5 articles tagués avec “Jean-François Parot”

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Le noyé du Grand Canal (Jean-François Parot)

Publié le Mercredi 26 Janvier 2011 - 23:35
Catégorie: Boukinage

Cahin-caha nous voici arrivés au 8ème bouquin de la série Nicolas Le Floch. Au final, c’est assez frustrant car je pourrais écrire exactement la même chose que pour l’opus précédent, “Le cadavre anglais“. En effet, je pourrais continuer à en lire comme cela des dizaines, et le niveau global de ces bouquins est exceptionnel dans la documentation, l’écriture 18ème siècle et sa verve historique, mais tout de même les intrigues sont de moins en moins passionnantes.

En effet, il ne se passe plus grand-chose dans la vie de notre Marquis de Ranreuil. Comme je le disais déjà dans mes précédents articles, on souffre là du phénomène “tout le monde il est gentil”, et donc le bouquin dans son fil conducteur transverse n’est qu’une succession de gentilles petites figures bien en avance sur leur temps (ça c’est le phénomène Rahan, fils des âges farouches…). Le vieux notaire, les servantes, la cuisinière, même les animaux de compagnie, le chirurgien, l’amante, le fiston et j’en passe, ils sont tous gentils tout plein, et le roman en perd autant en saveur. Comme si ce n’était pas suffisant, voilà que le Nicolas s’amourache d’animaux en plus, un cheval et un chien qu’il adopte dans toute sa mansuétude…

Les intrigues depuis quelques bouquins ont aussi tendance à se standardiser, et à manquer de sel. Bref, même avec une qualité constante, je subis un effet d’étiolement, peut-être dû à l’accoutumance, et je pense qu’il va être temps pour moi de renoncer à la suite. Mais il est fortiche tout de même ce Jean-François Parot, car je meurs d’envie malgré tout de retrouver mon petit commissaire du Châtelet ! A chaque sortie des bouquins en poche, je les achète et je m’en délecte pendant ces quelques jours de voyage dans le temps. Et même si c’est répétitif, et si je trouve la galerie de personnages un peu niais, il n’en reste pas moins que la reconstitution est toujours aussi minutieuse et efficace.

C’est bien là où je ne me lasse pas, et où l’auteur continue à briller, car le fond historique est toujours aussi bien ficelé et tramé dans la fiction. On n’y voit que du feu, et il arrive à rendre tout cela diablement crédible. D’abord par la connaissance impeccable des faits historiques, autant les grandes dates que les faits divers, mais aussi l’actualité culturelle ou culinaire, la géographie urbaine parisienne, les découvertes scientifiques du moment etc. Et Jean-François Parot compose avec bonheur une narration fluide, et au langage si docte et fleuri, où on accepte sans ciller les malversations liées à Marie-Antoinette, sur fond de guerre avec les Anglais, où rodent d’étranges castrats qui sont passés de mode, ou bien un peintre (Gabriel de Saint-Aubin) qui n’a pas son pareil pour croquer Paris.

Rhaaaaa, je vais encore me faire avoir pour le prochain…

Le noyé du Grand Canal (Jean-François Parot)

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Le cadavre anglais (Jean-François Parot)

Publié le Dimanche 8 Février 2009 - 2:27
Catégorie: Boukinage

J’ai déjà dit et répété à quel point j’apprécie cette série des Nicolas Le Floch de Jean-François Parot. Et une fois de plus, je persiste et signe. Depuis 2000, je suis les aventures du petit Ranreuil, et nous voilà avec des romans qui perdurent dans leur excellence, et qui ont même corrigé certaines erreurs du début.

Mais du coup, aujourd’hui j’ai l’impression que tout cela manque un peu de piment ou d’aspérités… Un peu comme si l’on connaissait tellement bien tous ces personnages qu’il faut à l’écrivain tous les citer et les mettre en scène (le vieux Noblecourt, le chirurgien et son amante black, l’indien, le bourreau au grand coeur, les servantes, la Paulet et même le chien et le chat !!). Et le manichéisme est toujours de mise quant aux personnalités : les gentils sont très gentils, et les méchants seront punis.

