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Tout va bien hein, je n’ai rien écrit en plus d’un mois. Pfff c’est la lose. Et puis là mine de rien, ça fait une semaine que j’ai 11 ans. Oh là là c’est la bérézina (nougat et chocolat) ce blog !! Malgré tout je crois toujours que je vais m’y remettre et je n’ai pas complètement abandonné la place !! Il faut que je continue de vous narrer mon histoire avec chérichou, et puis tout de même je me marie dans deux mois tout juste !!

Sinon j’ai une liste de films, livres, ettouslestrucsdontjevousparlehabituellement qui date de l’été dernier et qui me fait peur quand je la regarde, mais je continue à entretenir avec sérieux et candeur. Arf. Bon bah au moins je sais que je serai incapable d’arrêter avant les 35 articles qui la compose, oui je suis freak à ce point.

liste_de_posts

Et encore une fois c’est con car dès que je reprends le clavier, je prends un plaisir fou, mais c’est comme le club de sport, si on arrête on est perdu !!

A suivre !!! Ou pas. :)

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10 ans de MatooBlog Je l’ai mis en exergue du blog pour m’en souvenir, à l’heure où j’écris cet article « Vous êtes le quatre million cent quatre-vingtquatre-vingt- mille quatre-vingt-huitième à venir perdre du temps ici depuis le 3 avril 2003 (merci) ». Ce blog a donc atteint ses dix ans !! Mein gott !! DIX ANS !!

Cela faisait déjà quelques mois, en 2003, que je surveillais ces blogs, et que je lisais avec avidité ces premiers pédéblogueurs qui se racontaient ainsi sur le net. Oui pédéblogueur car je dois avouer m’être d’abord intéressé à eux, et avoir persévéré dans cet attrait ! Non que les hétéroblogueurs m’indiffèrent mais il se trouve que ce que racontaient les homos m’intéressait plus. Arf. Le tout premier c’est Garoo, je l’avais découvert dans les colonnes de FSH (le newsgroup fr.soc.homosexualite), et j’avais ainsi découvert son weblog qui m’avait fasciné. D’ailleurs il continue de me fasciner quand il écrit ici ou ailleurs (comme beaucoup, surtout sur twitter aujourd’hui). En toute logique, de liens en liens, j’avais lu le Capitaine Embruns, qui a toujours été beaucoup plus oecuménique que le pédéblogueur de base que je suis. Et si je dois me souvenir de ces premiers piliers pour moi, me viennent à l’esprit M@nu, Paumé et Gvgvsse. Paumé se retrouve sur twitter aujourd’hui, mais le plus constant et le plus imperturbable c’est bien Gvgvsse… Toujours sur b2 (antédiluvienne plateforme de blogging made in MichelV qui a donné naissance à WordPress), sans optimisation aucune ou volonté d’être lu ou bien commenté, avec son système chronologique bien à lui (les articles sont datés en jours d’existence de son auteur), il narre par salves ses aventures du quotidien. Je le lis tout aussi régulièrement et avec plaisir depuis dix ans et quelques mois.

J’avais découvert ces blogs à une époque où je passais déjà du temps sur internet, et beaucoup de temps à traîner sur des forums de sites communautaires (feu Caramail, feu Yarps, puis Gayvox notamment) à déjà pas mal me répandre par l’écriture. J’ai mis six bons mois à m’y mettre par appréhension, peur de la technique et puis par humilité en fait. Je ne me sentais pas à la hauteur de la tâche d’écriture quotidienne et régulière, et un peu impudent finalement d’imposer comme cela mes écrits sur la toile. Et puis finalement, je me suis lancé. J’étais déjà Matoo depuis quelques années, et à l’exemple de Garoo j’ai opté pour un .net, un hébergement, le logiciel de blogging b2 et hop c’était parti ! J’ai beaucoup commenté et interagi dans les colonnes des autres blogs, et rapidement j’ai aussi acquis mon lectorat, qui m’a suivi (ou pas) depuis ces dix années.

Très personnel au début, il l’est de moins en moins, et c’est malheureusement le devenir de tous les blogs de cet acabit. On est pris par ce cruel de dilemme de vouloir être lu (narcissisme éhonté comme je dis toujours) mais pas des gens qui nous sont le plus proches. Or non seulement j’ai été grillé par ma famille, dont j’ai souvent parlé les années passées, mais j’ai aussi rencontré quelques amis, aujourd’hui les plus proches et les plus chers, via le blog. Je n’ai d’ailleurs pas tenu longtemps avant d’en parler à mon petit ami de l’époque M. qui a mis aussi bien du temps à comprendre et accepter cela (oui oui on s’est aussi engueulé dans les commentaires et tout…).

