Matthew Shepard et The Laramie Project

Je parcours les quelques liens qui ont retenu mon attention aujourd’hui, dans le registre familier que vous connaissez bien, et je trouve que c’est parfaitement représentatif de la situation actuelle, en tout cas de mon état d’esprit. Je suis ravi de constater que des jeunes homos sont de plus en plus à l’aise dans leurs peaux et leurs baskets. Cette vidéo de ces lesbiennes ironisant sur leur sacrosainte habitude de se coller aux basques lorsqu’elles sont en couple, est absolument désopilante. Je me reconnais bien dans cette génération qui bénéficie d’une grande liberté et à certains égard d’une joviale insouciance qui est essentielle à cette période de la vie. Il y a quatorze ans, je débarquais à Paris, et j’allais connaître aussi l’émancipation la plus salutaire de mon existence.

Mais tout cela n’est valable qu’après le fameux « it gets better« . Avant cela, et ça dure depuis des années et des générations, nous sommes toujours autant la proie de la pire opprobre lorsqu’on est plus jeune. Chaque pédé et goudou a alors pu vivre un véritable calvaire. Ce qui ne me tue pas me rend plus fort, oui c’est bien vrai, mais ce qui tue… tue. On a des exemples de ces gamins qui ont échoué à ces épreuves, et l’ont payé de leur vie… Aujourd’hui c’est Paul qui raconte dans une « lettre à sa mère » les difficultés et souffrances qu’il a dû endurer pendant sa scolarité. Il a dix ans de moins que moi, et je pourrais faire un récit peu ou prou similaire, j’imagine qu’en ce moment même des milliers de gamins souffrent des mêmes maux au collège. It gets better certes, mais il faudra bien qu’on arrive aussi à évoluer à ce moment là de la vie.

Enfin, Joe reposait le doigt sur les émeutes de Stonewall et le fameux 27 juin 1969. Ceux qui me lisent depuis quelques temps connaissent mon attachement à ces événements fondateurs de la lutte LGBT, et de mon militantisme pro-folles.

Une semaine avant la Gay Pride parisienne, et alors que nous militons pour le mariage pour tous, je n’oublie pas que l’homophobie est toujours aussi ancrée dans notre société. J’ai aussi évoqué à maintes reprises mon ressenti à ce sujet, et revenait souvent le cas de Matthew Shepard. J’ai été bouleversé en 1998 lorsque cette nouvelle était parvenue à nos médias (un peu gênés à l’époque d’ailleurs je me rappelle en devant préciser l’homosexualité de la victime) : un jeune homme de 22 ans avait été retrouvé battu à mort, et laissé pour mort, dans un champs au pied d’une barrière de fils barbelés. C’était à Laramie dans le Wyoming, à 7765 km de Paris (à vol d’oiseau). J’avais aussi 22 ans à l’époque, et je sortais autant que je pouvais, découvrant le Gay Paris et ses plaisirs, et réalisant ainsi mon initiation de jeune homo. Le parallèle m’avait troublé, et depuis je pense à lui à chacun de mes anniversaires, en me disant que Matthew avait tellement de choses à vivre…

En 2002, j’ai vu un film « The Laramie Project » qui revenait sur l’histoire du crime de Matthew Shepard. Il s’agit d’une étonnante mosaïque de témoignages des habitants de Laramie, et ainsi on reconstitue toute la narration de l’attaque au procès en passant par la mort de Matthew et l’extrême médiatisation de l’affaire. Car Matthew était vivant lorsqu’il a été retrouvé, et il n’est mort qu’une semaine plus tard à l’hôpital. Le film est basé sur la pièce du même nom, de Moisès Kaufman, et les deux oeuvres sont très proches dans leurs structures et approches (l’auteur de la pièce a aussi réalisé le film). La genèse de tout cela, c’est la troupe de théâtre new-yorkaise de Kaufman, le Tectonic Theatre, qui décide de débarquer à Laramie trois semaines après le meurtre. Ils veulent comprendre.

Ils ont passé ainsi énormément de temps, en tant que comédiens et artistes, à interviewer et collecter des informations sur les habitants, des témoins de l’affaire, des amis des uns et des autres, mais aussi sur les tueurs. Ils ont essayé de comprendre à leur niveau, à leur manière, ce qui s’est passé là. Et ils en ont témoigné avec leurs outils et leur expression : par le théâtre. En 2006, j’ai eu la chance d’assister à une représentation de la pièce « Le Projet Laramie » au Vingtième Théâtre, et j’avais trouvé le procédé assez extraordinaire. En effet, elle consiste, comme pour le film, en un patchwork des interviews qui ont été menées par les comédiens. Toute une partie de la pièce repose sur des comédiens qui jouent donc à la fois les intervieweurs et les habitants de Laramie, exactement comme si l’on était dans un reportage télévisé.

