Donc Midi-Pyrénées je disais !!

Eh oui puisque nous avons donc traversé cette superbe Montagne Noire pour arriver à Castres. Le choix de la ville était vraiment lié à une situation centrale pour nous rendre à Carcassonne, Toulouse et Albi. Mais on pensait tout de même tomber sur une ville intéressante et qui méritait aussi le détour, aheummm… pas vraiment. J’ai parfois pensé et dit à Orphéus qu’il exagérait quand il parlait de No fun land alors que son mari est parti pour cette ville (je pensais que c’était tout de même une « grande » ville). Eh bien, je le comprends carrément maintenant !! Aaaaaaaaaah !!! Castres est vraiment triste et il ne se passe bah… rien !! Bref passons…

On a profité aussi des nombreux lacs (artificiels) de la Montagne Noire dont celui des Montagnès auprès duquel nous aurions voulu passer des heures et des heures.

Lac des Montagnès - Montagne Noire

Nous n’avons jamais pris l’autoroute dans la région pour mieux profiter des paysages, mais entre Castres et Toulouse on n’a pas spécialement été conquis, alors que plus tard, la vallée du Lot et celle de la Dordogne vont nous laisser pantois. Mais on arrive à Toulouse, que je connaissais pour y avoir passé quelques temps il y a une dizaine d’années (un amoureux sur place !!), et mon chérichou a tellement aimé la ville qu’il veut qu’on y déménage !!! Huhuhu. Il faut dire que la ville a bien des charmes, et nous a frappé d’abord par cette omniprésence de la brique rouge lui donne un curieux air de ville du nord du sud !!! On a surtout trouvé que c’était vivant, agréable et d’une taille assez idéale entre une grande ville dynamique à la page et cette qualité de vie à laquelle on aspire tant (en tant que vieux cons en gestation huhuhu).

On a fait un grand tour de la ville pendant une journée pour en visiter les principaux monuments, et voilà ce qu’on en a retenu. Eh bien avant tout, j’ai adoré la Basilique Saint-Sernin (en briques évidemment, huhu), d’ailleurs il s’agit encore d’un patrimoine de l’Unesco (tu m’étonnes), qui est la plus grande église romane du monde. Elle est aussi belle de l’extérieur que de l’intérieur, et on a passé du temps à admirer le magnifique chevet avec la vue sur le clocher typique du coin (64 mètres de haut !!).

Basilique Saint-Sernin de Toulouse

Elle est gigantesque et c’est troublant de découvrir un édifice roman à la nef aussi haute (64 mètres au transept) et immense (115 m de long). On a visité aussi la crypte avec une quantité hallucinante de reliquaires et châsses diverses et variées. Apparemment c’est Charlemagne qui a donné pas mal de reliques à l’église pour en faire un lieu de pèlerinage prisé. On y trouve de ces trucs glauques et païens au possible selon moi genre des os emmaillotés de fils d’or et incrustés de pierres précieuses… Eurk.

Intérieur de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse

A quelques pas de là, j’ai eu un vrai coup de coeur pour l’adorable et sublime Chapelle des Carmélites. Ce lieu est totalement couvert de peintures murales et orné de magnifiques tableaux religieux, une vraie petite chapelle Sixtine toulousaine très charmante.

Chapelle des Carmélites de Toulouse
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Un dernier tour dans le Languedoc-Roussillon et puis s’en va !

Bon je suis rentré hier, mais je vais tout de même continuer le récit du voyage qui vient de s’achever. On a bien crapahuté dans le Languedoc-Roussillon mais on a parcouru le Midi-Pyrénées et d’autres régions et départements encore !!

On a donc continué notre périple dans les Grands Sites de France, et il y avait notamment dans le coin le Pont du Gard. Rhalalala, quelle claque ce site alors, ça valait vraiment le coup. Autant pour tout l’aménagement et les installations dans le cadre du site que pour le pont en lui-même dont l’architecture et la beauté dépassent l’imagination. En effet, on arrive sur un site avec une organisation impressionnante et on se serait vraiment cru dans un parc national des USA !! En revanche, c’est 15 euros le parking… mais avec l’accès au Pont, à un musée de la Romanité, un espace pour les gamins, un parcours dans un jardin antique « mémoires de garrigue », et aussi la possibilité de se baigner et de s’installer le long de la rivière où il y a une plage etc. Bref, c’est super bien pensé, totalement accessible en fauteuil, avec beaucoup de personnels pour informer et guider, et des installations terriblement bien intégrées dans le milieu naturel.

