En déficit de 17°C

Putain, comment je me gèle les couilles depuis que je suis rentré ! Pouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh ! Je veux mon île aux pédééééés avec la mer et le sable et le ciel bleu et les gros cailloux marrons et les maisons toutes blanches et la piscine et le jacuzzi et les moulins à vent et mon Andromède. Tout ça, et maintenant !! :-)

Bon ok, je redescends sur Terre. Mais bon, quand j’ai vu qu’on allait faire une escale à Rhodes, et que j’ai vu monter des ieuves, et pas n’importe quels ieuves, mais LES ieuves de la planète des ieuves ! J’ai retrouvé mes préférées : les aïeules à la chevelure schtroumpfée. Et une des schtroumpfettes a cru bon de me dire en me reconnaissant en pénétrant dans l’avion : « Hé hé, vous voyez, vous ne faites pas partie du groupe, mais on se retrouve quand même pour repartir ! C’est comme si vous ne nous aviez jamais quitté ! ».

Et me revoilà de retour à Paris, bien reposé et rasséréné, content de retrouvé ma vie sociale et assoiffé de saouler de paroles mes potes (hé hé hé), mais cette pause m’a fait du bien. J’ai écrit comme un fou tous les jours, je n’ai pas beaucoup lu par contre, j’ai surtout écouté de la musique, j’ai pris un immense bol d’air, j’ai aussi continué à faire tourner dans ma tête mes idées noires et de plus allègres pensées. Je me suis étalé sur la plage ou au bord de la piscine, avec mes écouteurs, au soleil et je n’ai simplement pensé à rien. Oh que c’était bon !

Mon dernier tour en ville, cette petite chapelle que j’adore…

Chapelle dans le centre de Mykonos

Chapelle dans le centre de Mykonos

Les moulins à vent…

Les fameux moulins à vent à l'entrée de Mykonos

Sur le chemin de l’hôtel, un joli bateau…

Vue d'un navire dans la baie de Mykonos en allant vers Ornos

Et ce matin avant de partir, je me désolais un peu car Andromède s’était carapatée dans la nuit, et je n’allais même pas pouvoir lui dire au revoir. Et comme par enchantement, elle m’est apparue comme la première fois où je l’ai vu, où elle est venue vers moi. Elle était assise sur le muret qui longe l’hôtel… alors je me suis approché et je lui ai fait un câlin d’adieu.

Bye bye Andromède

Et puis, alors que je partais avec mon barda, elle m’a appelé. Alors je me suis retourné et puis je lui ai dit : « Ciao ! ».

La dernière photo d'Andromède

L’énigme du téton percé

Hier soir, je suis donc sorti dans le centre, et j’ai passé une soirée bien cool. J’allais rejoindre un groupe d’italiens que j’avais rencontré à la plage, et nous avons éclusé quelques bars (leur coca light est aussi bon qu’ailleurs). C’est très comique pour moi d’aller dans des endroits du genre « Mykonos bar » ou « Adonis Club » parce que ça fait un peu nom de bar de province, ou choix sémantique de base pour baptiser un endroit gay ailleurs qu’ici. Il n’y avait pas foule, on voit bien que la saison est terminée, mais j’ai fait la connaissance d’un grec trop chou, Théo (comme c’est original pour un grec !). C’est un p’tit brun de mon âge avec qui j’ai tchatché sans discontinuer pendant cinq heures, c’est dire !!!

Il était avec des amis en vacances quelques jours dans la baraque d’un pote qui donne sur la baie, et il m’a donc convié là-bas. Nous y avons passé la nuit, et ça m’a fait beaucoup de bien. Il a complètement tripé sur mon piercing au téton ! Apparemment, ce n’est pas très commun en Grèce, je lui ai aussi dit que ce n’était pas non plus légion en France. Par contre, j’hallucine sur le nombre de mecs hétéros que je vois à la plage avec ça. Toujours des allemands ou des hollandais, j’ai vraiment l’impression que chez eux c’est beaucoup plus tendance et moins connoté que pour nous.