Je ne boude tout de même pas mon plaisir, car ce bouquin recèle tout autant des bonnes choses que j’aime y retrouver, et même de nouvelles ! On y suit notamment l’évolution de Louis, le fils de Nicolas et la douce Antoinette, la tumultueuse amitié avec Sartine (qui donne lieu aux scènes les plus savoureuses à mon avis), mais aussi des rencontres avec la reine Marie-Antoinette qui sont très intéressantes et toujours autant historiquement crédibles. Finalement c’est peut-être l’intrigue majeure qui est reléguée au second plan.

Ah oui, il y a donc une histoire de cadavre anglais, c’est vrai… A vrai dire, on s’en balance un peu, et j’ai préféré entrevoir les relations politiques totalement vénéneuses avec l’Angleterre, les histoires d’horloger de l’époque, les résultats des politiques anti-protestantes, ainsi que les dépenses de la reine et ses implications de plus en plus dangereuses dans des « affaires » qui la dépasseront bientôt. Et comme d’habitude, en toile de fond, une description du Paris du 18ème avec de nouveaux quartiers, de nouveaux personnages historiques, ainsi que des recettes décrites par le menu évidemment. Notre commissaire du Châtelet Nicolas Le Floch, avec ses qualités et ses défauts, et surtout son entêtement breton, va faire montre de tout ses talents, sa diplomatie et son flair pour dénouer ce sombre complot qui inclut un cadavre anglais. Mais dans le même temps il faut sauver la reine, s’occuper de son fils, savoir pourquoi sa maîtresse est impliquée là-dedans, ne pas tomber dans les rets de Sartine, servir le roi et prendre garde aux gens qui ont juré sa perte.

Le cadavre anglais - Jean-François Parot

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Le sang des farines

Publié le Mardi 23 Octobre 2007 - 23:53
Catégorie: Boukinage

C’est la sixième aventure de Nicolas Le Floch, notre cher commissaire au Châtelet, et c’est un plaisir renouvelé. A chaque sortie, depuis les années que je dévore chacun de ses livres, je lis avec beaucoup de délectation les enquêtes dans ce Paris du 18ème siècle qu’imagine Jean-François Parot (qui est ambassadeur en Guinée-Bissau). Nous retrouvons tous les personnages des romans précédents, et surtout les descriptions toujours aussi authentiques et exotiques du Paname d’il y a deux cents ans en quelques. Là nous sommes en 1775, et c’est bientôt le sacre de Louis XVI.

C’est une période très difficile pour le peuple qui souffre énormément de disette, et qui est la proie des spéculateurs, et d’un prix du pain toujours en hausse. C’est dans ce cadre que Nicolas Le Floch, à présent officiellement Marquis de Ranreuil, part en Autriche pour remettre un présent à la mère de Marie-Antoinette. Au retour, il doit mener une délicate enquête sur l’assassinat d’un boulanger un peu louche. Rapidement, on se rend compte que les affaires sont liées, et que ce fait-divers met en exergue des troubles bien plus importants dans le royaume.

Lire ce sixième épisode de cette saga, c’est vraiment reprendre contact avec de vieux amis (une fois par an, en gros), et il faut savoir que dès que je passe sur le nom de ces personnages secondaires, je suis incroyablement ému (oui les livres, comme les films, me font un effet boeuf). Et comme Jean-François Parot se plait à nous raconter une histoire globale autant qu’un polar historique, on suit aussi les turpitudes familiales et sentimentales du commissaire Le Floch. Notamment dans l’éducation de son fils Louis, ou bien ses relations avec sa maîtresse, et ses amis, le chirurgien Semacgus, l’inspecteur Boudeau, le bourreau Sanson, l’ancien procureur Noblecourt et même ses mouches (indics), sa cuisinière Catherine ou sa chatte et le chien de la maison, tous sont de la partie !

Comme d’habitude aussi dans cette série de roman, l’auteur donne la part belle aux recettes de cuisine de l’époque, et nous fait saliver par des descriptions savoureuses. J’y ai surtout de nouveau adoré son style et son parler du 18ème qui sont à la fois très authentiques dans les tournures, les expressions et le vocabulaire (je ne crois pas que Jean-François Parot fasse d’anachronisme) mais reste très actuel dans le ton, le rythme et l’aspect « policier ». En outre, le livre est truffé de références historiques réelles et avérées, autant pour les personnages que pour la situation sociale ou politique de l’époque.

