Le jour où je suis devenu M. Watoo-Ducasse

[Truc posté le 13/03/2015, mais remis à la date originelle ^^]

C’est dingue de se dire que 10 ans de cela, j’expliquais déjà que c’était le mariage ou rien selon moi ! Je n’ai jamais été un fan du PACS (me concernant évidemment) qui était pour moi plus un truc fiscal qu’autre chose. Le mariage était important pour moi parce que c’est le même acte qui a uni mon pôpa et ma môman, et parce que je ne vois pas pourquoi mon couple serait différent du leur. Mais au-delà du concept même, je n’étais pas spécialement un promoteur du mariage en tant que tel. J’aime l’idée du jour spécial et de ce rassemblement parfois hétéroclite de la famille et des amis. J’aime aussi le sacrement républicain (oxymoron…) et sa reconnaissance par la société. Mais l’amour n’a pas forcément à être sanctionné de cette manière, et le mariage sent aussi la naphtaline et des valeurs morales bien merdeuses.

Ce qui a changé ? Ce serait si romanesque de dire que c’est chérichou qui a changé la donne, mais en réalité non. On se dit depuis 8 ans régulièrement qu’on se veut pour mari et mari, mais c’était plus une boutade amoureuse qu’autre chose. Ce qui nous a bouleversé c’est cette période dingue qui a accompagné le vote à l’Assemblée Nationale du Mariage pour Tous. La Manif pour Tous et cette levée de boucliers de tout ce qui sent le souffre en France m’ont fait me sentir terriblement mal. J’ai vraiment été atteint par cette haine, cette manipulation consistant à nier l’homophobie ou à asséner avec une fausse humilité et un respect déguisé les pires horreurs. On a eu droit aux mêmes assertions dégueulasses que lors du PACS, époque qui avait déjà vu les fascistes de tout poil se réveiller, mais en 2013 internet et les réseaux sociaux ont encore agi comme un extraordinaire amplificateur.

La beauté du web a aussi consisté, comme toujours, à nous déprimer profondément des propos de certains, et à nous émerveiller sincèrement d’autres. Je pense que les audiences des retransmissions vidéos de l’Assemblée Nationale n’ont jamais autant crevé les plafonds, et ça a été une période très intense. Sa conclusion heureusement fut très positive, mais quand on compare à la manière dont ça s’est passé dans les pays voisins… Je me remémore la fête pour le mariage gay en Espagne il y a dix ans…

Pour se réconforter, il reste ce formidable florilège de Christiane Taubira, qui a gagné ses galons de Grand Commandeur de la Présidence des Pédés (c’est moi qui donne les décorations, arf). Si nous devons avoir de la reconnaissance pour une personne c’est bien elle. Et c’est fou mais sans elle, je pense que la loi était sérieusement en péril.

Résultat, après avoir manifesté, avoir subi l’opprobre de la Manif pour Tous et ses sbires, avoir entendu les incroyables argumentations des opposants dans l’hémicycle, on était à peu près certain d’une chose : il fallait se marier !

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Cette lumière !

C’est vrai ça je manque à tous mes devoirs en tardant à vous souhaiter une bonne année. Mais c’est parce que je vous souhaite tout le bonheur du monde à peu près 365 jours par an, ouai je suis comme ça.

J’ai passé Noël et le jour de l’An en Bretagne avec mon cher et tendre, et ce fut quelques jours très agréables. Que ce soit en famille du côté de Clohars-Carnoët (comme d’hab mais je ne m’en lasse pas), ou avec des amis pour la fin de l’année sur Saint-Gildas (sur la presqu’île de Rhuys formant le golfe du Morbihan).

La lumière bretonne en hiver est extraordinaire, et dès qu’une accalmie pointait le bout de son nez nous sommes sortis en profiter. J’ai beaucoup aimé ce petit coin vers Pont-Aven, Le Hénan, avec son moulin à marée et son étendue calme et réfléchissante.

Moulin à marée du Hénan sur l'Aven

Vue de l'Aven au niveau du Hénan

Je suis allé me balader tout seul sur la plage de Kercambre à Saint-Gildas entre deux averses et en fin d’après-midi. Impossible de se lasser ou de ne pas s’émerveiller de cette luminosité pure, changeante et cristalline, ces couleurs délavées mais perçantes, ces paysages à la beauté ennivrante.