Cette candeur de l’interview du péquin local distille une kyrielle d’information sur l’homophobie, plus ou moins violente, politique ou « ordinaire » des gens de Laramie. Mais cela permet aussi une extraordinaire ouverture sur les événements et leur portée dans le monde. La pièce est aussi intéressante dans le fond que dans la forme, et elle arrive à couvrir l’ensemble des données qui sont forcément manquantes lorsqu’on lit un simple article de presse. Que ce soit via ces interviews, ou bien avec les vénéneux discours de Fred Phelps (le fameux leader du « God hates fags »), ou encore en prenant conscience des tenants et aboutissants (parfois inattendus) de ce crime homophobe, on ressort de là plus touché que jamais par la mort de Matthew. Cette mort cependant a fini par donner aux USA le Matthew Shepard Act et cette oeuvre, qui à son humble niveau, contribue à lutter contre l’homophobie, et nous donne un peu foi en l’avenir.

Si je vous reparle de Matthew Shepard et du Laramie Project, c’est parce que mon chérichou d’amour met en scène et joue dans cette pièce dans une dizaine de jours. Habituellement, je ne fais pas de publicité pour lui, mais là c’est Matthew Shepard, et je pense que ça va vraiment être très bien. Ce ne sera certes pas une comédie à se taper le cul par terre, mais je pense que vous n’en ressortirez pas indifférents.


Le Projet Laramie par Green-paradise

La pièce de joue du 3 au 7 juillet 2012 à Confluences (Métro Philippe-Auguste dans le 20ème arrondissement de Paris). Vous pouvez achetez vos places sur BilletReduc.

Le Projet Laramie par Green Paradise

It gets better mais plus pour Jamey

Tout a commencé par ce touite la semaine dernière qui m’a intrigué.

https://twitter.com/terminalose/status/116060392458956800

Et en cherchant un peu, j’ai trouvé un article qui racontait cette histoire terrible.

J’ai été bouleversé parce que Jamey Rodemeyer s’est suicidé à l’âge de 14 ans, et sans doute parce qu’il était gay et qu’il subissait d’insupportables brimades à l’école. C’est encore renforcé par le fait qu’il avait lui-même eu le courage extraordinaire de réaliser une vidéo « it gets better » pour évoquer son cas et tenter de redonner courage à d’autres ados comme lui. Quelques mois plus tard, il a finalement renoncé et s’est tué. Avoir la possibilité de voir cette vidéo et de contempler ce bout de petit mec qui admet ses souffrances et les combat de plus belle, qui dans l’adversité fait cela pour potentiellement aider d’autres gens qui pourraient en avoir besoin, change encore la donne. On le voit, on l’écoute, on est témoin, et il est encore plus choquant et troublant de constater qu’un tel drame puisse encore arriver de nos jours.

Son dernier touite évoquait son suicide et un remerciement à Lady Gaga pour tout ce qu’elle avait pu lui apporter. Ce n’est pas anodin, et la vidéo de Jamey est assez éloquente quant à l’importance que la chanteuse a eu dans son émancipation et le fait que it was getting better. Je suis un grand supporter de Lady Gaga pour cela, pour son soutien inconditionnel pour les pédés et son leitmotiv de « little monsters ». La chanteuse a d’ailleurs fait un hommage à Jamey lors d’un récent concert.

Les parents de Jamey ont aussi témoigné chez Anderson Cooper sur CNN. On peut lire leur douleur et leur tristesse évidemment, et ils expliquent qu’ils étaient au courant des problèmes que leur fils rencontrait à l’école, et il qu’il voyait même un conseiller pour cela. C’est plus tard que j’ai réfléchis à cette étrange manière de raconter les choses… C’est Jamey qui avait des problèmes à l’école, et c’est lui qui devait encore voir un professionnel pour se faire aider. Cela paraît dingue non ? Ce garçon n’avait pas de problèmes, mais les gens qui l’insultaient à longueur de journée oui ! Les parents évoquaient aussi les soucis de leur fils sur les réseaux sociaux en incriminant plus le web qu’autre chose. Encore une fois, ce n’était ni un problème d’internet ou de ce jeune garçon, mais bien de gros cons qui ont sévit et ont aujourd’hui son sang sur les mains.

Je voulais reparler du mouvement It gets better, et de la manière dont j’avais vécu gamin ces années de brimades et ces envies de disparaître, et en cherchant un brin, j’ai trouvé déjà pas mal de moments où j’avais évoqué plus ou moins clairement cela. J’ai surtout été étonné de constater comme ce champs lexical du « it gets better » était déjà tellement dans de vieux articles. Cela fait un an que j’ai découvert ces vidéos, et lorsque j’en ai parlé pour la première fois, j’ai aussi évoqué mes propres démons, et leur lent exorcisme. En 2006, je suis plus précis, et j’ai toujours cette approche ambivalente qui consiste à trouver cette période à la fois très dure et en même temps un parcours initiatique enrichissant… si on en réchappe.

