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Mary Ann en Automne (Armistead Maupin)

Publié le Dimanche 3 Juillet 2011 - 3:10
Catégorie: Boukinage

Le dernier opus Michael Tolliver est vivant du même Armistead Maupin avait eu des critiques très mitigées, malgré le fait de célébrer cela comme un 7ème tome des fameuses “Chroniques de San Francisco”. Armistead Maupin a publié sa série fétiche à la fin des années 70, et seulement à partir de 1998 en France. Le dernier bouquin ne pouvait pas avoir la même force que la série écrite dans les années 70, mais il en était vraiment très très loin. Ce 8ème tome “Mary Ann en Automne” a le mérite d’avoir beaucoup plus de similitudes dans l’écriture et les gimmicks familiers des Chroniques de San Francisco. Mais ça ne vole malheureusement pas très haut…

Armistead Maupin est plus que jamais en identification avec son personnage principal : Michael Tolliver, qui vit toujours en tant que “daddy” avec son mari Ben. Il a moins cette manie de justifier leur couple, et surtout le fait qu’ils baisent encore, donc c’est déjà ça. L’histoire se focalise plus ou moins sur Mary Ann qui est donc de retour à SF, après avoir quitté son mari, qui l’a trompée en direct sur Skype avec son coach de vie. Mary Ann est aussi là pour être opérée d’un cancer de l’utérus, et ce n’est pas la joie évidemment… On retrouve en plus Madame Madrigal et Shawna qui poursuivent leur bonhomme de vie, Madrigal toujours protégée par Jake (le collaborateur F to M de Michael) et Shawna connue être la Maïa Mazaurette de SF !!

Le bouquin se lit vraiment bien, comme d’habitude, mais il ne s’y passe pas grand chose. Du moins, j’ai eu l’impression que ça allait décoller quand il y a eu quelques intrigues avec une tonalité et modus operandi purement “chroniques de San Francisco”. On a vu alors des protagonistes qui se rencontrent par des hasards incroyables avec un enchevêtrement de circonstances extraordinaires, un excellent rappel au dernier tome de la série, et ce même rythme jouissif de sitcom qui pousse à tourner pages après pages. Mais ça ne dure pas, et c’est comme une barre de dynamite dont la mèche fait pschiiiit. Hop, le bouquin est fini.

D’un autre côté, je ne jette pas la pierre à Armistead Maupin, il serait ridicule et anachronique de continuer les chroniques sur le même ton, et Michael Tolliver est vivant n’était vraiment pas terrible. Celui-ci pourrait être le début d’un renouveau avec un certain charme, mais je n’y crois pas. Je crois qu’il ferait mieux d’écrire autre chose, il sait très bien le faire d’ailleurs (j’avais beaucoup aimé “Maybe the moon”), et définitivement remisé ses géniales chroniques qui resteront à la postérité. J’imagine que c’est plus une histoire financière et marketing, et que son éditeur ne doit lui demander qu’une suite assurant ainsi une vente presque garantie. Mais s’il continue, j’ai peur qu’il se grille complètement, on sent en plus qu’il n’a plus le “feu sacré” pour écrire comme quand il avait 35 ans de moins, et on ne le blâme pas pour cela…

Ah malgré tout quand les intrigues ont commencé à se croiser de cette manière toute familière, j’ai eu des frissons de bonheur en pensant au plaisir que j’avais eu de “vivre” ces Chroniques de San Francisco à leurs sorties en France. Il vaut mieux rester sur ces 6 bouquins là, et après pour les aficionados et les accros, bon oui vous pouvez lire aussi les deux derniers…

Mary Ann en Automne (Armistead Maupin)

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Michael Tolliver est vivant

Publié le Jeudi 24 Avril 2008 - 1:55
Catégorie: Boukinage

Ah là là, que c’est difficile de parler d’un tel bouquin… En effet, j’ai découvert les chroniques il y a une dizaine d’années, avec la merveilleuse série des bouquins au « Passage du Marais » dont les couvertures étaient superbes. Et comme tout le monde, j’ai dévoré et adoré ces bouquins d’Armistead Maupin. Jamais on avait écrit une littérature à la fois si légère, drôle, pétillante, et sexuelle, dérangeante, sulfureuse, mais aussi facile à lire et accessible, sans verser dans le roman à deux sous. Bref un mélange extraordinaire qui s’était étalé sur 6 bouquins, et nous avait fait traverser les joies et les misères du 28 Barbary Lane des années 70 aux années 80.

Et figure de proue de cette série mythique : le gay Michael alias Mouse, mais aussi son ancienne logeuse transsexuelle Madame Madrigal qui est devenue comme une mère « logique » pour le héros. On les retrouve donc dans ce roman mais de nos jours… Anna Madrigal est donc une femme de plus de 80 ans, et Michael accuse une bonne cinquantaine. Bref, on n’est plus que jamais dans une certaine réalité de l’écrivain, qui disait qu’il y avait beaucoup de lui dans Mouse.

Il a finalement trouvé l’amour dans la personne de Ben, un fringant jeune-homme d’une trentaine d’années qui aime son « Daddy ». Mais les seventies sont passées, et depuis tout ce temps, la jeunesse s’est envolée, ainsi que beaucoup de ses amis morts du Sida. Lorsque la mère de Mouse, homophobe de base et grande manipulatrice, est sur le point de passer l’arme à gauche, il se rend à son chevet. Mais sa véritable famille c’est bien celle du coeur, celle de San Francisco…

A la base, je me doutais que ce serait un exercice incroyablement périlleux pour Armistead Maupin que de finir la série, et surtout en se plaçant aujourd’hui. Car s’il avait complètement suivi l’esprit des Chroniques, cela pouvait décevoir, et s’il avait complètement innové, cela pouvait aussi sûrement décevoir. Eh bien au final, le résultat n’est pas mauvais du tout.

Disons que c’est un bouquin qui est indispensable aux aficionados comme moi, qui retrouveront avec plaisir leurs personnages fétiches et l’humour intact de l’auteur, son talent de conteur et son esprit fantasque. Par contre, pour ceux qui ne connaîtraient pas la série, ça n’a pas grand intérêt à mon avis…

En effet, il ne se passe pas grand-chose, sinon la confirmation de la célébration de la famille réelle selon Armistead Maupin, c’est-à-dire celle qu’on se compose soi-même avec ses ami(e)s. Et évidemment c’est toujours plaisant de voir ce que sont devenus certains protagonistes, comme Mary Ann. Mais ça ne casse pas plus de briques que cela… D’autant plus que le côté « Daddy » et tous les aspects sexuels qui sont mis en exergue m’ont relativement agacé plus qu’autre-chose. On sent une constante justification de l’auteur pour sa relation avec un mec plus jeune. Et toutes les mises-en-scène prouvant sa vigueur sexuelle n’apporte vraiment pas beaucoup de sens à la narration.

Mais j’ai tout de même eu mes petites émotions, et celles-ci aussi tangibles et à fleur de peau que lors de la lecture des premiers tomes. Et rien que pour cela, je suis content de l’avoir lu.

Comme pour son précédent bouquin (Une voix dans la nuit), je me le suis fait dédicacer par l’auteur aux « Mots à la bouche ». Oh yeah!! ;-)

Michael Tolliver est vivant - Armistead Maupin - Dédicace

Michael Tolliver est vivant - Armistead Maupin