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Professeurs d'avant

Publié le Mercredi 8 Juillet 2009 - 0:30
Catégorie: Matooyage

Il y a quelques temps, j’ai reçu un message un peu différent des autres sur « Copains d’Avant » :

Je t’envoie un petit mot sur les conseils de Marie-Aude. Je de très bons souvenirs de vous deux. Vous êtes des élèves qui marquent la vie d’une instit. Je me souviens lorsque vous êtes venus dans ma classe pour me montrer le livre que vous aviez écrit de concert A l’époque vous étiez au cm2. Je vois que tu as bien réussi dans la vie active. Félicitation. Tu avais un grand frère. Que devient-il ?
Si tu as le courage, j’aimerais bien avoir de tes nouvelles et, bien sûr, si tu le désires.
En attendant je t’ embrasse malgré ton grand âge !!!!!!!!

Ma copine Marie-Aude, j’en ai déjà parlé quelques fois, c’est la personne que je connais depuis le plus longtemps, ça fait 27 ans qu’on est potes !! Et elle a donc conseillé à notre institutrice de CP, Madame Calais, de me contacter. Je ne vous dis pas le choc émotionnel lorsque j’ai reçu cela. Quelle surprise de constater qu’elle se souvient si bien de nous, et même de mon frère !! Madame Calais qui a 71 ans, et que je n’ai pas vu depuis plus de 25 ans !!! Truc de ouf !

La première fois que je l’ai vue, c’était début 1981, j’étais en dernière année de maternelle, et mon école organisait une sortie à l’école primaire du coin. C’était une première immersion à l’école des grands, et il s’agissait de nous rassurer sur ce monde nouveau et terrifiant. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons été mis dans des classes de CP pour y passer une matinée et comprendre un peu le déroulement d’un cours chez les grands. Mon frangin était en CE1 et déjà chez Madame Calais. M’ayant aperçu, il lui avait dit que j’étais son frère, et naturellement elle m’avait proposé de venir dans sa classe.

Matoo 6 ans Matoo 7 ans

Mon frangin était comme d’habitude, depuis la maternelle et jusqu’au collège, avec son pote Miloud, dont l’institutrice en maternelle avait dit à ma mère : « Ne laissez pas Jérôme traîner avec Miloud Madame B. !!! Je vous jure que c’est un futur chef de bande !! Je vous jure !!! ». Le futur a prouvé qu’elle n’avait pas complètement tort. Mais à cette époque, c’était plutôt marrant. Cette connivence m’a d’ailleurs suivi toute ma scolarité où j’ai bénéficié d’une certaine protection en étant le petit frère du pote d’un caïd. J’étais le « petit B. » et mon frangin le « grand B. ». Madame Calais réussissait à les canaliser et à leur enseigner ce qu’elle voulait. Sacrée instit qui avait une autorité naturelle associée à une gentillesse extraordinaire, et un réel talent de pédagogue.

Je me souviens d’elle avec une acuité dingue, et je me rappelle surtout de tous ces déclics majeurs pour moi, de toutes ces premières fois. Je me souviens des cours de lecture, du comptage en base n avec des cubes (ça m’est revenu lorsqu’en cours d’électronique numérique en IUT, j’ai réalisé que c’était Madame Calais qui m’avait appris le binaire et l’héxadécimal !), de la première longueur sans bouée à la piscine d’Osny, du moment où j’ai compris qu’on pouvait compter jusqu’à l’infini et que je savais comment faire, que j’en maîtrisais parfaitement la technique et le processus (Quel vertige !), le presse-papier pour la fête des pères et des kyrielles d’autres choses.

