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La Princesse et la grenouille

Publié le Jeudi 18 Mars 2010 - 0:59
Catégorie: Cinéphage

Je n’y allais franchement pas en pensant que ça me plairait, mais plus par curiosité. Je voulais voir ce retour à la 2D et au dessin traditionnel, à la main, et puis Disney se vantait d’avoir enfin pondu une histoire digne de ce nom… Oh là là, ce que j’ai aimé !! Putain, mais j’ai adoré ce dessin-animé qui est d’une extraordinaire beauté formelle, qui est drôle et enlevé, qui nous régale de chansons jazzy sympathoches, de personnages secondaires adorables, et d’une belle histoire à la Disney (mais dans le sens positif pour une fois).

L’histoire tourne autour de Tiana, qui est serveuse dans un restaurant de la Nouvelle-Orléans. Elle est très attachée à sa maman et son papa, mais ce dernier qui était un passionné de cuisine est mort avant d’avoir pu réaliser son rêve. Et c’est Tiana qui économise pour réussir à acheter son restaurant dans cette Nouvelle-Orléans des années folles. Sa mère gardait la fille d’un magnat local, Charlotte, et cette fille un peu hystérique et écervelée, qui rêve du prince charmant, est une de ses meilleures amies. En même temps, le carnaval approche, et un prince indien débarque, le prince Naveen. Ce dernier est en réalité fauché et est accompagné d’un majordome revanchard. Le méchant qui est un sorcier vaudou convainc le majordome de participer à une sombre machination visant à transformer le prince en grenouille, et de prendre la fortune de Charlotte…

Je suis resté scotché pendant tout le film sur la beauté des dessins. Vraiment le travail est incroyable et les plans se succèdent comme autant d’oeuvres d’art. Je ne crois pas avoir jamais vu de Disney, même les vieux classiques, aussi beau et bien léché. En plus de cela, l’histoire m’a vraiment plu, et j’étais totalement dans le truc en quelques minutes. J’avais peur des musiques un peu trop présentes et chiantes, mais tout au contraire les références jazzy et années 20 étaient d’excellentes surprises. De même, les personnages sont justement composés et dosés, il n’y a pas trop de caricature, ni de politiquement correct trop insupportable (ce qui m’a réellement surpris). Et on trouve une compagnie de petits héros drolatiques et attachants un peu plus hauts en couleur que d’habitude, ce qui m’a aussi agréablement étonné.

En réalité, un des éléments les plus marquants est à double-tranchant… Ce que je veux dire par là, c’est que clairement « La princesse et la grenouille » est un véritable patchwork des productions à succès de Disney, on trouve des kyrielles de références que ce soit dans l’histoire ou les personnages. Et je ne sais pas si c’est l’aveu d’un manque d’originalité et d’une certaine facilité, ou plus simplement la marque d’un bel hommage et de clins d’oeil pour bien marquer ce retour aux sources. Ah vraiment, je n’arrive pas à me décider, mais mon optimisme sans borne pour ce film me pousse à pencher pour la seconde solution.

Car indéniablement le jazz fait Aristochat, le majordome aussi, les décors de bayou, la luciole et l’alligator font inéluctablement Bernard et Bianca avec Evinrude et les sbires de Médusa, la vieille sorcière vaudou n’est pas sans faire penser à Grand-Mère Feuillage de Pocahontas etc. On peut ainsi dégoter références sur références et reconstituer quasiment toute l’histoire. Mais l’ensemble se tient tellement bien, et m’a littéralement emballé.

En outre, comme nous sommes à la Nouvelle-Orléans, il y a beaucoup de références à la culture française ou plutôt « cajun » avec la luciole et son fabuleux accent créole. J’ai vraiment bien rigolé tout au long du dessin-animé, et même les séquences plus sentimentales sont très bien passées. Je suis sorti du cinéma avec le sourire aux lèvres, et ravi d’avoir enfin vu un Disney qui avait recouvré pour moi toutes ses lettres de noblesse.

