
Je témoigne en direct du Onzième arrondissement, où je viens rendre compte de l’agression qu’a subie la Grisette des Faubourgs. Regardez par vous-même : la Grisette s’est fait taguer la face ! Sa mère, sa race, c’est inadmissible !

Rappelons que la Grisette par essence, et malgré sa présence au coeur de Paris, était aussi une meuf des banlieues qui dealait du matos. Et si elle pouvait s’exprimer, elle nous dirait : « Putain les chacals de leur race, je vais les marave si je les revois dans mon tiékar ! ». Car elle n’aime pas qu’on lui abîme son piédestal comme cela, et qu’on la dégrade impunément.
Mais demain est un autre jour, et la Grisette nous reviendra nettoyée de ces souillures graffitesques qui ne siéent pas à son rayonnement sur mon arrondissement.
Concordia civium murus urbium.
Elle va bien, merci. 

J’en avais déjà parlé l’automne dernier, et je passe toujours aussi souvent à côté pour rentrer chez moi de République.
Je la regarde à chaque fois, et lui fait un sourire en passant. Elle reste impassible, mais je suis certain qu’elle n’est pas insensible à mes égards. Je suis vraiment fan de cette statue qui n’est pas spécialement bien mise en valeur, vu l’endroit où elle est (!), mais qui revêt pour moi une importance toute particulière. L’esprit du quartier…

Je suppose que vous avez déjà croisé cette statue si vous vous promenez de temps en temps dans mon quartier. La Grisette de 1830 est au bout du square Jules Ferry juste en face du canal St Martin qui se découvre tout juste. J’aime beaucoup cette oeuvre qui figure une jeune fille à la mode romantique, et qui n’est pas très connue, mais à laquelle je jette toujours un coup d’oeil en flânant.

Une grisette selon les définitions c’est une jeune ouvrière, ou bien une vendeuse de quatre-saisons, une vendeuse ambulante ou même une jeune fille aux moeurs légères, mais cette statue de J-B. Descomps qui date de 1909 ne nous en dit pas plus. En tout cas il s’agit d’un personnage pittoresque parisien ainsi iconifié.
Toute à l’heure, en allant me balader, j’ai remarqué qu’on l’avait affublé d’un petit bonnet tricoté fort seyant. C’est vrai qu’il commence à faire frisquet dehors. Je ne sais pas qui a eu cette initiative, mais je trouve cela charmant.

La Grisette c’est un peu le Manneken Pis de République.