farrell, Matt Harpring, Mashona Washington, Alex Calderoni, Roar Ljøkelsøy et bien sûr Mikael !

Pour le coup, j’ai acheté le nom de domaine idoine (www.31-05-1976.net), et je m’en vais le faire ce site web pour les personnes nées le même jour que moi !!

En parlant d’idoine d’ailleurs, figurez-vous que mes potes maintenant s’évertuent à glisser mes expressions fétiches dans leurs cartes postales. C’est à qui réussira à me coller une mitochondrie, un encomiastique ou une auloffée. Ah ils se moquent bien de leur vieille copine de 31 ans les bougres ! ;-)

Carte postale idoine et narvalesque

Je ne reprends pas souvent d’anciens posts, mais comme j’aime bien me remettre un peu en question, ou parler un peu d’où j’en suis dans ces articles « anniversaire », eh bien je vais me citer.

Mais tout ce fatras de pensées me replongent aussi dans le dilemme passion/raison. On a certainement l’impression d’être heureux quand tout bouge, quand les sentiments sont hauts en couleur, que sa vie semble intense, que rien n’est figé, mais est-ce bien là le bonheur, ou une simple illusion qui cache la douleur ? Quant à avoir une existence calibrée, étalonnée et normalisée, ce n’est évidemment pas la solution. Et non comme d’habitude, le secret réside dans la délicate mixture de tout cela… Il faut savoir doser. Il faut avoir des repères, des piliers (famille, amis, boulot), et il faut aussi broder au dessus de cette ossature. C’est essentiel pour s’émanciper, pour grandir et pour ne pas s’emmerder dans la vie. Et là, je crois fermement à trois axes de développement : Apprendre – Jouir – Créer.

« Apprendre » correspond à cette activité de remise en question permanente de soi et de ses savoirs, cela revient aussi à ingérer de nouvelles connaissances dans des domaines inédits, à ne pas se fermer aux sciences, aux lettres ou aux arts mais au contraire à s’y sensibiliser et à finir par « sentir » ou comprendre par soi-même, donc par assimiler ce qu’on a découvert.

« Jouir » parce que c’est une des choses que notre situation nantie nous permet (si j’étais né au Bangladesh en effet, j’aurais peut-être une priorité différente), et que contrairement à notre morale judéo-chrétienne, il n’y a pas de mal à se faire du bien. Il faut bien manger, bien boire, faire la teuf avec ses potes, faire l’amour, être amoureux, avoir des amis, fréquenter des gens différents et s’en enrichir… Il faut aussi rire, se marrer, glousser, pouffer, badiner, se bidonner, se poiler, se tordre, se taper le cul par terre !!!

Enfin, « Créer » est le troisième et dernier axe de développement personnel. En effet, je suis persuadé qu’on doit tous se trouver une activité créatrice, qu’elle soit artistique, littéraire ou corporelle. C’est tellement extraordinaire et libératoire de pouvoir s’exprimer, se manifester par les mots, la danse ou un collage… ou un blog. « Créer » c’est engendrer une chose nouvelle qui n’est le fruit que de son propre esprit, c’est se désincarner, c’est libérer son énergie, délier son âme et expulser ses émotions (positives ou négatives) tout en se faisant du bien. En outre, c’est une source, à la fois, d’introspection et d’analyse de soi qui fait du bien, c’est aussi une manière de conjurer ses affections psychiques et de se voir avec plus d’acuité que jamais, pour mieux se connaître et donc mieux s’appréhender.

(On ne s’étonnera plus que je tienne tellement à ce poème de Voltaire…)

30

Il y a d’abord eu 27, puis 28, et puis 29 sur ce blog, et aujourd’hui 30. ;-)

Bon bah voilà, c’est fait j’ai rejoint les soixanteseiziens, c’est officiel j’ai TRENTE ANS !!!!

Bah finalement, ça va, c’est cool.

C’est une sensation assez étrange que de le vivre aussi loin de chez moi, et dans ces conditions. D’autant plus que le blog me permet de me souvenir avec précision de ces autres (récentes) fois.

Un bilan ?

Quand j’étais gamin, je ne me demandais jamais ce que je serais à trente ans, c’était beaucoup trop loin je crois. Non la limite « transcendante » était celle de l’an 2000, où j’imaginais que je bosserais et que ma vie serait déjà toute tracée. Et voilà qu’en 2006, je ne suis toujours pas vraiment dans les rails. Comme je le disais précédemment, je suis loin d’être dans la situation que j’imagine pour quelqu’un de trente ans, même dans mon propre « référentiel ». Mon appartement presque d’étudiant, mon boulot dont les responsabilités commencent tout juste à affleurer, des relations sentimentales marquantes mais pas encore « le bon » ou alors j’ai raté le coche. Il me restera la glace au lithium assis au comptoir… (Cf. Sex and the City, Saison 5, Ep.1)

Mais avec le recul, malgré les dysfonctionnements familiaux ou sentimentaux ou encore mes remises en question diverses et variées, il y a aussi tellement de choses qui me font me sentir « bien dans ma vie ». Je ne suis pas du genre à me morfondre ou à voir le verre à moitié vide, mais plutôt à considérer à chaque fois les différentes manières de jauger une situation. Donc j’ai aussi conscience de la chance de m’épanouir dans mon boulot, qui est intéressant et stimulant, d’avoir un pôpa et une môman qui m’aiment, me respectent et me veulent avant tout heureux, d’avoir eu des petits-amis, de grandes amours et de cuisantes déceptions qui me montrent que tout est encore possible. Et puis, par-dessus tout, des amis qui sont les piliers essentiels de mon existence. Des amis de toutes les époques, les ères, les zones, les genres, les sexes, (les urls, arf arf) et qui traversent les vicissitudes de l’existence avec moi. Des amis pour les bons moments et les mauvais, des personnes que j’aime et qui m’aiment, des filles et des garçons qui comptent.