J’ai pardonné à mon frère quand j’ai compris que ses brimades étaient aussi des choses qui avaient concourues à faire celui que j’étais aujourd’hui, et que finalement celui-ci me plaisait bien. De même pour mon éducation, l’homophobie à l’école ou pour tous les défauts qu’on trouve toujours aux autres, notre vie dépend d’abord de notre propre arbitre, et nous sommes en fin de compte maîtres de nos décisions et actes. C’est aussi en ayant vécu des années noires et mornes, que j’ai saisi avec encore plus de bonheur et d’acuité la libération de ce fardeau. Bref, il faut souffrir pour être heureux, ou du moins, il faut avoir souffert pour comprendre ce qu’être heureux peut signifier.

Le problème c’est que sur le chemin de la vie, des personnes ne résistent pas à ces épreuves, et en gardent des séquelles handicapantes, voire abandonnent en route. Des jeunes gens se suicident, encore aujourd’hui, parce qu’ils sont gays, et d’autres ne résistent pas à l’éducation qu’ils reçoivent. Je me souviens bien, et mes carnets en sont noircis, de la détresse de l’adolescence et de ce manque d’espoir en son avenir, de la douloureuse incertitude quant à la possibilité de sortir un jour la tête hors de l’eau. Mais ceux qui n’ont « rien » traversé sont parfois les personnes qui ont le plus de mal à profiter de leur bonheur. Evidemment je ne dis pas que la condition pour être heureux est d’avoir été élevé par les Thénardier, et de s’appeler Cosette ou Fantine. Chacun vit ses épreuves, et celles-ci sont ressenties parfois aussi douloureuses même si très différentes. L’exemple du film « The secret life of words » est bien probant sur le sujet, et il devient vite malsain et déplacé de faire des comparaisons de « j’ai souffert dans ma vie ».

J’ai souvent constaté que les personnes qui avaient eu des difficultés étaient les plus armées pour s’en sortir dans la vie, mais aussi celles qui finalement en profitaient le plus (entre deux névroses).

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Cela fait des années que je suis agacé par les nouvelles générations de pédé qui nient l’importance du militantisme, ignorent même l’origine de leur émancipation, et commencent à instaurer une nouvelle ségrégation dans la communauté gay. Je le serine toujours et encore mais la follophobie ambiante me rend hors de moi, et en 2005 je profitai d’un article sur la Gay Pride pour bien expliquer ce que je vivais, et sans ambage les petites hontes qui me rongent (toujours). J’ai été comme Jamey au même âge, certainement aussi efféminé et autant sans ami mais avec beaucoup d’amies (c’est d’ailleurs pourquoi j’aime encore aujourd’hui tant les femmes, elles ne m’ont jamais lâché), mais j’ai survécu. Et même comme cela, ce n’est pas aujourd’hui une sinécure, même si « tout va bien« , « ça va s’arranger » et « tout va aller de mieux en mieux« , ce qui suit est encore parfaitement actuel.

Alors je voudrais simplement dire qu’aujourd’hui, on me traite encore de pédé dans la rue (et sans mon ticheurte d’hier). Simplement parce que je n’arrive pas à le cacher, mais oui c’est écrit sur ma tronche et dans mes gestes, et dans mes intonations, je suis pédé. Et vous voyez ce que j’ose dire moi-même ? « je n’arrive pas à le cacher ». Oh putain, je l’avoue en plus. J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. Avec mon copain, on ne se donne pas la main dans la rue, même si on en a envie, non, non. C’est trop dangereux selon les quartiers. Il n’y a que dans le ghetto qu’on peut le faire, où l’on est relativement à l’abri des quolibets selon les jours. On ne s’embrasse pas non plus, on ne s’enlace pas non plus. Bah non, trop dangereux. On se ferait frapper par des racailles, insulter, voire vilipender par d’autres si on faisait cela devant des enfants. Bah oui, les pauvres, ça pourrait les choquer les enfants de voir deux hommes se manifester de l’affection. Un enfant, ça le perturberait carrément de voir deux hommes se faire un bisou, ouh là là, ça fouttrait en l’air tous ses fragiles repères de normalité. Faudrait pas qu’il devienne pédé le poupin !! D’ailleurs, les pédés ont du trop voir d’hommes s’emballer quand ils étaient petits.

Et puis pour la majorité des homos en France, c’est le placard. La famille ne supporterait pas. La honte, le déshonneur, la violence même ! Certains ont légitimement peur des réactions homophobes de leurs parents, de leurs proches, de leurs amis. Mes parents sont des gens très ouverts et adorables. Oh oui. Ma mère ne dit pas que je suis pédé, elle a encore honte de moi je pense. Honte de ce que les gens penseraient d’elle, et de l’éducation qu’elle m’a donnée certainement. Mais donc elle l’omet, elle ne parle de que des choses qui font bien à dire. Et de la copine de mon frère, mais pas de mon copain.