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

L’été en Bretagne et à l’Île de Sein

Comme d’habitude, je vous fais mon petit récapitulatif des vacances. Vu que je viens de changer de boulot, je n’avais pas beaucoup de congés, et on est parti « facile et efficace ». Donc direction la Bretagne à Clohars-Carnoët chez chérichou pour une dizaine de jours. On a eu beaucoup de chance avec le temps, et quasiment du soleil tout le temps. Donc beaucoup de plage et de pas grand chose du genre qu’on fait en été.

Biboux en Bretagne

On a profité de quelques jours maussades au tout début pour visiter quelques chouettes églises renommées dans la région du Faouët. D’abord l’église de Kernascléden qui est un petit bijou gothique en granite, et surtout connue pour ses fresques de danses macabres et plafonds peints.

Eglise de Kernascléden

Eglise de Kernascléden - Danse macabre

Eglise de Kernascléden - Plafond peint

Eglise de Kernascléden - Saint-Sébastien

Ensuite au Faouët même, il y avait la chapelle Saint-Fiacre avec son superbe et rare jubé en bois peint. Joli et super flippant comme tous les trucs d’église quoi !!

Chapelle Saint-Fiacre - Le Faouët

Chapelle Saint-Fiacre - Le Faouët - le jubé

Chapelle Saint-Fiacre - Le Faouët - le jubé

Chapelle Saint-Fiacre - Le Faouët - détail du jubé

Et vraiment un endroit charmant absolument à connaître : la Chapelle Sainte-Barbe. La chapelle se trouve sur une colline, mais elle se découvre de manière à créer une véritable mise en scène. On arrive là-haut, puis on voit un calvaire, une vieille maison (du gardien) de pierre et une cloche. Et quelques pas plus tard, un extraordinaire escalier renaissance conduit à la chapelle qui ressemble à un vrai reliquaire de granite. On dirait que tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance mystique du lieu.

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët - Escalier Renaissance

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët - Escalier Renaissance

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët

On peut ensuite se promener dans les bois autour de la chapelle, découvrir une fontaine Sainte-Barbe dans les bois au bord de la rivière, et tout cela concourt encore plus au charme de l’endroit.

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët

Chapelle Sainte-Barbe - Le Faouët

Sinon on a aussi pu choper à Clohars les classiques couchers de soleil dont je ne me lasse pas. Il semble que chaque saison fournit une luminosité particulière, et on a été bien gâté.

Coucher de Soleil - plage de Bellangenet - Pouldu - Clohars-Carnoët

Un des plus chouettes lieux pour les couchers de soleil c’est aussi du sommet du Menez-Hom, un des plus « hauts » endroit près de Crozon et donc des pointes du Finistère.

Coucher de soleil au Menez-Hom

Coucher de soleil au Menez-Hom

L’année dernière c’était Ouessant que j’avais drôlement apprécié, et là on a passé une bonne partie de la journée sur l’Île de Sein. L’originalité de l’île est d’être vraiment un petit caillou dans l’océan qui se parcourt complètement à pied (il n’y a pas une voiture) sur ses 2 petits kilomètres de longueur.

Île de Sein

Île de Sein

L’île est extrêmement plate, et on a pas de mal à imaginer à quel point les tempêtes doivent atteindre facilement les maisons et le bourg (dont les ruelles sont très étroites pour se protéger).

Île de Sein

Comme à Ouessant, j’adore identifier les formes des rochers. Et là il y a de quoi faire… Bon celui-ci il s’appelle le « sphinx » et je crois que ça le mérite bien !!

Le sphinx de l'Île de Sein

Bon et là, c’était clairement un narval pour moi, et mes deux assistants ont tenté de recréer sa défense !! Huhuhu.

Le narval de l'île de Sein

Ensuite un même roc se voit d’abord comme une baleine de profil avec sa queue.

Île de Sein

Et clairement, d’un autre angle de vue, on dirait plus un lion gigantesque.

Île de Sein

Moi j’y retournerai bien pour quelques jours en plein hiver. Ça doit être quelque chose de se retrouver là avec seulement les autochtones, la mer se confondant avec le ciel, les éléments déchaînés, et juste l’océan comme point de vue.

