Difficile d’évoquer un tel monument de la littérature… Merde c’est Marguerite Yourcenar dont on parle, et de son bouquin le plus célèbre. Heureusement, je suis complètement tombé sous le charme et j’ai adoré ce roman historique.
Il s’agit donc des mémoires d’Hadrien tels que l’empereur romain aurait pu les écrire, et que l’auteure invente sur des bases tout à fait réelles et avérées. On suit donc chronologiquement les épisodes de la vie de ce grand homme de l’antiquité, ses conquêtes, ses turpitudes avec la politique romaine ou bien sa propre famille, ses complots, ses amours et ses passions. Et dans les amours d’Hadrien, il est évidemment le jeune et beau Antinoüs, dont tous les homos connaissent la référence.
Inutile de le préciser, mais je le souligne tout de même, ce bouquin est incroyablement bien écrit. Sa mère, sa race, comme il est bien écrit !!!!! J’ai juste eu un peu peur pendant les cents premières pages, alors qu’il ne s’agissait que de repères philosophiques et d’errances intellectuelles qui m’ont un peu perdu. Mais dès que le récit prend corps, et que l’on découvre le parcours d’Hadrien, tout en continuant à partager ses pensées intimes, alors on est littéralement happé par la lecture.
Je ne peux pas m’empêcher de le comparer avec Julien de Gore Vidal, que j’ai lu il n’y a pas si longtemps. Et c’est drôle car j’ai eu deux réactions ambigües en les comparant inconsciemment. D’un côté, je trouve que Marguerite Yourcenar met un peu trop d’elle-même dans les personnages et dans les jugements de valeur qu’elle peut émettre sur l’époque. On la voit un peu trop transparaître dans les pensées de l’empereur, et c’est parfois surprenant. D’un autre côté, Gore Vidal est très américain dans son écriture, et il fait de Julien un héros Hollywoodien sans aucun remords. Lui se détache au contraire un peu trop des aspects philosophiques de son empereur, et se concentre vraiment sur la trame historique. Yourcenar s’empare de son personnage, et ne fait qu’un avec lui, elle donne certainement par là plus d’ampleur et de pérennité à son oeuvre.
On m’a offert « l’Œuvre au noir » depuis un temps infini, il faut que je m’y mette aussi !







du coup malgres la longueur je me ferais bien une intégrale...