L’Âge d’Or du blogging a eu lieu de 2004 à 2007, et puis le déferlement des réseaux sociaux a lentement mais surement changé la donne. A présent que les blogs sont morts, c’est formidable, on peut enfin bloguer en paix. Le blog pour moi est un truc personnel, un truc d’écriture, un truc gratuit qui ne se monétise surtout pas. Un truc qui doit même coûter de l’argent à son auteur et qui en plus produit des trucs absolument gratuits et (ré)utilisables à souhait. C’est comme cela que je veux continuer à fonctionner ici. Ce détachement me donne toute liberté pour écrire et m’exprimer sans ne devoir rien à personne (la publicité on la fait payer à ses lecteurs, dont on devient donc automatiquement débiteur), ni en contenu, ni en fréquence. Je vais donc continuer à écrire ici, mais j’arrêterai sans doute quand j’en ressentirai le besoin.

Ce qui me rend le plus fier d’avoir tenu ce blog ce sont ces quelques années, surtout de 2003 à 2006, où les exemples et témoignages de pédés n’étaient pas légion sur le net ou ailleurs. J’ai toujours été « moi » ici, avec des articles sur ma vie privée, sentimentale, professionnelle, amicale, amoureuse, familiale ou sexuelle, et j’ai reçu pour cela des centaines d’emails homophobes et pire encore. Mais j’ai aussi été en contact avec quelques dizaines de jeunes gays qui ne s’assumaient pas ou mal, et qui se sentaient rassurés par ce qu’ils pouvaient lire ici. Pas forcément comme un exemple à suivre, mais juste comme un témoignage d’une banalité bien assumée, juste une vie comme les autres à chercher l’amour, à jouir de l’amitié, à se cultiver par goût et par plaisir, et à vivre son homosexualité comme une composante sereine de son existence.

J’ai correspondu avec des petits jeunes paumés, des inquiets isolés en province ou des indécis, et même aussi avec quelques hétéros qui ne savaient pas comment gérer l’amitié suite au coming-out de leur meilleur pote (d’ailleurs ce sont mes meilleurs échanges à ce jour, les plus touchants). Si ce blog a pu servir à rasséréner quelques personnes, j’en suis tellement heureux. Alors que la loi sur le mariage pour tous déchaîne une homophobie qu’on pensait moribonde, je suis plus que jamais content que cette tribune soit encore là pour continuer son petit bonhomme de chemin.

Ma philosophie ne change pas, entre Marc-Aurèle et le poème de Voltaire ci-dessous, tout est dit.

Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire.

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Je l’oublie régulièrement mon bloganniversaire (le 3 avril), et là j’ai encore 3 semaines de retard, mais voilà on y est !! Cela fait 9 ans que je blogue !!! Et je suis encore là putain de sa mère sa race ! Huhuhu. Ouai ouai vous savez ce qu’on dit, les blogs sont morts et ce n’est pas faux, ils sont au moins bien moribonds dans leur forme originelle, et se sont surtout les blogueurs qui se sont transformés. Ces derniers ont renoncé à la vocifération bloguesque pour des supports plus simples à gérer, mieux connectés aux réseaux et surtout à la facilité du partage. Après tout c’était bien un des principes de base du blogging : partager des liens et des contenus.

Non seulement les blogueurs se sont réfugiés dans ces espaces de partage et convivialité en ligne, mais ces sites sont aussi devenus les plus visités au monde par tout un chacun. Ainsi les contributeurs d’avant sont devenus rapidopartageurs et microratiocineurs, mais les simples surfeurs du dimanche les ont rejoint sur les mêmes espaces virtuels. Tant mieux pour la popularité et l’intensité des échanges, tant pis pour l’orthographe et une certaine uniformisation des comportements en ligne.

