Les Misérables

Oh là là.

C’est une catastrophe… Passons sur le scénario qui correspond bien à une revisite façon comédie musicale et qui doit bien faire se retourner Victor Hugo dans son urne. La mise en scène et les effets spéciaux sont déplorables, entre des pixels gros comme des carrés de carrelage et des mouvements de caméra à avoir envie de vomir. Paris est horrible, c’est un mélange d’images d’Epinal très américaines et finalement plus proches de Londres, mais surtout 100% fond vert. A côté de ça, l’univers de Games of Thrones est mille fois mieux fait et paraît beaucoup plus crédible !

Mal joué, mal chanté (ça gueule, ça braille, et c’est souvent faux), long (2h30 !!!!!!!!!) et chiant, il n’y a rien à rattraper. Allez Anne Hathaway n’est pas si mauvaise, il faut l’avouer.

A CHIER !!!!!

Les Misérables

Le discours d’un roi

Bon celui-ci j’imagine que tout le monde l’a vu, et à peu près tout le monde a aimé ou adoré. Je ne ferai pas exception à la règle, j’ai trouvé que c’était un excellent film. Pas un chef d’oeuvre inoubliable non plus, mais tout de même un film d’une très bonne facture, et une histoire dont l’originalité fait qu’on a du mal à se dire que ce n’est pas une pure fiction. Mais non, Georges VI (Colin Firth) avait vraiment un défaut d’élocution et un professeur australien d’origine, Lionel Logue (Geoffrey Rush) l’a aidé à se débarrasser de son bégaiement, au moins pour ses discours. Le discours du roi c’est cet incroyable moment où la Grande Bretagne entre en guerre, et c’est le roi qui le prononce à la radio.

Il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film qui dose à merveille les genres. Et on trouve de superbes acteurs avec Colin Firth ou Geoffrey Rush qui font un émouvant et drôle duo, mais aussi une fabuleuse Elisabeth jouée par Helena Bonham Carter, et Timothy Spall en un convainquant Winston Churchill. Vraiment le film est correctement tourné et monté, les dialogues sont sympas et oscillent souvent entre humour et gravité, avec un peu d’émotion et quelques références historiques qui donnent un peu de profondeur et crédibilité au tout. Donc tout cela passe très bien, mais disons que ça manque un petit peu de piment et de sel, c’est un déroulement tellement balisé qu’on sait dès les premières minutes ce qui va se passer et comment. Donc l’absence de surprise dans la narration ou dans la forme fait qu’il ne m’a pas bluffé comme il aurait pu.

Mais là où le film fait très fort et ce qui lui donne l’étiquette de « grand » film, c’est pour moi cette faculté de parler à absolument tout le monde, et d’être du coup une véritable oeuvre populaire sans être un blockbuster débile. Ce n’est jamais chiant, pas niais non plus, c’est une démonstration d’abnégation et de courage qui parle aux plus antimonarchistes (comme moi) et ravira les autres, et l’alchimie entre émotion, humour et action fait que la sauce prend pour une grande majorité de spectateurs.

Le discours d'un roi

Alice au Pays des Merveilles

Depuis l’annonce même que Tim Burton allait pondre son Alice, beaucoup de gens l’attendaient de pied ferme. C’était juste le sujet IDEAL pour Burton et ses univers déjantés, et en projetant un Johnny Depp et une Helena Bonham-Carter je n’en trépignais que plus ! Mais comme toutes les longues attentes, je m’attendais aussi à être un peu déçu. Il se trouve que j’ai été un chouïa plus déçu encore… Heureusement j’ai dégotté une salle qui ne le jouait pas en 3D donc j’ai au moins échappé à cela.

Mais si je peux d’abord mettre le doigt sur ce qui m’a plu alors je dirais sans hésiter le délire et délice visuel que Tim Burton délivre là. Ah c’est fantastique, merveilleux, truculent, à la fois esthétique, curieux, dérangeant parfois, et très (trop) proche des personnages de Disney. Car le pendant négatif c’est bien ce mimétisme banal entre le film de Disney de 1951 et tout l’univers créatif de cette version largement en images de synthèse. Autant j’ai trouvé cela magnifique et vraiment impressionnant (le chat du Cheshire est particulièrement réussi pour moi), autant j’ai été déçu du peu de nouveautés apportées par une vision plus personnelle de l’auteur.

