Bon, je le dis à chaque fois, mais cet épisode là détrône encore le précédent (même si j’ai commencé à accrocher au troisième). Ce n’est pas de ma faute, mais il me semble que les films sont simplement de mieux en mieux ! Celui-ci est plus noir, plus mature, plus intéressant, et globalement l’action est plus soutenue. Il s’agit de l’adaptation d’un tome que je n’ai pas lu (je me suis arrêté au quatrième), mais dont on m’a dit qu’il était très touffu, même s’il ne s’y passait pas grand-chose. Eh bien, je salue donc le talent du scénariste et du réalisateur !
Vraiment, je pourrais même le revoir tant j’ai passé un bon moment. Les comédiens ont grandi, et ça leur va vraiment bien, autant pour le physique, que pour les nouvelles interactions et évolutions psychologiques que cela implique. Les affres de l’adolescence sont des sujets toujours intéressants et émouvants. Et ce film se focalise aussi énormément sur les relations affectives entre les personnages (et tout en tombant par dans la mièvrerie absolue grâce à une ultime phrase non achevée du meilleur goût). J’ai aussi été épaté par les améliorations dans le jeu des comédiens, surtout Ron et Hermione.
Ils sont tous absolument excellents, et campent des personnages de plus en plus travaillés et attachants. De plus, on découvre d’autres héros plus secondaires qui retiennent l’attention comme la petite Luna Lovegood (Evanna Lynch), excellente et terrible. Et aussi toujours une pléiade d’acteurs anglais que j’aime tant, comme le merveilleux Alan Rickman et l’inoubliable Emma Thompson, ou encore Gary Oldman et Maggie Smith. Cette fois, deux ajouts de poids avec notamment la fantastique Helena Bonham-Carter en Bellatrix Lestrange abjecte et déjantée, l’archétype parfait de la méchante sorcière, que j’espère bien revoir dans les autres opus. L’autre personnalité exécrable du film est une de ces comédiennes que l’on connait bien mais dont on ne se rappelle jamais du nom : Imelda Staunton (la nourrice de « Shakespeare in love », ou « Peter’s Friends ») qui interprète Dolorès Ombrage. Cette dernière avec son bureau bonbonnière et ses assiettes « enchatées », ses manières pétainistes et sa méchanceté de « Mildred Ratched » (l’infirmière en chef de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », la référence pour moi en matière d’exquise cruauté), est particulièrement douée pour le rôle.
Pour ce cinquième film, nous sommes de retour à Poudlard, mais avant même la rentrée Harry se fait agresser par deux détraqueurs, et doit invoquer un sort pour se sauver. Du coup il est accusé d’avoir fait usage de magie en dehors du monde des sorciers, et en plus il est soupçonné de mentir quant au retour de Voldemort. Le ministre Fudge lui en veut personnellement, mais Harry est finalement sauvé par Dumbledore qui témoigne en sa faveur. Du coup Fudge envoie Dolorès Ombrage à Poudlard, et cette dernière instaure un climat de terreur (presque sarkoziste). Heureusement, la résistance s’organise, à la fois pour lutter contre l’obscurantisme ministériel, mais aussi pour contrer Voldemort.
Pour une fois que je n’avais pas lu le bouquin, j’ai été un peu déstabilisé. Habituellement, je savais exactement ce qui allait se passer, et je pouvais compléter les lacunes du film avec mes souvenirs. Malgré quelques ellipses qui surprennent, je n’ai pas du tout été embrouillé par l’histoire, et je trouve qu’on progresse bien dans la trame générale. Je m’entoure toujours des bons conseillers en la matière (il faut aller voir HP avec des potes érudits ès Pottermania), et donc quelques minutes après la fin, j’avais tous les détails sur les différences, ajouts et suppressions par rapport au livre.
J’ai surtout été enchanté du rythme, de l’histoire et du ton qui est globalement beaucoup moins neuneu que les autres films. On n’est plus vraiment dans le conte de fées. L’ambiance « Empire contre-attaque » et une atmosphère plus sombre et angoissante donnent un chouette regain d’intérêt à la saga. En outre, même les combats ont pris du poil de la bête, et les ados commencent à avoir les hormones en ébullition, ce qui donnent lieu à des scènes de choix, autant dans l’action que dans la comédie. Et puis les acteurs sont vraiment à l’aise avec les personnages, du coup les blagues fonctionnent bien (je pense à l’austérité de Rickman/Rogue, ou aux blagues de Ron et Hermione).
Le film est beaucoup plus tourné à la « blockbuster », mais la fibre anglaise, l’écriture de base et les comédiens, en font un produit de très bonne facture. Même si ça reste du Harry Potter, vu que l’histoire se développe en même temps que l’âge des protagonistes, on est de moins en moins dans des films « pour mômes ». J’espère que je dirais du 6ème qu’il est encore meilleur que celui-ci !
L’avis des copines : Uroborchou, Batimschou, Orphéuschou, Gauthierchou.