Cette baisse de régime me concerne aussi directement… manifestement. Même si je ronge souvent mon frein et je me refuse à écrire des textes qui pourraient certainement heurter famille ou amis qui lisent à présent régulièrement ce blog. Pfff. Donc je me contente, et vous aussi, de ces chroniques de mon quotidien culturel, ce que je lis, je vois, j’écoute… Quelques petits posts qui sortent des sentiers battus de temps en temps, je pense qu’il ne faudra pas espérer plus. Mais je sais, et j’aime cela, que certains et certaines lisent parfaitement entre les lignes et savent pertinemment me lire au delà de la surface bien lisse des choses. Mais comme « tout le monde », j’ai le réflexe touiteur et facebook pour poster mes photos en instantané ou partager mes états d’âme(érique).

Cela n’empêche que j’aime toujours cet espace où mon expression reste libre dans le fond comme la forme. Je m’étais depuis quelques années déjà donné cette cible des dix ans de blogging. J’espère bien au moins durer jusque là et même encore plus. On verra bien où tout cela nous mènera au final. J’aimerais dire que mon boulot ou mon chérichou ne me laissent plus autant de temps pour écrire, mais ce ne sont que futiles et fausses excuses. J’écris moins, je lis moins, pfff. Alors je m’oblige, je m’astreins, et cette gymnastique du récit de soi ou de la lecture de bouquin, comme n’importe quel sport, est d’abord douloureuse et source de courbatures, puis un véritable plaisir avant de redevenir cette délicieuse et addictive camelote.

(Bon maintenant faites moi un coucou à la caméra tiens !!!)

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Rholalalàlà, j’ai complètement oublié de célébrer mon bloganniversaire en début de mois dernier !!! Eh oui le 3 avril, j’ai eu 8 ans en tant que blogueur ! \o/

Pour le souvenir :

3 394 articles et 35 875 commentaires ont été publiés dans ce blog depuis le 3 avril 2003. Et vous êtes le trois million sept cent neuf mille cent soixante-dix-huitième à venir perdre du temps ici (merci).

Allez, on continue.

PS: Verba volant, scripta manent. (Paroles s’envolent, les écrits restent.)
PPS: Pectus est quod disertos facit. (C’est le coeur qui fait les éloquents.)
PPPS : Felix qui potuit rerum causas cognoscere. (Heureux celui a pu pénétrer la raison des choses.)
PPPPS : Asinus asinum fricat. ^^

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Il me suffit de recopier le petit truc dynamique à droite là : « 3 226 articles et 34 502 commentaires ont été publiés dans ce blog depuis le 3 avril 2003. » Nous voilà donc à mon septième bloganniversaire !! Et contre vents et marées, je tiens bon. Je ne blogue certes plus autant, et je subis de plein fouet le syndrome du blogueur perso : comment et quoi écrire lorsqu’on est lu par sa famille, son chéri, ses ex, ses amis, son taf, bref tout le monde quoi ? Eh bien la réponse n’est pas évidente pour moi, mais j’ai déjà bien assez disserté à ce sujet.

Comme nous en parlions précédemment, c’est vrai que tout cet univers du Social Media qui a déferlé sur nous ces deux/trois dernières années (mon inscription à twitter à l’été 2007 est un repère) ont été assez fatal au blogging. Et pourtant l’intérêt majeur du blog est toujours là pour moi : la création de contenus. C’est bien ce qui m’a toujours plu chez les blogueurs, cette capacité à écrire et à s’écrire qui est une manière géniale de faire connaissance de quelqu’un. Or sur les twitter, facebook et consorts, ça a beau être un support interactif très sympa, on est tout de même là pour se sentir le cul comme dans les sites de rencontre des années 2000, le minitel et le réseau téléphonique avant… Evidemment, je serai bien hypocrite si je disais le contraire des blogs, mais il me semble que l’exercice quotidien de l’écriture nous met dans une position un peu plus élaborée, un peu plus riche et complexe, donc intéressante.

Comme certains le professent déjà suite aux déclarations sur la fin du blogage : « Vivement que les blogs soient morts et enterrés pour qu’on se retrouve entre nous comme au début. » Arfff. Et dire que lorsque j’ai débarqué en 2003, je pensais que j’arrivais déjà tardivement dans une sphère déjà mature et constituée. Et c’était vrai, sauf que 80% des gens de cette époque se sont perdues dans les limbes internétiques, du coup j’ai l’impression d’être un très très vieux vieux con. C’est cool.

