MatooBlog
Pectus est quod disertos facit

Mardi 29 janvier 2008

Ecoutage Matooyage Pour quelques métros de plus : La tafiole, la pute et la vieille.

Classé dans: Ecoutage, Matooyage — Tags: , @ 23:04:22

Ce matin, le métro, la tête dans le cul comme tous les matins, une rame un peu plus bondée que d’habitude, je sens que je ne vais pas être assis, et ça me gave. Je fous mes écouteurs, et je rentre dans la rame… Ironie du sort, mon baladeur m’a cheuflisé ce morceau :



L’homme à l’harmonica - Ennio Morricone

Car je le vois… Le strapontin libre. Et je la vois… Cette pute. L’harmonica entame ses premières plaintes, et le duel se met en place. La musique me rend hystérique à l’intérieur, je suis un vrai cowboy, et elle va pas me marcher sur les pieds cette teupu de mes deux. Je lui jette un regard décidé, et je sens le sien qui glisse sur mon visage aussi renfrogné et motivé. Je suis le mieux placé, mais j’ai un obstacle… Un mec est juste devant moi, je dois le contourner, mais sans lui signifier cet eldorado qu’il a bien ingénument ignoré.

Un dernier regard échangé, l’harmonica se déchaîne, il va falloir dégainer.

Une goutte de sueur virtuelle perle à nos fronts, masses laborieuses qui nous moutonnons tous les jours dans le métro. Et là, c’est le drame ! Une vieille, oui vous avez bien entendu, une IEUVE, une de celles avec le regard mauvais et la mise-en-pli argentée, dont on se demande ce qu’elle fait dans le métro à cette heure-là d’ailleurs. Bref la ieuve est en train de nous griller en beauté, elle s’avance telle une walkyrie et lacère de ses griffes acérées les gens qui se tiennent sur son chemin. Elle est rapide comme l’éclair, une vrai ieuve bionique, et elle va arriver à ses fins.

Alors la teupu dans un dernier espoir, elle était la mieux située à présent, dégaine et tente la feinte de la dernière chance. Moi, je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis dépassé par les événements, et cette musique qui m’oblige à faire quelque-chose. Mein gott, tant de drames à huit heures du matin, ce n’est pas possible !!

Mais il faut faire des choix dans la vie. J’ai fait le mien en une demi-seconde. D’ennemis, nous sommes alors devenus complices. Je me suis négligemment déplacé de cinquante centimètres pour me placer juste dos à la vieille, et face à la pute. La vieille a bien tenté de me dire un mot, mais moi le jeune rebelle aux écouteurs dans les oreilles, je l’ai ignorée. J’ai gagné deux secondes avant qu’elle me tapote sur l’épaule d’un air démoniaque, et me bouscule pour passer. Deux secondes qui ont permis à ma nouvelle comparse de s’emparer du strapontin tant convoité.

Quand la vieille est passée, elle a découvert qu’elle était bredouille. J’ai échangé un demi-sourire de victoire avec la teupu, et j’ai renoncé à mon petit confort matutinal. Nous avons scellé notre pacte, lorsque quatre stations plus tard, la pute s’est levée et m’a habilement laissé sa place. La ieuve a bien essayé de ruser, mais l’union fait la force…

Je m’assois sur le strapontin, et le morceau suivant vient encore conclure cette nouvelle aventure ferroviaire, tout en restant dans le thème. Aaah j’adore ma boite à musique stochastique !!



Pour quelques dollars de plus - Ennio Morricone

Je savoure mon duel à l’ombre des tunnels parisiens, et souris à mon western du matin. C’est alors que je me dis que c’est largement blogable, et que j’adorerais que la teupu se soit dit « La tafiole là, je ne vais pas lui laisser ma place ! ». :mrgreen:

Vendredi 16 novembre 2007

Matooyage L’hilarité métropolitaine est proportionnelle à la compression des corps

Classé dans: Matooyage — Tags: , @ 23:42:06

Comme tout le monde, je galère un peu dans les transports ces derniers jours. Mais bon, je respecte à 100% le droit de grève, et donc je fais de mon mieux pour aller à bon port, tout en profitant de ce quelques moments de convivialité que nous apportent ces rames bondées, et ces conversations de bistrots qui ont lieu même dans toutes les entreprises de la région parisienne. Car on ne parle que de ça, et j’ai l’impression que ça donne quand même à certains du grain à moudre, ça me fait penser aux conversations sur le Loft parfois. Bref !

