La plupart du temps, je m’achète des livres de SF qui correspondent plus ou moins à ce qui me plait particulièrement dans ce genre, et je finis donc très souvent à lire des auteurs américains des années 50 à 70. En fait, je n’aime pas trop la SF qui évoque des mondes avec des ordinateurs ou des réseaux, mais plutôt des gros calculateurs à tubes à vide ou des vaisseaux spatiaux qui emmènent dans des sociétés parallèles, qui sont autant d’occasion de nous passer au vitriol. Mais de temps en temps, et souvent par des cadeaux d’amis, je découvre de formidables exceptions (notamment Christopher Priest, ou encore Dan Simmons ou même Cory Doctorow). En outre, je n’aime pas trop les bouquins qui démarrent de grandes sagas sur n volumes et qu’il faut des années pour ingérer. Je n’aime pas du tout la Fantasy, ah non vraiment non. Fuck les sorcières et les gobelins.
Eh bien, j’ai adoré ce bouquin qui date des années 80, qui est le début d’un cycle littéraire et qui flirte quelque peu avec un univers au relents de Fantasy. Voilà, il fallait bien qu’une fois de plus, on me prouve que j’avais tort !! Hu huhu.
Scott Card Orson a une écriture bien affûtée mais surtout efficace, et un sens du rythme très poussé. On ne s’ennuie guère dans le livre, et on entre très rapidement dans le vif du sujet. On y suit l’enfance d’Ender qui est un gamin dont les prédispositions génétiques sont suivis par des scientifiques. Un peu comme ses frères et soeurs avant lui, Ender a été étudié car ses aptitudes uniques pourraient sauver la Terre de ses ennemis les Doryphores. Ces derniers sont une civilisation insectoïde qui s’apprête à envahir la Terre, et Ender est rapidement envoyé dans un camp d’entrainement militaire à à peine 6 ans. Pendant que son frère et sa frangine se font passer pour des politiciens et polémistes sur les réseaux (quelle clairvoyance en 1985 de penser déjà à des réseaux sociaux aussi modernes et crédibles qu’on peut les connaître aujourd’hui !!), Ender subit les brimades de ses camarades beaucoup plus âgés que lui. Mais peu à peu, il fait montre des qualités qui lui font grimper des échelons, et de toute façon on a plus vraiment le choix…
Il y a du Kwisatz Haderach (le sur-être de l’univers de Dune) dans Ender, et on ne peut s’empêcher de penser à “Starship Troopers” avec ces ennemis Doryphores, j’ai aussi pensé à Simmons pour ces sentiments exacerbés et une peinture troublante de la souffrance ou même à “Battle Star Galactica” en dévorant l’ouvrage. Dans tous les cas, il se lit avec beaucoup de plaisir et de fluidité, en proposant une histoire dans laquelle on rentre très facilement. Ce premier tome, en outre, constitue un tout qui ne frustre pas trop lorsqu’on le termine, mais donne assez envie pour que je me procure tout de suite les deux autres tomes du Cycle.