J’ai passé la journée à ne rien faire, c’était vraiment trop bon. Je suis rentré dans la matinée à mon hôtel suite à cette soirée agitée et bien marrante. Du coup, je suis allé à la plage la plus proche de mon hôtel, à Ornos. Aujourd’hui le ciel était azuréen, et pas un pet de vent, aussi la chaleur était difficilement soutenable en début d’aprème. Mais vu que mes potes me disent que c’est la misère à Paris, je ne cherche même pas à me plaindre ! C’est bon de sentir le sable sous ses pieds, le soleil sur sa peau et la mer en face… Cette plage est vraiment pas mal, c’est un endroit plutôt joli et il n’y avait presque personne. Les autochtones me disent que j’ai une vision du coup nettement déformée, et que je dois imaginer cela l’été avec des gens absolument partout et plus un mètre carré de sable libre ! Je me mets toujours à un extrémité de la plage pour être tranquille, et puis assez loin de l’usine à transats et parasols.

Voilà ma p’tite vue du jour donc :

Vue de la plage d'Ornos

Je suis rentré vers 17h, et j’ai voulu allé piquer une tête dans la piscine, et surtout aller me jeter dans le jacuzzi (c’est une excroissance de la piscine qui est dédiée à cela). Il faut savoir que l’hôtel est quasiment vide, et donc je suis la plupart du temps tout seul dans la flotte. Mais aujourd’hui, il y a quelques personnes qui sont arrivés. Et notamment, en enjambant ma porte-fenêtre pour aller à la piscine, j’aperçois un blondinet qui va dans l’eau.

Vue de la chambre

Il se retourne, surpris de voir quelqu’un, et je vois toute l’ampleur de l’espère de bombe atomique avec qui je vais partager mon bain. Argggh. Un très beau mec châtain blond avec un corps parfait, le genre athlétique mais pas gonflé, presque imberbe mais pas complètement, les yeux bleu-vert, qui doit mesurer dans les 1m80 et qui portait un petit short de bain facheune qui moulait son paquet avec une provocante indécence (enfin pour moi quoi lol). Et cerise sur le gâteau, il portait un piercing au téton, mais une boucle, et ça lui allait….. arrrrrrrrgggh à ravir ! Pour couronner le tout, il me décoche un sourire hollywoodien et me dit « Salut » avec nonchalance (enfin il a dit « Hi » évidemment) avant de plonger. :mrgreen:

Je me jette à l’eau (littéralement et métaphoriquement), et j’apprends qu’il est hollandais, qu’il s’appelle Johann et qu’il vient en effet d’arriver. Il me demande alors si je veux aller dans le jacuzzi avec lui, et j’acquiesce (ça vous étonne). On y va, ça bulle et ça bulle. Et il me sourit toujours autant, on se met justement à discuter piercing… Il m’apprend qu’il trouve que c’est vraiment très esthétique, et me complimente sur le mien, en me disant que ça va super bien avec mon tatouage.

Alors là, je me suis dit que j’étais dans la quatrième dimension, et que si je me le tapais, je faisais moi-même construire une énième chapelle blanche à Mykonos. Alors que je venais ainsi de blasphémer, ma pénitence est arrivée, et j’ai été puni par où j’avais péché. Mon expiation a ainsi pris les traits d’une hollandaise qui est venue nous rejoindre dans le jacuzzi. Saloooopeuuuuuh ! Johann m’a donc présenté à sa dulcinée, mais il a continué son côté enjôleur. Et ce qui est bizarre c’est qu’elle aussi, elle a été hyper chelou. A un moment, je me suis demandé s’ils n’allaient pas me proposer un plan à trois !!! Et ils m’ont demandé ce que je faisais là. Je leur ai donc expliqué que je rattrapais mes vacances d’été happées par le boulot, et que j’étais seul, et pédé.

Ils ont continué à sourire, babiller et minauder. Et moi j’ai fini par dire en français à la fille : « Bon chérie, tu veux pas me prêter ton mec ? C’est juste pour baiser, je te promets. Après je te le rends avec l’emballage intact et tout ! ». Et j’ai rigolé tout seul. Ils m’ont demandé ce que j’avais dit et j’ai répondu hilare : « C’est une expression française, c’est intraduisible. ». Je suis sorti de là, et je suis rentré me doucher. :langue:

Archimède est une fille !