Nous ne sommes pas dans un remake en revanche puisque l’histoire est celle du retour d’Alice au fameux Pays des Merveilles. En effet, alors qu’on s’apprête à la marier plus ou moins de force à un triste sire, elle suit le lapin blanc et redébarque en plein Pays des Merveilles sous l’égide de la (très) méchante Reine de Cœur (géniale Helena Bonham-Carter). Aidée du Chapelier fou (Johnny Depp) et de quelques résistants, elle va lutter pour rendre son pouvoir à la fantasque et aérienne Reine Blanche (Anne Hathaway).

Le film bénéficie donc d’effets esthétiques à couper le souffle, et de très bons comédiens, donc il y a tout pour faire un chef d’œuvre. Malheureusement, c’est dans le scenario que le bât blesse fortement. Et là ça ne pardonne pas, car le film est très chiant et il ne se passe pas grand chose. On n’a l’impression que le cahier des charges consistaient à se faire plaisir en intégrant tous les personnages et les réminiscences du Disney de 51, et c’est à peu près tout. C’est fort plaisant et bien ficelé d’ailleurs, mais ça ne suffit vraiment pas à retenir l’attention, et à justifier 1h50 de film. Donc les scènes s’enchaînent et ne sont pas non plus insupportables, mais ce n’est pas très intéressant, et pas très profond, on apprend pas grand-chose de plus sur les protagonistes, et on arrive cahin-caha à un grand final tout aussi fade et attendu.

Je ne vois pas bien l’intérêt de reprendre un tel thème et une histoire, surtout en ne faisant pas un remake mais bien un film original, et d’en seulement livrer une version visuellement dépoussiérée. Malgré tout, j’ai passé un bon moment car c’est un très beau spectacle, et que cela fait toujours plaisir de découvrir un nouveau Tim Burton.

L’avis des copines : Nicolinux, Le Pédé, Zep, Patrick, Flavien, Julien, Alice.

Alice au Pays des Merveilles

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

Aaaah le dernier Tim Burton !! Je me suis empressé d’aller apprécier ce nouvel opus de ce réalisateur de génie. En outre, ce côté « comédie musicale macabre » seyait parfaitement à l’univers et à la narration cinématographique de l’auteur… Mais au final, c’est bien ce côté-là qui ne m’a pas convaincu, et qui au contraire m’a empêché de correctement rentrer dans le film. Dommage.

L’histoire est donc tirée d’une comédie musicale (1979) et d’une pièce, elles-mêmes issues d’un récit encore plus ancien (de Thomas Peckett, 1846). Johnny Depp incarne donc Benjamin Barker, un talentueux barbier londonien, qui a été envoyé au bagne pendant 15 ans par un juge cruel (qui avait des vues sur sa femme). Plus en colère et assoiffé de revanche que jamais, il revient et prend le nom de Sweeney Todd. Il fait la rencontre d’une boulangère, Madame Lovett, merveilleuse Helena Bonham-Carter, qui prépare des tourtes à la viande immondes, faute de denrées correctes. Elle lui apprend que sa femme est morte, et que sa fille est devenue pupille du juge Turpin (Alan Rickman). Madame Lovett décide d’aider Sweeney, mais ils ont d’abord tout deux l’idée de relancer le commerce des tourtes d’une assez curieuse façon.

Evidemment, c’est du Burton, et du bon Burton, donc nous avons la chance d’avoir un film de qualité hollywoodienne sans Hollywood derrière. Bonheur !! Esthétiquement c’est parfait et superbe, il est impossible de se lasser de cette vision à la Tim Burton. Par contre, autant on y retrouve certains codes de l’auteur, autant on peut aussi constater des similitudes avec d’autres films pouvant paraître un peu redondantes. Ainsi on retrouve une atmosphère londonienne et gothique à la « Sleepy Hollow », ou bien un Johnny Depp qui manie les rasoirs comme un « Edward aux mains d’argent ». Mais dans l’ensemble, j’ai plutôt été positivement influencé par ces gimmicks.

