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It gets better mais plus pour Jamey

Publié le Lundi 26 Septembre 2011 - 22:49
Catégorie: Linkage, Matooyage

Tout a commencé par ce touite la semaine dernière qui m’a intrigué.

@debrouckere un ado de 14 ans

Et en cherchant un peu, j’ai trouvé un article qui racontait cette histoire terrible.

It gets better mais pas pour lui. :'( - Did bullying push teen to suicide? http://t.co/pYMe8Wj4

J’ai été bouleversé parce que Jamey Rodemeyer s’est suicidé à l’âge de 14 ans, et sans doute parce qu’il était gay et qu’il subissait d’insupportables brimades à l’école. C’est encore renforcé par le fait qu’il avait lui-même eu le courage extraordinaire de réaliser une vidéo “it gets better” pour évoquer son cas et tenter de redonner courage à d’autres ados comme lui. Quelques mois plus tard, il a finalement renoncé et s’est tué. Avoir la possibilité de voir cette vidéo et de contempler ce bout de petit mec qui admet ses souffrances et les combat de plus belle, qui dans l’adversité fait cela pour potentiellement aider d’autres gens qui pourraient en avoir besoin, change encore la donne. On le voit, on l’écoute, on est témoin, et il est encore plus choquant et troublant de constater qu’un tel drame puisse encore arriver de nos jours.

Son dernier touite évoquait son suicide et un remerciement à Lady Gaga pour tout ce qu’elle avait pu lui apporter. Ce n’est pas anodin, et la vidéo de Jamey est assez éloquente quant à l’importance que la chanteuse a eu dans son émancipation et le fait que it was getting better. Je suis un grand supporter de Lady Gaga pour cela, pour son soutien inconditionnel pour les pédés et son leitmotiv de “little monsters”. La chanteuse a d’ailleurs fait un hommage à Jamey lors d’un récent concert.

Les parents de Jamey ont aussi témoigné chez Anderson Cooper sur CNN. On peut lire leur douleur et leur tristesse évidemment, et ils expliquent qu’ils étaient au courant des problèmes que leur fils rencontrait à l’école, et il qu’il voyait même un conseiller pour cela. C’est plus tard que j’ai réfléchis à cette étrange manière de raconter les choses… C’est Jamey qui avait des problèmes à l’école, et c’est lui qui devait encore voir un professionnel pour se faire aider. Cela paraît dingue non ? Ce garçon n’avait pas de problèmes, mais les gens qui l’insultaient à longueur de journée oui ! Les parents évoquaient aussi les soucis de leur fils sur les réseaux sociaux en incriminant plus le web qu’autre chose. Encore une fois, ce n’était ni un problème d’internet ou de ce jeune garçon, mais bien de gros cons qui ont sévit et ont aujourd’hui son sang sur les mains.

Je voulais reparler du mouvement It gets better, et de la manière dont j’avais vécu gamin ces années de brimades et ces envies de disparaître, et en cherchant un brin, j’ai trouvé déjà pas mal de moments où j’avais évoqué plus ou moins clairement cela. J’ai surtout été étonné de constater comme ce champs lexical du “it gets better” était déjà tellement dans de vieux articles. Cela fait un an que j’ai découvert ces vidéos, et lorsque j’en ai parlé pour la première fois, j’ai aussi évoqué mes propres démons, et leur lent exorcisme. En 2006, je suis plus précis, et j’ai toujours cette approche ambivalente qui consiste à trouver cette période à la fois très dure et en même temps un parcours initiatique enrichissant… si on en réchappe.

J’ai pardonné à mon frère quand j’ai compris que ses brimades étaient aussi des choses qui avaient concourues à faire celui que j’étais aujourd’hui, et que finalement celui-ci me plaisait bien. De même pour mon éducation, l’homophobie à l’école ou pour tous les défauts qu’on trouve toujours aux autres, notre vie dépend d’abord de notre propre arbitre, et nous sommes en fin de compte maîtres de nos décisions et actes. C’est aussi en ayant vécu des années noires et mornes, que j’ai saisi avec encore plus de bonheur et d’acuité la libération de ce fardeau. Bref, il faut souffrir pour être heureux, ou du moins, il faut avoir souffert pour comprendre ce qu’être heureux peut signifier.