Je me dis que ce serait bien au moins de tenir dix ans avec la même url et avec une ligne éditoriale plus ou moins constante. On verra bien…

:gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau: :gateau:

Sinon cette nuit j’ai rêvé que je me retrouvais au temps de la Grèce antique, mais que j’étais incapable de parler grec, et donc je galérais grave. Toujours aussi mégalo, j’ai rencontré des tas de grecs célèbres pour moi dans une belle parade anachronique : Ptolémée, Démosthène, Thalès, Pythagore, Périclès, Eratosthène etc. J’ai bien essayé de dessiner des triangles (pour Thalès et Pythagore évidemment) et ça a fonctionné pour attirer leur attention, mais l’incommunicabilité nous a empêcher d’aller plus loin. J’ai cité quelques lettres de l’alphabet que je connaissais en les montrant : alpha, béta, gamma etc. Et j’ai montré mon oeil en voulant le dire en grec et j’ai testé un « occulus ». Patatra ! C’était du latin, et là j’ai eu droit à un type qui a tenté de me parler latin, mais je n’y entravais pas beaucoup plus. Ensuite, je me suis réveillé.

6 ans et 3 003 187 machins plus tard…

Eh ouai 6 ans, et à peu de choses près trois millions de visiteurs sur ce blog. Putain, 6 ans tout de même… Cela me donne déjà un certain vertige en imaginant la somme de texte absolument inutile, et donc indispensable, que j’ai accumulée sur ce blog. A présent j’ai du mal à définir ce qui me pousse à continuer, ou alors à ne pas arrêter ? Un peu des deux en fait…

De toute façon, écrire est ma gymnastique quotidienne depuis 1991 (mes 15 ans donc). C’était le 19 février 1991 en colonie de vacances au ski, j’ai commencé à écrire la chronique de nos aventures adolescentes à la montagne. Je ne me suis jamais arrêté de gratter le papier depuis lors, et c’est certainement un des éléments qui m’a le plus aidé dans la vie. Aider autant à me renfermer sur moi-même qu’à m’en distancier, autant à m’intéresser aux autres qu’à les réduire à des personnages de fiction, des pantins de romans.

Mon journal intime en 1991

Aujourd’hui j’ai aussi un certain recul sur le blog, et au final sur ma propre identité de blogueur. Il faut dire que tout le monde blogue aujourd’hui, que ce soit en utilisant le moindre réseau social ou les merveilleux outils dont tout un chacun dispose. Facebook est même récemment arrivé jusque Cergy-Pontoise, nous discutions l’autre jour avec Toli de la manière dont nous avions ainsi vu déferler des demandes « d’amis » valdoisiens. Et hier au Paris-Carnet, malheureusement bien déserté depuis le départ de Laurent, Bladsurb me disait fort justement qu’il ne suffisait plus aujourd’hui d’être blogueur pour appartenir à une quelconque communauté. En effet, tout le monde est blogueur aujourd’hui, et on se retrouve plutôt autour de sous-communautés et centres d’intérêt. C’est donc compréhensible de voir l’essor des réseaux sociaux, et de se dire que les blogs vont bien aller en disparaissant, ou plutôt en s’assimilant doucement aux moeurs internétiques de tout un chacun.

Du coup, c’est vachement plus amusant de se dire qu’on fait partie des dinosaures, qu’on est déjà complètement has-been et en voie s’extinction, alors que depuis 6 ans la plupart des blogs ont une durée de vie moyenne de 6 mois.

J’ai commencé discrètement, sans faire de bruit, j’ai eu mon heure de gloire, qui allait avec la jeunesse [sic] et surtout le récit de mes frasques, et puis les visiteurs devenant de plus en plus proches (amis, famille, boulot), et prenant la fâcheuse habitude de copuler avec des blogueurs (sans regret, ah non vraiment pas du tout), j’ai naturellement dépéri. J’ai cru que j’arrêterais même, mais je suis arrivé à un rythme qui me plait bien. J’ai arrêté de m’astreindre à la publication quotidienne, ma chronophagie laborieuse ne me laisse pas vraiment le choix, et j’arrive encore à sortir de temps à autres quelques billets qui me plaisent. Evidemment le comble toujours les vides avec des bouquins, du ciné, du théâtre et consort, mais comme beaucoup ce sont mes posts personnels et intimes que je préfère. Malheureusement, je ne peux plus, depuis longtemps, partager des écrits qui restent donc dans ma tête ou bien sagement cryptés dans d’autres phrases plus banales en apparence.