Je me remémore aussi le chagrin lorsque nous avons quitté sa classe, et déjà les efforts consentis pour nous permettre, à Marie-Aude et moi, d’être dans la même classe en CE1. Comme je le racontais avant, ensuite les instits et profs ne nous ont pas séparé, jusqu’à la fin du collège. Au début, nos parents l’avaient demandé pour notre amitié, les profs avaient trouvé ça positif, et puis ont préféré le faire année après année pour ne pas nous perturber. Avec Marie-Aude, nous avions écrit un roman, d’ailleurs elle l’a toujours et elle l’a extirpé la dernière fois. Ah ahah, c’est presque illisible tellement c’est mal écrit, mais nous trouvions cela géniâââââaal ! Et nous avions eu envie de le montrer à Madame Calais, car c’était LA personne qui nous paraissait mériter qu’on lui soumette. Elle avait été dithyrambique au sujet de notre oeuvre à quatre mains, et cela nous avait rendu extatiques !

Ah là là, on n’oublie jamais nos instits, nos profs de collège ou de lycée. Ce sont des personnes qui ont marqué mon existence, qui m’ont fait avancer dans la vie, qui ont forgé une partie de ce que je suis, et ont contribué à m’émanciper, et à m’ouvrir l’esprit. Grâce au net, ces incursions du passé qui étaient presque impossibles deviennent assez faciles, et sembleront banales aux générations actuelles, mais pour moi c’est simplement magique !!

Exercice de CP

Exercice de CP

Signature Madame Calais - CP

(Oui j’ai gardé mes cahiers du CP, et j’ai aussi encore mon galet presse-papier peint !!)

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Jésus, ça marche !!!

Publié le Mardi 15 Janvier 2008 - 22:52
Catégorie: Matooyage

Cette histoire m’est revenu en lisant ce bouquin. Bah oui forcément de lire un roman pareil, ça fait se poser des questions, même si l’on est aussi athée et anticlérical que je peux l’être. Malgré tout un jour, j’ai cru en Jésus, et je l’ai raconté à mes parents qui ont été marqués. D’ailleurs, ils m’en parlent encore de temps en temps en continuant à rigoler. Ah là là, c’est un peu comme pour Thémis, et en plus les événements sont tout à fait synchrones.

Cette phase mystique a été révélée un jour, je devais avoir 6 ou 7 ans, que nous allions à la piscine avec l’école. Donc en gros, imaginez le Matoo entre ça :

Matoo 6 ans

Et ça :

Matoo 7 ans

Hu hu hu, oui je sais, je sais…

Bref, nous allions à la piscine, et c’était vraiment un calvaire pour moi et ma copine Marie-Aude. Bah ouai et principalement parce que les maîtres-nageurs étaient méchants. Mais alors des vrais méchants pourris affreux puants malfaisants qui nous effrayaient en nous obligeant à lâcher la ligne pour nager seul dans le grand bain. Ah nan mais vraiment, encore aujourd’hui, rien que d’y penser je me rappelle à quel point je n’aimais pas cela, et surtout leur attitude vile et leur propension à ne pas nous mettre en confiance. Tout le monde avait les chocottes, et il fallait nous voir grelottant avec nos petits maillots de bain, attendant à la queue-leu-leu notre tour pour sauter dans l’eau et faire une de ces satanées largeur de bain (Vas-y pas une longueur non plus !).

Mais ce matin-là, ma copine Marie-Aude a proposé un truc. Elle avait peut-être un moyen de conjurer le sort, et de nous sauver de ces succubes marins. Marie-Aude, elle avait des parents super cathos et je l’enviais un peu car elle allait toutes les semaines dessiner et apprendre des super histoires au « katé ». J’ai longtemps dissocié le « katé » et le catéchisme (enfin je ne savais pas ce que c’était quoi), et j’ai aussi longtemps instinctivement pensé que le « katé » s’écrivait comme ça. Quand j’ai dit à mes parents que je voulais aussi aller au « katé », mon père a fulminé (ça va pas non, qui est-ce qui veut t’emmener là bas ??) et ma mère a ironiquement souri (mais non mon chéri, c’est un truc de religion, tu verras plus tard, t’es trop p’tit), je n’ai rien compris.

