Nous sommes repartis de Tel Aviv en fin de journée, vendredi, d’un aéroport complètement vide. Les vendeuses des magasins Duty Free s’excusaient même de se jeter sur nous comme la misère sur le pauvre monde. Donc même en basse saison, les gens sont unanimes, de Tel Aviv, la mer morte ou Jérusalem, il y a un gros déficit de touristes, pour une région où cela devrait constituer une richesse de premier plan.

Mais évidemment, partir en vacances dans un pays en guerre depuis 60 ans, un pays où on a tous vu les combats à l’écran, et les attentats dans les bus ou les marchés, forcément ça ne convainc pas trop. Et la récente flambée du côté libanais a apparemment refroidi les ardeurs des visiteurs. Pourtant ne serait-ce que pour Jérusalem, l’intérêt d’aller en Israël est énorme et manifeste.
Au final, en une petite semaine là-bas, j’ai encore été confronté à cette curieuse dualité et aux contrastes que je percevais déjà en France. D’un côté il y a Tel Aviv qui est une ville moderne, ouverte, occidentalisée et tolérante. Il y a peu de gens qui portent la kippa ou bien qui sont ostensiblement religieux, les nanas sont en débardeurs, des mecs homos se donnent la main en plein centre, et on trouve du porc aux cartes de certains restaurants. Et puis, il y a Jérusalem avec ses communautés ultrareligieuses qui se démarquent d’autant plus qu’elles tiennent à revendiquer leur territoire. Il y a ce mur qui rappelle celui caduc de Berlin, et dont la frontière ainsi délimitée est un foutage de gueule, dont on s’étonne qu’il puisse même tenir debout. Il y a aussi les territoires palestiniens atomisés et rognés par des colonies, des espaces déjà pauvres et économiquement asphyxiés, à l’agonie.
Et on oppose les religions. D’un côté la puissance économique et le lobby américain, et des religieux intégristes juifs, de l’autre le fanatisme islamique et la misère qui pousse aux extrémités les plus impensables. Des morts pour des morts, des innocents sacrifiés des deux côtés. On ne sait plus vraiment à quel saint se vouer, tant on se dit que des générations entières n’ont été éduquées que dans la peur et le mépris de l’autre. Les juifs sont sur le qui vive et paranoïaques au possible, ils se déplacent entourés de gardes armés, tout en grignotant le plus possible sur les territoires voisins, ou même les quartiers.
Dans Jérusalem, ils achètent des maisons dans des quartiers arabes, et ensuite se barricadent et s’arment pour se protéger. Et petit à petit, la thune conquiert des zones supplémentaires. Et les arabes sont sans cesse contrôlés et apparemment passablement humiliés et insultés par les militaires israéliens. Les check-points entre les deux pays obligent à des détours et des attentes qui handicapent encore les citoyens finalement les plus intégrés (avec un emploi et une situation).
Et j’ai beau être anti-sioniste, je reconnais qu’Israël est un pays superbe et moderne grâce à ce que l’état d’Israël en a fait. Et malgré une religion omniprésente, il s’agit d’un endroit où l’on se sent libre et bien. Car avant la religion, il y a le business et le capitalisme, Israël est un pays de banques et finances, et pour que le commerce (dont le tourisme) fonctionne il faut une société libérale et ouverte. Et dans la guerre économique contre la Palestine, ils ont évidemment d’ores et déjà gagné ! Et personnellement, je suis allé en Israël en tant que pédé, et cela n’a posé aucun problème. De même que les nanas avaient l’air plutôt libérées et égales aux mecs. Et cela est impensable dans un pays arabe, aux moeurs antédiluviennes, voire rétrogrades (à mon avis à moi que j’ai) !! C’est une des grandes qualités d’Israël, avec un pays dont les infrastructures et la modernité sont d’un niveau similaire à l’Europe ou les USA.
Mais même cette modernité se discute lorsqu’on voit qu’on est en plein désert, et que tout est climatisé, que l’eau est utilisée (gaspillée ?) avec profusion tandis que la Palestine a des allures de cailloux ocre et poussiéreux. En terme de bilan écologique, je me demande si les extrêmes ne sont pas encore bien représentés dans ce domaine. Et il est pourtant certain que le développement économique, politique et social de ces régions désertiques passe par ce genre d’hérésies écologiques.
Ah là là, tout n’est pas tout blanc, tout n’est pas tout noir. 
Dans le fond, je ne jette la pierre à personne, car s’il y a une erreur dans tout cela, et s’il y a un coupable, c’est la religion. Et je reviens de ce voyage encore plus bouffeurs de curés qu’avant, encore plus anticlérical et farouche laïc ! Mais qu’on envoie se faire enculer toutes ces religions de mes deux ! Et dire que la séparation de l’Eglise et de l’Etat est une notion qui doit exister dans une dizaine de pays dans le monde, et que l’immense majorité des nations ont une religion officielle. Sa mère, sa race, on n’est pas sorti de l’auberge. Et pourtant, si déjà on se débarrassait des cultes pour ramener une démocratie républicaine bien saine, je suis certain que cela améliorerait les choses. Et laissons donc les religions s’occuper du spirituel et du métaphysique, y’a déjà assez de boulot comme ça !
Ah ça oui, mon blog est un putain de BLOG SANS DIEU !




















