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Un conte de Noël

Publié le Samedi 14 Juin 2008 - 20:03
Catégorie: Cinéphage

Voilà le genre de film bien franchouillard mais qui m’a bien convaincu de son efficacité. Certainement un des meilleurs films de Desplechin (à mon avis), tant il fait montre d’une belle réalisation et direction d’acteur, et une histoire qui tient bien en haleine même s’il ne se passe pas grand-chose.

Attention, on vogue dans les histoires de famille, et le prologue en lui-même, qui tente de mettre en place la situation, est assez complexe. Abel (Jean-Paul Roussillon) et Junon (Catherine Deneuve) ont eu un enfant qui est mort jeune d’une maladie génétique. Il ont finalement une fille, Elizabeth (Anne Consigny), un autre fils Henri (Mathieu Almaric) et un dernier enfant, Ivan (Melvil Poupaud). Anne Consigny est auteure de théâtre qui a un beau succès, mais a des soucis avec son fils ado un brin schizophrène, tandis qu’Henri est un petit escroc paumé qui fini par être totalement rejeté de sa soeur, et le dernier frère Ivan est un original qui est marié (à Chiara Mastroianni) et avec qui il a deux enfants. Il y a aussi Simon qui est leur cousin, et qui est très attaché à cette partie de la famille.

Avec cela, Catherine Deneuve apprend qu’elle-même souffre de la même maladie qui a tué son premier enfant, et seule une greffe d’un donneur compatible pourrait la sauver. Tous les membres de la famille sont testés, et seuls le neveu strange et le fils maudits semblent compatibles. C’est Noël, et toute la famille est rassemblée… La fête peut commencer !!

Je parlais d’un film « classique » français aussi pour ce portrait de famille bien taré, mais si commun lorsqu’on se penche un peu sur son propre cas. Le film pourrait être chiant ou grave, mais l’auteur a choisi de tourner en dérision certains aspects dramatiques, ce qui allège le tout et donne lieu à certaines scènes assez cocasses. Le personnage de Deneuve notamment, qui méprise totalement ses enfants est assez irrésistible, et en face d’un Mathieu Almaric en grande forme, cela produit des échanges géniaux et plutôt drolatiques. J’ai aussi beaucoup aimé le rôle de l’ado tourmenté, qui aurait pu faire une de frenchy Donnie Darko de bonne tenue, mais il n’est qu’un personnage très secondaire, et ne perce pas dans cette pléiade de comédiens et comédiennes.

Jean-Paul Roussillon est égal à lui-même et toujours aussi bon (je me souviens de lui dans « Mishka », que j’avais beaucoup aimé), et j’ai été épaté de trouver Deneuve très convaincante. Rien à dire pour Melvil Poupaud (ou si : quand tu veux) ou Mathieu Almaric qui déploie là tout son talent. C’est plutôt Anne Consigny qui est un peu chiante, mais c’est son personnage… Le film fait un peu penser à « Ceux qui m’aiment prendront le train », ou ce genre de film « familiaux » qui titre le portrait d’une série de protagonistes perclus de névroses. Du coup tout le long du film, on se focalise sur un personnage ou un autre, avec des relations mises en exergue qui expliquent la situation.

Ce n’est pas un extraordinaire chef d’oeuvre, mais un bon petit film français de bonne facture, bien joué, bien réalisé. Avec un rien de paraboles cryptiques pour exciter les critiques cinéphiles et donner ce côté « french underground » qui devrait bien fonctionner dans les milieux intellos.

Un conte de Noël