Il ne m’arrive pas une semaine sans avoir peur, sans ressentir la peur d’être découvert et de savoir que si tel est le cas, je risquerais alors ma peau. Littéralement, concrètement, tangiblement.

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Plus loin encore en 2004, je me souviens de ces connards de l’école, de cet univers impitoyable (Dallaaaaas !), et non seulement les choses s’arrangent, mais elles finissent aussi souvent par s’inverser. J’écoute encore aujourd’hui des amis qui témoignent de leur propre attitude de bourreau sans s’en émouvoir plus que cela, ou encore avec cette facilité à expliquer que l’autre avait un problème avec tous les types du coin. Ma famille et mes amis ont carrément oublié, il faut dire qu’à l’époque on se mettait déjà tous la tête dans le sable, c’est plus simple. C’est certainement un truc comme cela qui serait arrivé aussi à Jamey.

Je me souviens bien de ces figures d’antan, ces leaders branchés de l’époque, jeunes mignonnettes ou hobereaux, véritables starlettes des cours de récréation qui régnaient sur leur « cour » avec sévérité et sérieux. Et puis toute cette organisation féodale dotée de toute l’injustice d’un système absolutiste où le bon vouloir du monarque pouvait faire et défaire les privilèges. Mais parfois, on voyait des lignées se défaire, et des dynasties se succéder à partir d’un conquérant plus malin, plus habile ou simplement plus beau que ses prédécesseurs. Alors nous assistions à la grandeur et la chute de ces « grands » qui redevenaient « petits » en quelques jours, et qui souvent étaient mis à l’index. Enfin parfois, j’ai vu des retournements politiques qui pouvaient aussi mener à la sécession ou au schisme pur et simple.

Et je regardais tout cela de mon perchoir, en hallucinant sur ces gens qui n’étaient que le jeu des forces du destin (j’ai écrit ces théories sur une vingtaine de copies doubles, il faut absolument que je scanne ça). Evidemment, ce jugement hautain était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’extraire de ce milieu que je n’aurais jamais pu pénétrer. Je n’étais pas beau, et surtout on m’insultait depuis toujours : pédé ! Ah, souffrance de l’enfance de l’homo si classique. Tellement, que lorsque je raconte cela les gens ne s’en émeuvent même pas. « Ah oui, c’est vrai, je me souviens j’avais aussi dans ma classe, un mec qu’on arrêtait pas de traiter de pédé ! » Il faut raconter ce que j’avais alors dans la tête et le coeur pour que les gens comprennent ce que ça faisait vraiment.

Mais bon, aujourd’hui certes, ça va mieux ! Et je considère que ces épreuves ont aussi permis un certain développement de ma personnalité et de mon caractère, développement que je ne renie pas du tout. Alors que ces anciens leaders sont parfois de pauvres mecs et nanas qui ne comprennent rien à la vie, qui ont échoué dans leurs études car ils n’en avaient pas « besoin », qui sont des beaufs sans intérêt. Et certaines personnes sont simplement sorties de leurs chrysalides.

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Matthew Shepard aussi est mort d’homophobie, alors âgé de dix ans de plus que Jamey, et moi j’en ai encore dix de plus aujourd’hui. L’histoire de Matthew m’avait d’autant plus touché que nous sommes de la même année (il aurait aussi 35 ans cette année), et que c’était une époque moins évidente (1998) pour les homos.

Jamey prouve que le combat n’est pas terminé, même s’il faut en effet marteler et répéter que ça s’arrange, ça va vraiment mieux, ça ira résolument mieux.

Erase hate

[Via Têtu] Les USA viennent de voter une loi spéciale concernant les crimes de haine, et c’est le Matthew Shepard Act, donc directement inspiré par la mort de Matthew, et le combat de dix ans de sa mère. Une parlementaire républicaine explique que tout cela est un peu gonflé étant donné que Matthew Shepard n’a pas été attaqué à cause de son homosexualité, que tout cela n’est qu’un « hoax » utilisé commme une « excuse », et qu’il ne s’agit que d’un « very unfortunate incident ». A voir (et à vomir).

Matthew Shepard est mort, il y a dix ans

Il y a quelques jours j’ai écrit un post à propos de ce funeste anniversaire, et surtout parce que déjà à l’époque, j’avais été marqué par ce temps si long que Matthew avait passé entre la vie et la mort. Il a été tabassé pendant des heures, puis laissé pour mort pendant 18 heures accroché à une barrière d’un champs comme une charogne. Et ensuite, il a passé cinq jours à l’hôpital avant d’expirer, le 12 octobre 1998.