Rhalalalala, j’ai vu ça hier soir ! Il est finalement revenu dans mon giron pour encore se faire câliner en ronronnant comme un B52. Et puis, je lui dis « Oh là, mais t’en as des tétons bizarre toi pour un mec ? Tu serais pas une fille ? ». Et là, il m’a regardé avec cette expression unique quand on parle à un chat, surtout quand il est en train de faire sa toilette et qu’il s’arrête un instant immobile avec son bout de langue rose qui dépasse, et j’ai compris. Après un rapide examen gynécologique, j’ai réalisé qu’en effet c’était une chatte !! C’est bien moi, le phallocrate de base, quand j’ai vu le chat, pas un instant j’ai cru que ce pouvait être une femelle. Heureusement qu’il ne m’arrive pas la même chose avec les mecs, mais ceux d’hier soir avaient leurs attributs génitaux bien mis en valeur dans leurs jeans de couturiers. Pas de mégarde !

Donc, illico presto j’ai renommé mon Archimède en Andromède. Parce qu’Andromède c’est une fille, mais bon c’est aussi une référence à Shun, le chevalier de bronze de cette même constellation, qui n’a jamais été la virilité incarnée. Les spécialistes me comprendront ! :mrgreen:

Cela n’a pas gâté nos relations, et en fin d’après-midi, je me suis assoupi alors que la porte-fenêtre était ouverte, et voilà ce qui s’est passé :

En train de faire dodo

(Non, je ne dirais pas qui a pris la photo !)

Comme je suis tout seul et que je n’ai pas grand monde à qui parler, c’est plutôt cool de continuer à bloguer. J’ai l’impression de partager un peu mes aventures comme ça, en plus des coups de fil ou des rencontres impromptues ! Mais bon, j’espère que c’est la dernière fois que je suis coincé comme ça à me barrer en vacances à l’étranger seul.

Il y avait un vent à décorner un bouc aujourd’hui, et cela donnait à la mer et la côte battue par la houle, de belles teintes.

Les zolies couleurs de la mer

Je suis allé pas mal de temps flâner dans le dédale de rues du centre. A chaque fois, je me perds et je mets un temps fou à retrouver la sortie. C’est un vrai labyrinthe et apparemment il est légion que les gens ne s’y repèrent pas du tout, mais l’avantage c’est que ça coupe complètement le vent et que l’atmosphère y est très agréable. D’ailleurs, hier soir j’y suis allé au radar, et de toute façon, ce n’est pas bien difficile de dégoter un bar gay ! Tout est encore bien ouvert d’ailleurs, c’est chouette pour moi. Mais on sent que l’on est pas beaucoup, car je retrouve dans les rues, les mêmes types de la plage avec qui j’échange des clins d’oeil complices. J’ai même été salué par deux anglais avec qui j’avais fait un brin de causette à « Super Paradise » la veille. Marrant !

Le centre de Mykonos c’est une station balnéaire classique avec son lot de magasins de souvenirs pourris « version grecque ». Comme c’est un haut lieu du tourisme gay, on y trouve aussi une myriade de boutiques de fringues chics ou du style Cartier, Lalique, Fürstenberg etc. et puis des boutiques Diesel et cie à ne plus savoir qu’en faire (même un pédémagasin de dessous masculins). Il faut dire qu’on trouve aussi toute la déclinaison de bécasses qui va avec. J’ai été assez surpris de voir des Gucci-Prada en train de pavaner comme si elles étaient dans le marais, même si l’on trouve aussi beaucoup de couples plutôt dans les 35 balais et qui se donnent la main (c’est si chou).

Quand on se perd dans cet embrouillamini de ruelles, on finit par échapper aux boutiques, et par avoir de belles perspectives avec toute cette blancheur, ses touches de bleu si grecques, et puis le rose des bougainvilliers fleuris.