Et puis, quand on arrive, on voit ça et ça se passe de commentaire :

Vue globale Pont du Gard

275 m de long, 50 m de haut, construit au premier siècle, apparemment l’aqueduc, qui amenait l’eau à Nîmes d’une cinquantaine de bornes de là, n’était pas vraiment nécessaire à l’alimentation de la ville mais surtout utile pour démontrer le savoir-faire des romains, et pour les thermes, fontaines publiques et autres apports « modernes » et d’apparat de la civilisation romaine. Et puis, il y a donc le gardon qui coule là, et avec le temps de rêve que nous avions, il était parcouru par beaucoup de canoës, et des gens pique-niquaient et se baignaient ! L’endroit est fantastique !!

Vue du Gardon - Pont du Gard

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Montre-toi, Ô Astre Solaire !!!

Oui voilà quoi, moi qui voulait être certain d’avoir du beau temps en passant des vacances dans le sud, je suis un peu décontenancé. Ce n’est pas la cata non plus, mais on ne peut pas dire qu’on soit dans les standards du genre (évidemment pour des parisiens, on se contente de peu). Et pourtant ça avait assez bien commencé en arrivant sur Clermont-Ferrand avec une relative douceur et quelques éclaircies. Nous avons alors entamé notre road trip avec la basilique Notre-Dame-du-Port que nous savions faire partie du chemin de St-Jacques-de-Compostelle et aussi donc du patrimoine mondial de l’Unesco.

Le bâtiment est vraiment très beau et impressionnant, et particulièrement harmonieux dans ses lignes et volumes, avec de nombreuses parties extérieures finement sculptées. Il vaut vraiment le coup d’oeil et certainement la visite approfondie.

basilique Notre-Dame-du-Port - Clermont Ferrand

basilique Notre-Dame-du-Port - Clermont Ferrand

On a fait un petit tour dans le centre de Clermont-Ferrand avec quelques jolies vues du Puy-de-Dôme de quelques placettes charmantes, certaines ornées de fontaines assez anciennes et parfois originales. Mais le centre est vraiment marqué, comme souvent dans les grandes villes françaises, par la cathédrale que l’on voit de très loin, et qui impressionne par sa célèbre couleur noire caractéristique. Tout en pierre de Volvic, elle se dresse fièrement et offre quelques chouettes points de vue. La Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont apparaît particulièrement belle et grandiloquente vu comme cela :

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont
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Bourges, 2 minutes d’arrêt !

Ouh là là, depuis les vacances sont passées par là, mais je voulais tout de même montrer un peu ce qu’on a fait à Bourges il y a deux week-ends. 2 minutes d’arrêt car on a juste passé deux jours, et c’était largement suffisant pour faire le tour et avoir envie de rentrer à Paris. Huhuhu. Je suis mauvaise langue, on avait choisi cette ville parce que c’était à moins de deux heures de Corail (pas cher) de Paris, et qu’on pouvait visiter deux trois bricoles tout en se reposant.

C’est exactement ce qu’on a fait, avec un hôtel très sympa à deux pas de la gare et du centre-ville, un centre-ville qui se visite en deux coups de cuillère à pot, et globalement une jolie petite ville avec de belles et anciennes maisons, et deux joyaux que sont le Palais Jacques Cœur et la Cathédrale Saint-Étienne.

D’abord, on a rien fait. Et c’était très bien comme ça. Un bon déjeuner sur la terrasse de l’hôtel, et déjà cela nous motivait un peu plus pour se bouger. Mais avec un temps pareil, j’ai eu du mal à me remuer les fesses…

Terrasse de l'hôtel de notre week-end

Nous avons donc fait un tour au Palais Jacques Cœur, et cet illustre personnage et sa belle maison bourgeoise semblent hanter l’entière cité. Le voici en statue en face de sa magnifique bâtisse gothique flamboyant.

Statue de Jacques Coeur en face de son Palais éponyme

Ce Jacques Cœur (1400 – 1456) était grand argentier de Charles VII (celui-là même que Jeanne D’Arc a aidé à faire couronner) et fut un des plus riches hommes de son époque. Il était avant tout un grand négociant et commerçant avec des comptoirs et des relations commerciales dans le monde entier. Mais il avait aussi tellement de gens qui lui devaient de l’argent que lorsqu’il a été accusé d’un crime (apparemment monté de toute pièce), tous en ont ajouté pour ne pas avoir à le rembourser, et le spolier même de toutes ses possessions. Sa page Wikipédia est un vrai soap avec des noms célèbres en écho tels qu’Agnès Sorel ou Gilles de Rais.