Le problème c’est que sur le chemin de la vie, des personnes ne résistent pas à ces épreuves, et en gardent des séquelles handicapantes, voire abandonnent en route. Des jeunes gens se suicident, encore aujourd’hui, parce qu’ils sont gays, et d’autres ne résistent pas à l’éducation qu’ils reçoivent. Je me souviens bien, et mes carnets en sont noircis, de la détresse de l’adolescence et de ce manque d’espoir en son avenir, de la douloureuse incertitude quant à la possibilité de sortir un jour la tête hors de l’eau. Mais ceux qui n’ont « rien » traversé sont parfois les personnes qui ont le plus de mal à profiter de leur bonheur. Evidemment je ne dis pas que la condition pour être heureux est d’avoir été élevé par les Thénardier, et de s’appeler Cosette ou Fantine. Chacun vit ses épreuves, et celles-ci sont ressenties parfois aussi douloureuses même si très différentes. L’exemple du film « The secret life of words » est bien probant sur le sujet, et il devient vite malsain et déplacé de faire des comparaisons de « j’ai souffert dans ma vie ».

J’ai souvent constaté que les personnes qui avaient eu des difficultés étaient les plus armées pour s’en sortir dans la vie, mais aussi celles qui finalement en profitaient le plus (entre deux névroses).

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Cela fait des années que je suis agacé par les nouvelles générations de pédé qui nient l’importance du militantisme, ignorent même l’origine de leur émancipation, et commencent à instaurer une nouvelle ségrégation dans la communauté gay. Je le serine toujours et encore mais la follophobie ambiante me rend hors de moi, et en 2005 je profitai d’un article sur la Gay Pride pour bien expliquer ce que je vivais, et sans ambage les petites hontes qui me rongent (toujours). J’ai été comme Jamey au même âge, certainement aussi efféminé et autant sans ami mais avec beaucoup d’amies (c’est d’ailleurs pourquoi j’aime encore aujourd’hui tant les femmes, elles ne m’ont jamais lâché), mais j’ai survécu. Et même comme cela, ce n’est pas aujourd’hui une sinécure, même si “tout va bien“, “ça va s’arranger” et “tout va aller de mieux en mieux“, ce qui suit est encore parfaitement actuel.

Alors je voudrais simplement dire qu’aujourd’hui, on me traite encore de pédé dans la rue (et sans mon ticheurte d’hier). Simplement parce que je n’arrive pas à le cacher, mais oui c’est écrit sur ma tronche et dans mes gestes, et dans mes intonations, je suis pédé. Et vous voyez ce que j’ose dire moi-même ? « je n’arrive pas à le cacher ». Oh putain, je l’avoue en plus. J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. Avec mon copain, on ne se donne pas la main dans la rue, même si on en a envie, non, non. C’est trop dangereux selon les quartiers. Il n’y a que dans le ghetto qu’on peut le faire, où l’on est relativement à l’abri des quolibets selon les jours. On ne s’embrasse pas non plus, on ne s’enlace pas non plus. Bah non, trop dangereux. On se ferait frapper par des racailles, insulter, voire vilipender par d’autres si on faisait cela devant des enfants. Bah oui, les pauvres, ça pourrait les choquer les enfants de voir deux hommes se manifester de l’affection. Un enfant, ça le perturberait carrément de voir deux hommes se faire un bisou, ouh là là, ça fouttrait en l’air tous ses fragiles repères de normalité. Faudrait pas qu’il devienne pédé le poupin !! D’ailleurs, les pédés ont du trop voir d’hommes s’emballer quand ils étaient petits.

Et puis pour la majorité des homos en France, c’est le placard. La famille ne supporterait pas. La honte, le déshonneur, la violence même ! Certains ont légitimement peur des réactions homophobes de leurs parents, de leurs proches, de leurs amis. Mes parents sont des gens très ouverts et adorables. Oh oui. Ma mère ne dit pas que je suis pédé, elle a encore honte de moi je pense. Honte de ce que les gens penseraient d’elle, et de l’éducation qu’elle m’a donnée certainement. Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain.