L’avis des copines : Jarod_, Kinoo, Nicolinux.

La Princesse et la grenouille

  • Cinéphage
Bolt (Volt, Star malgré lui)

Publié le Dimanche 21 Décembre 2008 - 20:00
Catégorie: Cinéphage

Alors pour une fois, et donc je le précise en premier lieu, je trouve que le titre a bien été adapté, et l’affiche française me paraît même plus sympa que l’originale. On y retrouve un peu plus de l’esprit du dessin-animé, et les personnages sont mieux mis en valeur, et parfaitement conformes à ce qu’on va découvrir. Concernant le titre “Bolt ” signifiant là foudre ou éclair en rapport à la marque sur le chien, “Volt” est sympa car il véhicule le côté énergique du chien, tout en continuant sur le champ lexical de la foudre. Et le le sous-titre qui n’existait pas dans la VO traduit bien l’histoire, de même que la phrase en forme de calembour : “A la croquette de l’ouest”. Donc pour une fois, clap clap clap. (Il sort en février, mais nous l’avons vu à NYC, je le précise pour ceux qui pensent que je suis un grand pirate de l’espace. J’ai reçu quelques mails en ce sens… Hu hu hu.)

Bizarrement, il s’agit bien d’un film en images de synthèse (et même en 3D), mais qui n’est pas Pixar. Donc je ne comprends plus très bien la stratégie Disney concernant ce genre de production, mais je suppose que les deux coexistent (Pixar et Disney itself). En tout cas, la qualité de la modélisation et de l’animation est tout à fait correcte et au niveau de ce qui se fait aujourd’hui. La très bonne surprise de Bolt, pour Disney qui est tout de même le fournisseur officiel de films mièvres et à la morale quasi-franquiste, vient du scénario qui est vraiment original, et touchant sans être con, et divertissant sans être débile.

Bolt est un super-chien, en tout cas c’est ce qu’il croit, un chien qui court plus vite que Super-Jaimie, qui a des lasers dans les yeux, et surtout un super-aboiement qui détruit tout sur son passage. Il mène de périlleuses aventures avec son amie Penny, qui cherche son papa qui a été enlevé… Enfin sauf que tout cela c’est dans la tête du chien, car on fait vivre à ce chien un véritable “Truman Show” afin d’avoir un animal qui joue le mieux possible. En fait, Bolt est le héros d’un feuilleton à succès, mais il est le seul à penser que tout cela est la réalité, et on continue à le lui faire croire pour qu’il garde toute son authenticité. Or, un jour, il s’échappe de sa caravane et il est par erreur conduit à New York !! De là, il doit rejoindre la Californie, mais peu à peu il se rend compte que ses super pouvoirs ne sont pas ce qu’ils sont.

Bon, cette oeuvre est et demeure un film Disney, alors il y a forcément des passages neuneu, mais ils ont fait un effort notable pour rendre le tout digeste. Et surtout, ils ont mis en place un héros assez marrant et touchant dans son “Truman show”. Il faut aussi noter les deux héros secondaires qui font bien mouche, entre la petite chatte désabusée et l’extraordinaire hamster Rhino qui mériterait un spin-off à lui seul (et ça ne m’étonnerait pas, tant je devine qu’il va recevoir tous les lauriers du film). Ce dernier est juste hilarant, et fait rire à tous les plans qu’il occupe.

Je ne suis pas fan de la 3D-relief, et je trouve que les lunettes avec film en relief n’apportent vraiment pas grand-chose, sinon un grand inconfort visuel après une demi-heure. Le film m’aurait tout à fait convenu dans le cadre d’une projection classique.

Volt, star malgré lui Bolt

  • Cinéphage
Il était une fois

Publié le Lundi 3 Décembre 2007 - 22:58
Catégorie: Cinéphage

Ah là là, Disney qui veut nous faire croire qu’ils se caricaturent eux-mêmes, et qu’ils se moquent un peu de leurs mièvreries légendaires. Il fallait que je voie ça !! Eh bien, on ne peut pas dire que c’est complètement raté, mais je vous rassure Disney déroge à la règle Disney pendant à peu près un quart d’heure, ensuite c’est bien sirupeux, collant et neuneu à souhait !!