Vue extérieure du Palais Jacques Coeur - Bourges

Vue extérieure du Palais Jacques Coeur - Bourges

Cour intérieure Palais Jacques Coeur - Bourges

Cette maison, qui préfigure les hôtels particuliers, est un bijou architectural qui représente ce qui se faisait de mieux et de plus majestueux à l’époque. Et Jacques Cœur n’y a même pas vécu… On y suit un parcours fléché très bien fait et bien illustré pour comprendre les différentes ailes de la maison, ses aspects utilitaires, fonctionnelles ou d’apparat, et malgré une absence de mobilier ou de décors, le gothique flamboyant a l’avantage de conserver ses bijoux dans la pierre, donc on en profite aisément ainsi. Même mises à nu, les pièces ont conservé une incroyable beauté et majesté. Les linteaux de cheminées racontent des histoires, les décors sculptées ont leurs polychromies, les plafonds peints leurs formes singulières et les escaliers leurs perfections géométriques…

Cheminée Palais Jacques Coeur - Bourges

Escalier Palais Jacques Coeur - Bourges

Le cri version Palais Jacques Coeur

(Cette dernière image me faisait vraiment penser au Cri de Munch ! Ou bien à une bouche à pipe…)

On a visité ensuite la cathédrale qui est superbe, et surtout notable, à mon avis, par son architecture sans transept très inhabituelle. Du coup, elle paraît vraiment très harmonieuse de l’extérieur, et revêt une robe de pierre des plus aériennes et effilée.

Vue extérieure de la Cathédrale de Bourges

Et l’intérieur donne l’impression d’une immensité troublante et surréaliste, avec encore une fois cette unique vue, oblongue et parfaite, du corps de l’église.

Intérieur de la Cathédrale de Bourges

Nous avons aussi visité la crypte avec une guide complètement folle, et donc très drôle, ce qui donne pas mal d’éclairages supplémentaires à l’édifice religieux. On y apprend par exemple l’existence d’un ancien jubé dont les panneaux de pierre ont été recyclés un peu partout. C’est ainsi que le jubé a été reconstitué en partie grâce à des découvertes assez incroyables d’anciens panneaux recyclés en simple dalle de recouvrement de sol (et donc particulièrement bien conservé en formes et peintures). Et on a de biens jolies vues de la ville lorsqu’on grimpe les 396 marches (sa mère, sa race, comme j’en ai chié…) :

Vue du haut de la Tour nord de la Cathédrale de Bourges

Il y a aussi à côté de la Cathédrale le joli jardin de l’archevêché :

Parc à côté de la Cathédrale de Bourges

Et la nuit, bah ça le fait bien. Huhuhu.

Vue de la Cathédrale de Bourges - la nuit

Mais la nuit venue, évidemment on a voulu un peu s’encanailler. Mais grosse déception, le JeremStar Café était fermé pour quelques semaines d’été… Huuummm c’est vraiment un bar local pour qu’il ferme l’été, je suppose qu’il doit fonctionner avec des étudiants alors (?). J’aurais bien aimé voir la faune locale qui fréquente un bar au nom pareil, huhuhu. Les pauvres, qu’ont-ils fait pour mériter cela. On n’a pas eu la patience non plus d’attendre l’ouverture du « Q » qui jouxte l’établissement, en craignant aussi une clientèle un peu trop hétéroclite. Tant pis !!

Le JeremStar Café de Bourges - Fermé l'été !

Le lendemain, dimanche, on a fait une petite promenade dans les marais de Bourges qui est en effet une vraie zone marécageuse à deux pas du centre-ville. Ces marais sont en fait des zones de cultures maraîchères diverses et variées, avec des parcelles parcourues par autant de rus et de petits canaux d’irrigation. Du coup la zone est fraîche, humide et était particulièrement agréable avec la chaleur du moment.

Promenade dans les marais de Bourges

Quand on aperçoit la Cathédrale à deux pas à travers les arbres et les eaux, on a en effet du mal à croire que tout cela est bien une zone urbaine !!

Vue de la Cathédrale dans les marais de Bourges.

Voilà pour un chouette petit week-end, pas très cher, une petite escapade loin de Paris mais pas trop loin, c’était nickel. On a pu passer du bon temps, se faire un bon restaurant (je vous conseille « La Prose« ), visiter quelques chouettes témoignages du passé et apprendre quelques bricoles.

Un Carnaval à Cologne

Ce week-end, ça nous a pris comme une envie de pisser alors qu’on se démenait dans un de ces fils mail (sur gmail) dont nous avons le secret. Alors qu’il nous avait fallu des semaines de tergiversations pour organiser un week-end à Budapest avec des pour, des contre, des indécis et des saboteurs, et qu’on a fini par renoncer à l’idée, nous n’avons mis que quelques minutes pour choper les billets Thalys pas chers et l’hôtel (plus cher) !!