Je vais avoir 33 ans aussi, j’en avais 26 quand j’ai commencé, et il n’est pas difficile de dénoter une évolution qui n’est pas sans rapport avec l’âge. J’ai parfois l’impression d’avoir vécu, subrepticement dans les deux trois dernières années, une sorte de seconde adolescence. Elle en possède en tout cas tout ce dont je m’en rappelle. Il y a le boulot qui devient un vrai boulot, avec son lot de responsabilité, de choix cornéliens, de plan de carrière… ou pas. Et aussi le visage et le corps que l’on voit et sent vieillir, se dessiner plus profondément.

Mon rapport aux générations est marrant. Dernièrement, je voyais dans le métro des jeunes avec les cheveux longs, de grosses tignasses informes et mal lavées, des fringues amples et grungy, ou bien des slims, bref des jeunes gens d’aujourd’hui. Et je regardais alors facilement dix ans en arrière en me disant que nous étions tous rasés à trois millimètres, avec des ticheurtes Levis tight et des pantalons à carreaux. Ah ah ah. Je ne suis plus « jeune », c’est clair. Et ce n’est pas si grave, chacun son tour après tout, et mon tour à moi a été assez extraordinaire et marquant pour que j’en sois satisfait. C’est juste qu’on ne s’imagine jamais, lorsqu’on a vingt balais, que d’autres vont prendre la relève. Les modèles sont toujours plus âges, ceux qui ont un super job, les comédiens, les chanteurs, les artistes, les heureux en amour. Et vient le moment où tous ont votre âge, puis un peu moins, puis quinze ans de moins.

Je suis assez épaté aussi, et je vois encore plus depuis que ma grande-tante est morte, de constater que mes parents ont vieilli, qu’ils sont les prochains à voguer vers la sénilité et la mort. Je réalise aussi que la seconde guerre mondiale s’efface dans notre imaginaire commun, que la guerre froide n’est déjà plus qu’un vague souvenir et quelques épisodes de séries américaines. Nous sommes donc prêts à refaire les mêmes erreurs, et les générations au pouvoir seront bientôt les miennes. Oh merde alors !!

Heureusement, et soyez rassurés, je profite aussi de tous les plaisirs et d’un certain épanouissement que je sens grandir en moi. Dans mes relations amicales ou amoureuses, j’ai changé, j’ai stabilisé les choses, et je me nourris plus que jamais de cela. La famille qu’on se constitue, celle de l’amitié, devient de plus en plus importante et prédominante. Même si l’amour est un pilier essentiel, l’amitié reste l’axiome de base. Et le rire est toujours là, l’apprentissage aussi, puisqu’il ne s’arrêtera jamais (ça c’est cool), donc la conscience des erreurs, et l’humilité en tout (enfin j’essaie huhu), la découverte des gens, des sciences, des arts me confirment l’intérêt de vivre (mais c’est le rire avant tout qui me motorise et me mécanise).

Pourquoi je blogue ? Eh bien, comme dit et répété maintes fois :

– par narcissisme éhonté
– par passion de l’écriture, et ce moyen d’être lu tout en restant à sa place et sans jouer ni les écrivains, ni les journalistes, juste les scribes du quotidien
– par adhésion à une communauté de plus (élitisme de bas étage)

Et puis, il y a justement ces gens rencontrés via ce merveilleux machin, les lecteurs, les lectrices, les curieux, les voyeurs, les intéressés, bref tout ce qui forme notre curieuse sphère d’influences réciproques. Je n’ai pas envie de me passer de tout cela, pas encore. Et j’ai envie de continuer à partager, comme ça gratos, sans vendre de bouquins ou de publicités. Je veux continuer à payer pour donner, c’est mon utopie à moi. Le blog.

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Ouai m’sieur dame, même que ça fait cinq ans que je tiens ce blog. Mazette !! CINQ ANS !! Qui l’eût cru !?

Hier c’était marrant, j’étais à une avant-première pour blogueurs, recommandé par MÔssieur Prland, et j’ai papoté avec les quelques personnes présentes. Les gens étaient assez impressionnés d’être invité par « Pathé » en tant que des presque journalistes, en tout cas de grands privilégiés, et tous disaient en sortant de la salle que c’était « top super cool bien génial parfait » comme film. Et moi bien sûr, je disais juste… ce que j’en pensais VRAIMENT. Et c’était juste disons… un peu plus contrasté comme opinion. Arf. Et encore je sais que je me fais toujours avoir, un peu comme pour l’affaire « David Nolande » où je m’étais fait épingler, je sais que je vais être plus gentil que je ne devrais être. Aaaah comme je comprends les journalistes qui sont invités à droite et à gauche et qui doivent avoir du mal à lutter contre le copinages lorsqu’il faut rendre son avis « objectif » au lectorat.