En outre, on trouve là un élément génial et un degré supplémentaire dans l’oeuvre de Burton : le film est barré, sanguinaire au possible et sans aucun espoir. C’est donc un prolongement de certains films du maître, tout en étant conforté par une histoire originale qui colle parfaitement à son ironie macabre et sa poésie tout en noirceur gothique. Car il y a du « Delicatessen » dans cette alliance entre la boulangère et le barbier… Il égorge ses clients au premier étage, au lieu de les raser, et elle prépare alors des tourtes, avec la viande des cadavres, qui font le bonheur culinaire des gens qui viennent s’y restaurer. Tout le film est extrêmement sanguinolent, et le raisiné coule à flot lorsque Sweeney Todd use de ses magnifiques rasoirs.

Jusqu’à la fin, le film est terrible. Il n’y a pour ainsi dire pas de « gentils » dans cette histoire, et même le happy-ending est coupé, Burton préfère s’arrêter sur les véritables héros de l’histoire. Ceux qui s’en sortent n’ont même pas l’air d’y croire, et encore moins d’avoir confiance en cette précaire existence.

La spécificité du film résidait aussi dans le fait que les comédiens interprétaient les chansons originales de la comédie musicale. Et autant j’ai aimé la musique (tout en regrettant amèrement Danny Elfman, qui fait pour moi immanquablement parti des films de Burton), autant je n’ai pas accroché aux chansons. Je ne sais pas si j’étais mal luné ou quoi, mais j’ai trouvé ça d’un chiant, mais d’un chiant !! Ca casse le rythme, ça décrédibilise l’action, et je n’ai pas trouvé que ça servait si bien que cela le récit ou l’émotion. A part les chansons de Madame Lovett qui avaient le mérite de mettre en valeur l’ironie grinçante du personnage, je sortais de l’ambiance du film dès qu’ils se mettaient à pousser la chansonnette.

Une petite déception donc, malgré un film qui dans l’ensemble m’a beaucoup plu. Johnny Depp et Helena Bonham-Carter sont pour beaucoup dans cette impression finale, tant ils sont excellents dans ces rôles. Attention, il faut avoir l’estomac bien accroché… (Mylène a du adorer ce film !!)

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street.

Harry Potter et l’Ordre du Phénix

Bon, je le dis à chaque fois, mais cet épisode là détrône encore le précédent (même si j’ai commencé à accrocher au troisième). Ce n’est pas de ma faute, mais il me semble que les films sont simplement de mieux en mieux ! Celui-ci est plus noir, plus mature, plus intéressant, et globalement l’action est plus soutenue. Il s’agit de l’adaptation d’un tome que je n’ai pas lu (je me suis arrêté au quatrième), mais dont on m’a dit qu’il était très touffu, même s’il ne s’y passait pas grand-chose. Eh bien, je salue donc le talent du scénariste et du réalisateur !

Vraiment, je pourrais même le revoir tant j’ai passé un bon moment. Les comédiens ont grandi, et ça leur va vraiment bien, autant pour le physique, que pour les nouvelles interactions et évolutions psychologiques que cela implique. Les affres de l’adolescence sont des sujets toujours intéressants et émouvants. Et ce film se focalise aussi énormément sur les relations affectives entre les personnages (et tout en tombant par dans la mièvrerie absolue grâce à une ultime phrase non achevée du meilleur goût). J’ai aussi été épaté par les améliorations dans le jeu des comédiens, surtout Ron et Hermione.

Ils sont tous absolument excellents, et campent des personnages de plus en plus travaillés et attachants. De plus, on découvre d’autres héros plus secondaires qui retiennent l’attention comme la petite Luna Lovegood (Evanna Lynch), excellente et terrible. Et aussi toujours une pléiade d’acteurs anglais que j’aime tant, comme le merveilleux Alan Rickman et l’inoubliable Emma Thompson, ou encore Gary Oldman et Maggie Smith. Cette fois, deux ajouts de poids avec notamment la fantastique Helena Bonham-Carter en Bellatrix Lestrange abjecte et déjantée, l’archétype parfait de la méchante sorcière, que j’espère bien revoir dans les autres opus. L’autre personnalité exécrable du film est une de ces comédiennes que l’on connait bien mais dont on ne se rappelle jamais du nom : Imelda Staunton (la nourrice de « Shakespeare in love », ou « Peter’s Friends ») qui interprète Dolorès Ombrage. Cette dernière avec son bureau bonbonnière et ses assiettes « enchatées », ses manières pétainistes et sa méchanceté de « Mildred Ratched » (l’infirmière en chef de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », la référence pour moi en matière d’exquise cruauté), est particulièrement douée pour le rôle.

