2 articles tagués avec “Jason Reitman”

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In the Air

Publié le Jeudi 4 Mars 2010 - 0:36
Catégorie: Cinéphage

Avant-propos :
Le titre original est « Up in the Air ». Pour quelle raison se retrouve-t-on avec « In the Air » pour titre français ? Nan mais c’est de plus en plus nawak cette manière de localiser… Pfff.
Bref !

Retour au film :
J’avais noté quelques aspects négatifs et critiques à l’égard de « Juno », car même si c’était une chouette comédie, le côté pas du tout crédible des personnages m’avait plutôt décontenancé. Pour « In the Air », je suis carrément dithyrambique ! J’ai vraiment tout aimé, de l’intrigue aux comédiens, en passant par le rythme et la mise en scène. Et pourtant le réalisateur Jason Reitman a choisi deux thèmes bien singuliers… Le héros du film, George Clooney, est un professionnel des plans sociaux, un mec qui a pour seul talent celui de virer les gens, sans remord et sans vergogne. Il a pour seul passion et but dans la vie de profiter de ses déplacements professionnels pour accumuler des miles et obtenir l’ultime statut privilégié dans une compagnie aérienne (au bout de 10 millions de miles).

Connaissant moi-même des gens avec un but similaire, l’identification était trop tentante pour que cette facette ne me plaise énormément !! J’ai donc beaucoup ri en retrouvant dans ce personnage une kyrielle d’amis ou de connaissances dans des professions tout aussi philanthropiques et trouvant un plaisir non dissimulé dans les vols aériens.

Le film se nourrit déjà fortement de ces deux dimensions, et à cela s’ajoute deux intrigues. L’une sur le volet professionnel avec une jeunette (Anna Kendrick) qui arrive dans la boite de George Clooney pour révolutionner l’industrie du licenciement. En effet, voilà qu’elle met en place un ingénieux processus incluant webcam et système de vidéoconférence pour virer à distance et réduire les coûts de déplacement. Evidemment cela n’est pas pour réjouir notre héros qui ne vit que pour ses transferts, séjours en hôtels et incrustes dans les séminaires. L’autre volet est une rencontre amoureuse qui change les perspectives de Clooney. En effet, il rencontre son alter-ego sous forme d’une superbe femme (Vera Farmiga, le genre de nana, la pauvre, qui a 36 ans, mais a l’air d’en avoir 45 bien conservée) qui voyage comme lui, et les deux arrangent rapidement leurs agendas pour passer des nuits torrides entre deux hubs internationaux.

Les décollages et atterrissages rythment visuellement et temporellement le film qui ne manque justement pas d’énergie et des diverses cocasseries que le réalisateur a l’habitude d’habilement mettre en place. On a ainsi droit à un mariage très haut en couleur où Clooney embarque sa compagne d’aéroports, et une prise de conscience bien attendue de la jeunette qui refuse cette vie de croquemort social corporate. Le comédien et les comédiennes en titre sont absolument parfaits, et ils m’ont embarqué avec grand plaisir dans cette comédie douce-amère aux accents jubilatoires bien grinçants.

On retrouve ainsi toutes les qualités de Juno, à la fois dans la mise en scène, le rythme, l’écriture et un talent indéniable dans la comédie à la sauce indé purement américaine. Ajoutez à cela un joli retournement de situation final, et une sorte de sad-end en contre-pied. Mais de la part de Jason Reitman, on n’en attend pas moins…

L’avis des copines : Ju(…), Fliptom.

In the Air

  • Cinéphage
Juno

Publié le Dimanche 17 Février 2008 - 21:33
Catégorie: Cinéphage

Syndrome « Little Miss Sunshine » pour moi, c’est-à-dire que j’ai aimé le film, j’y trouve plein de qualités formelles et plus subtiles, mais il y a un truc qui cloche. Nous sommes encore pour moi en pleine production américaine faussement indépendante, un film au scénario bobo à mort, et qui arrive à se positionner en anticonformiste tout en ne froissant personne. Encore une fois, j’ai plutôt passé un bon moment en regardant ce film. J’ai été ému, j’ai ri et souri, et l’originalité de l’histoire m’a tout-à-fait ragaillardi. Mais il n’empêche pas moins qu’il s’agit d’un dosage extrêmement classique et sirupeux de bons sentiments et de « morale bobo ».