Le 8 octobre 1998, je me souviens que c’était la toute première soirée « Oh là là ! » au Scorpion avec Sophie Darel (eh oui…). J’y étais avec des amis, et nous ne nous doutions pas que c’était le début d’une grande saga, et que cela allait démarrer le « revival 80 » dont nous vivons encore les séquelles. Quelques jours plus tard, j’avais entendu parler de Matthew sur OOups.net, pas avant je crois. En tout cas, je n’ai aucun souvenir d’échos dans la presse nationale ou à la télévision. Je pense que XIII pourrait nous éclairer sur le sujet, car c’est de lui que je tenais du coup ces infos à l’époque, et notamment du site web qu’il avait créé et qui reste une référence francophone en la matière.

Comme je le disais, cela m’avait beaucoup touché car nous avions le même âge et le même prénom, et cela faisait tout juste 6 mois que j’habitais sur Paris, que je commençais à bosser en alternance, bref que je vivais ma vie. Il y a dix ans, du gay bashing dans les rues parisiennes, ça existait (ça existe toujours d’ailleurs) et je me rappelle fort bien des échauffourées à la sortie du Scorp ou du Pulp. Et puis en ces temps immémoriaux, le web en était à ses balbutiements, même si les gays ont aussi été en avance dans ce domaine, et du coup l’information circulait avec moins de fluidité et d’immédiateté qu’aujourd’hui.

Voilà quelques rappels de faits qui viennent d’être publié en vidéo par MSNBC, et qui méritent le coup d’oeil.

Voir l’ensemble des vidéos de ce sujet.

[Via Franc Belge]

Le crime de Matthew Shepard a été jugé il y a quelques années, et les deux meurtriers sont en prison à vie. Mais l’orientation sexuelle de Matthew n’a pas été retenue comme critère aggravant dans la condamnation des deux jeunes hommes. Matthew et ses deux tortionnaires : Aaron McKinney et Russel Henderson, avaient tout trois 21 ans à l’époque. Au tout début des faits, en 1998, on avait retenu que les deux meurtriers, se faisant passé pour gays, avaient attiré Matthew dans leur voiture après une soirée dans un bar. Ensuite, ils ont essayé de lui voler son argent, et finalement ils l’ont battu à mort parce qu’il était gay.

Et puis, les années passant, lorsqu’on regarde d’un peu plus près l’histoire, on se rend compte que c’est un peu plus complexe que cela. Et le fait que Matthew Shepard soit devenu une telle icône n’aide pas à prendre plus de distance. En outre, il est impossible de croire sur parole les meurtriers ou les témoins, donc on ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire.

En fait, ce qu’on a pu apprendre à droite et à gauche, c’est que les deux meurtriers étaient bien accrocs (et dealers) à la méthamphétamine, et cherchaient de l’argent pour s’en procurer. Selon eux, ils étaient défoncés depuis une semaine lorsqu’ils ont attaqué Matthew. Mais selon d’autres (notamment une des petites-amies), ils auraient choisi Matthew parce qu’il était gay et que c’était une cible facile. Il y a vraiment un gros flou sur les motifs réels du piège, ou du moins même si on sait que le mobile était clairement de voler, on peut raisonnablement penser que l’acharnement et le crime ont été catalysé par la « haine ». Là où ça se complique, c’est que Matthew était loin d’être dans une situation simple. En effet, il vivait une grosse dépression, et venait d’apprendre sa séropositivité, on peut aussi se demander si lui-même n’était pas impliqué dans des histoires de drogue (mais comme on peut tous l’être, en tout cas moi carrément au vu de mes fréquentations). De même, certaines personnes affirment que Matthew connaissait McKinney, ou même que ce dernier était bisexuel. Du coup, de McKinney qui dit qu’il a mal réagi à une provocation de Matthew (qui lui a mis la main sur la jambe), et clame qu’il ne s’agit pas d’un meurtre homophobe, aux membres de la communauté LGBT qui militent pour la reconnaissance du « hate crime », aux témoignages discordants qui mêlent drogue, homophobie et milieux sociaux défavorisés, on n’est pas prêt de voir clair dans cet embrouillamini.

Je tenais juste à évoquer cela, pour éviter aussi qu’on tombe, nous aussi, dans la caricature et la simplification à outrance. Je pense pourtant que Matthew Shepard est mort d’homophobie, et il ne faut pas oublier la manière dont ses funérailles ont été souillées par Fred Phelps. Ce pasteur anti-gay et ses ouailles ont porté des pancartes et manifesté avec des « Matt Shepard rots in Hell » (« Matt Shepard brûle en enfer »), « AIDS Kills Fags Dead » (« Le sida tue les pédés ») et »God Hates Fags » (« Dieu déteste les pédés »).