Le dédale de rues du centre-ville de Mykonos

Perspective classique de Mykonos

Pédé est aussi le suffixe grec pour pied

Alors, j’ai décidé de marcher aujourd’hui ! Bon c’est vrai, à la base, je ne m’étais pas dit que je marcherais pendant 6h30, mais bon, quand j’ai un truc dans la tête moi je ne l’ai pas ailleurs, dixit feu ma grand-maman. Je trouve que pour découvrir un endroit, rien ne vaut mieux que de le parcourir à pied. Cela permet de voir les choses d’un angle parfait, et c’est assez lent pour profiter des paysages, en outre cela peut aussi donner accès à des endroits inhabituels pour une personne motorisée.

Malgré tout, mon verdict est sans appel. Mykonos est un caillou aride en plein dans la mer. Donc l’intérêt de ce que j’ai fait est finalement assez limité, du moins en terme de paysages. Evidemment, certains panoramas sont jolis car la mer a une belle couleur et le relief permet quelques chouettes points de vue. Mais bon, moi ça me fout mal à l’aise cet environnement complètement sec et désertique, avec cette odeur caractéristique de plantes cramées par le soleil (qui me fait penser au désert des Agriates en Corse d’ailleurs). A part quelques chardons desséchés et quelques broussailles, on voit bien un olivier ou un figuier moribonds de temps en temps, mais c’est tout. Donc la teinte qui domine est le marron de la pierre, dont le vent continu et puissant a érodé la terre arable depuis longtemps. Du coup, je trouve ça plutôt triste comme vision, des montagnes marrons, beiges, ocres avec des habitations blanches et bleues qui percent de temps en temps, ou alors on ne voit que ça dès qu’on s’approche des « agglomérations ». Et puis, il y a autant de petites chapelles qu’on m’avait dit, et ça c’est vraiment mignon. Même dans un coin complètement paumé, on trouve ces mignonnettes chapelles immaculées.

Mais au moins ça a un côté typique, parce que dès qu’on s’approche de la côte on est de retour dans notre bonne vieille société consumériste. Resto, magasins, plages avec parasols, transats et tout le toutim. Et tout est payant bien sûr.

Ce que je voulais, c’était aller à la plage, et j’avais lu que les plages sympas et avec le quota syndical de pédé était celle de « Paradise » et encore plus fort : « Super Paradise ». A vue de nez, sur la carte ç’avait l’air faisable. Mais bon, manifestement il n’y a pas de routes qui longent le bord de l’île. Mais ce n’est pas grave, comme je suis à pinces, je vais couper, et je vais découvrir des choses merveilleuûûûûûses.

Donc, départ d’Ornos et je commence mon ascension. Je me rends vite compte, que je dois aller vers l’est et que toutes les routes foncent vers le centre. Voilà à peu près le premier panorama, de la route (en regardant vers l’ouest, mais moi ma direction c’est l’est ! Vous avez vu hein, pas un brin d’herbe ! Et hop une chapelle, de toute façon même si j’avais voulu, c’est quasi-impossible de prendre une photo sans en choper une au vol !) :

Panorama Mykonos sur la route de la plage

Qu’à cela ne tienne, je prends à droite (à gauche sur la photo, mais moi je monte), je grimpe sur des roches, et j’essaie de me frayer un chemin. Ca monte, ça monte, ça monte, je joue les cabris. D’un peu plus haut, je vois bien le mince bras de terre d’où je suis venu (Ornos est juste entre les deux mers).

La mer des deux cotés

Ouh là, je me rends vite compte que les petits murets que j’enjambe allègrement sont des enclos pour les moutons ou d’autres bestioles (mais bon où t’as vu de l’herbe toi ??). Donc je suis sur des propriétés privées, je ne sais plus bien où sont les chemins pédestres et où sont les endroits de pâture. Je m’en rends compte quand je me trouve nez à nez avec ce charmant troupeau. Au premier coup d’oeil : pacifique, mais au second, quand un bélier pointe ses cornes, le Matoo prend la poudre d’escampette ! Je pense que j’ai fait un super score de saut de mur en pierre.

Les moutons de Mykonos et le meeeechant belier

Enfin, maintenant je comprends où sont les sentiers, et comme cela, j’entame ma descente.

Je finis par retomber sur des demeures, donc je passe dans le jardin d’une qui est inoccupée, et cahin-caha je récupère une voie un peu plus appropriée.