Bref, hier donc je commence à papoter avec deux sympathiques jeunes filles. Bon pas si sympas que ça au premier abord, car y’en a une qui m’a vouvoyé genre « Bonjour monsieur, vous voulez vous assoir ? ». La salooooope ! Donc je l’ai menacé de lui jeter mon verre à la gueule si elle continuait. Heureusement ça l’a calmé direct. Ah c’est relou de porter des costumes, ça fait tout de suite vieux mec (je dis ça, mais j’étais le plus vieux de l’assemblée je pense, arfff) :mrgreen: Bref bref (car je l’ai déjà dit, mais vous savez bien, je suis tout sauf concis, j’adore digresser), on se fait les habituelles blogopolitesses « Ah ouai c’est quoi ton blog, tu y dis quoi, tu blogues depuis quand, ah oui ça me dit quelque-chose j’ai déjà dû surfé dessus ?! ». Et par le plus grand des hasards, l’une des deux me connaissait par Jarod_ avec qui elle joue sur le ouèbe. Ah là là, le monde il est tout petit.

Et voilà t’y pas que l’autre nana me demande ce que je fais dans la vraie vie pour de vrai. Je m’exécute et révèle mon identité secrète, et elle me dit que c’est marrant mais qu’elle doit bosser pour des collègues à moi. Finalement, quand j’entends le nom de sa boite, je l’informe que, pire que ça, elle bosse pour moi !! Son interlocuteur n’est autre qu’un de mes collaborateurs-esclaves. Yeaaah comment je suis trop un boss moi vous savez. Donc les deux me « connaissaient » mais sous deux « identités » différentes. Je venais juste de m’exclamer que ça avait beau être un « film de filles », que j’étais un gros pédé et donc que c’était pareil, ça aurait du me plaire !!! Et dire que je suis à peine moins « obvious » au boulot. :mrgreen:

A travers cette anecdote, on peut lire une partie de ce que j’aime dans les blogs et les blogueurs, et les blogueuses (même si j’ai avoué que j’aimais pas trop lire de blogs de nana, mais un peu quand même). Depuis cinq ans, je n’arrête pas de rencontrer des gens, et les réseaux se croisent se pénètrent, et s’intersectent avec plus ou moins de bonheur. Je ne suis toujours pas lassé de cette opportunité d’échange et de communication !

Mais certains ont trop limité le blog à cette seule utilité, on dirait, ce qui explique qu’on ouvre aujourd’hui un blog principalement pour « exister ». Du coup, certains clairement ne l’entretiennent que pour dialoguer et commenter (pour ne pas dire « buzzer ») avec d’autres, mais leurs contenus sont proches du néant. Or ce que j’aime dans les blogs, et ce que j’y reconnais de fabuleux, c’est la manière dont on produit de la valeur, dont on crée des choses (textes, sons, vidéos) ex-nihilo ou bien ex-un truc déjà existant. Même ceux qui ne parlent que web 2.0 ou qui ne reprennent que les actualités qu’on retrouve déjà sur 1347 site web connexes, dès le moment où ils commentent, où ils s’impliquent et rajoutent un petit truc en plus, bah je trouve ça cool.

Bon depuis 5 ans, les choses ont changé… Ok ok. Mais à l’époque, certains vieux de la vieille disaient déjà la même chose. Donc vous ne m’entendrez pas seriner de « c’était mieux avant », de toute façon la moyenne d’un blogueur c’est quoi ? Six mois ou un an maximum ? Bah, ils ont tôt fait de disparaître et d’être oublié. Ca aussi c’est un truc dingue, on peut, dans ce milieu, se retrouver au firmament pendant quelques temps, et totalement disparaître des esprits en quelques mois.

La semaine dernière, je suis tombé sur « Paumé » au Centre Pompidou, et je lui disais justement que je trouvais ça fou en comparaison des passions qu’il avait suscitées pendant bien deux ans.