Aucun de nous ne connaissait Cologne, mais l’idée d’y passer le carnaval me disait bien, même si je me demandais comment on fêtait un truc pareil par un froid pareil. Et comme on m’avait dit que la ville était sympa, plutôt gay-friendly, mais qu’il n’y avait pas grand-chose à visiter, et que ce n’était pas non plus un endroit à la beauté stupéfiante, l’ambiance carnavalesque seyait parfaitement à nos humeurs chafouines. C’est ainsi qu’avec @ikare, @tactactwit et @ColinDucasse (Voilà maintenant je fais des liens vers les comptes twitter, ceci est un jour charnière !!), j’ai passé ces quelques jours en Teutonie !

Bon Cologne en février, c’est froid et neigeux, mais au moins on n’a pas eu de flotte, donc bien couvert on survit sans problème à ces frimas du nord. Et Cologne c’est connu pour la cathédrale, bah ça tombe bien y’a que ça :

La cathédrale de Cologne - Dom

On a dû passer ces trois jours à errer dans un cercle concentrique de 700 mètres autour de la cathédrale, mais comme c’est là que l’animation se trouvait, on a certainement bien fait. Hu huhu. En tout cas, l’impression générale sur ce carnaval est excellente, nous y avons passé de bons moments, dans un état d’esprit qui me convient à merveille. En effet, la ville entière est réglée sur le carnaval, et c’est une fête qui est éminemment populaire et qui m’a épaté par sa capacité à rassembler les générations, les styles et les milieux sociaux.

Déjà, sur les trois jours passés à Köln, on pouvait compter sur les doigts d’une main les gens qui n’étaient pas déguisés, ce à quoi je ne m’attendais absolument pas. Et on trouve tous les déguisements, des plus simples avec du maquillage et quelques accessoires, au plus élaborés, et des plus artisanaux aux plus professionnels. A cela, on a aussi pu voir tous les groupes traditionnels et fanfares qui défilaient sur des thèmes assortis. Bon d’ailleurs, ils nous ont bien coincé avec leurs parades qui avaient lieu n’importe quand et qui bloquaient les rues pendant des heures !!

On a pu voir des familles entières assorties :

Une famille allemande au carnaval de Cologne

Des personnes qui auraient pu être de ma famille et qui se baladaient très dignes avec juste un truc énooooormissime :

Dame à la perruque orange au carnaval de Cologne

Et des groupes de gens avec des costumes identiques, comme là des grenouilles :

Grenouilles au carnaval de Cologne

Bref, plein de gens très différents !!!

Evidemment, ça picole pas mal, et toute la journée, mais même de ce point de vue là, j’ai été agréablement surpris. Déjà, les gens savent se tenir, et je n’ai pas trouvé qu’il y avait de la violence ou des gens qui cherchaient des noises, mais bien des gens qui avaient envie de s’enivrer pour faire la fête et avec un état d’esprit des plus chouette et amical. Aussi pas de mauvaises surprises ou de mauvaises rencontres ce week-end, mais tout un tas de gens qui se croisent avec sourires, salutations joyeuses et houblonnées, et qui sont rassemblés dans une incroyable concorde le temps de ce carnaval. Pas de racailles non plus pour semer le trouble ou gâcher la fête, ce qui est une chose que j’ai appris à ne plus attendre tant c’est monnaie courante en région parisienne.

Avant de partir on s’était posé la question des costumes, et sans idée précise j’avais pensé que c’était marrant si on était au moins tous les quatre assortis avec un truc bien franchouillard. Du coup, c’est ce qu’on a fait avec nos sémillants bérets, le tout complété par les masques de TacTac, que nous avons fièrement défilé. D’abord, on a fait quelques tests :

Essayage de masques à l'hôtel

Essayage de masques à l'hôtel

Et puis devant la cathédrale, nous avons endossé nos personnages. Mouahahaha.

Ikare :

Ikare au carnaval de Cologne

Colin :

Colin Ducasse au carnaval de Cologne

TacTac :

TacTac au carnaval de Cologne

Et votre serviteur :

Matoo au carnaval de Cologne

La plupart des restaurants du centre-ville sont convertis en sorte de dancings et toute la journée ils accueillent les fêtards qui veulent boire et danser. C’était vraiment très commun, et on est allé notamment dans une pizzeria qui ne payait pas de mine, mais dans laquelle les gens étaient adorables et s’éclataient sur leurs musiques traditionnelles. Car il est important de dire que c’est un peu segmenté en terme de musique, que ce soit un bar gay ou une sombre échoppe à curry-wurst dans une rue pavée, on se retrouve en effet avec quelques standards qui sont joués et rejoués… Il s’agit de chansons populaires allemandes que tout le monde connaît par coeur, et dont les refrains nous ont rapidement hantés. Je ne résiste pas à la tentation de partager ces perles germaniques avec vous :


Viva Colonia


Amsterdam

Et tout le monde chante ça à tue-tête de 7 à 77 ans, dans la rue, dans les bars ou les restos, déguisé en princesse, en bouteille de bière ou en Mario et Luigi, des pédales les plus queers aux bons gros allemands bourrus !!!

