Alors que la première année, je m’étonnais d’être encore là et je faisais un bilan enjoué de cette timide expérience, la seconde je réalisais in extremis que j’avais grandit, puis l’année dernière je consultais les aruspices en vue d’un bon présage, et cette année alors ? Eh bien tout simplement, j’ai raté la date de trois jours. 
Oui, oui, depuis le 3 avril dernier, cela fait quatre ans que je blogue. Je sais que cette manie décompter les choses ne sied pas à tout le monde, mais moi c’est tout à fait mon genre, j’aime beaucoup compter les années, et fêter les anniversaires. L’âge d’un blog est quelque chose qui n’est pas anodin car on est toujours persuadé qu’on ne va pas pouvoir/vouloir faire ça très longtemps. Et je rentre justement dans cette phase où je m’interroge sur cette pratique hautement addictive, chronophage et jouissive. Après quatre ans, je me retrouve dans la situation ambiguë où j’ai l’impression d’avoir tout dit, et même répété certaines choses, mais aussi finalement avec plus de sujets que je n’ai de temps pour les développer. J’ai toujours une centaine d’idées de posts, d’anecdotes de la vie qui me font sourire et que j’aimerais partager, de réflexions plus ou moins intéressantes ou pertinentes, et cette envie que je contrains de me livrer encore plus sur mes travers, ma famille ou mes petites pérégrinations introspectives.
La contrainte vous savez bien d’où elle vient, il y a déjà un peu de pudeur (tout de même), et aussi des gens qui lisent et commentent et qui ostensiblement ne m’aiment pas beaucoup (hu hu), et qui aussi ostensiblement ont pu me chercher des noises. Et pourtant je n’arrive pas à me cacher derrière un pseudo ou bien à ne pas mettre mes vraies informations derrière mon nom de domaine, ou bien à ne pas mettre ma sale gueule en proue du blog. Non, j’ai toujours été féru de web, mais avec un médium aussi virtuel, je trouve qu’il est au contraire salutaire d’y cultiver des choses vraies, concrètes et authentiques. Etre soi. Evidemment cet espace est personnel, et cela me casserait les couilles qu’on puisse me googler et tomber ici (ce qui n’est pas le cas, j’y veille aussi bien que j’y peux), et que cela puisse me nuire alors professionnellement ou autre. Par contre, qu’on connaisse ici mon vrai nom, bah ça me paraît juste normal et évident.
J’écris moins depuis quelques temps, car je suis submergé par mon boulot, et très agréablement occupé avec mon Doudoudidouwaaaah, mais je conserve tant bien que mal cette habitude d’écrire quotidiennement. J’aime cette gymnastique et elle me parait être un exercice vraiment sain, en plus d’un véritable plaisir. Comme tous les blogs, j’ai de bonnes périodes, et puis de moins bonnes, et des carrément nulles, mais ce n’est pas grave. Je sais que mon inclassabilité et ma singularité sont ma meilleure arme pour rester à ma place, juste tout petit dans mon coin à moi que j’aime.
Et si parfois, je peux vous faire plaisir lorsque vous lisez des trucs ici, rhoooooo comment je suis content. Juste ça, c’est génial.
Et puis quand je reçois une carte postale d’un pote avec ça :
Ou bien le sms d’un autre qui m’indique :
Et aujourd’hui, je reçois un cadeau qu’on peut sans rougir caractériser d’idoine. 
Eh bien, c’est reparti pour un tour, sans hésitation.
Evidemment, je vais peut-être fermer mon blog dans deux heures, ou le mois prochain, ou je ne sais quoi. Aucune garantie, aucun engagement ni de mon côté, ni du vôtre. Mais c’est gratuit. Et c’est sincère.