Toute à l’heure, j’ai opté pour la ligne 9 pour repartir, ayant entendu que la 10 était vraiment moribonde. Ce matin, j’ai mis une bonne heure trois quart pour aller au taf (je travaille à « Pont de Saint-Cloud), mais j’ai pensé que j’aurais peut-être plus de chance ce soir. Que nenni ! Je suis allé à pied jusque Porte de Saint-Cloud pour choper la 9 donc, et je pensais que la rame arriverait un peu vide. En fait, elle était déjà bien pleine. Arfff. J’ai tout de même réussi à m’infiltrer, et ainsi a commencé ce voyage vers « République ».

Nous étions serrés comme des sardines, mais de stations en stations, c’est devenu tellement blindé que j’étais comprimé contre mes camarades voyageurs. Finalement, l’ambiance était assez bonne, et les gens plutôt polis et patients. On finit même par en rire, ou par échanger quelques clins d’oeil complices, on partage après tout la même galère.

Mais à un moment, c’était à « Ranelagh », j’ai été tellement poussé et compressé contre les gens que je me suis retrouvé penché vers l’avant, et incapable de tenir debout. Incapable de tomber aussi évidemment puisque nous étions tous les uns sur les autres. J’avais l’impression d’être dans une piscine à boules, et complètement immobilisé dans une position très atypique. A côté de moi, une jeune femme asiatique, une petite femme qui portait un chapeau cloche violet en laine, était comprimée entre deux dos masculins. Peu à peu, je voyais son chapeau cloche se coller à son visage, et elle-même disparaître entre les deux types. Elle était incapable de tourner la tête ou de bouger son corps, nous nous sommes regardés dans nos positions réciproques, et c’était parti. J’ai été pris d’un léger pouffement qui s’est rapidement mué en une crise de rire monumentale.

Une dizaine de coreligionnaires n’ont pas résisté à l’appel du zygomatique, et voilà comment nous avons commencé à papoter, tout en rigolant de temps en temps. Il me suffisait de regarder la jeune asiatique écrasée par les deux mecs pour me poiler sans pouvoir m’arrêter. Et puis, une nana au fond a fait une remarque très intéressante : « Vous avez vu, nous sommes un wagon de petits… D’habitude, quand on est autant, on ne voit rien, parce qu’il y a toujours des grands, mais là ça va. » Et elle avait raison, j’étais un des plus grands (et vous savez bien que je suis un nabot), et je voyais tout au fond de la rame, quand j’ai enfin réussi à me redresser. J’ai donc confirmé : « Ah mais vous avez raison, c’est dingue ça. On est petits dans ce wagon !!! ». Et là nous avons eu un jeune homme à lunettes, très normalien en maths, qui a commencé à nous expliquer qu’en effet la loi de répartition de je ne sais quoi et blablabla, les statistiques, le hasard et blablabla. Alors qu’une autre dame a expliqué que nous nous étions sans doute donné le mot « tous les nabots wagon 2 !!! ». Bref, on a ri pendant quelques minutes, et moi plus fort que les autres, parce que c’est tout moi.

Ok ce n’est pas agréable ces transports aléatoires, et je comprends que ça peut apporter beaucoup plus de problèmes à certains. Je n’ai pas non plus envie que ça dure trop longtemps. Mais on ne peut pas dire que ça ne change pas le quotidien, et que ça ne pimente pas un peu les déplacements si banals et mornes que nous effectuons tous les matins et tous les soirs pour aller au boulot. Moi ça m’a fait rire ce soir, c’est déjà ça.

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