Heureusement que je n’ai jamais basé mon blog sur une popularité quelconque, sinon je n’aurais ni commencé, ni continué. Heureusement aussi que j’ai d’abord voulu, et je continue, écrire pour moi, et utiliser cet endroit comme chronique de mes sorties et passes-temps culturels. Je ne regarde pour ainsi dire jamais mes stats, une fois tous les quinze jours pour regarder où j’en suis, et je surveille juste les liens référants. Je sais bien que certains préfèrent quand je parle de moi, de mes amours, mes plans culs et ma famille déglingué, mais si je le faisais tous les jours, je deviendrais ouf moi !!! :mrgreen:

Et sinon mon cri de ralliement reste valable : Blig blog blug blag !!!

Et pourtant, je poste moins, et j’ai moins de temps à consacrer à ce type d’écriture, et ça me fait bien chier… Mais bon, pas le choix…

Depuis 5 ans, le blog s’est donc bien démocratisé, a été largement récupéré par les chantres du marketing pour le meilleur et pour le pire, par les skyblogueurs (contre lesquels je n’ai jamais pesté parce que je trouve qu’ils ont largement leur place dans la blogosphère), et toute une génération de d’jeun’s qui ont leurs qualités et leurs défauts. De toute façon, quand on commence à s’approcher d’un phénomène, quel qu’il soit, il devient rapidement impossible d’en tirer des généralités. On se rend trop rapidement compte que les individus sont par définition uniques. Hé hé, quelle conclusion, attendez je m’arrête deux secondes, je trouve que suis balèze là. Mais c’est vrai que lorsqu’on me connaît un peu, on n’arrive moins facilement à me taxer de « seulement » pédéblogeur, ou culturoblogueur ou cinéblogueur etc. Alors que de loin, les raccourcis des articles de journaux m’ont souvent bien fait frémir.

Ce qui me peine souvent quand je lis des blogueurs un peu verts, c’est de lire leur terrible envie d’être lu et commenté (surtout), lié et donc « reconnu ». Et certains ont l’air de vraiment souffrir de leur impopularité. Ah là là, c’est dommage. Et dès que j’entends des grincheux qui parlent de jeunes qui ne savent pas écrire ou qui ne sont pas créatifs… Merde alors !! Quand on lit des Gonzague ou des MonsieurDream, ou bien encore de jeunes loups talentueux (et têtes à claques comme on aime) comme un Macsym, ça réconcilie avec ces blogueurs nés à la fin des années 80 (Bande de chacals !!!!). Mais j’espère que vous vous ferez pas manger tout cru par les grands méchants loups… Gaffe les petits blogueurchoux (oui c’est mon côté vieille tata protectrice).

Et chez les pédéblogueurs, ça bouge aussi dans ce même sens. Logique, hé hé hé. Gauthier continue à nous régaler de ses scabreuses aventures, tandis que Procellus maintient une qualité d’écriture et d’humour qui me laisse toujours pantois. Et puis y’a quelques nouveaux arrivants prometteurs qui tous les jours viennent enrichir mon déjà énoooorme agrégateur…

Bon allez, j’ai assez tchatché pour cet anniversaire. Putain que le temps passe. Je me demande bien combien de temps je vais encore tenir. Mais bon… we’ll see. ;-)

Carrrrramba, encore raté !

Alors que la première année, je m’étonnais d’être encore là et je faisais un bilan enjoué de cette timide expérience, la seconde je réalisais in extremis que j’avais grandit, puis l’année dernière je consultais les aruspices en vue d’un bon présage, et cette année alors ? Eh bien tout simplement, j’ai raté la date de trois jours. :mrgreen:

Oui, oui, depuis le 3 avril dernier, cela fait quatre ans que je blogue. Je sais que cette manie décompter les choses ne sied pas à tout le monde, mais moi c’est tout à fait mon genre, j’aime beaucoup compter les années, et fêter les anniversaires. L’âge d’un blog est quelque chose qui n’est pas anodin car on est toujours persuadé qu’on ne va pas pouvoir/vouloir faire ça très longtemps. Et je rentre justement dans cette phase où je m’interroge sur cette pratique hautement addictive, chronophage et jouissive. Après quatre ans, je me retrouve dans la situation ambiguë où j’ai l’impression d’avoir tout dit, et même répété certaines choses, mais aussi finalement avec plus de sujets que je n’ai de temps pour les développer. J’ai toujours une centaine d’idées de posts, d’anecdotes de la vie qui me font sourire et que j’aimerais partager, de réflexions plus ou moins intéressantes ou pertinentes, et cette envie que je contrains de me livrer encore plus sur mes travers, ma famille ou mes petites pérégrinations introspectives.