[Source : notamment un article d’ABC News de 2004, l’article Wikipédia ou le Laramie Project.]

En conclusion, je n’oublie pas non plus tous les crimes homophobes passés, et on peut remonter loin dans ce domaine… Il est délicat de mesurer l’influence de l’orientation sexuelle dans ce genre de cas (enfin pas toujours), mais il ne faut pas être candide non plus. Cette vidéo donne quelques noms et dates, des victimes de l’homophobie, lesbophobie, transphobie à travers le temps… Quelques patronymes célèbres, et beaucoup d’inconnus.

[Via Le nain de jardin masqué]

Matthew Sheppard (1976-1998)

Il y a quelques jours, j’avais lu sur Gayclic qu’un banc allait être dédié à Matthew Shepard. Plus tard, c’est Hubiquist qui a écrit un joli post à ce sujet. En fouillant un peu mes archives, j’ai été quelque peu ébahi par le nombre d’articles où j’ai évoqué ce garçon. Il y a le « projet Laramie » évidemment, mais surtout un article où j’indiquais que cela faisait cinq ans que Matthew avait été agressé, et laissé pour mort.

Nous voilà en 2008, cela fait donc dix ans, la nuit dernière, que Matthew, un jeune gay de 21 ans, était battu à mort par deux jeunes du même âge à Laramie, dans le Wyoming. Crime homophobe ? On ne sait plus trop, mais crime de haine ça c’est certain. Ils l’avaient attaché à une barrière, et c’est 18 heures plus tard que le corps du garçon est retrouvé par hasard. Miraculeusement, il est toujours vivant, mais il décèdera quelques jours plus tard, le 12 octobre 1998. A l’époque, j’avais été bouleversé par l’évènement, et vous pouvez imaginer l’identification que je pouvais établir (même âge, même prénom).

J’avais pas mal suivi les news d’Ooups à l’époque, avec un XIII déjà bien en verve sur le sujet. J’en reparlerai plus le 12, parce que j’ai envie d’en laisser une trace ici. Il n’y a finalement pas grand-monde qui connaît cette histoire, je m’en rends compte.

Au-delà de la haine

François Chenu n’est pas très connu, et pourtant il est le « Matthew Shepard » français. En septembre 2002, trois skins le rencontrent dans le parc Léo Lagrange de la ville de Reims. Faute d’avoir trouvé un arabe à casser, ils décident de retourner leur haine sur un pédé. François Chenu n’a pas survécu à cette attaque, ils l’ont d’abord laissé pour mort, battu à mort, puis l’ont jeté dans une rivière pour se débarrasser du corps, ce qui a finalement noyé le garçon. Ce documentaire est un extraordinaire témoignage des parents et de la famille de François. Deux ans après le drame, alors que les assassins passent aux assises, le réalisateur, Olivier Meyrou, filme les parents. Des parents qui sont arrivés à pardonner à ceux qui leur ont enlevé leur fils ainé.

Ce documentaire est bouleversant du début à la fin, et ne laisse vraiment pas indemne. Il est aussi prenant qu’il est sobre et pudique, et cela met finalement encore plus en valeur, subtilement, la dureté et l’âpreté des faits. Car ce crime fut horrible et crapuleux, une décharge de haine sanglante et la bêtise incarnée qui ont tué un homme innocent, et ont plongé sa famille dans une inconsolable douleur. Et malgré tout cela, le film se contente de nous montrer ces gens qui tentent de faire leur deuil, même sans avoir vu le corps qui n’était presque pas identifiable tant il était tuméfié, et surtout qui essaient de comprendre les meurtriers. Et en effet, on peut comprendre ces mecs paumés, ces skins aux idées d’extrême droite et de néonazisme, l’intolérance chevillée aux corps, et une imbécillité congénitale qui fut certainement le meilleur engrais de cette haine. « Congénitale » car le documentaire en ébauchant simplement un portrait des parents des skins nous fait rapidement comprendre la misère sociale, morale et intellectuelle de ce milieu.

Il reste les parents de François, et son frère, ses deux soeurs, qui s’interrogent, qui alternent entre colère et lutte contre l’envie de vengeance. Et cette sacrosainte morale républicaine qui les retient de devenir comme leurs bourreaux, mais au contraire les pousse à croire et espérer en la Justice. D’ailleurs la mère de François l’explique bien en réalisant qu’elle a donné des bases morales dans l’éducation de ses enfants, du respect d’autrui et de la tolérance, des choses que ces skins n’ont malheureusement pas eues.

La réalisation d’Olivier Meyrou est parfois presque aride, mais ces longs plans fixes sur le parc, avec le témoignage de la soeur ou des parents, sont autant de moments où l’émotion se cristallise. Ces gens sont remarquables à bien des égards, et ce sont des gens simples, pas des intellos ou des CSP++, des français tout à fait moyens, qui montrent que la raison humaine et humaniste n’est pas encore complètement perdue. Ils pardonnent aux meurtriers de leur fils, et ils souhaitent qu’ils regrettent leurs actes (ce qu’ils n’ont pas encore fait), et qu’ils changent pour devenir un jour heureux avec eux-mêmes.