La recette du bonheur ? C’est Voltaire qui en parle le mieux à mon avis, et qui en donne les clefs, et du coup je me dis que c’est déjà ce que je vis. Oh je sais, on n’est jamais content, et tout est perfectible. Mais en attendant, je continue mon bout de chemin. (Quelqu’un pour la dernière strophe ?)

Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire.

29

Allez je communautarise à donf. Je pense à tous ces pédéblogueurs de 1976 qui ont fêté ou fêteront leurs 29 ans cette année. Heu… j’en connais 2 !! Hey, c’est déjà pas mal. Il y a Garoo qui me précède toujours de quelques mois, et Vincent qui me succèdera à son tour. Ce blog a déjà vu passer un billet pour les 27 et les 28, et c’est le bon moment pour les relire je crois.

Les 27 étaient sous le signe du M., je me rappelle une soirée à l’image de cette relation avec les seuls hauts et bas que recèle une bonne relation passionnelle. Les 28 me voyaient tout juste sorti de ma relation avec M., avec qui je couchais encore allègrement et accessoirement achevait de me cramer les plumes. Les 29 me prennent encore plus au dépourvu, alors que je viens de mettre fin à ma relation de ces six derniers mois avec X.

Me voilà donc célibataire, parce que je ne le sentais plus, et que je ne savais pas trop comment verbaliser cela, mais je n’avais vraiment plus envie de continuer. En tout cas, j’ai joué plus que jamais les fucked-up autant dans le fond que dans la forme. Ce fut quelque chose de brutal pour X. et je le regrette, mais j’ai essayé d’être le plus honnête et sincère possible. Comme je n’arrivais pas à le dire, j’ai décidé d’envoyer un email pour expliquer que je voulais rompre. Bon, première connerie qui a résonné comme « He broke up on a post-it !!!! » alors que j’avais simplement besoin de cela pour déclencher le truc et pour se parler, reflet de ma lâcheté du moment.

Et puis, je me révèle alors le plus froid des interlocuteurs, car comme je l’ai dit et répété, je suis plutôt quelqu’un qui rationalise et intellectualise les choses. Dès que je suis touché ou que je ressens quelque chose, ma carapace consiste en ce filtre de « rationalisation » qui me permet de traiter toute information comme factuelle alors même qu’elle devrait toucher des centres névralgiques bien plus instinctifs et primitifs. Et lors d’une rupture, le pire moment pour moi est juste avant, car c’est le moment où l’on ne contrôle plus rien. Dès lors que le sort en est jeté, tout va mieux. Non pas parce que je me sens mieux, mais simplement parce que je connais exactement le chemin. La route est balisée et que je peux de nouveau mettre mes émotions sous cloche. Je le disais aussi à l’époque :

[…] la vraie douleur de la rupture, elle vient avant même de rompre. Elle vient juste avant la fin, dans cette période d’angoisse qui vous tient au ventre, dans cette période d’incertitude où tous les scénarii sont envisagés, fantasmés, sublimés et où la réalité prend son visage le plus funeste. Ensuite, quand c’est fini, c’est finalement une certaine libération de l’esprit. Et je suis relativement adepte du Stoïcisme de Marc-Aurèle dans ce cas là. Je me soucie de ce qui dépend de moi seulement, pour ce qui ne dépend pas de moi, cela ne sert simplement à rien, donc autant ne pas être atteint par des choses inutiles et en dehors de son arbitre. En conséquence, je conserve mes sentiments mais ce qui dépend de moi, ce sur quoi je peux agir, c’est demain, et non hier. Cela explique en partie la manière zen avec laquelle j’ai toujours géré la fin de mes relations, même lorsque cela me pesait énormément.

Je sais que c’est vraiment difficile à supporter, et je me déteste d’être aussi sclérosé et handicapé de l’émotion. Je n’en suis pourtant pas avare lorsque tout va bien.

Là, je suis dans une sorte de torpeur depuis quelques jours. Je baigne dans une sorte de pale neutralité. Soulagé d’avoir écouté mon coeur et ma raison, dans le regret des douleurs que j’inflige et le manque de X., dans ces quelques jours de congés qui me laissent face à moi-même, le mec bien, et le mec beaucoup moins propret et droit.

Mais bon, je suis un fataliste optimiste c’est-à-dire que je crois qu’inexorablement tout se terminera très bien pour tout le monde. Au bout du compte, c’est le bonheur qui nous attend. :mrgreen: Alors, je peux entamer sereinement ma déprime post-rupture, et cette putain de vingt-neuvième année !