Cologne ville gay-friendly ? J’avais beaucoup entendu dire cela, et disons que nous n’avons rien vu qui puisse le nier. Mais le carnaval met tellement la ville sans dessus-dessous que c’est difficile de se rendre compte de l’ambiance hors cette fête si singulière. Ce qui était drôle c’était de constater que pas mal d’homos que nous avons croisé dans les rues n’étaient pas ou peu déguisés. Ah ah, comme si l’anticonformisme du moment était justement dans la sobriété et l’anti-carnavalesque. Hé hé. Mais les samedi soir et dimanche soir où nous sommes sortis, et où nous avons essayé les bars gays, c’était blindé de chez blindé et 100% des gens étaient déguisés !

Nous avons testé notamment vers Rudolfplatz un des bars gays les plus populaires : l’Ex Corner. C’était très très sympa, mais plutôt impossible d’y mettre un pied tant l’endroit était plein à craquer. Mais toujours avec des gens marrants, souriants, cools, toujours prêts à rigoler, à discutailler ou à échanger quelques regards vicelards (arf). Même combat dans tous les bars à gens sensibles alentour, où nous avons passé autant de temps à nous insérer dans une foule compactée qu’à s’en désincarcérer au prix d’un exercice tactile qui m’a donné l’impression d’avoir eu des relations sexuelles avec au moins 30 teutons en même temps. Huhuhu.

En plus des musiques traditionnelles, on a aussi eu la surprise d’y découvrir un morceau francophone top tendance qui devrait carrément faire des émules ici. C’est un belge qui chante cet ovni vraiment inclassable, entre trip-hop, électro et voix à la Louise Attaque. Très surprenant et très rafraîchissant, les pédales d’outre-rhin étaient fans !


Alors on danse – Stromae

Sinon on a aussi entendu France Gall, je vous l’avais bien dit que c’était top France Gall. :mrgreen:

Samedi soir, nous avions entendu parlé d’une soirée dans un théâtre « Gloria », c’était la soirée « Kings und Queens », hu hu, pourquoi pas !? On est donc dans un théâtre ce qui est assez marrant, et les gens étaient tout aussi déguisés et joviaux que dans la journée. Le seul hic, mais il est de taille, c’est que le DJ était naze de chez naze. Un pousse-disque de la pire espèce : celui qui ne sait ni mixer, ni enchaîner, ni sélectionner les bons morceaux. Du coup, ça m’a bien refroidi, et on n’est pas parti très tard avec mon chérichou. Le lendemain, la fête continuait de battre son plein, et on nous avait conseillé le resto Brennerei Weiß. Seulement en arrivant, et comme tous les établissements du centre-ville, on a vu que c’était exceptionnellement une soirée plutôt qu’un endroit où dîner. Donc après quelques curry-wurst bien fameux, nous avons rejoint cette soirée interlope avec une ambiance un peu « Tango » plutôt cool et chaleureuse (avec un serveur à couper le souffle).

Le retour à Paris a été un peu plus long et tumultueux que prévu, puisque nous n’avons pas eu de Thalys entre Bruxelles et Paris. Avec ce terrible accident ferroviaire à Bruxelles, nous avons été promenés sur les voies ferrées belges de Gand à Courtrai puis Lille, et enfin Paris !! Mais bon, 3 petites heures de rallonge, ce n’était pas bien grave (et puis on habite à 15 minutes ensuite par le métro). C’était assez surprenant et choquant d’entendre certains compatriotes qui grognaient et ronchonnaient en disant qu’ils voulaient se faire rembourser, et que c’était inadmissible de n’avoir pu faire rouler le Thalys jusque Paris. Tout de même quand on sait qu’il y a eu 18 morts, ce n’est pas le moment de se plaindre d’un petit détour exotique dans la campagne flamande…

Bref, ce petit séjour à Cologne m’a enchanté, il faut dire que j’y étais en plus qu’excellente compagnie, c’est vrai. En revanche, j’ai un peu de mal à me figurer la ville sans le carnaval, et ce qu’on peut bien y faire en dehors de cette période… A voir donc.

PS : Nous n’avons pas oublié pour autant le kiss-in du week-end.

Kiss-in à Cologne

Barcelone, le jour

(Désolé pour mes photos, ce ne sont que celles que vous connaissez déjà trop bien de Barcelone, rien d’original là dedans !)