Pour ce cinquième film, nous sommes de retour à Poudlard, mais avant même la rentrée Harry se fait agresser par deux détraqueurs, et doit invoquer un sort pour se sauver. Du coup il est accusé d’avoir fait usage de magie en dehors du monde des sorciers, et en plus il est soupçonné de mentir quant au retour de Voldemort. Le ministre Fudge lui en veut personnellement, mais Harry est finalement sauvé par Dumbledore qui témoigne en sa faveur. Du coup Fudge envoie Dolorès Ombrage à Poudlard, et cette dernière instaure un climat de terreur (presque sarkoziste). Heureusement, la résistance s’organise, à la fois pour lutter contre l’obscurantisme ministériel, mais aussi pour contrer Voldemort.

Pour une fois que je n’avais pas lu le bouquin, j’ai été un peu déstabilisé. Habituellement, je savais exactement ce qui allait se passer, et je pouvais compléter les lacunes du film avec mes souvenirs. Malgré quelques ellipses qui surprennent, je n’ai pas du tout été embrouillé par l’histoire, et je trouve qu’on progresse bien dans la trame générale. Je m’entoure toujours des bons conseillers en la matière (il faut aller voir HP avec des potes érudits ès Pottermania), et donc quelques minutes après la fin, j’avais tous les détails sur les différences, ajouts et suppressions par rapport au livre.

J’ai surtout été enchanté du rythme, de l’histoire et du ton qui est globalement beaucoup moins neuneu que les autres films. On n’est plus vraiment dans le conte de fées. L’ambiance « Empire contre-attaque » et une atmosphère plus sombre et angoissante donnent un chouette regain d’intérêt à la saga. En outre, même les combats ont pris du poil de la bête, et les ados commencent à avoir les hormones en ébullition, ce qui donnent lieu à des scènes de choix, autant dans l’action que dans la comédie. Et puis les acteurs sont vraiment à l’aise avec les personnages, du coup les blagues fonctionnent bien (je pense à l’austérité de Rickman/Rogue, ou aux blagues de Ron et Hermione).

Le film est beaucoup plus tourné à la « blockbuster », mais la fibre anglaise, l’écriture de base et les comédiens, en font un produit de très bonne facture. Même si ça reste du Harry Potter, vu que l’histoire se développe en même temps que l’âge des protagonistes, on est de moins en moins dans des films « pour mômes ». J’espère que je dirais du 6ème qu’il est encore meilleur que celui-ci !

L’avis des copines : Uroborchou, Batimschou, Orphéuschou, Gauthierchou.

Harry Potter et l

Conversation(s) avec une femme

Un fond et une forme particuliers qui font de ce film une heureuse curiosité. La fantastique Helena Bonham Carter et un excellent Aaron Eckhart endossent les deux rôles principaux, et sont quasiment les seuls protagonistes du film.

Un homme et une femme, qui arrive tout spécialement de Londres, se rencontrent à un mariage. L’homme drague ostentatoirement la femme, qui lui répond avec un ton taquin et badin saupoudré d’un rien d’ironie et d’espièglerie. Peu à peu, on comprend les liens qui les unissent, et les choses s’enveniment.

Le film me fait un peu penser à Closer dans le thème de « l’amour à quarante balais » et dans ses longues joutes verbales. Il y a aussi du Woody Allen dans ces préoccupations, dans les dialogues extrêmement bien écrits et interprétés par les deux comédiens. Et à ce fond se rajoute un split-screen dont l’effet nous plonge encore plus dans l’intimité des personnages. L’écran est donc constamment divisé en deux, souvent simplement pour montrer les visages et expressions des deux acteurs alors qu’ils se parlent face à face. Le réalisateur utilise ce procédé pour saisir avec plus d’acuité encore le dialogue, mais aussi la communication non verbale et ses particularités. La performance des comédiens n’en est d’ailleurs que plus notable. Ils sont vraiment très très bons.

Le film se perd un peu en bla-bla à un moment, et même l’histoire finit par prendre un coup dans l’aile (j’ai du mal à comprendre leur attitude de départ…). Mais heureusement Helena Bonham Carter et Aaron Eckhart sont tellement scotchant qu’ils arrivent à tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout.