Ils sont incroyables ! Pourtant le potentiel était là, et ils auraient pu prendre un bien intéressant virage, et donner un bon coup de dépoussiérant à leurs productions désuètes. Je me disais qu’il y avait une petite chance pour avoir droit à du shrékage bien délirant et à contre-pied. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, car il y a tout de même quelques passages qui m’ont surpris et beaucoup fait rire. Et on trouve quelques images osées et une moquerie ironique des standards de Disney qui a déjà du bien faire grincer des dents.

L’histoire c’est celle de Giselle, en dessins et en pure esthétique disneyienne, qui habite le royaume d’Andalasia, régi par une méchante Reine/Sorcière. Le beau-fils de cette dernière, Edward, tombe amoureux de Giselle, alors qu’il l’entend chanter dans la forêt avec ses amis les animaux. Le jour du mariage, donc la journée même, la sorcière pousse Giselle dans un puit magique, et la princesse se retrouve dans Manhattan de nos jours, en chair et en os. Elle y rencontre un avocat sceptique divorcé et sa petite fille, tandis qu’Edward se retrouve aussi à New York pour sauver sa belle, ainsi qu’un sbire de la Reine, et un écureuil débrouillard.

Le début du film est une jolie prouesse qui consiste à concentrer tous les Disney les plus niais (et géniaux !!) en dix minutes. C’est à la fois très drôle tellement c’est caricatural, mais aussi réaliste et très bien senti. La musique et les paroles ressemblent à ces rengaines totalement insupportables mais qui ne vous quittent pas pendant des jours !!! Bref, c’est marrant, et ça augure du bon.

Ensuite, les premiers essais catastrophes de la Princesse à Manhattan ne sont pas l’éclate totale, mais c’est gentillet, c’est cocasse et on y croit. Et puis, le paroxysme, à mon avis, c’est la partie où elle fait appel aux animaux locaux pour nettoyer l’appartement de l’avocat. Et là, voir Cendrillon/Blanche Neige/Aurore se retrouver avec des rats, des cafards et des mouches à merde pour faire le ménage, c’est tordant. J’ai trouvé ça gé-nial !

Manque de pot, il restait 1h20 de film… Aïe. Et pendant le reste du temps, Disney avait gagné la partie, et tout ce qui était alors des clichés éculés qu’on tournait en dérision sont devenus le point de mire du scénario. Ah merde, ils étaient sérieux là ? Ah oui… Donc on a droit à une bonne comédie sentimentale à la « Meg Ryan » dont on ne doute pas de chacune des scènes qui se succèdent comme un métronome, avec les bons sentiments qui dégoulinent, les chansons qui fleurissent, les blagounettes des seconds rôles pour distraire les mômes, et alors pas la moindre once de remise en question. C’était bien un conte à la Disney en fin de compte…

Donc il m’est difficile de juger ce film. Malgré un bon début, des personnages attachants et à potentiel, un scénario classique mais accrocheur, une Susan Sarandon en bonne méchante (j’aurais tellement voulu qu’elle gagne…) et une promesse tape-à-l’oeil, j’ai bien la sensation d’être tombé dans un guet-apens.

Je retiendrai les giga cafards new-yorkais qui nettoient la baignoire, et à qui elle fait un bisou en chantant sa ritournelle !!! Mais bon le reste se regarde hein, c’est pas non plus insupportable, c’est juste qu’on l’a déjà vu (parfois en mieux) des centaines de fois avant.

[Edit :] Ah si tout de même, j’ai oublié de rajouter !! Disney livre ici sa toute première apparition d’un figurant homo SM cuirette assumé !! Si si si. (Quand le prince se tape tous les étages avant de trouver sa belle, et qu’il tombe chez ce fameux personnage cuir qui le regarde avec beaucoup d’affection.)

Il était une fois