Je commence à être bien crevé de mon week-end, mais c’est bon signe ! On a bien marché, bien découvert quelques facettes de la ville, et surtout bien profité de ce temps génial. Hier matin pourtant, il a flotté des trombes pendant quelques heures, mais le midi il n’y paraissait déjà plus. Et le soleil dardait de nouveau comme si de rien n’était…

Aujourd’hui, il faisait assez beau pour aller traîner à la plage, et se poser dans un chouette bar-lounge le long de l’eau. Walalala, ça va être difficile de mettre les voiles demain soir, alors que je commence tout juste à me faire à cette escapade. Il me faudrait une bonne semaine de ce traitement pour être bien requinqué, mais ne jouons pas les désabusés, c’est déjà vachement bien comme ça.

On n’a pas non plus joué les stakhanovistes pour ce premier week-end à Barcelone, on s’est levé tard, on est sorti, et on y va à un rythme bien pacifique. Vendredi après-midi, nous nous sommes baladés dans le vieux centre-ville, histoire de faire connaissance avec Barcelone et son architecture, son ambiance et son clément climat (oui j’aime aussi les allitérations, il faut que j’en fasse un article un de ces quatre). J’ai été surpris par le plan très américain de la ville, les rues sont des lignes droites infinies qui délimitent de véritables « blocks ». Au moins, impossible de se perde, et on se repère très rapidement, mais du coup c’est très moderne, et moins charmant que ce que j’aurais pensé (moins que Lisbonne par exemple à mon avis).

Place Real à Barcelone

J’ai aprécié la richesse des façades d’immeubles qui, hors les chefs d’oeuvre de Gaudí, sont globalement réussies et attirent l’oeil. Mais rien de transcendant là-dedans, un peu comme le style haussmannien parisien, c’est sympa mais voilà. Nous sommes allés visités la « Perdrera » samedi qui est une des réalisations les plus connues de Gaudí, et qui vaut vraiment le détour. En effet, l’immeuble est en tout point superbe, mais en plus c’est une sorte de musée très intelligemment conçu. Un étage est entièrement meublé comme lors de la création du bâtiment et présente un logement privé (bourgeois !) de l’époque. On y retrouve donc du mobilier, et surtout de pédagogiques explications sur la manière dont l’architecte a pensé l’architecture intérieure autant que l’aspect du building.

Immeuble La Pedrera à Barcelone

L’architecte force d’autant plus le respect dans la suite de la visite, car au dernier étage on trouve une sorte de rétrospective de son oeuvre à Barcelone, ainsi que quelques éléments pour mieux comprendre et apprécier son travail. Cette visite se révèle un passage obligé pour ensuite voir les autres créations de Gaudí qui parsèment la ville. Les quelques précisions techniques et architecturales sont absolument passionnantes pour comprendre par exemple les arcs caténaires ou la manière dont il a autant réussi à faire pénétrer la lumière naturelle dans les habitations. Et puis, on s’en prend plein la vue aussi sur les aspects artistiques formels de l’artiste-architecte. Ces formes incroyables, ces crânes ou illusions biomorphiques, les courbes qui dévalent les façades ou qui perturbent les niveaux des terrasses etc. Bref, la visite de la « Pedrera » c’est à faire !

Toit de la Pedrera à Barcelone

Et puis nous nous sommes dirigés vers une autre réalisation connue de Gaudí : le Parc Güell. Au sommet de la colline, on a une belle vue sur Barcelone, donc la « Sagrada Família » et ce gros machin (qui ressemble au « gurkin » londonien) qui est la « Torre Agbar » de Jean Nouvel.

Vue du Parc Güell

La suite du parc est assez fascinante, on y trouve une construction qui repose une kyrielle de piliers pas droits, des mosaïques de toute beauté aux plafonds, des bancs aussi bien décorés pour s’assoir au soleil et deux maisons de schtroumpfs comme Gaudí semblait les apprécier. Et comme vous pouvez le remarquer, toujours du beau temps… ;-)

Parc Güell, les piliers

Et le truc bien à Barcelone, c’est que c’est une grande ville au bord de la mer !!!!! Ah je m’imagine trop bien aller à la plage en sortant du bureau. Oh là oui, très très bien. :mrgreen:

Plage de Barcelone

Et aujourd’hui, on est allé visiter la Sagrada Família qui est sans conteste le bâtiment phare de Barcelone. Encore une fois, ça vaut le coup d’oeil.

Sagrada Família

L’édifice est superbe et suit bien l’esprit fantasque et singulier de son créateur. Autant pour l’extérieur et les décors, la statuaire religieuse, que pour l’intérieur et cette « forêt » impressionnante de piliers.

Intérieur de la Sagrada Família

La crypte est une belle exposition qui présente notamment les plans finaux de la cathédrale. C’est drôle d’ailleurs cette sensation de se trouver sur le chantier d’un tel bâtiment, d’une telle ampleur et puissance artistique ou mystique. Du coup, on voit bien à quel point la Sagrada Família s’apparente à une Notre Dame…

Bon mais ce n’est pas fini, il y a encore demain, et ce soir. Hé hé hé.