Il ne m’arrive pas une semaine sans avoir peur, sans ressentir la peur d’être découvert et de savoir que si tel est le cas, je risquerais alors ma peau. Littéralement, concrètement, tangiblement.

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Plus loin encore en 2004, je me souviens de ces connards de l’école, de cet univers impitoyable (Dallaaaaas !), et non seulement les choses s’arrangent, mais elles finissent aussi souvent par s’inverser. J’écoute encore aujourd’hui des amis qui témoignent de leur propre attitude de bourreau sans s’en émouvoir plus que cela, ou encore avec cette facilité à expliquer que l’autre avait un problème avec tous les types du coin. Ma famille et mes amis ont carrément oublié, il faut dire qu’à l’époque on se mettait déjà tous la tête dans le sable, c’est plus simple. C’est certainement un truc comme cela qui serait arrivé aussi à Jamey.

Je me souviens bien de ces figures d’antan, ces leaders branchés de l’époque, jeunes mignonnettes ou hobereaux, véritables starlettes des cours de récréation qui régnaient sur leur « cour » avec sévérité et sérieux. Et puis toute cette organisation féodale dotée de toute l’injustice d’un système absolutiste où le bon vouloir du monarque pouvait faire et défaire les privilèges. Mais parfois, on voyait des lignées se défaire, et des dynasties se succéder à partir d’un conquérant plus malin, plus habile ou simplement plus beau que ses prédécesseurs. Alors nous assistions à la grandeur et la chute de ces « grands » qui redevenaient « petits » en quelques jours, et qui souvent étaient mis à l’index. Enfin parfois, j’ai vu des retournements politiques qui pouvaient aussi mener à la sécession ou au schisme pur et simple.

Et je regardais tout cela de mon perchoir, en hallucinant sur ces gens qui n’étaient que le jeu des forces du destin (j’ai écrit ces théories sur une vingtaine de copies doubles, il faut absolument que je scanne ça). Evidemment, ce jugement hautain était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’extraire de ce milieu que je n’aurais jamais pu pénétrer. Je n’étais pas beau, et surtout on m’insultait depuis toujours : pédé ! Ah, souffrance de l’enfance de l’homo si classique. Tellement, que lorsque je raconte cela les gens ne s’en émeuvent même pas. « Ah oui, c’est vrai, je me souviens j’avais aussi dans ma classe, un mec qu’on arrêtait pas de traiter de pédé ! » Il faut raconter ce que j’avais alors dans la tête et le coeur pour que les gens comprennent ce que ça faisait vraiment.

Mais bon, aujourd’hui certes, ça va mieux ! Et je considère que ces épreuves ont aussi permis un certain développement de ma personnalité et de mon caractère, développement que je ne renie pas du tout. Alors que ces anciens leaders sont parfois de pauvres mecs et nanas qui ne comprennent rien à la vie, qui ont échoué dans leurs études car ils n’en avaient pas « besoin », qui sont des beaufs sans intérêt. Et certaines personnes sont simplement sorties de leurs chrysalides.

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Matthew Shepard aussi est mort d’homophobie, alors âgé de dix ans de plus que Jamey, et moi j’en ai encore dix de plus aujourd’hui. L’histoire de Matthew m’avait d’autant plus touché que nous sommes de la même année (il aurait aussi 35 ans cette année), et que c’était une époque moins évidente (1998) pour les homos.

Jamey prouve que le combat n’est pas terminé, même s’il faut en effet marteler et répéter que ça s’arrange, ça va vraiment mieux, ça ira résolument mieux.