Dans le bus pour aller à la piscaille, Marie-Aude elle m’a expliqué « Il faut qu’on fasse la prière, la prière à Jésus. Je vais t’apprendre, on va le faire ensemble. Et si t’y crois vraiment, bah ça arrivera. ». Donc elle m’enseigne la prière (Notre Père qui êtes aux cieux et blabla bla), et on se la dit en faisant de beaux signes de croix, et en y croyant dur comme fer, autant qu’on flippait quoi !!

On arrive sur le lieu de nos souffrances, et comme par miracle, ce jour-là ils ont été ADORABLES !! Un truc de ouf. Pas de sacrifice humain ce jour-là, pas de messes noires et d’enfants sacrifiés sur l’autel de ces païens neptuniens ! Ils étaient gentils gentils. Et moi je n’en revenais pas. On arrêtait pas de s’ébahir avec Marie-Aude, en constatant les super-pouvoirs de Jésus. ‘tain les prières à Jésus, niveau résultats c’est pas de la roupie de sansonnet comme dirait ma grand-mère.

En rentrant le soir, j’avais donc une grande nouvelle à annoncer à mes parents, du coup je l’ai dit tout de go : « Papaaaaaa, Maaaaaman !!! Avec Marie-Aude, on avait peur de la piscine alors ce matin dans le bus, on a fait une prière. Marie-Aude, elle m’a montré les paroles et les gestes et on l’a fait. Eh ben, ça marche !!! Jésus, ça marche !!! ».

Là, ils n’ont pas pu s’empêcher de rire (salauds !!!), et ils n’ont pas cherché à me faire abjurer ni à m’expliquer plus que ça les choses. Ils ont du se dire que ça viendrait tout seul. Et finalement, je ne suis pas devenu croyant, et j’ai réalisé que Jésus marchait pas si bien que ça, même quand on y croyait vachement. Mais je dois reconnaître qu’il y a des bouts de philosophie là-dedans qui sont très sympathiques. Comme chez tous les prophètes quoi, y’a à boire et à manger.

Enfin entre ça et ma tante qui est allée témoigner (bourrée) qu’elle avait vu la Vierge dans un bar, bah on est verni dans la famille. Et du coup, parfois mes parents disent en souriant « Ah Mathieu lui, il a la preuve que Jésus ça a marché une fois ! ». Eh bah n’empêche, peut-être bien qu’on était suffisamment innocents avec Marie-Aude pour que ça ait marché une fois. Ah ah, et toc !

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20 ans après

Publié le Mercredi 20 Octobre 2004 - 13:52
Catégorie: Matooyage

Ah ouai c’est chelou ça, mais je commence à bien me rappeler comment c’était y’a vingt ans. 1984, j’avais 7/8 ans, j’étais en CE1 donc, et je me souviens vaguement de ce qu’on écoutait comme musique ou des tubes de l’époque. Il faut dire que j’ai une mémoire assez hors du commun, mais surtout pour les trucs inutiles. Beaucoup de gens ont perdu le souvenir des gens de leur enfance, des sensations et des pensées qu’ils ont pu avoir gamins. Moi j’ai des réminiscences très précises par rapport des anecdotes qui m’ont marquées pour telle ou telle raison. La plupart du temps, ce sont des images anodines et insignifiantes, mais j’ai capturé tout cela avec une acuité qui parfois me surprend.

J’avais déjà évoqué le « souvenir olfactif », mais il y a aussi d’autres choses qui me reviennent en pleine tronche parfois. Cette année 1984, je m’en souviens justement comme la première fois où je me suis vu dans le miroir de la salle de bains. Bin oui, avant j’étais trop petit et je ne pouvais pas me coiffer seul le matin. Et puis un jour, sur la pointe des pieds, j’apercevais juste le haut de mes tifs. Ensuite le front, et un jour comme ça, boum, j’ai vu mes yeux. Du coup, j’ai annoncé à mes parents, que, ça y était, je me voyais dans le miroir. Ils se sont esclaffés de ma naïveté bien sûr, mais ce moment est resté gravé en moi. J’avais eu un déclic, j’avais compris que je grandissais vraiment, que cela se mesurait et que c’était une progression tangible.