Je n’ai quasiment croisé personne pendant cette marche. Les chemins sont déserts, et sinon je croisais des bagnoles et scooters sur le bord des routes. Les gens me regardaient d’un air bizarre, comme si j’étais en panne ou un truc comme ça. Et certains pécores qui me voyaient gambader dans leur plates-bandes étaient encore plus surpris de voir un touriste là (oui oui avec mon ticheurte levis, mon sac en bandoulière et mon piercing à l’oreille dans les monts de Mykonos, je suis un touriste). Donc personne ne marche sur cette île, et c’est vrai qu’il n’y a pas vraiment l’avantage de l’environnement.

Je finis par reprendre une route et je vois la direction : « Platis Gialos ». Ce n’est pas déjà la plage que je cherche, mais c’est celle d’avant. Donc j’y vais, et je tombe sur un repère de touristes assez glauque, donc je m’y repose deux minutes, et je reprends mon ascension, toujours vers l’est.

Encore une fois, il n’y a pas de route, alors je choppe une sorte de voie privée qui dessert des maisons, et j’espère qu’arriver dans les hauteurs, je ne serai pas coincé.

« Un peu » plus haut, voilà ce que je vois. Platis Gialos est l’anse à droite (avec le bateau dans le reflet du soleil), tandis que la virgule de terre sur l’extrème gauche m’indique que je dois aller par là, mais que la plage que je cherche est encore plus à gauche, juste l’anse suivante normalement.

Panorama de la virgule de terre

Cette montée est particulièrement ardue, et je m’arrête sur un muret pour me reposer. Alors, j’entends une porte qui s’ouvre derrière moi (et merde), et une voix qui s’exclame : « Kroukouyou vlatisvada youyou tatziki tarama ? » (oui oui je sais, c’est de l’à-peu-près). Je me retourne et vois une dame assez âgée et qui n’a pas l’air très contente de me voir. Mais dès qu’elle voit ma face de touriste, et que je lui dis « Désolé Madame, je ne suis pas d’ici. Je vais partir ! ». Alors elle se met à rigoler, et elle me fait signe d’attendre. Et j’entends « Annaaaaaah kroutichinovaaaaa ! ». Et voilà, Annah qui s’amène. On discute un peu en anglais, et je les fais bien rigoler quand je dis que je veux rejoindre les plages côtières à pied en coupant par là. « Walking ? » elle répète. Et elle traduit à sa mère : « podos podos » (oui c’est encore un peu juste mais j’essaie d’y mettre l’étymologie). Et la mère me regarde : « Podos podos !?? », et elle éclate de rire. Elle rentre chez elle et revient deux secondes après avec un verre d’eau gazeuse. Je prends le verre, demande à la fille si je suis tout de même sur la bonne route. Elle me dit que je trouverais la direction en atteignant l’arrête de cette colline escarpée. Je la remercie chaleureusement en anglais, et en français à la dame, qui me répond en grec. On se comprend parfaitement.

En effet, arrivé en haut, j’aperçois le nouveau pan de montagnette que je coupe, et l’anse que je veux atteindre est à portée de route. Je suis un chemin goudronné, puis une vraie route d’asphalte (où passe le putain de bus qui m’y aurait emmené en un quart d’heure) qui me mène finalement à « Paradise Beach ». Ouai bon, c’est un peu plus sympa que l’autre, mais ce n’est pas encore ça. Je suis naze, j’ai la dalle. Alors j’achète à manger, et je vais voir à l’extrémité de la plage s’il y a des congénères. Il y a en définitive un pelé et trois tondus, mais l’endroit est à l’abri du vent, alors je me déshabille et me fais un peu dorer la pilule.