Phare de l'Île de Sein

De Ouessant à Santorin (Été 2012) – Partie 1 L’Île d’Ouessant

Cela fait bientôt deux mois que nous sommes rentrés de vacances, et j’hésitais un peu à en faire la chronique ici. Et puis en regardant les photos et en essayant de me remémorer tout ça, je me suis dit que ça me ferait en fait déjà plaisir à moi-même. Arf. J’aime bien aussi écrire ici car cela marque certains jalons, et que lorsque je relis mon blog ce sont ces moments qui scandent l’année et qu’il me plait de relire plus tard.

Cet été donc, c’était une semaine en Bretagne chez mon chérichou (à Clohars-Carnoët comme d’hab) et deux semaines en Grèce dans les Cyclades. Cette année on dirait que tout le monde est allé dans les Cyclades, et c’était drôle d’y croiser des amis ou d’entendre au retour que tant de gens ont ainsi circulé d’île en île. Nous avons fait très simple puisqu’il s’agissait d’un séjour sur l’île de Santorin, rien d’autre.

Mais tout a commencé là où nous allons pour nous ressourcer et nous reposer, dans sa Bretagne qu’A. affectionne tant, et moi de plus en plus. Le temps était correct, même si nous avons eu quelques passages nuageux et bruineux mais rien de terrible (Alléluia !!), et on a refait les mêmes balades dont je n’arrive pas encore à me lasser. A chaque fois, une lumière différente, des couleurs changeantes, et c’est toujours aussi beau. Il y a bien évidemment le passage au port cartepostalesque de Doëlan (cliquez pour agrandir) :

Vue du port de Doëlan - Clohars-Carnoët

Et aussi le passage obligé sur les chemins côtiers, notamment à la pointe de Beg An Tour.

Vue à Beg An Tour - Clohars-Carnoët

Et mon endroit fétiche où je veux aller à chaque fois, Porsmoric le long de la Laïta.

Bateaux à Porsmoric - Clohars-Carnoët

Mais la vraie découverte cette année c’est l’Île d’Ouessant que mon chérichou voulait depuis longtemps me faire connaître. Nous nous sommes donc rendus à Brest pour prendre le bateau pour cette petite île de 850 âmes qui fleure bon la tradition bretonne millénaire. C’était chouette d’y passer une nuit pour prendre son temps et apprécier l’île le soir et la nuit, une fois que les touristes du jour son repartis, et qu’on peut humer l’air iodée et doux de l’été le temps d’une promenade au clair de lune.

Vue sur l'Île d'Ouessant

Vue sur l'Île d'Ouessant

Les côtes sont très découpées, et propices à des vues assez bluffantes. On devine sans mal que les récifs ont été la source de terribles naufrages dans cette zone si fréquentée par les navires. Il existe une kyrielle de sentiers qui permettent de profiter des vues sur les phares et les rochers dont les formes me font toujours imaginer un tas de personnages ou êtres familiers.

Vue d'une des côtes d'Ouessant

Nous avons notamment beaucoup aimé le chemin vers la pointe de Pern qui permet de belles vues sur le phare de la Jument, le Phare de Kéréon, le Phare de Nividic et celui de Créac’h. Tout cela est à faire à pinces ou en vélo, mais à pied je trouve que c’est super agréable (même si c’est très long et peu intéressant pour rentrer au bourg ensuite…).

C’est aussi le coin des fameux moutons d’Ouessant à la chair rendue savoureuse par le sel dont ils se nourrissent naturellement (c’est le Phare de Créac’h qu’on voit ci-dessous).

Phare du Créac'h dans le soleil couchant - Île d'Ouessant

Comme d’habitude, je ne rate pas un coucher de soleil, et même s’il était assez nuageux et très breton, il était très beau !!

Soleil couchant sur l'Île d'Ouessant

En quittant Clohars-Carnoët, nous sommes repassés un soir à l’Abbaye Saint Maurice, et nous avons aussi vécu un de ces petits moments d’un calme absolu dans la tiédeur de l’été, aaaaah que c’était cool.

Abbaye Saint Maurice - Clohars-Carnoët

Krampouez a blij din

Tout a commencé à l’été 1975, mes parents étaient allés en vacances trois semaines en Bretagne. Trois semaines en camping comme tous les ans, et dans le Finistère pour la première fois. Aheum… trois semaines de flotte !!! Dégoûté à mort de la région, ils avaient fait le vœu solennel de ne plus remettre les pieds en Bretagne, et comme vraiment il n’y avait pas grand chose à faire dans un camping sous la flotte, ils ont fait des trucs dont la conclusion, neuf mois plus tard, fait que vous lisez ces lignes. Hé hé hé, oui j’ai été conçu dans le Finistère ! Ça compte non ?