Conversation(s) avec une femme

Les Noces funèbres de Tim Burton

Du vrai, du bon, du fantastique Tim Burton ! Dans le fond, dans la forme, tout est extraordinaire et le résultat est époustouflant. Autant j’avais été un petit peu déçu par « Charlie et la chocolaterie » car j’avais du mal à y reconnaître la patte de Burton (puisqu’il n’en était pas l’auteur après tout), autant là je retrouve son esprit, ses gimmicks et son imaginaire.

Il s’agit d’un film d’animation en « stop-motion », donc à la barbare : on bricole une scène, on positionne les personnages articulés et hop, plus personne ne bouge, clic-clac ! Un cliché pour chaque seconde du film final. Cela donne au film une texture vraiment unique et un côté à la fois authentique et « bouts de ficelles » très charmant. Du chapi-chapo à la Burton comme pour « l’Etrange Noël de Monsieur Jack », ce dernier était d’ailleurs réalisé par Henry Selick, à qui l’on doit aussi le merveilleux « James et la pêche géante ».

Victor (Johnny Depp, impossible de ne pas le reconnaître) est le fils de poissonniers fortunés qui voudraient entrer dans la haute, tandis que Victoria est la fille de nobles désargentés qui veulent échapper à l’hospice. Les parents font donc un échange de bons procédés en mariant leurs rejetons contre leur gré. Mais quand les deux se rencontrent, l’inattendu se produit : ils se plaisent ! Seulement Victor est très nerveux et maladroit lors de la répétition du mariage (avec Christopher Lee en ténébreux curé), il s’enfuit donc pour répéter son « rôle ». En mimant de passer la bague au doigt de sa belle à ce qu’il pense être une branche morte, il passe l’alliance au doigt « squelettique » d’un macchabée en décomposition avancée. Seulement, elle n’attendait que cela, et voilà qu’une jeune femme morte habillée en mariée sort de terre. Emily (Helena Bonham Carter) se croit sa promise et enlève Victor dans le monde des morts. Ironie du sort : le monde des mort est beaucoup plus festif, joyeux et coloré que celui des vivants !

J’ai adoré l’univers que Burton a imaginé. Il n’est pas très original quand on connaît bien l’oeuvre du gars, mais cela fait toujours énormément de plaisir à le retrouver et à guetter les clins d’oeil et récupérations ou bien les nouveautés par rapport aux anciens opus. On y retrouve des inspirations de « l’Etrange Noël de Monsieur Jack » ou de « James et la pêche géante », mais surtout j’ai été ravi de retrouver tout l’univers de « Beetlejuice ». Ce monde des morts et ces personnages ressemblent furieusement à ceux de ce film cultissime. D’ailleurs l’asticot d’Emily me fait vraiment penser à Beetlejuice en personne.

On ne s’embête pas une seconde entre des musiques et chansons tonitruantes que l’on doit encore à Danny Elfman (encore meilleur et plus original dans ce film que d’habitude) et les extravagances des personnages secondaires. Chez Burton, les histoires d’amour sont toujours passionnelles, contrariées et finissent très bien, donc le film prend rapidement la forme d’un conte. Et même si on en connaît aisément la fin, on ne peut jamais savoir par quelle voie ce poète du cinéma va nous emmener. Indispensable !

Les noces funèbres de Tim Burton

Charlie et la chocolaterie

Les gens qui ont lu le bouquin, et à entendre autour de moi il y en a pléthore, ne tarissent pas d’éloge sur le film qui apparemment est très fidèle à l’oeuvre. Moi je l’ai vu sans avoir cette référence littéraire, et j’ai beaucoup aimé malgré tout. Néanmoins, à titre de comparaison, j’ai été plus impressionné et happé par l’univers et l’histoire de « Big Fish ».

Il s’agit d’un film de Tim Burton jusque dans les moindres détails, avec en plus un scénario qui colle parfaitement à son univers loufoque, burlesque et étrange, et un budget qui permet quelques scènes fabuleuses. Les décors du film sont incroyables, superbes, faramineux, fantastiques ! Le duo Burton/Depp n’est plus à prouver, et là encore il fonctionne à merveille. Johnny Depp est un formidable Willy Wonka, complètement dérangé, décalé, déphasé et grand génie de la confiserie à la fois. Et puis, il a des répliques acrimonieuses et innocemment méchantes qui m’ont beaucoup fait rire. Le petit Charlie se débrouille aussi très bien, Freddie Highmore (Neverland, Deux Frères) est juste et touchant avec sa frimousse et son petit accent british.