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“The Monster Ball Tour” de Lady Gaga à la Halle Tony Garnier de Lyon

Publié le Vendredi 14 Janvier 2011 - 0:55
Catégorie: Concertage

Après avoir manqué le coche pour acheter des places parisiennes, je me suis dit qu’on pouvait aussi retourner sur Lyon, vu qu’on avait eu une excellente expérience la dernière fois. Malgré la peur de la neige (qui était omniprésente dans la ville en effet) et la grande difficulté de trouver un hôtel à Lyon cette semaine là, nous y sommes arrivés !! Et ce concert de Lady Gaga fut un tel moment de bonheur festif que pour rien au monde j’aurais manqué cela. Oh là là, ce que je suis content d’avoir fait tous ces kilomètres juste pour cela, car ça valait vraiment le coup.

Je ne suis pas un immense fan, mais j’aime bien Lady Gaga, un peu “comme tout le monde” je pense. Ce concert montre l’incroyable parcours de la chanteuse ces deux dernières années, d’une presque inconnue à une célébrité mondiale incontournable. Et la voilà qui nous fait une tournée dont Madonna même n’aurait pas à rougir, et surtout quelle bête de scène, quelle chanteuse, quelle meneuse de revue… Hallucinant. Elle chante décidément terriblement bien, juste et avec toutes ses tripes, de temps en temps à s’en faire péter les cordes vocales. Même si le show est millimétré, elle est en constante interaction avec le public, et elle veut que les gens se lèvent, chantent et dansent avec elle.

Nous n’étions pas très bien placé, bien en face mais loin sur des gradins, et un moment on a cru qu’on allait perdre l’effet de proximité et regarder le concert comme devant une télé… Mais voilà qu’après 5 minutes, elle se met à gueuler et demander que tout le monde se lève dans la salle. Et comme par miracle, voilà que toute la Halle Tony Garnier (et les 13 000 folles qui la composaient) se lève comme un seul homme et commence à remuer ses popotins et à entonner la chanson. Et là, le mot d’ordre lancé, la fête pouvait commencer ! Les gens étaient tout le temps debout, et ça remuait, ça s’amusait, et on a passé un moment génial.

Le Monster Ball c’est Lady Gaga qui se rend à ce bal avec ses amis, tous plus freaks qu’elle, et on suit ses pérégrinations en voiture, en bus et en métro. C’est totalement nawak et déjanté, avec des danseurs très doués, des costumes évidemment superbes, et déjà de très beaux Deus ex machina pour une première tournée de cette ampleur. Ce spectacle c’était le Mystérieux Voyage de Marie-Rose sous ecsta !!!!!!!!!!

Et puis Lady Gaga, je m’en étais déjà ému ici, elle me plait par son engagement clair et manifeste pour les pédés. Elle ne le dit pas à demi-mot ou en essayant de jouer sur tous les tableaux, non, non, elle annonce directement la couleur et elle le martèle pendant deux heures. Elle salue ses fans gay, les congratule, les remercie, les apostrophe, les loue… Elle en fait même des caisses, incarnant la déesse des FAP à elle seule !! Alors ça évidemment, vous imaginez bien que ça me parle. Hé hé. En outre, elle évoque surtout ses “little monsters” que nous sommes, et elle parle du fait qu’elle se sentait aussi seule, moche et “bullied” à l’école, et qu’elle prend maintenant sa revanche grâce à nous. Même si c’est du show et que je ne suis pas dupe, j’ai envie de la croire, et je comprends que les ados de tout poil craquent pour elle.

Alors évidemment ça reste de la pop pas très évoluée et avant tout faite pour battre le dancefloor en rythme, mais Lady Gaga lui apporte sans conteste ses lettres de noblesse.

"The Monster Ball Tour" de Lady Gaga à la Halle Tony Garnier de Lyon

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Une vraie pub gayfriendly par McDo (sic)

Publié le Vendredi 4 Juin 2010 - 0:59
Catégorie: Matage, Outside, Télévisage

Quand j’ai entendu parler de ça il y a quelques temps, j’ai soupiré en me disant ça allait encore être une catastrophe de clichés ou de métaphores si subliminales qu’elles ne servent à rien d’autre. Car un bon objectif de publicitaire serait justement de cibler uniquement les pédés, tout étant certain que les hétéros n’y verront que du feu. Cela a bien fonctionné avec cette pub indéniablement cryptogay qui avait réussi à faire dire à France Soir à l’époque que ces deux garçons étaient “plus que des amis”.