Je reste une heure en gros (j’ai fini mon bouquin), et puis je me remets en route. Même stratégie, vu qu’aucune route ne mène à l’est, je recoupe directe dans la montagne. Mais cette fois, c’est un peu plus galère, non seulement les murets sont plus hauts, mais en plus je suis plus ou moins dans le lit sec d’une rivière avec beaucoup de ronces, de pierres anguleuses et glissantes, et j’ai les mains en sang en sortant de là. Je repère un bon endroit, où je vois que je peux monter facilement, et une suite d’affaissement qui me permet de m’élever rapidement sur le flanc est (donc la bonne direction). Là, je sens que je suis en plein chez des gens (rocailles et broussailles mais privées !). Et ça ne rate pas, puisqu’un gros pécore descend vers moi en trombe, et commence à m’incendier. Je lui fais de piteux sourires et poursuit en m’excusant du mieux que je peux en disant « touriste, touriste ! ». Comme la dernière fois, une fois arrivé en haut, il y a des maisons, et rapidement je trouve une petite route. Elle a l’air de me mener à bon port, et d’en haut j’aperçois enfin LA plage : « Super Paradise » (c’est dire !). Hummm, on dirait qu’il n’y a personne ! :hum:

Super Paradise !!!

En descendant, je me rends compte que j’arrive du mauvais côté, et la route me mène droit vers le « Coco Club » qui est complètement désaffecté (et à vendre d’ailleurs, pour ceux que ça intéresse). Mais il y a un escalier qui me conduit comme une fleur sur l’extrémité gauche de la fameuse plage.

Aaaaaaaaaah mein gott ! C’est le coin pédé ! Ils sont tous là, agrégés les uns contre les autres ! Certains à poil, d’autres non. Je repère en un coup d’oeil quelques gars que j’ai vu hier soir dans le centre. Quelques Gucci-Prada (pardon Gucci-Prada-Speedo nous sommes sur une plage !) carrément bien foutue et joliment apprêtées, et puis plutôt des couples de mecs 35-40 ans. Mais je suis effrayé par la concentration de mecs. La plage est VIDE, et dans ce recoin il doit y avoir 70 mecs ! Et moi, je rigole car je viens de marcher pendant trois heures et demi, j’ahane comme un ienche, je suis trempé, et je suis en jean-godasse évidemment. Donc je fais ma précieuse et je passe très fièrE avec un demi-sourire ironique (de la dignité mes chéries, même dans la déchéance). Je me fais mater voire scruter, et je suppose que c’est le lot de tous les passants ! Un petit mec me sourit sur le passage, je lui rends avec malice et continue mon chemin.

Finalement, je m’allonge à l’extrémité opposée. Mouarf. C’était trop pour moi !!

Et le retour !!! Putain de chiotte ! J’ai essayé de passer par la route cette fois, et j’ai mis deux heures et demi à rentrer !!!!! Je me suis perdu, j’ai rallongé de je ne sais combien mon périple (je suis allé jusqu’à l’aéroport, et plus loin même, je voyais la côté opposée de l’île), et en plus, c’était moche comme chemin. Affreux affreux ! Mais bon je l’ai fait ma journée de découverte pédestre. Je suis vanné.

Là, je me repose encore un peu, toutefois je suis prêt à sortir, je veux aller dans un bar que j’ai repéré hier pendant ma reconnaissance du centre-ville… :mrgreen:

Mon premier plan à Mykonos

Hier après-midi donc, après quelques minutes, nous arrivons à l’hôtel qui est vraiment sympa. Je suis en rez-de-chaussée sur la piscine et la chambre est assez spacieuse. La vue sur les palmiers et l’eau est agréable, mais je verrai aujourd’hui si je suis gêné ou pas par les gens qui viennent se baigner.

Je m’allonge et je me pose un petit peu avant de prendre une douche et de partir explorer les environs et le centre. Je me fais une mini-déprime de trente secondes parce que je suis tout seul, et que j’ai même pas un amoureux pour m’accompagner. Un vieux syndrome de Caliméro bien classique ! Et puis j’entends un bruit qui vient de la porte-fenêtre, comme si on m’appelait.

C’était lui. Hé hé hé. J’ouvre donc un des battants pour le laisser rentrer, mais apparemment il est encore un peu farouche et préfère faire connaissance sur la terrasse, devant la piscine. Après quelques minutes, où je teste ma célèbre approche « féline », je réussi à l’amadouer, et la communication est bien embrayée.

Allez après, je ne fais pas ma mijaurée, nous rentrons dans ma chambre, je ferme les rideaux, pendant que lui fait son gros dos sur le lit. Je le caresse doucement, et puis de plus en plus fermement et vigoureusement. Ca lui plait, il en ronronne de plaisir le bougre. Je le retourne et entreprend de couvrir de baiser son joli ventre doux et chatouillant. Il se cambre pour me montrer, où il veut que j’insiste. Alors j’insiste.