En outre, la musique de Dany Elfman casse la baraque, et les effets spéciaux permettent de se lâcher comme jamais et de figurer avec un réalisme saisissant cet univers fantasmagorique qui fait penser au Magicien d’Oz. Donc tout cela concourre à en faire un film génial, et si en plus on a une bonne histoire, c’est gagné ! Or, l’histoire est chouette mais elle ne m’a pas conquise comme « Big fish » l’avait fait précédemment. Je suis un petit peu resté sur ma faim même si certains moments de délire pur m’ont absolument ravi. J’ai adoré les clips des « Oompa Lumpa » et les travellings vertigineux au sein de la gigantesque chocolaterie avec ses mécanismes, rouages et machineries tentaculaires.

Willy Wonka est un génie de la confiserie qui a construit une gigantesque chocolaterie d’où sortent mystérieusement toutes les compositions du maître. Il décide un jour de mettre dans ses tablettes de chocolat un billet en or qui permettra à 5 enfants de visiter la chocolaterie. Après bien des émotions, Charlie, un petit garçon pauvre mais digne, trouve le fameux billet. Ainsi que quatre détestables bambins aux défauts variés, Charlie et son grand-père visitent l’usine avec Willy Wonka en guide d’exception. Ils pénètrent alors dans un monde extraordinaire où bien des aventures les attendent.

Charlie et la chocolaterie

Big Fish

J’avais un peu peur des critiques diverses et variées que j’avais lues dans la presse et qui n’était pas toujours très heureuses. En fait, j’ai lu quelques papiers qui laissaient deviner que l’auteur ne voulait pas dire de mal de Burton (LE Burton), mais qu’il avait été bien désappointé et perturbé par ce récent opus.

Et bien, malgré un début de film un peu déroutant, j’ai beaucoup aimé. En effet, le prologue est un peu long et brumeux, et puis à un moment j’ai été pris dans le film, et je n’en suis pas ressorti avant la fin. C’est un Burton tout craché avec ses visions, ses personnages, son romantisme de contes de fées et ses monstrueuses créatures et visions dont ses films sont truffés, mais qui sont toujours auréolées de timidité et d’une maladroite gentillesse à la Frankenstein.

Un homme, Edward Bloom, d’une cinquantaine d’années s’entend assez mal avec son fils, qui vit à paris avec sa femme française (Marion Cotillard). Edward a toujours raconté des épisodes de sa vie sous forme d’histoires avec beaucoup de verve et de digressions ou affabulations (on ne sait pas vraiment), ce qui agace fermement son fils qui a la raison plus prosaïque et terre-à-terre. Mais Edward est très malade, alors son fils et sa belle-fille viennent de Paris pour le voir et se réconcilier. Cette venue est une occasion supplémentaire pour le fils de réussir à enfin cerner la part de vérités dans les histoires à dormir debout de son père. Il découvrira qu’il ne s’agissait pas tant que ça d’histoires inventées, ou bien que dans certains cas, l’imaginaire et le réel peuvent fusionner.

Tim Burton a réalisé un film qui raconte cette histoire entre le fils et son père, histoire plutôt classique et traditionnelle de l’incompréhension père-fils. Il entrecoupe cela des récits d’Edward (joué jeune par le sémillant Ewan McGregor plus sex que jamais) mis en images avec le bestiaire et la mythologie chère à Burton. Donc j’ai aimé ce film, ce film fantaisiste et magique où les acteurs sont excellents, et surtout Helena Bonham-Carter.

Ainsi on entre peu à peu dans la tête de Bloom avec ses idées fantasques et sa manière emphatique de narrer quelques moments clefs de sa vie. On est alors un peu perdu entre une base rationnelle et un conteur qui rend fantasmagorique son existence entière. Et là Tim Burton s’en donne à coeur joie avec un géant monstrueux, deux soeurs siamoises chinoises, toute une troupe de cirque, la conquête de sa femme des plus romanesques etc. Et puis, il y a ce mythe fondateur… the big fish, un gros poisson. Ce poisson si énorme que personne n’a jamais pu l’attraper à la ligne, un poisson dont on devine le lien intime avec Edward Bloom.

Allez je n’en raconte pas plus, c’est tentant, mais ce serait vraiment du spoil.

Big Fish