Le documentaire ne se focalise pas sur l’homosexualité de François, puisqu’il s’agit d’un acte d’intolérance qui aurait pu avoir une autre cible. Mais on ne doit donc pas oublier que ce genre de chose est toujours possible aujourd’hui, et que des personnes d’extrême droite paumées comme cela, et dangereuses, il en existe pléthore encore aujourd’hui dans nos rues. En tout cas, voilà un témoignage d’exception, à ne rater sous aucun prétexte, et qui ne passe malheureusement qu’au MK2 Beaubourg (mais qui avait apparemment été diffusé à la téloche avant).

L’avis des copines : Julien, npg2000, Richard Watts (intéressant de lire l’opinion de cet australien…).

Au-delà de la haine

Le Projet Laramie

Quand Matthew Shepard fut assassiné en octobre 1998, à Laramie dans le Wyoming, je m’étais senti particulièrement touché et impliqué. Il était aussi né en 1976, et c’était la première fois qu’une telle médiatisation de l’homophobie touchait le monde entier. J’avais parcouru pas mal d’articles à l’époque, mais nous commençons tout juste à avoir du recul sur cette histoire.

Afin de créer une pièce de théâtre sur le sujet, des membres d’une troupe sont partis à Laramie et y ont recueilli des témoignages extrêmement divers : un chauffeur de taxis, professeurs, le barman qui servait Matthew ainsi que le propriétaire du bar, des amis et amies à lui ou de simples connaissances, les petites-amies des meurtriers, les flics engagés dans l’affaire etc. Mais plutôt que d’en tirer la matière pour créer une pièce, c’est cette même matière qui est le coeur de la pièce. Donc sont présentés par dix comédiens (et comédiennes) talentueux ces interviews qui délivrent peu à peu leurs propos plus ou moins passionnés.

Au Vingtième Théâtre, la scène est plongée dans le noir, sans décor ou parfois des chaises, les dix comédiens sont presque toujours sur scène, et ils changent régulièrement et un peu mécaniquement de position. Chaque acteur joue plusieurs rôles, et nous assistons à des reconstitutions saisissantes des interviews de l’époque. « Saisissantes » car le jeu des comédiens est véritablement d’exception, non seulement dans la manière dont ils interprètent certains personnages, mais aussi pour la faculté de passer de l’un à l’autre (et parfois diamétralement opposés) en un clignement d’oeil.

Malgré tout il s’agit d’une oeuvre traduite de l’américain, et elle en a les qualités et les défauts. C’est une opinion très personnelle, mais les amerloques ne peuvent pas s’empêcher d’en faire des tonnes et de vouloir donner la larme à l’oeil, et là certains moments sont vraiment « too much ». Les écrans avec les vidéos, les musiques et certains éléments de mise en scène étaient superflus et desservent le sujet en versant dans un pathos surdimensionné. Heureusement, tout n’est pas comme cela, et la pièce permet aussi de traduire avec une belle sincérité et authenticité les sentiments et les pensées des gens impliqués dans l’affaire. Et en effet, l’affect développé par ces témoignages est très fort, et laisse le spectateur sur le carreau à plusieurs reprises. La pièce évoque aussi les différents jugements des protagonistes, et devient alors un peu plus « dynamique ».

On finit par oublier le manque de décor, et à la façon d’un « Dogville » les dialogues suffisent à replonger dans le drame. Similairement à « Vincent River » aussi, on retrouve à la fois le thème mais aussi cette manière de faire vivre des événements dramatiques par la simple force du récit et du jeu. J’ai aimé le fait que la pièce donne pas mal d’angles et de points de vue. Evidemment, nous sommes dans une présentation de Matthew qui reste assez idyllique et certainement peu réaliste, mais on devine aussi une histoire qui dépasse le simple « mythe » qu’on connaît maintenant.

J’ai découvert notamment que Matthew était séropositif, ce qui m’a vraiment étonné (pas qu’il le soit, mais de ne pas l’avoir appris avant dans ce que j’avais lu). Cela ne change rien à ce qui est arrivé, et même si Matthew les avait cherché (ou même avait voulu se les faire) ou quoi que ce soit d’autre, ce crime est une horreur absolue. Mais bien sûr, maintenant que la communauté LGBT en a fait son fer de lance de la lutte contre l’homophobie et son martyr, il est difficile d’en parler autrement qu’en termes encomiastiques.