A 6 ans, ma seconde colonie de vacances d’été c’était à Saint-Lunaire dans le nord de la Bretagne, pas loin de Saint-Malo. Je me suis souvenu de tout cela en un éclair un jour, alors que M. m’emmenait à Saint-Briac pour la première fois. M. c’est celui que vous avez connu au début de ce blog et jusqu’en 2004, un breton du 92 comme beaucoup de bretons. Enfin c’est beaucoup plus pernicieux puisqu’il ose même être mi-breton mi-anglais. Et A., mon chérichou de l’amour de la vie à moi depuis quatre ans, autre être hybride, mi-breton mi-réunionnais, est un breton du 78, comme (encore) beaucoup de bretons. Hu hu hu. Bretagne nord pour M. avec cette ville de Saint-Briac dont j’ai beaucoup parlé dans le blog, et le sud pour A. avec la fameuse ville de Clohars-Carnoët.

(On me dit souvent que j’ai un truc avec les bretons par rapport à ces deux hidalgos, mais force est de constater que j’ai frayé avec quelques mâles depuis une quinzaine d’années, et qu’il n’y en a pas plus que ça… Huhu.)

J’écris ce post et je me dis que ça me rappelle un truc… Je cherche un peu et patatras ! Tu m’étonnes, j’ai écrit la même chose y’a deux ans !!! Merde c’est pas possible de radoter comme ça. Hé hé hé. Bon je continue et en essayant d’innover. Arfff.

J’ai eu un vrai choc donc quand M. m’a emmené à Saint-Lunaire, et surtout sur la grande plage devant ce Grand Hôtel de la fin du 19ème siècle. C’est en m’accoudant à la rambarde en ferronnerie qui longe la promenade que ça a fait tilt, que le nom de Saint-Lunaire m’est revenu en mémoire, et surtout le souvenir diffus mais bien prégnant de regarder, comme un gosse de 6 ans, non pas au dessus de la barrière mais à travers. J’avais le souvenir des vagues immenses à marée haute et d’un sentiment mêlé de peur et fascination devant un tel déchaînement. Je ne sais pas si j’ai fabulé et si je me suis fabriqué ce souvenir visuel, mais ça m’est revenu avec une telle force, que je pense que cette gamme impressionniste de sensations au moins venait de loin.

Dans mon idée, le nord de la Bretagne est plus froid mais aussi plus sauvage et avec une côte qui n’arrête pas de se découper en anses et en petites plages à l’océan cristallin et incroyablement vert (d’où le nom mérité de côte d’émeraude). Avec Saint-Briac et les villages du coin, j’ai aussi une image assez bourge de ce coin (qui correspondait aussi plus à M. huhu), avec de superbes maisons en granit et des villas centenaires qui s’accrochent à d’époustouflantes vues. On y trouve aussi un souffle historique du siècle passé qui ne s’est pas démenti pour Saint-Briac et ma découverte du mystère Victoria Melita.

Le sud me paraît donc un rien plus chaud et avec moins de bord de mer rocheux et d’anses idylliques, on y trouve plus de plages classiques, et donc ça me paraissait au premier abord un peu moins joli, moins bourge aussi et avec des constructions parfois sans charme aucun, ou pires qui enlaidissent certains panoramas. Aujourd’hui j’ai nuancé cette vision brute de décoffrage parce que ce Finistère sud offre aussi ces incroyables rias ou abers qui donnent des rivières larges comme dix fois la Seine et qui proposent leurs lots de vues enchanteresses. La forêt aussi et en particulier celle de Carnoët avec la Laïta (la ria du coin) qui la traverse, avec ses châtaigniers, chênes et séquoias majestueux. Je suis aussi amoureux des couchers de soleil breton qui sont à chaque fois plus beaux et impressionnants. Les sentiers côtiers sont l’occasion de promenade dans tous ces différents reliefs, parfois rocheux puis accédant à une plage, une lande, des dunes, des étangs avec une faune protégée etc. Et puis tous ces ports sur l’océan avec une vie maritime encore vivace et authentique ajoutent à leur charme. Bref, j’ai trouvé dans ce coin un mélange des genres qui me plait énormément, et dont les défauts rendent le tout terriblement attachants et sincères.

