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« L’Allée du Roi » au théâtre Daunou

Publié le Mercredi 10 Juin 2009 - 23:52
Catégorie: ThéâtrOpérage

J’ai déjà évoqué ce téléfilm que j’adore et qui est tiré du même roman de Françoise Chandernagor : « L’Allée du Roi ». Quand j’ai lu chez Laurent qu’il avait vu Marie-Christine Barrault au théâtre dans le rôle de Madame de Maintenon, j’ai vraiment voulu voir ça.

Il s’agit d’un rôle unique, et Marie-Christine Barrault est donc seule sur scène pendant deux heures. De sa retraite chez les soeurs, Madame de Maintenon nous raconte sa vie. Comme dans le roman ou le film, elle narre tous les faits et hasards de l’existence qui l’ont mené de Françoise d’Aubigné (petite-fille d’Agrippa d’Aubigné) à Madame de Maintenon (Reine de France !) en passant par Madame Scarron (Paul Scarron était un poète frondeur et difforme) !! Le décor est finalement assez simple, et par quelques changements de robes, quelques murs pivotants révélant ça et là des miroirs ou une poignée d’accessoires, la comédienne porte sur ses seules épaules la réussite du spectacle.

Car j’ai trouvé cela plutôt bien. Marie-Christine Barrault a non seulement un texte d’une infinie longueur, mais en plus il est dans ce langage fleuri irrésistible du 18ème siècle, et il couvre toute la vie de la Maintenon (1635-1719). On y trouve donc autant les récits d’apprentissage (de l’amour ou des belles lettres dans le désordre), des frivolités de la cour, des mariages plus ou moins arrangés ou consentis, des combats de favorites, et de toutes ces aventures de la vie de Madame de Maintenon qui donneraient matière à un véritable film hollywoodien.

J’ai globalement trouvé que Barrault s’en tirait très bien, malgré quelques faiblesses pardonnables, et certains moments où je lui trouvais un petit manque de prestance ou de « noblesse » dans le ton. Mais il faut dire que j’avais tellement en tête la performance de Dominique Blanc, qu’il était difficile de ne pas comparer. Son occupation de l’espace était remarquable, et elle était donc soutenue par une mise-en-scène et un texte qui permettaient en quelques instants d’oublier que la comédienne était seule sur les planches. On s’imaginait rapidement à Versailles, entouré de somptueuses toilettes et des plus sombres machinations, dans l’esprit de cette femme aussi remarquable que manipulatrice.

Le théâtre était loin d’être rempli, et je pense que le spectacle n’a pas du tout marché malgré son affiche et ses qualités. C’est dommage car ce texte mérite qu’on l’exploite sous cette forme, et Marie-Christine Barrault a su incarner avec pas mal de talent cet ambitieux personnage.

L’avis des copines : Laurent.

« L'Allée du Roi » au théâtre Daunou

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La grandeur d'un destin se fait de ce qu'on refuse autant que de ce qu'on obtient.

Publié le Lundi 13 Avril 2009 - 1:16
Catégorie: Matage, Télévisage

Cette phrase m’avait marqué dès la première fois, lors de la découverte sur France 2 il y a presque 15 ans de ce téléfilm incroyable qu’est « L’Allée du Roi ». Cette fresque romanesque de Françoise Chandernagor, qui dépeint toute la vie de Madame de Maintenon, est une réussite, que j’avais d’ailleurs placé dans mon panthéon personnel. Françoise Chandernagor fait donc exprimer cette pensée à Françoise d’Aubigné, petite fille désargentée d’Agrippa d’Aubigné, qui fut Madame Scarron avant de se lier à la Montespan, puis de devenir au final l’épouse de Louis XIV.

Entre les comédiens fabuleux (et Dominique Blanc en tête), les décors et costumes somptueux, cette langue du 17ème siècle irrésistible, et la plume de Chandernagor pour nous faire revivre cela avec toute la verve voulue, mais surtout une histoire passionnante et romanesque à souhait, tous les ingrédients sont réunis pour un chef d’oeuvre. « La grandeur d’un destin se fait de ce qu’on refuse autant que de ce qu’on obtient. » Ah, ah, le destin… On pourrait relire tout Marc-Aurèle !

Mais en vérifiant que cette phrase était bien de l’écrivain, et vraiment pas de l’ancienne reine de France, j’ai été surpris de constater que la citation exacte avait en fait un sens relativement différent.

Il y a ceci de singulier dans la vie qu’elle offre autant de bonnes occasions à ne pas manquer que de fausses à écarter; la grandeur d’un destin se fait de ce qu’on refuse plus que de ce qu’on obtient.

Françoise Chandernagor, L’Allée du Roi.

A moins qu’il y ait une erreur, étant donné que je n’ai pas le bouquin (j’ai trouvé cela sur le net), la manière dont la phrase a été tournée dans la version télévisuelle donne un sens presque tout autre. Cela m’a amusé de le constater…