Voilà donc ce que l’on a fait de plus gayfriendly depuis 2004… Pfff. J’avais dans le même post, où j’évoquais cette saga publicitaire, parlé de la campagne que ma copine Ana avait pondue : la campagne Monsieur Propre de 2005. Un vrai coming-out pour Monsieur Propre !! Mais là encore, elle m’avait avoué que toutes les bonnes idées sur les thèmes du PACS ou de la Gay Pride étaient tout bonnement tombés à la trappe. Et depuis, je ne vois pas bien ce que l’on a eu… à part un 4×3 avec deux mecs dans une bagnole, rien de transcendant.

Et voilà que McDonald’s, Grand Empire InterGalactique de la Malbouffe, surfe sur sa campagne du “Venez comme vous êtes” avec quelques spots qui sont un chouïa plus couillus. Le “Venez comme vous êtes” était un slogan qui mettait en exergue le cosmopolitisme et la grande diversité des clientèles McDo, en insistant sur le fait que tout le monde est le bienvenu “comme il est”. On voyait des gens habillés très différemment, reflétant des couches sociales et culturelles variées… Mais là, McDo a pondu ce spot qui met un étonnant coup de projecteur sur les homos :

Apparemment, cela fait même du buzz aux USA, où on estime que cette publicité ne pourrait pas du tout passer dans ce pays en raison des lobbies chrétiens très puissants dans certains Etats. J’ai vraiment été épaté par cette pub, et quand je la reregarde, je ne reviens pas de tous les écueils qui ont été évités, avec un sujet des plus casse-gueules. Mais il faut se rendre à l’évidence, ce spot est génial. L’histoire est autant adorable que surprenante, avec une pincée d’humour, beaucoup de dérision dans cette relation père-fils, avec une bonne chute, au final une belle ode à la tolérance, et pas vraiment de cliché. C’est à se demander comment ils ont réussi un truc pareil. D’autant plus que le jeune garçon fait tout jeune lycéen, et qu’on sait la difficulté de ces jeunes à s’assumer dans leur milieu scolaire.

Cette courte vidéo dispose d’une excellente narration, est bien jouée, et en quelques secondes nous montre un vrai court-métrage, avec une intrigue et une conclusion. Le tout souligne le slogan de cette entreprise en allant sur un terrain un peu plus miné, puisque non seulement on peut venir comme “on est”, et même si on est homosexuel. Mazette, quelle avancée sociale !!! Hu hu. Cette publicité est une belle réussite pour la marque en tout cas, qui prend un certain risque, mais qui dans son audace choisit une si mignonette histoire qu’il n’y a vraiment rien à craindre. Mais pour nous autres tapettes militantes, j’aime bien cette approche qui peut être aussi vue comme un beau pas en avant en évoquant l’homosexualité via un banal jeune garçon (réciproquement) amoureux d’un camarade de sa classe. Enfin un truc pas inquiétant, juste un petit coup de fil qui donne un œcuménique sourire à quiconque, et ces regards de l’enfant à son père qui ne comprend rien quand il se désole du fait qu’il n’y a que des garçons dans sa classe, et qu’il aurait pu faire des ravages comme lui avec les filles à son époque. Huhuhu.

Pub - McDo - gay friendly

Pub - McDo - gay friendly

Pub - McDo - gay friendly

On imagine tout de suite les belles parodies qu’on pourrait faire à partir d’une si innocente réclame, gnark gnark gnark.

Cette pub arrive en tout cas dans une ambiance assez spéciale quant à la perception de l’homosexualité dans notre société. J’avoue que je ne suis pas toujours certain de la position à adopter. J’avais par exemple plutôt bien réagi à cette parodie qui scandait un “Ça c’est vraiment PD !” parce que ça me paraissait une moquerie plutôt sympathique des travers et clichés gay. Mais quand ça mène à un mini mème qui consiste à substituer cette expression homophobe à un VDM (Vie de Merde), évidemment c’est une dérive regrettable et terrible à certains égards.