Il faut dire que je suis marié à un fanatique de son coin, et qu’il est un bon ambassadeur de la région… Hé hé hé. D’ailleurs, c’est un trait commun à A. et M., tous les deux n’hésitent pas à faire cent bornes en voiture pour faire visiter une pointe ou un lieu connu. Et comme de bons bretons, ils guettent la fin de la pluie, et hop on sort faire une balade. Cela m’a encore épaté ce week-end, où dimanche après-midi, alors que le ciel était gris et l’atmosphère bien humide, les routes étaient blindées, les plages et espaces de jeux pour les enfants pullulaient de monde…

L’autre chose importante pour eux et que je comprends carrément c’est la maison de famille. M. ou A. ont ces endroits qu’ils connaissent depuis toujours, ce sont des grandes maisons où l’on peut inviter des amis, faire un feu de cheminée, et bien cosy où l’on se sent rapidement chez soi et l’à aise. C’est un peu le lieu pour se ressourcer, retrouver son équilibre, et y amonceler, séjours après séjours, de bons souvenirs. Ils y ont passé une kyrielle d’étés avec leurs parents, et même si on pourrait penser à une quelconque lassitude, il n’en est rien ! A présent que je comprends l’importance et le charme de la maison de A., j’en mesure plus le rôle dans sa vie, et j’en apprécie grandement les vertus. Je me dis aussi que j’avais la chance d’aller à un endroit différent tous les ans avec mes parents, mais qu’un tel havre de paix et un repaire familial aussi ancré aurait été une sacrée chance, et d’un point de vue pratique, et en repère.

Quelques photos du week-end qui illustrent encore mieux ce que j’ai voulu exprimer…

La Bretagne et moi

Ou plutôt devrais-je dire les bretons et moi !! Car ce sont bien mes petits amis qui me font connaître cette région depuis quelques années, mais c’est une histoire qui remonte à bien longtemps. En fait, à un été de 1975 où mes parents avaient eu l’idée incongrue de passer leurs vacances en camping dans le Finistère. Hu hu hu. Après trois semaines de pluie, ils avaient fait le serment solennel de ne plus jamais remettre les pieds en Bretagne pour leur congés estivaux. Et ils ont tenu bon, car je n’y suis jamais allé avec eux !! Mais pour tromper leur ennui, ils ont conçu un petit deuxième !!! Et voilàààààà !!

Il y avait eu M. avec Saint-Briac et tout le nord de la Bretagne avec sa merveilleuse côte d’Emeraude, puis Brest avec J., et enfin la partie sud avec A. à Clohars-Carnoët qui me fait découvrir les charmes de sa région d’origine et de coeur. Le tour de la Bretagne en trois mecs !! C’est un concept ça !!

Cette fois-ci, nous voulions nous reposer dans cette chouette maison de famille en faisant largement abstraction des pitoyables prévisions météorologiques. Et comme souvent, nous avons eu un véritable temps de chiotte !!! Mais ce qui est cool en Bretagne, c’est qu’il ne flotte jamais toute la journée, donc dès qu’une accalmie se présentait nous avons pu nous balader dans le coin, et refaire quelques promenades dans la forêt ou sur la côte.

D’ailleurs, ce que j’aime beaucoup dans ce coin, ce sont ces rivières qui forment de grandes embouchures sur l’océan, des rivières au doux noms de Laïta, Etel, Belon, Odet, Blavet ou Aven. Ce sont des abers ou rias, des anciennes vallées qui sont remplies d’eau de mer lors des marées, ainsi près de l’océan, ces rivières sont très larges et très impressionnantes. Dans la région de Clohars-Carnoët, il y a notamment la Laïta qui serpente de Quimperlé à travers la forêt de Carnoët, et cela fournit de magnifiques panoramas avec des sentiers qui permettent de tout parcourir à pied.

Vue de la Laïta à Clohars-Carnoët

Vue de la Laïta au port du Pouldu

Evidemment les sempiternels couchers de soleil de Bretagne ne me lassent pas, et la vue de la plage de Bellangenet au Pouldu fait partie des plus belles !

Coucher de Soleil sur la plage de Bellangenet - Le Pouldu

Coucher de Soleil sur la plage de Bellangenet - Le Pouldu

Ma préférence va encore et toujours pour les sentiers côtiers qui donnent des visions superbes de paysages mêlant embruns, nature et habitations. Et là avec les couleurs automnales c’était vraiment magnifique. Nous sommes restés assis à profiter de ce rare moment de sérénité climatique et de quelques jolis rayons de soleil qui ont percé les nuages.