La contrainte vous savez bien d’où elle vient, il y a déjà un peu de pudeur (tout de même), et aussi des gens qui lisent et commentent et qui ostensiblement ne m’aiment pas beaucoup (hu hu), et qui aussi ostensiblement ont pu me chercher des noises. Et pourtant je n’arrive pas à me cacher derrière un pseudo ou bien à ne pas mettre mes vraies informations derrière mon nom de domaine, ou bien à ne pas mettre ma sale gueule en proue du blog. Non, j’ai toujours été féru de web, mais avec un médium aussi virtuel, je trouve qu’il est au contraire salutaire d’y cultiver des choses vraies, concrètes et authentiques. Etre soi. Evidemment cet espace est personnel, et cela me casserait les couilles qu’on puisse me googler et tomber ici (ce qui n’est pas le cas, j’y veille aussi bien que j’y peux), et que cela puisse me nuire alors professionnellement ou autre. Par contre, qu’on connaisse ici mon vrai nom, bah ça me paraît juste normal et évident.

J’écris moins depuis quelques temps, car je suis submergé par mon boulot, et très agréablement occupé avec mon Doudoudidouwaaaah, mais je conserve tant bien que mal cette habitude d’écrire quotidiennement. J’aime cette gymnastique et elle me parait être un exercice vraiment sain, en plus d’un véritable plaisir. Comme tous les blogs, j’ai de bonnes périodes, et puis de moins bonnes, et des carrément nulles, mais ce n’est pas grave. Je sais que mon inclassabilité et ma singularité sont ma meilleure arme pour rester à ma place, juste tout petit dans mon coin à moi que j’aime.

Et si parfois, je peux vous faire plaisir lorsque vous lisez des trucs ici, rhoooooo comment je suis content. Juste ça, c’est génial.

Et puis quand je reçois une carte postale d’un pote avec ça :

Carte postale "blogostar"

Ou bien le sms d’un autre qui m’indique :

sms "je kiffe les mitochondries"

Et aujourd’hui, je reçois un cadeau qu’on peut sans rougir caractériser d’idoine. :mrgreen:

Jeu narval !

Eh bien, c’est reparti pour un tour, sans hésitation.

Evidemment, je vais peut-être fermer mon blog dans deux heures, ou le mois prochain, ou je ne sais quoi. Aucune garantie, aucun engagement ni de mon côté, ni du vôtre. Mais c’est gratuit. Et c’est sincère.

Le petit MatooBlog a trois ans

Bah ouai, voilà. Y’a trois ans, je postais mon premier article sur mon joli blog b2 tout rutilant !

Cela nous donne 1469 posts (sans compter les « linkage » qui sont 218 posts faciles qui gonflent un peu trop les stats), et bien d’autres à venir ou pas. Bref, on verra bien, je n’ai toujours pas de (business) plan, objectif ou ambition pour ce site. C’est juste sympa d’avoir ça pour s’épancher un peu, se marrer, s’énerver, s’attrister, se réjouir, (se) partager, se vanter, se prendre quelques claques, se mettre en scène, se raconter tout nu, fabuler, dire toute la vérité vraie et plein d’autres choses.

Le petit MatooBlog est donc bélier ascendant cancer. Voilà son horoscope du jour :

Soleil conjonction Soleil
Bon anniversaire ! un souffle nouveau vous habite et vous vous sentez d’humeur à tout reprendre à zéro s’il le faut. Vous avez l’impression de renaître et même si vous ressentez un zeste de nostalgie par rapport à l’année écoulée, vous décidez intérieurement d’aller de l’avant.

Mercure sextile Mars
Dynamique et énergique, vous résolvez tous les problèmes avec rapidité. Vous passez à l’action sans trop vous poser de questions, ce qui améliore votre rythme de travail.

Vénus sextile Mercure
Ces jours-ci, d’excellents contacts sont au menu: invitations, sorties et divertissements amènent de la joie et du plaisir avec votre entourage.

Mars sextile Mercure
En ce moment vos arguments sont très convaincants et vous trouvez les mots justes, les phrases qui vont droit au but. De plus vous ne vous laissez pas déstabiliser facilement. Le succès est assuré !

Que de bonnes augures ! ;-)

Thème astral du MatooBlog