En revanche, la vidéo de “Sexion d’homo” m’a paru être une vraie manifestation d’homophobie, avec des moqueries qui là sont blessantes et réellement l’expression de clichés antédiluviens sans second degré aucun. Pourtant là encore, en en discutant dans les commentaires de Yagg, une personne me disait qu’elle n’y avait vu que du énième degré et que c’était une question de perception. Et c’est tout à fait juste. Mais alors, quand est-ce que l’on sait ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas. Faut-il comme Ruquier s’entourer de toutes les minorités pour réussir à s’en moquer en ayant la garantie que ce n’est que de l’humour. Vaste sujet…

Il n’en reste pas moins que l’on assiste ces derniers temps à une drôle de résurgence d’homophobie, je ne sais pas si c’est encore une de ces transitions dont nous sortirons plus “grands”, ou bien si c’est un véritable retournement. Je ne saurais pas citer d’exemples précis, mais c’est plutôt un faisceau de petites choses qui ne me rassurent pas.

En étant plus trivial, la chose la plus rassurante du moment c’est peut-être Lady Gaga et ce que j’en disais à propos de son engagement clair et sans confusion pour les homos. Elle a un tel succès qu’elle aura peut-être une influence non négligeable dans notre combat. Pour filer dans la trivialité, un des derniers épisodes de Glee (ép. 20) est consacré à ce Monstre de Lady Gaga, et il est remarquable à tout point de vue. En effet, le personnage homo Kurt, assez flamboyant, représente pour moi cette ambiance à la fois permissive et ouverte, mais en même temps dangereuse pour les minorités ou les gens en marge. On y voit assez bien ce côté positif de l’acceptation du père, mais aussi les teubés qui finissent par frapper. Et Kurt n’est pas tout blanc non plus dans son rapport à Finn… Bref, ça m’a bien parlé, et je pense que Lady Gaga doit être contente de voir que l’esprit “Little Monsters” a été particulièrement bien illustré dans cet épisode.

[Edit de 17:16] Ah ah, le buzz a atteint les médias américains, et c’est évidemment chez FOX qu’on a droit à un présentateur offusqué qui répond à une consœur pas offusquée du tout. Elle explique calmement que c’est une pub gayfriendly française, et il fulmine en faisant cette jolie comparaison : “Est-ce qu’ils vont avoir aussi une pub Al-Qaeda, venez comme vous êtes etc. ?”.

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LadyGagaïsme

Publié le Mardi 25 Mai 2010 - 16:36
Catégorie: Matage, Outside

[Via J'adore les potins.]

Cette Lady Gaga je l’aime particulièrement pour la manière dont elle assume et revendique ses fans pédés et tout ce qu’elle aime et doit à cette queer culture (je ne crois pas qu’il existe une culture gay dans le sens basique lié à l’orientation sexuelle, mais queer oui !). Même des Madonna, Mylène ou autres stars féminines ou masculines qui sont des icônes depuis des lustres ne le reconnaissent que du bout des lèvres, après 30 ans de carrière et dans des médias spéciaux. Cette fille de 24 balais, qui était inconnue il y a un an, et qui aujourd’hui concentre tant d’affects du monde entier, me fascine par sa folie, son génie créatif et l’impossibilité de la classer. Est-elle une pure fabrication commerciale pop, un olibrius underground, un feu de paille ou la marque d’une révolution musicale et artistique ?

Mais quand on l’entend dire cela :

La culture gay est l’essence même de ce que je suis. Et je me battrai pour les femmes et la communauté gay jusqu’à ma mort.

Eh bien moi ça me touche, et ça a le mérite d’être une assertion claire et sans ambages. En outre, je suis persuadé qu’une artiste aussi populaire que Lady Gaga sera certainement plus efficace pour les gays que n’importe quelle Gay Pride ou activisme associatif. C’est (malheureusement) le pouvoir de la pop et des célébrités influentes aujourd’hui…