2 articles tagués avec “Eric Bana”

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Mary & Max

Publié le Jeudi 29 Octobre 2009 - 1:08
Catégorie: Cinéphage

Je suis toujours ébahi par ces véritables artistes qui passent plus d’une année à faire un film à base de pâte à modeler, et qui, à l’époque des images de synthèse et du tout « ordinateur », se prennent la tête à modéliser des décors entiers, et à nous servir les 24 images par seconde nécessaire pour donner vie à leur histoire. Pour « Mary & Max » cela va encore plus loin, puisque non seulement les décors et les personnages sont d’une stupéfiante et magnifique beauté et expression, mais en outre le scénario est étonnant, drôle et émouvant. Bref, j’ai été conquis.

Mary est une gamine australienne de 8 ans qui est assez malheureuse dans la vie. En effet, elle n’a pas d’amis, une mère pas très sympathique, mais heureusement beaucoup d’imagination et d’espoir. Elle décide notamment un jour de jeter une bouteille à l’eau et prend un nom au hasard dans l’annuaire. Elle tombe sur un certain Max Horowitz de New York, et elle lui écrit une lettre pour qu’il devienne son ami. Ce dernier est un autiste (atteint du syndrome d’Asperger, tout comme Daniel Tammet) qui vit aussi très seul, et tente de maîtriser ses crises de panique et d’anxiété dès que ses rituels sont troublés. Max répond à Mary, et les deux olibrius vont mener une relation épistolaire sur plus de vingt ans !!!

Ce film est un bijou d’inventions, de drôleries, d’une narration parfois neurasthénique et dépressive, souvent très poétique et pleine d’émotions, qui saisit bien fréquemment le spectateur. Comme souvent avec la pâte à modeler les expressions des visages sont très précises et ciselées, et ces productions artisanales permettent souvent (comme pour celles de Nick Park et Peter Lord) d’incroyables prouesses qui surpassent les images de synthèse, et font que ce genre a un style et des qualités intrinsèques indéniables. Et là je pense qu’Adam Elliot a particulièrement assuré… Les décors sont en effet géniaux, malgré des palettes de couleur très uniformes (noir et blanc pour New York, ou marron pour l’Australie), et on imagine sans peine le travail titanesque pour réaliser tout cela. De même que l’animation des personnages est impeccable, et que la réalisation est tout bonnement analogue à celle d’un « vrai » film.

Et pourtant le film prend son temps avec un récit qui se déroule à la vitesse des échanges de courrier entre les deux héros. La première partie se focalise sur Mary et son histoire, et puis ensuite on découvre Max et sa propre genèse, et c’est seulement après que les échanges épistolaires commencent. Mais je n’ai pas trouvé ça long ou chiant, malgré un rythme vraiment pas enlevé. Je crois que c’est dû à ces deux personnages qui sont si attachants, et dont les histoires fourmillent de tant de névroses et de péripéties que ça pousse vraiment à s’attarder sur eux, et à avoir très rapidement envie d’en découvrir plus, et de connaître la suite de leur relation. Les voix de Toni Collette, Philip Seymour Hoffman (les deux héros), mais aussi Eric Bana en un désopilant (et très sexually confused) Damian Popodopoulos, contribuent aussi à la réussite de cette oeuvre.

C’est tout sauf un blockbuster américain ou même un film d’auteur froid et intello, on est vraiment dans ce que j’aime tant dans le cinéma. Il s’agit d’une oeuvre simple et belle, intelligente et sensible, avec quelques ressorts assez faciles je le consens, mais qui mêle avec une rare alchimie une histoire dense et attachante, un divertissement efficace et une forme plutôt puérile (celle des films pour enfants en pâte à modeler en tout cas) qui se révèle diablement efficace.

L’avis des copines : Le Juif, Julien.

Mary & Max

  • Cinéphage
Star Trek

Publié le Mercredi 17 Juin 2009 - 23:58
Catégorie: Cinéphage

J’allais voir ce film avec beaucoup d’appréhension et j’étais prêt à être déçu, mais au final j’ai été conquis. Evidemment ce n’est pas un grand chef d’oeuvre mais il remplit parfaitement son office, en proposant un bien sympathique et drolatique space opera. Et surtout, un film dont la série originale du même nom n’a pas à rougir.

Ce n’était pas facile de reprendre Star Trek en faisant table rase des différents films, dont la plupart ont énormément vieilli, il faut l’avouer (mais je les ai aimés en leur temps). Difficile aussi de faire une suite aux innombrables générations d’équipages de l’USS Enterprise, et en outre peu de gens ont finalement suivi ces épisodes. Du coup, sacré parti pris que de reprendre les personnages originaux, ceux des années 60, sans que ce soit kitsch, en respectant nos souvenirs (je regardais ça sur la 5 de Berlusconi des années 80 en énième rediffusion), et en proposant une histoire qui tienne la route. C’est d’ailleurs certainement sur ce dernier point que le film pèche. Et du coup, plutôt que de chercher des personnages similaires à ceux des sixties, le choix s’est porté sur une genèse de Star Trek. Et le film présente donc les jeunes membres de l’équipage de l’USS Enterprise, leurs rencontres et les prémices de leurs amitiés au long cours.

Je dois avouer que je trouve le film terriblement remarquable tant pour le choix des comédiens, que de la manière dont leurs relations sont dépeintes, les différents traits de caractère qui correspondent bien aux clichés qui leur sont rattachés. Aussi bien du côté Kirk que McCoy ou Spock, tout est bien calé, entre les blagues, engueulades ou classiques consensus raisons contre sentiments.

Le film est plaisant, punchy, agréable, divertissant, et est servi par de beaux effets spéciaux, ainsi que de véritables madeleines de Proust pour moi (je suis un gros fan de la série TV originelle). Mais là où le bât blesse c’est sur le scénario qui est épais comme une feuille de papier cigarette (qui n’est pas très épais). En fait, cela n’est presque pas gênant car le film se construit principalement sur ses personnages, et du coup le méchant romulien et ses turpitudes existentielles passent largement au second plan. A vrai dire, il est beaucoup plus intéressant de s’attacher à ce cher Spock du passé et du futur, et au joli binôme « rhaa lovely!!! » Zachary Quinto / Leonard Nimoy.

Donc vraiment l’histoire est si optionnelle, qu’il vaut mieux garder en tête les « rhaa lovely!!! » Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Anton Yelchin, l’incroyable talent pour moderniser un rien les costumes et machines tout en leur conservant une once de kitsch. C’est subtil mais remarquablement dosé à mon avis, et même Uhura garde son gros machin dans l’oreille en restant crédible. De même, plutôt que de passer l’accent de Chekov sous silence (Anton Yelchin a un superbe accent à couper au couteau, même s’il n’en a pas du tout dans Terminator 4 où il joue le rôle du père de John Connor, et qu’il est né à St Petersbourg), ils ont pondu une blague récurrente qui fonctionne plutôt bien.

Le film fait presque penser à certains égards à un « Galaxy Quest », mais heureusement la parodie est assumée et assez légère pour que la pilule passe parfaitement. On y voit ainsi plus un hommage qu’un pastiche, et le space opera est assez divertissant et sympatoche pour passer un bon moment.

Star Trek