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« Cyrano de Bergerac » à la Comédie Française

Publié le Lundi 18 Août 2008 - 20:48
Catégorie: Matage, ThéâtrOpérage

Ah j’en avais tellement entendu parler de cette version de Denis Podalydès, qui a eu tant de bonnes critiques et d’éloges du public. En outre j’adore Michel Vuillermoz au cinéma, ou même déjà à la Comédie Française dans le rôle du comte Almaviva, donc j’y allais en me disant que j’allais accrocher à son Cyrano. Et pourtant je sais que c’était un terrain glissant pour le fanatique que je suis.

En effet, je voue un véritable culte à cette pièce de théâtre, à ce texte que je connais presque par coeur, mais surtout à cette interprétation de Daniel Sorano dont je vous ai rebattu les oreilles ici même. J’ai vu cette version une centaine de fois, et je la regarde encore régulièrement, j’ai aussi certainement lu la pièce autant de fois depuis une quinzaine d’années. Et pour dire vrai, tout ce qui a été fait depuis m’a déplu… La version de Depardieu, je la trouve à chier, et les autres ne m’ont pas plus convaincu.

Exercice périlleux donc, mais comme j’avais appris qu’il restait quelques places il y a quelques semaines, j’ai sauté sur l’occasion. Résultat : je n’ai pas aimé. Pire que cela, je suis parti du théâtre après le troisième acte.

Trop déçu, trop désappointé, trop en décalage avec la proposition de Podalydès. Et pourtant ce n’était pas mal du tout. Les décors, les adaptations, les comédiens, tout tient assez bien la route. Mais les petites altérations à ce que j’ai en tête, et ce ton “Comédie Française” qui m’avait déjà insupporté dans le Misanthrope, m’ont rapidement motivé à ne pas persévérer. En effet, je n’ai pas spécialement été emballé par la scénographie et les deus-ex-machina assez spectaculaires. Mais surtout les déclamations gueulardes de certains comédiens ou comédiennes ont été particulièrement difficile à supporter.

Je réalise que mon jugement est totalement biaisé, et que j’ai certainement tort de figer ainsi mes impressions sur un spectacle antédiluvien. Mais c’est comme ça. Je ne vois que Cyrano dans son expression la plus classique et terre-à-terre, avec costumes d’époque, panache et verbe d’antan. Et ce texte est le plus extraordinaire qui soit, car il possède à la fois la beauté de notre langue et le rythme complexe de ses rimes, mais aussi la faculté de pouvoir être “parlé” naturellement et avec simplicité.

Bref, je ne tenterai plus le diable, je reste avec mon Cyrano Sorano. Mais bon, peut-être serais-je un jour conquis par un autre… Qui sait !?

Pour ceux qui veulent goûter au Cyrano de Bergerac tel que je le vois et l’entends, le voici.


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