[Edit du lundi]

Et ce midi donc, visite de la Casa Batlló qui est un autre des joyaux barcelonais de Gaudí, juste à quelques minutes de la Perdrera. Encore une fois, un bâtiment qui montre le savoir-faire de l’architecte et de l’artiste tout en proposant de véritables innovations en terme d’habitat (une incroyable optimisation des circulations d’air et de la lumière). Toujours aussi beau, fou, foisonnant et intelligemment pensé, cet immeuble est une merveille de bas en haut.

Matoo en Pavel-Novotnýnie

Il me faut tout d’abord préciser que je suis tombé sur Fcrank (resplendissant de retour d’Alicante) alors que je partais en Pavel-Novotnýnie en arrivant à l’aéroport de Roissy ! Ah les blogueurs, ils sont partout !! :mrgreen:

Eh oui, me voilà à Prague en République Tchèque, et quel est l’intérêt majeur culturel de ce pays sinon le grand, le seul, l’unique Pavel Novotnýýýýýýý ! D’ailleurs, comme je ne connais pas un mot de tchèque (comme pour le suédois quoi), j’ai décidé de dire « Pavel » pour bonjour, et « Novotný » pour merci, et un peu de « pavelnovotný » pour le reste à la schtroumpf la la ! :mrgreen:

Bon mais je les attends encore les Pavel Novotný parce que pour le moment Prague c’est surtout blindé de touristes anglais, allemands, italiens, espagnols et franchouillards. On est bien tombé sur deux trois pédés qui hantaient cette ville kafkaïenne (littéralement), et j’ai alors mon gaydar qui s’est mis en route et qui a fait « plip plip plilp ». Alors si vous êtes à Prague ce week-end, et que vous entendez derrière vous « plip plip plip », ne vous retournez pas, c’est moi et je vous ai repéré avec votre dégaine de pédé des Carpates (Quoi les Carpates sont en Roumanie ? Naaaan !!). J’ai donc plipé plusieurs fois, et ça marche assez bien, car en général les garçons en question me dévisagent, et se retournent même en se demandant certainement pourquoi je me mets ainsi à faire « plip ».

Evidemment, j’ai fait mon petit benchmark avant de partir, et j’avais en mémoire quelques endroits gays pour les soirées. Manque de pot, le seul dont je me suis souvenu hier soir, et qu’on a retrouvé, est un bar post-nucléaire qui s’appelle « U Rudolfa », et qui était blindé de bears de plus de 40 balais. On a descendu les quelques marches qui mènent à l’endroit, et là une trentaine de regards « ours » nous ont simplement déshabillé !!! Ca m’a donné de folles envies de me mettre au centre et de chanter tout fort : « BEAR FORCE 1, OUH AH OUH AH ! », mais au lieu de ça on s’est caché dans un coin, on a bu un verre, et on est rentré. ;-)

Trêve de balivernes, Prague !!! Aujourd’hui, nous avons tourné dans tous les coins « notables », et on en a pris plein la vue. Pas étonnant que ce soit une destination aussi prisée que Paris, cette ville est d’une beauté stupéfiante, d’une richesse architecturale inouïe, et découvre des points de vue à couper le souffle. Comme à Paris ou dans d’autres grandes capitales européennes, l’histoire est à chaque coin de rue, et les monuments traversent les temps pour en témoigner.

Ce qui m’a le plus bluffé c’est que presque chaque immeuble a une facture spéciale, que ce soit Art Nouveau ou baroque, ou bien un badigeon pastel sur une architecture sobre du siècle dernier. Du coup de simples rues offrent parfois des spectacles auquel on ne s’attend pas forcément.

Immeubles dans le centre de Prague

Sinon on a fait les classiques des classiques en terme de visite, mais tout en étant très étonné de la richesse de la ville et de sa modernité (j’avoue qu’on s’attendait un peu à un truc « Europe de l’est post-soviétique »). Le centre-ville est magnifique même s’il est totalement investi par des hordes de touristes (dont nous), et si quelques endroits finissent un peu par ressembler à Disneyland. Malgré tout, les façades et les monuments ainsi mis en valeur forcent le respect.

Place du centre-ville de Prague

L

Nous avons un temps idéal pour marcher des heures dans Prague, et nous ne nous en privons pas du coup. On est évidemment allé marcher sur le fameux pont Charles, mais c’est surtout les panoramas sur celui-ci qui m’ont plu.

Pont Charles - Prague

Pont Charles - Prague

Pont Charles - Prague

Le Château de Prague est un ensemble incroyable, avec une cathédrale gothique de toute beauté et flamboyance.