Mais tout de même, le petit bémol de cette histoire c’est que j’avais trop tôt deviné qui était le fourbe… C’est la première fois d’ailleurs que ça m’arrive à ce point, et comme je ne suis pas du genre perspicace pour cela, je pense que l’auteur n’a pas été des plus finauds. De même, et là c’est un reproche assez général pour la série, l’écrivain met en place des intrigues multiples, et qui deviennent à la fin tellement complexes et nombreuses, qu’on ne suit pas toujours le dénouement dans toute sa logique et évidence. De même, il y a tellement de variables qui se mettent en place, et de gens impliqués, et de chausse-trappes dans tous les sens, que la crédibilité de l’enquête en prend toujours un petit coup. En effet, Jean-François Parot a un talent manifeste pour raconter ses histoires avec brio, mais on a souvent l’impression qu’il termine un peu rapidement lorsqu’il a trop développé ses intrigues (et qu’il nous a un peu perdu en route). Mais voilà, disons que ce sont des axes d’amélioration pour une série à l’excellence qui ne se dément pas. D’ailleurs, j’ai hâte que le suivant sorte en 10/18 !

Le sang des farines - Jean-François Parot

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Le Crime de l'hôtel Saint-Florentin

Publié le Jeudi 7 Juillet 2005 - 14:22
Catégorie: Boukinage

J’ai attendu quelques mois pour la sortie en 10/18 du dernier opus de Jean-François Parot des aventures de Nicolas Le Floch, mon petit commissaire au Châtelet dont je me régale des enquêtes. Il s’agit du cinquième ouvrage avec ce même héros et son univers du Paris du 18ème siècle, et cela fait une quinzaine d’année que Nicolas a débarqué de sa Bretagne natale pour devenir magistrat, et peu à peu conquérir une certaine estime de ses monarques (Louis XV pendant les 4 bouquins, et maintenant Louis XVI).

J’ai reçu récemment un commentaire plutôt négatif sur une critique élogieuse du quatrième bouquin de Parot. Je n’écrivais pas encore mon blog à l’époque où j’ai lu les autres, mais j’aurais écrit à chaque fois de bonnes choses. Néanmoins, les reproches de ce commentateur sont assez fondés.

En effet, je reprochais à Parot, malgré la qualité globale de l’ouvrage, de ne pas assez fondre l’intrigue et les anecdotes historiques (qui montraient trop son envie d’évoquer le Paris du 18e mais sans réel intérêt sinon la démonstration de sa science), de ne pas toujours bien boucler ses histoires (les conclusions tombant un peu comme un cheveu sur la soupe) et d’insister un peu trop et trop précisément sur les recettes de cuisine (avec moult détails sur les ingrédients, la cuisson etc.).

Mais là où je ne suis vraiment pas d’accord avec les remontrances du même commentateur, c’est la manière dont il descend l’auteur en flamme. En effet, malgré ces maladresses, les bouquins sont écrits à l’aide d’une plume d’une virtuosité et d’une érudition extraordinaires. Cet écrivain manie la langue française et le style du 18e siècle avec un talent incroyable et d’une absolue délectation pour moi. Outre cela, la mise en place des événements, autant dans le contexte historique, la mise en situation de personnages réels, les détails sociaux, géographiques et culturels de Paris, démontre la maîtrise de Parot, et donne un crédit inattendu à de tels romans policiers historiques. Donc pas de pédanterie pour moi, mais plutôt un foisonnement d’anecdotes et de doctes informations qui régalent ma curiosité.