Juno est une jeune fille de 16 ans, magnifiquement interprétée par Ellen Page (qui a tout juste 21 ans), très à la page et plutôt dégourdie. C’est une jeune ado décomplexée et libérée qui n’hésite pas à coucher avec un type de l’école, juste parce qu’elle en avait envie. Seulement quelques semaines plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte. Mais qu’à cela ne tienne, elle décide de garder l’enfant et de le faire adopter. Elle trouve dans le journal la petite annonce d’un couple qui a l’air parfait…

Le sujet de base est donc assez hallucinant et frappant. Elle est enceinte mais elle ne se démonte pas, ne dramatise pas non plus, et toute pragmatique entreprend de faire adopter son enfant à venir. Juno est à la fois une ado de son temps, une jeune femme sympathiquement prolo et plutôt populaire au lycée, à la langue bien pendue et au caractère bien trempé. A la fois fragile et rentre-dedans, Ellen Page réussit avec un talent incroyable à figurer tous les contrastes de son personnages.

Ensuite, c’est assez « facile ». En effet, on retrouve une galerie de personnages cocasses dans une amérique « classe moyenne » classique, une rencontre en forme de fracture sociale, des problèmes de ménage, en opposition à une famille recomposée qui fonctionne très bien, des nerds plutôt charmants, des gros durs du lycée devenus transparents, des dialogues hyper écrits, des répliques et des bons mots qui fusent, des plans esthétiques et arty, et enfin une bande-son recherchée et hype. Tout cela s’inscrit dans une sauce des plus classiques et formatées, mais en effet tout en cultivant le petit côté indépendant à la « Miramax ». J’ai trouvé ça bien fait et sympathique, mais je me désolidarise totalement des critiques qui en font un film symbole et « à message ».

Il y a déjà ce personnage de Juno qui me paraît bien attachant, mais pas crédible du tout. Nous sommes dans un milieu un peu prolo, et on lui fait dire des répliques dignes de « Sex and the City » ou d’autres sitcom. C’est pour cela notamment que je parle de comédie « bobo », car dans une situation comme celle-ci et avec un éclairage plus réaliste, une ado ne s’exprimerait pas comme cela, c’est beaucoup trop écrit et décalé. En outre, on nous présente un personnage très fort et déterminé, une fille qui assume le fait de coucher comme ça, qui se voit bien faire adopter son enfant et choisit même les parents, elle nous montre vraiment du début à la fin une personnalité moderne et originale. Mais elle refuse d’avorter, et sous un prétexte assez vague et qui passe rapidement. Cela m’a étonné, car avec un caractère pareil on imaginait au contraire qu’elle allait avorter avec le même entêtement et maturité. Du coup, ça m’a paru une facette très « pro-life » qui m’a bien décontenancé (alors que je n’y aurais peut-être pas pensé s’il n’y avait eu ce refus marqué de l’avortement).

Ensuite, les parents de Juno et personne dans son entourage ne réagit vraiment à cette annonce. Et là c’est quand même dingue, le père prolo et ancien militaire, lorsqu’elle lui annonce tout de go qu’elle est enceinte et va faire adopter son enfant par un couple qu’elle a sélectionné dans le ParisBoumBoum local, lui dit : « Ok c’est cool, je viens avec toi pour les rencontrer. ». Les toutes premières minutes figurent aussi la découverte de la grossesse par Juno avec une scène surréaliste, où le droguiste du coin la charrie sur le fait qu’elle soit en cloque. Nan mais nous sommes aux USA là ?? Le film évacue totalement tout ce qui pourrait nous ramener à la réalité. Alors je sais bien que l’on peut prendre ça pour un conte de Noël, mais comme à d’autres égards il n’est pas présenté comme cela, la magie ne s’est pas installée chez moi. Et puis la bande-son qui prend le pas sur le film, avec cette sélection musicale bien étudiée, les passages un peu abstraits pour rendre le film plus « arty », ou bien les saynètes drolatiques et décalées, ainsi que les tirades en forme de victoire sociale (notamment avec l’échographe qui se fait tancer par la belle-mère), tout cela m’a doucement et sûrement convaincu de l’aspect bien trop policé et cadré de cette comédie.

Et pourtant ce n’est pas mauvais, bien au contraire, et le film a le mérite de traiter ce sujet avec un éclairage nouveau, et sans aller dans le drame chiant et triste. Je lui ai donc vraiment aussi trouvé toutes les qualités que j’ai évoquées. Mais quand on compare avec un petit film comme « Echo Park, L.A. » (pourtant très « Sundance »), je trouve que « Juno » apparaît encore plus facile et palote. Là où « Little Miss Sunshine » avait tout de même un peu rué dans les brancards, on est ici sur un chemin balisé du début à la fin, et on ne traverse jamais, Ô grands dieux jamais, en dehors des clous.

L’avis des copines : Psykokwak (avec qui je suis entièrement d’accord, jusqu’aux références…), Evrat, Eric, Brice, Kinoo.

Juno