Cette pièce, de par sa forme même, est un peu moins animée qu’une oeuvre traditionnelle, et donc peut un peu lasser par moment. Mais globalement j’ai vraiment aimé. J’ai été très touché par ce vibrant hommage et ce témoignage incroyable qui est ainsi gravé dans la pierre. Et quelle originalité que cette forme documentaire ! Avec des comédiens et comédiennes brillants qui insufflent énergie et passion dans l’interprétation de leurs personnages. Aussi cette pièce est une réussite qui vaut le détour.

PS : Ah oui, juste une erreur qui m’a chiffonnée. Sur la vidéo de la fin qui présente les dates de naissance de mort de Matthew, il est précisé : 1977-1998 en immenses lettres stylisées. Or Matthew est né en 1976… drôle d’erreur pour un hommage pareil.

L’avis des copines : Alex et Greg (excellent post !).

Le Projet Laramie

Le visage de l’homophobie

Je me souviens d’avoir vu cette nouvelle dans Têtu, un gay agressé dans un lieu de drague marseillais, mais là, je suis tombé par hasard sur une news Illico avec une photo. Et c’est vrai que de voir le visage de ce mec qui s’est fait tabasser par des jeunes homophobes (et pas vraiment des types « racailles » manifestement), ça remet vraiment les choses en perspective.

Les mentalités évoluent certes, mais le combat pour la tolérance et l’égalité, n’est vraiment pas gagné. Et je sais pertinemment que rien n’est jamais acquis dans un tel domaine. Aussi, ce visage tuméfié pourrait être le mien ou celui d’un de mes proches. Nous devons vraiment rester vigilants, car même à Paris on n’est pas à l’abri de ce genre d’actes barbares.

Je pense encore aujourd’hui régulièrement à Matthew Shepard, car en 1998, j’avais moi aussi 21-22 ans, et puis nos prénoms sont les mêmes. Je venais alors de débarquer à Paris, dans mon premier studio minuscule à Bastille. La vie était si belle pour moi, j’étais étudiant, je commençais à bosser en alternance, mes parents savaient mon homosexualité et me soutenaient, j’avais des amis homos avec lesquels je sortais tout le temps, je commençais à avoir des petits-copains et à vivre pleinement et sereinement.

J’ai appris la mort de Matthew par « OOups » je pense, qui était un peu ma référence gayzine du moment. Je n’en avais entendu parlé sur aucune chaîne française, et pas non plus dans la presse, ou du moins personne ne s’en était fait l’écho autour de moi. Je me souviens que ç’avait été un vrai choc, en plus des circonstances de cette mort/torture qui donnaient encore plus d’horreur au drame. Et je crois que beaucoup aujourd’hui, oublient ou ignorent cette histoire.

Eh bien, oui les choses ont changé, mais restons sur nos gardes, et faisons qu’elles changent pour tous et partout en France.

Matthew Shepard

Voilà ce que je viens de recevoir sur mon TêtuMail du jour :

États-Unis Fred Phelps souhaite ériger un monument critiquant Matthew Shepard
Le prêcheur homophobe Fred Phelps, leader de l’Eglise des baptistes de Westoboro, a annoncé qu’il souhaitait ériger un monument dans la ville où habitait Matthew Shepard, sauvagement battu à mort il y a cinq ans jour pour jour, en raison de son homosexualité. Il était décédé cinq jours plus tard, le 12 octobre 1998. Ce monument devrait être érigé dans le centre de la ville de Casper et serait une plaque de bronze représentant Matthew Shepard avec l’inscription suivante :  » Matthew Shepard, entré en enfer le 12 octobre 1998, pour violation des prescriptions de Dieu « . Le conseil municipal de la ville étudie différentes options pour empêcher Phelps d’ériger ce monument, et envisage éventuellement de porter l’affaire devant les tribunaux. Phelps s’illustre fréquemment par des actions homophobes particulièrement choquantes. Le jour des obsèques de Matthew Shepard, accompagné des membres de son église, il avait entouré la maison de Matthew avec d’affiches saluant sa mort.

Je me souviens de cette période en 1998, j’avais été profondément touché et choqué par la mort de Matthew Shepard, et cette nouvelle aujourd’hui montre encore à quel point, nous n’avons pas fini de lutter contre l’imbecillité. Car cette attitude n’est pas seulement une prise de position homophobe ou intolérante, c’est une justification de la barbarie humaine et une apologie de la haine envers les pédés institutionnalisée. Comment une Eglise peut-elle proférer telle terrible incurie !?

A l’époque aussi, j’avais été surpris de constater que mes parents et mes amis ignoraient tout de cette histoire, un peu comme le cas de Teena Brandon avant que le film « Boys don’t cry » nous rappelle sa funeste histoire. Les médias font encore beaucoup de tri concernant ce genre d’affaire, c’est bien triste aussi.

Mais imaginer ce curé de mes deux se réjouissant de la mort atroce de ce gamin, c’est vraiment insupportable !