Vue d'un sentier côtier du Pouldu

Vue d'un sentier côtier du Pouldu

Vue d'un sentier côtier du Pouldu

La Bretagne ne serait pas la Bretagne sans ses petites chapelles de granite usées jusqu’à la corde, et ses calvaires qu’on trouve à tous les coins de route.

Chapelle Saint-Philibert-et-Saint-Roch - Moëlan sur mer

Enfin, nous sommes allés faire un tour aux Roches du Diable de Loculé qui sont des rochers géants sur la rivière d’Ellé qui font de cet endroit un redoutable parcours de kayak. Encore une fois, de belles couleurs d’automne…

Les Roches du Diable à Locunolé

Les Roches du Diable à Locunolé

Fest Ty Gay 2009 à Gourin

MaxLeMans nous apprend que le 1er août prochain, on va retrouver à Gourin une sorte de Gay Pride locale. J’en avais déjà entendu parler l’année dernière et ça faisait super envie. Quand nous sommes dans la maison de famille de chérichou, à Clohars-Carnoët, on va faire un tour au StarMan qui est la boite de nuit gay de Bretagne, à… Gourin ! Le plus drôle c’est certainement d’imaginer ce bourg de 4000 personnes, dont apparemment les commerçants ont bien participé à cette manifestation, et qui avait vu 5000 participants l’année passée. Bref, j’ai super envie d’y aller !!!!

Menhomophobiiiiiiiiiiiie !! (Menskilbaotgaziñ !!!!)

Ce week-end, je me suis enfui quelques heures pour retrouver mon chérichou dans ses terres celtiques (et pluvieuses). Ô miracle, on a pas eu trop de flotte, et même le temps pour aller faire un tour dans les alignements de Carnac. J’en avais entendu parler depuis des années, mais sans jamais avoir eu l’occasion d’y aller, comme je l’évoquais dans mon article estival breton.

Je suis un immense fan de vieilles pierres, et totalement fasciné par le mystère qui entoure ces cailloux du néolithique. Et imaginer que cela pourrait avoir été mis en place il y a 7 000 ans me donne un vertige grisant, et autorise à toutes les hypothèses mystiques, cultuelles, astronomiques ou druidiques de l’univers. J’aime les menhirs ! (Il faudrait peut-être que j’en fasse un manifeste à part entière.)

Revenons à nos moutons… Nous nous sommes donc promenés dans le coin, du tumulus Saint Michel surmonté de sa petite chapelle (ah ils ne peuvent pas s’en empêcher, comme ce menhir collé sur la cathédrale du Mans que nous avions découvert avec stupéfaction).

Tumulus Saint Michel à Carnac

Aux alignements de Ménec, de Kermario et de Kerlescan, qui proposent des points de vue vraiment impressionnants et qui dégagent beaucoup « d’énergie »…

Alignement de Ménec à Carnac

Alignement de Ménec à Carnac

Et même ce charmant petit dolmen dans un coin… En outre, le site était presque désert ce qui était très agréable (et gratos), car en haute saison c’est apparemment infréquentable !

Dolmen à Carnac

Nous déambulions donc avec alacrité dans ces alignements rectiligne et aux impressionnantes lignes de fuite. Et voilà qu’il a croisé notre chemin. Il était seul, il était pourtant parmi les autres, semblables, alignés, il avait sa place dans son groupe, mais il était différent. Et cette différence, cela fait 7 000 ans qu’on lui la lui colle dans la gueule, et voilà que cette xénophobie se manifeste à présent comme une marque physique. Mon dieu, tant de cruauté et de mise à l’écart, tant de méchanceté et de négation de l’être. J’ai eu envie de pleurer !!! Voilà une preuve flagrante et choquante de menhomophobie !!! Ouuuuuuuuuh ouuuuuuuuuuuh !!! MENHOMOPHOBIIIIIIIIIIIE !!!!!

Menhomophobiiiiiiiiiiiie !

Oui ce menhir est gay, oui il est différent, mais on n’avait pas à l’isoler comme ça, on n’avait pas à l’exclure, et à l’ostraciser ainsi !!! C’est un caillou comme les autres, recouvert de mousse et de lichen comme les autres. Il a droit au respect qu’on doit à tous les menhirs. Ok il aime les menhirs du même sexe, mais c’est de l’amour merde !! De l’amour, et rien d’autre !! Cette attitude vichyste est indigne du grand pays des droits de l’homme qu’est la France.