J’ai la chance d’avoir grandi dans une ville à côté de Cergy (Osny dans le 95) où ma mère est née, et où mes parents ont côtoyé les « grandes familles » de l’époque. Des familles nombreuses qui sont restées dans cette ville, et dont j’ai connu les enfants. Il n’était ainsi pas rare que ma mère m’apprenne qu’elle était allée à l’école avec la maman d’une copine à moi, et un jour même, qu’elle avait eu comme premier petit copain, le père d’un de mes potes (arf). Plus original, à la première rencontre parents-professeurs de sixième, ma môman s’est rendu compte que ma prof d’anglais n’était autre que sa prof d’anglais de sixième à elle !! J’ai fait toute ma scolarité dans le coin, et j’ai passé en gros une quinzaine d’années d’école avec quasiment les mêmes personnes.

En plus de ma copine Marie-Aude avec qui j’ai exceptionnellement passé dix ans voisin de table dans la même classe (du CP à la troisième), je me souviens de la plupart des noms et prénoms des gens que je vois sur les photos de classe, de la maternelle au lycée. En effet, je peux non seulement suivre ma propre évolution, mais aussi celle de mes copains et copines de l’époque. Et je me remémore aussi nos histoires de mômes, les humiliations et les rejets, mais aussi les crises de rire, les jeux imbéciles, les affabulations que l’on nourrit de sa seule imagination, et toujours certains moments clefs idiots qui prennent une place dingue dans mon disque dur personnel.

Il y a quelques temps, j’avais reçu un message par « Copains d’Avant » d’une fille avec qui j’avais passé pas mal d’années à l’école. Et comme cela arrivait souvent, mon frère lui était simultanément en classe avec sa grande soeur. On se connaissait vraiment bien, et puis comme d’habitude, on s’est « perdu de vue » avec le temps. J’ai retrouvé pas mal de gens avec ce site, et c’est vraiment dingue de voir ce que les gens sont devenus. C’est comme cela qu’on se rend compte que nous venons tous du même endroit, du même moule presque, mais que cela n’a en rien prédéterminé nos destinées (quoique…).

Bref, cette fille, Salima, m’a appelé et m’a demandé si je me souvenais d’elle. Or avec mon habituel aplomb, je lui ai affirmé que je me souvenais même de sa petite salopette avec son petit train rouge dessus sur la photo de CE1. Elle n’avait pas de photo de classe, du coup, je lui ai scanné les photos de deuxième année de maternelle, CE1, CM2 et cinquième où elle est avec moi. Les photos de groupe c’est vraiment génial. Je ne remercierais jamais assez mes parents de les avoir achetées (et je sais que beaucoup ne les prenaient pas à cause de leurs coûts) car même si l’on en voit pas forcément l’intérêt à l’instant t, elles prennent une valeur sentimentale inestimable avec les années.

Hier soir, en scannant cette photographie de l’année 83/84, j’ai pensé : « Merde, ça fait 20 ans ! ». Bien sûr, le jeu (mais c’est facile) c’est de me reconnaître. Et pour les langues de teupu : non, je ne porte pas de robe à fleurs sur la photo ! :hum:

Photo de groupe de CE1

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Quo vadis ?

Publié le Lundi 22 Décembre 2003 - 15:46
Catégorie: Matooyage

Je racontais précédemment que je conservais énormément de souvenirs de mômes, et notamment avec ma copine Marie-Aude. Aaaah Marie-Aude, c’est ma première copine d’école. On s’est rencontré en maternelle, c’est Davy qui nous avait présenté. Le pauvre, il a regretté son acte ensuite, puisqu’elle est devenu mon acolyte exclusif et cela dure depuis maintenant 21 ans. Nous nous sommes retrouvés un peu par hasard en ce premier jour de CP dans la même classe, et naturellement nous nous sommes assis l’un à côté de l’autre. Et il s’est passé la même chose en CE1, CE2, CM1, CM2, 6ème, 5ème, 4ème et 3ème. Au bout d’un moment, nos parents avaient même demandé à ce qu’on soit dans la même classe, et puis les profs eux-mêmes ne voulaient plus nous séparer, craignant de nous déstabiliser. L’avantage de cela fut de façonner une amitié digne des forges d’Héphaïstos, l’inconvénient évident est qu’on est devenu la béquille l’un de l’autre, et qu’on flippait de se séparer. Mais à la fin du collège, on est parti dans des lycées différents, car on ressentait tous les deux le besoin de voler de nos propres ailes.