Cathédrale Saint-Guy - Prague

Et l’on aperçoit même par delà les arbres, le bout d’une tour dont l’origine n’est pas totalement inconnue ou dépaysante…

Tour Eiffel de Prague

En outre, pour le moment on a très bien mangé, on a trouvé les praguois plutôt sympathiques, et on n’a qu’une envie : continuer à profiter des splendeurs de la ville.

Et ce soir, nous allons explorer un peu plus en profondeur, les bas-fonds du milieu gay tchèque. Attention, Pavel Novotný, nous voilà ! :mrgreen:

Un bon coin pour lire

Ok c’est un peu loin de chez moi, mais tout de même cela faisait longtemps que je n’avais pas trouvé plus agréable endroit (que le Père Lachaise pendant l’été, où j’ai mon petit endroit secret) pour se poser, ouvrir un bouquin et simplement profiter du moment présent. Ce que j’étais bien au bord de l’eau à simplement avoir en fond sonore les cygnes qui s’ébrouent, ou le doux froissement des feuilles OCB des étudiants sécheurs en plein atelier origami qui se fume.

Je suis arrivé dans le centre de Strasbourg, appelé la « Grande Ile » puisque la zone est ceinte par l’Ill, le cours d’eau du coin, par le pont du Corbeau. Les villes sont toujours magnifiées par leurs fleuves qui permettent d’avoir des quais, des ponts, des constructions au bord de l’eau et finalement un aménagement routier limité par les contraintes fluviales (bénies soient-elles !). Strasbourg me parait encore un bon exemple de mise en valeur des charmes de la ville par les berges et les promenades que l’on peut y faire (contrairement à Londres par exemple dont les bords de Tamise ne sont absolument pas aménagés, alors qu’il y a un extraordinaire potentiel).

Entrée sur la Grande Ile

Mais bon, comme je ne voulais pas me perdre, je suis allé tout droit pour d’abord choper LA vue de Strasbourg : la cathédrale. Pour aller dans le centre je m’y suis d’ailleurs fié, car on la voit de très loin. Et je n’ai pas été déçu, les alentours de l’édifice et le monument en lui-même sont superbes, et n’ont pas trop subi les stigmates du tourisme (et de ses boutiques de souvenirs aux omniprésentes et alsaciennes cigognes). Malgré mon farouche anticléricalisme, je suis particulièrement fan des édifices religieux, et j’aime beaucoup les représentations du « sacré ».

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

Et je suis allé un peu au hasard de mes pas, dans le centre-ville. J’ai fait un crochet par la FNAC histoire de racheter le roman que j’ai oublié dans le train (un de plus ! Ma banquière me dirait « Est-ce que vous oubliez aussi vos godes dans le train ? » Mouaaarf.), et puis j’ai mangé un sandwich sur les marches de l’Opéra avant de me balader sur les quais, que je n’ai quasiment pas quitté ensuite. Les divers ponts que j’ai empruntés donnaient lieu à de jolies perspectives comme celle-ci :

Pont de Strasbourg

Il y a aussi cette église (St Paul) qui est juste au bord de l’eau et dont l’emplacement la met drôlement en valeur. De loin où l’on a l’impression qu’elle se tient sur l’eau :

Eglise Saint-Paul

Ou de près, avec ces deux flèches acérées qui grimpent au ciel avec une grandiloquente majesté :

Eglise Saint-Paul

J’ai flâné sur les quais (mais je n’ai pas trouvé le lieu de drague, rhalalalala) où l’on trouve des péniches, et beaucoup de cygnes qui attendent l’aumône des nombreux promeneurs.

Péniches sur l'Ill - Strasbourg

Cygnes sur l'Ill - Strasbourg

Et puis, en faisant plusieurs fois le tour, et en ne le cherchant pas, je suis tombé sur ce petit coin, et je n’ai pas pu ne pas m’y arrêter. C’était très calme, le soleil dardait de tous ses feux sur mon blouson, Sigur Ros gueulait sa mère dans mes oreilles, et mon bouquin (re)nouvellement acquis bruissait dans ma besace (il voulait être lu). A la vue d’un endroit pareil, comment ne pas s’y poser deux heures pour rêvasser tout en tournant quelques pages ?

Un coin pour lire - Strasbourg

Je n’ai pas encore tout vu, mais je sais que je pourrais au moins revenir bouquiner ici, si le temps reste clément (O Fortuna !). Un cygne est venu me voir, en tendant le cou et le bec avec opiniâtreté, en pensant que j’allais lui donner à manger, malheureusement je n’avais que les pages de mon livre. Il s’en est donc nonchalamment allé à la recherche d’une plus abondante rapine, nimbé par les reflets solaires.

Un cygne sur l'Ill