Aaaah Jeunet !! Depuis « Amélie Poulain », il était attendu au tournant, car il y a vraiment eu un avant et un après. « Un long dimanche de fiançailles » m’avait bien plu malgré la préciosité de certaines images et personnages qui m’avaient saoulé. Et puis pour un fan de «Délicatessen » ou « La Cité des Enfants Perdus », ou même son « Alien » dans une moindre mesure, c’est une transition assez difficile. Mais Jeunet ce n’est pas Jeunet et Caro, et ce dernier était un apport non négligeable dans la qualité et l’originalité des oeuvres citées.
Pour « Micmacs à tire-larigot », les choses sont très claires pour moi : c’est une merde !! Et pas une petite daube sympathique hein, mais bien un navet dans toute sa splendeur. Dieu que cela me désole pour Jeunet, car on sent bien toute la bonne volonté et les indéniables qualités de réalisateur et fin cinéaste de cet homme, mais là ça ne va pas du tout !!
Le héros du film c’est Bazil (Danny Boon plutôt bien dans le rôle), un gentil garçon un peu paumé qui réalise que sa vie a été gâchée par deux marchants d’armes. En effet, son père est mort sur une mine d’un fabricant, tandis qu’il s’est pris une balle dans la tête, munition fabriquée par un second. Avec de nouveaux amis, aussi paumés que lui mais très organisés, il va mener tambour battant une revanche sur ces marchants de mort aussi méchants que névrosés.
Ce qui ne va pas dans ce film pour moi, c’est qu’il n’est qu’une addition de clichés plus usés les uns que les autres, avec un scénariominimaliste pas du tout crédible et même pas toujours bien ficelé. Ajoutez à cela ces filtres sépia qui commencent vraiment à tendre vers la caricature de sa propre oeuvre, et ses personnages tous très pauvres, très démunis, mais très intelligents, brillants même, et dotés d’une organisation qui fait passer JackBauer et le CTU pour des petits joueurs. Évidemment , on y retrouve une pléiade de comédiens et comédiennes, mais manque de pot, dans ces rôles qu’on a vus et revus n fois, la sauce ne prend pas.
Je suis dur mais je reconnais pourtant la qualité esthétique du film, ainsi que celle du jeu des acteurs et actrices, tous et toutes très motivés. On y trouve aussi quelques personnages bien croustillants et des passages drolatiques qui font au moins sourire. Mes favoris sontJulie Ferrier en contorsionniste névrosée et Omar Sy qui passe son temps à glaner des expressions idiomatiques. Sinon dans le genre SDF déjanté, je suis vraiment plus fan de Dupontel et de son « Enfermés dehors », alors que là les comédiens nous ressortent la panoplie habituelle des Amélie Poulain et Long dimanche de fiançailles. Cela se veut iconoclaste et anticonformiste, quand au final c’est plutôt un brin neuneu et grand-guignolesque.
En fin de compte, le film se perd dans un n’importe quoi, mais à la réalisation toujours très bien léchée il faut l’avouer, qui dégouline de beaux sentiments, et dont les bons mots ou des manifestes plus politiques se diluent dans un infâme camaïeu jaunâtre. Et pourtant j’y crois encore (on est vivant tant qu’on est fort), parce que Jeunet montre qu’il sait tenir une caméra et qu’il a du talent. Il faut juste que Caro revienne lui filer un coup de main !!!
L’avis des copines : Orphéus, Nicolinux, Le Pédé, Lavisdemoi, Charlie.