On passait beaucoup de temps, juste tous les deux à parler, parler et parler en arpentant les abords de la cours de récréation (où de pauvres arbres décharnés tentaient de survivre aux armes de destructions massives que sont la gente infantile). On discutait de tout, et ce qui est dingue, c’est mon souvenir vivace de certaines conversations complètement déphasées pour des gamins de 7 ou 8 ans qui se résumaient en un prophétique « Quo vadis ? ».

En 1985, nous avions 9 ans, nous étions donc en CM1, je me remémore précisément un dialogue lié à une chanson très en vogue à l’époque : « en l’an 2001 » de feu Pierre Bachelet (Ah bon, il est pas mort ?). Le refrain était « quand on aura vingt ans en l’an 2001 » vaguement chanté en canon par des moutards impubères. Après un rapide calcul, nous avions déduit que nous aurions, nous, 25 ans en ce futur incertain. Et cela nous avait plongé dans les hypothèses les plus illusoires et chimériques sur notre devenir. On ne se voyait même pas spécialement comme des supers stars, on s’imaginait dans certains boulots, et puis à vivre dans d’autres pays, et tout cela sans avoir la moindre idée des études qu’on pourrait bien suivre ou des inclinations qu’on pourrait avoir par la suite. J’avais même émis la possibilité qu’on meurt le soir même en sortant de l’école, écrasés par un chauffard, ce qui le cas échéant, aurait sérieusement écourté notre éventuelle destinée.

Mon orgueil légendaire me tendait tout de même à croire mordicus que je ferais quelque chose de ma vie, et surtout que j’aurais quelque chose d’exceptionnel, que je deviendrai « quelqu’un »… Donc quand j’entendais les gens dire « ce qu’il est mature pour son âge… » et je remarquais aussi que les gens qui réussissaient étaient tous beaucoup plus âgés que moi : « un merveilleux jeune écrivain prodige de 26 ans vient de sortir… ». Et aujourd’hui, il faut bien que je me rendre à l’évidence, j’ai 27 ans, je ne suis qu’un quidam parmi une multitude d’autres individus lambda. On ne me dit plus que je suis mature pour mon âge (étant donné que ce n’est plus le cas, c’était seulement de la précocité, et une précocité qui m’a plus handicapé qu’autre chose), et je n’arriverais certainement pas à être cet autre moi que je projette avec mes fantasmes les plus ridicules. Bizarrement, cela ne me dérange pas du tout.

Je pense que je me raccrochais simplement à un futur brillant comme un espoir qui me permettait de tenir le coup. Maintenant que je vais à peu près bien, cela fait quelques années qu’entendre ces gens qui réussissent et qui commencent à avoir des dates de naissance qui commencent par 80 (arggggh), et bien cela ne m’atteint pas spécialement. Je suis plutôt admiratif et fasciné (enfin pas par Elodie qui a gagné la StarAc du haut de ses 21 ans !).

Au fait, cette réminiscence logorrhéique me vient d’une conversation RERienne de ce matin, où deux jeunes filles d’une quinzaine d’années se demandaient si elles envoyaient ou pas leurs candidatures à la StarAc 4, misant que c’était leurs seules chances de faire un truc constructif de leurs vies. Dans le même genre, deux amies institutrices m’ont confirmé la tendance en me confiant que sur les petits papiers de début d’année, les élèves de primaire en majorité mettent en profession souhaitée : « Célèbres » ou « Chanteurs ».