Je le demande officiellement à Carnac et à la France : il faut libérer le menhir gay !!!!!! On ne peut pas continuer à lui faire du mal ainsi, à lui faire se sentir différent des autres, car c’est faux !

Et ne me parlez pas d’étendre le PACS aux menhirs. Non, non, ce sera le mariage des menhirs ou RIEN ! :mrgreen:

De Clohars-Carnoët à Belle-Île…

Et voilà, les trois semaines de vacances en Bretagne se sont évanouies dans la nature. Pfuit ! C’est fini. Oh putain, sa mère, sa race, c’est la lose. J’avais prévu de beaucoup écrire pour le blog et pour d’autres choses, de lire aussi pas mal, et au final je n’ai rien fait. C’est assez logique, je ne suis jamais mes programmes de vacances, et ce décrochage bloguesque est assez salutaire au final. J’avais parlé de ma première semaine à Saint Briac, et nous avons ensuite passé du temps à Clohars-Carnoët chez A.

Cette seconde semaine ne fut pas géniale pour le temps, avec des journées carrément maussades, mais aussi quelques éclaircies qui nous ont donné l’occasion de belles balades. J’aime vraiment beaucoup la Bretagne (et les bretons manifestement) et même son climat. En effet, même si ce n’est pas la chaleur du sud, il ne fait jamais un temps extraordinairement mauvais, et on a toujours une accalmie dans la journée qui permet de sortir ou même d’aller à la plage. Evidemment, on est rarement accablé par le soleil, mais au moins on ne souffre pas non plus de la canicule ou bien de nuits suffocantes où il devient difficile de dormir. On a aussi eu l’opportunité de faire le festival interceltique à Lorient, et ce fut une sacrée surprise !

La région possède surtout bien des atouts, et je n’ai pas fini d’en exploiter toute la richesse culturelle, gastronomique et naturelle (et tous les mecs aussi hein, huhu). En effet, les balades dans les forêts ou sur le long des côtes peuvent révéler des points de vue absolument magnifiques, et d’autant plus beaux avec des temps variables qui révèlent des camaïeux de couleurs impressionnants. L’arrivée à Clohars s’est plutôt faite sous le soleil, donc nous sommes allés rapidement à la plage au Pouldu, et les jours suivants nous avons fait des escapades plus ou moins ensoleillées dans le coin.

Nous avons notamment passé une journée dans le golfe du Morbihan, en commençant par Locmariaquer.

vue du port de Locmariaquer

Malheureusement, tout le monde n’était pas d’accord pour aller sur Gavrinis (scrogneugneugneu), mais nous sommes allés voir le célèbre Grand Menhir cassé, et le cairn de la Table des Marchands. J’ai une grande fascination pour les mégalithes, et j’espère bien me faire tous les grands alignements avec mon chérichou un de ces quatre (je ne suis jamais allé à Carnac).

Grand Menhir de Locmariaquer

Le cairn de la Table des Marchands de Locmariaquer

Nous avons aussi pris le bateau pour aller faire un tour du golfe, et faire une courte escale sur l’Île aux Moines.

Vue de l

Un bateau dans le golfe du Morbihan

Le soir, nous avons fait une halte à Vannes pour dîner dans un bon restaurant. Nous étions à Clohars avec les trois meilleures amies de A. qui étaient là avec leurs copains. Nous avons passé du bon temps à ne pas faire grand-chose sinon jouer au scrabble et à d’autres jeux, entre deux balades ou farniente à la plage.

Vue de la ville de Vannes

Il y a eut aussi la visite de la citadelle de Port-Louis en face de Lorient que j’ai beaucoup aimé. Non seulement pour l’ensemble qui est très impressionnant, mais surtout pour le musée de la Compagnie des Indes qui vaut indéniablement le détour. Vraiment si vous passez par là, il faut y aller, c’est assez rare d’avoir ainsi un musée « local » qui soit aussi bien conçu, remarquablement pédagogique et aux collections riches et intéressantes.

Vue de la Citadelle de Port-Louis

Vue de Lorient de la Citadelle de Port-Louis

Nous avons aussi suivi la rivière d’Etel jusque Saint-Cado qui est un village charmant sur une minuscule île.

Vue de l

Un bateau à marée basse à Saint Cado

J’ai adoré cette maison sur une plus petite île encore à deux encablures de là.