Je me suis finalement allongé sur le dos, et je l’ai senti doucement venir se lover sur moi, dans mon cou, et hop, en une minute, je sentais à son souffle régulier comme un métronome qu’il s’était endormi.

J’ai pris pas à pas notre rencontre en photos, donc le voilà…

La découverte d'Archimède Archi qui miaule pour m'appeler

Maintenant c'est gros calin Pfff encore un qui essaye de me monter dessus ! :-)

Il ressemble comme deux gouttes d’eau à mon chat (enfin celui qui est chez mes parents), mais celui-ci doit avoir quelques mois tout au plus. Apparemment, il y a pas mal de chats de gouttières qui traînent dans le coin. Je l’ai surnommé « Archimède » parce que c’est un chat grec, et puis parce que Archimède est un des premiers scientifiques (sinon le premier) dont j’ai appris la loi de physique que nous connaissons tout (la poussée d’Archimède), et à l’époque, ça m’avait troué le cul tellement je trouvais ça ingénieux comme trouvaille !

Je l’ai mis dehors avant de bouger, mais je ne l’ai pas revu en rentrant. Enfin, vous connaissez les mecs, mêmes s’ils vous filent leur numéro, ça ne veut rien dire. :-) En tout cas, ça m’a fait du bien, il est arrivé à point nommé cet Archimède !

La planète des ieuves

J’ai eu un choc dès la salle d’embarquement. Il y en avait beaucoup trop, beaucoup plus que prévu. Des ieuves tout autour de moi… une moyenne d’âge de soixante-dix ans je dirais… Et ces gens qui me regardaient comme si j’étais l’ élément perturbateur de leur groupe de retraités du Languedoc. Comme si mon environnement s’était transmué, que j’étais rentré dans une dimension parallèle. Et puis, beaucoup plus de vieilles que de vieux, car c’est biologique, les hommes ne font pas de vieux os. Et ça papote et ça caquette, et ça me casse les bonbons à me faire changer de place parce que Ginette ne veut pas être au soleil, mais elle veut être à côté de Simone etc. Y’en a même une qui m’a demandé : « Mais qu’est-ce que vous faites là vous au fait ? ».

Une heure de retard… boaaa je m’y attendais, c’est ça les vols charter ! Mais les ieuves, ça ne leur plait pas et un groupe de chevelues dans des teintes bleutés, rosés et gris-perlée commandite un mâle de leur tribu pour aller grogronner à la française auprès de la célèbre compagnie aérienne avec laquelle j’ai eu l’honneur de voler : Blue Line (Quoi ???? Vous ne connaissez pas ?!). Evidemment, le pauvre mec de la compagnie n’y est pour rien, mais elles adorent pavoiser, ça les occupe. Il le voit et il répond donc par gentillesse à leurs assertions débiles.

Et j’ai beau scruté, je ne vois pas une personne de mon âge ou approchant, ou même une vieille tapiole perdue. Je n’ai pas aussitôt formulé cela en moi que j’aperçois une vieille hurlante décolorée dont le regard me darde de ses folles attentions. Aheum… Et puis, non tout de même, quelques temps avant d’embarquer, je remarque un gars… la trentaine, brun, potable… ooooh le sac Puma, le jean Energie, les lunettes Gucci à la main. Je crois que c’en est une ! Un matage réciproque avalise cela, et me rassure au moins un minimum sur la destination.

Nous prenons un bus pour aller vers l’appareil… un zingue improbable d’une compagnie italo-roumaine (si si). Et là, l’ex-casque d’Or, devenue casque bleu, qui clame qu’en plus c’est certainement un pilote italien. Je ne comprends pas trop le problème d’ailleurs, mais je devine à son ton que ce doit être péjoratif. Et elle rajoute « Tiens regardez le grand brun qui fait des moulinets avec ses mains, je suis sûre que c’est lui ! ». Et comme je commence à rire sous cape et qu’elle le voit, elle m’interpelle avec un sourire : « On pourrait avoir un pilote français tout de même ! ».