Or, le fait majeur de ce nouvel épisode de Nicolas Le Floch réside pour moi dans une amélioration notable de ces petites maladresses. Je pense que l’auteur affûte de plus en plus son style et son métier de romancier, et qu’il a certainement du entendre certaines critiques. En tout cas, j’ai adoré ce bouquin, et c’est certainement le meilleur de la série. Evidemment, Nicolas Le Floch est toujours aussi gastronome, et l’auteur parle encore de cuisine mais avec moins d’insistance et de détails, c’est plus fin. L’histoire aussi est beaucoup plus aboutie et fouillée, avec moins de personnages et une évolution dans l’intrigue plus agathachristiesque ou bien sherlockholmesque ! Faux-semblants et complots internationaux, crimes crapuleux et crimes politiques, sévices sexuels et hommes protégés par de hautes instances…

Nicolas Le Floch est plus ou moins mis à l’index depuis l’avènement de M. Le Noir au poste de Sartine. Mais le Duc de La Vrillière en personne, ministre du roi, fait appel aux services du commissaire afin de savoir qui a assassiné une de ses femmes de chambre dans son hôtel de Saint-Florentin. C’est alors que Nicolas met le pied dans une histoire bien plus complexe où il se retrouve de nouveau à servir directement le roi. D’autres crimes surviennent et compliquent encore l’affaire.

On retrouve tous les personnages secondaires qui me sont à présent bien familiers : Monsieur de Noblecourt, l’inspecteur Bourdeau, Catherine, le fils de Nicolas aussi qui a grandi, La Satin, Semacgus le chirurgien de marine, Sartine et sa folie des perruques etc. Les anecdotes historiques fleurissent à chaque page et c’est encore un vrai régal pour qui est un peu curieux de cette époque. L’auteur est aussi un peu moins candide qu’à son habitude dans ses personnages qui étaient un peu trop « gentils-parfaits » pour l’époque. Et notamment, la visite de l’hôpital de Bicêtre qui est difficilement soutenable avec sa « spécialité » des maladies vénériennes (et les traitements de l’époque) et des lieux d’internement d’aliénés ou de gens considérés comme tels par des parents (et qui le deviennent à fréquenter l’endroit).

Encore une fois, donc, un livre dans lequel je me suis plongé avec un vrai plaisir. L’univers qu’il décrit parait si proche (Nicolas habite le quartier Montorgueil !) et si lointain (que de bouleversement en quelques deux siècles) que cela en donne le vertige. On expérimente avec bonheur le charme désuet de ce 18e siècle qui augure bien des « revolutions » à venir.

Le crime de l'hôtel Saint-Florentin - Jean-François Parot

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L'affaire Nicolas Le Floch

Publié le Jeudi 4 Mars 2004 - 20:03
Catégorie: Boukinage

Décidément, je suis un véritable fan de cette série de Jean-François Parot. Nicolas Le Floch est ce commissaire du Châtelet du temps de Louis XV, à qui il arrive toujours des histoires incroyables. Un peu comme Jessica Fletcher à Cabot Cove, mais en plus « 1776 ».

C’est le quatrième de la série, et c’est rare mais ces aventures vont même en se bonifiant je trouve. En cette funeste année, Nicolas est de tous les malheurs, non seulement on vient d’assassiner sa maîtresse mais Louis XV est sur le point de succomber, et on ne sait jamais ce que peut réserver aux gentilshommes l’accession au trône d’un nouveau souverain.

Il nous entraîne encore dans une intrigue policière des plus emberlificotées, avec un récit toujours aussi riche de ce langage du 18ème, de ces personnages historiques que Le Floch croise et qui font résonner mes cours d’histoire de collège. Et puis, il arpente les rues et boulevard d’un Paris qui, à la fois nous apparaît inchangé, et la page d’après un endroit complètement différent, c’est une sensation (de lecteur parisien) vraiment grisante. Et cette fois-ci, l’auteur envoie Nicolas en Angleterre et évidemment lui fait rencontrer la ou le mystérieux Chevalier D’Eon.

Les intrigues policières s’enrichissent de plus en plus au fur et à mesure des bouquins, et on finit par en savoir plus sur la ribambelle de personnages secondaires, et surtout sur la vie privée de Nicolas. J’aime bien ce phénomène lié aux séries littéraires, un peu comme dans les séries télévisées, on a plaisir à retrouver les travers et attitudes de certains protagonistes, comme si on pouvait , à l’avance, devenir leurs actes parce qu’on les connaît bien.

En tout cas, le bonhomme qui écrit cela est incroyablement documenté, et surtout a un talent particulier pour écrire avec un style qui nous plonge complètement dans la France d’il y a deux cents et quelques années. Je suis vraiment conquis !

Jean Francois Parot - l affaire Nicolas Le Floch