Une maison isolée au large de Saint Cado

Nous avons aussi lors d’une très belle journée fait le tour de Crozon et de ses pointes.

Le cap de la chèvre :

Le cap de la Chèvre à Crozon

Cap de la Chèvre à Crozon

La pointe de Dinan avec son château :

Vue du tas de pois à la Pointe de Dinan

Le chateau de Dinan

La pointe de Penhir et son tas de pois :

Le tas de pois de la pointe de Penhir

Et au coucher du soleil en repartant vers Crozon, on est tombé sur cet alignement de menhir de Lagatjar…

Alignement de menhirs de Lagatjar

Nous avons dîné à Camaret, face au port, et c’était plutôt un joli panorama pour l’occasion.

vue du Port de Camaret

En fin de semaine, nous avons plié bagages, et avons pris le bateau à Lorient pour aller rejoindre une dizaine de potes sur Belle-Île. Il y avait déjà eu un épisode Belle-Île deux ans auparavant avec les mêmes amis, et ce fut tout aussi réussi. Le temps était avec nous, et nous avons pu nous prélasser sur cette fameuse plage du Dotchot. C’est superbe mais il faut le mériter en risquant sa vie pour y descendre (c’est un chemin vertigineux et casse-gueule). L’avantage c’est qu’il n’y a pas de mômes, que c’est très pédé, et très dénudé. :mrgreen:

vue de la plage du Dotchot à Belle-Ile

Evidemment, parfois il se met à pleuvoir alors qu’on vient pour prendre le soleil, mais cela nous rappelle simplement notre humble condition de touriste en Bretagne. Hu hu.

La plage sous la flotte

Et quelques instants après, c’est oublié, et on sèche vite sous l’arc-en-ciel.

Arc en Ciel à Belle-Île

Nous avons aussi testé d’autres plages comme Herlin ou Baluden…

Chemin de la plage d

vue de la plage d

Vue de la plage de Baluden à Belle-Île

Mais on finit toujours par revenir au Dotchot. ;-)

Vue du Dotchot

C’est drôle comme on croise les mêmes personnes tous les jours sur ce genre de plage, et même des gens qu’on avait « vu » deux années avant. Il y avait notamment un couple de pédés qui nous avait marqué, car c’était deux beaux mecs bien foutus et bien « dotés » par Dame Nature. Je vous propose en apothéose un spyshot du haut du chemin (j’ai choisi le cliché respectable, hé hé).

le couple de beuboms au Dotchot

Bon maintenant, c’est retour à la case départ, avec quelques couleurs en plus.

Retour à Clohars-Carnoët

Un long week-end qui a commencé par de bons embouteillages bien sympathiques… puisqu’en gros on a mis une heure et quart pour aller de Gare du Nord à République ! :hum: On en a eu tellement assez qu’on a quitté l’autoroute vers 21h30, et finalement opté pour un MacDo dans une zone commerciale vers… Antony !!!! Mein gott… la lose !

Heureusement, à cinq coreligionnaires dans la voiture, on a passé le temps à papoter et à écouter des CD. Et surtout, nous avions parmi nous une femme hétérosexuelle qui a permis aux quatre pauvres pédales de ne pas se perdre (dont moi au volant). Après des heures et des heures… nous avons tout de même atteint notre destination à 3 heures du matin : chez Alex à Clohars-Carnoët (où nous étions déjà en octobre). Alex, Baptiste et Vincent nous attendait avec H. de Crayencour et Norman. Et nous attendons encore d’autres commensaux pour le reste du week-end. :mrgreen:

La très bonne surprise de la journée, c’est le temps breton qui est absolument radieux.

Maison d

On a eu très chaud toute l’après-midi, et la plage était superbe. Aaaah premiers moments les pieds dans le sable, les embruns dans la face, l’orteil qui tente un bain dans l’eau glacée (pour s’en ôter aussitôt) et le soleil chaud chaud chaud ! On en profite vu que demain est un autre jour… ;-)

Plage du Pouldu

Après, nous nous sommes promenés à un endroit où nous étions déjà allés en octobre, et c’était génial de revoir un si beau panorama de l’automne, aux premiers rayons de l’été. Il s’agit de l’abbaye de Saint-Maurice dans la forêt de Clohars-Carnoët, qui est au bord d’une étendue d’eau et d’un coin vraiment magnifique.

Vue de l

Et ce soir, les choses sérieuses commencent… Hé hé hé.