Là, je ne résiste pas plus longtemps, et je dis poliment avec toutes mes dents sorties en demi-lune : « Oh vous savez, le charter c’est le transport du pauvre, alors quand on a pas d’argent pour voyager correctement, on se contente de ce qu’on a. ». Elle a fait comme si je n’avais rien dit et s’est pressée vers la porte de sortie. Finalement, son bonhomme la rassure : « Oui mais c’est un Airbus quand même ! ».

L’avion atterrit à Mykonos trois heures plus tard, et je me rends compte qu’il repart ensuite pour Rhodes où la plupart des barbons vont aller (ouf !). Evidemment, la péroxydée, la brunette et moi, nous descendons. :mrgreen:

Plus fort que tout, un type avec une pancarte attend à la sortie de l’aéroport. Il y a deux noms : le mien et celui de la brunette. On va tous les deux au même hôtel (deux pauvresses). ;-)

Quo vadis ?

Je suis fan de mythologie depuis que je suis tout môme, donc j’ai pensé que c’était une bonne idée d’aller à Mykonos en vacances ?! Ou alors parce que tout gay doit au moins une fois dans sa vie faire son pèlerinage à Mykonos ?

Rhalalalalala, bon c’est vrai que je suis un inconditionnel de mythologie grecque, et que je suis un peu militant sur les bords, mais je vous juuuuuure madâââme (Ne jurez pas, Marie-Thérèse !) que j’y vais pour me reposer et flâner le long des plages. Hé hé hé. Apparemment, il y fait encore un temps clément, et comme je suis une pauvresse qui doit partir en vacances seul, je me suis dit qu’une destination typiquement gay hors-saison doit être sympa. On verra bien s’il reste encore quelques tapioles perdues dans ce coin de la méditerranée.

Et sinon, j’ai acheté une tonne de bouquins, quelques magazines, un cahier Clairefontaine pour griffonner sur la plage, et puis j’ai mon ordi pour écrire et m’épancher de tout mon saoul. Je sais, je sais, je l’ai écrit 100 fois : « MATOO NE DOIT PAS SE CONNECTER EN GPRS A L’ETRANGER ». J’ai retenu la leçon croyez-moi !

Donc, je pars une semaine et je suis content comme personne ne peut l’imaginer. Une bonne semaine avec moi-même pour me relaxer au soleil, marcher, découvrir, méditer… et plus si affinités ! :mrgreen:

Soyez sage pendant mon absence. Je ne sais pas encore si je vais avoir la possibilité ou l’envie de bloguer. En attendant, j’avais envie de mettre en ligne ces machins là plus bas. Ces quatre bidules que je désirerais partager avec vous.

Un truc qui me fait vibrer… J’ai évoqué Philip Glass hier, et je me suis dit qu’il fallait que je montre quelque chose de lui. Mais plutôt que de mettre en ligne un morceau musical seul, je préférais montrer un truc encore plus dingue. Il s’agit de la fin d’un ballet sur une musique de Glass : « In the Upper Room ». C’est mon pôpa qui avait enregistré cela pour moi en tombant dessus par hasard sur ARTE. Merveille de syncrétisme entre la danse et la musique… je n’en dis pas plus. (40,5Mo)


In the Upper Room - Philip Glass

Un truc qui m’émeut… C’est encore pôpa qui avait acheté cette cassette de La Cinquième qui concaténait tous les « Opéras Imaginaires » : les plus grands airs illustrés par des films d’animation. Mon père qui tentait de nous inculquer La Culture (de la part d’un ouvrier, ce n’est pas anodin). J’avais été subjugué et ému à l’extrême par cet extrait de Lakmé de Léo Delibes, que je découvrais alors. Même si les images de synthèse datent un peu, la poésie reste inchangée. (16,3Mo)


Lakmé - Léo Delibes

Un truc qui me fait rire… No comment. C’est de la bonne. (3,6 Mo)


Les recalés de la Nouvelle Star

Un truc qui me fait triper… C’est con, c’est nul, c’est probablement l’invention d’un mec sous acide, mais j’adooooooooore. D’ailleurs la mère de Virginie est en train de me faire une vache similaire. (1,7Mo)


Mahnah mahnah